- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast du Design Social Club des alumnis d'Emi Digital. Chaque épisode du podcast du Design Social Club met en avant un membre de la communauté, qu'il s'agisse d'anciens participants, de formateurs ou d'experts. Nous abordons leur parcours, les projets qu'ils ont développés et les transformations qu'ils ont pu impulser. Bonjour à toutes et à tous. Très heureux aujourd'hui de vous accueillir pour un nouvel épisode du Design Society Club où j'accueille Céline Crouzet, qui est facilitatrice en intelligence collective et certifiée Design Thinking. Bonjour Céline.
- Speaker #1
Bonjour François.
- Speaker #0
Merci d'être avec nous aujourd'hui pour à peu près une demi-heure. On va parler de ton parcours. Sans plus attendre, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors je suis effectivement facilitatrice en intelligence collective formée par Emy Digital. Je le dis tout de suite comme ça, c'est clair. Et donc, j'anime des ateliers collaboratifs et également, j'organise des démarches de design thinking et des design sprint. On va en parler en détail. Et j'ai été formée en 2021 et je suis à mon compte aujourd'hui en freelance.
- Speaker #0
Ok, super. Tu vas se donner une date. Finalement, ça fait pas mal de temps puisque c'est un métier qui, quand on le pratique, est vraiment très actif. Donc, 4-5 ans déjà sur ce métier-là. On va revenir à la source, si on peut dire. Quand tu as commencé à te dire que ça serait bien de faire ce genre de formation, est-ce que tu peux nous recontextualiser ? Qu'est-ce que tu faisais et pourquoi ? Pourquoi c'est arrivé à un moment dans ta vie, cette formation-là ?
- Speaker #1
Alors, j'ai commencé à réfléchir à ce sujet lorsque j'ai travaillé pour Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme, qui est l'agence de promotion du tourisme pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Et en fait, j'avais pour mission notamment d'animer des territoires touristiques liés à la montagne et notamment les parcs naturels régionaux. Et dans ce cadre d'animation de réseau, j'ai commencé à me former avec Emy Digital sur l'animation de réunions créatives et productives. Donc ateliers collaboratifs au sens large, de façon très concrète, pour être à la fois efficace en réunion et éviter qu'on passe trop de temps en réunion. Donc ça, c'était la première chose. Et ensuite, dans ce cadre-là, on a mené des projets de réflexion avec... avec les partenaires, notamment les parcs. Et là, la question du design de l'offre touristique s'est posée parce que la question était de comment on crée des offres pour répondre aux besoins des parties prenantes et notamment des clientèles touristiques qui viennent sur le territoire rapidement et puis surtout de façon collaborative. Donc c'est comme ça qu'est né à la fois le besoin pour moi de me former au design thinking. et à la facilitation d'ateliers, et en formant aussi en parallèle les personnes au sein des parcs, puisque l'objectif c'était aussi que cette pratique perdure en interne.
- Speaker #0
D'accord, et ce qui s'est passé c'est que le thème d'objet, le sujet que tu as choisi à ce moment-là, c'était un cas réel ?
- Speaker #1
En fait c'était un besoin réel, un besoin réel qui était émis par les parcs. par nos partenaires. Et moi, dans ce cadre-là, vu que j'étais en charge d'animer un peu le réseau et puis de trouver des solutions pour les accompagner, on a assez naturellement bifurqué sur cette Ausha, plutôt collaborative, plutôt que de faire une approche plutôt descendante de création, de stratégie, d'action et d'offre qui pourraient être hors sol. Donc, ça s'est effectivement imposé sur un cas réel qui était une commande, tout simplement.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. C'est aller jusqu'à la création, en l'occurrence là, de produits, tu me disais, de produits même physiques en fait. Vous êtes allé au-delà, si on peut dire, d'un plan d'action. Ça a été vraiment jusqu'au bout.
- Speaker #1
En fait, on a eu les deux niveaux de formation. Le niveau 1, donc design thinking. on va dire la mise en théorie, la connaissance de la démarche. Et sur le coup, on a fait la deuxième partie, vraiment, conception et facilitation d'ateliers de design thinking où on a mené Je dis « on » parce qu'on était un petit groupe comme ça de facilitateurs en formation. Donc, c'était une vraie formation action. Et on a mené la DEMAF en vrai, sur le terrain, auprès des acteurs locaux, avec les acteurs locaux, pour créer des offres touristiques. Quand on parle d'offres touristiques, souvent ce sont des offres packagées, des produits touristiques. On va avoir, par exemple, un séjour d'un week-end avec… un hébergement avec des activités, etc. Plus ça, pas le 4G avec le sprint. Donc, c'est ça qu'on m'a créé à la fin du sprint avec les partenaires locaux.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, à l'époque, tu es salarié. Tu participes à cette formation, si on peut résumer ça comme ça. Et ça te plaît, en fait ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'au-delà de la qualité de la formation et du contact qu'on a pu avoir avec Émilie et ses équipes de formateurs, Évidemment, ça aide toujours, mais c'est surtout que moi, j'ai été bluffée, si je ne peux pas le dire autrement, par le résultat de la démarche. Parce que sur place, ça a été un moment vraiment très fort de l'aventure dans la tête de la formation, mais même de l'aventure de la démarche de façon globale. À la fois parce que c'était vraiment satisfaisant de voir les résultats concrets au goût d'un jour et demi de sprint, sachant que On avait travaillé avant toute la partie recherche utilisateur, immersion, on avait bien étudié les choses, mais après il a fallu concevoir vraiment le sprint. Et surtout, de voir la puissance de l'intelligence collective, de la démarche qui se met en œuvre pour arriver à du concret en peu de temps. Et ça, moi, ça m'a boulefer et je reste toujours estomaquée du résultat. C'est-à-dire que même maintenant, quand j'annule des sprints, On ne sait jamais avant de commencer comment ça va finir. Même si on a prévu un déroulé, on a prévu, on a cadré les ateliers, on a bien travaillé la méthode. Bon, sur le moment, il faut s'adapter et on ne sait jamais comment ça va se passer.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et ce que tu me disais aussi, enfin ce que tu disais à l'instant, c'est le travail aussi très important. Quand tu progresses, c'est que tu crées toi-même ton atelier de préparation. en fait, il y a une... préparation est assez importante en plus de l'animation quoi.
- Speaker #1
Disons que la préparation c'est 90% de la réussite quoi. Après évidemment il y a l'animation en soi et c'est très important et c'est pour ça que je continue à me former, à participer à des ateliers, à échanger aussi avec mes pairs parce qu'on apprend toujours. vu que c'est l'humain en jeu, ça bouffe tout le temps. Mais c'est sûr que la partie organisation et méthodologie, pour moi, elle est fondamentale. Et c'est vraiment ce que j'apprécie avec ces formations, c'est que non seulement on pratique, mais surtout on garde des outils, on a des ressources que moi je mets en œuvre systématiquement, que je consulte quasiment à chaque fois et je feuillette mes formations. numérique aujourd'hui, j'ai tout dans mon drive, je mets le nez dedans tous les jours, voire tous les deux jours, enfin au moins tous les deux jours.
- Speaker #0
Ah oui, tu comprends. Et alors du coup, à l'époque, tu fais donc ces deux niveaux, et puis est-ce que tu peux nous expliquer, parce que tu commences une autre trajectoire finalement, parce que tu étais salarié, tu avais donc fait ces formations en intra, mais bon après il s'est passé... tu as fait d'autres expériences, mais tu as quand même continué avec cette idée que ça serait quand même ton activité. Et tu as décidé à un moment, il y a maintenant un ou deux ans, tu vas nous dire, de devenir indépendante. Comment s'est faite cette transition ? Et qu'est-ce que tu as laissé, qu'est-ce que tu as pris, en fait, pour devenir indépendante ?
- Speaker #1
La transition, elle s'est faite à la fois rapidement et en même temps, elle a été... réfléchi puisque j'avais des projets qui n'étaient pas très clairs et puis en même temps je voulais tester de nouvelles choses d'un point de vue professionnel et j'ai profité d'un temps de pause professionnel pour voyager assez longtemps en solo dans des contrées lointaines dans la montagne en Asie centrale pour être précise et en fait au retour de ce voyage. j'avais envie de conserver cette forme de liberté que j'avais gardée ou que j'avais vécue durant ce voyage. Et finalement, ça a été une forme d'opportunité aussi, puisque non seulement je revenais avec toute la liberté possible. Et aussi parce que mon réseau de partenaires, de collègues, d'amis aussi dans le secteur du tourisme m'ont permis de pratiquer la facilitation, de pratiquer le design thinking avec eux finalement dans le cadre de missions auprès de collectivités, d'opices de tourisme, toujours dans le développement touristique.
- Speaker #0
D'accord. Et donc ce que tu me disais, c'était qu'effectivement, tu avais par ton métier antérieur dont on a parlé et par tes expériences, et puis ton réseau et puis aussi ton goût, parce que c'est ça qui te plaît. Tu étais dans le monde du tourisme, mais ce n'est pas exclusif. Tu peux aussi être dans d'autres activités, dans d'autres domaines.
- Speaker #1
Moi, ce que je trouve très intéressant, et c'est aussi pour ça que j'ai envie de continuer dans ce métier-là ou de pratiquer ce métier, de pratiquer cette méthode de travail. cet engouement aussi pour cette pratique, c'est qu'en fait, ça s'applique à tout. Concrètement, c'est de l'intelligence collective, c'est du collaboratif, c'est de la méthodologie agile, finalement, comme on l'employerait aujourd'hui dans le monde de la tech. C'est une des méthodes possibles pour arriver très rapidement à un résultat dans une démarche permanente d'amélioration continue. Et donc, c'est... C'est formidable de pouvoir imaginer que ça s'applique à beaucoup de secteurs, y compris au secteur citoyen, au secteur social. J'ai aussi l'occasion de faciliter un hackathon solidaire sur des sujets qui n'ont rien à voir avec le tourisme. Et en fait, ça fait partie de compétences transférables à beaucoup, beaucoup de secteurs et beaucoup de métiers. Et je trouve ça très riche.
- Speaker #0
D'accord. Alors, mais justement, on va parler... Par rapport à cette versatilité d'aller d'un domaine à un autre, finalement, il y a l'expérience, mais il y a aussi quelques techniques, quelques outils. Si on rentre un petit peu, si on ouvre un peu le capot et qu'on regarde comment ça se passe, chacun et chacune a ses propres façons de travailler. Est-ce que tu peux nous dire, toi, par rapport aux expériences que tu as eues et que tu as aujourd'hui ? À quel moment tu t'es dit, oui, là, il y a un truc qui se passe, ces outils-là ou cette façon de travailler ? Alors, tu nous l'as dit, l'intelligence collective et le travail collaboratif, c'est quelque chose qui est essentiel. Mais si on regarde de façon un peu prosaïque, si on parle un petit peu de certains outils ou certains moments, tu identifierais lesquels que tu aimes particulièrement ?
- Speaker #1
Alors moi, les outils que j'utilise le plus souvent parce qu'ils s'adaptent à tous les ateliers, c'est les Dicebreaker.
- Speaker #0
D'accord, oui.
- Speaker #1
Peut-être parce que c'est un des outils que dans tous les ateliers collaboratifs, en tout cas, on utilise un de ces outils-là. Et donc, j'aime bien chercher les « lifebreakers » et m'inspirer de ce que font les collègues.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu ne te gardes pas toujours le même ? Tu aimes bien un peu changer, regarder ?
- Speaker #1
J'évite de prendre le même, surtout quand il s'agit du même groupe. Parce qu'il y a une forme de lassitude qui peut exister, puis garder les 7 surprises. Et le fait de se renouveler, et de chercher à se renouveler, ce n'est pas simple. Mais en même temps, pour moi, c'est déjà le jeu. C'est très ludique. Un azébrecker, souvent, c'est brise-glace, c'est ludique. Et le fait de même rechercher, de regarder, etc., dans la liste, dans les listes des ressources, notamment du Design Social Club, pour moi, je passe du temps à... à chercher des ressources comme ça et à confronter aussi, à promesser.
- Speaker #0
D'accord. Il y en aura peut-être d'autres, tu nous diras. Mais je reviens sur ton expertise, et puis notamment avec le tourisme et les parcs naturels. Et puis, ça revient quand même, ce que tu dis, c'est-à-dire que tu aimes bien aussi quand c'est engagé, quand il y a du sens aussi dans les projets. Est-ce que tu vois une, comment dire, une ligne entre les divers acteurs dans le tourisme ? des besoins, parce que c'est une activité qui est, enfin un domaine qui est en pleine mutation, ça fait quand même pas mal d'années, mais alors là, quand même, je pense que c'est un peu particulier. Comment tu vois ça, toi, avec ton expérience, ce domaine du tourisme qui doit s'adapter notamment à l'intelligence artificielle, aux nouvelles façons de, on va dire justement, de, alors consommer, je ne sais pas si c'est le mot, mais en tout cas d'attirer. que les gens viennent faire des activités de tourisme. C'est quoi ton regard là-dessus ?
- Speaker #1
C'est sûr que le monde du tourisme est en mutation permanente, j'allais dire comme le reste de la société. Après, l'enjeu, c'est plutôt l'adaptation des acteurs du tourisme, notamment institutionnels et aussi professionnels, à la fois aux besoins et aux attentes des clientèles touristiques qui sont de plus en plus variées, de plus en plus affectées. profil particulier à un client. Il peut avoir plusieurs profils selon les moments. Donc, c'est très important de pouvoir s'adapter. Et évidemment, l'adaptation au changement climatique et à la transition environnementale qui est vraiment très, très présente, notamment dans les territoires de montagne, mais pas seulement. Et également, ça oblige à s'adapter. Et donc, la méthode de design thinking et cette approche itérative... elle est d'autant plus importante qu'il faut aller vite pour tester et pour itérer. Et donc, le fait de pouvoir faire une démarche à la fois collective et qui répond en plus à des besoins clients, elle s'adapte particulièrement bien au monde du tourisme.
- Speaker #0
D'accord, très bien. On va parler maintenant, si tu veux bien, du programme dont tu es une des premières à bénéficier chez Emy Digital, qui s'appelle « Ça tombe bien » avec… avec tes activités Globetrotter. Est-ce que tu peux nous en dire deux mots ?
- Speaker #1
Alors, le programme Globetrotter, effectivement, je pense que ce nom m'a tellement parlé que je me suis inscrite quasi sans réfléchir. Alors, j'ai un attachement, effectivement, à EMI Digital, à EMI que je connais depuis maintenant cinq ans et que j'ai continué à suivre et avec laquelle je suis en contact. Mais effectivement, le programme Globetrotter était surtout pour moi une façon de... de rester dans une dynamique presque de formation continue, de co-développement, d'échanges avec d'autres facilitateurs, facilitatrices, accompagnés par Émilie. Et c'est une forme effectivement mensuelle. L'atelier qui se fait en visio, parce qu'on est partout en France, change en fait sur les pratiques avec un sujet particulier. qui va toucher au design thinking. Donc, par exemple, le premier atelier avait pour sujet, logiquement, les brises glaces. Cette occasion, d'ailleurs, j'en ai découvert plusieurs. On a testé aussi. Et puis, le deuxième, c'était plutôt sur la posture du facilitateur. Et donc, là aussi, avec une méthode de co-développement qui vraiment m'a permis de se poser des questions, de mettre à... certaines questions qu'on peut se poser dans notre pratique et d'avoir des recours des collègues. Pour moi, ça a été vraiment très riche. Je ne regrette pas du tout d'avoir intégré ce programme qui dure toute l'année. En plus, on a accès évidemment à un centre de ressources, à des modèles de documents, à des templates, à plein de choses en plus pour améliorer notre pratique et la facilité au sens vrai du terme. Donc vraiment, pour moi, ça a été... une opportunité de poursuivre cette pratique qui est mouvante aussi. La facilitation s'adapte aussi à l'humain, donc on est obligé de se former presque en permanence.
- Speaker #0
Oui, il a été conçu pour ça et il est dans la continuité, si tu veux, mais tu le sais bien, du Design Society Club, c'est-à-dire de cette communauté d'alumni qui partage déjà, comme tu l'as dit, des ressources à un premier niveau. qui là en fait, c'est à un niveau supérieur, puisque c'est de l'accompagnement avec des pairs. Et il y aura des points de contact aussi avec toute la communauté au fur et à mesure qu'on va organiser tout ça. Donc c'est bien de t'avoir aussi pour ça, pour que tu puisses nous en parler. Ce qui serait cool, c'est que tu reviennes sur ta sensibilité, c'est-à-dire... comment tu prends ces outils, parce que c'est des outils, je n'arrête pas de dire outils, mais ce n'est pas ça, je voudrais dire. C'est que derrière, comment tu as fait ton miel de ces formations et de ton expérience, et puis de ce travail sur toi aussi, quand tu es parti, c'est un peu un travail d'introspection finalement. Et de ce que je comprends, et puis pour le vivre aussi, être facilitateur, c'est travailler avec ces limites-là, c'est-à-dire que tu es obligé. d'avoir une certaine empathie quand même, c'est un des principes du design thinking, mais il faut savoir tenir la distance. Et ça, à titre personnel, je trouve que c'est toujours un des enjeux, et pas forcément simple à tenir. Comment tu as travaillé ça et comment tu le travailles, cette distance-là qui doit être à la fois dans l'empathie et dans la distance par rapport au public que tu connais, mais où il ne faut pas trop les connaître aussi ? Enfin, tu vois, cette espèce de positionnement, quoi, si on peut dire.
- Speaker #1
Eh bien, ce n'est pas forcément simple, parce que j'ai aussi fait le choix, pour l'instant, on va dire, comme je disais tout à l'heure, à la fois confortable et aussi... par opportunité, de travailler ce métier-là, ou en tout cas de dégrader ce métier-là, encore dans un cadre touristique pour lequel j'ai une expertise sectorielle. Ce qui veut dire que je pourrais avoir une double casquette. Donc évidemment, quand on est facilitateur, facilitatrice, on doit de la neutralité, et évidemment... Des fois, l'empathie, elle est aussi sur ça. C'est qu'on a envie d'aider les gens quand ils sont en atelier, par exemple, et qu'ils bloquent un peu. On a envie de les aider, de leur donner un peu des solutions. Donc, il faut se réfréner. Donc, c'est vrai que le fait de bien connaître un secteur, c'est confortable et pratique parce que ça légitime, évidemment, l'intervention. Mais à côté de ça, ça peut être un peu piégeux dans notre posture de facilitatrice. Donc, moi, pour ça... Et c'est pour ça d'ailleurs que le programme de l'Obstruiter m'aide beaucoup, parce que j'ai beaucoup de questions existentielles sur cette posture-là, et ça m'a permis de dénouer un certain nombre de choses. Moi, je m'organise avec un déroulé et une méthodologie précise. C'est-à-dire que je suis quelqu'un de très organisé, j'aime bien ça, et je suis vraiment très très précise dans le déroulé. dans l'organisation, dans toute la préparation, pour que lors de l'animation, je sache exactement quelle posture avoir et où ça me mène. Alors je ne dis pas que c'est simple tout le temps, mais par contre, moi c'est comme ça que quelque part, je me cadre moi-même aussi, c'est grâce au cadre global que je peux arriver à cadrer ma posture.
- Speaker #0
Ça n'empêche pas, comme tu disais tout à l'heure, quand on préparait le podcast, il y a une nécessaire aptitude à s'adapter et à sortir un petit peu, comme une improvisation, si tu veux, au niveau de jazz, par exemple, on parlait de ça. Mais ça, c'est justement parce qu'il y a un cadre qui est bien défini qu'on peut naviguer. C'est un peu comme ça que tu travailles.
- Speaker #1
Eh bien, tout à fait, parce que la créativité, contre-intuitivement, a besoin d'un cadre. C'est-à-dire que si on n'a pas de cadre, on ne sait pas forcément bien faire et les gens sont perdus. Donc, moi, j'ai à cœur vraiment de préparer un cadre que je sais adapter. Par contre, c'est ça aussi, avec l'expérience, j'ai envie de dire que je vais réadapter le cadre à la minute près, en permanence. durant l'atelier parce que je sais exactement à quel moment j'ai pris de la marge, etc. Mais c'est de la dentelle à ce niveau-là. Mais avant, il y a une grosse, grosse phase de préparation qui me permet de pouvoir improviser lors de la facilitation.
- Speaker #0
Par rapport aux auditrices et aux auditeurs qui nous écoutent et qui se disent, ça a l'air bien le design thinking, je ferais bien une petite formation et tout ça. Qu'est-ce que tu pourrais leur dire pour leur... Alors les convaincre, je ne sais pas, mais en tout cas, leur dire, voilà, voilà ce qui s'est passé pour moi et allez-y.
- Speaker #1
Effectivement, moi, j'ai appris... Je n'ai pas appris l'ouverture d'esprit parce que je pense que c'est quelque chose qu'on acquiert avec le temps et l'expérience de vie. Par contre, ça a changé mon regard sur la façon de travailler et d'interagir avec les gens au travail. puisque c'est un métier qui est profondément humain. Et que, en fait, que ce soit pour créer des missions ou créer des cadres, des opportunités de travail, ou lorsqu'on anime des ateliers, on est entouré de gens qui sont motivés, qui sont là pour ça. Et pour moi, ça a été une source d'ouverture aussi très importante de pouvoir faire ce métier-là, parce qu'on rencontre des gens qui se sont... par les mêmes valeurs. Donc pour moi, ça a été vraiment épanouissant. Et puis voilà, je dirais trois mots. C'est l'ouverture, de façon générale. L'apprentissage, parce que c'est un métier où on apprend en permanence sur soi et sur la méthode. Et puis, la générosité, parce que sans ça, ça ne peut pas fonctionner. Il faut que le citateur soit en générosité. Et c'est ce que fait aussi Émilie dans le cadre du Design Social Club et des ateliers.
- Speaker #0
C'est un beau programme. J'ai encore une petite question. J'ai l'impression d'être Colombo là. Mais au niveau... Si tu avais un tips, alors sans dévoiler tes petits secrets et tout ça, et si tu avais un tips que tu voudrais partager, encore une fois, sans rentrer dans l'architecture, mais un petit truc simple ou pas d'ailleurs, que tu t'es dit, ah ouais, mais ça finalement, tu vois, on parlait tout à l'heure de l'icebreaker, et l'icebreaker, c'est pas forcément, quand on ne connaît pas, on pense que c'est un peu accessoire et qu'on peut passer. on peut même s'affranchir de ça, alors qu'avec le temps, on se rend compte que c'est une pièce essentielle et qu'il faut au contraire énormément le travailler. Est-ce que tu aurais, mais ce n'est pas du tout obligé évidemment, une autre petite étincelle à nous partager pour les gens, pour allumer leur petit incendie intellectuel par rapport à tes pratiques ?
- Speaker #1
Pour devenir facilitateur ? Oui,
- Speaker #0
pour devenir... comme pour le faire à un moment. Une petite étincelle de ta baguette magique.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si j'ai une baguette magique parce que je pense que ça saurait et que j'utiliserais peut-être à d'autres usages. Mais en tout cas, j'ai, lors de l'atelier, des ateliers, dans ma mallette de facilitatrice, au lieu d'avoir l'horloge qui sonne, alors je l'ai, mais j'ai surtout... mon enceinte musicale et en fait, je sonne la cloche avec de la musique.
- Speaker #0
Ah oui, ça c'est important.
- Speaker #1
Ça permet d'éviter le stress du réveil et puis, il y a un côté sympa et festif lié à la musique que j'utilise du coup pour séquencer les stades d'atelier.
- Speaker #0
C'est un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai un vrai Merci beaucoup. Bon, on arrive à la fin de notre entretien qui était passionnant. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Et puis à bientôt sur le design social.
- Speaker #1
Avec plaisir, à très bientôt.
- Speaker #0
Merci.