- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Déraciné. Alors aujourd'hui dans mon salon à Brooklyn, j'accueille Afsa. Afsa qui m'a fait l'honneur de revenir aujourd'hui pour filmer ce deuxième épisode de podcast parce que comme vous le savez, j'ai perdu mes quatre premiers épisodes de podcast, je les ai tous refilmés et c'était le dernier que je n'avais pas encore filmé. Donc merci Afsa d'être venue aujourd'hui, de m'avoir fait l'honneur de m'accorder de ton... temps, je sais que ton temps est précieux. Merci à toi d'être revenue aujourd'hui.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Alors, à ça, est-ce que tu pourrais te présenter, en quelques mots, de la manière dont tu as envie, pour que les gens qui ne te connaissent pas puissent te découvrir ?
- Speaker #1
Donc, moi, c'est Afsah. Je suis maman de deux enfants de 6 et 8 ans. Ça fait maintenant 9 ans que j'habite à New York, exactement, et je suis la fondatrice de Marbré, une marque de pâtisserie française spécialisée dans les madeleines.
- Speaker #0
Des madeleines délicieuses. On y reviendra un petit peu plus tard. Ok, donc tu arrives ici à Neuvent, tu suis ton mari pour le boulot. À quoi ressemblait ta vie en France avant de partir pour New York ?
- Speaker #1
Avant de venir ici, je travaillais à Paris à la Défense dans un cabinet en gestion de projet. J'avais la chance déjà de travailler dans un environnement assez international puisque je peux bosser en mobilité internationale. Ce qui m'a permis, quand je suis arrivée ici, de tout simplement retravailler dans le même secteur.
- Speaker #0
Donc toi, Afsa, tu grandis dans 91 à Évry. Tu es l'aînée de la famille, tu grandis dans une famille sénégalaise, donc tu es franco-sénégalaise. Donc, quelle étude tu vas suivre pour arriver à devenir project manager ?
- Speaker #1
Après le bac, j'ai passé un bac ES. Je me suis dirigée vers une école de commerce. Donc, j'ai été en école de commerce et ensuite, j'ai aussi fait une licence en histoire géographique.
- Speaker #0
Tiens donc, je ne savais pas ça. Je ne savais pas ça. Je découvre avec vous, Afsa.
- Speaker #1
J'aimais beaucoup l'histoire géo. C'était une de mes matières préférées à l'école, avec l'économie. Donc voilà.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu arrives ici il y a neuf ans. Dans quel état d'esprit t'es quand tu arrives ici ? T'es excitée ? Tu suis, mais t'as pas envie ? C'est quoi ton mood ?
- Speaker #1
J'étais un peu triste parce que je quittais ma famille. Je suis quelqu'un qui est très famille. J'adore être en famille et je savais qu'en venant ici, je serais seule. Ça allait être juste mon mari et moi. Et ça a été le cas. Quand je suis arrivée, au bout de deux mois, je suis rentrée à Paris.
- Speaker #0
Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que Afsa, quand t'es arrivée, t'es pas arrivée à New York City. T'es pas arrivée à Manhattan, t'es pas arrivée à Brooklyn. Tu peux nous raconter tes deux premiers mois où t'es arrivée et où tu pensais que tu allais arriver.
- Speaker #1
Donc, on est arrivée à Rochester. Moi, au début, quand j'ai accepté... entre guillemets l'expatriation, c'est parce que je pensais que c'était New York. En fait, Rochester, c'est dans l'état de New York, mais ce n'est pas New York. Après, moi, je me suis dit, bon, c'est une heure de New York parce qu'effectivement, c'est à une heure de New York, mais en avion.
- Speaker #0
En jet privé, quoi.
- Speaker #1
En jet privé, voilà. En voiture, c'est six heures.
- Speaker #0
Il y a plein de gens qui confondent un peu comme ça l'état de New York et la ville de New York. Voilà,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
C'était trop calme pour toi ?
- Speaker #1
Trop calme. Je ne sais pas, il n'y avait même pas de trottoir.
- Speaker #0
Ah oui, c'est les villes.
- Speaker #1
C'est les villes où tu ne fais rien sans voiture, en fait. Tout le monde est en voiture. Quand tu sors, c'est au centre commercial ou au restaurant. Ce n'est pas comme ici à Brooklyn où je passe mon temps à marcher, limite.
- Speaker #0
Après, je pense que New York, c'est un peu particulier par rapport au reste de l'Amérique. Il n'y a pas vraiment beaucoup de villes, au final, où tu marches. Mais c'est vrai qu'à New York, on a la chance de pouvoir juste prendre le métro, marcher. On n'a pas vraiment besoin de voiture. Exactement. D'ailleurs, moi, je n'ai pas de voiture, par exemple. mais il y a beaucoup de villes comme ça où tout se fait uniquement en voiture. Donc, tu arrives là-bas, j'imagine que tu n'as pas d'amis, tu ne peux pas marcher dans la rue, ta famille te manque.
- Speaker #1
La dépression.
- Speaker #0
La dépression, voilà. La dépression.
- Speaker #1
C'est pour ça qu'au bout de deux mois, j'ai décidé de rentrer.
- Speaker #0
Donc, tu es là-bas, ça ne te plaît pas. En tout cas, ce n'est pas ce à quoi tu t'attendais. J'imagine la solitude aussi parce que tu es habituée à être entourée de gens et être avec ta famille. comment tu as fait pour aller à un... Est-ce que tu as commencé à te faire des amis ? Est-ce que tu as sociabilisé ? Comment tu as fait pour passer outre ça ?
- Speaker #1
Je n'avais pas du tout d'amis. J'étais vraiment une sans-amis là-bas. Et ça, c'était hyper difficile à vivre parce qu'en fait, je pense que quand tu arrives dans un nouveau pays, tu te fais des amis en allant au travail ou si tu as des enfants, parce que je l'ai remarqué plus tard quand tu as des enfants avec les autres mamans. Mais là, ce n'était pas mon cas. Je n'avais pas d'enfants, je n'avais pas de travail. Ah non, c'était hyper difficile pour moi. Je n'ai pas réussi à m'adapter là-bas.
- Speaker #0
Du coup, à quoi ressemblaient tes journées ? parce que j'imagine que ton mari allait bosser.
- Speaker #1
Et toi,
- Speaker #0
tu étais à la maison ?
- Speaker #1
J'étais à la maison toute la journée. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je me souviens, je n'ai jamais été aussi proche de ma mère qu'à cette période-là. Je l'appelais tous les jours. Je l'appelais tous les jours. On pouvait rester des heures et des heures au téléphone. Je faisais la cuisine, elle était avec moi. Et puis là, du coup, j'ai pris ce temps pour apprendre à faire beaucoup de plats. Sénégalais que je faisais pas avant parce que là j'avais clairement le temps et là il fallait,
- Speaker #0
tu pouvais pas les manger ailleurs donc c'est aussi ça, c'est quelque chose que t'as fait de ta famille parfois, moi j'ai envie de manger un truc que ma mère elle habitue à me faire, comme hier, moi j'ai fait des crêpes marocaines c'est des barres et des crêpes avec des trous j'adore ces crêpes d'ailleurs la musique c'est ma mère qui les fait et bah là je suis seule, je suis livrée à moi-même bah allez, c'est la débrouille tu t'es débrouillée, tu vas dans la cuisine et puis tu fais tu vois Tu m'as dit qu'à un moment, tu es rentrée à Paris. Même te ressourcer à un moment, tu as eu besoin après deux mois seulement de rentrer. Tu es revenue ici. Tu m'as dit que ton mari a eu un nouveau deal avec son boulot, qu'il a réussi à négocier New York, New York.
- Speaker #1
Ah non, mais ce qui s'est passé, c'est que je lui ai dit, on ne reste pas ici. On retourne à Paris, on va dans une grande ville. On retourne à Paris. Et du coup, vu que je travaille en mobilité internationale, je sais très bien que le conjoint suiveur, doit effectivement se sentir bien dans le pays d'accueil. Sinon, l'expatriation ne peut pas bien se passer, tout simplement. Donc, ce qu'il a fait, c'est qu'il en a parlé avec son boulot. Et on lui a trouvé une autre mission sur New York City, cette fois-ci.
- Speaker #0
Et c'est vrai que, comme tu disais, c'est important que le conjoint se sente bien parce que tu suis. Moi, c'était mon cas aussi, tu vois, j'ai suivi. Mais j'ai vu quand même que la boîte de mon mari, ils ont quand même mis en place un certain nombre de choses, de stress, déjà certains avantages. même le fait d'avoir des cours d'anglais gratuits, vraiment tout pour que tu te sentes bien. Donc, ils ont accepté. Tu es arrivée à New York. Tu es arrivée à Brooklyn, c'est ça, ou à Manhattan ? Non,
- Speaker #1
à Brooklyn. À Brooklyn. Je suis arrivée à Brooklyn directement.
- Speaker #0
Et là ?
- Speaker #1
Oui, en fait, je pense que quand je suis arrivée à Brooklyn, ça s'est mieux passé dans le sens où, déjà, j'étais enceinte de mon premier bébé et ma sœur et deux de mes frères sont venus. Donc j'avais passé tout l'été avec eux, directement, quasiment, dès que j'ai emménagé à New York. Ils étaient là, ils sont restés un bon bout de temps, ils m'ont accompagnée sur la fin de ma grossesse. Donc ça s'est super bien passé. Et du coup, enfin, quand j'ai eu mon bébé, tu te fais des nouveaux amis parce qu'il va à la crèche, tu rencontres d'autres personnes. C'est beaucoup plus facile.
- Speaker #0
C'est vrai que le fait d'avoir des enfants, ça aide vraiment à l'intégration. Souvent, on me demandera comment tu fais pour copiner un peu ici, pour créer un cercle. C'est vrai que quand on est maman avec les enfants, et souvent on va dans des écoles où on fait du français, c'est encore plus facile de connecter avec des gens qui ont la même culture que nous.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Là, tu as ton premier bébé, ta famille est venue, tu t'es sentie ressourcée. Comment tu trouves un premier boulot ?
- Speaker #1
Ça, ça a été... Je crois que je n'ai pas trouvé de boulot. Ah si, j'en avais trouvé un. En fait, il faut savoir que quand je suis arrivée, que j'ai commencé à chercher du travail justement, je postulais à tout et n'importe quoi. Et à beaucoup de postes où j'étais overqualified, surqualifiée, voilà. Et donc du coup, on ne me rappelait pas. Et moi, je ne comprenais pas. Je me disais, mais je ne comprends pas, je postule à tout, on ne me rappelle pas, jusqu'à ce qu'un jour, quelqu'un me rappelle et me dise que je suis surqualifiée pour ce poste.
- Speaker #0
Pourquoi tu faisais ça ?
- Speaker #1
Je pense qu'inconsciemment, je le faisais parce qu'il y avait un gros manque de confiance en moi-même. Je me disais alors, vraiment avant d'arriver à New York, je travaillais en anglais, moi. Tous mes emails que j'envoyais, c'était en anglais. Je travaillais beaucoup avec l'international. Je gérais plus d'une trentaine de pays avec qui j'échangeais quotidiennement. Mais je pense qu'inconsciemment, oui, j'avais pas confiance en moi, pas confiance en mon anglais. Donc après ce que j'ai fait, j'ai pris des cours d'anglais, des cours de business english et ça m'a beaucoup beaucoup aidé parce qu'il y avait beaucoup de prises de parole, c'était des situations comme si tu étais au travail. Donc ça m'a beaucoup aidé et là j'ai postulé et j'ai trouvé quelque chose dans un cabinet pareil, exactement ce que je faisais à quelques détails près.
- Speaker #0
Voilà, donc tu disais que tu envoyais des mails déjà quand tu étais en France, donc pour toi tu avais quand même un plutôt bon niveau d'anglais. Après, je sais qu'il y a quand même une différence entre envoyer des mails et devoir parler. C'est vrai qu'en France, on apprend moins à parler. Tu vois, nos enfants à l'école, ils prennent souvent la parole devant tout le monde. C'est quelque chose qu'on apprend aux enfants à faire très tôt. Je pense que nous, on nous apprenait beaucoup, peut-être plus de l'écrit et pas assez d'oral. Au final, tu avais juste besoin de reprendre un peu confiance en toi. Et je pense que les cours, ça sert aussi à ça. Moi, quand j'ai pris mes cours au début, c'était aussi juste parce que j'avais besoin d'un peu prendre confiance en moi. Bon, il me manquait aussi du vocabulaire, mais je n'en avais pas vraiment conscience à ce moment-là. OK, donc là, tu as ton premier boulot.
- Speaker #1
Donc, je trouve mon premier travail. J'étais tellement contente de pouvoir sortir de la maison, m'apprêter pour aller au travail, avoir des collègues. J'avais l'impression que toutes mes journées, c'était m'occuper de la maison, aller déposer mon fils à la crèche, aller le chercher. Je n'avais pas quelque chose qui me permettait de m'épanouir, moi, personnellement.
- Speaker #0
Surtout qu'à la base, c'était une femme active quand tu étais en France. Et donc, tu arrives ici, c'est vrai que ça fait un peu... Surtout quand tu es un peu seule, tout ça, tu as besoin de sortir un peu.
- Speaker #1
Exactement. Donc, j'étais très contente et très, très investie dans le premier travail. Et surtout, c'était très intéressant pour moi parce que quand j'étais en France, du coup, c'était toujours dans le même secteur. Quand j'étais en France, j'étais du côté français et les États-Unis, souvent, c'est eux qui ont les gros clients. Donc, c'est eux qu'on appelle le bureau coordinateur. Et là, du coup, j'étais dans ce bureau qu'on critiquait, je ne sais pas si je peux dire ça, à longueur de journée avec mes collègues. Cette fois-ci, j'étais de ce côté-là. J'écoutais mes collègues critiquer les Français, tous les congés qu'on a.
- Speaker #0
Justement, pourquoi est-ce que les Américains, tes collègues, pourquoi est-ce qu'ils critiquent leurs confrères français ?
- Speaker #1
Parce qu'ils ne comprennent pas que quand on envoie un email, ils mettent deux jours à répondre. Ils ne comprennent pas ça. Et qu'au mois d'août, il n'y ait personne pour répondre à tes emails.
- Speaker #0
Donc là... T'as ton enfant, t'as un boulot, tout va bien, tu commences un peu à te créer un petit cercle grâce à ton fils. Et là, une deuxième maternité ?
- Speaker #1
Voilà, une deuxième maternité. J'ai changé de travail aussi. Après ma deuxième maternité, je crois que mon fils, il avait deux mois quand j'ai repris le boulot.
- Speaker #0
Justement, c'est ça que j'allais te poser comme question. C'est vrai qu'ici, souvent, on dit t'as pas le droit à un congé maternité, donc ça dépend en vrai. Surtout des boîtes. On a une copine à nous qui est enceinte qui nous a dit hier qu'elle allait avoir 6 mois, par exemple. J'imagine en collant un peu ses vacances et tout. Toi, à quoi tu as eu droit justement quand tu es partie accoucher ? On t'a dit quoi ?
- Speaker #1
Non, en fait, moi, j'étais entre deux boulots. Donc, quand mon fils avait deux mois, j'ai repris un nouveau travail. Et j'ai pas... C'était pareil. En fait, la maternité, pour moi, ça m'étouffe vite. de rester à la maison et de rien faire.
- Speaker #0
Ok. Donc, c'est-à-dire que tu as eu envie de revenir après deux mois ?
- Speaker #1
Exactement. C'était mon désir de revenir au travail après deux mois.
- Speaker #0
Toi, aujourd'hui, tu es maman de deux petits garçons, de 6 et 8 ans. Et on s'est beaucoup rapprochés parce que nos enfants sont dans la même classe. Donc, pareil, j'ai deux petites filles de 6 et 8 ans. Nos enfants s'entendent même très, très bien. Ce qui facilite un peu tout. Donc toi, tous les ans, je te vois rentrer en France et au Sénégal, comme on le disait, tu es franco-sénégalaise. On va commencer avec la France. Est-ce que pour toi, c'est important que tes enfants rentrent en France tous les ans ?
- Speaker #1
Oui, c'est très important parce que du coup, toute ma famille est quasiment en France. Donc, il faut créer des liens. Et puis, le fait qu'on soit ici à l'étranger, on est un peu seul. On rate déjà beaucoup de tout ce qui se passe en France. avec la famille. Et eux aussi ratent beaucoup d'étapes des enfants. Ils ne les voient pas grandir de la même manière que s'ils avaient été en France. Pour moi, c'est très important qu'ils puissent créer des liens avec la famille, leur mamie, les tatas, les tontons, les cousins, cousines. Moi, j'ai grandi entourée de tout ça.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, on les voit souvent lorsqu'ils vont au foot. Ils sont à fond dans le foot. On les voit souvent avec leur maillot de la France, les jours de foot. On les voit avec leur petit maillot de la France. pays représente. Ou du PSG. D'abord le PSG, d'abord parler de l'équipe de France. Donc voilà, tu sens qu'ils savent, même s'ils habitent à New York, qu'ils représentent bien ce côté de leur culture.
- Speaker #1
D'ailleurs, pour la Coupe du Monde qui arrive bientôt chez nous, aux Etats-Unis.
- Speaker #0
On n'a pas de ticket.
- Speaker #1
Mais on va en trouver.
- Speaker #0
C'est quelqu'un qui a un bon plan pour nous pour qu'on puisse avoir des tickets parce qu'on s'inscrit sur les listes de la FIFA. Et on n'a jamais été tiré au sort, ne serait-ce que pour avoir l'opportunité d'accéder au site web pour pouvoir... peut-être acheter un ticket.
- Speaker #1
Bon, on va en trouver. On va en trouver.
- Speaker #0
Si la FIFA veut sponsoriser le podcast, on veut bien aller voir l'équipe de France, s'il vous plaît.
- Speaker #1
Pas que la France. Il y a aussi le Sénégal,
- Speaker #0
le Maroc, la Tunisie. On va aller voir tout le monde. On va aller voir la France, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, tout le monde, on va aller voir. On va supporter nos équipes et les équipes des copines aussi. Et est-ce que c'était important pour toi de mettre, par exemple, tes enfants, parce que là, on est dans une école américaine qui a un programme de français. Est-ce que c'est important pour toi que tes enfants... continuer à parler le français et pas se dire qu'ils parlent anglais et qu'ils vont se faire comprendre au final dans le monde entier. Pourquoi c'est important pour toi qu'ils parlent français ?
- Speaker #1
Parce que je pense qu'à travers la langue, on partage beaucoup. Et pour moi, le français, c'est ma première langue. Déjà, j'avais envie qu'à ce niveau-là, il y ait une connexion entre mes enfants et moi. Mais aussi avec la famille restée en France, ma mère ne parle pas anglais. Donc, il faut bien qu'ils puissent échanger, communiquer. Et oui, du coup, c'était très important.
- Speaker #0
Oui, et surtout, il faut savoir, comme je le disais dernièrement, c'est que c'est dur, en fait, de garder le français. Donc, vous parlez français à la maison, comme nous. Mais malgré ça, l'anglais a souvent tendance à prendre un peu le dessus. Notamment, tu sais, quand ils parlent entre eux, tu ne comprends pas, en fait, pourquoi d'un seul coup, ils switchent en anglais. Et aujourd'hui, on parle français à la maison. Mais voilà, parce que je pense que c'est plus facile. Donc, c'est vrai que c'est un combat de tous les jours pour garder un bon niveau de français.
- Speaker #1
Oui, et il n'y a pas que ça. Je pense que pour moi aussi, L'anglais, ce n'est pas ma première langue, donc forcément, je ne vais pas parler aussi bien anglais que quelqu'un qui est né ici.
- Speaker #0
D'ailleurs, ils le savent.
- Speaker #1
Ils le savent, oui, mais ils se moquent de moi tous les jours sur l'anglais.
- Speaker #0
Moi aussi, ils se moquent de moi.
- Speaker #1
Ce n'est pas « milk » , c'est « milk » .
- Speaker #0
Moi aussi, je n'écoute pas ça, mais je n'entends même pas. Moi, je lui dis, c'est la salade. Tu sais, je fais...
- Speaker #1
C'est pas salade, c'est salad.
- Speaker #0
Salad.
- Speaker #1
Salad, un truc comme ça.
- Speaker #0
Je lui dis, c'est salade. Elle fait, non, c'est pas salade. Je lui dis, c'est quoi ? Elle me fait, c'est salad.
- Speaker #1
Ah oui, plein de mots comme ça. En fait, c'est l'intonation, d'après ce que j'ai compris. C'est ça. C'est l'intonation. Et des fois, je vais dire des mots comme ça, comme milk. Ils vont me regarder, ils vont pas comprendre. Oui,
- Speaker #0
ah oui, pour ça.
- Speaker #1
Ils me regardent et disent, de quoi ? et je dis bah Mick oh merde parfois j'ai l'impression qu'il se fout de ma gueule tu vois mais vraiment
- Speaker #0
Vraiment, elles ne comprennent pas. Parfois, je dis des mots qu'elles ne comprennent pas.
- Speaker #1
Moi, il m'a dit... Je ne sais plus comment il m'a dit ça, mais en gros, il a compris que je ne parlais pas très bien l'anglais. Je me suis dit, comment ça, je ne parle pas très bien l'anglais ? Après, il me dit, mais tu sais, tu as un accent quand tu parles anglais. Et je lui dis, toi aussi, tu as un accent quand tu parles français. Moi aussi, c'est ça.
- Speaker #0
Après, je leur dis, estimez-vous heureux déjà de parler aussi bien français et anglais ? Surtout que je me suis délocalisée. Non, mais en fait, ça me rappelle... J'imagine que tu le faisais aussi avec tes parents, mais moi, ça me rappelle aussi des erreurs que ma mère... qu'on pouvait faire à l'époque. Alors, je peux moquer pas d'elle. Elle se moque pas vraiment de moi. C'est un petit jeu entre nous. Mais tu vois, on lui faisait la remarque. Ah non, on dit pas ça comme ça. Et elle nous disait, allez, laissez-moi tranquille, dégagez.
- Speaker #1
C'est pareil. Elle nous disait quelque chose. On allait se regarder avec mes soeurs, mes frères, on allait rigoler. Et maintenant, j'ai exactement la même chose. Ils se rallient contre moi.
- Speaker #0
Ok. Je t'ai vu également cet été partir au Sénégal, l'été dernier. Je sais que ça te tient à cœur aussi beaucoup d'aller là-bas. En quoi c'est important pour toi de transmettre cette culture sénégalaise à tes enfants ?
- Speaker #1
J'essaye de tout faire pour qu'ils puissent ressentir cette connexion, avoir une vraie connexion avec le Sénégal, comme moi j'ai pu l'avoir quand j'étais plus petite. Je pense que le fait que mes parents nous emmenaient au Sénégal quand j'étais plus jeune... a permis de développer cet amour envers le Sénégal et puis ce sentiment d'appartenance aussi. Parce qu'on ne sera pas toujours là et j'aimerais que même quand je ne suis pas là, qu'ils partent d'eux-mêmes au Sénégal et qu'ils emmènent plus tard leurs enfants comme moi je le fais avec eux aujourd'hui. C'est une culture différente aussi et c'est bien pour eux qu'ils puissent voir des gens qui vivent différemment, qui ont des valeurs différentes de celles qu'ils peuvent côtoyer ici. Et d'ailleurs, ils adorent aller au Sénégal. Ils s'amusent super bien là-bas. Ils voient toute la famille. Et d'ailleurs, cet été, en plus, ils ont fait un soccer camp.
- Speaker #0
Un camp de football ?
- Speaker #1
Non, un camp de football, ça te dit pas ? Non,
- Speaker #0
un camp, un soccer camp, non ? Un stage de football.
- Speaker #1
Voilà, un stage de football là-bas. Et d'ailleurs, cet été, ils ont fait un stage de football là-bas aussi. Donc, ils font des activités et ils ont adoré.
- Speaker #0
Tes enfants font du français ? Mais ils apprennent également l'arabe puisqu'ils ont des cours. Donc, je sais qu'ils ont des cours en ligne parce que parfois, je t'appelle et tu me dis, je te laisse. Il faut que je les connecte. Il faut que je les connecte. Moi, j'ai la même chose avec le français. Il faut que je les connecte sur Zoom. Et donc, ils ont des cours d'arabe tous les jours. Et ils ont aussi, le week-end, ils ont des cours en présentiel. Ils apprennent l'arabe.
- Speaker #1
Donc, ils apprennent, oui, la langue arabe. Mais c'est également des cours de religion puisqu'on est musulman. Et aussi tout ce qui est autour de l'islam.
- Speaker #0
Quand on a une identité comme ça, plurielle, est-ce que tu trouves que c'est difficile ? Parce que je pense qu'on ne transmettra jamais aussi bien que... Moi, je vois ça comme ça. Je me dis que je ne vais jamais transmettre aussi bien que mes parents parce que je suis loin, parce que mon identité, elle s'est aussi enrichie d'autres cultures, notamment la culture française. Parce que je suis née et j'ai grandi en France, comme toi. Donc, transmettre tout ça, est-ce que tu trouves que c'est difficile ?
- Speaker #1
Pas vraiment, parce que comme tu disais, on ne pourra jamais la transmettre, tu ne pourras jamais, toi pour ton cas, transmettre la culture marocaine ou tunisienne comme tes parents l'ont fait, parce que vous n'avez pas déjà la même identité culturelle. Donc oui, on ne peut pas transmettre comme nos parents l'ont fait. Ma mère, ce qu'elle m'a transmis, elle, c'est sa culture sénégalaise parce qu'elle est née et elle a grandi au Sénégal, ce qui n'est pas mon cas. Donc moi, à ma culture sénégalaise que ma maman m'a transmise, on va dire la culture française s'est ajoutée à cela. Ce qui fait que pour mes enfants, la culture que je vais leur transmettre, c'est une culture franco-sénégalaise. Point de ce que moi j'ai reçu. Et je sais que ça va être différent encore une fois avec eux. Enfin, je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve, mais si jamais ils restent aux États-Unis, ils auront la culture franco-sénégalaise que je leur ai transmise, plus leur culture et les codes américains qu'ils auront acquis ici.
- Speaker #0
Après, je pense qu'on n'a même pas besoin de rester. Je pense que la culture américaine, elle est déjà bien ancrée en eux. C'est vrai, tu le vois même chez tes enfants dans la manière dont ils peuvent voir le monde, où tout répond. Tu vois qu'ils sont déjà bien imprégnés de cette culture américaine. Et je pense que comme tu dis, à chaque fois, tu te délaisses peut-être un peu parce qu'au final, toi aussi, tu t'enrichis de la culture dans laquelle tu baignes. Ce que te transmet ta mère, ce n'est pas forcément ce que toi, tu vas transmettre à tes enfants. Moi, je me dis toujours au final, je fais de mon mieux. Je ne suis pas obligée de faire exactement comme mes parents ont fait, parce qu'il y a peut-être eu du bon, il y a peut-être eu du moins bon aussi. Mais au final, ça fait des cultures, une transmission de plus en plus complexe, mais hyper intéressante, je trouve.
- Speaker #1
Très riche. Et c'est pour ça encore, pour revenir au voyage qu'on fait fréquemment, que ce soit en France ou au Sénégal, c'est justement pour qu'ils se sentent rattachés à ces deux cultures,
- Speaker #0
tout en ayant l'ouverture d'esprit d'accueillir les nouvelles cultures. qui se présentent à eux dans la vie ou qui s'imposent à eux dans la vie de par le lieu où ils peuvent vivre. Est-ce que toi, tu leur inculques les lieux où ils peuvent vivre, par exemple ?
- Speaker #1
Je pense que le plus important aussi, c'est de prendre, quand on a la chance d'avoir une identité plurielle, ce qui est important, c'est de prendre les bons côtés de chaque culture.
- Speaker #0
Quand ça nous arrange. Voilà, exactement. C'est un jubilé, ça.
- Speaker #1
Et c'est une chance. Quand ça m'arrange, je suis française. Et quand ça m'arrange, je suis sénégalienne. Non, mais j'essaie de transmettre les bons. Parce qu'il n'y a pas que du bon dans toutes les cultures. Donc, j'essaie de transmettre, en tout cas moi, ce qu'il y a de bon dans chaque culture. Et voilà. Et ça fera de... C'est les citoyens du monde. Non,
- Speaker #0
ils sont déjà citoyens du monde, je pense. Mais oui, comme tu dis, tout n'est pas... En tout cas, tout n'est pas forcément en adéquation avec tes idées. Et donc, tu choisis au final ce que tu as envie de transmettre ou pas. Et après, est-ce qu'on choisit de transmettre ? Est-ce que c'est vraiment ce qui sera transmis ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on fait de notre mieux. We try. Donc, aujourd'hui, tu es une femme accomplie. Tu es...
- Speaker #1
Masha'Allah. Attends, attends, j'ai des cheveux dans mes yeux, là.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu es une femme... accompli, t'as réalisé tes rêves, tu pèses une blinde, tu gères des millions.
- Speaker #1
Elle a dit t'as réalisé tes rêves.
- Speaker #0
Ils vont dire les podcasts sur YouTube. Aujourd'hui, ce travail de project manager, tu l'as quitté. Il n'y a pas très longtemps d'ailleurs. C'est assez frais, on peut dire.
- Speaker #1
Il y a deux jours.
- Speaker #0
Il y a deux jours depuis deux jours que tu n'es plus project manager. Ça a été difficile ou pas d'envoyer ce mail ?
- Speaker #1
Ça a été très difficile. Très, très difficile. Dans le sens où tu quittes une certaine sécurité, d'avoir un emploi, un revenu régulier tous les mois, et puis tout ce qu'il y a à côté, la retraite, voilà. Et tu te lances, tu ne sais pas ce qui t'attend.
- Speaker #0
Parce que du coup, toi, tu as lancé Marvray il y a un an et demi, et tu as commencé à développer cette activité en même temps que ton activité de salarié. Donc voilà, tu n'as pas voulu... Tout lâcher d'un coup, tu voulais quand même être sûre d'avoir assez de clients, que ça prenne et d'être sûre de ton projet pour pouvoir quitter ton 9 to 5, comme on dit. Déjà, je voudrais savoir comment t'es venue l'idée de créer Marbray New York ?
- Speaker #1
Alors, Marbray New York, il faut savoir que moi, de base, j'adore pâtisser. Patisser pour moi, c'est quand je suis stressée, je pâtisse. J'aime bien pâtisser tôt le matin ou tard le soir. Que moi dans ma cuisine, c'est ma petite science sur le côté. Quand j'ai emménagé à New York il y a 9 ans, Je n'ai pas réussi à trouver, à part dans les boulangeries françaises ou les pâtisseries françaises, on n'a pas des pâtisseries ou des boulangeries à tous les coins de rue, comme en France.
- Speaker #0
On a quelques bonnes pâtisseries françaises, mais c'est un effort d'aller dans telle pâtisserie qui se trouve, je ne sais pas, dans tel quartier. Donc, on a des bonnes pâtisseries françaises, mais est-ce qu'elles sont à chaque coin de rue ? Non.
- Speaker #1
Ah non, pas du tout.
- Speaker #0
C'est un effort d'aller chez la durée ou d'aller chez... Il y a plein de bonnes pâtisseries françaises, mais il faut aller les chercher.
- Speaker #1
Et dans les autres pâtisseries, souvent, c'était trop sucré pour moi. J'avais l'impression qu'on ne sentait que ça. Donc, j'ai décidé de faire mes propres pâtisseries. Je les faisais comme ça. Quand j'étais invitée chez des amis, j'amenais un gâteau, quelques pâtisseries. Et durant le Covid, comme tout le monde, j'avais beaucoup plus de temps puisque je travaillais de la maison. J'ai commencé à plus pâtisser. J'ai créé une page Instagram que, à l'époque, j'avais appelée Pastries by French Accent. Ce qui était French Accent, c'était mon nom sur Instagram. Et ça a très bien pris. Mais j'ai arrêté au bout de trois semaines un mois. J'avais trop de commandes et je n'étais pas du tout organisée. Je faisais de tout. Je faisais des macarons, des chaussons aux pommes, des cakes, des gâteaux d'anniversaire. C'était trop éparpillé. Donc, j'ai tout de suite arrêté parce que j'avais toujours mon travail à côté. Ensuite, en fin 2023, si je ne me trompe pas, oui, en décembre 2023, l'idée m'est revenue dans la tête. Je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose en pâtisserie. Et donc, pour être sûre que j'aimais vraiment ça, je suis rentrée en France. Je suis allée voir Silax. Il a sa pâtisserie dans le 94. Délicieuse pâtisserie d'ailleurs. Et je lui ai demandé si je pouvais faire un petit stage dans sa pâtisserie. Donc, j'ai fait ça pendant qu'une semaine.
- Speaker #0
Mais j'ai adoré. Une semaine ne serait-ce que pour voir si c'était ce que tu avais envie de faire. Voilà.
- Speaker #1
Je me levais super tôt pour aller jusqu'à dans le 94. J'ai adoré cette semaine. Et quand je suis rentrée, je me suis dit, je veux le faire, mais pas comme la première fois. J'ai appris de mes erreurs. Je vais faire un monoproduit. Je vais me spécialiser dans quelque chose. Je veux être connue pour quelque chose. Et en faisant mes petites recherches, on a des cookie shops, donut shops à New York, mais on n'a rien en Madeleine. Donc, je me suis dit, je vais prendre ce produit que tout le monde aime et je vais offrir plein de déclinaisons. Comme on fait avec les cookies ou les donuts.
- Speaker #0
Ou les macarons.
- Speaker #1
Ou les macarons, voilà. Et c'est un produit français qui est moins connu que les croissants ou les macarons. Donc, c'était un défi, mais je pense que le défi a été bien relevé. Car aujourd'hui, je peux le dire, marbrer, c'est quand même la référence quand on cherche des bonnes madeleines artisanales, de qualité.
- Speaker #0
D'ailleurs, c'est notre petite blague, parce que parfois, quand je vais dans des boulangeries ou des trucs et je vois des petites madeleines, je t'envoie la photo, je te dis « Regarde, Marbre, après les deux madeleines » . Elles ne sont franchement pas terribles, on ne va pas se mentir. Non, mais c'est vrai, souvent, les madeleines, elles sont un peu… Après, tu as fait ta spécialité, donc c'est normal que tu excelles. Oui, je l'ai. Tu avais déjà lancé ta petite page Insta. Je me souviens parce qu'à l'époque, je te suivais parce qu'on se connaît quand même depuis quelques années. On s'est beaucoup rapprochés depuis l'année dernière, mais on se connaît depuis longtemps. On se partageait un peu à l'époque. Moi aussi, je pâtissais un peu les gâteaux qu'on faisait. Je me souviens que tu avais déjà cette petite page. Mais c'est vrai que comme tu dis, tu n'étais pas structurée. Tu étais vraiment la petite baker qui fait un peu de tout. Alors que là, tu es quand même revenue. Moi, quand je t'ai vu arriver là sur les réseaux sociaux... avec une identité forte, avec une structure. On sent là que tu es passé à l'étape, ou même aux deux, trois étapes au-dessus en fait. Oui, en fait, le but, c'était vraiment de faire, j'aime bien dire, quand on me dit de faire un pitch en marbré, j'aime bien dire que moi, mon pitch, il est très court. Je veux faire de marbré la durée des madeleines.
- Speaker #1
Très court, mais...
- Speaker #0
Donc, pour ça, il fallait que je travaille bien le branding, que je travaille le packaging. Pour moi, c'était important qu'on puisse déguster ses madeleines avec les yeux d'abord, avant de pouvoir les goûter.
- Speaker #1
Donc oui, c'est un pitch court, mais c'est un pitch puissant. Et c'est bien, il faut voir grand, il faut voir loin, si tu ne crois pas d'ailleurs qu'il va le faire pour toi. Donc c'est important de vraiment croire en son projet. Ensuite, donc là, combien de déclinaisons de Madeleine tu offres ?
- Speaker #0
En fait, je fais souvent des pop-up. Et sur les pop-up, on a huit différentes Madeleines à chaque fois.
- Speaker #1
Donc les pop-up, c'est les petits marchés que tu peux faire, les food. market que tu peux faire dans New York. Notamment cet été, tu as fait Smogersburg qui est très connu à Williamsburg. C'est vraiment la crème de la crème de tous les food trucks et les pop-up stores qui viennent faire des sandwiches, des pâtisseries, des lobster rolls. En plus, c'est au bord de l'eau, c'est vu sur Manhattan. C'est vraiment un très bel endroit à faire. Tu as fait notamment pas mal de pop-up. partout que ce soit dans Brooklyn ou dans Manhattan. Je pense que tu t'es vraiment fait la main. Ça t'a permis aussi d'aller au contact du client. Ça a été quoi les premiers retours ? Parce que j'imagine que beaucoup de gens connaissent les madeleines, beaucoup d'Américains. Les Français, on connaît tous la madeleine. C'est vraiment les petits souvenirs de notre enfance. Mais j'imagine qu'il y a beaucoup d'Américains aussi qui ne connaissent pas la madeleine.
- Speaker #0
Oui, et souvent, quand je les ai sur les stands, ils me demandent « C'est quoi ça ? » Et je leur dis « Ce sont des madeleines. » Ils me disent « Mais c'est quoi ? » et expliquer à un Américain c'est quoi une madeleine et souvent ils disent oh c'est des cookies et pour moi non c'est pas des cookies parce que des cookies c'est c'est sec, c'est sabon alors que là je leur dis maintenant ce que je leur dis je leur dis que c'est des little sponge cake parce que c'est entre le cake et le cookie mais c'est moelleux et d'ailleurs oui elles sont très moelleuses mes madeleines c'est un peu une de leurs particularités c'est vrai
- Speaker #1
C'est la forche de tes madeleines, c'est ça. Parce que moi, il faut savoir que je faisais des madeleines avant. Tout comme j'aime bien faire des crêpes, tout comme j'aime bien faire du pain, enfin plein d'autres choses. Depuis que j'ai rencontré Assa et que j'ai goûté ses madeleines, je n'ai plus jamais refait de madeleines. Et tout le monde me disait que mes madeleines étaient bonnes. Et je me suis rendue compte, elles étaient so average. Finalement, elles étaient bonnes parce que j'utilise des bons produits. Non mais aucun rapport avec les tiens. Aucun rapport avec les tiens. D'ailleurs, tu le sais ! Tu le sais très bien, ça. Parce que même moi, maintenant, quand je vais manger des madeleines quelque part, notamment la dernière fois, je suis partie prendre le tea time au Ritz. Voilà, c'est mon petit plaisir. On est allé en Paris. J'ai dit, tiens, on va aller faire un petit tea time avec une copine américaine pour son anniversaire. Et il y avait une madeleine. Et tout de suite, quand tu l'as vue dans les stories, tu m'as dit, elle était comment, la madeleine ? En vrai, en plus, elle était un peu sèche. Je dois dire la vérité. Elle était un peu... Elle n'était pas mauvaise. Elle était juste sèche. en fait c'est ça qui m'a frappé c'est qu'en fait tes madeleines et franchement elles sont super bonnes elles sont dans la bouche elles sont hyper hyper moist. Elles sont vraiment moelleuses. Ce n'est pas la Madeleine qui t'étouffe, c'est la Madeleine. Attends, je vais toucher mon micro. Ce n'est pas la Madeleine qui t'étouffe. C'est la Madeleine. J'en ai acheté combien il y a deux jours ?
- Speaker #0
Je crois que tu m'as pris une boîte de 18.
- Speaker #1
18 Madeleines. Tu sais combien il en reste ? Zéro. Mon mari est en business trip à Montréal. Même toi, tu m'as dit, garde-lui-en une ou deux. Le début, je t'ai dit une. C'est deux et demi. Après, elles sont repassées par là, les petites. Elles en ont mangé deux. Après, la moitié. Il est arrivé, il a ouvert la boite. Il a trouvé la moitié d'une. Mais il s'est dit, elle se fout de ma gueule, celle-là. Et je pense qu'honnêtement, je pense que j'ai dû en manger une dizaine toute seule.
- Speaker #0
Ah oui, quand même. Oui,
- Speaker #1
c'est moins Ausha. Chez l'alana, il y en a qui ouvrent le paquet de granola et qui finissent. Je ne sais pas. Tu ne sais pas t'arrêter. Non, comme dirait ma mère, la priesse, tu vois, doucement, un petit peu. Je ne sais pas faire.
- Speaker #2
C'est tout ou rien.
- Speaker #1
Donc là, je vais vous mettre un petit insert. pour que vous puissiez voir un peu à quoi ressemblent les madelles. Aujourd'hui, on a quoi ? On a chocolat, on a marbré. Marbré, c'est vraiment la préférée des enfants. Marie, elle aime beaucoup celle-là. Moi, celle que je préfère. Tu ne me l'as pas ramenée, je ne tiens plus. Tu sais très bien celle-là, mais tu ne l'as pas ramenée.
- Speaker #0
Je sais, c'est la miel fleur d'oranger.
- Speaker #1
La orange blossom. Elle est délicieuse.
- Speaker #0
Tu m'as préférée aussi, tu sais.
- Speaker #1
En plus, elle a un petit côté un peu oriental.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est vrai, et c'est pas pour ça que je t'aime bien, c'est vrai.
- Speaker #0
Elle a une identité.
- Speaker #1
Elle a une vraie identité, cette Madeleine. Non, mais elle est vraiment bonne. En fait, on sent un peu la fleur d'oranger, mais c'est subtil. Et c'est sucré, mais ce n'est pas trop sucré. Et c'est vrai, on ne va pas se mentir, souvent les pâtisseries américaines, elles sont trop sucrées. On n'a pas le même niveau de sucre en général. Je fais des généralités. Et de sel même. Tu vois, quand tu commandes à manger, souvent tu vas te faire livrer des trucs. Parfois, c'est trop salé pour nous, notre palais français, où on est peut-être habitués à avoir moins d'exhausteur de goût, moins de sel, moins de sucre. Donc vraiment, elle est sucrée. Parce qu'elle est trempée dans un sirop avec une recette secrète. Mais elle est glaissée dans un petit sirop, mais ça reste, tu vois, trop sucré. En tout cas, j'aime beaucoup cette madeleine. Je vois qu'il y a une petite vanille. On peut, là ? On a un thé marocain.
- Speaker #0
Vas-y, c'est parfait.
- Speaker #1
Qu'est-ce que je te propose ? Une marbrée, une petite chocolat ?
- Speaker #0
Je vais bien prendre une marbrée, merci. Oups,
- Speaker #1
oula. Rends-moi la botte.
- Speaker #2
Ah, carrément.
- Speaker #1
Merci. Je ne sais pas si je repars avec. Ché,
- Speaker #2
ché. On va pas mettre ça dans la caméra.
- Speaker #1
Pourquoi pas. Si vous nous écoutez sur les apps de podcast, désolé, j'ai un peu la bouche pleine. On est en train de goûter les madeleines d'Avsa. Franchement, elles sont délicieuses. Si vous passez un jour par New York, alors je sais qu'on a des madeleines en France et que pour nous, ici, Français, trouver ce genre de produit, c'est toujours hyper cool. En tout cas, si vous voulez, un jour que vous passez par là, n'hésitez pas à contacter Afsa. Je vous mets sa page Instagram. Ou si vous voulez la suivre sur les réseaux pour suivre ses aventures et de nouvelles aventures arrivent. Ou lui donner juste un petit coup de pouce. N'hésitez pas à aller la suivre sur sa page Instagram Marbré.
- Speaker #0
Les meufs à manche, elles ont arrêté le podcast.
- Speaker #1
Ok, donc on comprend comment était venue l'idée de Marbré. On sait ce que tu fais aujourd'hui parce que tu vends directement. au client via ton site web, ta page Instagram, il y a eu beaucoup de bouche à oreille, et également sur les pop-up. Tu sens que tu avais en toi, tu as toujours eu envie d'entreprendre, ou est-ce que ça s'est imposé à toi à un moment donné ?
- Speaker #0
Non, moi, je pense que j'ai toujours été une entrepreneuse dans l'âme, depuis toute petite, en fait. Je me souviens, je partais les étés, quand je partais en vacances au Sénégal. Tu sais, tout le monde doit faire ses vacances tranquillement. Moi, j'allais au marché. avec de l'argent qui était supposé être mon argent de poche pour sortir et tout, que ma mère me donnait. Et j'allais au marché, j'achetais des affaires et je les revendais aux copines de ma mère.
- Speaker #1
En France ?
- Speaker #0
En France. Non, à la mer et ses copines d'ailleurs. Je les revendais et pareil, à un moment, je vivais à Londres. J'ai compris qu'il y avait des produits pour les cheveux qu'on avait à l'époque, qu'on avait à Londres mais qu'il n'y avait pas en France. et bien pareil j'achetais des produits je les amenais en France et je les revendais donc tu faisais déjà du bis quoi ouais voilà l'entrepreneuriat des fois j'aime bien dire que c'est pour les fous qu'il faut être fou pour vouloir entreprendre tellement c'est intense c'est vraiment aujourd'hui tu peux être hyper contente parce que je vais recevoir Alors... un email d'une grande marque de luxe qui veut travailler avec Marbré, qui veut des madeleines Marbré pour ses événements. Et le jour d'après, je vais faire un pop-up qui était censé avoir des milliers de personnes. Et non, en fait, il n'y a personne.
- Speaker #1
C'est un peu les montagnes russes d'un point de vue émotionnel.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, il faut s'accrocher.
- Speaker #0
Faut s'accrocher. Il y a un jour où j'ai envie d'ouvrir 10 boutiques marbrées parce que je me dis c'est bon, c'est sûr, ça marche. Et le jour d'après, j'ai envie d'abandonner.
- Speaker #1
C'est vrai, je le vois moi. Je le vois, alors tu n'as jamais vraiment envie d'abandonner. Mais je vois qu'il y a des jours où tu es plus excitée que d'autres. C'est normal aussi, c'est ça. C'est ça qui est difficile, je pense, avec l'entrepreneuriat. Mais c'est beau de se lancer comme ça dans un projet, de tout construire de zéro. est-ce que t'es fière de toi aujourd'hui ?
- Speaker #0
oui
- Speaker #1
T'es fière de toi ? T'as hésité ?
- Speaker #0
Non, non. Je pense que oui, je suis même très fière de moi. Et c'est important, je dis toujours que c'est important de prendre le temps, de s'arrêter et de réaliser tout ce qu'on a accompli. Et des fois, je le fais, ça. Je me dis, pour me remotiver, pour me rebooster le moral, je me dis, mais déjà, est-ce qu'il y a même 10 ans ou 15 ans, t'aurais imaginé être là où tu es aujourd'hui ? Et la réponse est non.
- Speaker #1
Et même sans revenir même à 10 ou 15 ans, même il y a un an et demi, quand t'as créé Marbré, que tu t'es intéressée à un logo, un branding, que t'as commencé à te pencher sur ton logo et ton branding, est-ce que t'imaginerais aujourd'hui, je sais notamment qu'ils travaillent avec des grandes marques françaises avec lesquelles t'as des NDA, donc tu peux pas donner leur nom, mais il y en a certaines qui sont vraiment... des marques un peu orange, des marques avec des boîtes un peu orange, tout ça. Mais bon, bref, on n'a pas le droit de dire. Donc, du coup, tu fais des madeleines pour leurs événements. C'est ouf quand même. Quelqu'un qui t'envoie un mail d'une boîte comme ça, quand tu es une petite baker et que tu bakes chez toi à Brooklyn et que tu viens juste de créer ta boîte, c'est quand même un accomplissement.
- Speaker #0
Un très grand accomplissement. Quand j'ai reçu l'email la première fois pour une grande marque française, on va dire ça comme ça, enfin, avec la boîte rouge, pour une grande maison de luxe française, on va dire ça comme ça, je pensais que c'était un scam. J'ai lu l'email, j'ai dit, ah, ça, c'est un scam, c'est sûr. Il y a quelqu'un qui essaie de me scammer, avoir mes codes de je-ne-sais-pas-quoi. Et je n'ai pas répondu directement. Après, je ne sais pas, je suis retournée sur l'email, je l'ai lu, je suis allée sur LinkedIn, j'ai checké la personne qui avait signé l'email pour voir si elle travaillait vraiment là-bas. Et je me suis dit, mais attends,
- Speaker #2
c'est pour de vrai ?
- Speaker #0
C'est pour de vrai, mais je veux vraiment travailler avec Marbrey. Et je pense qu'il faut avoir confiance en soi et manifester aussi.
- Speaker #1
Comment tu manifestes ? Je ne savais pas que tu manifestais. Comment tu manifestes ?
- Speaker #0
Comment je manifeste ? Je viens de te dire. Mais en vrai, ça va être la durée des madeleines.
- Speaker #1
Tu manifestes juste en te disant...
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'en tant que femme noire, black-owned business, est-ce que tu penses que ça aurait été plus difficile pour toi d'entreprendre dans la madeleine en France qu'ici ou pas ?
- Speaker #0
Clairement. Je suis noire, j'ai l'impression que ce qu'on voit... Pas en premier, parce qu'en premier, c'est ma couleur de peau. En premier,
- Speaker #1
c'est ta beauté.
- Speaker #0
Ah merci, t'es gentille. Ce qu'on retient, c'est que je suis française. C'est à cause de l'accent, voilà. Donc pour eux, c'est une française qui a créé une marque de madeleines. Et les madeleines, c'est français. Je sais quand des fois, c'est moi qui suis sur les stands pendant les pop-ups. que je commence à présenter le produit, on me dit des fois, non mais avec l'accent français, là c'est sûr que c'est des vraies madeleines, sinon j'achète. Donc alors qu'en France, alors qu'en France, j'aurais peut-être eu moins de légitimité auprès de certaines personnes. Il n'y a pas beaucoup de grands pâtissiers, pâtissiers noirs, quand il y en a, Silax, que je salue de passage, chez qui j'ai fait mon stage. donc Oui, il n'y a pas forcément beaucoup d'exemples à ce niveau-là. Ça manque de représentation et de diversité à ce niveau-là. Je trouve aussi qu'ici, particulièrement à New York, les small business sont très, très valorisés. Par exemple, durant les pop-ups encore, je vois quand je communique avec les clients qui sont très admiratifs, ils font beaucoup de compliments, je crois qu'ils comprennent tout le travail qu'il y a derrière, tout le travail fourni en amont en tant qu'entrepreneur.
- Speaker #1
et d'ailleurs je vois qu'ils essayent toujours un peu de te supporter de supporter ton business parce que parfois je passe à tes pop-up et la dernière fois je suis devenue vendeuse pendant 15 minutes et ma fille elle a dit à ça, est-ce que tu vas payer ma maman pendant ton travail et du coup je vois que les gens au-delà des madeleines, tu as aussi quelques produits dérivés notamment le tote bag, tu as la casquette. Oui, on a. Nous, on a le tote bag, on a la casquette. On te supporte parce qu'on croit en ton projet et on a aussi envie de participer à ton expansion. On a envie de participer, de te pousser. Mais je vois qu'il y a aussi des gens qui ne te connaissent pas, qui arrivent sur le stand ou qui te connaissent parce qu'ils savent que tu es là tous les week-ends, mais je veux dire qu'ils ne te connaissent pas personnellement. Qui vont, en plus des Madeleines, acheter le tote bag, acheter la casquette. Tu sens qu'ils le font pour eux parce que ça leur fait plaisir de l'avoir, mais tu sens qu'ils le font aussi pour toi et pour supporter Marbré.
- Speaker #0
Oui, clairement. Après, il y en a beaucoup, je sais qu'ils achètent aussi le tote bag parce que quand tu vois Marbré, déjà, c'est en français. Donc, ça les intrigue et ils ne se disent pas que c'est une marque de Madeleine ou de pâtisserie.
- Speaker #1
Donc, Afsa, je vais avoir une dernière question pour toi. Mais avant ça, je voudrais vous remercier d'avoir écouté l'épisode jusqu'ici. Si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à nous mettre un petit like ou à nous laisser un petit commentaire. Et si vous nous écoutez sur les plateformes d'écoute de podcast, n'hésitez pas à nous laisser 5 étoiles. Donc, toi, aujourd'hui, tu fais des Madeleines. Vraiment, maintenant, on peut dire que c'est une marque connue et reconnue. Tu étais quand même devenu, on va dire, le... La marque de Madeleine, on va dire par excellence, Anne Luyer, quand on pense Madeleine, je pense qu'on pense Marbré aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter maintenant pour l'avenir ? De quoi tu rêves en fait ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on peut me souhaiter ? Tout simplement de continuer sur cette lancée avec Marbré, enchaîner les succès et qu'on puisse nous retrouver sur plus de points de vente. De continuer sur cette lancée. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Marbré, de découvrir Marbré, continuer à faire les événements d'entreprise, plus de pop-up, et pourquoi pas l'ouverture d'une boutique bientôt.
- Speaker #1
Inch'Allah. Inch'Allah.
- Speaker #0
Inch'Allah. Inch'Allah.
- Speaker #1
Écoute, à ça, je te souhaite tout le succès que tu mérites. Je te vois, tu bosses dur pour, donc il n'y a pas de raison que ça n'arrive pas. Merci à toi encore d'être venu aujourd'hui. Et si l'épisode... du jour vous a plu avec Afsa, n'hésitez pas à le partager avec un copain, une copine, une cousine, peu importe. Merci Afsa.
- Speaker #0
Merci de m'avoir reçu, Ischara.
- Speaker #1
Avec plaisir. A bientôt dans Déraciné.