- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Des Ratinées. Alors aujourd'hui, j'ai la chance d'accueillir Kenza, qui est franco-tunisienne. Elle a gagné le premier concours Elite en Tunisie lorsqu'elle avait 17 ans et c'est ce qui l'a menée en fait à venir travailler à New York. Avec elle, on va parler de sa vie de mannequin, mais également d'entrepreneuriat puisqu'elle a lancé sa marque de chaussures OZE, le label qu'on porte justement en ce moment. Et on va également parler avec elle de transmission de culture puisqu'elle est maman de deux enfants. Bonjour Kenza.
- Speaker #1
Salut Ausha !
- Speaker #0
Merci à toi d'être venue, voire même revenue, puisque tu fais partie des premiers épisodes de podcast que j'ai malencontrieusement perdu, si vous me suivez sur les réseaux sociaux, et elle m'a fait l'honneur aujourd'hui de bien vouloir revenir. C'est pour vous dire à quel point c'est une bonne amie. Donc merci à toi d'être là aujourd'hui. Donc tu as gagné le premier concours Elite lorsque tu avais 17 ans, quand tu habitais à Tunis, mais on va revenir un peu plus en arrière. Donc toi tu es née en France et tu es partie assez jeune en Tunisie. Tu as une grand-mère qui est française. Donc, tu es franco-tunisienne. Et donc, tu arrives en Tunisie. À quoi ressemblait ta vie avant de gagner ce concours ? Ta vie de jeune femme de 17 ans.
- Speaker #1
Donc, j'ai grandi en Tunisie. Et j'ai pratiquement... Je suis arrivée bébé. Donc, je n'ai aucun souvenir d'avoir vécu en France. Et j'ai vécu en Tunisie dans une famille assez... En tout cas, ma mère est productrice de films. Donc, si tu veux, on était assez... C'était assez créatif autour de moi. Mon père est médecin, donc pas du tout. mais Mais si tu veux, on était très couvés. On est une famille de filles, j'ai beaucoup de cousines. Donc en fait, je pense que quand j'ai gagné le concours Elite, j'étais très enfant encore. Je n'étais pas du tout mature. Comme quand j'étais sur le concours, je voyais autour de moi des filles qui avaient mon âge, voire même plus jeunes, mais qui étaient beaucoup plus adultes et matures que moi.
- Speaker #0
Quelles circonstances t'es inscrite à ce concours ? Est-ce que toi, c'était un rêve pour toi de devenir mannequin ou est-ce que c'est un concours de circonstances qui t'a emmenée à ce concours ?
- Speaker #1
Pas du tout. Je pense que si quelqu'un... Les gens qui me connaissaient avant, ils étaient là, mais en fait, t'es la fille la moins coquette qu'on connaît. Tu sais rien faire de tes cheveux. Alors là, t'es la personne la moins coquette qu'on connaissait. Comment c'est possible que tu aies pensé à faire ça ? En fait, pas du tout. En fait, comme je disais, ma mère est productrice de films, mais elle a toujours fait pas mal de pubs avant et moi j'ai J'ai fait des pubs depuis que je suis petite. J'ai commencé à faire des pubs quand j'avais 2-3 ans. Donc j'ai toujours eu ce rapport avec la caméra où j'ai fait beaucoup de pubs. Et un copain à ma mère, qui était mannequin, avait en fait ramené le concours en Tunisie. Et il a dit à ma mère, il a dit, est-ce que ça l'intéresserait ? Je fais, tu as une semaine, tout frais payé à l'hôtel. Je connaissais deux ou trois autres nanas à l'époque en Tunisie. Avec tes copines, entre guillemets, à toi. Oui, bien sûr. Je ne suis pas à la maison, c'est vrai payé, c'est à l'hôtel. Oui, bien sûr. En fait, c'est comme ça qu'à la base, je me suis dit, oui, ça a l'air sympa comme plan, mais je n'avais pas pour idée de ce que ça pourrait être dans la suite.
- Speaker #0
Mais donc, du coup, le jour du concours, ça va ? Tu es quand même à l'aise ? Parce que tu as l'habitude de tourner des publicités, tu as l'habitude de la caméra, mais c'est quand même autre chose, le mannequinat, c'est défiler, défiler en maille de bain, tout ça. Donc, est-ce que tu étais à l'aise le jour du concours ?
- Speaker #1
Alors, il y a eu deux moments assez marrants. Donc, tu fais d'abord le concours, ce qu'on appelle national. pour la Tunisie et après si tu es pris donc j'ai été pris, tu fais le concours international et c'est qui était aussi en Tunisie et à ce moment là il y avait des filles de partout dans le monde, il y avait je sais pas une soixantaine de filles qui sont arrivées de partout dans le monde qui sont venues juste pour le concours et donc là c'est devenu sérieux et oui moi j'ai toujours plus ou moins aimé le théâtre et les trucs comme ça donc j'étais assez à l'aise le côté théâtral des choses j'ai toujours aimé en fait ça m'a jamais dérangé mais euh Mais j'ai compris que moi qui ne le prenais pas assez sérieusement, c'est devenu quelque chose d'hyper sérieux. Et en plus, à l'époque, ma mère était là et elle a dit « Oui, c'est un copain, moi je le connais, vas-y, tu vois. » Elle n'a pas non plus réfléchi plus que ça. Mais mon père n'était pas là. Il était en voyage et il n'était pas au courant. Et quand il est rentré, qu'on lui disait « Elle va rater les deux premiers jours d'école et c'est en fait sérieux et si elle est prise, peut-être qu'il va falloir qu'elle parte et tout. » Là, c'est devenu beaucoup plus sérieux. il était fâché en fait et donc du coup le... le directeur des élites, Gérard Marais, personnage depuis hyper controversé, mais bon, pour moi, c'est quelqu'un qui a démarré ma carrière. Il est venu, il est venu chez moi, il s'est posé avec mes parents, il leur a dit, non mais en fait, s'il vous plaît, laissez-la venir. Et donc, en fait, on est passé d'un truc où c'était un peu, tu vois, plaisanterie, entre guillemets, à quelque chose d'hyper sérieux, avec potentiel de carrière, de départ et tout ça.
- Speaker #0
Mon père n'était pas très content parce qu'il se disait que ce monde-là lui faisait peur ou bien il se disait que ce n'était pas sérieux et que peut-être tu allais tomber entre de mauvaises mains et que tu pouvais peut-être faire, je ne sais pas, exploiter ou whatever.
- Speaker #1
Oui, parce que je pense qu'il faut se remettre en contexte. Donc ça, c'est dans les années 2002, 2002, 2003. Et il y a deux choses qui sont passées, c'est-à-dire qu'il y a eu l'immense scandale d'Elite qui était sorti un peu avant et je pense que les gens commençaient à le lui envoyer. Il fait « Non, mais comment tu peux laisser ta fille à des choses comme ça ? » Et pour mes parents, j'étais quand même une très bonne élève. En tout cas pour lui, j'étais une très bonne élève. Et ouais.
- Speaker #0
Il se disait, elle va perdre son temps.
- Speaker #1
Elle va perdre son temps, il faut qu'elle fasse ses études. C'est une bonne élève, on ne va pas la laisser. Donc il y avait ça, le côté où je ne fais pas trop confiance à ces gens-là, j'entends beaucoup de mauvaises choses. En plus de ça, il y a quand même le contexte de venir de Tunisie. Mais ça, c'est venu après, il ne réalisait pas sur le coup. Et en plus de ça, le fait que voilà, est-ce que ça veut dire qu'elle va devoir lâcher ses études ? Non mais il en est hors de question.
- Speaker #0
Oui parce qu'à cette époque-là, est-ce qu'il y avait des figures, des mannequins connus ? Je sais que tu es partie des premières mannequins tunisiennes à être partie, à avoir une carrière à l'international, mais est-ce qu'à ce moment-là, il y avait des gens auxquels tu pouvais t'identifier ou pas du tout ?
- Speaker #1
Non, honnêtement non. Il y avait, honnêtement il n'y en avait pas. Il y avait, peut-être qu'il y en avait un peu au Liban et tout, mais ce n'était pas ce qui m'intéressait et donc je n'ai même pas regardé. Il y avait à l'époque... à Féphé, mais elle était déjà sacrée dans la télé italienne. Donc, il n'y avait vraiment personne, en fait.
- Speaker #0
OK. Donc, tu gagnes le premier concours en Tunisie. Ensuite, tu me dis qu'il y a plein de nanas qui débarquent d'un peu de partout pour le concours international. Tu finis, je crois, troisième ou quatrième, c'est ça ?
- Speaker #1
Troisième, oui.
- Speaker #0
Tu finis troisième. Et donc, ça t'ouvre les portes, en fait, du mannequinat. Et à ce moment-là, on te propose de partir à l'étranger pour travailler. Je sais que tu n'es pas partie tout de suite. Tu es restée un peu parce que tes parents voulaient que tu finisses un peu tes études. Oui.
- Speaker #1
Comment ça s'est passé à ce moment-là ? Je devais finir mes études. C'était le deal avec mes parents, le deal avec mon père. Je suis restée, mais je partais un peu pour les vacances. On avait de la famille en France. Mon père, à l'époque, partait avec moi. Je n'étais pas encore majeure, donc il partait avec moi. Mon père a très vite réalisé que, et ça l'avait beaucoup frappé, il m'a dit, par exemple, le premier job que j'ai eu, c'était une campagne de chaussures. Je ne sais plus, c'est une marque espagnole. Je ne sais plus. Mais en fait, sur le moment, quand il l'a fait, il était là parce que c'est lui qui signe les contrats. Au début, je n'étais pas majeure. Il m'a dit, mais en fait, toi qui n'as jamais rien fait ou jamais une gosse, tu vas gagner sur ce truc-là plus que moi sur trois mois, alors que moi, je suis médecin. Et ça lui a fait un gros choc. Il a dit, en fait, il y a quand même peut-être une opportunité si tu es bien encadré. Et donc, ça, c'est le premier job que j'avais vu. En plus, c'était du shooter en Tunisie. Donc en gros voilà Et après je suis partie en France
- Speaker #0
D'accord donc tu pars en France T'es toujours dans l'agence Elite Jusqu'à aujourd'hui t'es dans cette agence ?
- Speaker #1
Ouais Ok
- Speaker #0
Tu bosses un peu en France Mais ça t'ouvre aussi les portes De l'Angleterre De l'Espagne Du Portugal c'est ça ?
- Speaker #1
Tu me dis que t'allais bosser un peu partout Très vite Très vite ouais Très vite j'étais basée à Paris Mais à l'époque en tout cas Il y avait un peu ce truc où Ils savaient pas trop où me mettre Je sais pas genre On va te mettre dans quelle catégorie ? Latina ? À l'époque, c'était genre, t'avais genre super white girl, entre guillemets, like Russians. Tu vois, toutes les filles qui sont un peu slaves, ok, on dit ça en français ?
- Speaker #0
Type les.
- Speaker #1
Voilà, t'avais ce qu'on appelle Latina, mais c'était surtout des Brazilians. T'avais Black, et c'est ou from the US ou Africa. Et bon, t'avais Asian. Enfin, c'était vraiment très catégorie, mais il n'y avait pas la catégorie où moi, ils n'avaient pas un maître, tu vois. Donc en gros, je passais de... Parfois, ils m'envoyaient sur les russes, je ne sais pas pourquoi. Parfois, c'était le latin. Et c'était assez marrant. Mais je me suis retrouvée quand même à bosser beaucoup en Europe du Sud. Donc j'allais pratiquement... Parfois, le matin à Milan, je rentrais le soir. J'allais le matin à Madrid, je rentrais le soir.
- Speaker #0
Mais c'est vrai qu'avec ton visage, tu as assez clair de peau. Tu pourrais être espagnole, tu pourrais être portugaise, tu pourrais être arabe. Tu pourrais être un peu tout au final.
- Speaker #1
Et en fait, ils ne savaient pas. Voilà, donc en fait, j'ai beaucoup allé dans la catégorie de ce qu'on appelle Latina. Bon,
- Speaker #0
de toute façon, notre catégorie un peu arabe, elle n'existe pas trop. Même en ce moment, quand tu es à New York et que tu vas chez le docteur, on te demande de cocher ton ethnicity. Je ne sais jamais quoi mettre. Tu mets quoi ?
- Speaker #1
Other.
- Speaker #0
Oui, moi aussi, je mets Other parce que oui, je ressemble un peu à une Latina, mais je ne suis pas Latina.
- Speaker #1
Ben oui, alors...
- Speaker #0
Je sais qu'ils entendent African, Black African. Donc du coup, je ne sais pas en fait dans quelle catégorie. Parfois, ils te mettent Middle East, mais tu n'es pas… Oui,
- Speaker #1
ils sont en train de changer. Ils sont en train de le mettre dans la catégorie Minna, mais ce n'est pas encore une vraie catégorie.
- Speaker #0
Je me souviens aussi qu'une fois, tu m'avais dit que tu devais changer ton prénom. Donc quand tu es arrivé à Paris, on te demandait de ne plus t'appeler Kenza. mais de changer ton prénom pour que tu puisses fit, en fait, et peut-être que ce soit plus facile pour les castings, je ne sais pas.
- Speaker #1
Comment tu t'appelles ? Oui, alors, ça va te faire rire, mais... Oui, parce qu'en fait, non, en fait, quand je suis arrivée, ils m'ont dit, tu vois, genre, ils voulaient pousser pour les chaudes, ça. Mais Kenza, c'est assez connoté, quand même. C'est le mot qu'ils ont utilisé, connoté. J'ai fait, ah oui ? Ils m'ont dit, tu parles très bien français, tu vois. Pourquoi on n'essaierait pas une saison où on change ton nom ? Et on va t'appeler Maya. Tu es Maya.
- Speaker #0
Maya, ça va se dérivoler comme ma fille.
- Speaker #1
Tu es Maya from Paris. Tu es Maya de Paris. Et donc voilà, je commence. Je me balade avec mon book. Je vais à mes castings. Maya, Maya. Je me souviens, j'avais booké pas mal de super gros shows. Je me souviens, c'était quoi ? Tu vois, j'avais une très bonne saison under Maya.
- Speaker #0
Ça fonctionnait.
- Speaker #1
Donc ça fonctionnait. Je ne sais pas si c'est ça qui fonctionnait ou pas. Mais je me souviens, sur les shows, ils étaient là. Maya, Maya. Oh putain, c'est moi. Je ne l'ai jamais oublié. Après, je l'aurais fait écouter. Je ne peux pas. Parce que j'oublie que c'est moi. Tu vois, j'oublie que c'est moi. Et puis, ça me paraissait tellement bizarre qu'on a fait une saison en gros.
- Speaker #0
Est-ce qu'avant de partir à New York, il y a des shows, il y a des boulots qui t'ont frappé plus que d'autres à Paris ? Tes meilleurs souvenirs, c'est quoi tes meilleurs souvenirs de mannequin quand tu étais à Paris ?
- Speaker #1
En fait, je suis quand même venue très, très vite ici. Et j'ai commencé à travailler très, très vite ici. Donc tout est un peu blurry, mais c'est vrai que très très jeune... très très vite, j'ai très vite compris qu'il y avait des méthodes de travail qui étaient complètement différentes. Ici, c'est quand même très codifié. You work for a certain amount. Tu travailles pour un certain nombre d'heures. Tu travailles plus, c'est overtime. C'est très organisé. En France, t'arrives, c'est beaucoup plus relax. Les gens sont plus relax. Les gens prennent beaucoup plus de temps pendant le lunchtime. Moi, ça me rappelle beaucoup que je voyais les gens boire, tu vois, sortir la bouteille de vin, rigoler et tout ça pendant le lunchtime. Et après, t'es là, non mais je dois y aller, mec ! J'ai affaire ou j'ai un vol et puis ils n'en ont rien à foutre et ça reste tard. Et ça, c'était... En fait, les cultures de travail, j'ai très vite compris que c'était très différent.
- Speaker #0
À quel moment vraiment tu t'installes à New York ?
- Speaker #1
J'ai déménagé à Paris, c'était plus simple ça, mais ce n'était pas mon meilleur marché entre guillemets parce que... Je ne sais pas, je vais vous dire qu'il y a quand même un truc inné de racisme. Je n'ai pas envie de dire ça, mais je pense...
- Speaker #0
Mais disons-le, oui.
- Speaker #1
Mais disons-le. Donc j'ai très vite... bouger beaucoup en fait. Et donc, j'ai passé pratiquement six mois de l'année ici, machin, truc et tout ça. J'allais beaucoup à Londres, j'ai déménagé en fait à Londres, je suis allée en Australie, je suis allée en Italie, en gardant plus ou moins un pied-à-terre à Paris où c'est là où en fait je payais mes taxes, le pire endroit où. Mais bon. Et en fait, en 2010, j'étais à Londres et je travaillais en fait le plus ici et j'aimais le plus ici. Donc je me suis dit, écoute, Je vais y aller. Et puis, un concours de circonstances un peu personnelles en fait, que je me suis dit, écoute, c'est le moment ou jamais, je déménage à New York. Et donc, j'ai déménagé ici fin 2010.
- Speaker #0
Tu as ton agence qui est là. Alors, je ne sais pas si l'agence s'occupe vraiment, tu sais, des mannequins ou est-ce qu'elles sont un peu livrées à elles-mêmes. Tu arrives à New York, c'est quand même fou, tu es dans une ville incroyable, ça bouge, tu es jeune. J'imagine que tu es excitée d'être là. Mais en même temps, à quoi ressemble ton quotidien ? Est-ce que c'est difficile avec qui tu vis ?
- Speaker #1
Ça, quand j'ai vraiment déménagé, j'ai vraiment pris un appartement, j'ai pris un très bel appartement, seul et tout ça. J'avais les moyens, j'avais pas mal travaillé, j'avais les clients et tout ça. Par contre, avant, quand je venais, quand j'habitais encore à Paris et que je venais pour des périodes plus courtes, là j'habitais ou en « miles apartment » , et donc on se retrouvait genre, on était quatre dans une chambre, et on payait en plus une fortune, on était dix dans un appartement. Donc ça, c'était un peu genre slumber room, un peu comme ça. Ou je soulouais une chambre ou quelque chose comme ça avec quelqu'un, généralement conseillé par mon agence. Et j'ai eu des expériences assez, voilà, quoi, folklore, on va dire. Les expériences folklore, c'était plus avec genre les gens chez qui je soulouais une chambre. Je me souviens, par exemple, j'étais avec un make-up artist qui était assez dark. et qui était assez déprimé, mais qui en même temps était hyper religieux. Donc moi qui venais d'un pays comme la Tunisie, je me trouvais avec quelqu'un qui était hyper... religieux ici, mais en même temps, he was gay, but not accepting it. Donc, tu vois, je vivais avec toutes ces tensions-là qu'en tant que pratiquement enfant, tu ne comprends pas, tu vois. J'avais 18, 19 ans, je ne comprenais pas tout ça. Donc, ça, je trouvais ça plus difficile à vivre. Toutes ces un peu... trucs qui n'allaient pas dans la tête. Par contre, quand j'habitais avec les filles, on a tout eu. On a eu tout et n'importe quoi. Mais c'était beaucoup plus sympa parce que c'était des gens qui vivaient la même chose que moi, même si leur expérience... personne n'était complètement différente. Une venait de Russie, l'autre avait un gosse, l'autre était... Enfin, tu vois, je veux dire... Mais elles étaient là pour les mêmes choses, et donc du coup, you relate more to what they were living, tu vois ?
- Speaker #0
Donc au final, t'étais beaucoup plus à l'aise de vivre avec ces filles-là, même si elles étaient quatre par chambre, que d'aller sous les... Voilà,
- Speaker #1
c'est dégueulasse, même si c'était... On te mangeait ta bouffe, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
C'était quoi tes relations avec ces nanas-là ?
- Speaker #1
Il y avait tout et rien. Il y en a, c'est de mes meilleurs amis jusqu'à maintenant. Il y en a, je suis la godmother de leurs enfants, tu vois, donc on a des rapports très très proches. Il y en a, la plupart, j'ai perdu de vue. Enfin, c'est, t'as tout et rien. Mais j'ai pas eu ce drama, truc qu'on imagine être, en fait.
- Speaker #0
Quand t'arrives à New York, est-ce que tu sens que ta carrière prend un tournant ?
- Speaker #1
Ouais, parce qu'en fait, si tu veux, je suis passée de... Ce qui est assez curieux, c'est que j'ai toujours plus ou moins fait pas mal de trucs assez commerciaux, mais je faisais pas mal de mode aussi. Mais quand je suis passée ici, j'ai fait beaucoup plus de commerciaux. Donc si tu veux, mon income a augmenté. Mais surtout, j'ai fait ici un truc qui s'appelle Sports Illustrated. Et en fait, du coup, au niveau de la mode, ça te massacre un peu. Mais si tu veux, c'est un des seuls endroits à l'époque, parce qu'il n'y avait pas de social media, il n'y avait pas de trucs, Mickey, en fait... te montre en tant que personne et pas uniquement un représentant d'une marque.
- Speaker #0
Tu veux dire parce qu'ils font un shooting de toi et en même temps, il y a un vrai portrait.
- Speaker #1
Il y a un vrai portrait, un vrai interview, tout ce que tu as envie de parler. Il y a des vraies questions. Tu deviens une personne, une personnalité. Cette expérience-là, elle a fait que les choses ont changé.
- Speaker #0
Sport Illustrated, ça reste quand même des photos un peu sexy. Est-ce que toi, qui viens d'un pays comme la Tunisie, qui à ce moment-là, peut-être, ils n'ont pas non plus de mannequins à l'international, qui font des photos, etc. Est-ce que tu as eu des commentaires sur ce que tu pouvais faire ici, que ce soit que tu fasses de la lingerie ou des choses un peu sexy ? Est-ce que tu as eu des mauvais commentaires ou des remarques ? Tu n'as plus de faire.
- Speaker #1
En fait, je vais être très franche. J'ai commencé à faire de la lingerie parce que l'agence a décidé comme ça. Très vite, j'étais assez à l'aise, ça ne me dérangeait pas. Donc, j'ai commencé à faire de la lingerie. très très vite et bon alors on a eu un peu les commentaires mais si tu veux c'était pas vu qu'il n'y avait pas de voilà je faisais après j'espérais juste que personne m'en met dessus mais Sports Illustrated ça te devient un nom un visage et tout ça donc là oui il y a eu en plus ça arrivait juste après la révolution donc c'était un peu le le début de entre guillemets le début ou le retour des islamistes ou en tout cas il y a eu une resurgence énorme des gens et puis en fait la parole était free tu vois pour la première fois dans le pays. Les gens se sont permis de dire tout ce qu'ils voulaient. Mais parce que c'était très visible, en tout cas à l'époque, c'était très visible, et c'était le début des social media, les gens se sont...
- Speaker #0
Alors qu'aujourd'hui, personne ne s'offusquerait de ça. Mais comme tu disais avant, il n'y avait pas...
- Speaker #1
Quand tu remets tout dans le contexte, il y a eu énormément de clash.
- Speaker #0
Mais je me souviens qu'une fois, tu me racontais que ta soeur t'avait appelée pour dire qu'il y avait des mecs dans sa classe qui avaient vu tes photos, qui t'avaient dit « Mais pourquoi tu fais des photos comme ça ? »
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais, ouais, mais en fait, c'est ça qui m'avait un peu fait... Alors, du coup, j'ai commencé à demander à l'agence. Quand ma soeur, elle m'a appelée, elle m'a dit, « Oh là là, les gens, ils se moquent de moi parce qu'ils t'ont vu dans les magazines. C'est pas cool. Je sais pas quoi être. » Elle était à dos. J'ai demandé à l'agence, j'ai fait, « On peut ne pas mettre mon nom ? » Et à l'époque, tu pouvais dire ça, tu vois. J'ai fait plein de trucs et en fait, tu pouvais pas le rattacher à moi, tu vois. mais Sports Illustrated tu pouvais pas faire ça parce que il disait ton nom tu vois quand j'ai fait Sports Illustrated la plupart des gens tu vois ils disaient parlent de whatever they want. Généralement, c'est leur mec ou leur wellness. Et moi, j'avais écrit à ce moment-là que j'avais envoyé à l'éditeur. C'était juste après la révolution. J'avais écrit une lettre qui expliquait le ressenti de vivre l'histoire comme ça et d'être enfin free. Free speech, free je ne sais pas quoi. Et en fait, ils ont choisi de publier cette lettre. Donc, c'était très lié à la Tunisie. En fait, ils ont dit « Can we scrap ? » Ils m'ont carrément dit « Yes » . L'interview est bien et tout, mais on aimerait vraiment publier cette lettre. Et en fait, j'avais envoyé, parce qu'en fait, ce qui s'était passé, c'est quand la révolution s'est passée. Ça a commencé en fin décembre, machin. Ça a commencé tout en janvier, tout ça. Moi, à ce moment-là, en janvier... J'ai arrêté de bosser. J'ai dit, je ne peux pas bosser, je ne peux pas me concentrer. Je me souviens, j'étais sur un job à San Francisco en début janvier. Et j'ai une copine à moi qui m'appelle et qui me dit, ils ont arrêté mon mari. Son mari, c'était un hacker. Et moi, je ne savais même pas que son mari, c'était un hacker à l'époque. Donc, sur le coup, j'étais là, ok, je suis sur ce job-là, je vais annuler et j'arrête. Donc, j'ai arrêté de bosser pendant à peu près deux semaines et j'avais pas mal de jobs. Et donc à ce moment-là, j'ai écrit une lettre à... tous les éditeurs, tous les trucs. Et donc, je lui ai envoyé cette lettre. Tous mes agents m'ont expliqué pourquoi et comment c'était un truc hyper monumental. Ça n'avait pas l'air d'être un truc, mais c'était un truc hyper monumental. Et donc, en fait, ils ont choisi de la publier. Et du coup, c'est devenu un truc énorme, tu vois.
- Speaker #0
Suite à ça, j'imagine qu'il y a des gens en Tunisie qui ont dû voir cette lettre.
- Speaker #1
Non, la lettre, non, parce que c'est très magazine. Je ne sais pas, ils ont vu les photos. Et les photos...
- Speaker #0
donc pour toi c'était surtout les photos le problème les photos c'était les photos le problème je me souviens que tu m'avais dit que il y avait des gens malfaisants qui avaient créé un compte enfin une page sur Facebook Moraken Zafourati je me dis comme ça Moraken Zafourati tu me dis qu'il y avait je sais pas 500, 600, combien ?
- Speaker #1
5000, 5000, 6000
- Speaker #0
5000 personnes dans le groupe qui appelaient à la mort à ma mère on en rigole mais j'imagine que sur le coup c'était pas ça devait bien faire flipper ouais en plus
- Speaker #1
Le problème, c'est que quand tu n'as pas les mots pour défendre, parce que j'étais quand même assez jeune, je n'avais pas les mots pour défendre pourquoi je pensais que c'était mon droit. My body, my trust. Comme nos enfants, maintenant, ils disent... C'est ce que j'allais dire,
- Speaker #0
j'allais bien jurer nos enfants.
- Speaker #1
Nos enfants qui nous disaient à longueur de journée, my body, my trust, bon, je n'avais pas les mots pour dire ça. Et donc, en fait, je n'arrivais pas à me défendre. Je savais que ce que je faisais, c'était pas... J'étais dans mon droit, mais je n'étais pas armée pour me défendre.
- Speaker #0
Ta famille a eu peur pour toi à ce moment-là ?
- Speaker #1
Non, ils étaient emmerdés. Elles étaient emmerdées, mais peur, je ne sais pas. C'était une période assez bizarre parce que rien ne paraissait être très safe. En même temps, c'était une période assez exaltante et en même temps pas très safe. Donc, ça faisait partie du lot en fait.
- Speaker #0
Je me souviens également que tu m'avais dit que ton agence recevait des lettres de menaces. pas des mails, aujourd'hui je pense qu'on enverrait des mails, mais des vraies lettres de menaces et qu'une fois en arrivant à Paris, on te donnait un carton de lettres qui est arrivé pour toi et que dedans, c'était que des lettres de menaces.
- Speaker #1
Alors c'est marrant parce que oui, en fait, généralement, les agences reçoivent et quand tu passes par là, ils te donnent un énorme truc et t'as tout et rien. T'as des gens qui t'envoient des cadeaux, t'en as qui t'envoient des bouteilles de champagne, et beaucoup t'envoient des lettres. Il y a des lettres qui sont très gentilles. Et alors, il y a des lettres qui sont vraiment... qui font peur, quoi.
- Speaker #0
Revenons au positif. T'es à New York, ta carrière se passe bien. Pour qui t'as défilé ? Fais-nous rêver.
- Speaker #1
À New York ou...
- Speaker #0
À New York, à Paris. C'est quoi le défilé, les marques pour lesquelles t'as défilé qui t'ont marqué les designers ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup travaillé avec Jean-Paul Gaultier. J'ai adoré. J'ai beaucoup travaillé avec McQueen, avec Armani, avec... Ferry, avec Versace, avec Dolce & Gabbana, avec Vivienne Westwood, Calvin Klein, Ralph Lauren. J'ai fait un peu les choses avec un peu tout le monde. Chanel.
- Speaker #0
Valentino aussi.
- Speaker #1
J'ai vu,
- Speaker #0
je crois, la première fois que tu as publié une... J'imagine que ça a dû faire quand même rêver pas mal de jeunes filles tunisiennes, tu sais, de te voir comme ça à l'étranger. Est-ce que tu penses que tu as ouvert la voie, justement ?
- Speaker #1
Je pense que... Non. certaines jeunes filles ont été inspirées par ton parcours en disant c'est possible en fait je pense que d'une certaine manière encore une fois je sais pas si c'est un concours de circonstances ou si j'ai vraiment inspiré entre guillemets mais parce que je pense que oui peut-être avant social media les gens ils disaient ah bah en fait c'est pas si dark que ça c'est pas tu peux être ça et autre chose tu peux être ça et tu vois je pense que oui ils ont pu voir qu'en fait il y avait du potentiel pour une personne d'évoluer de manière plus ou moins positive et de faire quelque chose de sa vie, d'une certaine manière, à travers le mannequinat, et que c'était possible de venir d'un petit pays comme la Tunisie, ou d'un pays assez conservateur comme la Tunisie. Mais je pense aussi que ce qui s'est passé, c'est que Social Media a changé les choses. Et donc, en fait, la friction est que je ne sais pas à quel point c'est moi, à quel point c'est Social Media. Je pensais plutôt Social Media pour être très silouette. assez honnête.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu es à New York, tout se passe bien pour toi et à un moment donné, tu rencontres ton mari qui est égyptien-palestinien et aujourd'hui, tu as deux enfants. Donc, je le disais tout à l'heure de 6 et 8 ans, un jeune garçon et une jeune fille qui est la bestie de ma fille. Je me souviens quand Rita, je lui avais dit parce qu'à chaque fois que j'allais à l'école, donc moi, je suis arrivée dans ce quartier il y a deux ans et à chaque fois que j'allais à l'école et que quelqu'un me disait de quelle origine ? Je disais, je suis française. française, mais ma mère est marocaine, mon père est tunisien, donc je suis franco-tunisienne et marocaine. À chaque fois que je disais Tunisienne, les gens me disaient « Ah bah Kenza ! Kenza, elle est tunisienne ! Kenza, la grande, là-bas, elle est tunisienne ! » Après, je me dis « Mais c'est qui cette Kenza dont tout le monde me parle ? » Je pense que, on va pas se mentir, on est une petite communauté. C'est assez rare de rencontrer des Tunisiens à New York, en tout cas, j'en connais pas beaucoup dans notre quartier non plus. Et quoique, on va dire que cette année, on est là quand même. pas mal à l'école, mais c'est vraiment un hasard. Et j'avais dit à Rita, tu sais, dans ta classe, il y a une petite fille qui s'appelle Dora, sa maman est tunisienne. Elle me disait, non, Dora n'est pas tunisienne. Je lui ai dit, si, elle va en vacances en Tunisie l'été. Et en fait, pour elle, c'était vraiment deux mondes bien scindés. Ça veut dire, elle est ici, elle est à New York, mais personne ne comprend la Tunisie, personne ne comprend ce que c'est. C'est son endroit, elle, où elle va passer les vacances. Et je pense que d'avoir rencontré Dora, tu vois ça crée un peu un pont Et c'est vrai que ces deux dernières années, quand on a été en Tunisie, vous êtes venus nous voir un moment dans notre ville. On est venus vous voir cet été à Djerba. Et ça me fait toujours plaisir de les voir s'y lier. En même temps, elles ont des caractères qui filent aussi très bien. Ce n'est pas juste parce qu'elles sont tunisiennes. Mais d'avoir la Tunisie aussi qui est l'Ili, je trouve que c'est vraiment joli. Comment tu fais pour transmettre cette part de Tunisie que tu as en toi à tes enfants ? sachant qu'on est là, on est loin, on ne voit pas tout le temps la famille.
- Speaker #1
C'est marrant parce que tu as commencé, tu as préfacé par dire « Ah, donc tu es entre guillemets restée ici » , mais oui, c'est vrai parce que tu as rencontré ton mari qui est égyptien-palestinien. Je pense qu'en fait, ce qui est assez marrant, c'est que mon mari est égyptien-palestinien, mais il est quand même très américain.
- Speaker #0
Oui, je l'ai rajouté, la compagnie de sages, j'allais dire, est américaine.
- Speaker #1
Et en fait, je crois qu'en fait, l'égyptien-palestinien... de Tunisia et tout ça, ça se rejoint de manière assez harmonieuse. Je crois que c'est plutôt le côté hyper américain-européen qui clash plutôt dans les... Pas clash, mais en fait, où il y a des vraies différences culturelles, en fait. Et en fait, du coup, nos enfants bercent dans un peu tout ça. Même, par exemple, on essaie de leur apprendre l'arabe, mais je pense que tu le sais parce que tu le vis aussi. Mais nous, on est très confus dans quel genre d'arabe. Donc, on essaie de faire l'arabe classique. C'est pas si facile. Du coup, après, ils vont en Tunisie, ils entendent un mot, et après, ils vont chez leurs grands-parents, ou ils vont en Égypte, et le mot est complètement différent, ils sont complètement perdus, donc c'est pas facile. C'est un process qu'on est en train de faire, et je pense qu'en fait, la réalité, c'est que, comme tu dis, c'est qu'en fait, on essaie de vraiment passer pas mal de temps, être hyper connectés avec la famille, les amis de là-bas. On aime bien recréer des choses, alors du coup, on aime bien découvrir d'autres choses, mais on aime bien quand même retourner. en Tunisie, on passait beaucoup de temps, je me laissais en Egypte, malheureusement en Palestine pas tout de suite. Et après ça se fait ici aussi, donc avec la communauté qu'on essaie de créer, la nourriture, on essaie vraiment vraiment de les connecter avec la nourriture, leur identité, leur identité est plurielle.
- Speaker #0
et c'est magnifique, mais je pense que quand même qu'ils aient un vrai lien avec leur pays d'origine, c'est important.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi. Moi, j'ai eu ça parce que comme mon père était Tunisien, ma mère marocaine, tu vois, ce n'était pas le même arabe. Mais quand même, je me dis, bon, ils ont fait leur maximum, ils ne m'ont pas mis à l'école arabe, mais voilà, je comprends quand même, je parle, je mélange souvent un peu et c'est ce que j'espère aussi pour mes enfants, c'est que je me dis, ce n'est pas grave si leur arabe n'est pas parfait. Je veux dire, elles arrivent à lire, à déchiffrer, elles comprennent... peuvent, je sais pas quand elles sont en Tunisie, régler leur administratif, avoir une conversation avec le...
- Speaker #0
- Si elles peuvent régler leur administratif elles sont au top là !
- Speaker #1
- Ne t'inquiète pas de lire parce que tu sais que j'étais en Tunisie la semaine dernière, je faisais des papiers pour mon chat et j'allais dans des endroits où c'était écrit qu'en arabe. Et tu sais mais Syrita elle était là. Elle pourrait m'aider ? Parce que elle, elle sait déchiffrer au moins qu'elle déchiffre. C'est-à-dire le mot peut-être que je le connaîtrai mais je ne sais pas lire donc tu vois c'est un souci. Après c'est vrai que nous ici je sais que ça surprend souvent les Français quand je le dis. Mais par exemple, nous on a des cours d'arabe dans l'école. Donc en after school, il y a du kufu, il y a de la gym, mais il y a aussi des cours d'arabe. Des cours d'arabe. Et c'est vrai que c'est très surprenant pour les jeunes qui disent « Ah bon, des cours d'arabe dans l'école ? » Je dis « Oui, il y a des cours d'arabe dans l'école et ce n'est pas un souci. » Je sais très bien qu'en France, ça ne serait malheureusement pas possible. Je sais que tu fais aussi des cours d'arabe le week-end.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ils sont face to face, ils sont en ligne tes cours d'arabe.
- Speaker #0
On a tout essayé. On a essayé en ligne, ça n'a pas vraiment marché pour nous en tout cas. C'est pas hyper sympa pour les enfants. T'as pas envie de les punir à chaque fois. Donc, en fait, ils vont dans une sorte de groupe, une sorte d'église. En fait, ils vont à l'église et c'est pas religieux du tout, mais ils font des cours d'arabe en groupe et puis ils aiment bien ça. C'est culturel, c'est la langue.
- Speaker #1
This is so New York. On fait des cours d'arabe à l'église. Voilà.
- Speaker #0
Mais c'est ça la beauté de New York, en fait.
- Speaker #1
Mais oui, je suis d'accord. C'est un vrai melting pot. Non, mais ça, c'est incroyable. Mais comme je disais, de toute façon, on fait au mieux. Moi, j'ai compris. Voilà.
- Speaker #0
On fait au mieux.
- Speaker #1
Elle parle déjà anglais, elle parle français. Moi ce que j'ai vraiment envie en fait c'est que oui bien sûr j'aimerais bien qu'elle sache parler quand même un peu l'arabe, qu'elle comprenne un peu comme moi qui suis née et qui ai grandi en France mais qui est venue en Tunisie et je peux faire ma vie et je comprends tout. J'ai déjà envie qu'elle ait cette connexion avec la Tunisie, cette envie d'aller là-bas, cette envie de savoir d'où elles viennent après tout, c'est-à-dire qu'elles sont françaises et ça c'est très important pour nous. Mais elles sont aussi tunisiennes, elles sont aussi marocaines. Et d'avoir cette connexion avec le pays, comme tu disais, ça passe par le voyage, ça passe par la nourriture à la maison, ça passe aussi par les connexions que tu fais. Justement pour créer un pont, même si toi et moi, je veux dire, les gens qu'on fréquente, ils sont de partout. Mais c'est vrai que quand on a des gens comme nous, c'est vrai qu'on s'entend bien, qu'on partage beaucoup de choses et ça crée des ponts. Et moi, c'est ce que j'aimerais bien pour...
- Speaker #0
Comme on a fait pour le ramadan, tu sais. on s'est mis quatre familles et donc il y avait une famille tuniso-marocaine une famille marocaine une famille sénégalo-malienne et nous tuniso-égyptiennes tuniso-égyptiennes palestiniennes et tous les vendredis on faisait un ramadan pour les enfants et du coup ils goûtaient à tout ils comprenaient un peu les coutumes de chacun ça c'est bien
- Speaker #1
Et ils étaient tellement excités. Moi je sais qu'avant ça, Rita quand elle me voyait faire Ramadan, parce que c'est vrai qu'en France c'est toujours plus festif, les copains t'invitent, la ta ta ta t'invite. Voilà, ici, moi mes premiers ramadans, je mangeais un peu seule, le soir peut-être une copine une fois qui allait venir manger et encore. Parce que la plupart de mes amis ne sont pas musulmans et qu'en même temps, je ne cherche pas vraiment à avoir des amis musulmans. Oui, moi non plus. Je fonctionne à l'affinité, je m'en fous d'où tu viens, je m'en fous c'est quoi ta religion. Mais c'est vrai que d'avoir eu ce petit groupe là qu'on s'est créé depuis l'année dernière, qui fait Ramadan, et bah les enfants... Bah avant Rita, c'était ça que je disais, c'est qu'elle était "oh mais tu vas pas manger" tu vois elle comprenait pas en fait le côté un peu festif aussi du Ramadan. Ouais même l'Aïd,
- Speaker #0
comment on a organisé l'Aïd, chez toi, au début chez toi,
- Speaker #1
après à la maison... On a mis notre tenue, tout ça. Tous les vendredis soirs ils étaient hyper excités en disant "On va chez qui ? On va chez Absar, on va chez Kenzar, on va chez qui ? " Tu vois ils étaient hyper contents de... Et ça je pense que ça contribue aussi à l'identité.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
carrément. Donc tu es aussi française, c'était important pour toi de mettre tes enfants dans une école. Donc là on est dans une école américaine qui a aussi un programme de français et nos enfants font aussi des cours de français en ligne dans un organisme agréé par le ministère de l'Éducation nationale pour apprendre l'écriture en cursive, des trucs, voilà. disons pour caser le niveau, comme un enfant qui serait en France. Est-ce que c'était important pour toi que tes enfants parlent français ? Parce que tu aurais très bien pu te contenter du fait qu'ils parlent anglais, que tu ailles en Tunisie, l'arabe. Pourquoi c'était important ?
- Speaker #0
C'était très important et on en a parlé tout de suite avec mon mari qui ne parle pas français. Donc quand tu vois les trucs en écriture cursive là, pourquoi vous compliquez la live ? Je ne comprends pas. Donc pour lui, c'est très abstrait tout ça. Mais les deux ont été vraiment d'accord que... que c'est une partie énorme de leur identité, de justement quand ils vont en Tunisie aussi, en France, on essaie de passer du temps en France et tout ça, qu'ils se sentent... Ils sont français. Ils se sentent français, ils sont à l'aise en France et en plus c'est une richesse énorme de pouvoir avoir une langue en plus. Donc en fait ça c'était un non-negotiable d'un mariage entre guillemets mix, tu vois, que l'arabe c'est plus compliqué. mais qu'on allait essayer du mieux qu'on peut, mais que le français, il fallait que ce soit non négociable. C'est-à-dire qu'il fallait que les enfants parlent français.
- Speaker #1
Mais c'est pas toujours facile parce que je vois que nous, par exemple, on parle que français à la maison, ce qui n'est pas forcément votre cas parce que ton mari est américain. Et malgré ça, c'est Adélaïde qui me l'a fait remarquer hier quand elle était à la maison. Elles ont commencé à poser des questions. On était comme ça un peu en mode podcast. Elles se sont installées. Elles ont commencé à me raconter leur vie. Donc Rita a interviewé Maya. Elles l'ont fait en français et c'était un peu slow. tu vois, elles parlaient un peu, voilà, trouvent leurs mots et tout de suite on l'a fait après en anglais elles ont switché en anglais et Adèle Haïd elle m'a dit c'est incroyable comment elles sont alors elle parle bien français, elle m'a dit mais comment c'était beaucoup plus fluide en anglais et malgré ça veut dire malgré le fait qu'on est dans une école franco-américaine malgré le fait qu'on ait des cours de français en ligne malgré le fait qu'on parle tous les deux que français à la maison et Dieu sait que je suis relou avec ça parce que dès qu'il y en a une qui commence à me parler en anglais j'ai dit que je comprends pas malgré ça et regardent même leurs dessins animés quasiment 90% du temps en français, malgré ça, elles sont encore plus à l'aise en anglais.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
Donc tu vois, je me dis que c'est encore plus un challenge pour toi parce que vous avez deux langues à la maison. Donc ça doit être encore plus difficile, tu vois. Il faut le forcer, le français. C'est un challenge. Ce n'est pas juste on parle français, tes enfants parlent français. Je sais que les gens parfois ont du mal à comprendre en fait.
- Speaker #0
Et en plus, on est en train de dire, oui mais voilà, toi tu parles qu'en français, oui mais d'accord, mais ce n'est pas... C'est pas que sur moi, parce que si c'était que sur moi, on serait perdus. Non, heureusement qu'on a mis les enfants. Au début, je les avais mis dans une école en immersion que français. Parce que je voulais vraiment qu'ils aient une base solide. Et alors moi, mes enfants sont beaucoup moins francophones que les tiens, mais ils se débrouillent, ils se débrouilleront, ils auront une base solide. Si un jour, ils veulent aller travailler ou étudier en France, il n'y aura pas de souci. C'était l'idée, en fait. Mais ce n'est pas facile, parce que l'anglais, c'est la langue... pas la facilité, mais c'est partout, c'est facile, c'est fluide. Les enfants, même quand on les voit à la récré, ils communiquent qu'en anglais. C'est frappant.
- Speaker #1
Ça, c'est fou. Même parfois, quand je vois deux francophones, je vois Morita parfois avec ses copines françaises, elles parlent toutes les deux très bien français, et elles vont quand même parler en anglais entre elles. Même Maya et Rita, je les vois à la maison. Parfois, elles vont parler en français, mais très souvent, elles vont parler en anglais.
- Speaker #0
Entre elles, elles parlent en anglais, oui.
- Speaker #1
Et je leur dis, mais pourquoi vous parlez en anglais entre vous, la daronne relou ? Pourquoi vous parlez en anglais, elle va parler en français. Je suis chiante, mais j'essaye de forcer ce tout mayen.
- Speaker #0
Mais tu sais, j'ai réalisé ça. La plupart de nos copains qui ont immigré dans les pays anglo-saxons, que ce soit en Australie ou en Angleterre ou aux US, c'est toujours comme ça. En fait, les enfants peuvent être hyper francophones, mais quand les enfants sont entre eux, ils vont parler qu'en anglais.
- Speaker #1
Donc je sais... Je comprends aujourd'hui à quel point tu es attachée à ta culture. D'ailleurs, la première fois que je t'ai rencontrée, pour la petite histoire, tout le monde me disait Kenza, Et à un moment, on a vu ce petit événement dans la classe et donc je la vois. Et juste après, je vais à mon cours de pilates et je dis justement, je rencontre une copine et je lui dis « Ah, je vais au cours de pilates » . Elle me dit « Ah bah, tu devrais demander à Kenza, elle fait vraiment du pilates » . Je lui dis « Cette Kenza, elle est incroyable, elle fait tout » . Et là, j'arrive devant le pilates et je te vois. Donc du coup, je me suis dit « Bon, je vais aller lui parler alors que… » de terre, je ne vais pas aller vers les gens pour dire « Salut, c'est moi, Ichou ! » Et donc là, je t'ai vue, je dis « Bon, je vais lui dire bonjour. » Je dis « Coucou, c'est moi, la maman Odrita. » Et donc, on a commencé à papoter à ce moment-là. On a fait notre séance. C'était super dur, je me souviens.
- Speaker #0
Voilà, je pense qu'il faut prépasser par ça. Ce n'est pas du pilates. J'adore quand tu dis « C'est du SLT » .
- Speaker #1
C'est du méga réformeur sur stéroïdes. Et ensuite, on a fait mon habitat de deux minutes. Donc, on a marché ensemble et je me souviens que tu m'as dit « Oui, moi, je suis Tunisienne, mais pour moi, la Tunisie, c'est très important. Je pense que parce que c'est vrai que voilà, tu es... » tu as grandi là-bas et que peut-être il y a des gens comme moi qui, peut-être, ont grandi en France pour qui ils ne sont pas aussi attachés. Tu as compris qu'aujourd'hui j'étais aussi très attachée à la Tunisie, que j'y vais tous les étés et tout ça. Et je me souviens, ça m'a frappé quand tu m'as dit « Pour moi, la Tunisie, c'est très important » . Et aujourd'hui, donc... Tu es toujours mannequin, donc tu fais moins de job qu'avant j'imagine parce que ta vie de maman et aussi l'entrepreneuriat. Tu as lancé une entreprise en fait où tu produis des chaussures en Tunisie, des babouches qu'on a là justement au pied.
- Speaker #0
C'est notre nouveau modèle.
- Speaker #1
Et là tu portes le nouveau modèle.
- Speaker #0
Qui sort cette semaine. Voilà, donc ça c'est notre nouveau modèle, les Maryam J. Le nom va peut-être changer.
- Speaker #1
Elles s'appellent comment ?
- Speaker #0
Mariam Jane ?
- Speaker #1
J'aime bien ce petit jeu de mots. Comme les maris Jane. Oui, j'adore.
- Speaker #0
Mariam Jane. Elles sont censées sortir cette semaine.
- Speaker #1
Et donc, la particularité de tes chaussures, c'est des babouches ou baleries, on va dire. Elles ont un petit côté arabisan et en même temps, elles sont très modernes et vraiment, elles sont trop à l'aise. Et donc, pour femmes, non mais c'est vrai, elles sont super à l'aise. Moi, en plus qu'il y ait vraiment toujours des problèmes de pieds, je trouve qu'elles sont très à l'aise. Et surtout, alors je trouve très belles les modèles féminins, mais moi, je les adore sur mon mari. Quand mon mari, on était en mariage la dernière fois, il les met avec son costume. Il met ses petites babouches, je trouve que ça lui apporte tout de suite un petit style. Elles sont modernes en même temps, elles sont arabisantes. C'est un prolongement de sa personnalité, je trouve. Et j'adore quand il les met.
- Speaker #0
C'est marrant que tu dis ça parce que déjà la chaussure à la base, elle était unisexe. Mais c'est vrai que je trouve qu'en fait, quand tu regardes le landscape des chaussures, les hommes, c'est assez codifié. ils n'ont pas beaucoup de ce qu'on appelle « conversational pieces » où c'est vraiment une chaussure qui raconte une histoire. Alors que nous, on a, tu vois, le marché est plus large pour nous. Mais les hommes, il y en a très peu en fait. Et donc, c'est vrai que le potentiel de marché pour les hommes est énorme pour nous, mais c'est un peu compliqué parce qu'on est deux femmes, c'est un petit business. Mais bon, on est excité par le côté homme.
- Speaker #1
Donc la marque s'appelle « Osez the Label » . Our stories are yours. Pour toi, c'était important de raconter des histoires. Je vois que sur votre Instagram, c'est ce que vous faites, notamment avec les artisans avec lesquels vous travaillez en Tunisie qui font ces chaussures à la main dans des petits ateliers. Je vois que tu partages parfois un peu les behind the scenes. Dernièrement, tu partageais un monsieur qui travaillait avec vous depuis très longtemps et qui était parti malheureusement. Pourquoi pour toi c'était important de raconter toutes ces histoires ?
- Speaker #0
Alors en fait ça a commencé comme ça, c'est que quand on a lancé la marque, il y a deux choses qui se sont passées, c'est que je venais d'avoir mes enfants et donc je pensais beaucoup plus à, ok j'ai eu cette longue carrière, mais quel est mon sense of purpose dans ça, comment je veux que les choses soient faites et comment lier là d'où je viens. Donc en fait il y avait tous ces petits trucs qui passaient dans ma tête et je n'arrivais pas à les connecter. Il y a une chose qui m'a beaucoup énervé, enfin qui m'énerve toujours. Et encore plus à l'époque, mais aujourd'hui c'est un peu moins un sujet. Mais je trouve qu'en fait on achète un produit et on s'en fout de comment ça a été fait. Et moi ça m'a toujours dérangée en fait. Et donc je voulais justement que le consumer, la personne qui achète, soit impliqué dans la ligne de production en fait. Voilà, c'est très abstrait comme concept, mais c'est ce que je voulais en fait. Je voulais qu'en fait il y ait un vrai... C'est pas que tu achètes un produit pour acheter un produit, mais il y a un vrai attachement qui est autre. Il y a une vraie humanité par rapport à ce que tu achètes. Et donc en fait, c'était un peu comment la marque a commencé. Et donc pour nous, c'était hyper important d'humaniser qui le fait. En plus, c'est des gens qui sont généralement très vulnérables. En tout cas dans le monde de la mode, tu vois les garden workers et tout ça, c'est des gens qui sont très vulnérables. C'est des énormes compagnies où l'humain a très peu de réalité, de place. qui est aussi dans une position vulnérable dans le monde de la mode. Les mannequins, généralement, on est aussi des gens qui sont assez vulnérables, mais au moins on est très visibles. Alors que les manufacturers, les ouvrières ou les ouvriers, non seulement ils sont très vulnérables dans la chaîne de production, mais en plus ils sont invisibles. Donc j'ai une certaine responsabilité par rapport à ces gens-là. Au moins. C'est comme ça que je l'ai vécu, entre guillemets. Donc c'est pour ça que pour nous c'est hyper important de montrer qui sont les artisans, de montrer un peu l'histoire, de montrer aussi qui sont les consumers. qui achètent, quelles sont leurs histoires, quels sont les trucs. En fait, c'est vraiment d'humaniser la chose, pas juste au travers d'une transaction en fait.
- Speaker #1
On sent que c'est important pour toi. Et d'ailleurs, je te vois parfois partager sur tes réseaux aussi que tu voyages pour des conférences justement où on parle un peu de l'aspect environnemental et justement de toutes ces personnes dont tu parles. C'est important pour toi de participer à des événements comme cela ?
- Speaker #0
Alors honnêtement, oui, c'est important bien sûr. des vraies conversations par rapport à ça, mais je trouve que ça reste très marginal par rapport à l'effort à faire. Tu vois ce que je veux dire ? C'est « walk the talk » , tu vois ? Je veux dire, oui, c'est bien de faire les conférences, mais après, il faut qu'il y ait des vrais changements à tous les niveaux, c'est-à-dire macro, micro et même humain, tu vois ? Et ça, je trouve qu'on en est encore très loin.
- Speaker #1
Donc là, vous produisez vos chaussures à Tunis, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui. On produit... D'ailleurs, on vient juste maintenant de... On a nos propres ateliers. C'est nouveau, c'est depuis cet été.
- Speaker #1
Grosse pression.
- Speaker #0
Grosse pression. Donc en fait, ce qu'on fait, c'est qu'on source le cuir d'un peu partout. Pas forcément dans la Tunisie, beaucoup en Tunisie, mais aussi dans les ateliers des tanneries en Italie, en Espagne, au Portugal, en Turquie. Mais en fait, on achète, on ne produit pas. C'est-à-dire qu'on ne passe pas de commandes. Ce qui est généralement le mode de truc. C'est-à-dire que tu dis, j'ai besoin de 50 yards de cuir noir. Là, on ne fait pas. J'achète les excès. Je n'achète que les excès parce qu'il y en a énormément. C'est une industrie qui produit énormément en excès pour telle ou telle raison. Et donc nous, ce qu'on fait, c'est qu'on achète ça. Mais du coup, dans notre business model, c'est un peu compliqué parce qu'on ne peut pas prendre des grosses wholesale orders. Et donc, tout est des séries limitées. Tout est petit et tout est à taille humaine. Parce que je peux te dire, oui, je peux te promettre d'avoir du noir. Mais je ne sais pas, moi, si dans trois mois, j'aurais encore du noir ou du léopard. On essaie de prendre souvent des couleurs assez folles. Tu vois, on aime que la chaussure parle, en fait. On est assez sobres, ma cofondatrice et moi, on est assez sobres dans la manière dont nous habillons. On aime bien que la chaussure parle. Concession of pieces.
- Speaker #1
Je vois que vous avez des modèles un peu zébras, des modèles un peu oranges avec des petits... poils un peu fourru.
- Speaker #0
C'est une partie hyper sympa de source le cuir, on apprend beaucoup en fait, on apprend beaucoup sur justement quels sont les cuirs qui marcheraient et tout ça et en fait on s'est dit oui on teste aussi avec d'autres matériaux tu vois là c'est de la raffia et tout ça, on a essayé avec des cuirs à base d'écailles de poisson et tout ça mais ça reste très marginal par rapport à déjà il y a énormément de waste, de déchets dans le monde du cuir donc si on passera au reste.
- Speaker #1
Ok, donc du coup, vous récupérez des chutes de cuir de luxe, on va dire. Et ça veut dire que si tu vends un modèle, il est là maintenant et il ne sera peut-être pas là dans deux mois.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, vous vendez principalement en ligne et vous avez aussi quelques points de vente ?
- Speaker #0
On a quand même pas mal de points de vente.
- Speaker #1
À New York, exclusivement ?
- Speaker #0
Non, très peu à New York. On est dans pas mal de petites boutiques sur le territoire américain. On est dans le Moyen-Orient. On est dans quelques boutiques à Londres, une boutique à Paris. C'est petit, quoi. Et en ligne.
- Speaker #1
Et tu arrives encore à concilier ta vie de mannequin avec l'entrepreneuriat ou est-ce que tu sens que l'entrepreneuriat prend le pas sur ta vie de mannequin aujourd'hui ?
- Speaker #0
En fait, si tu veux, je pense qu'être business owner, ça m'a donné une nouvelle appréciation par rapport au mannequinat. C'est-à-dire que je comprends beaucoup mieux les enjeux avec toutes les marques. petite ou grande avec qui j'ai travaillé, je comprends les enjeux beaucoup mieux. J'ai une perspective beaucoup plus profonde, entre guillemets. Et donc ça c'est hyper intéressant. Donc si tu veux l'un aide à l'autre. Et puis ce qui a été assez bien, c'est que grâce au Mankina, on a pu avoir plus facilement aider la presse et des partenariats, genre avec Free People, avec Boiner, avec tu vois. Ça c'est avec Maisonnette, on a eu des partenariats qui étaient assez sympas, surtout au début, donc ça a aidé. Donc je pense que l'un aide l'autre.
- Speaker #1
C'est quoi l'avenir pour Osez le Label ? Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ?
- Speaker #0
Alors nous, en fait, on a envie de vraiment augmenter le côté « media » , c'est-à-dire qu'on a vraiment envie de raconter beaucoup plus d'histoires, de créer des « offline gatherings » , en fait d'augmenter le côté culturel de Osez. On a aussi beaucoup de produits qu'on a envie de mettre en ligne. enfin de créer et on travaille sur pas mal de choses donc par exemple tu vois plus de chaussures, des chaussures d'intérieur on a des sacs et puis surtout on a envie d'avoir des boutiques en fait entre ma business partner habite à Mexico City donc Mexico City, New York et la Tunisie ce serait idéal pour commencer écoute c'est un beau projet c'est tout ce qu'on te souhaite
- Speaker #1
merci beaucoup Kenza d'avoir été avec nous aujourd'hui c'était une conversation très agréable avec toi et très instructive merci beaucoup très bon thé on n'a même pas de cheers bisous merci à tous de nous avoir regardé sur Youtube n'hésitez pas à laisser un commentaire ou à partager cet épisode avec un ou une amie et si vous nous écoutez sur les plateformes de podcast comme Apple Podcasts cas sous Spotify, n'hésitez pas à laisser une petite note et un petit commentaire. Merci ! Ok, je vais couper.