Speaker #0Hello, bienvenue dans le podcast Dessine-moi une maison, le podcast qui interroge nos espaces de vie, nos maisons et la manière dont on y vit. Je m'appelle Elodie, je suis coach et architecte d'intérieur pour Maisons et L'Hôte. Pendant 10 ans, j'ai accompagné mes clients dans leurs projets de rénovation, de l'étude jusqu'à la gestion de leur chantier. Aujourd'hui, je suis coach en aménagement intérieur pour t'aider à dessiner ta maison idéale. Dans ce podcast, je mets mon expertise et mes connaissances à ton service pour t'amener à réfléchir sur ta façon d'habiter. Mon objectif ? t'aider à visualiser ta maison idéale et à définir le mode de vie qui te correspond vraiment. Avec ma bonne humeur, j'explore nos intérieurs à travers le prisme de l'histoire et l'évolution de nos modes de vie actuels. Mon ambition ? Te donner les clés pour devenir autonome dans la conception de ton lieu de vie. Tu es prêt ? Alors c'est parti pour l'épisode du jour ! Commençons ce nouvel épisode de Cogitation Intérieure. Je vais d'abord vous demander... de vous projeter un petit peu. Fermez les yeux et imaginez que vous êtes chez vous. Imaginez un instant, tout va bien. Vous êtes au chaud, Netflix tourne en fond, votre téléphone est à 12%, mais vous êtes assez confiant. Et là, bam, coupure générale, fini, blackout total. Le noir complet, le silence, plus de lumière, plus d'électricité et plus rien qui fonctionne. Eh bien, c'est exactement ce qui m'est arrivé il y a plusieurs années. Alors qu'il y avait une tempête en Picardie. J'ai vécu à l'époque une vraie coupure de courant. Plusieurs jours, sans électricité, et à l'époque j'étais encore assez jeune, j'étais au collège, et ça a vraiment changé la vision que j'avais de la maison. J'ai l'image dans la tête d'un petit cocon confortable qui était ma maison, avec mes Ausha l'intérieur, les éléments extérieurs qui se déchaînent, et un espace qui d'un coup devient... complètement inadaptés et inutilisables en fait. Et qui, à mes yeux, perdent ces repères habituels. Donc je suis complètement perdue dans un environnement que je connais par cœur. Donc on va parler d'un sujet un petit peu particulier aujourd'hui. On va parler de situation d'urgence immédiate. Oui, c'est un gros gros mot on va dire, mais j'ai envie de vous partager ça parce que ça fait partie de la manière dont je vois aujourd'hui les espaces et surtout de la manière dont je vois le mien. Donc je me suis dit que ça pourrait être intéressant de vous le partager. Je pense que c'est un sujet qui peut être intéressant à traiter. Le plus marquant à ce moment-là, hormis la solidarité collective qui s'est mise en place entre mes voisins et ma famille, c'est de me rendre compte qu'un simple objet, qui était un générateur à essence et un réchaud à gaz, nous avait permis de vivre plus ou moins normalement dans cette soirée. À ce moment-là, je me suis rendu compte qu'en fait, de simples éléments rangés au fond du garage pouvaient être un grand secours. Et pourtant, ces objets-là, pour moi, ils n'avaient aucun intérêt avant que je me rende compte qu'ils pouvaient nous permettre de manger. C'est un tout petit événement en soi. C'est juste une coupure de courant et des éléments un petit peu perturbants dehors. On est bien d'accord. Mais en fait, cette expérience, elle va changer la vision que j'ai des objets qu'on peut avoir à l'intérieur de la maison et aussi de la structure même de la maison. Parce qu'à ce moment-là, il n'y a plus d'électricité et... je remonte de mon sous-sol après qu'on ait été cuisiné là-bas parce qu'il y avait ce qu'il fallait en bas je remonte et je me rends compte qu'en fait je suis en train d'essayer d'appuyer sur des interrupteurs qui ne fonctionnent pas je n'ai plus de repères parce que la lumière elle est tellement tamisée que les espaces je les reconnais plus comme d'habitude je suis un petit peu perdue dans mon environnement habituel et c'est assez déconcertant Cette expérience a complètement changé la vision que j'avais des objets que l'on pouvait avoir et aussi de la structure même de ma maison. Parce que si l'appréhension tactile et fonctionnelle de ma maison a changé ce soir-là, car son utilisation n'était plus possible de la même manière, en vérité, c'est la fonction première de protection de ma maison qui a été mise à mal. Et j'ai compris grâce à mes parents ce soir-là l'importance d'en faire un outil. Un outil qui nous accueille et surtout un outil qui doit nous protéger. Cette tempête, ce n'était pas un cataclysme planétaire, on est bien d'accord. Ce n'était pas une guerre. Ni une apocalypse zombie, c'était juste un gros coup de vent. Et pourtant, en quelques heures, notre maison s'est transformée en une coquille vide. Alors imaginons un instant si demain, une catastrophe plus sérieuse survenait. Est-ce que nos habitats seraient capables de nous soutenir ? C'est la grande question que je me pose. Votre maison, un petit cocon douillet, et bien cette forteresse de high-tech bourrée d'options, que même une voiture Tesla jalouserait, devient un caillou un petit peu décoré. Et bien moi j'ai vécu ça. Une vraie tempête, une vraie coupure de courant et soudain, c'est comme si la maison, elle avait oublié comment être une maison. Enfin du moins, j'ai peut-être moi oublié comment me servir de ma maison sans certaines fonctions. J'ai compris des choses après ça. Ma grand-mère, pendant que nous paniquions à savoir comment recharger nos téléphones, avait tout compris déjà. De son vécu et son expérience liée à la guerre, son attitude ce soir-là, elle a dû être très différente. Cette femme, elle, elle savait ce qu'était une maison qui protège. Il est vrai que le mode de vie rural dans lequel elle a évolué aide un petit peu. Mais le simple fait d'avoir un cellier, d'avoir une gazinière indépendante du réseau, m'a prouvé qu'elle était bien plus préparée que nous à un bug de la société moderne. J'ai... toujours vu ma grand-mère ranger des provisions dans le cellier, avoir des outils anciens et qui me disaient on sait jamais, ça peut servir, non mais ça, s'il n'y a plus ça, on peut faire ça et je n'avais pas compris en fait à l'époque et j'avoue que cet événement, cette petite tempête elle m'a permis de voir clair à travers tout ça. Et c'est à ce moment-là que je percute. Est-ce qu'on ne devrait pas tous penser de cette manière-là ? Être un minimum prévoyant pour anticiper ? Est-ce que cette vision démodée qu'elle avait en fait depuis des années Elle n'était pas finalement nécessaire en tout temps. Cet événement m'a donc permis de me poser une grande question qui pour moi restera gravée. Je me suis demandé, nos maisons, est-ce qu'elles sont encore faites pour ça ? Est-ce qu'elles sont encore faites pour nous protéger finalement ? Pour nous nourrir et nous garder en sécurité ? Ou est-ce que c'est juste devenu un showroom pour aspirateurs connectés ? Et puis il y a eu un autre test grandeur nature. Le Covid, bonjour. Pas de tempête, pas de blackout, pas de guerre nucléaire. Et pourtant, nos maisons, elles se sont révélées être de véritables p... piège à désespoir. Je grossis le truc, évidemment. Tout à coup, tout le monde s'est mis à haïr son propre canapé, son bureau, qui est devenu une annexe de l'enfer, et on a découvert que nos 45 mètres carrés, c'était pas vraiment fait pour vivre H24 dedans. Donc on a pris conscience qu'on avait conçu nos maisons pour y dormir, y manger vite fait, mais pas pour y vivre vraiment. Un espace de vie qui devient en fait un espace de survie, ça fait réfléchir. Donc est-ce qu'on ferait pas une... petite analyse de ce qu'est notre habitat aujourd'hui, de la manière dont on vit. Bon, soyons honnêtes, nos maisons modernes, elles ne sont pas conçues pour survivre à grand chose. Elles sont très design, elles sentent bon l'optimisation, elles sont hyper pratiques, j'entends quand elles sont bien pensées, on est bien d'accord. Tant que tout fonctionne, tout va bien. Par contre, dès qu'il y a un petit bug dans la matrice, on se retrouve à manger du pain sec sous une couette polaire. Parce que sans chauffage, qui est tout électrique, et bien il se passe quoi ? Et si l'électricité saute, vous vous transformez en bonhomme de neige. S'il n'y a plus de lumière, on oublie les bougies parce que c'est ringard et qu'on n'en met plus. Donc on éclaire avec des LED de partout, mais quand il n'y a pas de courant, on n'a pas de lumière. Dans la cuisine, par exemple, le four dernier cri tactile à 2000 euros, avec lequel on peut préchauffer son petit plat à l'avance en wifi, il est super bien, mais quand on a besoin de se faire à manger, et encore une fois qu'il n'y a pas d'électricité, ça ne marche pas. Voilà, donc on passe à la boîte de raviolis froid, et puis c'est tout. Bref, en gros, on a optimisé nos maisons comme des iPhones. Élégant, performant, et si on coupe la batterie, il n'y a plus rien dedans. Donc finalement, on a construit nos maisons un petit peu comme si la société ne pouvait pas dérailler. Du moins, elle n'a pas le droit, parce que sinon, c'est très compliqué. Et oui, parce qu'en fait, maintenant, nos maisons sont devenues des assistées de la société de consommation. Elles ne produisent plus rien, elles ne stockent plus rien. Elles n'assurent même pas un minimum de survie. Je vous donne des petits exemples. On ne stocke pas de nourriture car on a Uber Eats. On utilise énormément l'électricité pour se chauffer et on se dit qu'une panne ça n'arrivera jamais. On ne filtre pas l'eau de pluie parce qu'on a toujours le robinet, pourquoi on se casserait la tête ? C'est une confiance aveugle en fait dans un système qu'on peut arrêter du jour au lendemain. Donc regardons nos maisons aujourd'hui. Elles sont hyper équipées, elles sont design, elles sont bourrées de gadgets, ça c'est super. On peut allumer la lumière avec la voix, on peut régler notre chauffage à distance, ce qui est super pratique. On peut surveiller notre frigo avec notre téléphone, mais en cas de coupure de courant, clairement, tout ça, ça ne sert strictement à rien. Nos maisons, elles sont conçues pour être confortables, mais elles ne sont pas conçues forcément pour être autonomes. Elles dépendent entièrement d'infrastructures extérieures pour fonctionner en fait. L'électricité, l'eau, le chauffage, internet. Si un élément saute, en fait, c'est tout le mode de vie qui s'effondre. Alors, c'est vrai qu'aujourd'hui, on a un confort de vie génial et on arrive à mettre en place des choses qui sont super pratiques au quotidien. Mais le problème, c'est qu'on n'anticipe pas le fait que ça ne puisse plus fonctionner. Donc si les besoins vitaux nécessaires à l'humain sont l'eau, l'énergie, la chaleur, la communication et la santé, si on regarde bien, une maison devrait avant tout répondre à ces cinq besoins fondamentaux. L'eau parce que sans eau potable, une maison devient invivable en trois jours. L'énergie parce que, pas forcément de l'électricité, mais au moins un moyen de se chauffer et de s'éclairer. Ensuite on a besoin de chaleur. L'hiver sans chauffage central clairement c'est pas possible et on redécouvre les joies du Moyen-Âge donc évitons. Pour ce qui est de la communication, en cas d'urgence on se rend vite compte que sans moyen contact en fait c'est très très compliqué et ça peut facilement poser problème. Au niveau de la santé... En fait, le stockage de médicaments, les premiers soins, c'est un peu la sécurité de base et c'est quelque chose qu'on a complètement supprimé. Nos maisons, en fait, elles ne produisent plus rien, elles ne stockent plus rien et elles ne nous permettent pas de vivre sans aide extérieure. Tout est pensé pour le confort immédiat mais pas pour la durabilité. En fait, on est totalement dépendant d'un système. On chauffe avec du gaz mais tout ça, ça vient d'ailleurs en fait. On achète de l'eau en bouteille mais on ne la récupère pas. On stocke quelques jours de nourriture max et après on compte sur les supermarchés. ou Uber Eats, en fait c'est comme si on avait débranché le mode survie de nos habitations pour les remplacer par des options de confort un peu éphémères. Et le problème c'est si tout ça s'arrête demain. Alors on s'arrête, on s'entend, imaginons qu'il y a un bug dans la matrice comme je l'ai dit tout à l'heure. L'idée ce serait peut-être de penser une maison résiliente, de repenser l'habitat pour qu'il soit un petit peu plus autonome. Parce que si on arrive à mettre de la domotique dans nos maisons, à connecter tous nos appareils, C'est avant tout pour pouvoir être plus indépendant et ne plus dépendre de notre maison. Le seul truc, c'est que tout ça, c'est censé nous faciliter la vie. Mais nous faciliter la vie, c'est aussi arriver à vivre correctement. Donc la question que je vous pose aujourd'hui, c'est qu'est-ce qu'on devrait mettre en place chez nous, simplement pour avoir ces principes de base qui seraient assurés ? Qu'est-ce qui se passerait si on arrêtait de tout miser sur des infrastructures extérieures ? Et comment est-ce qu'on pourrait rendre nos habitats un petit peu plus autonomes ? On reste dans la limite du raisonnable, on n'est pas sur un principe survivaliste ou quoi que ce soit. Simplement, redonnons à nos maisons leur définition d'abri principal, revenons à l'essentiel, à la base, les maisons c'est censé nous protéger, nous sécuriser et nous faire vivre en fait, survivre. Quand on parle de l'habitat idéal ou de l'habitat du futur, on a tendance à voir des principes très utopiques, très élitistes, l'isolation... le zéro carbone, etc. Est-ce qu'on ne pourrait pas se demander, aujourd'hui, en toute humilité, est-ce que la maison de demain ne pourrait pas simplement être résiliente, c'est-à-dire nous offrir une protection et avoir une certaine autonomie, ce qui aurait aussi des avantages à tout niveau, on est bien d'accord, simplement nous offrir un confort en cas de problème ? Est-ce que notre maison ne devrait pas pouvoir se déconnecter du réseau quand il y a besoin, en cas de problème, simplement ? Donc moi c'est des questions que je me pose et que je me suis posé pour ma maison et que j'applique chez moi et que je vais appliquer pour certains points. Et ils rejoignent les cinq points qu'on a donnés. Le premier point pour moi c'est l'eau. Aujourd'hui moi je bois de l'eau en bouteille. C'est quelque chose que je dois transformer parce que je suis trop dépendante de ça. Déjà passons sur le fait que c'est la galère d'aller se chercher les packs d'eau, que ça pèse lourd et que c'est fatigant et ça demande du temps. Est-ce qu'on pourrait pas recycler et récupérer l'eau de pluie dans l'intérieur de nos maisons ? Pour la boire dans un premier temps, l'eau de pluie peut être utilisée et filtrée, mais c'est peut-être aussi des automatismes un petit peu plus légers. Par exemple, quand on lave ses légumes, l'eau n'est pas vraiment sale en fait, et pourtant on la rejette dans le tout à l'égout. Est-ce qu'on pourrait pas se dire que cette eau, elle peut être récupérée par exemple pour être mise dans la réserve des toilettes ? Voilà, en fait, je lance juste des pistes. Je ne vous donne pas de solution là, je vais juste lancer des pistes pour vous faire réfléchir. Ça fera certainement l'objet d'un autre épisode de podcast, mais là j'ai juste envie que ça vous ouvre des petites portes. Ensuite pour le chauffage, est-ce que simplement avoir chez soi un petit poêle à bois pourrait pallier simplement au fait que si un jour on n'a pas de chauffage, d'ailleurs c'est certainement arrivé à énormément d'entre vous, un chauffage qui ne marche plus, c'est très compliqué. Parce que le temps que le dépanneur se bouge, le temps que ce soit réglé, qu'il ait la pièce, que ce soit réparé, vous avez le temps d'avoir froid. Simplement un poêle dans une pièce. A l'époque, on avait tous un poil dans la chambre parce que c'était le lieu où il fallait ne pas mourir de froid l'hiver. Ça peut peut-être juste sauver la situation et rendre la situation bien plus confortable. On n'est pas en train de parler de survie en mode survivaliste. On est juste en train de parler de survie en mode confort. Pour moi, là, on est encore dans le confort. Pas le confort de, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, la domotique des gadgets, etc. Mais simplement le confort de base, en fait. Ne pas avoir froid, ne pas avoir soif, pouvoir s'éclairer, voilà. vraiment les principes fondamentaux. Ensuite, est-ce qu'on ne pourrait pas, par exemple, avoir un automatisme d'avoir chez nous, à l'intérieur de nos maisons, qu'ils soient portables, intégrés dans la maison, peu importe, des systèmes de production d'électricité ou du moins d'énergie indépendants ? Le solaire, l'éolien ou simplement des générateurs permettraient des fois de nous sauver la mise pour des petites choses. Demain, il y a une coupure d'électricité, on peut très bien aller recharger nos téléphones portables sur une petite batterie solaire. C'est des choses assez simples, des choses assez petites, mais c'est vrai qu'on n'a pas ces automatismes parce qu'on est tellement habitué à avoir tout, qu'on ne se pose même pas la question de savoir si demain il peut y en avoir encore ou pas. Le dernier élément qui pour moi me parle, je vais pas dire le plus, mais qui est le plus relié à mon métier, ça va être le stockage des denrées non périssables et des médicaments. Alors je commence par les médicaments, simplement pour vous dire, l'idée c'est pas de stocker des médicaments, simplement d'avoir une trousse de secours et le matériel nécessaire chez soi. En cas de problème, moi la première, mes enfants tombent deux fois dans la journée, je sais pas si j'ai assez de pansements pour gérer la situation. Voilà, parce qu'en fait on est tellement habitué à... Il y a un problème, c'est pas grave, on prend la voiture, on va chercher. Voilà, on est habitué à être dans une société de consommation dans laquelle tout est accessible, et c'est normal. Mais est-ce que ce serait pas un peu malin d'anticiper les choses ? Est-ce qu'on peut pas avoir des éléments intérieurs, des rangements, je ne sais, des objets peut-être, qui nous permettent d'avoir des éléments de premier secours ? Et ensuite, pour le stockage des denrées, donc de la nourriture, il y a un problème aujourd'hui, c'est que la cuisine, on va vraiment la penser comme un lieu de production. immédiate. On va penser la cuisine pour faire à manger un instant T. On ne pense plus la maison pour stocker. Alors moi, encore une fois, je retourne à mes origines, venant d'une famille d'agriculteurs et en milieu rural, j'ai toujours vu ma grand-mère qui stockait et qui produisait des choses faites pour être stockées. On stockait énormément de fruits en bocaux, des légumes en bocaux, et tout ça s'était stocké dans les caves. Et on n'était jamais en galère de se dire j'ai pas ceci, j'ai pas cela. Il y avait un stock de nourriture. Après c'était du travail, on est bien d'accord, c'était de l'organisation, mais la maison devenait un élément, j'ai envie de dire vivant, dans lequel on pouvait autant se nourrir que se chauffer, que s'abriter. Et moi c'est vraiment ce qui me plaît dans la maison, c'est qu'elle devienne un outil, un outil de stockage, un outil de production, et c'est vrai qu'aujourd'hui comme on l'a dit, on ne produit plus avec nos maisons. On est dépendant de la société, de consommation, du réseau dans lequel on est. Et peut-être que ce serait bien, simplement pour notre liberté mentale, j'en sais rien, de pouvoir être serein là-dessus en se disant c'est pas grave, en cas de problème, j'ai un petit kit de secours, c'est pas grave, en cas de problème, on a le stockage de l'eau dans le jardin qui nous permet d'avoir un minimum d'eau potable. Demain, on peut avoir notre mode de chauffage qui tombe en panne, c'est pas grave, on aura toujours la possibilité d'avoir un petit point chaud quelque part. Demain, on peut ne plus avoir d'électricité, on pourra quand même brancher nos téléphones et communiquer avec les autres. Parce qu'on a une mini batterie chez nous. Voilà, en fait, est-ce qu'on pourrait pas revenir aux fondamentaux oubliés ? Nos maisons, autrefois elles étaient conçues pour nous protéger du monde extérieur, mais aujourd'hui elles sont devenues des lieux de confort total. Elles sont déconnectées de toute idée d'autonomie. Et si l'avenir c'était pas de les rendre plus connectées mais plus indépendantes ? Je dis pas qu'il faut enlever tout ce qui est connecté, je pense que l'idée c'est plutôt d'en faire un mix. Est-ce qu'on doit vraiment attendre une crise pour comprendre que notre maison devrait être capable de nous garder en sécurité, avec ou sans la société qui l'entoure ? Je vous laisse sur cette question, si demain tout s'arrêtait, est-ce que vos maisons vous permettraient de survivre et est-ce que ce seraient des lieux sécurisants pour vous ? J'espère que ce sujet vous a plu, que ces questions vous ont interrogé quelque peu, même si elles peuvent paraître un petit peu extrêmes, je pense que c'est vraiment retourné au fondement. de nos lieux de vie et de pourquoi on habite. Cette question, elle est apparue par hasard suite à l'enregistrement du premier podcast et j'avais juste envie de vous faire part de mes réflexions, de vous questionner un petit peu là-dessus, parce que oui, avant, on vivait dans des grottes simplement pour arriver à survivre, alors qu'aujourd'hui, on en est très très loin. Et est-ce que finalement, c'est une bonne chose qu'on ait oublié cette partie survie et qu'on fasse partie d'un tout ? Ou est-ce que c'est un petit peu dangereux, finalement, de vivre au jour le jour ? Ça me fait un petit peu penser à la fable de La Fontaine, La Cigale et la Fourmi. Voilà, on en est un petit peu là. Donc, je vous laisse sur ces interrogations. J'espère que ce podcast vous aura plu. Je vous souhaite une bonne journée, prenez soin de vous et à très bientôt.