- Speaker #0
Hello et bienvenue dans Déséquilibre, le podcast qui explore le mieux-être et l'équilibre de vie. Je suis Caroline, coach et cadre dans le digital. Ici, on parle santé mentale, mieux-être et mindset, à travers des échanges inspirants et des outils concrets pour avancer vers plus de sérénité. Allez, installe-toi confortablement, c'est parti pour l'épisode du jour. Bonjour Aurélie, je suis contente de t'avoir au micro, on est chez toi et merci pour l'accueil. L'idée c'est de faire une petite conversation entre nous et un peu interview j'avoue parce que j'avais des petites questions que j'avais envie de te poser. C'est partante, on peut y aller.
- Speaker #1
Salut Caroline, avec plaisir.
- Speaker #0
Génial. Mes premières questions, j'avais envie que tu me racontes l'histoire de ta vie en commençant par Il était une fois.
- Speaker #1
Petit exercice.
- Speaker #0
C'est du coaching, t'as vu ?
- Speaker #1
Oui, je vois ça. Il était une fois. Il était une fois une petite fille qui était l'aînée de trois enfants et qui a vite du coup pris le sens des responsabilités, qui avait un peu de grand rôle dans la maison, celui de conseil et celui de réparer un peu tout dans la maison.
- Speaker #0
C'est pas facile, je l'accorde.
- Speaker #1
Mais c'est un bon challenge. Et puis, finalement, elle est partie sur ça. Elle est partie sur une carrière plutôt de réparer tout dans... Enfin, réparer tout dans la maison. Non, mais elle est partie sur une carrière d'ingénieur informatique. Et puis, finalement, elle aimait bien parce que c'était logique, cartésien, comme elle aime bien. Et en même temps, elle avait toujours en tête aussi ce truc d'être responsable, d'être manager, de devenir manager. Mais il y avait comme une croyance, comme au bout de quatre ans d'ingénieur, elle s'est dit, en même temps, si je veux devenir chef, ça ne va pas se faire tout de suite. Il faut le temps que dans l'entreprise, il y ait une place qui se libère, parce qu'on ne fera jamais confiance si tu ne connais pas et que tu n'as jamais fait de management. Mais la croyance a vite été contredite, parce qu'elle a été appelée par un chasseur de tête pour dire, écoutez, on cherche un rôle de manager, on a pensé à vous. Et puis, elle s'est lancée à peine 26 ans dans le... Le management, avec ses rebondissements, et je crois qu'elle ne s'est jamais posé autant de questions sur elle. Les premiers temps, c'était dur, dur. C'était beaucoup de... Dans la case, j'ai envie de revenir, mais c'était beaucoup de remises en question, des pleurs. C'était vraiment très dur. Il y avait beaucoup, beaucoup d'obstacles. Et puis, surtout, c'était l'informatique. C'était la seule fille du plateau, la plus jeune manager, la seule femme manager. Donc, c'était des bons challenges.
- Speaker #0
Ouais, jeune et femme en plus. Voilà.
- Speaker #1
La totale. Oui.
- Speaker #0
C'est un beau combo. C'est ça.
- Speaker #1
Et puis, ça ne l'a pas arrêté. Elle avait toujours une pensée qui l'a sauvée, qui disait, de toute façon, tout ce que tu prends, c'est de l'expérience, ça te servira un jour. De toute façon, ça se passe comme ça doit se passer, ça va aller. Donc, toujours dans cet optimisme permanent qui l'a sauvée, je pense, de bien des situations. Et puis, après, un autre chasseur de tête, elle a eu la chance d'avoir jamais cherché du boulot parce qu'elle a toujours été appelée pour d'autres postes. Et puis, voilà, plusieurs postes de management comme ça dans d'autres entreprises de l'informatique. Et puis, en 2019, j'espère qu'il faudrait détailler, mais comme tous les jours, elle allait au travail, comme tous les jours, elle prenait son petit scooter, comme tous les jours, elle arrivait, elle disait bonjour à tout le monde, comme tous les jours, elle allumait son ordinateur. Et puis, ce jour-là, en allumant l'ordinateur, le trou noir, quoi. pas moyen de savoir ce qu'elle faisait là, pas moyen d'allumer quoi que ce soit, pas moyen de savoir ce qu'elle faisait black total, black out total donc il y a juste eu un un petit pop-up de la messagerie instantanée du slack de sa copine d'en bas parce que l'étage il y avait qu'elle comme femme qui lui dit ça va elle a juste eu le temps de dire non Et puis, la copine en question lui a proposé d'aller en bas, dehors, sur une table. Et elle a vite rentré chez elle parce qu'elle n'arrivait même plus à parler. Donc, c'était l'épuisement. Bon épuisement. 2019. Donc, voilà. Après, ce n'est pas du genre à se laisser abattre. Donc, elle n'est arrêtée que cinq semaines. Mais c'était l'occasion de se poser plein, plein de questions. Et je pense que c'est là que son questionnement a commencé à aller vers OK. il y a trop d'écart entre qui je suis et ce que je fais sinon je ne serais pas dans cet état là sa philosophie aussi aujourd'hui, ne pas confondre ce qu'on fait avec qui on est. Et finalement, c'est ça qui l'a amenée. Elle a repris le boulot, mais dans un autre poste. Et elle s'est posée plein de questions. Et c'est là qu'elle a commencé à s'intéresser aux neurosciences. Qu'est-ce qui a fait que je me suis retrouvée dans cet état-là ? Comprendre. Et puis finalement, elle a appris qu'il y avait un métier où les gens demandaient à se faire accompagner. Parce que finalement, dans son équipe, elle s'épuisait aussi à faire grandir des gens qui n'avaient pas envie. ça lui a donné une nouvelle lueur d'espoir. Et puis finalement, elle s'est lancée dans le coaching en 2020, dans sa formation. Et puis là, elle est arrivée à s'intéresser à beaucoup de choses non cartésiennes, en plus de tout ce qui est cartésien. Donc elle a ouvert au fur et à mesure des années son panel d'outils vers des choses même encore plus intuitives, etc. Et puis ça l'amène aujourd'hui face à toi, cinq ans plus tard, pratiquement cinq ans maintenant. Elle s'est lancée dans cette folle entreprise de l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Mais quel parcours, bravo ! Oui, un déclic qui t'est arrivé par pas de choix. Ce blackout qui t'est tombé dessus, mais qui t'a poussé à te questionner. Donc j'entends un cheminement via les neurosciences, etc. que tu as d'abord eu pour toi, pour essayer de comprendre un peu ce qui s'est passé. Et puis l'envie déjà d'aider des autres, mais d'aider des autres qui ont envie d'être aidés aussi. Parce que tu avais des équipes qui n'avaient peut-être pas très envie. Mais toi, tu avais l'envie de prendre ce chemin-là. Et quel regard tu... Aujourd'hui, tu te regardes et tu vois le parcours. Qu'est-ce que tu te dis ?
- Speaker #1
Je me dis que... C'est marrant de dire ça. Je me dis que je peux être fière de toutes les étapes par lesquelles je suis passée. Que finalement, tout est... Et ça, je le crois profondément, que tout est juste. Que finalement, on passe par ce qu'on doit passer. Je pense que si je n'avais pas vécu tout ça, je ne comprendrais pas aussi bien toutes les personnes que j'accompagne. Je ne sais pas si c'est vrai, encore une fois. Je ne détiens jamais la vérité. Mais mon sentiment, c'est que c'est plus compliqué, si tu n'as jamais vécu l'émotion, de la ressentir ou de la comprendre chez les autres. Et plus finalement tu as vécu des preuves, plus tu es en empathie avec tous ceux qui en traversent. Donc c'est sûr que ça forge. Donc le regard que je porte sur tout ça, c'est... de la fierté, de la justesse et je me dis du courage aussi je pense que c'est ça et de la persévérance de la résilience,
- Speaker #0
de l'optimisme Oui complètement, j'ai l'impression que c'est un peu ça qu'on ressent dans ton parcours et puis il y a la notion que j'aime bien de dire derrière chaque épreuve dans chaque épreuve il y a toujours un cadeau qui se cache Et c'est pas toujours évident et facile à entendre quand on est dedans et il y a un moment où on n'est pas prêt à l'entendre, mais le recul et le chemin faisant, je crois que c'est ça qui émerge un peu. Et ce que j'entends, c'est que finalement, par cet épuisement professionnel que tu as rencontré, il y a un cadeau qui t'a permis de cheminer vers d'autres contrées, d'autres chemins, d'explorer de nouveaux champs et puis de reconnecter à quelque chose qui était plus proche de toi, finalement.
- Speaker #1
J'aime bien. J'aime bien dire, je ne sais plus où j'ai entendu ça, mais j'aime bien dire, c'est quoi le cadeau empoisonné qui est là ? C'est le cadeau mal emballé, ou bien, tu vois, c'est un cadeau, il n'est pas empoisonné, mais il est mal emballé. Donc sur le coup, tu as l'impression que c'est un truc pourri. Puis en fait, quand tu as enlevé l'emballage en dessous, c'est beau, mais il faut avoir le courage d'ouvrir le truc qui est emballé avec du fil. Avec ce truc-là, il y a des bouts de scotch partout.
- Speaker #0
C'est ça, de premier abord, ça n'a pas l'air très réjouissant. Et puis bon, finalement, c'est ça. Carrément. Et parce que tu le disais, je connais un petit peu ton parcours. Donc voilà. Et puis, je sais que du coup, on le disait tout à l'heure, parcours d'ingénieur, tu étais jeune, femme dans un milieu plutôt d'hommes. Voilà, l'IT, c'est quand même assez masculin. Voilà, je sais que dans ton parcours, tu as aussi traité de ça. C'est quoi ton histoire avec le syndrome de l'imposteur ?
- Speaker #1
Oh là là, le syndrome de l'imposteur. En fait, je pense que c'était partagé, c'est-à-dire que j'ai essayé, je pense que ce qui m'a protégée de, je suis sûre que j'ai ressenti plein de fois, mais ce qui à chaque fois m'a protégée de ça, c'est de me dire en quoi ils ont raison de me confier ça. Parce que à chaque fois, j'étais appelée une fois pour ces postes. Donc je me disais, mais pourquoi moi ? Après, mais il y a aussi le fait que ce soit eux qui appellent, tu as un peu moins la syndrome de l'imposteur que quand c'est toi qui t'auto-proclames, comme en auto-entrepreneur. Quand t'as jamais fait un métier, etc., où t'as l'impression d'avoir besoin du diplôme, etc., c'est bien aussi de l'avoir parce que ça te forme. Mais au-delà de ça, d'aller chercher des formations, des formations, des formations pour essayer de te sentir légitime. Je l'ai ressenti, mais j'essayais vraiment de... Je pense que si je m'étais laissée bouffer par le syndrome de l'imposteur, je n'aurais pas survécu dans le monde où j'étais. Mais oui, je l'ai eu beaucoup. Moi, ça se transmettait beaucoup par des doutes, en fait. Des doutes de... Ils m'ont choisi moi, ce n'est pas possible. Je n'aurais jamais dû dire oui. Ils se sont plantés. Il y avait une part... C'est toujours un débat intérieur, moi, entre cette partie. Non, mais attends, si t'en rappelais, c'est que... Voilà, et puis en plus c'est ce que tu voulais. Oui, mais enfin, entre ce que je veux et l'avoir vraiment.
- Speaker #0
C'est ça, t'as deux petites voix, une voilà, une voilà, et ils se battent un peu en duel comme ça. C'est ça,
- Speaker #1
c'est comme si t'étais tiraillée des deux côtés. En tout cas, je l'ai toujours entendue, cette voix du syndrome de l'imposteur, mais j'ai l'impression que parfois c'était un choix, j'arrivais à ne pas l'écouter, à me dire, bon, ben ok, peut-être, mais quand même, je vais y aller quand même. Mais je crois que ce qui me poussait à faire ça, c'était ce côté... vis l'expérience à fond, ça va te servir à un moment donné. Et donc, je me suis pris des... Ce qui vient aussi déclencher le syndrome de l'imposteur, c'est tous les obstacles que tu rencontres. Quand tu débarques comme ça, tu as 26 ans, en plus, je venais à peine de les avoir. Quand j'ai été appelée, j'avais n'avait que 25. Je suis arrivée dans une équipe où il y avait... Un de mes collaborateurs, il avait... Alors moi, j'avais 26, il avait 54 ans, donc plus de deux fois mon âge. Et puis... Moi, j'avais vraiment... Alors, c'était en 2012, mais à l'époque, il n'y avait pas encore énormément... Je trouve qu'il y a eu un décalage. Je pense que là, ça a beaucoup changé ces dernières années. Mais à l'époque, faire des points individuels, ce n'était pas forcément hyper promu. Enfin, ce n'était pas le truc et les habitudes qui étaient hyper ancrées. Et moi, c'était des choses qui me tenaient à cœur de me dire, je vais pouvoir aider des gens à... J'avais le syndrome du sauveur, je pense. C'est comme ça, à dire... C'est super, je vais les aider à s'éclater dans leur boulot. Et j'avais déjà un petit grain de coach. Mais là, je lui propose, lui, un rendez-vous. Donc je lui envoie une invitation à Outlook. Je les avais prévenus avant que j'allais leur envoyer des invitations. Et donc je reçois un nom sans motif. Tu vois, la case nom, il y a la fine sur nom. Il n'y a même pas de motif, rien du tout. Donc je lui dis... je vais aller m'accroupir à côté de lui parce qu'en plus on est en open space donc je me suis mis à accroupir à côté de lui j'ai vu que tu avais refusé le rendez-vous mais si il était pas dispo à ce moment là dis-moi, on le recale à un autre moment je voulais pas partir du principe qu'il l'avait fait pour je me disais, ça se trouve il est pas dispo et puis c'est pas forcément chacun ses utilisations des outils il m'a dit non mais je dirais pas, je vois pas pourquoi j'ai dit non mais la confirmation c'était clair Bon, je me suis pas démontée, j'ai essayé de lui donner du sens, j'ai essayé de lui dire, au moins, les objectifs qu'on aura fixés, on pourra regarder où t'en es. Bon, il a fini par accepter, je sais pas si c'est pas... Mais après, j'ai fait plein d'erreurs. Mais en tout cas, à chaque fois que je le ressentais, le syndrome de l'imposteur là, je me suis dit, mais en fait, ça se trouve, je me plante complètement, ça n'a rien à voir. C'est pas comme ça qu'il faut faire. Tu sais, quand tu débutes, surtout, tu l'as, le syndrome de l'imposteur, tu sais pas pourquoi. pas confié ça, puis t'es pas sûre de faire bien. Donc j'ai dû aller, voilà, me demander à Yerarki, mais du coup, ici, on fait bien des points, et il me dit, non, mais c'est toi qui as raison, c'est juste, nous, on n'est pas dans les bonnes pratiques, vas-y. En gros, j'étais l'ambassadeur des bonnes pratiques, je sais pas, tu vois, genre, vas-y, fais-le. Oui. Et les premiers points, ils n'ont pas de formation de manager, je suis, bah, j'ai été parachutée là, mais je n'avais pas de formation, je savais pas, j'avais pas mené un... un bon point individuel. Les premières fois, il est parti en claquant la porte. C'était très compliqué. Donc forcément, ça a renforcé mon syndrome de l'imposteur qui disait, je ne vais pas à la hauteur du truc, je ne vais jamais m'en sortir. Et heureusement, j'avais un autre collaborateur dans l'équipe qui me disait, mais c'est génial, enfin, quelqu'un qui va m'aider. Lui, pour le coup... c'était super moteur et je l'entendais au café je me souviens d'une fois je suis passée derrière et il disait super manager j'ai tellement de chance bon au moins j'en avais un sur W6 et pas moi et je me suis dit c'est juste une compatibilité entre les gens aussi et puis après c'est aussi ce qui m'a sauvée aussi je pense c'est toujours cette même pensée de ça va aller et au final de toujours croire vraiment en l'humain, de croire que c'est quelqu'un d'abîmé et que je ne dois pas le réparer, mais en tout cas, ce n'est pas ma responsabilité. Et au final, trois ans après, quand j'ai quitté l'équipe, j'ai quitté l'équipe pour une réorganisation et donc je suis partie dans une autre équipe. Et en fait, pendant que... Alors, ça s'est fait pendant mon congé maternité. Quand je suis revenue, je prenais la nouvelle équipe. Et je sais que pendant mon congé maternité, il est allé voir tous les gens de ma future équipe en leur disant, vous avez trop de la chance, Aurélie, elle est géniale, etc. Le même qui m'avait claqué la porte, m'avait refusée. Oui, c'est celui-là qui a fait ça. Donc, je sais qu'il y a eu une progression et c'est quelqu'un qui ne donne pas sa confiance facilement, mais par contre, une fois que tu l'as, tu l'as. Ouais. Donc, c'était un bon challenge, ce collaboratif.
- Speaker #0
Oui, carrément. J'entends plusieurs choses dans ce que tu dis. C'est que, déjà, dans un environnement où parfois, il y a des gens qui vont se heurter à nous ou qui ne seront pas d'accord, en fait, une des stratégies, mais qui est peut-être venue naturellement, c'est de trouver des alliés, finalement. Et tu en avais auprès de la direction, tu en avais auprès de ce collègue-là. Et ça permet de relativiser, comme tu dis, de dire, le problème, il ne vient pas de moi. il vient d'une personne avec qui c'est peut-être incompatible. Et si tu tires le fil, j'aime beaucoup de dire en fait, cette personne-là, elle est peut-être abîmée, elle a son histoire et ce n'est pas ma responsabilité de se détacher de ça. Et ça, je pense que oui, c'est des bons outils que tu as su mener, tirer pour prendre de la distance et puis sortir un peu de ce syndrome de l'imposteur, de cette voix qui te dit je ne suis pas à la hauteur, pourquoi ils m'ont mis là, etc. Donc, ouais, je trouve que c'est des bonnes astuces qui sont bien utiles.
- Speaker #1
Je pense que sur le coup, je me suis pas vraiment dit... Je pense que ça, c'est peut-être une analyse que je fais aujourd'hui. Si je suis honnête, sur le coup, je me suis pas dit c'est sa responsabilité, etc. Mais je me suis dit, c'est pas possible que ça marche pas. À un moment donné, on arrivera à bosser ensemble. Je pense que j'ai pas lâché l'affaire. Mais par contre, ça me demandait beaucoup d'énergie. C'est vrai que ça, c'était l'énergie que ça me demandait. Et je pense que c'est ça aussi qui a fait que des années après, je me suis épuisée parce que mettre cette énergie-là avec chaque collaborateur, c'est compliqué. C'est pas possible d'aller construire cette relation-là. Ça a quand même pris trois ans, trois ans et demi, je crois. Au bout d'un an ou deux, ça commençait déjà à rouler un peu plus. Mais c'est quelqu'un qui avait du mal avec énormément de personnes dans l'entreprise. Donc voilà, on en connaît tous des collaborateurs un peu comme ça qui ont leur caractère et qui sont... Pas facile à apprivoiser, entre guillemets. Donc oui, sur le coup. Peut-être un truc dont je n'ai pas parlé, qui est un peu l'inverse du syndrome de l'imposteur. Je pense que quand je suis arrivée, en vrai de vrai, la première journée, en tout cas, je m'étais allée faire du shopping avec ma mère pour m'acheter une veste. Parce que je me suis dit, attends, je deviens manager, il me faut quand même une veste. Voilà !
- Speaker #0
Tu sais,
- Speaker #1
il faut un truc. Ça, c'est peut-être le syndrome de l'imposteur aussi. Tu sais, genre, il faut quand même que j'ai une veste. Au moins que j'ai l'air d'une manager. Comme si, tu sais, c'était un truc... C'est vraiment le type de débutant aussi.
- Speaker #0
C'est un costume à endosser. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Mais je pense que quand je dis l'inverse, c'est qu'il y avait un truc peut-être aussi un peu de trop confiant. Que de, ça va être, voilà, c'est chouette, maintenant on m'a choisi, donc ça va rouler. Et bon, vu que j'ai pris des claques tout de suite, c'est vite redescendu. Et j'ai vite fait la courbe de Dunning-Kruger, au début, c'est inconsciemment incompétent. Voilà. Et j'ai vite conscientisé l'incompétence.
- Speaker #0
Est-ce que ça a été profitable ou bénéfique, finalement ?
- Speaker #1
Au moins, ça m'a permis de redescendre un peu aussi. Je n'en sais rien. Je n'étais pas non plus sur un piédestal. Je n'étais pas à dire oui, c'est moi, j'arrive, vous allez faire ce que je veux. Non, on n'était pas là-dedans. Mais ça m'a permis tout de suite de voir partout où... C'est ça qui est dur quand tu commences, je pense. C'est là où tu as le syndrome de l'imposteur qui est de plein fouet. C'est que tu te rends compte de partout où tu es mauvais, en fait. Et la vie te renvoie tout ce que tu as à travailler. Donc, OK, c'est bien. Tu peux voir la vision positive en disant... bon bah super j'ai tout ça à travailler, super au moins j'ai mon plan d'action oui alors quand tu te le prends tout d'un coup oui ça fait bizarre tu te dis pas ça, tu te dis j'ai rien à faire là c'est pas bon etc alors que finalement si t'arrives à le voir en mode c'est ça que je dois travailler et finalement ok par quoi je commence parce que j'arriverai pas à attaquer tous les chantiers en même temps et au fur et à mesure effectivement t'arrives à mais de vouloir sauver pas une personne, je t'ai parlé plus de relation est-ce que la relation va pouvoir se faire ou pas Sauver la relation, c'est est-ce qu'on peut arriver au moins à travailler ensemble ou est-ce que c'est quelque chose qui me prend de l'énergie ? Je pense que le syndrome de l'imposteur avec nos peurs, etc., peut nous amener à tomber dans des pièges, d'essayer de vouloir plaire, d'essayer de vouloir prouver notre valeur. Et on s'épuise, en fait. Je pense qu'aujourd'hui, je ne le traiterai pas du tout de la même manière que je l'ai fait. Je ne vais même pas compter.
- Speaker #0
Peut-être qu'il y a des années. Ne comptons pas.
- Speaker #1
Voilà, 2012, ça fait... Donc oui, je ne peux pas du tout gérer de la même façon. Mais je pense que la confiance, ça vient avec l'action. Et donc, c'est ça qui... Mais après, j'ai aussi ce problème, qui est que j'adore le challenge, et qu'au bout d'un moment, je m'ennuie. Donc, en fait, quand ça commence à devenir stable avec cette équipe-là, il a fallu que j'aille... Enfin, voilà, qu'on me positionne sur... On me positionne, mais bon, j'étais d'accord, sur une autre partie de l'organisation où je connaissais rien, etc. Et je retombe dans ce... Quelque part, les doutes sont normaux et c'est juste signe qu'on est en train de se lancer un nouveau challenge. Après, est-ce que je l'ai choisi ou pas ce challenge ? Est-ce que... Voilà, de ne pas attendre d'avoir 100% des compétences pour le faire parce que sinon... Limite, on va le commencer en disant...
- Speaker #0
Mais c'est ça. Mais ça, c'est très juste. Et moi, je l'ai vécu dans mes expériences professionnelles. C'est qu'à un moment donné, je me dis, ok, je suis experte dans ce domaine-là. Enfin, encore plus. Je ne me considère pas comme quelqu'un d'expert, mais on va dire que j'ai des compétences et de l'expérience sur ce truc-là. Je vais aller chercher plus de responsabilités, mais toujours sur le même job. Finalement, je connaissais très bien les endroits et les environnements dans lesquels j'allais. Très vite, je me suis retrouvée à me dire pourquoi c'est toujours pareil ? Je perds le sens de l'histoire parce que j'ai l'impression de faire des choses un peu mécaniques et un peu en perte de sens. de l'ennui, non pas parce que je ne fais rien, mais parce que ça ne me stimule absolument pas. Et du coup, je pense que c'est important de s'écouter et de dire, ok, je me lance des nouveaux défis et c'est important pour garder, je pense, ce sens et cette émulation-là, d'aller dans des jobs ou faire des activités où on ne coche pas toutes les cases, où on sort un peu notre zone de confort, où on est en apprentissage. En tout cas, pour moi, c'est vrai et j'entends que pour toi, ça l'est aussi. On ne va pas faire de généralité, mais je trouve que si on est en perte de sens dans son travail ou en ennui professionnel... C'est typiquement un des points de vigilance qu'il faut avoir quand on veut changer de métier, prendre un nouveau poste,
- Speaker #1
un nouveau job.
- Speaker #0
Je trouve que c'est un point d'attention important. Je ne sais pas ce que tu en penses.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. En fait, il y a une question qui m'est venue. Si on voulait ne jamais avoir le syndrome de l'imposteur, comment on pourrait faire ? Pour ne jamais l'avoir.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu restes dans ton poste et tu fais tout le temps la même chose.
- Speaker #1
Et c'est quoi le prix à payer de ça ?
- Speaker #0
L'ennui. terrible,
- Speaker #1
enfin moi je serais je crois que je serais déprimée parce que si le prix à payer de ça il te convient ça sert à rien d'aller se mettre des défis en fait mais si ça te convient pas tu sais du coup tu sais je me suis dit tiens c'est un moyen de changer de regard par rapport au syndrome de l'imposteur de se dire bah ok j'aime pas le syndrome de l'imposteur j'en ai marre donc comment je fais pour ne jamais le ressentir je reste là où tu vois je suis dans mon petit confort combien de temps ça va me convenir en fait et au bout d'un moment et de savoir pourquoi je vais avoir ce syndrome de l'imposteur et de me dire, ah, je l'ai, ça y est, c'est que ça y est, je suis en train d'agrandir ma zone de confort, c'est un autre regard, je pense.
- Speaker #0
Et c'est très juste. Et tout à l'heure, tu parlais de l'effet de Ninkruger. Et moi, j'ai bien aimé découvrir ce concept-là pour me dire, ah, mais moi, je les vois très bien en entreprise, au-dessus de la table de réunion, ces gens qui savent tout et qui parlent tout et qui donnent hyper confiance. Alors qu'en fait, ils ne maîtrisent pas tout du tout, mais ils n'en ont pas conscience. Et comme ils n'en ont pas conscience, ils sont hyper confiants. Mais moi, à l'inverse, peut-être que je me pose des questions et je vais peut-être pouvoir anticiper des choses qui pourraient arriver, qui détourneraient le projet. Ça va permettre peut-être d'être en vigilance pour poser des alertes, etc. Et de faire le contrario entre des personnes très assumées, mais qui disent des choses avec des raccourcis, sans prendre toutes les complexités, et moi qui cherche, je me dis, finalement, je crois que je préfère mon inconfort, je préfère mes zones de doute, même si ça rayonne moins en entreprise, parce que je prends moins de raccourcis, et je suis peut-être plus juste, etc. Moi, je ne sais pas, c'est une idée qui m'a toujours un petit peu plu. Et pour contrer ça, c'est des fois, pas tant d'essayer de parler le plus fort ou à la place de l'autre, mais des fois, d'essayer de poser une question. qui permettent peut-être de rebattre les cartes ou de sortir un peu de la dimension peut-être très unique d'une personne qui fonce. Si je suis très claire dans mes explications.
- Speaker #1
Tu as un exemple de question ?
- Speaker #0
Tu sais, quand une personne... Parce que je n'ai pas d'exemple d'un projet très précis en tête, mais quelqu'un qui va dire, pour résoudre le problème, c'est d'une telle façon, c'est le chemin A. Je pense que c'est bien d'essayer de trouver la tangente et de poser une question. Tiens, mais quitte d'un chemin B ou C et essaye de l'amener vers d'autres portes, d'autres portes d'entrée pour essayer d'ouvrir un petit peu les chakras là-dessus.
- Speaker #1
S'il y avait une alternative, ce serait quoi ? Ou de dire...
- Speaker #0
D'essayer de sortir du truc. Mais voilà, parce que souvent, on voit le syndrome de l'imposteur comme quelque chose d'un petit peu plombant. On se dit qu'on est déficient, qu'on est malade. Enfin, le mot syndrome, il fait super peur. Attention aux hypochondriacs. Et du coup, c'est de dire, ouais, mais en fait, c'est cool, ce syndrome, parce qu'il est un peu ce garde-fou qui va te mettre en vigilance, qui va te donner envie de creuser plus un sujet, qui va te demander de te mobiliser pour te dépasser. Et quand il est assez bien équilibré, finalement, je trouve que ça peut être un super allié.
- Speaker #1
C'est clair. Non, mais c'est clair. C'est juste de savoir le prendre, parce que sinon, j'aime bien l'appeler tataginette.
- Speaker #0
Tu peux nous raconter qui est Tataginette ?
- Speaker #1
Tataginette, c'est la petite voix dans notre tête. Moi, je suis persuadée qu'on en a plein, mais j'aime bien. Là, c'était un raccourci que j'avais pris pour une conférence. Tataginette, j'avais fait un peu mon sketch avec Tataginette qui débarquait en plein milieu de ma conférence. Donc oui, c'est la petite voix qui vient, qui a l'air comme ça de nous saboter en disant « Mais t'as vu, là-bas, ils n'écoutent pas, ils sont en train de regarder leur téléphone. » En fait, tu vois, ben voilà. C'est pas assez intéressant, t'as vu ? Et toi, t'es en train de parler pendant ce temps-là. Et il y a tout ça qui se passe dans ta tête. Et donc, c'est cette petite voix qui va venir refléter toutes nos peurs, toutes nos incertitudes, tous les endroits où on est culpabilisable, tous les chantiers qui sont encore ouverts et en travaux. Et c'est elle qui va mettre le doigt dessus. Pour moi, en fait, si je devais expliquer un peu l'histoire, pour moi, c'est... C'est une partie de nous qui est aussi là pour nous protéger, en fait. C'est une partie de nous qui avait trouvé ces stratégies-là pour nous protéger quand on était plus jeunes, sauf qu'aujourd'hui, elle n'est plus très à jour. C'est sa chinette, quoi. Elle a encore un prénom des années. Je ne veux pas vexer les chinettes, s'il y en a qui nous entendent. Mais en tout cas, l'idée derrière ce prénom, c'est un peu ça. C'est qu'il y a des stratégies qui sont restées un petit peu passées et qu'il est temps de mettre à jour, en fait. C'est un peu comme la tata ou le tonton. J'ai une copine qui l'appelle Bri Vandecombe. Après, chacun met son... Voilà. met son nom dessus. Mais en fait, c'est un peu comme quand on va dans un repas de famille, et c'est la tataginette qui va dire
- Speaker #0
« Mais c'est pas sérieux ça,
- Speaker #1
l'entrepreneuriat, ça fait... Mais tu vas quand même pas te lancer là-dedans ! » « Mais t'as pas peur ! » « Mais tu vas passer un diplôme quand même ! »
- Speaker #0
« On va faire des études, mais en insécurité financière ! »
- Speaker #1
Tu vois, dans les réunions de famille, c'est la même, sauf qu'elle est à l'intérieur. Parce que la pire... c'est pas ta taginette celle des réunions de famille finalement si t'es pas culpabilisable là dessus et si t'es droit dans tes bottes en disant tu diras juste c'est son point de vue je comprends que de sa fenêtre elle voit ça comme ça et toi t'as ton projet qui est clean etc mais de toute façon tu le vois si tu redoutes le bon alors ton business ça marche dans les réunions de famille joker on peut faire un bingo combien de fois on va te poser la question moi aussi
- Speaker #0
C'est ça,
- Speaker #1
ça c'est plus que de détourner. Mais après, je pense qu'il y a aussi un ménage à faire, quand on se lance dans l'entrepreneuriat, si on veut éviter que ça fasse ressortir notre syndrome de l'imposteur toutes les deux minutes, c'est aussi de savoir s'entourer, de faire un tri dans nos relations. Je pense que c'est ce qui m'a sauvée aussi pendant toutes ces années, en tout cas en tant que manager. J'avais mon conjoint qui était là, qui me soutenait, qui me disait « mais tu vas y arriver » , etc. D'avoir un soutien, que ce soit à la maison ou chez nos amis. Moi, avec les amis, c'était, non mais tu te rends compte, regarde l'âge que t'as, t'es déjà à ce poste-là. Donc ça peut mettre la pression. Moi, j'ai toujours eu l'impression de ça toute ma vie, que les gens me voyaient là, tu vois. Je passais très haut, pour ceux qui écoutent, ceux qui n'ont pas la vidéo. Et du coup, j'avais toujours cette pression de, non, il faut que je sois à la hauteur de ce qu'ils pensent de moi, il ne faut pas que je les déçoive. Et ça, pour moi, ça fait partie aussi du syndrome de l'imposteur. J'ai l'impression d'être un imposteur, parce que par rapport à ce que les autres pensent du niveau où je suis. Et ça t'enferme dans un truc où t'as peur de les décevoir, etc. Quand tu commences à faire un tri, limite d'aborder ça avec eux en disant « Tu sais, quand tu me dis ça, ça me met la pression parce que j'ai peur que tu m'imagines. »
- Speaker #0
Mais c'est stressant.
- Speaker #1
Mais c'est ça, ça crée un stress de devoir rester à la hauteur de là où les gens t'attendent. Et tu te dis « Mon Dieu, ils se rendent compte que je ne suis pas du tout là. » Parce que ce n'est pas ce que tu vis toi. Pour moi, le syndrome de l'imposteur, c'est ça. C'est la différence entre... C'est l'écart entre... la personne que tu aimerais être et la personne que tu crois vraiment être, enfin que tu es vraiment. Et plus l'écart est grand par rapport à ce que tu aimerais être ou même ce que les autres te voient, les autres te renvoient entre ce que les autres te renvoient et toi où tu penses être, plus tu as l'impression que c'est grand, plus c'est une pression d'enfer. Et donc le syndrome de l'impulseur a toute la place de s'installer. Donc ta ta genette, c'est son terrain de jeu, ça. C'est son terrain de jeu.
- Speaker #0
C'est génial. Et ce que j'adore dans Tata Giné... c'est le fait de lui donner un nom et donc de personnifier ce syndrome, ces sentiments, etc. Parce que des fois, on a l'impression qu'il nous engloutit, d'être incarné par ce sentiment qui nous oppresse, de ne pas être à la hauteur. Il nous englue et c'est nous. Et le fait de dire non, mais ça, ce n'est pas moi, c'est des sentiments que je ressens, mais il s'incarne par tata Ginette ou tonton Gilbert,
- Speaker #1
si vous voulez.
- Speaker #0
Déjà, ça donne une distance émotionnelle par rapport à ce sujet-là qui nous pose problème. Et je trouve qu'après, on peut discuter avec ta ginette. Carrément, c'est dire ce n'est pas moi. Et du coup, qu'est-ce que tu lui dis, toi, à ta ginette ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?
- Speaker #1
Je dis plein de choses. En fait, je te dis, j'aime bien travailler avec les sous-personnalités. Donc pour moi, ta ginette, c'est une partie de moi. Donc il y a une partie de moi. Et donc j'aime bien aller dialoguer avec les parties de moi. D'ailleurs, j'encourage mes clients à le faire aussi. Mais c'est valable pour le syndrome de l'imposteur, comme tout comportement qu'on n'aime pas chez soi, qu'on voudrait changer, qu'on ne comprend pas. Pourquoi je me comporte comme ça ? Pourquoi j'ai ces doutes-là ? Et donc juste les aides à faire venir la partie 2 qui génère ce comportement-là, parce que pour moi, c'est toutes des parties qui datent du passé et dont les stratégies n'ont pas été mises à jour. Et il y a des résistances, parce que cette partie-là n'a pas du tout envie de perdre son job, ou qu'on la mette au placard, ou qu'on la détruise. Donc ta ginette, elle a toute sa place, donc elle veut pas qu'on la détrône, donc il faut savoir la prendre. Donc ce que je lui dis, alors en particulier à elle, si je la personnifie un petit peu et que je dis que c'est mon syndrome de lapin, ou en tout cas tout ce qui représente un peu mes doutes, mes peurs, etc., moi ce que j'aime bien lui demander, c'est en quoi t'essayes de m'aider ? Moi cette question, elle est magique, parce que c'est pas juste, pourquoi tu fais ça ? À ce moment-là, ça pourrait être quelque chose... En fait, ça induit que ce soit positif, ce qu'elle fait pour moi. Et souvent, justement, ce qui fait qu'on n'arrive pas à avancer dans la vie, c'est quand on considère nos parties intérieures comme des choses qui nous freinent. Donc, si on est dans une relation de combat, il faut combattre son syndrome de l'opposite. Il faut se battre, mais en fait, tu te combats toi. Donc, pour enlever cette... J'aurais pu juste dire, c'est quoi ta mission ? Mais ça, ça voudrait dire qu'elle peut être une sorte de mission. Donc, moi, je l'oriente, parce que pour que ça se délie, il faut partir du principe qu'elle essaye de nous apporter quelque chose. En quoi tu essayes de m'aider par ce comportement-là ? Oui, mais si je ne le faisais pas, tu pourrais être rejetée par tout le monde. Regarde, tu vas te mettre devant un public. Imagine, ta réputation, elle est en jeu, etc. Donc, c'est OK. Comment on fait que, justement, pas ma réputation est en jeu ? Comment on se protège ? Et à la limite, c'est avec une autre partie que je vais le gérer. OK, je comprends que ce soit ça dont tu essaies de te protéger. Merci de m'avoir alertée. Maintenant, je vais faire bien garder pour aller prendre en compte ce que tu m'as dit, etc. Donc ça, c'est s'il y a vraiment quelque chose derrière qui... que je pense être un vrai danger ou qu'il y a une vraie possibilité. Si c'est des reliquats du passé, c'est juste stop.
- Speaker #0
Oui, mais je trouve que c'est hyper déculpabilisant et rassurant de se dire non, mais ce n'est pas toi qui déraille, c'est une partie de toi, c'est une stratégie que tu as mis en place dans le passé pour résoudre quelque chose parce qu'à ce moment-là, c'était juste et c'était presque soit de la survie, en tout cas, tu as mis en place une stratégie. Donc aujourd'hui, tu la reproduis, sauf que c'est plus adapté à ton nouvel environnement. Donc il suffit de changer. Et je trouve que d'aborder cette compréhension-là, ça permet d'enlever un poids ou une pression qu'on pourrait se mettre, de dire « mais j'y arrive pas, j'ai encore un problème » , tu sais. D'être un petit peu… De s'auto-saboter finalement comme ça, en étant aussi dure avec soi-même. C'est ça. J'aime bien cette Ausha. Ouais.
- Speaker #1
Vraiment. J'avais un client comme ça, alors c'est pas du tout sur le syndrome de l'imposteur lui, mais pour montrer un peu les stratégies pour me faire place. Mais en fait je me dis, autrement, je sais pas comment j'aurais pu accéder à cette information-là, mais je pense que par un questionnement t'aurais pu trouver. Mais si tu veux, un jour j'ai un client qui est entrepreneur, enfin qui est dirigeant même, et il me dit, bon Aurélie, aujourd'hui je sais ce que je veux adresser, c'est pas compliqué, j'ai envie de casser la... La tête à tout le monde, quoi. Il faut que je me batte. Je me battrai, je ne sais pas quoi faire avec ça.
- Speaker #0
C'est Zéryl Hanouna, non ?
- Speaker #1
Non, mais je dis ça. Je ne dirais pas de non. Confidentialité. Mais oui, non. Et du coup, je dis, bah oui, effectivement. Après, c'était quelqu'un d'hyper pragmatique, etc. Donc je me suis dit, est-ce que je lui fais une session ? Donc je lui ai dit, écoute, est-ce que tu es à l'aise avec le fait... Donc je lui explique ce qu'on va faire. Est-ce que tu es à l'aise déjà avec le fait qu'on puisse être plusieurs à l'intérieur et qu'on puisse aller voir la partie de toi qui génère ça ? ferme les yeux déjà il était pas très à la serre fermé les yeux mais voilà après c'est un truc de contrôle qu'on a bossé sur d'autres séances mais et puis donc on va voir je dis bah écoute fait venir la partie de toi qui génère ce comportement là et donc ça a été possible de la faire venir et donc il a appelé le combattant C'est bon, c'est la bonne partie. Il y aurait un combattant, il va se battre, ça paraît pas mal. Et il me dit... On lui pose cette fameuse question, en quoi tu sais de m'aider ? Aujourd'hui, il est dirigeant, il fait des affaires à six chiffres, mais il a grandi dans des quartiers difficiles, et en fait, il a des relents de stratégie de l'époque, parce que cette partie, elle nous a dit... Moi je suis là pour vérifier que tu es capable de répondre à n'importe quel type d'attaque physique. Et en ce moment, tu ne fais plus de sport, etc. Moi il faut que je vérifie. Il faut que je vérifie si on est toujours capable de... Voilà, physiquement, est-ce que je suis assez en forme pour répliquer si on nous attaque. Bon, là, finalement, on n'a même pas eu besoin de mettre à jour quoi que ce soit. Il a compris ! Il a dit ! Non mais là, c'est plus... Enfin, pas à jour en fait. Donc juste d'avoir compris. Donc on a fait l'expérience avec d'autres parties parce que... À la fin, il avait le stratège, le combattant. Enfin, je ne vais pas tous les nommer, mais à la fin, tu as tout ton comité de direction interne. Pour moi, c'est comme ça que je l'appelais. Tu as ton board interne où tu peux aller justement faire appel. Mais ça marche dans le côté les parties que tu n'aimes pas, mais ça marche aussi avec les parties qui sont ressources. Tu as tous tes talents que tu peux aller chercher en passant par les parties de nous. Et c'est quelque chose qu'on peut tous faire à partir du moment où on admet. Alors, c'est plus facile quand on est accompagné, c'est sûr. Mais en tout cas, moi, à la fin des accompagnements, les clients arrivent tout seuls. Ils se disent, OK, je vais aller voir c'est quelle partie, je vais la faire venir. Mais le but, c'est qu'on peut être autonome aussi. Bon, après, c'était ce truc de, je suis schizophrène. Non, c'est juste à plusieurs parties. Et comme tu dis, de les personnifier. Tu vois, tu vas dire de quoi tu as besoin. Ben, j'en sais rien, tu vois, de quoi j'ai besoin. Par contre, elle, elle sait. Elle sait parce que c'est elle qui a généré le truc. Et du coup, c'est se dire, bon, moi, j'en sais rien, mais je vais lui demander. finalement, c'est un peu l'inconscient qui parle. Et il y a une situation comme ça, récente, où j'en ai eu besoin, où j'étais paumée par rapport à une situation où je ne savais pas quoi faire. Et je me suis dit, ok, je vais aller demander à la partie de moi pour qui c'est facile de faire ce genre de truc, de m'aider, et c'est venu en deux secondes. C'était avec une personne, je vais prendre cet exemple-là, c'est moins récent, mais c'est parlant. C'était une personne à qui j'avais déjà pas mal échangé, etc. mais en fait si tu veux je commençais à me rendre compte que c'était pas juste pour moi parce qu'en fait on avait rien signé etc et je commençais à presque lui apporter la même qualité client que je peux apporter à mes clients donc avec des échanges etc et je me suis dit mais là faut que je recadre mais alors je vais bien pouvoir lui dire parce que je voulais pas non plus dire bon Ça va bien et en même temps je sentais que c'était plus juste pour moi parce que et donc je me suis dit allez y Je vais voir la partie de moi qui sait gérer ça, finger in the nose, machin. Je dis, allez, vas-y, papier, crayon. Et là, tout est sorti, quoi. Et je n'avais plus qu'à copier-coller ce que j'avais écrit. Et ce n'est pas secret, mais c'était super. Et je me suis dit, mais en fait, on devrait vraiment tous avoir notre bord d'un dernier à partir du moment. Même si tu n'as pas encore identifié toutes les parties, je ne savais même pas qui elle était. Je lui ai dit, dis-moi juste comment tu gères. Ah, OK. Bon, en fait, j'ai toutes les réponses à l'intérieur, en fait. Je suis en train de savoir comment je vais aller les chercher.
- Speaker #0
Mais carrément. Et c'est ça qui est puissant aussi en coaching, c'est d'aller... convoquer comme ça des choses du passé, là, on personnifie, mais c'est dire qu'en fait, OK, là, il y a une situation actuelle, tu ne sais pas la résoudre, mais il y a une partie de toi qui a déjà su le résoudre dans le passé, à un autre endroit, à une autre sphère, mais on va aller chercher ça. Et je trouve que d'aller convoquer comme ça dans son board intérieur, c'est un bon outil qui est plutôt pas mal. Je pense que ça peut être acceptable de se dire qu'on est plusieurs et qu'on est toute une multitude. Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, après, c'est juste une question de représentation, de comment tu vas te représenter les choses. C'est génial,
- Speaker #0
j'adore beaucoup. Et aujourd'hui, du coup, comment toi tu travailles ? Comment t'accompagnes tes clients ? Et c'est quoi tes sujets de prédilection ? Et comment tu te définirais comme coach pour la multipassionnée que tu es ? Elle aime cette question.
- Speaker #1
Oh, je l'adore. C'est ça, moi je fais vraiment, comme tu dis, multi-passionnée, multi-potentielle, peu importe le nom, mais c'est vrai que je fais énormément de choses. Et je vais revenir un peu sur la représentation qui est sortie de ce moment où j'étais en arrêt et je me suis dit, il y a trop d'écarts entre ce que je fais et qui je suis. Et je me souviens de m'être vraiment dit cette phrase-là. Et depuis, j'ai modélisé ça comme ça. Ma façon de travailler, c'est que c'est un peu comme si à la naissance, on nous avait donné trois boîtes, une grosse, une moyenne et une petite. Et puis, dans la grande, on a à peu près tous fait ça, c'est qu'on a mis ce que je fais. C'est-à-dire que c'est souvent comme ça qu'on se présente. Ce n'est pas comme ça que tu me l'as demandé, tu m'as demandé de raconter l'été d'une fois. Mais souvent, quand on va croiser quelqu'un, quand on va dire qu'est-ce que tu deviens, la première chose qu'on va dire, c'est moi je fais ça, moi je fais ça.
- Speaker #0
C'est le fait qui vient.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu deviens ? Une personne exceptionnelle, tu pourrais dire des choses. En fait, ce n'est pas obligé de passer par là. Voilà, et on se présente par notre métier et par ce qu'on fait. Ça nous permet d'avoir ce que j'ai au-dessus, parce que ça nous permet d'avoir telle voiture, telle maison, mais aussi tel voisin, tels amis, tels enfants, tel mari, etc. Et puis en haut, il y a ce que je suis, parce que tout ça fait de moi quelqu'un. Sauf que le jour où ce que je fais, il bouge, parce que, je ne sais rien, il y a une liquidation dans la boîte, il y a un plan de départ, parce que je perds du sens, parce que c'est trop d'écart entre ce que je suis et ce que je fais, et que ça se casse la figure. Je ne sais plus qui je suis. Ma petite boîte en haut, elle est tout en bas et en vrac. Et donc, moi, mon métier, c'est de créer une grosse boîte de ce que je suis. En particulier, quand on est multi-passionné, c'est bien d'avoir une seule boîte de ce que je suis, où je mets tout ce qui est important pour moi, mes valeurs, mes besoins, mes envies, mes ombres, je n'en sais rien, mes défauts, tout ce qui fait que je suis moi, mon histoire, mon expérience. Et puis, avec ça, je vais aller créer des boîtes de ce que je fais. Peut-être que, déjà, il y en a plusieurs, ce n'est pas une seule. J'ai plein de choses, effectivement. Et puis, en fait, c'est un peu comme si la grosse différence, c'est que du coup, tu construis tes boîtes, ce que je fais, en conscience de qui tu es. Ça veut dire qu'en gros, si demain, je perds une boîte, ce que je fais, ce que je suis, ça ne remet pas en cause ce que je suis, parce qu'en fait, j'ai compris que cette boîte-là, ce n'était qu'une des manières d'exprimer mon envie et d'exprimer peut-être tel besoin, telle envie. Moi, je les vois comme des câbles. Quand tu soulèves la boîte, ce que je fais, il y a des câbles en dessous. Ça, c'est mon besoin de contribution au monde. Ça, c'est mon besoin de sécurité financière. Tiens, ils sont sur la même boîte. OK. Le jour où je la perds, après, je peux avoir des câbles. Tu vois, la sécurité financière, elle peut pencher sur d'autres choses. Je peux avoir pas tous sur la même boîte. Comme ça, je perds moins de ce que j'ai. Parce que c'est le ce que j'ai qui bouge seulement, pas ce que je suis. Ce que je suis, il bouge tout le temps. Et du coup, j'accepte que ce que je fais au-dessus puisse bouger au fur et à mesure que ce que je suis change. Parce que j'ai plus les mêmes priorités. Parce que je suis toujours la même personne. Le regard que j'ai sur qui je suis est différent. Et donc, dans mes boîtes, ce que je fais, j'ai le coaching, je fais du théâtre d'impro, je donne des concerts. J'en ai deux cette année, de reprise. Et puis, il y a tous mes loisirs, mais il y a aussi dans mon activité pro, je ne fais pas que du coaching, je donne des formations, je donne des ateliers, reprise aussi. J'oublie la moitié des choses que je fais. Après, je fais partie des éclaireuses du Leader Keep. On travaille énormément sur le syndrome de l'imposteur où on fait un bootcamp bientôt sur le syndrome de l'imposteur. Tu m'écoutes, c'est ça ? Oui, c'est au mois de mai-juin. On accompagne pendant cinq semaines des personnes. Par contre, c'est intense. C'est vrai que c'est intense. Les retours qu'on a, je crois que j'ai jamais été aussi secouée de ma vie. Mais ça bosse dur. Après, on est quatre coachs, donc forcément... c'est une transformation en accéléré mais oui c'est fou c'est super témoignage là dessus, ça fait partie des choses que je fais et donc après sur mon coaching c'est ça, j'apprends vraiment à remettre à ce que la personne se remette au centre à y aller à la découverte de toutes ces parties d'elle et qu'elle commence à les intégrer et finalement quand tu es en conscience de ce que tu fais pourquoi tu le fais etc c'est vraiment c'est vraiment tous les aléas de la vie te paraissent beaucoup plus... Comme tu dis, c'est un recul que tu prends et qui est beaucoup plus facile. Donc, tu vois, si je parle des dernières personnes que j'ai signées, j'ai un chef d'entreprise qui a racheté une boîte il y a deux ans et qui était énormément dans une phase où il a fallu faire décoller, faire décoller. Et maintenant que c'est en phase croisière, on commence à aborder la phase croisière. C'est comment je change ma posture pour m'adapter, comment je mets plus de place pour mes passions, pour retrouver un équilibre que j'avais perdu en cours de route parce qu'il fallait bourriner pour y arriver. Et puis comment je lâche quelque part le contrôle aussi parce que j'aimais bien être sur le terrain, j'aimais bien... C'est ça, c'est une posture différente de commencer à déléguer, etc. Mais j'ai des personnes qui sont aussi des cadres. J'ai aidé une personne qui a fait partie d'un plan de départ. Il y avait un salaire assez élevé, donc à retrouver du travail. Voilà, mais ça y est, il l'a retrouvé en trois mois. Donc, il a vraiment donné beaucoup d'énergie. Mais à ce niveau de salaire-là, c'est super. D'habitude, on est plutôt sur six, huit mois. Donc, il a vraiment... C'est très heureux pour lui. Enfin, on continue le coaching, ce n'est pas fini. Mais voilà, il y a plein de types de personnes différentes et aussi des entrepreneurs. J'ai un petit peu de tout. En ce moment, j'ai... En ce moment, je dois attendre qu'une personne s'en aille pour en reprendre une parce que j'en ai 12 en même temps.
- Speaker #0
Victime de temps succès.
- Speaker #1
Je ne sais pas. Mais en tout cas, j'arrive à un moment où mon challenge, c'est plutôt d'essayer de construire aussi des choses qui fonctionnent sans moi. Là, j'ai fait un premier programme offert avec... les trois erreurs qu'on fait, qui nous maintiennent. La première erreur, le spoil, c'est cette histoire de boîte. Ça a un rapport avec les boîtes.
- Speaker #0
Ok, ok. Merci de nous en avoir donné un petit texte. Voilà,
- Speaker #1
mais de toute façon, c'est offert. Donc voilà, s'il y en a qui le veulent, c'est avec plaisir. Parce que c'est des choses que je me retrouvais à expliquer à tout le monde. Donc à un moment donné, je me suis dit, mets-le en vidéo.
- Speaker #0
C'est très bien. On mettra les liens.
- Speaker #1
Pour pouvoir impacter encore plus le monde et faire que, voilà, si je peux éviter, vraiment, à chaque fois que j'ai expliqué ça, c'était toujours les mêmes réactions. C'était, mais on ne nous a pas expliqué ça avant. Non, mais comme tu dis, ça te... fait prendre un recul par rapport à ce que tu traverses qui est maintenant je sais ce qui m'arrive en fait tout va bien j'ai juste à j'ai les idées beaucoup plus claires j'ai juste à m'autoriser à aller mal parce que j'ai compris ce qui m'arrive du coup je peux le faire et de prendre le temps de me reconstruire ces trois vidéos c'est une autorisation on ressort avec une autorisation à se dire ok En fait, ça va. Ça va moins mal que je pensais. En fait, je suis juste en train de passer par une phase qui est normale. Et du coup, ça fait du bien. Et après, dans la manière dont j'accompagne, en tout cas en individuel aujourd'hui, c'est sur six mois. Et on a un rythme des séances qui dépend aussi des problématiques, etc. Mais moi, je me vois vraiment comme un entraîneur. C'est-à-dire que je n'aimais pas, en tout cas, quand j'étais accompagnée ou même encore maintenant, quand je le suis. J'aime pas ce truc de « Ah, il m'arrive un truc, je le raconterai à la prochaine séance. » Pour moi, il y a un lien qui est permanent, qui reste en continu. C'est-à-dire que l'entraîneur, il n'est pas là que dans les compétitions, ou que dans les phases d'entraînement. Si son athlète a des victoires entre deux, c'est important qu'il puisse les partager. Il déprime, il va pas être bon, donc t'as intérêt à être là aussi quand ça va pas, parce qu'il a eu un truc qui lui arrive et qui était pas prévu, parce que les aléas de la vie. Donc voilà, il y a des échanges en permanence, mais c'est une vraie transformation. Mais parce qu'on déconstruit des choses, il y a aussi un moment où ça redescend avant que ça remonte. Donc c'est de la déconstruction, de la reconstruction, mais c'est vraiment créer une vie qui, avec un bon socle de qui je suis, je suis capable, enfin moi je les aide à construire le socle, une fois qu'il est fait, ils sont capables de le mettre à jour tout seuls.
- Speaker #0
et après c'est cool après ils n'ont plus besoin de moi ils roulent quoi ouais c'est ça carrément non mais c'est top et oui j'aime beaucoup l'idée de garder le lien et c'est ce que j'aime bien aussi dans les accompagnements de coaching c'est un peu ma philosophie aussi de dire bah voilà il se passe quelque chose entre deux séances on s'exclut pas d'envoyer un message et des fois un petit message ça permet de débloquer une situation qui aurait pu empirer parce qu'on doit se voir que la semaine prochaine c'est ça Donc ça, c'est vrai que ça me paraît important. Ce n'est pas obligatoire dans tous les coachings, mais je trouve que c'est appréciable.
- Speaker #1
Toi, tu fais comment, du coup ? Tu vois comment tes accompagnements ? Un peu comme ça.
- Speaker #0
Moi, je suis sur des accompagnements un peu plus courts, plutôt trois à quatre mois, sur des problématiques plutôt précises. Mais je pense que c'est un peu comme toi. C'est vraiment après, c'est la tésue sur mesure en fonction de la problématique de la personne. Moi, ce que j'aime bien, c'est d'essayer de comprendre déjà la porte d'entrée, parce qu'on est tous un petit peu différents, et il y en a qui vont plutôt réinteragir sur le milieu de l'émotionnel, ou sur un autre domaine. Donc, j'essaie de comprendre un petit peu la porte d'entrée de la personne pour essayer de me calibrer là-dessus. Même si les émotions, c'est quelque chose que j'aime bien, que j'aime bien d'avider quand même, que j'aime bien profondément. Je pense qu'on peut faire pas mal de choses vers de l'émotionnel.
- Speaker #1
De toute façon, toutes tes émotions, on l'a juste oublié.
- Speaker #0
C'est juste ça.
- Speaker #1
On essayait d'être des êtres rationnels, mais en fait, on n'est pas rationnels du tout.
- Speaker #0
Non, non, c'est ça. Je pense que ça, ça prend l'objet d'un épisode de podcast à part entière. C'est ça. C'est un resté sujet. C'est ça. Oui, complètement. Écoute, super. J'avais peut-être une dernière petite question qui est un peu à côté. Mais tout à l'heure, tu parlais un peu d'équilibre aussi de vie. Parce que tu dis... J'ai mon socle de qui je suis et après le socle, les petites boîtes de ce que je fais. Comment tu organises et que tu équilibres tout ça ? Parce qu'ils sont bien positionnés sur la grande boîte, je vois. Mais comment tout ça, ça tient en équilibre ? Et comment tu arrives à gérer un petit peu toutes ces sphères de ta vie ? Est-ce que ça roule tout seul ? Est-ce que c'est quelque chose que tu dois un peu piloter pour naviguer au plus juste ? Comment tu vis ce côté équilibre de vie ?
- Speaker #1
Moi comment je le gère personnellement ? Alors moi c'est bien en place, mais je vais dire comment le faire pour arriver là. En fait ça passe par plusieurs étapes, je pense que déjà effectivement c'est d'avoir conscience de c'est quoi, je parlais des câbles entre les deux, c'est de savoir quel câble en ce moment, s'il y a quelque chose qui ne va pas c'est qu'il y a un câble potentiellement soit qui est pendant le vide, soit qui est branché sur une boîte et qui n'est plus alimenté. Ou alimenté avec un liquide verdâtre, genre, je ne sais pas, ton besoin de reconnaissance, s'il est branché sur le boulot et puis qu'en fait, on t'envoie que de la reconnaissance, vraiment, ou t'en envoies... Soit il est vide, et puis t'es là à dire, j'ai rien, j'ai soif ! Et donc, il faut aller le brancher ailleurs. Donc, déjà, c'est d'identifier les câbles qui sont plus alimentés ou mal alimentés, en fait. Pour se dire, en fait, ça commence à aller mieux aussi, je ne sais pas, au niveau du travail. Ce n'est pas forcément de changer dans un premier temps, c'est déjà de dire, ok. qu'est-ce qui est branché là-dessus et qu'en vrai, il faut que j'arrête d'avoir cette attente-là. Donc déjà, d'enlever les attentes qui sont sur quelque chose qui est plus alimenté ou qui est mal alimenté, du coup, ça permet de prendre un recul énorme. Et donc, je vais me brancher ça ailleurs. Je vais aller dans une asso où là, je serai reconnue pour qui je suis, pour mes qualités, pour la qualité, je ne sais pas, ça dépend sur chacun à ses stratégies de reconnaissance. Mais je vais faire autre chose, une activité artistique, ce que je veux. Et en fait, d'aller équilibrer, c'est ça pour moi. D'aller commencer à regarder, OK, quels câbles vont dans le vide ? Ça, c'est de la connaissance de soi. C'est vraiment de quoi j'ai besoin, de quoi j'ai envie. Et si on ne sait pas de quoi on a besoin, de quoi on a envie, la première étape, c'est qu'est-ce que je ne veux plus aujourd'hui ? Et après, on en déduit ce que je veux. Si on ne sait pas trop ce qu'on veut, ça dépend où on en est dans les phases un peu de remise en question. Mais une fois qu'on a tout identifié et qu'on sait, après, c'est de dire, voilà, quelle activité j'aurais envie de faire. Alors, le piège, ce serait d'essayer de tout mettre dans une seule et grosse boîte. parce que souvent c'est ça, quand on se lance dans l'entrepreneuriat je suis partie du salariat donc maintenant je vais reproduire tout ce que j'aurais adoré mais dans une seule et grosse boîte qui sera ma boîte mon entreprise et c'est compliqué de créer un truc qui répond à la fois à ma contribution au monde à la fois à mon besoin de reconnaissance à la fois à ma sécurité financière etc c'est vachement de poids et de responsabilité sur une seule boîte donc d'essayer de répartir en fait, de commencer à se dire ok J'ai quoi comme loisirs ? Ça répond à quoi ? Donc moi, j'ai besoin de partager ces besoins à son entourage aussi pour que ça puisse rentrer. C'est-à-dire que j'ai mon besoin d'aller faire de l'impro, mais vraiment parce qu'il y a un besoin de liberté, d'expression, de lâcher prise, d'expression émotionnelle. Ça répond à plein de mes besoins. Et puis aussi, quelque part, de représentation, développer cette compétence. Je trouve que l'improvisation, ça aide énormément en coaching parce qu'on est toujours en train d'improviser nos questions, etc. Donc j'aime beaucoup. Et puis ce truc, ça répond aussi aux besoins d'être sur scène, je pense. Et puis à côté, après il faudrait partir dans la semaine. J'ai besoin de sport. Donc l'impro, c'est tous les lundis soirs. Ça, mon mari, il sait, il gère les enfants le lundi soir. Après, j'ai un mercredi sur deux. Donc c'est une semaine sur deux pour ne pas non plus faire... On doit mettre ses loisirs aussi, il faut qu'on arrive à se croiser.
- Speaker #0
C'est ça que ce soir,
- Speaker #1
oui. Parce qu'il y a le besoin aussi de passer du temps en amoureux, il y a le besoin... Un mercredi sur deux, je vais à une soirée guitare avec des copains, où je chante, je joue de la guitare, et ça, ça me tient. Et puis, après, il y a le temps avec les enfants, c'est de trouver une organisation. Alors évidemment, en tant qu'entrepreneur, j'ai un peu plus de liberté pour trouver cette organisation-là, mais j'avais déjà ces fonctionnements-là quand j'étais salariée, donc c'est... Pour moi, c'est une organisation et surtout une communication de ses besoins. Mais ça, il faut les connaître. Donc c'est, voilà, pour être bien, moi j'ai besoin de ça. Comment on pourrait faire quand on met ça dans notre organisation familiale ? Comment on pourrait faire pour que... Et toi, t'aurais besoin de quoi ? Et comment tu pourrais le trouver ? Comment c'est ce que je peux t'aider à le trouver ? Voilà, et c'est quelque chose que j'ai dû apprendre à faire, les besoins. Parce que moi, j'étais très visionnelle, ou en tout cas, à ne pas faire mes activités de mon côté. J'en avais pas, je me suis dit, non, je vais passer du temps avec toi. Oui ! moi j'ai besoin d'être seule aussi donc tu vas te calmer bon je dis ça, ça fait tellement longtemps qu'on est ensemble mais c'est vrai qu'au début il a fallu que je trouve des loisirs à moi et ça m'a obligée à me poser des questions sur ce que j'avais envie de faire que je ne me serais pas posée si j'avais pas si j'avais un partenaire qui aurait entretenu cette dépendance affective que j'avais tu vois donc je pense que c'est ça j'ai besoin, et si je sais pas je vais demander Le bord dans la tête qui va me dire qu'il y a besoin.
- Speaker #0
Mais à travers cette anecdote-là, on voit qu'en fait, on se construit, tu te construis par le milieu professionnel, mais aussi pour une histoire de vie. Et en fait, c'est plein de chemins croisés, bien sûr, mais c'en est une belle illustration. En fait, à la croisée des chemins, ça raconte très bien ton parcours, pourquoi t'en es là aujourd'hui. C'est que toutes les expériences de tous les domaines, elles t'ont nourrie pour arriver là où t'en es aujourd'hui. Mais oui, c'est une belle anecdote. Et je pense que quand on est... maman d'enfants jeunes, en qui plus est, ça peut être difficile de trouver un peu cet équilibre-là, de trouver ce temps de respiration-là, et comment on jongle, etc. Donc c'est toujours un sujet... Qui fonctionnent, mais tu nous montres que c'est possible.
- Speaker #1
C'est possible. Après, moi, je les ai responsabilisés très, très tôt. Je voulais qu'ils soient. Je me suis dit, si je dois leur faire un cadeau, tu sais, un peu, c'est... Qu'est-ce que... Ça, c'est une de mes coachs qui m'avait demandé. Ça, c'est qu'est-ce que tu veux que les trois éléments qu'il y a dans le sac à dos de tes enfants quand ils vont partir de la maison. Et moi, l'autonomie, l'indépendance, savoir se gérer, c'était le truc, un des trucs numéro un. Et c'est vrai que... s'autogèrent énormément. Ils ont 8 ans et 10 ans, mais ça fait des années qu'ils font leur petit déje tout seul. Je leur avais inventé une horloge pour qu'ils s'autogèrent au niveau du temps, le matin, quand ils avaient 4 et 6 ans. Depuis, ils ne l'utilisent plus. Mais quand ils étaient petits, ils l'utilisaient tout le temps. C'était eux qui venaient nous réveiller en disant « Vous allez à l'école, maman ? » Oui, on va se lever. La maman indigne.
- Speaker #0
J'ai un peu trop bien fait mon travail.
- Speaker #1
Des fois, ça arrivait, ça. Mais bon, après... Je pense que c'est aussi de savoir prendre sa juste responsabilité, poser ses limites et de dire en quoi c'est bien qu'ils fonctionnent sans moi aussi. Et si j'ai du mal, à quel besoin ça répond ? Comment je peux y répondre autrement dans une autre boîte, ce que je fais ? Il y a des moments où ça me fait plaisir de faire des choses pour eux et je le fais. c'est que c'est pas de mettre le bon équilibre parce que j'en ai envie qu'est-ce qui dépend de l'envie et qu'est-ce que je me sens obligée de faire parce qu'il y a tout un équilibre pour équilibrer ces boîtes ce que je fais mais carrément c'est super chouette,
- Speaker #0
c'est un échange très très riche qu'on a eu je pense que les idées clés que je retiens c'est déjà apprendre à se faire confiance et ça se passe aussi par s'écouter et comprendre vraiment ses besoins et voir un peu comment ... Comment on peut faire en place avec son bord de l'intérieur ? Comment on conjugue un peu tout ça ? Ça, c'était vraiment l'idée maître. Et j'aime bien aussi l'idée de dire, pour que ça fonctionne, c'est aussi prendre en compte les besoins de l'autre, du conjoint. Ça passe par autonomiser aussi ses enfants. C'est aussi se créer un système. Ce n'est pas qu'une relation de soi à soi-même, mais c'est aussi soit par rapport à notre écosystème, nos enfants, notre mari, etc. C'est plutôt juste. En tout cas,
- Speaker #1
je te remercie beaucoup pour ce temps de qualité.
- Speaker #0
Donc, voilà. C'était un grand plaisir pour moi. Je mettrai tous les petits liens qui vont bien pour ton programme que tu offres et puis peut-être ton bootcamp. Je ne sais pas s'il y a plus de place. Voilà. En tout cas, pour ceux que ça intéresse, je mettrai là où tout s'est bien de mettre.
- Speaker #1
Tu vois l'idée ? Il y aura un lien pas loin.
- Speaker #0
Voilà,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Eh bien, voilà. La prochaine fois, il y aura peut-être... d'autres occasions de reprendre la parole ensemble. Ça marche. Salut Caroline.
- Speaker #1
À bientôt. Salut.