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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bienvenue dans le podcast du Design Social Club des alumnis d'Emi Digital. Chaque épisode du podcast du Design Social Club met en avant un membre de la communauté, qu'il s'agisse d'anciens participants, de formateurs ou d'experts. Nous abordons leur parcours, les projets qu'ils ont développés et les transformations qu'ils ont pu impulser. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du Design Society Club. J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Hélène Saint-Aubert, qui est présidente de la Jeune Chambre Économique de la RAS et qui est responsable du pôle Relations et Services aux adhérents d'une fédération de complémentaires santé. Hélène, bonjour.
Bonjour.
Bienvenue. Est-ce que tu peux te présenter par rapport à ces deux casquettes que l'on va un peu explorer avec toi pendant cet épisode ?
Oui, tout à fait. Je suis une jeune maman engagée à double titre, professionnelle, mais aussi associative. Et il y a quelques années, je travaillais en région pour une fédération de complémentaires santé. Et j'ai eu l'opportunité d'avoir un poste de responsable innovation. Et l'objectif, c'était de trouver de nouveaux champs de financement, de nouvelles actions à mettre en place pour nos territoires. Et à ce titre-là, je me suis intéressée à la manière dont on pouvait construire des projets innovants. Et c'est à cette période que j'ai découvert le design thinking, que j'ai ensuite, et on en reparlera juste après, utilisé au-delà de mon environnement professionnel, aussi dans le secteur associatif.
D'accord. Alors tu es en poste, tu es responsable Bino, et tu cherches des techniques, si on peut dire, une méthode, et tu trouves... Tu trouves le design thinking, tu trouves aussi donc Émilie pour une formation qui s'est passée en présentiel, c'est ça ?
Tout à fait. Donc, j'ai été formée pendant deux jours en présentiel à Lille avec un groupe d'une dizaine de personnes. Et on est vraiment rentré en immersion totale en fait, puisqu'on a vécu un parcours de design thinking pendant ces deux jours de formation.
donc en fait tu tu Tu fais cette formation et puis il se passe un truc que tout le monde a vécu, c'est le Covid. Et finalement, tu n'as pas la possibilité de mettre à profit cette nouvelle formation finalement.
Exactement, la formation a lieu juste avant l'épisode de Covid. Et tout d'un coup, je me trouve un peu livrée à moi-même en me disant, OK, j'ai été formée, il y a le Covid. Moi, dans mon environnement professionnel, Beaucoup de choses se sont arrêtées. Et j'avais cette conviction en tant que responsable d'innovation qu'il fallait proposer, à l'époque, travailler dans le champ de la prévention, qu'il fallait proposer des actions dans le champ de la prévention pour aider nos concitoyens, les adhérents des mutuelles à traverser cette période difficile. Et donc, je me suis dit, le design thinking va nous apporter des éclairages de manière co-construite avec nos adhérents. Ming. j'ai été confrontée au fait qu'évidemment on ne pouvait pas se retrouver en présentiel et donc j'avais un peu de difficulté à me projeter dans la manière dont ces outils que j'avais vécu en présentiel, en formation, en immersion comme je disais tout à l'heure, pouvaient se réintégrer peut-être dans une animation à distance.
D'accord, et donc du coup c'est là que tu changes de casquette et que tu vas trouver l'occasion si on peut dire, à la jeune chambre économique sur de pratiquer un design sprint à distance.
Exactement. Cette année-là, en 2020, j'étais en responsabilité à la Jeune Chambre économique. J'animais le réseau des régions et les régions s'occupent, notamment la Jeune Chambre économique, du développement, du recrutement, on va dire, des nouveaux adhérents. Et donc, l'idée, c'était de se dire comment... Dans cette période où finalement il va peut-être y avoir un désengagement certain de la jeunesse, peut-être un repli sur soi parce qu'on sera peut-être plus concentré sur des questions personnelles, il y aura plus de problématiques de santé mentale, comment notre association peut innover en la matière ? Qu'est-ce qu'on peut porter comme projet ? Qu'est-ce qu'il fera le lendemain du Covid ? Et donc je me suis à nouveau rapprochée d'Emilie. pour savoir si éventuellement elle pouvait animer un design sprint avec nous en distanciel. Et donc tout ce parcours, je l'ai vécu aussi en tant que participante et ça m'a fait découvrir notamment des tableaux digitaux interactifs qui m'ont fait prendre conscience que le design thinking, on pouvait même le faire avec des gens. qui sont situés dans toute la France, même dans les territoires ultramarins. Donc des gens aussi à des milliers de kilomètres qui, tout d'un coup, peuvent participer à cet atelier d'intelligence collective. Et donc ça, ça a aussi révolutionné quelque part l'animation au sein de notre réseau et de notre organisation, puisque de manière générale, on ne peut pas tout le temps se rencontrer. Et ça a ouvert d'autres pistes de collaboration.
Oui, parce qu'en en parlant... C'était donc un moment qui n'était pas simple pour chacun, mais au niveau de la sollicitation des adhérents, comme on est dans un milieu associatif, il y a eu une expérience que tu as vécue aussi avec une double contrainte, si on peut dire, c'est-à-dire à la fois solliciter des adhérents dans une période compliquée et même une triple contrainte à distance.
Oui, alors je n'ai pas présenté ce qu'est la Jeune Chambre économique, c'est une association qui... On incube des jeunes citoyens sur leur territoire pour favoriser leur prise de responsabilité, la création de projets et d'actions à impact positif sur leur territoire. Donc là où c'était quand même un peu facilitant pour moi, il faut quand même qu'on se le dise, c'est que face à moi, j'avais des personnes globalement engagées, mais n'empêche qui étaient en responsabilité. Donc pourquoi passer plus de temps ? avec moi en faisant du design thinking plutôt que de gérer d'autres tâches au sein de l'association. C'est vrai que c'était le petit challenge de mobiliser, mais je pense qu'il y avait vraiment cette notion de curiosité, en fait faire autrement. Et à la Jeune Chambre économique, on a aussi une méthodologie qui, moi, je trouve s'intègre et s'imbrique parfaitement avec l'approche du double diamant qu'on retrouve dans le design thinking. Puisqu'on dit toujours qu'on a une phase d'enquête qui, pour moi, correspond au design thinking, à la phase d'immersion et à la phase de recueil des besoins. Et donc, on n'a pas forcément l'habitude, évidemment, même si dans cette phase d'enquête, on travaille au recueil d'éléments sous forme d'interviews, d'auditions. le fait de la Aller plus loin dans la démarche avec la construction de personnages, de cartes d'empathie, ça c'est des choses qu'on n'avait pas nécessairement l'habitude de faire. Sur la définition du besoin avec aussi ce fameux « comment pourrions-nous ? » , je trouve que ça nous aide aussi nous dans notre méthodologie d'enquête d'aboutir à une phase d'idéation et de génération d'idées qui est quand même intéressante. Et puis après, nous souvent ce qu'on a c'est le passage à l'action. Je trouve que l'approche du design thinking avec le prototypage de solutions permet finalement de nous sécuriser et d'avoir aussi des jour J, des actions qui sont encore plus impactantes sur nos territoires parce qu'on s'est mis à la place peut-être des bénéficiaires ou des cibles finales de nos actions. Et donc du coup, quand on arrive au moment où on teste notre solution, où on teste notre projet, on s'est assuré d'avoir une vision assez large. qu'on souhaitait faire et on a sécurisé un maximum d'éléments.
D'accord. Et Ed, par rapport à ce que tu dis, parce qu'il y a une forte culture de ce que je perçois à la Jeune Chambre économique, vous développez une forte culture interne, je veux dire, dans l'association. Est-ce que justement ce que tu as perçu, toi, de ces accointances entre la méthodologie design thinking que tu présentais, est-ce que tu penses que les participants l'ont mieux accepté, si on peut dire, par rapport à la culture la culture de l'assaut qu'il y avait déjà ?
Oui, j'en suis totalement convaincue parce que généralement, quand on dit à des jeunes, vous venez vous engager à la jeune chambre économique, on a une méthodologie pour la mise en œuvre de nos actions. Généralement, les phases d'enquête, alors c'est peut-être une idée re-sujettée, évidemment, ce n'est pas partout pareil, mais on a tendance à vouloir faire à ce que ça aille vite parce que ce n'est pas le plus fun et les gens viennent aussi pour être dans l'action. pour le faire. Sauf que c'est quand même la phase la plus importante parce que s'assurer que ça répond à un besoin et que la solution qu'on va apporter, elle est vraiment en phase avec les enjeux sociétaux, c'est hyper important. Et donc, amener du ludique par le design thinking, je pense que ça a montré que ces phases-là, elles pouvaient être aussi hyper intéressantes, très formatrices. Et puis, moi, j'ai amené le design thinking de mon environnement professionnel. dans le secteur associatif, mais il y a aussi des choses qu'on teste dans le secteur associatif, qu'on remène ensuite dans l'environnement professionnel. Et je pense que c'est ce qu'ont fait certains adhérents, la jeune chambre économique, en découvrant le design thinking, de se dire, ah oui, cette Ausha, elle est pas mal, et moi aussi, je peux l'emmener dans mon environnement professionnel. Donc ce jeu de vase communicant, je pense qu'il est intéressant parce qu'on est dans le concret et puis que les jeunes aujourd'hui ont besoin de donner du sens à leur engagement. On travaille déjà toute la journée, donc il faut que ce soit aussi un peu fun ce qu'on fait le soir ou le week-end à côté de son travail.
Oui, bien sûr. Et ça avait duré combien de temps en fait ce design thinking, ce design sprint à distance ? Parce qu'il y avait beaucoup de participants, comment ça s'est passé ? C'était lu sur une durée par exemple d'un jour, deux jours, ou vous vous retrouviez plusieurs fois, une fois par semaine, des choses comme ça ?
Oui, en fait, c'est plutôt sur ce deuxième cas de figure, c'est plutôt quelque chose qui s'est échelonné dans le temps. On a repris la méthode du design thinking de mémoire qu'on avait découpée. Et donc, par exemple, sur la phase... plutôt d'immersion. On avait eu une première session de travail en distance qui nous avait permis de poser un petit peu les jalons et les contours de notre sujet. Puis chacun était allé mener des entretiens de son côté, était revenu avec cette matière une dizaine de jours plus tard. Et puis ensuite, on avait continué les ateliers qui généralement étaient échelonnés d'une manière à peu près toutes les semaines ou tous les dix jours. sur des ateliers qui étaient somme toute assez courts, je crois que c'est entre une heure et demie et deux heures parce que c'est quand même pas la chose, même si ça reste ludique de le faire à distance, les sessions ne peuvent pas être forcément aussi longues ou en tout cas on avait pris le parti de se dire qu'elles ne pouvaient pas être aussi longues qu'en présentiel et puis aussi parce que tout le monde ne s'est pas arrêté de travailler pendant le Covid et donc on a fait ça aussi sur des moments où les gens étaient disponibles.
Ah oui, d'accord. Et qu'est-ce que ça a donné au final, le résultat ?
Au final, on est allé jusqu'à une phase de prototypage qui a été quand même, somme toute, assez poussée. C'est la phase qui a pris le plus de temps, sans la gérer plutôt nous-mêmes, entre guillemets, c'est-à-dire qu'on n'a plus l'accompagnement d'Emi Digital sur cette période-là. Et on a décidé d'arrêter le projet dans le cadre de la phase test, parce que quelque part... C'était trop lourd à porter et puis ça ne s'était pas inscrit potentiellement dans la durée et les orientations qui ont suivi les années suivantes. Ça a peut-être été une déception de ne pas pouvoir rendre ce projet qui avait été pensé, qui était plutôt une approche sous forme d'application numérique, pas le voir naître le jour, mais en tout cas de pouvoir l'avoir testé jusqu'à la phase de prototypage, ça a été une super aventure pour toute l'équipe qui a participé. Et donc voilà, je pense que ça a montré aussi la puissance du design thinking, de pas juste s'arrêter à la phase d'idées, mais qu'il peut se passer aussi des choses entre... entre l'idéation et puis le moment où finalement on décidera peut-être pas d'y aller quand même, mais parce qu'on a pu objectiver les raisons de l'arrêt de ce projet.
Oui, tout à fait. De toute façon, c'est jamais du temps perdu. Et vous avez engrangé de l'expérience aussi. Et probablement, comme on voit souvent, en plus dans ce contexte particulier à distance pendant le Covid, un renforcement. probablement des relations interpersonnelles sur le long cours.
Complètement, je pense que ça a permis de continuer à donner du sens à l'engagement, à un moment de la vie des uns et des autres, où finalement on aurait pu se recentrer un peu sur nous-mêmes. Nous, on avait vraiment cette crainte qui est une rupture de l'engagement des jeunes au sein de notre association. Et donc la question c'était mais comment on peut assurer une continuité quelque part de nos activités associatives parce qu'on répond à des besoins et des enjeux sociaux, sociétaux. Et donc le faire au travers du design thinking, oui je pense que ça a redonné un élan aux uns et aux autres. J'ai dit certains continuent à travailler pendant la période, d'autres au contraire étaient à cette période-là au chômage partiel, avaient eux-mêmes du mal à mobiliser leurs troupes sur les territoires. Donc ça a été vu comme une vraie bouffée d'oxygène.
Super pour ce premier exemple approfondi. Si tu veux, maintenant on va partir sur la deuxième, enfin la troisième partie en fait, en allant sur le moment où tu t'es resservi en fait de cette technique-là. sur un cas d'usage que tu veux nous partager, par exemple ? Tu m'avais parlé d'un cas à distance.
Complètement. Le design thinking, je l'ai utilisé sur les cinq étapes de la démarche. Immersion, définition du besoin, ideation, prototypage et test à plusieurs reprises dans un cadre qui soit pro ou associatif. Mais où ? au fur et à mesure du temps aussi, il y a certains outils avec lesquels je me suis sentie plus à l'aise, on va dire, et que j'ai un peu sorti de la démarche de design thinking pour pouvoir les utiliser de manière, on va dire, un peu plus sporadique et rendre la gestion de projet ou l'atteinte de certains objectifs plus ludique. Et donc, j'avais cet exemple qui m'est revenu d'un moment où je devais animer Merci. une réunion avec une quinzaine de personnes de mon entreprise visant à identifier les catégories pour un prix de l'innovation qu'on allait lancer et ouvrir à des associations, des start-up, des établissements de santé, etc. À distance ? Et donc, comment ?
C'était à distance ou en présentiel ?
Cette réunion était à distance, en effet. L'année d'avant, des catégories de prix avaient été définies, mais encore une fois, le Covid étant passé par là, on avait repoussé la mise en œuvre de ces prix. Et donc, il fallait re-challenger le contenu de ces catégories.
D'accord.
Et donc, là, l'idée, on était typiquement sur un atelier purement d'idéation, où j'ai commencé par un échauffement créatif. Là, j'ai repris une technique que j'avais appris en formation, je crois qu'il s'appelle les 30 cercles. fait dessiner aux participants 30 cercles sur une feuille blanche et puis on leur dit, sur cette base-là, vous avez deux ou trois minutes pour dessiner un maximum d'éléments reprenant la base du cercle. Et donc ça, ça a beaucoup dérouté mes collègues qui n'avaient pas forcément l'occasion de démarrer une phase d'idéation par ça. En plus, ça les a étonnés aussi parce qu'on était à distance. Mais cette idée, c'était vraiment de leur dire, l'exercice aujourd'hui, c'est de sortir du cadre. C'est un petit peu de s'ouvrir à autre chose. Et donc, vous avez peut-être l'impression qu'on s'amuse, mais en fait, là, quelque part, on prépare le contexte pour mieux travailler ensuite sur l'idéation. Et là, j'avais utilisé, plutôt que les techniques de brainstorming plus traditionnelles, j'aime beaucoup l'idéation sous contrainte. Donc là, on avait... identifier des contraintes au fur et à mesure qu'on avançait dans la phase d'idéation. Et je me rappelle que ça aussi, ça les avait un petit peu étonnés. Ils n'étaient pas habitués à cette technique d'animation. Mais n'empêche que ça nous a permis d'identifier plein de sujets qui, à mon avis, ne seraient pas sortis dans une approche plus traditionnelle et qui a permis rapidement d'arriver à un consensus, justement, par regroupement d'idées. Peut-être que certaines personnes qui étaient venues dans cet atelier avec une idée très précise des catégories avec lesquelles elles voulaient qu'on ressorte, on n'est pas forcément finalement allé vers ces sujets-là parce que la technique d'animation a permis à l'ensemble des participants de s'exprimer et par le jeu quelque part du consensus, d'arriver à quelque chose qui soit représentatif des besoins qu'avaient identifiés l'ensemble des participants.
Oui, c'est le point que tu me... dont tu me parlais quand on a préparé cet épisode, c'était le fait que le design thinking peut apparaître comme ça un petit peu des fois nébuleux, mais finalement la méthode fonctionne, et ça donne toujours un livrable qui est engageant par les participants, il y a cette tension qui se dénoue à chaque itération de design thinking.
Oui. Ce qui est un peu déroutant dans l'approche du design thinking, c'est que quand on ne connaît pas, on ne comprend pas bien où on va. On se dit « mais pourquoi je fais ça ? À quoi ça va servir ? » Et puis finalement, quand on l'a fait une première fois, on se dit « mais c'est magique ! » C'est très simple. La méthode permet d'avoir des livrables concrets, de sécuriser la démarche à chaque étape. d'avoir une approche qui est très engageante, c'est-à-dire que si on est là, on est engagé dans la démarche, en tout cas l'approche fait que si on est en train de dessiner un storyboard ou de construire un persona, on est là, on est présent avec le groupe, on participe, on contribue. Et donc, je trouve que c'est une démarche qui est en effet à la fois très engageante, très concrète et qui laisse à chacune des étapes des livrables concrets. Ce qui permet aussi, peut-être quelques mois plus tard ou quelques années plus tard, quand on se redemande pourquoi on en est arrivé là, finalement d'avoir une trace aussi. de ce qui a été défini à chacune des étapes et de se rappeler pourquoi on a fait ça et pourquoi on est là.
Oui, c'est le rôle de la facilitatrice aussi, de rassurer, si on peut dire, et puis de guider au fur et à mesure des processus. Je parle par rapport à la perception qu'on peut avoir des premiers participants. Et tu me disais aussi par rapport aux jeux de cartes, notamment de facilitation. précisément que tu en as, que Émilie a créé il y a quelques semaines, que tu en avais pris un et que ça t'avait permis justement de retrouver quelques pratiques et peut-être te donner envie aussi d'en refaire d'autres ?
Oui, je trouve que quand on fait des formations, évidemment, on en ressort, on est plein de bonne volonté, on met les choses en place et puis chemin faisant, le temps passant. Peut-être qu'il y a des pratiques qui s'érodent, qu'on oublie, qu'on ne pratique plus. Et c'est vrai, quand j'ai reçu ce kit de facilitation, déjà, je l'ai trouvé bien fait sous le format des fiches, parce que c'est assez concis, c'est très clair. On peut sélectionner en fonction des étapes de l'animation, finalement, les sujets qu'on peut porter. Et donc, ça m'a remis un petit peu en mémoire les méthodologies qui sont quand même éprouvées aujourd'hui et qu'on oublie peut-être parfois un petit peu. Donc, voilà, j'ai trouvé cet outil plutôt bien. On peut le glisser facilement dans son sac pour partir animer une réunion. Et en même temps, voilà, ça nous repositionne sur peut-être des choses que l'on sait ou qu'on a vues en formation, qu'on a apprises sur le tas, mais qui, avec le temps, voilà, ça me nuise. Et donc, c'est vrai que j'ai trouvé cet outil plutôt pertinent.
Et du coup, peut-être que tu vas t'en servir parce que tu me disais que tu avais probablement le projet prochainement. de faire un design thinking ?
Complètement. J'ai l'occasion de travailler sur le renouveau démocratique à la Jeune Chambre économique. Il y a un vrai sujet d'actualité sur lequel aussi on échange beaucoup avec le réseau. On a lancé justement un projet inter-Jeune Chambre économique locale, donc vraiment des gens qui viennent de toute la France pour faire des propositions concrètes pour que peut-être demain, on soit un petit peu un laboratoire d'innovation démocratique au sein nous-mêmes de notre association. Et puis peut-être avec cette idée de porter des actions dans le cadre des futures échéances législatives. Et je ne doute pas que le design thinking, à un moment, trouvera peut-être sa place dans la co-construction de cette démarche. En tout cas, j'aimerais beaucoup.
Super. Est-ce que, puisqu'on arrive à la fin de cet épisode déjà, Tu voudrais partager avec nous quelques mots inspirants, tu en as déjà partagé pas mal, mais des raisons qui pourraient motiver les personnes qui s'intéressent de près, puisqu'ils sont restés jusqu'au bout de l'épisode, merci à eux et à elles, pour pouvoir se former au design thinking. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire par rapport à ton expérience ? Oui, voilà, ton expérience sur le design thinking.
Je pense qu'à mon sens, on vit dans un monde où il y a de plus en plus d'inégalités, où il y a quand même, je trouve, pas mal de replis sur soi aussi. Il n'a jamais été autant nécessaire, à mon sens, de réintégrer de la mutualisation ou de la co-construction dans ce qu'on fait. Je trouve que le design thinking est un vrai outil qui permet de répondre à ces enjeux pour demain. rapprocher nos sociétés, faire corps, aller vers plus de coopération. Et donc, si on a envie de le faire de manière ludique et créative, je trouve que le design thinking, ça apporte une vraie plus-value et une vraie réponse à ces enjeux. Donc, j'ai envie de dire, si on veut agir, c'est quelque chose d'assez sécurisant sur lequel moi, j'ai pu me reposer et sur lequel j'imagine d'autres personnes pourraient se reposer.
Merci beaucoup. Très beau mot de la fin. Merci à toi, Hélène, et puis à bientôt.
À très bientôt, merci.
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Bienvenue dans le podcast du Design Social Club des alumnis d'Emi Digital. Chaque épisode du podcast du Design Social Club met en avant un membre de la communauté, qu'il s'agisse d'anciens participants, de formateurs ou d'experts. Nous abordons leur parcours, les projets qu'ils ont développés et les transformations qu'ils ont pu impulser. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du Design Society Club. J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Hélène Saint-Aubert, qui est présidente de la Jeune Chambre Économique de la RAS et qui est responsable du pôle Relations et Services aux adhérents d'une fédération de complémentaires santé. Hélène, bonjour.
Bonjour.
Bienvenue. Est-ce que tu peux te présenter par rapport à ces deux casquettes que l'on va un peu explorer avec toi pendant cet épisode ?
Oui, tout à fait. Je suis une jeune maman engagée à double titre, professionnelle, mais aussi associative. Et il y a quelques années, je travaillais en région pour une fédération de complémentaires santé. Et j'ai eu l'opportunité d'avoir un poste de responsable innovation. Et l'objectif, c'était de trouver de nouveaux champs de financement, de nouvelles actions à mettre en place pour nos territoires. Et à ce titre-là, je me suis intéressée à la manière dont on pouvait construire des projets innovants. Et c'est à cette période que j'ai découvert le design thinking, que j'ai ensuite, et on en reparlera juste après, utilisé au-delà de mon environnement professionnel, aussi dans le secteur associatif.
D'accord. Alors tu es en poste, tu es responsable Bino, et tu cherches des techniques, si on peut dire, une méthode, et tu trouves... Tu trouves le design thinking, tu trouves aussi donc Émilie pour une formation qui s'est passée en présentiel, c'est ça ?
Tout à fait. Donc, j'ai été formée pendant deux jours en présentiel à Lille avec un groupe d'une dizaine de personnes. Et on est vraiment rentré en immersion totale en fait, puisqu'on a vécu un parcours de design thinking pendant ces deux jours de formation.
donc en fait tu tu Tu fais cette formation et puis il se passe un truc que tout le monde a vécu, c'est le Covid. Et finalement, tu n'as pas la possibilité de mettre à profit cette nouvelle formation finalement.
Exactement, la formation a lieu juste avant l'épisode de Covid. Et tout d'un coup, je me trouve un peu livrée à moi-même en me disant, OK, j'ai été formée, il y a le Covid. Moi, dans mon environnement professionnel, Beaucoup de choses se sont arrêtées. Et j'avais cette conviction en tant que responsable d'innovation qu'il fallait proposer, à l'époque, travailler dans le champ de la prévention, qu'il fallait proposer des actions dans le champ de la prévention pour aider nos concitoyens, les adhérents des mutuelles à traverser cette période difficile. Et donc, je me suis dit, le design thinking va nous apporter des éclairages de manière co-construite avec nos adhérents. Ming. j'ai été confrontée au fait qu'évidemment on ne pouvait pas se retrouver en présentiel et donc j'avais un peu de difficulté à me projeter dans la manière dont ces outils que j'avais vécu en présentiel, en formation, en immersion comme je disais tout à l'heure, pouvaient se réintégrer peut-être dans une animation à distance.
D'accord, et donc du coup c'est là que tu changes de casquette et que tu vas trouver l'occasion si on peut dire, à la jeune chambre économique sur de pratiquer un design sprint à distance.
Exactement. Cette année-là, en 2020, j'étais en responsabilité à la Jeune Chambre économique. J'animais le réseau des régions et les régions s'occupent, notamment la Jeune Chambre économique, du développement, du recrutement, on va dire, des nouveaux adhérents. Et donc, l'idée, c'était de se dire comment... Dans cette période où finalement il va peut-être y avoir un désengagement certain de la jeunesse, peut-être un repli sur soi parce qu'on sera peut-être plus concentré sur des questions personnelles, il y aura plus de problématiques de santé mentale, comment notre association peut innover en la matière ? Qu'est-ce qu'on peut porter comme projet ? Qu'est-ce qu'il fera le lendemain du Covid ? Et donc je me suis à nouveau rapprochée d'Emilie. pour savoir si éventuellement elle pouvait animer un design sprint avec nous en distanciel. Et donc tout ce parcours, je l'ai vécu aussi en tant que participante et ça m'a fait découvrir notamment des tableaux digitaux interactifs qui m'ont fait prendre conscience que le design thinking, on pouvait même le faire avec des gens. qui sont situés dans toute la France, même dans les territoires ultramarins. Donc des gens aussi à des milliers de kilomètres qui, tout d'un coup, peuvent participer à cet atelier d'intelligence collective. Et donc ça, ça a aussi révolutionné quelque part l'animation au sein de notre réseau et de notre organisation, puisque de manière générale, on ne peut pas tout le temps se rencontrer. Et ça a ouvert d'autres pistes de collaboration.
Oui, parce qu'en en parlant... C'était donc un moment qui n'était pas simple pour chacun, mais au niveau de la sollicitation des adhérents, comme on est dans un milieu associatif, il y a eu une expérience que tu as vécue aussi avec une double contrainte, si on peut dire, c'est-à-dire à la fois solliciter des adhérents dans une période compliquée et même une triple contrainte à distance.
Oui, alors je n'ai pas présenté ce qu'est la Jeune Chambre économique, c'est une association qui... On incube des jeunes citoyens sur leur territoire pour favoriser leur prise de responsabilité, la création de projets et d'actions à impact positif sur leur territoire. Donc là où c'était quand même un peu facilitant pour moi, il faut quand même qu'on se le dise, c'est que face à moi, j'avais des personnes globalement engagées, mais n'empêche qui étaient en responsabilité. Donc pourquoi passer plus de temps ? avec moi en faisant du design thinking plutôt que de gérer d'autres tâches au sein de l'association. C'est vrai que c'était le petit challenge de mobiliser, mais je pense qu'il y avait vraiment cette notion de curiosité, en fait faire autrement. Et à la Jeune Chambre économique, on a aussi une méthodologie qui, moi, je trouve s'intègre et s'imbrique parfaitement avec l'approche du double diamant qu'on retrouve dans le design thinking. Puisqu'on dit toujours qu'on a une phase d'enquête qui, pour moi, correspond au design thinking, à la phase d'immersion et à la phase de recueil des besoins. Et donc, on n'a pas forcément l'habitude, évidemment, même si dans cette phase d'enquête, on travaille au recueil d'éléments sous forme d'interviews, d'auditions. le fait de la Aller plus loin dans la démarche avec la construction de personnages, de cartes d'empathie, ça c'est des choses qu'on n'avait pas nécessairement l'habitude de faire. Sur la définition du besoin avec aussi ce fameux « comment pourrions-nous ? » , je trouve que ça nous aide aussi nous dans notre méthodologie d'enquête d'aboutir à une phase d'idéation et de génération d'idées qui est quand même intéressante. Et puis après, nous souvent ce qu'on a c'est le passage à l'action. Je trouve que l'approche du design thinking avec le prototypage de solutions permet finalement de nous sécuriser et d'avoir aussi des jour J, des actions qui sont encore plus impactantes sur nos territoires parce qu'on s'est mis à la place peut-être des bénéficiaires ou des cibles finales de nos actions. Et donc du coup, quand on arrive au moment où on teste notre solution, où on teste notre projet, on s'est assuré d'avoir une vision assez large. qu'on souhaitait faire et on a sécurisé un maximum d'éléments.
D'accord. Et Ed, par rapport à ce que tu dis, parce qu'il y a une forte culture de ce que je perçois à la Jeune Chambre économique, vous développez une forte culture interne, je veux dire, dans l'association. Est-ce que justement ce que tu as perçu, toi, de ces accointances entre la méthodologie design thinking que tu présentais, est-ce que tu penses que les participants l'ont mieux accepté, si on peut dire, par rapport à la culture la culture de l'assaut qu'il y avait déjà ?
Oui, j'en suis totalement convaincue parce que généralement, quand on dit à des jeunes, vous venez vous engager à la jeune chambre économique, on a une méthodologie pour la mise en œuvre de nos actions. Généralement, les phases d'enquête, alors c'est peut-être une idée re-sujettée, évidemment, ce n'est pas partout pareil, mais on a tendance à vouloir faire à ce que ça aille vite parce que ce n'est pas le plus fun et les gens viennent aussi pour être dans l'action. pour le faire. Sauf que c'est quand même la phase la plus importante parce que s'assurer que ça répond à un besoin et que la solution qu'on va apporter, elle est vraiment en phase avec les enjeux sociétaux, c'est hyper important. Et donc, amener du ludique par le design thinking, je pense que ça a montré que ces phases-là, elles pouvaient être aussi hyper intéressantes, très formatrices. Et puis, moi, j'ai amené le design thinking de mon environnement professionnel. dans le secteur associatif, mais il y a aussi des choses qu'on teste dans le secteur associatif, qu'on remène ensuite dans l'environnement professionnel. Et je pense que c'est ce qu'ont fait certains adhérents, la jeune chambre économique, en découvrant le design thinking, de se dire, ah oui, cette Ausha, elle est pas mal, et moi aussi, je peux l'emmener dans mon environnement professionnel. Donc ce jeu de vase communicant, je pense qu'il est intéressant parce qu'on est dans le concret et puis que les jeunes aujourd'hui ont besoin de donner du sens à leur engagement. On travaille déjà toute la journée, donc il faut que ce soit aussi un peu fun ce qu'on fait le soir ou le week-end à côté de son travail.
Oui, bien sûr. Et ça avait duré combien de temps en fait ce design thinking, ce design sprint à distance ? Parce qu'il y avait beaucoup de participants, comment ça s'est passé ? C'était lu sur une durée par exemple d'un jour, deux jours, ou vous vous retrouviez plusieurs fois, une fois par semaine, des choses comme ça ?
Oui, en fait, c'est plutôt sur ce deuxième cas de figure, c'est plutôt quelque chose qui s'est échelonné dans le temps. On a repris la méthode du design thinking de mémoire qu'on avait découpée. Et donc, par exemple, sur la phase... plutôt d'immersion. On avait eu une première session de travail en distance qui nous avait permis de poser un petit peu les jalons et les contours de notre sujet. Puis chacun était allé mener des entretiens de son côté, était revenu avec cette matière une dizaine de jours plus tard. Et puis ensuite, on avait continué les ateliers qui généralement étaient échelonnés d'une manière à peu près toutes les semaines ou tous les dix jours. sur des ateliers qui étaient somme toute assez courts, je crois que c'est entre une heure et demie et deux heures parce que c'est quand même pas la chose, même si ça reste ludique de le faire à distance, les sessions ne peuvent pas être forcément aussi longues ou en tout cas on avait pris le parti de se dire qu'elles ne pouvaient pas être aussi longues qu'en présentiel et puis aussi parce que tout le monde ne s'est pas arrêté de travailler pendant le Covid et donc on a fait ça aussi sur des moments où les gens étaient disponibles.
Ah oui, d'accord. Et qu'est-ce que ça a donné au final, le résultat ?
Au final, on est allé jusqu'à une phase de prototypage qui a été quand même, somme toute, assez poussée. C'est la phase qui a pris le plus de temps, sans la gérer plutôt nous-mêmes, entre guillemets, c'est-à-dire qu'on n'a plus l'accompagnement d'Emi Digital sur cette période-là. Et on a décidé d'arrêter le projet dans le cadre de la phase test, parce que quelque part... C'était trop lourd à porter et puis ça ne s'était pas inscrit potentiellement dans la durée et les orientations qui ont suivi les années suivantes. Ça a peut-être été une déception de ne pas pouvoir rendre ce projet qui avait été pensé, qui était plutôt une approche sous forme d'application numérique, pas le voir naître le jour, mais en tout cas de pouvoir l'avoir testé jusqu'à la phase de prototypage, ça a été une super aventure pour toute l'équipe qui a participé. Et donc voilà, je pense que ça a montré aussi la puissance du design thinking, de pas juste s'arrêter à la phase d'idées, mais qu'il peut se passer aussi des choses entre... entre l'idéation et puis le moment où finalement on décidera peut-être pas d'y aller quand même, mais parce qu'on a pu objectiver les raisons de l'arrêt de ce projet.
Oui, tout à fait. De toute façon, c'est jamais du temps perdu. Et vous avez engrangé de l'expérience aussi. Et probablement, comme on voit souvent, en plus dans ce contexte particulier à distance pendant le Covid, un renforcement. probablement des relations interpersonnelles sur le long cours.
Complètement, je pense que ça a permis de continuer à donner du sens à l'engagement, à un moment de la vie des uns et des autres, où finalement on aurait pu se recentrer un peu sur nous-mêmes. Nous, on avait vraiment cette crainte qui est une rupture de l'engagement des jeunes au sein de notre association. Et donc la question c'était mais comment on peut assurer une continuité quelque part de nos activités associatives parce qu'on répond à des besoins et des enjeux sociaux, sociétaux. Et donc le faire au travers du design thinking, oui je pense que ça a redonné un élan aux uns et aux autres. J'ai dit certains continuent à travailler pendant la période, d'autres au contraire étaient à cette période-là au chômage partiel, avaient eux-mêmes du mal à mobiliser leurs troupes sur les territoires. Donc ça a été vu comme une vraie bouffée d'oxygène.
Super pour ce premier exemple approfondi. Si tu veux, maintenant on va partir sur la deuxième, enfin la troisième partie en fait, en allant sur le moment où tu t'es resservi en fait de cette technique-là. sur un cas d'usage que tu veux nous partager, par exemple ? Tu m'avais parlé d'un cas à distance.
Complètement. Le design thinking, je l'ai utilisé sur les cinq étapes de la démarche. Immersion, définition du besoin, ideation, prototypage et test à plusieurs reprises dans un cadre qui soit pro ou associatif. Mais où ? au fur et à mesure du temps aussi, il y a certains outils avec lesquels je me suis sentie plus à l'aise, on va dire, et que j'ai un peu sorti de la démarche de design thinking pour pouvoir les utiliser de manière, on va dire, un peu plus sporadique et rendre la gestion de projet ou l'atteinte de certains objectifs plus ludique. Et donc, j'avais cet exemple qui m'est revenu d'un moment où je devais animer Merci. une réunion avec une quinzaine de personnes de mon entreprise visant à identifier les catégories pour un prix de l'innovation qu'on allait lancer et ouvrir à des associations, des start-up, des établissements de santé, etc. À distance ? Et donc, comment ?
C'était à distance ou en présentiel ?
Cette réunion était à distance, en effet. L'année d'avant, des catégories de prix avaient été définies, mais encore une fois, le Covid étant passé par là, on avait repoussé la mise en œuvre de ces prix. Et donc, il fallait re-challenger le contenu de ces catégories.
D'accord.
Et donc, là, l'idée, on était typiquement sur un atelier purement d'idéation, où j'ai commencé par un échauffement créatif. Là, j'ai repris une technique que j'avais appris en formation, je crois qu'il s'appelle les 30 cercles. fait dessiner aux participants 30 cercles sur une feuille blanche et puis on leur dit, sur cette base-là, vous avez deux ou trois minutes pour dessiner un maximum d'éléments reprenant la base du cercle. Et donc ça, ça a beaucoup dérouté mes collègues qui n'avaient pas forcément l'occasion de démarrer une phase d'idéation par ça. En plus, ça les a étonnés aussi parce qu'on était à distance. Mais cette idée, c'était vraiment de leur dire, l'exercice aujourd'hui, c'est de sortir du cadre. C'est un petit peu de s'ouvrir à autre chose. Et donc, vous avez peut-être l'impression qu'on s'amuse, mais en fait, là, quelque part, on prépare le contexte pour mieux travailler ensuite sur l'idéation. Et là, j'avais utilisé, plutôt que les techniques de brainstorming plus traditionnelles, j'aime beaucoup l'idéation sous contrainte. Donc là, on avait... identifier des contraintes au fur et à mesure qu'on avançait dans la phase d'idéation. Et je me rappelle que ça aussi, ça les avait un petit peu étonnés. Ils n'étaient pas habitués à cette technique d'animation. Mais n'empêche que ça nous a permis d'identifier plein de sujets qui, à mon avis, ne seraient pas sortis dans une approche plus traditionnelle et qui a permis rapidement d'arriver à un consensus, justement, par regroupement d'idées. Peut-être que certaines personnes qui étaient venues dans cet atelier avec une idée très précise des catégories avec lesquelles elles voulaient qu'on ressorte, on n'est pas forcément finalement allé vers ces sujets-là parce que la technique d'animation a permis à l'ensemble des participants de s'exprimer et par le jeu quelque part du consensus, d'arriver à quelque chose qui soit représentatif des besoins qu'avaient identifiés l'ensemble des participants.
Oui, c'est le point que tu me... dont tu me parlais quand on a préparé cet épisode, c'était le fait que le design thinking peut apparaître comme ça un petit peu des fois nébuleux, mais finalement la méthode fonctionne, et ça donne toujours un livrable qui est engageant par les participants, il y a cette tension qui se dénoue à chaque itération de design thinking.
Oui. Ce qui est un peu déroutant dans l'approche du design thinking, c'est que quand on ne connaît pas, on ne comprend pas bien où on va. On se dit « mais pourquoi je fais ça ? À quoi ça va servir ? » Et puis finalement, quand on l'a fait une première fois, on se dit « mais c'est magique ! » C'est très simple. La méthode permet d'avoir des livrables concrets, de sécuriser la démarche à chaque étape. d'avoir une approche qui est très engageante, c'est-à-dire que si on est là, on est engagé dans la démarche, en tout cas l'approche fait que si on est en train de dessiner un storyboard ou de construire un persona, on est là, on est présent avec le groupe, on participe, on contribue. Et donc, je trouve que c'est une démarche qui est en effet à la fois très engageante, très concrète et qui laisse à chacune des étapes des livrables concrets. Ce qui permet aussi, peut-être quelques mois plus tard ou quelques années plus tard, quand on se redemande pourquoi on en est arrivé là, finalement d'avoir une trace aussi. de ce qui a été défini à chacune des étapes et de se rappeler pourquoi on a fait ça et pourquoi on est là.
Oui, c'est le rôle de la facilitatrice aussi, de rassurer, si on peut dire, et puis de guider au fur et à mesure des processus. Je parle par rapport à la perception qu'on peut avoir des premiers participants. Et tu me disais aussi par rapport aux jeux de cartes, notamment de facilitation. précisément que tu en as, que Émilie a créé il y a quelques semaines, que tu en avais pris un et que ça t'avait permis justement de retrouver quelques pratiques et peut-être te donner envie aussi d'en refaire d'autres ?
Oui, je trouve que quand on fait des formations, évidemment, on en ressort, on est plein de bonne volonté, on met les choses en place et puis chemin faisant, le temps passant. Peut-être qu'il y a des pratiques qui s'érodent, qu'on oublie, qu'on ne pratique plus. Et c'est vrai, quand j'ai reçu ce kit de facilitation, déjà, je l'ai trouvé bien fait sous le format des fiches, parce que c'est assez concis, c'est très clair. On peut sélectionner en fonction des étapes de l'animation, finalement, les sujets qu'on peut porter. Et donc, ça m'a remis un petit peu en mémoire les méthodologies qui sont quand même éprouvées aujourd'hui et qu'on oublie peut-être parfois un petit peu. Donc, voilà, j'ai trouvé cet outil plutôt bien. On peut le glisser facilement dans son sac pour partir animer une réunion. Et en même temps, voilà, ça nous repositionne sur peut-être des choses que l'on sait ou qu'on a vues en formation, qu'on a apprises sur le tas, mais qui, avec le temps, voilà, ça me nuise. Et donc, c'est vrai que j'ai trouvé cet outil plutôt pertinent.
Et du coup, peut-être que tu vas t'en servir parce que tu me disais que tu avais probablement le projet prochainement. de faire un design thinking ?
Complètement. J'ai l'occasion de travailler sur le renouveau démocratique à la Jeune Chambre économique. Il y a un vrai sujet d'actualité sur lequel aussi on échange beaucoup avec le réseau. On a lancé justement un projet inter-Jeune Chambre économique locale, donc vraiment des gens qui viennent de toute la France pour faire des propositions concrètes pour que peut-être demain, on soit un petit peu un laboratoire d'innovation démocratique au sein nous-mêmes de notre association. Et puis peut-être avec cette idée de porter des actions dans le cadre des futures échéances législatives. Et je ne doute pas que le design thinking, à un moment, trouvera peut-être sa place dans la co-construction de cette démarche. En tout cas, j'aimerais beaucoup.
Super. Est-ce que, puisqu'on arrive à la fin de cet épisode déjà, Tu voudrais partager avec nous quelques mots inspirants, tu en as déjà partagé pas mal, mais des raisons qui pourraient motiver les personnes qui s'intéressent de près, puisqu'ils sont restés jusqu'au bout de l'épisode, merci à eux et à elles, pour pouvoir se former au design thinking. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire par rapport à ton expérience ? Oui, voilà, ton expérience sur le design thinking.
Je pense qu'à mon sens, on vit dans un monde où il y a de plus en plus d'inégalités, où il y a quand même, je trouve, pas mal de replis sur soi aussi. Il n'a jamais été autant nécessaire, à mon sens, de réintégrer de la mutualisation ou de la co-construction dans ce qu'on fait. Je trouve que le design thinking est un vrai outil qui permet de répondre à ces enjeux pour demain. rapprocher nos sociétés, faire corps, aller vers plus de coopération. Et donc, si on a envie de le faire de manière ludique et créative, je trouve que le design thinking, ça apporte une vraie plus-value et une vraie réponse à ces enjeux. Donc, j'ai envie de dire, si on veut agir, c'est quelque chose d'assez sécurisant sur lequel moi, j'ai pu me reposer et sur lequel j'imagine d'autres personnes pourraient se reposer.
Merci beaucoup. Très beau mot de la fin. Merci à toi, Hélène, et puis à bientôt.
À très bientôt, merci.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans le podcast du Design Social Club des alumnis d'Emi Digital. Chaque épisode du podcast du Design Social Club met en avant un membre de la communauté, qu'il s'agisse d'anciens participants, de formateurs ou d'experts. Nous abordons leur parcours, les projets qu'ils ont développés et les transformations qu'ils ont pu impulser. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du Design Society Club. J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Hélène Saint-Aubert, qui est présidente de la Jeune Chambre Économique de la RAS et qui est responsable du pôle Relations et Services aux adhérents d'une fédération de complémentaires santé. Hélène, bonjour.
Bonjour.
Bienvenue. Est-ce que tu peux te présenter par rapport à ces deux casquettes que l'on va un peu explorer avec toi pendant cet épisode ?
Oui, tout à fait. Je suis une jeune maman engagée à double titre, professionnelle, mais aussi associative. Et il y a quelques années, je travaillais en région pour une fédération de complémentaires santé. Et j'ai eu l'opportunité d'avoir un poste de responsable innovation. Et l'objectif, c'était de trouver de nouveaux champs de financement, de nouvelles actions à mettre en place pour nos territoires. Et à ce titre-là, je me suis intéressée à la manière dont on pouvait construire des projets innovants. Et c'est à cette période que j'ai découvert le design thinking, que j'ai ensuite, et on en reparlera juste après, utilisé au-delà de mon environnement professionnel, aussi dans le secteur associatif.
D'accord. Alors tu es en poste, tu es responsable Bino, et tu cherches des techniques, si on peut dire, une méthode, et tu trouves... Tu trouves le design thinking, tu trouves aussi donc Émilie pour une formation qui s'est passée en présentiel, c'est ça ?
Tout à fait. Donc, j'ai été formée pendant deux jours en présentiel à Lille avec un groupe d'une dizaine de personnes. Et on est vraiment rentré en immersion totale en fait, puisqu'on a vécu un parcours de design thinking pendant ces deux jours de formation.
donc en fait tu tu Tu fais cette formation et puis il se passe un truc que tout le monde a vécu, c'est le Covid. Et finalement, tu n'as pas la possibilité de mettre à profit cette nouvelle formation finalement.
Exactement, la formation a lieu juste avant l'épisode de Covid. Et tout d'un coup, je me trouve un peu livrée à moi-même en me disant, OK, j'ai été formée, il y a le Covid. Moi, dans mon environnement professionnel, Beaucoup de choses se sont arrêtées. Et j'avais cette conviction en tant que responsable d'innovation qu'il fallait proposer, à l'époque, travailler dans le champ de la prévention, qu'il fallait proposer des actions dans le champ de la prévention pour aider nos concitoyens, les adhérents des mutuelles à traverser cette période difficile. Et donc, je me suis dit, le design thinking va nous apporter des éclairages de manière co-construite avec nos adhérents. Ming. j'ai été confrontée au fait qu'évidemment on ne pouvait pas se retrouver en présentiel et donc j'avais un peu de difficulté à me projeter dans la manière dont ces outils que j'avais vécu en présentiel, en formation, en immersion comme je disais tout à l'heure, pouvaient se réintégrer peut-être dans une animation à distance.
D'accord, et donc du coup c'est là que tu changes de casquette et que tu vas trouver l'occasion si on peut dire, à la jeune chambre économique sur de pratiquer un design sprint à distance.
Exactement. Cette année-là, en 2020, j'étais en responsabilité à la Jeune Chambre économique. J'animais le réseau des régions et les régions s'occupent, notamment la Jeune Chambre économique, du développement, du recrutement, on va dire, des nouveaux adhérents. Et donc, l'idée, c'était de se dire comment... Dans cette période où finalement il va peut-être y avoir un désengagement certain de la jeunesse, peut-être un repli sur soi parce qu'on sera peut-être plus concentré sur des questions personnelles, il y aura plus de problématiques de santé mentale, comment notre association peut innover en la matière ? Qu'est-ce qu'on peut porter comme projet ? Qu'est-ce qu'il fera le lendemain du Covid ? Et donc je me suis à nouveau rapprochée d'Emilie. pour savoir si éventuellement elle pouvait animer un design sprint avec nous en distanciel. Et donc tout ce parcours, je l'ai vécu aussi en tant que participante et ça m'a fait découvrir notamment des tableaux digitaux interactifs qui m'ont fait prendre conscience que le design thinking, on pouvait même le faire avec des gens. qui sont situés dans toute la France, même dans les territoires ultramarins. Donc des gens aussi à des milliers de kilomètres qui, tout d'un coup, peuvent participer à cet atelier d'intelligence collective. Et donc ça, ça a aussi révolutionné quelque part l'animation au sein de notre réseau et de notre organisation, puisque de manière générale, on ne peut pas tout le temps se rencontrer. Et ça a ouvert d'autres pistes de collaboration.
Oui, parce qu'en en parlant... C'était donc un moment qui n'était pas simple pour chacun, mais au niveau de la sollicitation des adhérents, comme on est dans un milieu associatif, il y a eu une expérience que tu as vécue aussi avec une double contrainte, si on peut dire, c'est-à-dire à la fois solliciter des adhérents dans une période compliquée et même une triple contrainte à distance.
Oui, alors je n'ai pas présenté ce qu'est la Jeune Chambre économique, c'est une association qui... On incube des jeunes citoyens sur leur territoire pour favoriser leur prise de responsabilité, la création de projets et d'actions à impact positif sur leur territoire. Donc là où c'était quand même un peu facilitant pour moi, il faut quand même qu'on se le dise, c'est que face à moi, j'avais des personnes globalement engagées, mais n'empêche qui étaient en responsabilité. Donc pourquoi passer plus de temps ? avec moi en faisant du design thinking plutôt que de gérer d'autres tâches au sein de l'association. C'est vrai que c'était le petit challenge de mobiliser, mais je pense qu'il y avait vraiment cette notion de curiosité, en fait faire autrement. Et à la Jeune Chambre économique, on a aussi une méthodologie qui, moi, je trouve s'intègre et s'imbrique parfaitement avec l'approche du double diamant qu'on retrouve dans le design thinking. Puisqu'on dit toujours qu'on a une phase d'enquête qui, pour moi, correspond au design thinking, à la phase d'immersion et à la phase de recueil des besoins. Et donc, on n'a pas forcément l'habitude, évidemment, même si dans cette phase d'enquête, on travaille au recueil d'éléments sous forme d'interviews, d'auditions. le fait de la Aller plus loin dans la démarche avec la construction de personnages, de cartes d'empathie, ça c'est des choses qu'on n'avait pas nécessairement l'habitude de faire. Sur la définition du besoin avec aussi ce fameux « comment pourrions-nous ? » , je trouve que ça nous aide aussi nous dans notre méthodologie d'enquête d'aboutir à une phase d'idéation et de génération d'idées qui est quand même intéressante. Et puis après, nous souvent ce qu'on a c'est le passage à l'action. Je trouve que l'approche du design thinking avec le prototypage de solutions permet finalement de nous sécuriser et d'avoir aussi des jour J, des actions qui sont encore plus impactantes sur nos territoires parce qu'on s'est mis à la place peut-être des bénéficiaires ou des cibles finales de nos actions. Et donc du coup, quand on arrive au moment où on teste notre solution, où on teste notre projet, on s'est assuré d'avoir une vision assez large. qu'on souhaitait faire et on a sécurisé un maximum d'éléments.
D'accord. Et Ed, par rapport à ce que tu dis, parce qu'il y a une forte culture de ce que je perçois à la Jeune Chambre économique, vous développez une forte culture interne, je veux dire, dans l'association. Est-ce que justement ce que tu as perçu, toi, de ces accointances entre la méthodologie design thinking que tu présentais, est-ce que tu penses que les participants l'ont mieux accepté, si on peut dire, par rapport à la culture la culture de l'assaut qu'il y avait déjà ?
Oui, j'en suis totalement convaincue parce que généralement, quand on dit à des jeunes, vous venez vous engager à la jeune chambre économique, on a une méthodologie pour la mise en œuvre de nos actions. Généralement, les phases d'enquête, alors c'est peut-être une idée re-sujettée, évidemment, ce n'est pas partout pareil, mais on a tendance à vouloir faire à ce que ça aille vite parce que ce n'est pas le plus fun et les gens viennent aussi pour être dans l'action. pour le faire. Sauf que c'est quand même la phase la plus importante parce que s'assurer que ça répond à un besoin et que la solution qu'on va apporter, elle est vraiment en phase avec les enjeux sociétaux, c'est hyper important. Et donc, amener du ludique par le design thinking, je pense que ça a montré que ces phases-là, elles pouvaient être aussi hyper intéressantes, très formatrices. Et puis, moi, j'ai amené le design thinking de mon environnement professionnel. dans le secteur associatif, mais il y a aussi des choses qu'on teste dans le secteur associatif, qu'on remène ensuite dans l'environnement professionnel. Et je pense que c'est ce qu'ont fait certains adhérents, la jeune chambre économique, en découvrant le design thinking, de se dire, ah oui, cette Ausha, elle est pas mal, et moi aussi, je peux l'emmener dans mon environnement professionnel. Donc ce jeu de vase communicant, je pense qu'il est intéressant parce qu'on est dans le concret et puis que les jeunes aujourd'hui ont besoin de donner du sens à leur engagement. On travaille déjà toute la journée, donc il faut que ce soit aussi un peu fun ce qu'on fait le soir ou le week-end à côté de son travail.
Oui, bien sûr. Et ça avait duré combien de temps en fait ce design thinking, ce design sprint à distance ? Parce qu'il y avait beaucoup de participants, comment ça s'est passé ? C'était lu sur une durée par exemple d'un jour, deux jours, ou vous vous retrouviez plusieurs fois, une fois par semaine, des choses comme ça ?
Oui, en fait, c'est plutôt sur ce deuxième cas de figure, c'est plutôt quelque chose qui s'est échelonné dans le temps. On a repris la méthode du design thinking de mémoire qu'on avait découpée. Et donc, par exemple, sur la phase... plutôt d'immersion. On avait eu une première session de travail en distance qui nous avait permis de poser un petit peu les jalons et les contours de notre sujet. Puis chacun était allé mener des entretiens de son côté, était revenu avec cette matière une dizaine de jours plus tard. Et puis ensuite, on avait continué les ateliers qui généralement étaient échelonnés d'une manière à peu près toutes les semaines ou tous les dix jours. sur des ateliers qui étaient somme toute assez courts, je crois que c'est entre une heure et demie et deux heures parce que c'est quand même pas la chose, même si ça reste ludique de le faire à distance, les sessions ne peuvent pas être forcément aussi longues ou en tout cas on avait pris le parti de se dire qu'elles ne pouvaient pas être aussi longues qu'en présentiel et puis aussi parce que tout le monde ne s'est pas arrêté de travailler pendant le Covid et donc on a fait ça aussi sur des moments où les gens étaient disponibles.
Ah oui, d'accord. Et qu'est-ce que ça a donné au final, le résultat ?
Au final, on est allé jusqu'à une phase de prototypage qui a été quand même, somme toute, assez poussée. C'est la phase qui a pris le plus de temps, sans la gérer plutôt nous-mêmes, entre guillemets, c'est-à-dire qu'on n'a plus l'accompagnement d'Emi Digital sur cette période-là. Et on a décidé d'arrêter le projet dans le cadre de la phase test, parce que quelque part... C'était trop lourd à porter et puis ça ne s'était pas inscrit potentiellement dans la durée et les orientations qui ont suivi les années suivantes. Ça a peut-être été une déception de ne pas pouvoir rendre ce projet qui avait été pensé, qui était plutôt une approche sous forme d'application numérique, pas le voir naître le jour, mais en tout cas de pouvoir l'avoir testé jusqu'à la phase de prototypage, ça a été une super aventure pour toute l'équipe qui a participé. Et donc voilà, je pense que ça a montré aussi la puissance du design thinking, de pas juste s'arrêter à la phase d'idées, mais qu'il peut se passer aussi des choses entre... entre l'idéation et puis le moment où finalement on décidera peut-être pas d'y aller quand même, mais parce qu'on a pu objectiver les raisons de l'arrêt de ce projet.
Oui, tout à fait. De toute façon, c'est jamais du temps perdu. Et vous avez engrangé de l'expérience aussi. Et probablement, comme on voit souvent, en plus dans ce contexte particulier à distance pendant le Covid, un renforcement. probablement des relations interpersonnelles sur le long cours.
Complètement, je pense que ça a permis de continuer à donner du sens à l'engagement, à un moment de la vie des uns et des autres, où finalement on aurait pu se recentrer un peu sur nous-mêmes. Nous, on avait vraiment cette crainte qui est une rupture de l'engagement des jeunes au sein de notre association. Et donc la question c'était mais comment on peut assurer une continuité quelque part de nos activités associatives parce qu'on répond à des besoins et des enjeux sociaux, sociétaux. Et donc le faire au travers du design thinking, oui je pense que ça a redonné un élan aux uns et aux autres. J'ai dit certains continuent à travailler pendant la période, d'autres au contraire étaient à cette période-là au chômage partiel, avaient eux-mêmes du mal à mobiliser leurs troupes sur les territoires. Donc ça a été vu comme une vraie bouffée d'oxygène.
Super pour ce premier exemple approfondi. Si tu veux, maintenant on va partir sur la deuxième, enfin la troisième partie en fait, en allant sur le moment où tu t'es resservi en fait de cette technique-là. sur un cas d'usage que tu veux nous partager, par exemple ? Tu m'avais parlé d'un cas à distance.
Complètement. Le design thinking, je l'ai utilisé sur les cinq étapes de la démarche. Immersion, définition du besoin, ideation, prototypage et test à plusieurs reprises dans un cadre qui soit pro ou associatif. Mais où ? au fur et à mesure du temps aussi, il y a certains outils avec lesquels je me suis sentie plus à l'aise, on va dire, et que j'ai un peu sorti de la démarche de design thinking pour pouvoir les utiliser de manière, on va dire, un peu plus sporadique et rendre la gestion de projet ou l'atteinte de certains objectifs plus ludique. Et donc, j'avais cet exemple qui m'est revenu d'un moment où je devais animer Merci. une réunion avec une quinzaine de personnes de mon entreprise visant à identifier les catégories pour un prix de l'innovation qu'on allait lancer et ouvrir à des associations, des start-up, des établissements de santé, etc. À distance ? Et donc, comment ?
C'était à distance ou en présentiel ?
Cette réunion était à distance, en effet. L'année d'avant, des catégories de prix avaient été définies, mais encore une fois, le Covid étant passé par là, on avait repoussé la mise en œuvre de ces prix. Et donc, il fallait re-challenger le contenu de ces catégories.
D'accord.
Et donc, là, l'idée, on était typiquement sur un atelier purement d'idéation, où j'ai commencé par un échauffement créatif. Là, j'ai repris une technique que j'avais appris en formation, je crois qu'il s'appelle les 30 cercles. fait dessiner aux participants 30 cercles sur une feuille blanche et puis on leur dit, sur cette base-là, vous avez deux ou trois minutes pour dessiner un maximum d'éléments reprenant la base du cercle. Et donc ça, ça a beaucoup dérouté mes collègues qui n'avaient pas forcément l'occasion de démarrer une phase d'idéation par ça. En plus, ça les a étonnés aussi parce qu'on était à distance. Mais cette idée, c'était vraiment de leur dire, l'exercice aujourd'hui, c'est de sortir du cadre. C'est un petit peu de s'ouvrir à autre chose. Et donc, vous avez peut-être l'impression qu'on s'amuse, mais en fait, là, quelque part, on prépare le contexte pour mieux travailler ensuite sur l'idéation. Et là, j'avais utilisé, plutôt que les techniques de brainstorming plus traditionnelles, j'aime beaucoup l'idéation sous contrainte. Donc là, on avait... identifier des contraintes au fur et à mesure qu'on avançait dans la phase d'idéation. Et je me rappelle que ça aussi, ça les avait un petit peu étonnés. Ils n'étaient pas habitués à cette technique d'animation. Mais n'empêche que ça nous a permis d'identifier plein de sujets qui, à mon avis, ne seraient pas sortis dans une approche plus traditionnelle et qui a permis rapidement d'arriver à un consensus, justement, par regroupement d'idées. Peut-être que certaines personnes qui étaient venues dans cet atelier avec une idée très précise des catégories avec lesquelles elles voulaient qu'on ressorte, on n'est pas forcément finalement allé vers ces sujets-là parce que la technique d'animation a permis à l'ensemble des participants de s'exprimer et par le jeu quelque part du consensus, d'arriver à quelque chose qui soit représentatif des besoins qu'avaient identifiés l'ensemble des participants.
Oui, c'est le point que tu me... dont tu me parlais quand on a préparé cet épisode, c'était le fait que le design thinking peut apparaître comme ça un petit peu des fois nébuleux, mais finalement la méthode fonctionne, et ça donne toujours un livrable qui est engageant par les participants, il y a cette tension qui se dénoue à chaque itération de design thinking.
Oui. Ce qui est un peu déroutant dans l'approche du design thinking, c'est que quand on ne connaît pas, on ne comprend pas bien où on va. On se dit « mais pourquoi je fais ça ? À quoi ça va servir ? » Et puis finalement, quand on l'a fait une première fois, on se dit « mais c'est magique ! » C'est très simple. La méthode permet d'avoir des livrables concrets, de sécuriser la démarche à chaque étape. d'avoir une approche qui est très engageante, c'est-à-dire que si on est là, on est engagé dans la démarche, en tout cas l'approche fait que si on est en train de dessiner un storyboard ou de construire un persona, on est là, on est présent avec le groupe, on participe, on contribue. Et donc, je trouve que c'est une démarche qui est en effet à la fois très engageante, très concrète et qui laisse à chacune des étapes des livrables concrets. Ce qui permet aussi, peut-être quelques mois plus tard ou quelques années plus tard, quand on se redemande pourquoi on en est arrivé là, finalement d'avoir une trace aussi. de ce qui a été défini à chacune des étapes et de se rappeler pourquoi on a fait ça et pourquoi on est là.
Oui, c'est le rôle de la facilitatrice aussi, de rassurer, si on peut dire, et puis de guider au fur et à mesure des processus. Je parle par rapport à la perception qu'on peut avoir des premiers participants. Et tu me disais aussi par rapport aux jeux de cartes, notamment de facilitation. précisément que tu en as, que Émilie a créé il y a quelques semaines, que tu en avais pris un et que ça t'avait permis justement de retrouver quelques pratiques et peut-être te donner envie aussi d'en refaire d'autres ?
Oui, je trouve que quand on fait des formations, évidemment, on en ressort, on est plein de bonne volonté, on met les choses en place et puis chemin faisant, le temps passant. Peut-être qu'il y a des pratiques qui s'érodent, qu'on oublie, qu'on ne pratique plus. Et c'est vrai, quand j'ai reçu ce kit de facilitation, déjà, je l'ai trouvé bien fait sous le format des fiches, parce que c'est assez concis, c'est très clair. On peut sélectionner en fonction des étapes de l'animation, finalement, les sujets qu'on peut porter. Et donc, ça m'a remis un petit peu en mémoire les méthodologies qui sont quand même éprouvées aujourd'hui et qu'on oublie peut-être parfois un petit peu. Donc, voilà, j'ai trouvé cet outil plutôt bien. On peut le glisser facilement dans son sac pour partir animer une réunion. Et en même temps, voilà, ça nous repositionne sur peut-être des choses que l'on sait ou qu'on a vues en formation, qu'on a apprises sur le tas, mais qui, avec le temps, voilà, ça me nuise. Et donc, c'est vrai que j'ai trouvé cet outil plutôt pertinent.
Et du coup, peut-être que tu vas t'en servir parce que tu me disais que tu avais probablement le projet prochainement. de faire un design thinking ?
Complètement. J'ai l'occasion de travailler sur le renouveau démocratique à la Jeune Chambre économique. Il y a un vrai sujet d'actualité sur lequel aussi on échange beaucoup avec le réseau. On a lancé justement un projet inter-Jeune Chambre économique locale, donc vraiment des gens qui viennent de toute la France pour faire des propositions concrètes pour que peut-être demain, on soit un petit peu un laboratoire d'innovation démocratique au sein nous-mêmes de notre association. Et puis peut-être avec cette idée de porter des actions dans le cadre des futures échéances législatives. Et je ne doute pas que le design thinking, à un moment, trouvera peut-être sa place dans la co-construction de cette démarche. En tout cas, j'aimerais beaucoup.
Super. Est-ce que, puisqu'on arrive à la fin de cet épisode déjà, Tu voudrais partager avec nous quelques mots inspirants, tu en as déjà partagé pas mal, mais des raisons qui pourraient motiver les personnes qui s'intéressent de près, puisqu'ils sont restés jusqu'au bout de l'épisode, merci à eux et à elles, pour pouvoir se former au design thinking. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire par rapport à ton expérience ? Oui, voilà, ton expérience sur le design thinking.
Je pense qu'à mon sens, on vit dans un monde où il y a de plus en plus d'inégalités, où il y a quand même, je trouve, pas mal de replis sur soi aussi. Il n'a jamais été autant nécessaire, à mon sens, de réintégrer de la mutualisation ou de la co-construction dans ce qu'on fait. Je trouve que le design thinking est un vrai outil qui permet de répondre à ces enjeux pour demain. rapprocher nos sociétés, faire corps, aller vers plus de coopération. Et donc, si on a envie de le faire de manière ludique et créative, je trouve que le design thinking, ça apporte une vraie plus-value et une vraie réponse à ces enjeux. Donc, j'ai envie de dire, si on veut agir, c'est quelque chose d'assez sécurisant sur lequel moi, j'ai pu me reposer et sur lequel j'imagine d'autres personnes pourraient se reposer.
Merci beaucoup. Très beau mot de la fin. Merci à toi, Hélène, et puis à bientôt.
À très bientôt, merci.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans le podcast du Design Social Club des alumnis d'Emi Digital. Chaque épisode du podcast du Design Social Club met en avant un membre de la communauté, qu'il s'agisse d'anciens participants, de formateurs ou d'experts. Nous abordons leur parcours, les projets qu'ils ont développés et les transformations qu'ils ont pu impulser. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode du Design Society Club. J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Hélène Saint-Aubert, qui est présidente de la Jeune Chambre Économique de la RAS et qui est responsable du pôle Relations et Services aux adhérents d'une fédération de complémentaires santé. Hélène, bonjour.
Bonjour.
Bienvenue. Est-ce que tu peux te présenter par rapport à ces deux casquettes que l'on va un peu explorer avec toi pendant cet épisode ?
Oui, tout à fait. Je suis une jeune maman engagée à double titre, professionnelle, mais aussi associative. Et il y a quelques années, je travaillais en région pour une fédération de complémentaires santé. Et j'ai eu l'opportunité d'avoir un poste de responsable innovation. Et l'objectif, c'était de trouver de nouveaux champs de financement, de nouvelles actions à mettre en place pour nos territoires. Et à ce titre-là, je me suis intéressée à la manière dont on pouvait construire des projets innovants. Et c'est à cette période que j'ai découvert le design thinking, que j'ai ensuite, et on en reparlera juste après, utilisé au-delà de mon environnement professionnel, aussi dans le secteur associatif.
D'accord. Alors tu es en poste, tu es responsable Bino, et tu cherches des techniques, si on peut dire, une méthode, et tu trouves... Tu trouves le design thinking, tu trouves aussi donc Émilie pour une formation qui s'est passée en présentiel, c'est ça ?
Tout à fait. Donc, j'ai été formée pendant deux jours en présentiel à Lille avec un groupe d'une dizaine de personnes. Et on est vraiment rentré en immersion totale en fait, puisqu'on a vécu un parcours de design thinking pendant ces deux jours de formation.
donc en fait tu tu Tu fais cette formation et puis il se passe un truc que tout le monde a vécu, c'est le Covid. Et finalement, tu n'as pas la possibilité de mettre à profit cette nouvelle formation finalement.
Exactement, la formation a lieu juste avant l'épisode de Covid. Et tout d'un coup, je me trouve un peu livrée à moi-même en me disant, OK, j'ai été formée, il y a le Covid. Moi, dans mon environnement professionnel, Beaucoup de choses se sont arrêtées. Et j'avais cette conviction en tant que responsable d'innovation qu'il fallait proposer, à l'époque, travailler dans le champ de la prévention, qu'il fallait proposer des actions dans le champ de la prévention pour aider nos concitoyens, les adhérents des mutuelles à traverser cette période difficile. Et donc, je me suis dit, le design thinking va nous apporter des éclairages de manière co-construite avec nos adhérents. Ming. j'ai été confrontée au fait qu'évidemment on ne pouvait pas se retrouver en présentiel et donc j'avais un peu de difficulté à me projeter dans la manière dont ces outils que j'avais vécu en présentiel, en formation, en immersion comme je disais tout à l'heure, pouvaient se réintégrer peut-être dans une animation à distance.
D'accord, et donc du coup c'est là que tu changes de casquette et que tu vas trouver l'occasion si on peut dire, à la jeune chambre économique sur de pratiquer un design sprint à distance.
Exactement. Cette année-là, en 2020, j'étais en responsabilité à la Jeune Chambre économique. J'animais le réseau des régions et les régions s'occupent, notamment la Jeune Chambre économique, du développement, du recrutement, on va dire, des nouveaux adhérents. Et donc, l'idée, c'était de se dire comment... Dans cette période où finalement il va peut-être y avoir un désengagement certain de la jeunesse, peut-être un repli sur soi parce qu'on sera peut-être plus concentré sur des questions personnelles, il y aura plus de problématiques de santé mentale, comment notre association peut innover en la matière ? Qu'est-ce qu'on peut porter comme projet ? Qu'est-ce qu'il fera le lendemain du Covid ? Et donc je me suis à nouveau rapprochée d'Emilie. pour savoir si éventuellement elle pouvait animer un design sprint avec nous en distanciel. Et donc tout ce parcours, je l'ai vécu aussi en tant que participante et ça m'a fait découvrir notamment des tableaux digitaux interactifs qui m'ont fait prendre conscience que le design thinking, on pouvait même le faire avec des gens. qui sont situés dans toute la France, même dans les territoires ultramarins. Donc des gens aussi à des milliers de kilomètres qui, tout d'un coup, peuvent participer à cet atelier d'intelligence collective. Et donc ça, ça a aussi révolutionné quelque part l'animation au sein de notre réseau et de notre organisation, puisque de manière générale, on ne peut pas tout le temps se rencontrer. Et ça a ouvert d'autres pistes de collaboration.
Oui, parce qu'en en parlant... C'était donc un moment qui n'était pas simple pour chacun, mais au niveau de la sollicitation des adhérents, comme on est dans un milieu associatif, il y a eu une expérience que tu as vécue aussi avec une double contrainte, si on peut dire, c'est-à-dire à la fois solliciter des adhérents dans une période compliquée et même une triple contrainte à distance.
Oui, alors je n'ai pas présenté ce qu'est la Jeune Chambre économique, c'est une association qui... On incube des jeunes citoyens sur leur territoire pour favoriser leur prise de responsabilité, la création de projets et d'actions à impact positif sur leur territoire. Donc là où c'était quand même un peu facilitant pour moi, il faut quand même qu'on se le dise, c'est que face à moi, j'avais des personnes globalement engagées, mais n'empêche qui étaient en responsabilité. Donc pourquoi passer plus de temps ? avec moi en faisant du design thinking plutôt que de gérer d'autres tâches au sein de l'association. C'est vrai que c'était le petit challenge de mobiliser, mais je pense qu'il y avait vraiment cette notion de curiosité, en fait faire autrement. Et à la Jeune Chambre économique, on a aussi une méthodologie qui, moi, je trouve s'intègre et s'imbrique parfaitement avec l'approche du double diamant qu'on retrouve dans le design thinking. Puisqu'on dit toujours qu'on a une phase d'enquête qui, pour moi, correspond au design thinking, à la phase d'immersion et à la phase de recueil des besoins. Et donc, on n'a pas forcément l'habitude, évidemment, même si dans cette phase d'enquête, on travaille au recueil d'éléments sous forme d'interviews, d'auditions. le fait de la Aller plus loin dans la démarche avec la construction de personnages, de cartes d'empathie, ça c'est des choses qu'on n'avait pas nécessairement l'habitude de faire. Sur la définition du besoin avec aussi ce fameux « comment pourrions-nous ? » , je trouve que ça nous aide aussi nous dans notre méthodologie d'enquête d'aboutir à une phase d'idéation et de génération d'idées qui est quand même intéressante. Et puis après, nous souvent ce qu'on a c'est le passage à l'action. Je trouve que l'approche du design thinking avec le prototypage de solutions permet finalement de nous sécuriser et d'avoir aussi des jour J, des actions qui sont encore plus impactantes sur nos territoires parce qu'on s'est mis à la place peut-être des bénéficiaires ou des cibles finales de nos actions. Et donc du coup, quand on arrive au moment où on teste notre solution, où on teste notre projet, on s'est assuré d'avoir une vision assez large. qu'on souhaitait faire et on a sécurisé un maximum d'éléments.
D'accord. Et Ed, par rapport à ce que tu dis, parce qu'il y a une forte culture de ce que je perçois à la Jeune Chambre économique, vous développez une forte culture interne, je veux dire, dans l'association. Est-ce que justement ce que tu as perçu, toi, de ces accointances entre la méthodologie design thinking que tu présentais, est-ce que tu penses que les participants l'ont mieux accepté, si on peut dire, par rapport à la culture la culture de l'assaut qu'il y avait déjà ?
Oui, j'en suis totalement convaincue parce que généralement, quand on dit à des jeunes, vous venez vous engager à la jeune chambre économique, on a une méthodologie pour la mise en œuvre de nos actions. Généralement, les phases d'enquête, alors c'est peut-être une idée re-sujettée, évidemment, ce n'est pas partout pareil, mais on a tendance à vouloir faire à ce que ça aille vite parce que ce n'est pas le plus fun et les gens viennent aussi pour être dans l'action. pour le faire. Sauf que c'est quand même la phase la plus importante parce que s'assurer que ça répond à un besoin et que la solution qu'on va apporter, elle est vraiment en phase avec les enjeux sociétaux, c'est hyper important. Et donc, amener du ludique par le design thinking, je pense que ça a montré que ces phases-là, elles pouvaient être aussi hyper intéressantes, très formatrices. Et puis, moi, j'ai amené le design thinking de mon environnement professionnel. dans le secteur associatif, mais il y a aussi des choses qu'on teste dans le secteur associatif, qu'on remène ensuite dans l'environnement professionnel. Et je pense que c'est ce qu'ont fait certains adhérents, la jeune chambre économique, en découvrant le design thinking, de se dire, ah oui, cette Ausha, elle est pas mal, et moi aussi, je peux l'emmener dans mon environnement professionnel. Donc ce jeu de vase communicant, je pense qu'il est intéressant parce qu'on est dans le concret et puis que les jeunes aujourd'hui ont besoin de donner du sens à leur engagement. On travaille déjà toute la journée, donc il faut que ce soit aussi un peu fun ce qu'on fait le soir ou le week-end à côté de son travail.
Oui, bien sûr. Et ça avait duré combien de temps en fait ce design thinking, ce design sprint à distance ? Parce qu'il y avait beaucoup de participants, comment ça s'est passé ? C'était lu sur une durée par exemple d'un jour, deux jours, ou vous vous retrouviez plusieurs fois, une fois par semaine, des choses comme ça ?
Oui, en fait, c'est plutôt sur ce deuxième cas de figure, c'est plutôt quelque chose qui s'est échelonné dans le temps. On a repris la méthode du design thinking de mémoire qu'on avait découpée. Et donc, par exemple, sur la phase... plutôt d'immersion. On avait eu une première session de travail en distance qui nous avait permis de poser un petit peu les jalons et les contours de notre sujet. Puis chacun était allé mener des entretiens de son côté, était revenu avec cette matière une dizaine de jours plus tard. Et puis ensuite, on avait continué les ateliers qui généralement étaient échelonnés d'une manière à peu près toutes les semaines ou tous les dix jours. sur des ateliers qui étaient somme toute assez courts, je crois que c'est entre une heure et demie et deux heures parce que c'est quand même pas la chose, même si ça reste ludique de le faire à distance, les sessions ne peuvent pas être forcément aussi longues ou en tout cas on avait pris le parti de se dire qu'elles ne pouvaient pas être aussi longues qu'en présentiel et puis aussi parce que tout le monde ne s'est pas arrêté de travailler pendant le Covid et donc on a fait ça aussi sur des moments où les gens étaient disponibles.
Ah oui, d'accord. Et qu'est-ce que ça a donné au final, le résultat ?
Au final, on est allé jusqu'à une phase de prototypage qui a été quand même, somme toute, assez poussée. C'est la phase qui a pris le plus de temps, sans la gérer plutôt nous-mêmes, entre guillemets, c'est-à-dire qu'on n'a plus l'accompagnement d'Emi Digital sur cette période-là. Et on a décidé d'arrêter le projet dans le cadre de la phase test, parce que quelque part... C'était trop lourd à porter et puis ça ne s'était pas inscrit potentiellement dans la durée et les orientations qui ont suivi les années suivantes. Ça a peut-être été une déception de ne pas pouvoir rendre ce projet qui avait été pensé, qui était plutôt une approche sous forme d'application numérique, pas le voir naître le jour, mais en tout cas de pouvoir l'avoir testé jusqu'à la phase de prototypage, ça a été une super aventure pour toute l'équipe qui a participé. Et donc voilà, je pense que ça a montré aussi la puissance du design thinking, de pas juste s'arrêter à la phase d'idées, mais qu'il peut se passer aussi des choses entre... entre l'idéation et puis le moment où finalement on décidera peut-être pas d'y aller quand même, mais parce qu'on a pu objectiver les raisons de l'arrêt de ce projet.
Oui, tout à fait. De toute façon, c'est jamais du temps perdu. Et vous avez engrangé de l'expérience aussi. Et probablement, comme on voit souvent, en plus dans ce contexte particulier à distance pendant le Covid, un renforcement. probablement des relations interpersonnelles sur le long cours.
Complètement, je pense que ça a permis de continuer à donner du sens à l'engagement, à un moment de la vie des uns et des autres, où finalement on aurait pu se recentrer un peu sur nous-mêmes. Nous, on avait vraiment cette crainte qui est une rupture de l'engagement des jeunes au sein de notre association. Et donc la question c'était mais comment on peut assurer une continuité quelque part de nos activités associatives parce qu'on répond à des besoins et des enjeux sociaux, sociétaux. Et donc le faire au travers du design thinking, oui je pense que ça a redonné un élan aux uns et aux autres. J'ai dit certains continuent à travailler pendant la période, d'autres au contraire étaient à cette période-là au chômage partiel, avaient eux-mêmes du mal à mobiliser leurs troupes sur les territoires. Donc ça a été vu comme une vraie bouffée d'oxygène.
Super pour ce premier exemple approfondi. Si tu veux, maintenant on va partir sur la deuxième, enfin la troisième partie en fait, en allant sur le moment où tu t'es resservi en fait de cette technique-là. sur un cas d'usage que tu veux nous partager, par exemple ? Tu m'avais parlé d'un cas à distance.
Complètement. Le design thinking, je l'ai utilisé sur les cinq étapes de la démarche. Immersion, définition du besoin, ideation, prototypage et test à plusieurs reprises dans un cadre qui soit pro ou associatif. Mais où ? au fur et à mesure du temps aussi, il y a certains outils avec lesquels je me suis sentie plus à l'aise, on va dire, et que j'ai un peu sorti de la démarche de design thinking pour pouvoir les utiliser de manière, on va dire, un peu plus sporadique et rendre la gestion de projet ou l'atteinte de certains objectifs plus ludique. Et donc, j'avais cet exemple qui m'est revenu d'un moment où je devais animer Merci. une réunion avec une quinzaine de personnes de mon entreprise visant à identifier les catégories pour un prix de l'innovation qu'on allait lancer et ouvrir à des associations, des start-up, des établissements de santé, etc. À distance ? Et donc, comment ?
C'était à distance ou en présentiel ?
Cette réunion était à distance, en effet. L'année d'avant, des catégories de prix avaient été définies, mais encore une fois, le Covid étant passé par là, on avait repoussé la mise en œuvre de ces prix. Et donc, il fallait re-challenger le contenu de ces catégories.
D'accord.
Et donc, là, l'idée, on était typiquement sur un atelier purement d'idéation, où j'ai commencé par un échauffement créatif. Là, j'ai repris une technique que j'avais appris en formation, je crois qu'il s'appelle les 30 cercles. fait dessiner aux participants 30 cercles sur une feuille blanche et puis on leur dit, sur cette base-là, vous avez deux ou trois minutes pour dessiner un maximum d'éléments reprenant la base du cercle. Et donc ça, ça a beaucoup dérouté mes collègues qui n'avaient pas forcément l'occasion de démarrer une phase d'idéation par ça. En plus, ça les a étonnés aussi parce qu'on était à distance. Mais cette idée, c'était vraiment de leur dire, l'exercice aujourd'hui, c'est de sortir du cadre. C'est un petit peu de s'ouvrir à autre chose. Et donc, vous avez peut-être l'impression qu'on s'amuse, mais en fait, là, quelque part, on prépare le contexte pour mieux travailler ensuite sur l'idéation. Et là, j'avais utilisé, plutôt que les techniques de brainstorming plus traditionnelles, j'aime beaucoup l'idéation sous contrainte. Donc là, on avait... identifier des contraintes au fur et à mesure qu'on avançait dans la phase d'idéation. Et je me rappelle que ça aussi, ça les avait un petit peu étonnés. Ils n'étaient pas habitués à cette technique d'animation. Mais n'empêche que ça nous a permis d'identifier plein de sujets qui, à mon avis, ne seraient pas sortis dans une approche plus traditionnelle et qui a permis rapidement d'arriver à un consensus, justement, par regroupement d'idées. Peut-être que certaines personnes qui étaient venues dans cet atelier avec une idée très précise des catégories avec lesquelles elles voulaient qu'on ressorte, on n'est pas forcément finalement allé vers ces sujets-là parce que la technique d'animation a permis à l'ensemble des participants de s'exprimer et par le jeu quelque part du consensus, d'arriver à quelque chose qui soit représentatif des besoins qu'avaient identifiés l'ensemble des participants.
Oui, c'est le point que tu me... dont tu me parlais quand on a préparé cet épisode, c'était le fait que le design thinking peut apparaître comme ça un petit peu des fois nébuleux, mais finalement la méthode fonctionne, et ça donne toujours un livrable qui est engageant par les participants, il y a cette tension qui se dénoue à chaque itération de design thinking.
Oui. Ce qui est un peu déroutant dans l'approche du design thinking, c'est que quand on ne connaît pas, on ne comprend pas bien où on va. On se dit « mais pourquoi je fais ça ? À quoi ça va servir ? » Et puis finalement, quand on l'a fait une première fois, on se dit « mais c'est magique ! » C'est très simple. La méthode permet d'avoir des livrables concrets, de sécuriser la démarche à chaque étape. d'avoir une approche qui est très engageante, c'est-à-dire que si on est là, on est engagé dans la démarche, en tout cas l'approche fait que si on est en train de dessiner un storyboard ou de construire un persona, on est là, on est présent avec le groupe, on participe, on contribue. Et donc, je trouve que c'est une démarche qui est en effet à la fois très engageante, très concrète et qui laisse à chacune des étapes des livrables concrets. Ce qui permet aussi, peut-être quelques mois plus tard ou quelques années plus tard, quand on se redemande pourquoi on en est arrivé là, finalement d'avoir une trace aussi. de ce qui a été défini à chacune des étapes et de se rappeler pourquoi on a fait ça et pourquoi on est là.
Oui, c'est le rôle de la facilitatrice aussi, de rassurer, si on peut dire, et puis de guider au fur et à mesure des processus. Je parle par rapport à la perception qu'on peut avoir des premiers participants. Et tu me disais aussi par rapport aux jeux de cartes, notamment de facilitation. précisément que tu en as, que Émilie a créé il y a quelques semaines, que tu en avais pris un et que ça t'avait permis justement de retrouver quelques pratiques et peut-être te donner envie aussi d'en refaire d'autres ?
Oui, je trouve que quand on fait des formations, évidemment, on en ressort, on est plein de bonne volonté, on met les choses en place et puis chemin faisant, le temps passant. Peut-être qu'il y a des pratiques qui s'érodent, qu'on oublie, qu'on ne pratique plus. Et c'est vrai, quand j'ai reçu ce kit de facilitation, déjà, je l'ai trouvé bien fait sous le format des fiches, parce que c'est assez concis, c'est très clair. On peut sélectionner en fonction des étapes de l'animation, finalement, les sujets qu'on peut porter. Et donc, ça m'a remis un petit peu en mémoire les méthodologies qui sont quand même éprouvées aujourd'hui et qu'on oublie peut-être parfois un petit peu. Donc, voilà, j'ai trouvé cet outil plutôt bien. On peut le glisser facilement dans son sac pour partir animer une réunion. Et en même temps, voilà, ça nous repositionne sur peut-être des choses que l'on sait ou qu'on a vues en formation, qu'on a apprises sur le tas, mais qui, avec le temps, voilà, ça me nuise. Et donc, c'est vrai que j'ai trouvé cet outil plutôt pertinent.
Et du coup, peut-être que tu vas t'en servir parce que tu me disais que tu avais probablement le projet prochainement. de faire un design thinking ?
Complètement. J'ai l'occasion de travailler sur le renouveau démocratique à la Jeune Chambre économique. Il y a un vrai sujet d'actualité sur lequel aussi on échange beaucoup avec le réseau. On a lancé justement un projet inter-Jeune Chambre économique locale, donc vraiment des gens qui viennent de toute la France pour faire des propositions concrètes pour que peut-être demain, on soit un petit peu un laboratoire d'innovation démocratique au sein nous-mêmes de notre association. Et puis peut-être avec cette idée de porter des actions dans le cadre des futures échéances législatives. Et je ne doute pas que le design thinking, à un moment, trouvera peut-être sa place dans la co-construction de cette démarche. En tout cas, j'aimerais beaucoup.
Super. Est-ce que, puisqu'on arrive à la fin de cet épisode déjà, Tu voudrais partager avec nous quelques mots inspirants, tu en as déjà partagé pas mal, mais des raisons qui pourraient motiver les personnes qui s'intéressent de près, puisqu'ils sont restés jusqu'au bout de l'épisode, merci à eux et à elles, pour pouvoir se former au design thinking. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire par rapport à ton expérience ? Oui, voilà, ton expérience sur le design thinking.
Je pense qu'à mon sens, on vit dans un monde où il y a de plus en plus d'inégalités, où il y a quand même, je trouve, pas mal de replis sur soi aussi. Il n'a jamais été autant nécessaire, à mon sens, de réintégrer de la mutualisation ou de la co-construction dans ce qu'on fait. Je trouve que le design thinking est un vrai outil qui permet de répondre à ces enjeux pour demain. rapprocher nos sociétés, faire corps, aller vers plus de coopération. Et donc, si on a envie de le faire de manière ludique et créative, je trouve que le design thinking, ça apporte une vraie plus-value et une vraie réponse à ces enjeux. Donc, j'ai envie de dire, si on veut agir, c'est quelque chose d'assez sécurisant sur lequel moi, j'ai pu me reposer et sur lequel j'imagine d'autres personnes pourraient se reposer.
Merci beaucoup. Très beau mot de la fin. Merci à toi, Hélène, et puis à bientôt.
À très bientôt, merci.
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