Speaker #0Bienvenue, vous écoutez Départ en soi. Chaque mardi, je vous partage des clés et des expériences pour comprendre, éviter ou dépasser le burn-out, qu'il soit professionnel ou parental. Je suis Shanèze, sophrologue et accompagnante du burn-out. Après avoir moi-même connu l'épuisement, j'ai appris à écouter mes besoins, à redéfinir mes priorités et à reconstruire un équilibre plus juste. Aujourd'hui, j'accompagne les parents, toutes celles et ceux qui se sentent dépassés. ainsi que les organisations vers un quotidien plus respirable. Si vous cherchez à éviter l'épuisement, à en sortir ou à retrouver de la place pour vous entre vie pro et vie perso, alors vous êtes au bon endroit. Vous êtes prêts ? Prenez une grande inspiration, relâchez les épaules et c'est parti pour l'épisode du jour. Est-ce que ce que je ressens, c'est un baby blues, un burnout parental ou une dépression postpartum ? Et pourquoi on confond si souvent ces trois réalités différentes ? Comment savoir quand c'est vraiment le moment de demander de l'aide, sans culpabiliser ? C'est exactement de ça dont on va parler dans l'épisode du jour. Bienvenue sur Départ en Soi. Baby blues, dépression postpartum, burnout parental. Ça fait beaucoup de mots et parfois on peut vite s'y perdre. surtout quand on traverse une période où tout paraît flou, où on se sent fatigué, dépassé et qu'on n'en peut plus. Alors pourquoi on confond souvent ces trois réalités ? On peut confondre ces trois réalités parce qu'elles ont beaucoup de points communs, la fatigue, les pleurs, la culpabilité et la perte d'énergie ou d'élan. Et puis il y a aussi un tabou pour les trois, puisqu'on touche au mythe de la mère parfaite, qui doit forcément être... épanouie, douce, comblée, heureuse. Et alors on banalise. On banalise ou en tout cas on minimise, on évite d'en parler. En plus on entend souvent, c'est normal, c'est la maternité, il faut du temps pour que tout se rééquilibre, tu verras, ça finira par passer. Alors oui, dans certaines situations ça finira par passer, et dans d'autres ça passera pas seul. Et si c'était pas juste de la fatigue mais autre chose ? Après une naissance, on sait tous le corps, les hormones, les émotions, le mental, tout est bouleversé. Et quand le soutien manque, le souci c'est que ce déséquilibre peut traîner et peut devenir un véritable cercle vicieux. Alors dans ces trois réalités, on va déjà commencer par parler du baby blues. Le baby blues, déjà c'est pas rare, il faut savoir que c'est une femme sur deux qui traverse cette période. qui se manifeste souvent entre le troisième jour et le dixième jour après l'accouchement. Un exemple de ce que ça donne de vivre le baby blues, imaginons que je viens d'accoucher depuis à peu près quatre jours, et mon bébé dort enfin, alors je suis déjà épuisée avec les nuits très courtes, et je m'assois quelques minutes, et là je me mets à pleurer. Je n'arrive plus à m'arrêter, je ne comprends pas trop ce qui m'arrive, et pourtant je me sens quelque part heureuse, mais je me sens submergée, dépassée, fatiguée, totalement. perdu, je ne sais pas si je suis à la hauteur, et puis je lui dis des choses comme je devrais être la plus heureuse, qu'est-ce qui m'arrive, pourquoi je suis comme ça. Ça c'est typiquement dû au bouleversement hormonal, c'est typiquement ça le baby blues. Pendant la grossesse, le taux d'oestrogène et de progestérone explose, en fait c'est vraiment deux hormones qui sont modifiées pendant cette période, et après l'accouchement, ce qui se passe c'est qu'en quelques heures, tout va chuter brutalement. Et donc en parallèle, le corps à la place de ces hormones va plutôt sécréter beaucoup d'ocytocine, qui est l'hormone de l'attachement, et aussi de la prolactine, qui est l'hormone de l'allaitement, même si vous n'allaitez pas, vous en sécrétez quand même, c'est le corps humain qui est comme ça. Et donc tout ça, en fait, ça crée une grosse bousculade émotionnelle, le corps passe d'un état avec un certain taux d'hormones à un état qui n'a plus rien à voir, un état de grossesse à un état de maternité, et le système nerveux tente tant bien que mal, de rééquilibrer au milieu du manque de sommeil, de la charge émotionnelle immense, la charge à la pression qu'on a, surtout quand on vient d'avoir un enfant et qu'on connaît les responsabilités. Et donc le baby blues, ce n'est pas dans la tête, c'est d'abord dans le corps. C'est une vague hormonale, une grosse vague hormonale, qui peut emporter, qui est intense, mais surtout elle est temporaire. Et ça, c'est vraiment ce qui fait la différence. Oui, il y a des pleurs. Oui, il y a de la fatigue, il y a parfois de l'hypersensibilité, l'impression d'être à fleur de peau pour beaucoup de choses qui habituellement ne nous stimuleraient pas forcément. Mais ça passe en deux semaines, allez trois semaines. Donc c'est comme un orage hormonal qui passe, qui est vraiment temporaire et j'insiste là-dessus, parce que c'est ce qui va nous permettre souvent de le différencier. avec une dépression postpartum. Donc si ce genre de symptômes persiste au-delà de 2-3 semaines, si par exemple je me sens triste, que je me sens vide, il y a comme quelque chose qui a changé, que je vois les choses un petit peu en gris, alors là on est peut-être dans la dépression postpartum. La dépression postpartum, c'est une forme plus durable, plus profonde de déséquilibre et elle touche malheureusement à peu près 1 à 2 mères sur 10. aujourd'hui. Contrairement aux baby blues, elles ne disparaissent pas d'elles-mêmes. C'est pas juste être triste, très souvent on a vraiment besoin de soutien. C'est pas non plus un manque d'amour pour son enfant, ça n'a rien à voir. C'est un déséquilibre hormonal, émotionnel, psychique. Alors je vais donner un exemple de si j'étais en dépression postpartum, ce que je pourrais à peu près vivre, même si chaque situation est différente. Imaginons que je viens d'accoucher depuis 2-3 mois, tout le monde me dit le plus dur est passé. Et pourtant, dans ma tête, c'est très loin d'être comme ça. Chaque matin, je me réveille avec une boule à la gorge, je n'ai même pas envie de commencer les journées. Je m'occupe de mon bébé, mais à l'intérieur, je ne ressens pas grand-chose. Je me sens comme à côté de mes baskets. Alors j'aime mon enfant, mais je ne trouve plus la force de vivre tout ça. Il n'y a plus rien qui me fait plaisir, en tout cas j'ai perdu beaucoup de plaisir et de joie dans ce que j'aimais avant. Et je souris, pour ne pas que ça se voit de trop, j'essaye de faire de mon mieux. Mais à l'intérieur, je suis comme éteinte. On peut aimer son bébé et aller très mal en même temps. La dépression postpartum, ce n'est pas un manque d'amour. C'est une déconnexion temporaire entre le cœur et le corps. C'est un déséquilibre profond. Et cette déconnexion, heureusement, quand on ose demander du soutien, elle se répare. Chez certaines femmes, c'est discret. Chez chaque femme, la situation peut être différente. Il y a des femmes chez qui c'est discret, on commence à voir les choses plus en gris, on perd de la joie, de l'élan. Et chez d'autres, c'est beaucoup plus marqué. Et dans les formes les plus avancées, il peut même y avoir ce qu'on appelle des phobies d'impulsion. Alors les femmes qui ont ça pensent qu'elles deviennent folles. C'est des pensées violentes qui surgissent sans qu'on le veuille. Des pensées du genre, si je laissais tomber mon bébé, si je lui faisais mal. Ces pensées, lorsqu'elles sont là, c'est très important de demander de l'aide. C'est vraiment un signe que le cerveau est saturé, que le mental est épuisé et que psychiquement, tout simplement, ça n'arrive plus à se réguler. Alors on peut être en plus dans des pensées comme je suis vraiment une mauvaise mère, je deviens folle. Cette réalité-là, elle est vraiment difficile à vivre pour la maman parce qu'elle vit beaucoup avec une sensation de ne pas être à la hauteur. Je ne suis jamais à la hauteur, je devrais être heureuse, pourquoi je n'arrive pas à être heureuse ? Et souvent cette impression de se sentir nulle, avec tout un monde qui devient vraiment gris. Donc dans cette situation-là, je le répète encore, mais c'est très très très important, puisque ça se soigne d'oser en parler à son médecin généraliste dans un premier temps, qui sera réorienté pour sortir de cette situation qui est vraiment très difficile à vivre. Le burn-out parental, maintenant, là c'est encore autre chose. Souvent il arrive un peu plus tard. Il peut aussi commencer dans les premières semaines. Là, on est vraiment dans un cas où le corps, le mental n'arrive plus à suivre. Et uniquement dans le domaine de la parentalité. J'ai fait tout un épisode là-dessus pour les personnes que ça intéresse. Qu'est-ce que le burn-out parental avec les signes détaillés. Mais je vais vous faire un exemple pour cet épisode. Imaginons que j'ai un, deux, trois enfants. Allez, on va prendre deux enfants. Je travaille à temps plein, mes journées n'en finissent plus. Je suis toujours à courir entre le travail, les mails, la crèche. Le matin, je commence déjà pas motivée, fatiguée. Il y a tout à faire, les repas, les devoirs, le travail. Et tout ça, en fait, à un moment donné, ça me fait pleurer. Ça me fait pleurer parce que j'en peux plus. Je me sens fatiguée, j'étouffe dans cette vie. Le burn-out parental, c'est souvent assez progressif. On sent qu'on est au bout, que ce bout du rouleau ne nous paraît pas être exactement celui des autres parents. parce qu'on sent qu'on a beaucoup de tension qui passe pas avec le temps. Et le burn-out parental, c'est ça. C'est le corps qui lâche avant la tête. Au départ, on essaye de s'accrocher, de tenir bon. On a beaucoup de choses à faire. On n'a pas que ça à faire de s'arrêter. Mais en fait, à un moment donné, il ne reste plus du tout d'énergie pour le quotidien. Et il y a une grande culpabilité qui est aussi reliée au burn-out parental parce qu'on se dit, je devrais tenir. Tout le monde y arrive et pourquoi pas moi ? Et là, ce qu'on va vraiment ressentir, ça va être des tensions encore, des tensions au niveau de la tête, des oublis, des trous de mémoire, des pertes de concentration. Et ça vient vraiment faire contraste avec la vie qu'on avait avant. Ça, on le sait, au fond de nous. On a même de plus en plus l'impression d'être en mode pilote automatique. Et d'ailleurs, souvent, dans cette situation de burn-out parental, on regrette sa vie où on avait moins de choses à faire. On est profondément nostalgique et on a vraiment l'impression d'avoir perdu sa liberté. Une liberté qui est retrouvée quand on sort du rôle de parent. On se sent plus libre, on se sent plus léger. Et dans les cas les plus extrêmes, on peut avoir potentiellement l'envie que tout s'arrête. Et dans ce cas-là, c'est aussi très important de pouvoir en parler à son médecin généraliste en toute confiance, parce que le burn-out parental, ça concerne quand même une femme sur dix aujourd'hui. Donc vous n'êtes pas seul dans cette situation-là, malheureusement. Et voilà, la première étape, c'est vraiment d'en parler. C'est vraiment le premier pas. pour pouvoir sortir de cette situation qui est aussi très difficile à vivre. Si vraiment on veut faire dans les grandes lignes, la dépression postpartum, c'est quand on a une flamme intérieure qui s'éteint. Le burn-out parental, ça brûle encore, mais dans d'autres domaines que la parentalité et le baby blues, c'est un état très passager qui se manifeste juste après l'accouchement et qui souvent est passé à la fin du premier mois postpartum. Si en écoutant cet épisode, vous vous sentez dans la situation du burn-out parental, de l'épuisement parental, sachez que j'ai réalisé un test où vous pouvez vous auto-évaluer gratuitement en ligne et avoir un aperçu instantané de votre situation, où vous vous situez dans le niveau d'épuisement. Je le répète encore, mais c'est vraiment important, si vous vous sentez dans une situation de dépression postpartum, c'est vraiment important d'en parler avec une personne de confiance. que ce soit votre médecin généraliste, votre gynécologue, c'est vraiment la première étape pour sortir de ces situations qui, évidemment, sont vraiment très très douloureuses à vivre. Dans le prochain épisode, on parlera de la pression sociale, comment la pression sociale impacte les parents aujourd'hui, en 2025, à l'heure où je tourne cette vidéo. Si vous avez aimé cet épisode, je vous invite soit à le partager, Jessie ! Vous reconnaissez aussi peut-être des amis ou des proches. Si l'envie vous dit, en tout cas ça me soutiendra, vous pouvez mettre un j'aime ou un commentaire selon la plateforme sur laquelle vous regardez ou écoutez cet épisode. Et je vous dis à mardi prochain pour l'épisode qui parlera de la pression sociale sur les parents en 2025.