- Speaker #0
Dessine-moi une école.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Dessine-moi une école, le podcast de la Fondation pour l'école. Chaque mois, je pars à la rencontre de ceux qui osent dessiner une autre école, qui proposent des pistes concrètes. Débat, pédagogie, témoignages, que vous soyez parent, enseignant, étudiant ou simplement passionné par les questions éducatives, ce podcast est fait pour vous. Alors aujourd'hui, je vous emmène en Seine-et-Marne. A l'orée de la forêt de Fontainebleau, ici, les enfants comptent les châtaignes, donnent aux araignées leur nom savant, grimpent aux arbres, construisent des cabanes, nourrissent les animaux. Ici, ils apprennent autrement au rythme de la nature. C'est un rêve qu'avaient depuis longtemps Alexandra Loff et Sacha Bogdanoff, deux des trois fondateurs de l'école des petites ruches à Moray-Loin et Orvan. très poétique. Une école qui en deux ans à peine, ou même trois ans maintenant, est devenue un véritable écosystème ouvert à tous les enfants, y compris ceux aux besoins particuliers. Alors aujourd'hui ce n'est pas moi qui les reçois, mais bien elles qui nous accueillent dans leur ruche au cœur de la forêt. Bonjour Alexandra, bonjour Sacha, merci pour votre accueil aux ruches, aux petites ruches.
- Speaker #0
Bonjour, bienvenue.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Alors, ce projet incroyable, Alexandra, je crois que vous avez été à l'initiative avec votre compagnon, tout en sachant qu'en parallèle, loin de vous, Sacha avait le même concept dans la tête.
- Speaker #2
Oui, exactement. Oui, l'école a été imaginée et née grâce à Léon.
- Speaker #1
Léon oui, mon grand garçon qui a 7 ans et qui était à l'époque en petite section et on le diagnostiquait en même temps enfin on voyait que c'était un petit garçon un peu différent et qui ne s'adaptait pas à l'école classique et donc on a je ressentais le besoin d'imaginer quelque chose d'autre pour lui et où il ne soit pas vu comme l'enfant différent oui. Léon, aujourd'hui, on sait qu'il est dans le spectre autistique, qu'il a un syndrome du X fragile, pour être précis. Et il avait besoin d'autre chose. Je le voyais tellement différent quand il était dehors, quand il était en mouvement, quand on se baladait dans la forêt et que tout d'un coup, son cerveau se posait et qu'il était lui-même. Il était lui-même.
- Speaker #2
Oui, il était un... Il entendait un oiseau, il se posait comme ça, il était petit, mais il y avait déjà cet appel. Et je me suis dit, mais c'est fou ! En fait, on peut peut-être imaginer que l'école, ça peut aussi être ça, d'être capable de bouger, d'être au contact de la nature, de s'émerveiller tout d'un coup d'un oiseau et pas qu'on dise, bah attends, on n'a pas le temps, on fait autre chose, mais de dire, oui, t'as raison, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Et ouais. Et alors, vous regardez par votre fenêtre et là, vous vous dites, oh là là, mais j'ai un beau jardin intéressant.
- Speaker #2
Oui, c'est à peu près ça. Non, c'est vrai que oui, c'était l'idée, oui, de se dire, on a un bel espace à la maison et de se dire, en fait, on pourrait en faire quelque chose d'assez chouette. Pas que pour notre fils, mais pour tous les enfants qui en ont besoin, qui en ont l'envie. Et oui, de profiter du jardin par la fenêtre.
- Speaker #1
Et donc là, vous réfléchissez au projet. Et puis, à un moment, il est mûr. Vous rencontrez une amie qui vous dit « Ah mais génial ! » Vous organisez une rencontre. Et là, vous rencontrez Sacha. Là, Sacha est là. C'est vrai. Et donc vous, Sacha, de votre côté ?
- Speaker #3
Oui, on s'est rencontrés au moment de cette réunion entre parents durant laquelle Alexandra présentait le projet, présentait son projet. Et puis moi, j'ai eu un coup de cœur absolu. J'ai eu des étoiles dans les yeux. Parce que tout d'un coup, je me suis dit, ça y est, ça y est, ça y est, c'est la rencontre. C'est le moment. Ça faisait deux ans de mon côté que j'essayais. J'avais essayé deux ans avant de mettre en place un projet, mais en n'étant pas accompagnée par les... par les bonnes personnes. Un projet d'école de la forêt. C'était vraiment école de la forêt. On avait potentiellement un lieu. Il y avait des... Mais il faut... tellement de paramètres à rassembler pour mettre en place ces projets-là que, déjà, ce ne sont pas des projets qui se font seuls. C'est tellement lourd, tellement intense et tellement énergivore, bien qu'extrêmement passionnant et portant. Il faut avoir les épaules bien accrochées et il faut être avec les bonnes personnes. Donc, je faisais instruction en famille avec ma fille à cette époque-là. Et voilà, c'est resté toujours très, très présent, tout en me disant, je vais déménager. J'ai visité des écoles, je suis allée en immersion dans différentes structures en France, en me disant, je pourrais déménager pour avoir ce type de proposition pour mon enfant. Et puis ce jour-là, ça a fait tilt. Et c'était en décembre 2022. Et après, on a enclenché à partir de février 2023. Et on a ouvert l'école en septembre 2023.
- Speaker #1
Ça a été extrêmement rapide.
- Speaker #3
Donc ça a été extrêmement rapide. On a fait, voilà, ça a été coup de cœur. totale. Et puis ensuite, la rencontre évidemment avec Christelle.
- Speaker #1
École inclusive, école dans la nature et école dans votre jardin.
- Speaker #2
Exactement, c'est ça. Oui, dans le jardin, il fallait quand même mettre en place pas mal de choses pour aussi installer l'école, etc.
- Speaker #1
Donc avec Christelle, votre compagnon, tous les trois, vous aviez des compétences qui se complétaient. Vous êtes architecte, vous avez des talents de communication. Énorme. Et Christen ?
- Speaker #2
Christen, il a le côté de tout ce qui va être finance et il a coaché des entreprises, des startups à naître.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #2
on avait le meilleur coach inside. Donc, il savait aussi les temporalités, les creux, les moments aux forêts impulsés aussi. Donc, tous les trois, on était vraiment le trio complémentaire. et on savait sur quel petit point on pouvait plus donner le lead à quelqu'un. Sur l'autre, on savait se mettre en retrait. Donc, je pense qu'on a vraiment eu la bonne recette de nos compétences et aussi la bonne intelligence de notre association. C'était de se dire, quand on ne se sent pas OK de le faire, on ne le fait pas et ce n'est pas grave. On se complète, on s'entraide et puis on s'allie aussi des fois pour une compétence qu'on ne maîtrise peut-être pas complètement.
- Speaker #1
Et alors pour la pédagogie, comment avez-vous fait ? Puisque ce n'était pas dans vos compétences à tous les trois.
- Speaker #2
Oui, on a recruté. Donc en fait, c'est vrai qu'il y a cette équipe de fondateurs aujourd'hui à l'école et cette équipe pédagogique. Et donc très vite, on a trouvé la personne qui pouvait incarner. la vision pédagogique qu'on voulait mettre à l'école. Et donc, on a construit tout le projet pédagogique avec notre première directrice. Et puis, en mettant en forme ce que nous, on imaginait. Donc, c'est vrai qu'il y avait une petite forme au début, peut-être un peu naïve, peut-être, un petit peu dans l'imaginaire, mais qui a... qui a très bien réussi à se mettre en place avec notre équipe dès la première année, parce qu'on a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup échangé. On a fait beaucoup de temps de réunions où on se questionnait sur comment on apprend à faire telle ou telle chose. Oui, mais alors là, tu vois, si un enfant a du mal à faire ça, comment on fait ? Donc, je pense qu'on a essayé dès le début de vraiment créer une espèce de symbiose d'équipe, où on se sent tous très alignés. Et où on puisse, comme dans l'équipe des fondateurs, déléguer. Et puis, en étant sûre qu'on était sur cette vision. Pour que la mise en œuvre, en fait, la mise en musique au quotidien, elle soit juste. Et alignée avec cette vision.
- Speaker #1
Alors, donc là, nous sommes en septembre. La yurte a été montée. La directrice recrutée. Combien d'élèves franchissent le pas du jardin ou des petites ruches ?
- Speaker #3
On a 22 petites abeilles qui rejoignent l'école dans cette rentrée 2023. Et beaucoup d'émotions. Le rêve qui se concrétise. Donc là, on rentre dans le vif du sujet. Septembre 2023, ce n'est plus les nuits blanches, ce n'est plus le huis clos en équipe. Là, tout d'un coup, on rentre dans la mise en pratique. avec les enfants. Donc tout ce qu'on a mis en place,
- Speaker #1
tout ce qu'on a imaginé,
- Speaker #3
tout ce qu'on a même voulu mettre en place dans la yurte au début, la yurte ne ressemblait pas du tout à ça. Ça s'est peaufiné avec le temps, au fil des mois et puis années ensuite. Et avec les élèves. Et avec les élèves et l'expérience de voir de quoi ils ont besoin. dans quelle direction on va, de découvrir aussi les différents profils. Parce que c'est là qu'on arrive au fait qu'on a imaginé cette école inclusive. On a imaginé de se dire, on aura un pourcentage d'enfants à besoin particulier. Et puis en fait, sur le terrain, Parce qu'on est ce type d'école et on se rend compte qu'il y a plus d'enfants que prévu. Un besoin spécifique. Un besoin spécifique. Mais en parlant aussi avec beaucoup de professionnels, on se rend compte que c'est comme ça partout. Et que nous, on a peut-être plus de réponses à ce niveau-là. Et donc, on peut aussi aiguiller les familles, les accompagner.
- Speaker #2
Et puis faire des adaptations pédagogiques hyper individualisées.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #3
voilà.
- Speaker #1
Alors peut-être qu'avant de revenir à ces enfants en besoin en particulier, et à tous vos élèves d'ailleurs, peut-être que vous pouvez nous décrire l'école, pour que nos auditeurs puissent s'imaginer. Parce que là, moi j'y suis, je sens l'odeur de la chèvre, je vois votre belle yourte. Mais peut-être, Alexandra, pouvez-vous nous faire une petite visite guidée ? Alors, il faut que ce soit très très imagé. Ah,
- Speaker #2
mais là c'est Sacha qui est la poète. Ah oui, dans l'art, c'est Sacha. Vous êtes l'architecte. Compétence. Moi, architecte, il y a une rampe en bois de
- Speaker #3
120 centimètres. Non, c'est Sacha.
- Speaker #1
Alors, Sacha, décrivez-nous l'école Les Petites Ruches.
- Speaker #3
Alors, on arrive dans cette petite rue discrète de Venue-les-Sablons avec un petit écriteau École Les Petites Ruches. Nous passons en portail en bois, homemade, bien sûr, comme tout ce qui est dans cette école que nous avons fait de nos blanchements. euh Et on arrive sur une petite rampe que l'on parcourt pendant quelques secondes, une trentaine de secondes. Et on traverse une forêt de bambous tout à fait magique. Et on rejoint la yurte, la yurte qui fait 80 mètres carrés et qui fait vraiment cocon. on rentre dans une ruche. C'est aussi ça, l'école Les Petites Ruches. On rentre dans notre petite ruche, notre petit cocon, fait de très beaux matériaux, avec du beau bois, fait par la Yurt française, qui est une super entreprise avec laquelle on a été en contact, avec laquelle on a eu un premier très bon contact dès le départ et avec laquelle on aimerait beaucoup retravailler.
- Speaker #1
euh
- Speaker #3
Et dans cette yurte, on a aménagé un module cuisine, des sanitaires, une remise. C'est une yurte moderne. On imagine toujours la yurte nomade, la yurte mongole. Enfin, fondée steak. Voilà, un peu la yurte hippie. On ne peut pas se mettre debout. C'est une yurte très moderne, toute blanche, enfin bois et blanc, avec des pompes à chaleur.
- Speaker #1
Mais que vous avez isolé phoniquement aussi.
- Speaker #3
Il y a eu un confort auditif aussi. Oui, exactement. Parce que les jours de pluie, les jours où il y a tous les enfants ensemble, ça peut être un peu compliqué. Et le jardin, alors. Et ensuite, la partie principale, c'est quand même ces espaces extérieurs qui servent de salle de classe également. Donc on a un cercle de bois où les enfants se rassemblent le matin, le soir pour entamer leur journée et clôturer leur journée. Et puis on a des espaces de travail avec des tables en extérieur. Parce qu'ils fonctionnent aussi en petits groupes où certains vont être à l'intérieur, d'autres à l'extérieur et inversement. Et puis ils vont faire du travail en mouvement dehors aussi, beaucoup. On a la Mud Kitchen, la cuisine debout, qui est l'espace de créativité. Intensif.
- Speaker #1
Cette obligité de la soupe aux pierres. Voilà.
- Speaker #3
Beaucoup de recettes qui sont mises en place dans cet endroit. Et pas que des recettes de cuisine. Je pense qu'il y a vraiment tout un tas de... d'idées créatives qui surgissent de ce lieu. Et il y a le... On part sur le saut d'obstacle. aussi parce qu'entre l'année dernière et cette année ils ne s'en laissent pas ils ont le parcours de saut d'obstacle donc ils ont une performance en EPS qui est quand même assez assez hors norme parce qu'ils sautent un mètre il y en a certains qui sautent un mètre donc c'est quand même ils sont forts mais il y a de l'entraînement il y a beaucoup d'entraînement, chaque récréation on a beaucoup de poneys dans cette école
- Speaker #1
Voilà, et la micro-ferme,
- Speaker #3
en effet, qui accueille aujourd'hui deux petites chèvres, deux lapins et des petites poules. Tu peux les nommer, Buse et Jean-Claude, s'il te plaît, et Coco et Noisette.
- Speaker #1
Où ai-je la tête ? C'est très poétique quand même, les noms des animaux. Oui, quand même. Ils sont trop vissomes. Donc voilà le cadre de travail de vos élèves, des enfants, de vos abeilles, de la petite ruche. Et donc, quelle est une journée type dans cette école, Alexandra ?
- Speaker #2
Eh bien, ils arrivent tout endormis. Ils arrivent à l'école. Il y a toujours ce temps de rassemblement où ils sont au cercle. de bois, ils peuvent vraiment dédier un temps pour leurs émotions. C'est un truc hyper important à l'école. Donc vraiment, ils prennent un temps pour déposer, faire la transition avec ce qui se passe à la maison, réussir ou non à verbaliser. Ensuite, il y a toujours un temps d'atelier le matin. On est plus sur des travaux sur table qui se rapprochent vraiment du socle commun. Donc on va travailler le matin, ils ont lecture. fauneaux pour les petits voilà donc par contre ça peut être dehors ou dedans la localisation n'a pas d'importance la météo la maîtresse la météo et aussi des enfants beaucoup parce que quand ils arrivent et qu'ils sont surexcités parce que ce week-end c'était trop cool on a passé un super week-end à faire les fous et que voilà on se dit ok on va rester dehors un petit peu Merci. Parce que sinon, ça ne va être pas possible. Donc, c'est vraiment, quand on parle de s'adapter aux besoins des enfants, je crois que ça...
- Speaker #1
Dédé le lundi matin.
- Speaker #2
Le lundi matin, on voit un peu. Et donc, le matin, il y a ces ateliers français. Donc, français, il y a une récréation, comme dans toutes les écoles. Ou ils font du saut d'obstacle et de poney. Et ensuite, on continue. Il y a un atelier de mathématiques. Donc, pareil, les ateliers de deuxième journée, enfin, de deuxième partie de matinée, ça va être de la manipulation, de la construction. Ils essaient d'être toujours, comme on dit, en mouvement, en manipulation.
- Speaker #1
Pour les mathématiques, par exemple, pour compter des bûchettes ou autre ? Ça dépend.
- Speaker #2
C'est un peu difficile. de vraiment préciser parce que ça va dépendre de la notion qui va être enseignée à ce moment-là. Donc oui, on a toujours un peu cette idée « à quel moment il compte avec des marrons ? » Ça arrive, mais c'est vrai que non, il y a vraiment de tout. Il y a des moments, les maths, ça va être de prendre une ficelle et d'arriver à mesurer la distance entre les deux arbres. Et puis l'autre, ça va être de reporter sur une bonne feuille la distance classique. Oui, parce qu'ils ont vraiment besoin des deux aussi et puis d'avoir des recours. père. Et ça aussi, je pense qu'au fil des années, on se rend compte aussi des besoins des enfants, là où ils ont besoin en plus de...
- Speaker #3
Et puis les garder préparés aussi pour la suite. Pour la transition.
- Speaker #2
Donc voilà, deuxième atelier de la matinée. Ensuite, il y a le temps du déjeuner, partagé, avec les petites gratitudes de... On mange tous ensemble. C'est chouette. Qu'est-ce qui a été chouette ce matin ? Qui passe un temps de repas commun. Et puis ensuite, c'est le temps du midi où là, c'est les échanges. Il y en a qui ont besoin de temps de lecture, d'autres qui partent directement en manipulation, cuisine debout, etc. Expérimentation. Ils restent accompagnés par notre équipe qui est là avec eux. Et puis ensuite, il y a un temps de lecture partagé ou de temps d'exposer, entre guillemets, quand un enfant a très envie de présenter quelque chose. ce week-end j'ai découvert tel livre ou ce week-end j'ai découvert découvert tel objet, c'est un moment qui est là pour ça.
- Speaker #1
Oui, un moment pour la parole aussi. Vous avez parlé d'expression des émotions le matin, mais aussi... Ils apprennent à partager.
- Speaker #2
Et puis leurs expériences, leurs petites... On les pépite, quoi. Les petits trucs dans leur vie à la maison qu'ils ramènent aussi ici pour montrer aux copains. Mon oncle m'a ramené une dent de requin. C'est intrigue. Il y a des choses... C'est aussi ramener un petit bout de chez eux à l'école. C'est chouette. Et puis les lectures partagées qui peuvent mettre en lumière un thème. Par exemple, il y a... L'équipe sent que il y a peut-être eu un petit sujet sur, je ne sais pas, une petite moquerie ou un petit truc, ce qui arrive peu, on va dire. Mais bon, ça peut être la lecture d'un petit livre là-dessus ou au contraire, un sujet d'intérêt sur une chouette. Bon, regardez, j'ai trouvé ce livre-là, donc on en profite aussi. Et puis après, l'après-midi, c'est des temps qui sont plus des temps de projets et d'ateliers. Donc là, on travaille plus en transversal. Donc suivant le lundi, mardi ou jeudi, on choisit entre guillemets le thème qui va être travaillé et puis les notions qui vont être rattachées avec des grands sous-thèmes, la géographie, comment on va travailler ça, etc. Parce qu'on a des attendus en tant qu'écolore contrat. Et puis le vendredi, ils sont en forêt. Donc on a des sorties hebdomadaires.
- Speaker #1
Toute la journée en forêt avec leur enseignant.
- Speaker #2
Exactement. Donc là, effectivement, c'est un temps plus lycée où il y a les mêmes notions qui vont être abordées, mais différemment. Et puis en forêt, avec de l'exploration, des ateliers un peu plus particuliers sur la nature parce qu'on voit, donc on apprend. Et puis, on termine toutes les journées avec un cercle pour juste décharger avant d'arriver à la maison et de dire si c'était une bonne journée. Quelles sont nos pépites ? Quelles sont nos épines ?
- Speaker #1
Oui, c'est une façon de faire école totalement différente de ce qu'on peut connaître en France, finalement. On se retrouve presque pour certaines activités des enfants. Il y a un siècle à avoir les enfants qui vont faire des cabanes dans les bois, à donner à manger aux chèvres ou aux lapins. Mais il y a cet aspect aussi d'instruction qui nous est cher dans votre chanson. Par exemple, Sacha, vous parlez beaucoup d'instruction dans la chanson « Nos enfants » . Et donc, l'instruction est intégrée dans cette vie au contact de la nature. Il y a une espèce de...
- Speaker #2
Les enfants sont des éponges. Ils apprennent quand on va faire quelque chose qui paraît anodin. On va préparer un café, ils regardent le café qu'on est en train de préparer. C'est l'école de la vie.
- Speaker #3
C'est vraiment d'être...
- Speaker #2
On ratisse. Ça, ils disent, moi aussi, je veux faire. Et c'est presque là, en fait, qu'il y a le plus d'intérêt. C'est quand un adulte va initier quelque chose. L'enfant va le voir et se dit, mais ça a l'air trop génial, moi aussi je veux transporter le ballot de paille. Mais pourquoi on a acheté de la paille ? Ah, bah pourquoi ? Tiens ! Et donc c'est des fils qu'on tire aussi pour l'école en général, mais oui, c'est de l'instruction.
- Speaker #1
Oui, là c'est pas l'adulte modèle avec le téléphone en main et que l'enfant veut imiter en allant sur un écran.
- Speaker #2
Non, on essaie d'essayer autre chose. Bah oui, c'est vrai qu'aujourd'hui on est quand même tous confrontés, même dans nos vies.
- Speaker #3
Oui, puis c'est pas la... posture du sachant et l'enfant qui doit apprendre du sachant. C'est aussi, parfois, l'adulte qui n'a pas d'idée particulière sur un questionnement. Enfin, je ne sais pas. On a cette forêt extraordinaire de Fontainebleau, avec énormément de choses à découvrir, à explorer, à ratisser dans tous les sens. Mais on peut tout d'un coup être... confronté à une question d'enfant sur une plante, sur un animal en particulier, l'adulte n'aura pas forcément la réponse. Mais justement, l'idée, c'est d'aller chercher ensemble qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour aller trouver la réponse sur telle ou telle espèce, où est-ce que ça va nous emmener, qu'est-ce qui va découler de cette information, et comment on la rattache au socle commun ensuite. C'est ça qui est... qui est hyper intéressant.
- Speaker #2
Travailler en équipe. Travailler en équipe.
- Speaker #1
Et alors, les effets sur les enfants et sur vos enfants, puisque vous avez vos enfants scolarisés l'une et l'autre aux petites ruches. Alors peut-être d'abord les enfants d'Alexandra, Léon.
- Speaker #2
Léon. Léon, il adore aller à l'école. Déjà, ça c'est hyper chouette de savoir que il adore aller à l'école. C'est important de comprendre que Léon, Il a un syndrome du X fragile, donc il a une déficience intellectuelle avec un trouble du spectre autistique et un TDA associé. Il a beaucoup de petites valises mignonnes avec lui, de petits trucs en plus. Et donc pour lui, les enjeux sont importants dans le fait juste d'avoir envie d'aller à l'école. Et ça déjà. De base, c'est une victoire. Et puis ensuite, dans le quotidien à l'école, il apprend tellement de choses. Il a plaisir à se mettre à travailler. Rien que ça, en fait, pour un enfant qui peut avoir tellement d'obstacles dans sa vie, d'avoir envie de dire, moi, allez, je vais travailler. Il est super content. Il se met à son petit bureau et c'est une super réussite, rien que ça. Et c'est un handicap qui est quand même assez lourd, Léon, au quotidien. Et pourtant, voilà, il adore ses copains. Ses copains semblent l'adorer aussi. La mère pour les deux.
- Speaker #3
Oui, carrément.
- Speaker #2
Mais il a trouvé sa place, même si ça lui demande des challenges. Et rien que ça, en fait, c'est chouette de voir qu'il peut être lui-même. et dans tout ce que... toute cette différence et être bien, et être accepté et progresser parce qu'il apprend plein de trucs. Il était hyper heureux de me dire qu'il avait reconnu le mot maman, papa et Léon et il était trop fier. J'étais là, mais ouais. Donc, non, il s'y sent super bien et il s'épanouit et rien que les habilités sociales pour un enfant avec un handicap aussi lourd, c'est...
- Speaker #1
Et donc, Léon a un frère ou une sœur ?
- Speaker #2
Il a une sœur qui s'appelle Colette.
- Speaker #1
Colette.
- Speaker #2
et Colette est aussi X fragile et c'est le moment où il faut que je devienne vite émotive pardon mais oui Colette rejoindra l'école plus tard elle a besoin de temps pour qu'il y ait une petite transition avec l'école dans laquelle elle avait ses repères comme la maternelle est toute nouvelle Colette arrive mais on fait les choses doucement pour une transition très douce Colette elle a besoin de de douceur et de s'habituer à son milieu avec douceur.
- Speaker #3
Mais elle va y être très bien.
- Speaker #2
L'équipe qui l'attend, des petites filles, ça va être trop cool.
- Speaker #3
Elle est très attendue. Apparemment.
- Speaker #1
Et donc Sacha, les retours que vous avez de vos enfants ou des autres enfants que vous pouvez voir évoluer dans la ruche ?
- Speaker #3
Je pense que le retour de tous les enfants de cette ruche, c'est quand même... Oh non, c'est les vacances ! Quand est-ce que ça se termine, les vacances ? Franchement, ils sont tous très heureux et épanouis dans cette école. Et ça, c'est une victoire. C'est de voir à quel point ils s'épanouissent, ils prennent confiance, ils sont entendus. Alors, on évolue. Je veux dire, c'est un travail de tous les jours. C'est une adaptation. On a une équipe pédagogique aux petits soins qui prend vraiment grand, grand, grand soin des enfants, qui fait son maximum pour accompagner chaque enfant dans sa particularité, dans sa différence, dans son unicité, en fait. Finalement, chaque enfant a ce besoin d'être accompagné pour ce qu'il est. et pour qu'ils deviennent qui ils sont. Bravo à Fanny et Nathalie. Voilà. Notre équipe qui est incroyable. Donc voilà. Et puis, si je dois parler pour mes enfants, je crois que ça va être très court. Ce sont des enfants heureux d'aller à l'école. Votre rêve est réalisé pour eux. Voilà. Franchement, c'est un bonheur.
- Speaker #1
Vous voyez donc, la ruche n'est pas qu'une école, c'est un écosystème finalement aussi. Alors, qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Speaker #3
On a le droit ici d'avoir un enfant qui oublie une pile de vêtements jusqu'au plafond.
- Speaker #1
Je l'ai vu voir ça tout à l'heure.
- Speaker #3
Voilà, donc l'aîné a son petit profil et son originalité aussi. Et voilà. Pour notre plus grand bonheur. Trop mignonne.
- Speaker #2
Oui, c'est un écosystème. On essaie de créer quelque chose.
- Speaker #0
Je pense que tous les trois, on aime aller vite. Surtout nous deux. Christelle a tendance à nous tempérer.
- Speaker #1
Calmez-vous, les filles.
- Speaker #0
Heureusement qu'il est là.
- Speaker #1
Si on nous laisse enrouler, c'est une catastrophe.
- Speaker #0
Mais après, on est sympathiques. Mais oui, on a envie de...
- Speaker #1
Ce qu'on appelle les cerveaux arborescents.
- Speaker #0
Mais oui, on a envie de créer un vrai écosystème, un écolieu, un éco... Tout ce qu'on veut. Un espèce de petit endroit dans lequel on ne sait pas mettre un mot. Alors, il y a les tiers lieux et tout. Je pense que ça ne correspond pas non plus à ça. C'est juste les petites ruches. Un lieu. Un lieu avec un grand L. Et oui, on essaie d'ouvrir. On essaie d'ouvrir, ça marche très bien. Le Club Nature qui est ouvert pour tous les enfants qui veulent s'inscrire pendant les vacances scolaires. Et les mercredis. Les mercredis, avec une super équipe.
- Speaker #2
La même équipe.
- Speaker #0
Alors, il y a Mélanie qui est là.
- Speaker #1
Oui, il y a Mélanie qui est notre pédagogue enseignante de la maternelle, mais qui a démarré avec nous sur le Club Nature depuis quasiment le début. Et qui est vraiment une référence du Club Nature. Donc, elle continue une partie des vacances scolaires et une partie des mercredis. Et puis après, c'est une autre équipe. Et on a une équipe de pédagogues par la nature. Super, on est ravis de notre équipe Club Nature. Et les enfants sont ravis. Donc, on accueille les enfants.
- Speaker #2
C'était dans un petit Parisien. Pas forcément. Non, non, non.
- Speaker #1
On a beaucoup d'enfants du territoire ici. Mais c'est vrai qu'on a eu, on a quelques profils aussi d'enfants qui, pendant les vacances, viennent avec leurs parents qui, par exemple, vont faire du télétravail. dans le coin, et puis qui inscrivent leurs enfants pour la semaine. Et donc, oui, pour les enfants qui vivent en ville, c'est vraiment précieux. C'est une découverte.
- Speaker #0
Ils vont demander à leurs parents de déménager.
- Speaker #1
Très précieux.
- Speaker #0
Très précieux. La petite chiourde, et puis après, ils vont voir les animaux.
- Speaker #1
Il y a des lapins ! Ils aillent le faire entre forêt et ici, et le site de l'école. Mais ils font beaucoup de journées pleines en forêt. Et voilà, il y a beaucoup, beaucoup de découvertes d'activités manuelles, sensorielles. Puis on a des profils un peu plus âgés parfois, qui ont 7, 8, 9 ans, et qui sont dans des contextes urbains, et puis qui arrivent un peu... Ouais, non mais moi je suis un peu trop grand pour ça. Pas du tout. Pas du tout finalement. très très très heureux il y a aussi ce truc de la redécouverte de l'enfant en soi parce que on voit quand même dans le système classique on s'éloigne un peu de cette de ce côté primaire de d'être au contact du vivant de toucher de jouer de jouer le jeu libre c'est tellement important pour les enfants ... Et donc, il y a certains enfants qui n'ont plus l'occasion vraiment d'expérimenter ça. Et le Club Nature va venir les reconnecter avec ça. Et en fin de semaine, les familles disent que ça les a transformées. C'est incroyable, c'est une expérience magique. Et voilà, ils les réinscrivent. On a beaucoup d'enfants qui sont fidélisés, qui sont contents de revenir d'un coup sur l'autre. Puis après, il y a tous les ateliers qu'on veut mettre en place aussi.
- Speaker #0
Oui, on espère pouvoir mettre ça en place, des ateliers de sensibilisation. On l'a déjà fait, mais on aimerait bien sensibiliser les écoles, les parents aux handicaps ou aux troubles de l'apprentissage. Et de comment on fait pour inclure un enfant qui peut paraître turbulent, mais en fait, il a juste besoin d'un timer, d'un petit séquentiel et puis ça va. Et voilà, donc d'essayer d'ouvrir les portes un peu aussi de ce qu'on met en place pour les enfants. Et puis aussi de dialoguer avec les parents qui peuvent des fois être un peu démunis. C'est vrai que l'entrée dans cette porte de handicap, c'est un mot qui rassemble beaucoup de choses et le spectre est quand même grand. Mais de la difficulté, quand on dévie un peu du chemin, ils peuvent être un peu perdus et se dire « mais c'est un drame, mon enfant, on ne va pas y arriver » . arrivé, moi je sais pas, il faut que j'appelle qui, quoi, comment, etc. C'est vrai que de pouvoir avoir ce volet dans notre poche, de pouvoir dire on fait une soirée où on discute de ça, où on accompagne, on le fait pour nos familles ici, mais c'est vrai que de pouvoir l'ouvrir à plus large,
- Speaker #2
ça serait chouette,
- Speaker #0
même à titre personnel, parler plus du X fragile, enfin voilà, c'est des choses... qui nous tiennent à cœur. Et puis de valoriser le travail qui est fait par Fanny, par Nathalie, par Mélanie. C'est aussi hyper important pour nous. Ouais, je pense.
- Speaker #2
Merci en tout cas pour tout ce que vous faites. Et alors, est-ce que vous avez un message à des personnes qui créent des écoles, mais en ville, pour qu'ils aient le moyen de proposer aux enfants d'avoir un contact avec la nature ? Qu'est-ce qui vous paraît important ? et qu'est-ce que... qu'il pourrait être bon de faire pour venir en forêt de Fontainebleau et si tous les vendredis ils vont rejoindre ? Oui !
- Speaker #1
Déjà, végétaliser les espaces urbains, végétalisons les villes. On peut, dans des espaces confinés, développer beaucoup de choses en termes de nature. Et apprendre, accompagner les enfants de De la graine jusqu'à la plante magnifique et luxuriante. Voilà. Enfin bon, ça c'est un basique. Mais en ville, il y a des parcs, il y a des...
- Speaker #0
Je pense qu'il ne faut pas avoir trop peur de tenter des choses. Il y a de plus en plus d'écoles qui tentent l'école du dehors. Il y a des programmes qui ont été faits pour les systèmes publics. Il y a les projets NEF, il y a plein de choses qui sont faites pour le public, mais qui s'adaptent aussi à du privé, etc. Et qu'on soit en ville, à la campagne, peu importe. De ne pas essayer de proposer des choses. J'avais un collègue qui me disait toujours, quand j'étais architecte, il me disait, en fait, le nom, tu l'as déjà. Donc, va chercher le oui. Et ce truc m'a suivie. Mais oui, Emmanuel a été mon guide. Non, mais c'est vrai qu'en fait, je pense qu'il ne faut pas hésiter de leur dire « Ok, on est en ville, mais ce n'est pas un frein. La ville est en lien avec la nature. Un arbre dans Paris, centre, il y en a une voie. Il y a des initiatives de mettre une petite jardinière autour, de faire pousser un truc avec les enfants, de se dire « On va observer, on va mettre un petit hôtel à insectes. » combien il y a d'insectes. Enfin, c'est du petit lien, mais ça reste ça.
- Speaker #1
Il y a des superbes initiatives qui sont mises en place en ville. Les jardins partagés, il y a quand même beaucoup de...
- Speaker #2
En tout cas, vous voyez un énorme bénéfice lorsque la nature est présente dans les apprentissages des enfants.
- Speaker #0
C'est indéniable. Je pense que il y a des études qui sont en train d'être menées, parce que nous, on a été interrogés, donc je ne sais pas exactement quand ça va sortir. sur l'impact de la nature sur les enfants dans le cadre scolaire, tout comme auprès, au contact d'animaux. Mais c'est sûr, en fait, ça les accompagne au quotidien. Et il y a des études plutôt côté Canada-États-Unis qui ont un rapport un peu différent, qui est plus documenté là-dessus. Mais c'est sûr qu'ici, nous, on le voit, il y a des enfants qui avaient même des phobies scolaires ou autres. qui est aujourd'hui juste le fait de se dire on va être dans le jardin, on va pouvoir mettre les mains dans la terre et tout, ça leur donne déjà... Ils sont trop contents.
- Speaker #1
Et puis ce jeu libre au contact du vivant qui est tellement important, mais en fait on revient à quelque chose de fondamental qui était déjà comme ça avant, l'époque de nos grands-parents, parents, qui vivaient, qui étaient quand même beaucoup plus... les espèces de liberté aujourd'hui sont quand même très réduites.
- Speaker #0
Et puis le téléphone. Les enfants, quand il y a un sujet, il y a une super application qui permet de faire ça. Alors oui, c'est une réponse. On n'est pas du tout anti-écran. Il y a des superbes applis qui sont faites pour les enfants de 10. Il y a des superbes choses qui sont créées. Mais ce n'est pas la réponse adaptée de premier abord. tout le temps la bonne réponse. On voit dans les classes les super TBI, je crois que ça s'appelle, les super écrans dynamiques, on peut faire la lecture sur la télé. Oui, mais en fait...
- Speaker #2
Venez écrire dans la terre et dans la bouche. Oui, oui,
- Speaker #0
et j'adore. Bon.
- Speaker #2
Et alors, j'ai vu avant de partir, là, que vous étiez inscrite au prix étincelle de la Fondation pour l'école. Sur le sujet, attention, la nature et l'école, l'émerveillement à la connaissance, alors... On attend avec impatience de voir ce que vous allez offrir aux autres écoles.
- Speaker #0
Nat.
- Speaker #2
Merci beaucoup Alexandra, merci beaucoup Sacha. Et à très bientôt alors.
- Speaker #1
Merci, à bientôt. Au revoir.
- Speaker #3
Merci. Ce podcast vous a été présenté par la Fondation pour l'école, fondation reconnue d'utilité publique. Elle agit depuis 2008 en vue de permettre la réussite de chaque enfant, de contribuer à la qualité du paysage scolaire, et d'inspirer les acteurs du renouveau éducatif. Son action passe par le soutien, la formation et la promotion des écoles libres dites hors contrat, appelées aussi indépendantes. Pour soutenir financièrement ce renouveau, rendez-vous sur le site de la Fondation pour l'école, www.fondationpourl'école.org