- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans ce podcast Destination Amérique du Sud, l'émission qui vous fait voyager depuis chez vous. Toute l'équipe des agences Voyages Exceptionnes et moi-même sommes ravis de vous faire découvrir l'Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou et le Paraguay. Au travers des quatre rubriques de ce podcast, nous vous donnons un aperçu des merveilles à explorer de ces destinations.
- Speaker #1
Dans ce nouvel épisode, Marilys nous emmène en Atacama pour découvrir le phénomène éphémère annuel du désert fleuri. Puis Fabien nous raconte l'histoire des pionniers de l'aviation qui ouvrirent la mythique ligne aéropostale au début du XXe siècle. Nous recevons ensuite Alain d'Etigny, le fondateur des agences Excepción, pour une interview sur les vins chiliens. Pour ceux qui souhaitent en connaître davantage sur l'aéropostale et les débuts de l'aviation, nous conclurons par une recommandation culturelle. Bonne écoute ! Faisons cap au nord du Chili, là où l'aridité règne, jusqu'au jour où le désert se couvre de fleurs. Bienvenue dans notre rubrique carnet de voyage pour découvrir aujourd'hui avec Marilys le miracle éphémère de l'Atacama fleuri.
- Speaker #0
On est allé explorer le désert fleuri. Cela faisait des années qu'on l'attendait. Et durant le printemps austral 2022, Le spectacle de la nature a de nouveau frappé. Le désert d'Atacama est en fleurs. Le temps de quelques mois, ce territoire le plus aride au monde devient un endroit privilégié. A la fois rare et éphémère, le phénomène cyclique du désert fleuri se manifeste à la suite de conditions climatiques spécifiques. Et la surprise est de taille car cette année, la floraison est particulièrement abondante. Pour bien commencer le printemps, nous embarquons au petit matin du premier jour de ce mois d'octobre vers la ville de Copiapó, capitale de la troisième région. San Pedro de Atacama jouit aussi de ce phénomène, mais l'épicentre se situe plus au sud, dans la région Atacama, San Pedro appartenant à la région d'Antofagasta. Le soleil se lève tranquillement sur le désert au moment même où nous atterrissons. Depuis l'avion, nous pouvons déjà apprécier la vue sur les dunes de sable, vêtues de leur plus bel apparat, de remarquables. couverture florale aux teintes variées. Le patchwork fleuri propose un éventail de couleurs allant d'un doux bleu à un fucsia profond en passant par le jaune, le blanc, l'orangé ou encore le rouge. Nous n'avons qu'une hâte, arpenter ces terres arides aux tonalités contrastées. A la sortie de l'aéroport, nous retrouvons un couple d'amis dont le mari est originaire de la région. Nous ne pouvons qu'être entre deux meilleures mains pour le week-end. Ni une ni deux, nous voilà tous les cinq à bord de leur véhicule Prêt pour cette nouvelle aventure ? Lunettes de soleil sur le bout du nez, bouteilles d'eau bien fraîches en poche, et carnet sur la fleur endémique en main, le moteur se met en route. Nous baissons à l'unanimité les fenêtres de la voiture afin d'apprécier la brise matinale provenant de la côte pacifique. Les conditions météorologiques de ce week-end sont idéales, les pronostics annoncent un grand ciel bleu et une vingtaine de degrés sur l'ensemble du séjour. Mais c'est un phénomène climatique bien distinct qui nous permet aujourd'hui d'apprécier cette métamorphose du désert. Entre juin et juillet, Les quelques jours de précipitation n'ont été ni trop forts ni trop faibles pour mettre en marche la magie des septembre. A l'origine de ces pluies se cache le phénomène El Niño. Il s'agit d'un courant côtier saisonnier qui engendre un réchauffement des courants marins du littoral, produisant une hausse des précipitations hivernales. Cependant, et ce pour la troisième année consécutive, nous avons eu affaire à son phénomène inverse. La Niña, une vague de froid. Ce phénomène inhabituel et inattendu fait de la floraison 2022 une année exceptionnelle. Et c'est ainsi que tous les 5 à 10 ans, le désert offre en spectacle une grande diversité de fleurs. Ce seraient plus de 200 espèces végétales endémiques du Chili, dont 14 d'entre elles sont en voie d'extinction, qui fleurissent sur les sols arides du désert. Un point commun à ces végétaux, ils sont géophytes, c'est-à-dire qu'en période sèche, leurs bulbes restent enfouies sous terre en état de latence. A la suite des précipitations d'hiver, elles s'épanouissent dès les premiers jours du printemps suivant. Les plus connues d'entre elles empruntent même les noms de la faune locale, comme les oreilles de renard ou encore les pattes de wanako. Bien que les fleurs leur volent la vedette, d'intéressants petits arbustes, succulentes et cactus, cohabitent également sur ce territoire. Par ailleurs, le désert fleuri attire de nombreux pollinisateurs. Un défilé d'insectes nous accompagnera tout au long du week-end. De nombreuses sauterelles et papillons, mais aussi quelques lézards, oiseaux. scorpions et certains mammifères tels que les renards, les guanacos et les petits rongeurs. Grâce à l'expérience et aux connaissances de terrain de notre guide, nous savons que les endroits les plus impressionnants pour observer ces tapis de fleurs se situent du nord de de la ville de Copiapo jusqu'au nord de la ville de Vallenar, en passant par le parc national Llanos de Ausha et le parc national Pan de Azucar. Ayant déjà visité ce dernier à une précédente occasion, nous nous concentrons cette fois-ci sur les autres sites. Nous empruntons donc la route panaméricaine en faisant cap vers le sud, avec l'intention de nous arrêter au gré du vent dès que l'envie nous chante. Le territoire arpenté entre les zones côtières intérieures et les montagnes est large. Nous nous aventurons sur un terrain de jeu d'environ 160 km de long pour 80 km de large. Le premier arrêt est une ligne de chemin de fer abandonné reprenant vie grâce à d'élégants parterres de fleurs aux nuances roses, blanches et jaunes. Remarquables tant par leur couleur que par leur densité, ces champs fleuriers présentent de douces tonalités printanières. A quelques kilomètres de là, nous sommes interpellés par d'immenses étendues éclatantes dont les teintes sont presque irréelles. Sous le soleil, à son zénith, Les fleurs viennent à briller. À l'approche de ce nouveau lieu, la surprise de ce duo blanc et fuchsia accroît la beauté du paysage. De loin, la floraison semblait compacte et dense, et finalement, plus on s'approche d'elle, plus les fleurs se dressent fièrement, solitaires et légères, en perpétuel mouvement dans le vent. Elles se distinguent les unes des autres par leur finesse et leur vivacité. Afin de préserver ces paysages aussi précieux que fragiles, quelques règles simples mais primordiales sont à suivre. Nous retrouvons chemin plusieurs panneaux nous rappelant la présence de la faune et de la flore à respecter. Pour faire perdurer ce petit miracle de la nature, nous devons donc appliquer des gestes basiques, tels de ne pas cueillir ni écraser les fleurs, ou encore récolter leurs graines, et bien sûr, prêter attention à la faune locale, sans la nourrir. Il y a quelques années de cela, le sujet avait déjà été évoqué, mais c'est officiellement en 2023 que le désert fleuri s'est vu accorder le statut de protection le plus élevé possible en vigueur au Chili. Face à cet important écosystème à protéger, le gouvernement chilien a décidé de prendre des mesures à son sujet avec la création du parc national du désert fleuri. Nous terminons notre périple au bord du Pacifique par une ribambelle de petits villages de pêcheurs et de belles plages. Nous profitons successivement de Bayenglesa pour décourdir nos jambes dans ses eaux turquoises, de Puerto Viejo afin de déguster un excellent ceviche et enfin de la Playa La Virgen pour admirer le coucher du soleil. Nous voilà à la fin d'une expérience aussi unique qu'insolite, dont nous garderons en mémoire des souvenirs hauts en couleurs.
- Speaker #1
Envolez-vous maintenant dans le sillage des pionniers de l'aéropostale. Fabien vous emmène sur les traces de ces aviateurs qui furent les premiers à relier les continents par les airs, portés par le courage et l'esprit d'aventure.
- Speaker #2
Tout commence en 1918. A la fin de la première guerre mondiale, alors que l'aviation a fait d'énormes progrès à cause du conflit, un industriel de l'aéronautique, Pierre-Georges Latécoère, est persuadé qu'on peut créer une ligne aérienne civile régulière pour transporter le courrier en France, en Afrique et en Amérique du Sud. A cette époque, le courrier met plus d'un mois à gagner Buenos Aires en bateau et reconvertir les avions Salmsone de combat permettrait de gagner beaucoup de temps. La TECOER soumet son projet au gouvernement français. Un projet très audacieux, voire même un peu fou, car l'autonomie des engins n'était alors que de 400 km. Pour appuyer son projet, la TECOER organise fin 1918 un vol d'essai qui relie Toulouse à Barcelone, en passant par les Pyrénées. Une première. Malgré l'opposition du gouvernement espagnol qui ne voit pas d'un bon oeil le survol de son territoire, la TECOER réussit en 1919 à relier Toulouse à Rabat, au Maroc, après 28 heures de vol. La ligne postale est ouverte, avec le soutien du maréchal Lyoté et de l'armée qui cèdent des avions de la TECOER. breguet, plus sûr et plus grand. Les premiers aérodromes sont construits en Espagne pour les escales. La ligne recrute d'anciens pilotes de l'armée et les débuts sont quelque peu difficiles. Le matériel est inadapté, les aviateurs naviguent à vue, sans instruments de bord, sans radio, avec parfois des pigeons voyageurs. Les atterrissages d'urgence sont fréquents. Alors, avant de voler, ces pionniers des airs sont donc cantonnés dans des ateliers avec les mécaniciens pour connaître les appareils par cœur et être capables de les réparer. L'objectif suivant est de poursuivre jusqu'à la ville de Dakar. Et cette fois, des pilotes civils sont recrutés, dont certains deviendront célèbres. Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Marcel Rennes, Antoine de Saint-Exupéry. Une fois cet objectif accompli, le plan est de poursuivre jusqu'à Rio de Janeiro. Mais comme le gouvernement français rechigne à investir des fonds, c'est un industriel nommé Marcel Bouilloux-Lafond qui rachète la société en 1927 et la renomme Compagnie Générale Aeropostale. Grâce au progrès technologique, les appareils sont désormais capables de voler sur 5000 km sans escale. Et en 1928 s'effectue le premier courrier entre Toulouse et Buenos Aires, avec traversée de l'Atlantique en bateau. Se crée ensuite une filiale argentine, qui assurera le service postal avec le Paraguay, le Chili et la Patagonie. Au Brésil, en Argentine, les pionniers défrichent le terrain pour ouvrir de nouveaux tronçons et pousser jusqu'à Santiago, en traversant la dangereuse Cordillère des Andes. Seul le Pothèse 25, capable de monter à 7000 mètres d'altitude, peut franchir ces montagnes de manière régulière. En 1929, Mermoz inaugure officiellement la liaison Argentine-Chili. Un exploit et une prise de risque à chaque vol. Et c'est encore Mermoz qui réalise l'ultime record en 1930, avec une première traversée de l'Atlantique Sud à bord d'un Leite 28, entre Saint-Louis du Sénégal et Natal. Mais l'expérience ne sera pas renouvelée, car trop dangereuse, et le courrier continue à être transporté en bateau avant de continuer ensuite par voie aérienne vers Rio, Buenos Aires et Santiago. Après la crise de 1929, Bouilloux-Lafont fait face à des difficultés financières. L'aéropostale, devenue une ligne aérienne d'importance, couvre 17 000 km grâce à ses 80 pilotes, 250 mécaniciens et autant de marins, 218 avions, 21 hydravions et 8 navires. Pour sauver la compagnie en cessation de paiement, il compte sur la subvention du gouvernement français. Mais elle ne viendra pas. En 1933, à Paris, le gouvernement décide de fusionner toutes les compagnies du territoire et reprend l'aéropostale. C'est la fin de l'aventure légendaire de la ligne et la naissance d'Air France.
- Speaker #1
Il est temps de passer à notre interview d'expatrié et aujourd'hui Alain Dettini, fondateur des agences Exception,
- Speaker #2
nous dit tout sur le vin chilien. Bonne écoute.
- Speaker #1
Aujourd'hui pour notre interview d'expatrié, nous recevons Alain Dettini que nous connaissons bien vu qu'il est le fondateur des agences Exception. Bonjour Alain, comment vas-tu ?
- Speaker #3
Bonjour Alexandre, très bien, merci beaucoup.
- Speaker #1
Eh bien, on est très heureux de te recevoir aujourd'hui pour parler d'une thématique que tu connais bien vu qu'il s'agit des vins chiliens. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
- Speaker #3
Oui, alors effectivement, j'ai créé les agences Exception il y a presque 20 ans maintenant et nous proposons 5 pays que sont l'Argentine, le Chili, la Bolivie, le Pérou et le Paraguay, bientôt l'Uruguay. Nous faisons du voyage sur mesure. Pour les individuels, les gens nous contactent en direct, 100% de nos clients sont en direct, et nous préparons les voyages avec eux, puis nous les recevons et nous suivons leur voyage de A à Z. Pour ma part, personnellement, j'ai vécu 11 ans à Buenos Aires, puis 8 ans à Santiago du Chili, et je suis de retour à Buenos Aires depuis quelques temps.
- Speaker #1
Super, merci. Bon alors on va tout de suite rentrer un petit peu plus dans le vif du sujet que sont les vins chiliens. Et ma première question porte sur les régions viticoles du Chili. Quelles sont-elles ?
- Speaker #3
Alors le Chili c'est tout d'abord une géographie très particulière, à 4700 km de long depuis la frontière du Pérou jusqu'au Cap-Orne si on tire des lignes droites. en largeur maximum 440 km, l'endroit le plus large, mais la moyenne c'est de 180 km. Le vin se concentre dans la région centrale, principalement au sud de la capitale, Santiago, mais également au nord et assez haut, jusqu'à plus de 700 km au nord de Santiago. En fait, on descend de plus en plus au sud, grâce au réchauffement climatique. On va... toucher la région des lacs et des volcans avec la région de Biobio, au-dessus, il y a la région de Môle, du côté argentin, on appelle ça déjà la Patagonie, mais du côté chilien, on appelle ça le Sud, et au-delà du Sud, il y a la Patagonie. Et au nord de Santiago, lorsqu'on monte vers la vallée Lelki, par exemple, ou la vallée de Del Huasco, là, les vins vont aller en altitude. en altitude pour compenser, pour ne pas avoir trop de chaleur et pour avoir surtout une amplitude thermique très forte entre le jour et la nuit. Il y a également des vins pas très loin de la mer, du Pacifique, car le Chili est un peu une montagne, du nord au sud, couvert de montagne, et quand on quitte la Cordillère Andine, on croit que c'est fini, on va dans des parts... Dans la plaine vers le Pacifique, pas du tout. Avant d'arriver à la mer, il y a la cordillère côtière qui s'étale également comme la cordillère du nord au sud. Donc on a encore des montagnes et on a encore des vallées. Et on a du vin très proche de la mer. C'est le cas par exemple d'une vallée très connue, la vallée de Casablanca.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une vallée, une région ou plusieurs qui sont particulièrement connues ou réputées au Chili ? Comme ça, si on devait dire un nom d'une vallée au Chili, est-ce qu'il y en a un ou pas ?
- Speaker #3
La plus connue, c'est la vallée de Colchagua, dans laquelle il y a des très belles bodégas, des bodégas un peu luxueuses, élégantes. La capitale de cette vallée est la ville de Santa Cruz. C'est vraiment l'activité principale de toutes ces zones. Il y a une deuxième vallée connue, c'est celle de Casablanca, mais pourquoi elle est connue ? C'est parce que c'est l'itinéraire pour aller à Valparaiso. Cette vallée, le matin, reçoit souvent le brouillard côtier. Vous savez que tout le long de la côte chilienne, il y a du brouillard, surtout le matin, dû au courant de Humboldt, qui est un courant froid qui vient du sud, et qui, avec le soleil du... du désert chilien créent ce brouillard qu'on appelle la camanchatka. Ce brouillard remonte les vallées, irrigue à sa manière les cultures et la péticulture, puis se retire souvent au milieu de journée. C'est pour ça que dans les Casablanca, on fait du bon vin blanc. En fait, les grandes vallées, les vallées connues, ce sont le long des fleuves qui descendent des Andes et qui vont se jeter dans le Pacifique.
- Speaker #1
Ok. Bon alors, je pense qu'on a compris quelque chose d'essentiel au Chili, c'est que le pays a un climat et une géographie très particuliers. Mais du coup, ça m'amène à une question, pourquoi ces régions spécialement ? Je suppose qu'il y a vraisemblablement une question primordiale de climat, mais peut-être d'autres aussi qui nous échappent. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus là-dessus ?
- Speaker #3
Oui, une question de climat, une raison historique. d'abord on va On peut noter que dans l'hémisphère sud, toute la viticulture est à la même latitude, plus ou moins. C'est le cas autour du Chili, de l'Argentine, avec les vins de Mendoza, qui sont à la même latitude. De l'autre côté de la Cordillère-Andine, à 120 km, un peu plus loin, il y a les vins du Ruguey, autour de Montevideo, et puis ceux d'Afrique du Sud. et de l'autre côté du Pacifique, les vins australiens. Alors, oui, question de climat, dans le cas du Chili, les zones centrales sont des zones très ensoleillées, c'est le sud du désert, on est encore quasiment dans le désert, dans ces parties-là. Il y a dans toutes ces zones une amplitude thermique très forte, au pied des Andes, au pied même des montagnes côtières, il y a une une amplitude très forte entre le jour et la nuit. Au Chili, on ne sort jamais au restaurant sans mettre un puce sur les épaules, parce que quand on sort du restaurant, il fait froid, autant au pied des Andes que sur la côte. Raison historique, les Espagnols sont arrivés et ont planté les premières vignes dans la région de La Serena, une ville à Aguetta. à 500 km au nord de Santiago en 1548. C'était du vin de messe et du vin de table. Ensuite, on a planté du vin au sud de Santiago. Le premier cépage, ça a été le País, un cépage espagnol. La viticulture s'est ensuite développée au 19e siècle avec l'influence de la viticulture française. Les Chiliens ont apporté du cabernet sauvignon, du merlot, du sauvignon blanc, du chardonnay. Et puis on va reparler plus tard du carménère qui a une histoire spéciale.
- Speaker #1
Ma question suivante. portent sur les particularités du vin chilien ? Je suppose que ce climat particulier, ces climats particuliers, et les cépages qu'on va choisir, et peut-être des techniques de vinification ou de culture vont avoir une influence sur l'identité de ce vin chilien. Quelle est-elle, justement ?
- Speaker #3
Si on regarde les cépages, on vient de parler du Carmener, quelle est son histoire ? Le carménère a été importé par les Chiliens et pendant très longtemps, pendant plus d'un siècle, on a cru que c'était du merlot. Et puis un jour, récemment en 1994, un botaniste français l'a bien examiné et a dit mais non c'est pas un merlot, c'est un vieux cépage bordelais. Et depuis à ce moment là, on l'a appelé carménère. et aujourd'hui c'est devenu le symbole de la viticulture chilienne. 75% de la production chilienne est faite de vin rouge, et le carménère est le premier cépage cultivé. C'est vraiment le symbole. Donc ça c'est la première spécificité. Alors, il faut dire que le carménère a disparu en France à cause du phylloxéra. C'est pas le seul cépage d'ailleurs. Peut-être nous pourrions parler de l'irrigation. Depuis quelques années, la réglementation en France s'est assouplie, mais reste très encadrée. Dans le cas du Chili, c'est beaucoup plus libre. On contrôle assez bien par ces techniques les cultures. Au cas de la France, on reste très dépendant des aléas du climat. Avec les changements climatiques, l'irrigation s'introduit petit à petit. Alors ça c'est une spécificité, ou un exemple qui parle de la liberté de la production du vin au Chili. Autre spécificité qui n'est pas uniquement celle du vin chilien, c'est un vin très fort, 14,5 degrés d'alcool en général. Raison, le fort ensoleillement, l'amplitude thermique très forte également. On a dit une sécheresse qui permet de mieux contrôler ou mieux utiliser l'irrigation. Et surtout, on récolte le raisin quand il est déjà très mûr, et donc avec beaucoup de sucre. Et cela crée un vin fort en alcool. D'une manière générale, les vins du monde tendent vers ce degré d'alcool, même en France, avec des vins à 12,5. maintenant certains vins deviennent plus forts de façon volontaire. Les goûts changent et les critiques de vins influent sur les goûts et sur la production. La notion de terroir. Quand je suis arrivé en Argentine et puis au Chili, j'ai été surpris que dans les restaurants, on ne parle que des cépages. Qu'est-ce que vous voulez ? Vous voulez un Malbec ? Vous voulez un Berger Sauvignon ? Et on ne parlait peu du tiroir. Le Chili a quand même créé une dénomination chez nous, l'AOC au Chili s'appelle le DO, dénomination des Oreren. Le Chili est découpé en 119 zones viticoles. Ce sont des zones très différentes entre elles. Autour du village de Alcoguaz, dans la vallée d'El Elqui, on est à 2200 mètres d'altitude. Et puis dans le Biobio, on est en basse. altitude mais en basse latitude aussi. Donc au Chili, le terroir n'est pas mis en avant mais on parle de plus en plus du terroir. En fait, quand on visite des vignasses, alors au Chili on n'appelle pas ça des bodégas comme en Argentine, chaque vignasse va raconter son histoire et les spécificités de son vin. Et j'ai trouvé que ces dernières années, on peut... Donc parler de plus en plus du terroir de la terre. Alors on a une dénomination quand 75% du raisin vient de ce terroir, d'un même terroir. D'une manière générale, ce n'est pas aussi encadré, contrôlé, aussi strict qu'en Italie. ou avec le DOC ou en France avec l'AOC. D'autant plus que les vins de qualité, comme ce qu'on appelle réservat ou grande réservat, en général échappent aux dénominations. Donc c'est une notion, le terroir, qui est encore peu présente, mais qui monte en puissance.
- Speaker #1
J'ai maintenant une interrogation sur la place du Chili dans le monde du vin. Où se situe le Chili ? Parce que je suppose que généralement ça doit être la France et peut-être l'Italie sur certains vins qui se tirent un peu la bourre lors des concours et des critiques. Où se place le vin chilien sur la scène internationale ?
- Speaker #3
Le Chili est devenu un énorme producteur puisque les pronostics... pour 2025, c'est qu'il sera le cinquième producteur de la planète après l'Italie, la France, l'Espagne, les Etats-Unis et l'Australie. Enfin, il se dispute le rang avec l'Australie. Il est également le cinquième exportateur. Alors là, on a les chiffres sûrs puisque c'est des chiffres de 2024, donc premier exportateur la France puis l'Italie. Alors l'Italie ce sont les premiers producteurs mais les secondes exportateurs c'est-à-dire qu'ils en gardent pas mal pour eux-mêmes.
- Speaker #1
Ils aiment bien boire les Italiens, c'est ça que tu veux nous dire.
- Speaker #3
Voilà. Donc France, Italie, Espagne, Australie, Chili et États-Unis en termes d'exportation. Le Chili exporte vers 150 pays. C'est pas un pays de grands consommateurs. pas encore parce que le vin reste une boisson assez chère, la bière reste une principale boisson alcoolisée. Toutefois, je trouve personnellement que tout est relatif. Le vin chilien est peu cher, on trouve d'excellentes bouteilles dans beaucoup de commerces pour 8, 9, 10 euros. Excellente bouteille.
- Speaker #1
Est-ce qu'à titre de comparaison, même si tu nous dis excellent, peut-être pour être un peu moins subjectif, tu pourrais donner à nos auditeurs un comparatif, une bouteille de vin d'une qualité égale en France, par rapport à une bouteille qui vaudrait 9 euros au Chili, à qualité égale, combien un vin français vaudrait en France ?
- Speaker #3
Sans hésiter, je dirais le double en France. Ah oui,
- Speaker #1
tant que ça.
- Speaker #3
Ah oui. Ok. Très bien. L'euro. Juste, en me promenant dans les zones viticoles au Chili, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de bodégas qui étaient achetés. Par qui ? Par les Chinois. Ça m'a surpris. Je ne vais pas dire attristé, mais... Les Chinois ne sont pas encore des exploitateurs, mais ils produisent de plus en plus. Et ce sont des gros importateurs. Ils vont donc même jusqu'à acheter des propriétés pour s'envoyer la production. Autre pays qui monte en puissance, le Brésil. Alors pourtant, ils n'ont pas la Cordillère-Andine, mais ils ont d'autres... d'autres qualités, d'autres climats. Et c'est devenu les 3e producteurs d'Amérique du Sud, après l'Argentine et le Chili.
- Speaker #1
Alors on a parlé de la place de la production de vin chilienne dans le monde, mais quelle est la place de la production du vin chilien au sein de l'économie chilienne ?
- Speaker #3
La viticulture a pris une place très importante, puisque aujourd'hui c'est 5,7%. des exportations, soit disant passant donc les premières exportations depuis très très longtemps, ce sont les minerais, les exploitations minières, première ressource du pays. Et ça représente 3,4% du PIB.
- Speaker #1
Donc une part relativement importante dans l'économie.
- Speaker #3
Absolument.
- Speaker #1
Revenons un petit peu maintenant sur l'histoire de la vigne en Amérique du Sud et plus particulièrement au Chili, même si on en a déjà... parlé précédemment. J'aimerais avancer maintenant dans l'histoire plus contemporaine, puisqu'on a parlé au début de l'installation de la vigne et du développement de cette culture et ce qui en faisait les particularités. Comment a évolué justement cette production pour en arriver maintenant à une part si importante ?
- Speaker #0
Alors c'est récent. Il y a eu effectivement les premières plantations avec les Espagnols, puis un développement au 19e siècle avec une influence française. Mais l'essor actuel est récent. Il a un peu plus de 20 ans avec les moyens de communication modernes, les technologies. le voyage, on voyage de plus en plus, de plus en plus facilement. Beaucoup d'onologues sont venus et ont conseillé et les Chiliens ont profité des technologies, enfin des connaissances actuelles, des nouvelles technologies, des nouveaux instruments, des nouvelles connaissances de la diversité également de la viticulture dans le monde et très rapidement... Les vins chiens sont devenus d'excellente qualité et je dirais qu'entre mon arrivée en Amérique du Sud il y a 20 ans et maintenant, les vins ont énormément évolué. Et on peut dire que toutes les caves font du bon vin, toutes les caves ont au moins un bon vin. C'est vrai également en Argentine, à peu près le même essor au même moment.
- Speaker #1
Alors si ces producteurs de vins chiliens se sont améliorés, et tu nous dis qu'aujourd'hui on peut trouver du bon vin vraiment dans chaque cave, y a-t-il certains vins, certains domaines, sûrement un peu plus célèbres que les autres, qui rivalisent avec le vin français ? Et je mets « rivaliser » entre guillemets car on n'est pas là pour faire la compétition, mais tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #0
Ça reste assez différent. Il y a bien sûr une... une certaine diversité au Chili, mais il n'y a pas la diversité qu'il y a en France ou en Italie ou peut-être en Espagne. Mais surtout, le vin au Chili, vous voyez que les Chiliens ne boivent pas encore beaucoup de vin, et donc l'essentiel est exporté. Donc on fait du vin d'exportation, on fabrique le vin dans cette optique principalement. donc c'est un vin qui qui va se boire rapidement même les chiliens eux-mêmes n'ont pas encore cette culture, cette coutume de créer une cave de faire vieillir le vin et donc d'acheter un vin de garde on va acheter du vin et rapidement on va le consommer donc on peut dire que il n'y a pas encore des caves et des vins connus comme en Italie ou comme en France ou en Espagne. Voilà, la comparaison, on ne peut pas encore aligner, même si certains vins ont gagné des prix au niveau planétaire, certains vins chiliens arrivent dans les premiers, selon les critiques, les grands critiques de vins.
- Speaker #1
Si les Chiliens n'ont pas cette culture justement de garder le vin, le faire maturer et potentiellement lui faire prendre en valeur pour ensuite l'exporter ou le boire potentiellement, est-ce que cette mentalité est un peu à l'image d'une mentalité plus globale de la production chilienne pour d'autres produits ? On parlait avant par exemple de l'exportation de minerais, mais je suppose que c'est valable pour d'autres choses aussi. Ou est-ce que c'est vraiment particulier du vin ? C'est une culture qui est quand même assez récente, ou en tout cas qui a pris ses proportions de manière assez récente, et il faut lui laisser le temps de se développer.
- Speaker #0
Vous avez donné la réponse. Il faut laisser le temps aux mentalités d'évoluer, puisque l'essor du vin chilien ces 20 dernières années est considérable. Il y a eu beaucoup d'investissements des Chiliens eux-mêmes, mais aussi d'étrangers. de grands vins étrangers, français, qui sont venus s'installer et donc il faut laisser le temps aux Chiliens de connaître et petit à petit d'apprécier faire une cave chez eux et puis il faut pouvoir le conserver, avoir les bonnes conditions
- Speaker #1
Ma question suivante porte sur le futur du vin et le futur du vin chilien, puisque bon, chez nous ça fait déjà plusieurs années qu'on voit apparaître de nouvelles tendances, la biodynamie, parfois même du vin sans alcool, on va dire généralement une priorité à la qualité davantage que la quantité, peut-être aussi des notions de durabilité, de... de respect d'environnement. Est-ce que le vin chilien se dirige vers ces mêmes horizons que peut-être les vins et les vignes qu'on a chez nous en France ?
- Speaker #0
Absolument. Beaucoup de vignes maintenant commencent à faire du vin organique ou du vin biodynamique ou et du vin biodynamique. également du vin sans alcool, on en voit apparaître, c'est très récent. On sait que le vin organique, enfin la vigne organique, est beaucoup moins rentable. on fait en 4 hectares ce que le vin avec des pesticides fait en 1 hectare. Donc comme pour l'instant il s'agit d'exporter, la masse du vin pour l'instant n'est pas encore organique. Mais on voit apparaître partout, c'est-à-dire que tout le monde se met à faire une partie du vin euh C'est assez intéressant. Évidemment, il est plus cher, mais de plus en plus, on met en avant la qualité plutôt que la quantité, la durabilité et le respect de l'environnement. Se développe parallèlement de plus en plus au Chili, le no-tourisme. De plus en plus de vignes s'ouvrent à la visite. un certain nombre même ouvre des restaurants, voire des hôtels. Bon, le vin va de pair avec la gastronomie. Et alors à ce sujet, j'invite à aller sur notre site Chilé exceptionne, dans la partie cartographie, nos cartes, et là-dessus on a créé des cartes avec toutes les vignes. et en distinguant les vignes qui se visitent, les vignes qui ont un restaurant, les vignes qui ont un hôtel. Je pense, aujourd'hui, je crois qu'on a les cartes les plus précises sur le noeud tourisme au Chili.
- Speaker #1
Maintenant, j'ai quelques questions à te poser qui concernent davantage le tourisme lié au vin plutôt que cette industrie. En général. Et d'abord, une question qui me vient un peu en tête comme ça. Est-ce que c'est quelque chose qui est très demandé par tes clients quand ils viennent en Amérique du Sud et précisément au Chili ? Est-ce que c'est une thématique qui est très récurrente ou elle fait partie du reste ? Elle ne se démarque pas particulièrement ?
- Speaker #0
Elle n'est pas très récurrente, mais elle vient régulièrement. il y a deux sortes de voyageurs, il y a celui qui va dire « Tiens, pourquoi pas visiter une cave ou deux pour savoir s'il est différent, pour connaître, profitons-en et si ce n'est pas trop de détours. » Donc ça c'est facile, en général, si on finit le voyage à Valparaiso, on va déjeuner, visiter, déguster dans une ou deux caves de la vallée de Casablanca. Et puis une autre catégorie qui est plus rare, qui sont des passionnés ou des professionnels du vin et qui disent nous on va voyager sur le thème du vin et on voudrait connaître la diversité du vin chilien, on voudrait visiter un peu toutes les vallées, en même temps on va voyager. Et donc on organise pour eux tout un parcours. qui peut commencer par Santiago au début et vous savez qu'il y a des vignes dans la banlieue de Santiago puisqu'au début il n'y avait pas encore toute cette urbanisation, donc des vins assez bons même qui sont dans la ville de Santiago. Et puis après on part vers le sud, Valenmaipo, Calchapora, on va jusque dans le... Maolé, on peut dormir. Tout le long de ces vallées, il y a des hôtels dans les vignes. Dans le Maolé, il y a Casabouchon, par exemple. Ensuite, on peut aller vers le Pacifique, faire une petite pause, aller connaître la côte. Et puis, on va revenir dans la vallée de Colchagua, autour de Santa Cruz, puis remonter vers Valparaiso, la vallée de Casablanca. pourquoi pas un détour avant de revenir à Santiago par la vallée de la Concagua. Donc on va visiter au cours de ces parcours 2 à 3 bodégas, pas plus. Souvent on déjeune dans une de ces bodégas, une de ces vignas. C'est pas facile en fait d'organiser un parcours parce que chaque propriété a ses horaires, a ses langues, les guides qui reçoivent la plupart parlent l'anglais, plus rarement français. Il y a des distances, il faut tenir compte d'ailleurs combien de temps va durer cette visite, il ya plusieurs de wii chacune chaque body gap au pouls plusieurs styles de visites avec différentes gammes de vins mais des durées différentes donc il faut calculer la durée puis le temps de déplacement d'une ligne à l'autre et puis il faut donc faire un parcours cohérent et puis quelquefois comme on est entre deux hôtels voilà il faut tout calculer donc monter une journée voilà ça demande du travail éviter d'aller faire des allers-retours, d'arriver en retard. Voilà, c'est ce que je tiens à dire. Bien sûr, on peut combiner la route des vins chiliens avec la route des vins argentins. On peut tout à fait traverser la Cordillère avec un saut d'avion en une demi-heure, ou bien, pourquoi pas, par la route numéro 7 en voiture. Ça, ça prendra la journée. on peut faire un grand tour des vins sud-américains J'exclus le Brésil, mais on pourrait arriver à Buenos Aires.
- Speaker #1
Des vins qui parlent espagnol, c'est ça que tu veux nous dire.
- Speaker #0
Exactement, j'exclus le portugais. On peut partir de Buenos Aires, partir à Mendoza, monter dans la vallée des Cachaquiz, à Salta, passer dans la vallée de Tarija, en Bolivie. traverser le salard de yunni arriver à san pedro et tacama et descendre dans les vallées viticoles chiliennes voilà voilà un beau tour il faudra au minimum trois semaines ah oui c'est beaucoup et puis oui pour vous voyez trois pays d'énormes distances 3 3 3 bonne semaine voilà et Et puis, si on se contente de la route des vins, du Chili, écoutez, je dirais une bonne dizaine de jours. Voilà, c'est plutôt des parcours haut de gamme. Ce sont de belles propriétés, de beaux hôtels.
- Speaker #1
Écoute Alain, tu es très fort parce que tu as déjà anticipé deux questions que j'allais te poser, tu as déjà répondu avant. Donc j'allais te demander quels itinéraires ou quels itinéraires comme ça tu recommanderais à quelqu'un qui voudrait découvrir le vin chilien ? Tu m'as déjà un peu répondu, peut-être que tu voudrais apporter quelques précisions, peut-être que tu as une boucle ou une vallée en tête que tu voudrais recommander maintenant.
- Speaker #0
Sur l'itinéraire, je dirais que, comme tous les itinéraires touristiques, on va penser à la saison. Est-ce qu'on sera pendant la période des récoltes ? Et dans ce cas-là, dans quel sens c'est toujours intéressant de croiser des récoltes et pourquoi pas d'y participer ? Donc, est-ce qu'on va récolter d'abord dans ces zones-là ? Dans d'autres, les récoltes au Chili, c'est entre février et fin avril. C'est très large. On va penser à la durée dont on dispose. Est-ce qu'on va faire ça avec un chauffeur-guide ? ou avec un chauffeur et on profitera du guide de chacune des propriétés ? Ou est-ce qu'on fera ça en autotour ? Nous proposons les deux formules. Dans le cas de l'autotour, on se rencontre à Santiago, on donne toutes les cartes routières nécessaires, tous les plans d'accès à toutes les bodéas, aux hôtels, et on aura tout organisé, tous les rendez-vous, les déjeuners, les dégustations. et de cave en cave pendant X temps, nos hôtes suivent le programme. Donc le parcours, tout est envisageable. Je dirais qu'on fait les chères mesures, on n'a jamais vendu deux fois le même parcours.
- Speaker #1
On arrive bientôt à la fin, mais avant de se laisser, je voulais te poser une question. Est-ce que tu as une vigna ? Ou un vin favori, et si oui, pourquoi ?
- Speaker #0
Je pourrais citer la bodega Antillale. qui est une toute petite bodega, une petite vigna pardon, qui se dit biodynamique. C'est-à-dire qu'elle n'est pas seulement organique, sans pesticides, mais également elle mêle une dimension cosmique et énergétique. Elle tient compte du calendrier lunaire et planétaire pour ses cultures. Donc la cave, le bâtiment où ils fabriquent le vin est assez petit. En haut, il y a la terrasse où on déguste. Et tout autour, on est dans les pentes de la précordière. C'est très beau.
- Speaker #1
J'allais te demander à quoi ça ressemble. Est-ce que tu peux nous donner quelques couleurs, quelques images comme ça pour qu'on puisse imaginer ? Est-ce que c'est très escarpé ? Est-ce que c'est très vert ?
- Speaker #0
Non, ce n'est pas très escarpé, pas du tout. Non, on est dans un pêchage très ouvert justement. on en dépente, et puis ensuite on voit les premiers reliefs de la précordière, et au loin la cordière, c'est magnifique. Et dans ces vignes, quand on se balade, c'est rempli de fleurs, tout au bord, rempli de fleurs, de cactus, et c'est là qu'on voit que la terre est en pleine forme. c'est une manière de voir que la Terre... se porte bien, également les poules se baladent pour manger tous les insectes qui jouent le rôle de pesticides, il y a des chevaux qui se baladent, qui mettent de l'engrais, et c'est un vin absolument délicieux. Absolument délicieux. Difficile à trouver puisque c'est une petite... propriété et comme on le disait tout à l'heure, il faut 4 hectares pour faire ce que d'autres produisent en un hectare. C'est un vin presque avec des... enfin ils ne mettent pas de numéro sur chaque bouteille mais ils pourraient le faire. Deuxième vigne, une propriété que j'ai visitée il y a longtemps Dans la vallée de Aconcagua, la vigna Von Siebenthal. J'ai été très bien reçu par son propriétaire qui est suisse et qui est arrivé il y a une quinzaine d'années, qui a acheté ses terres et qui fait vraiment un bon vin. Et on le trouve assez facilement dans les boutiques de vin, voire dans les supermarchés à Santiago du Chili. Très bon vin, il m'a toujours plu. Il y a un vin très connu et qui se place parmi les meilleurs de la planète, souvent, Vic, dans une vallée de Mi-Ki-We, près de la vallée plus connue de Colchagua. Donc là, il a mis tout ce qu'il faut pour faire un excellent vin. et également à chaque fois que j'ai pu boire ce vin, je l'ai toujours trouvé excellent. Le plus bel endroit pour déguster du vin, ce serait la vigna Ventisquero. Ils ont un endroit qui s'appelle El Nido, le nid, dans une vallée absolument magnifique, aucun câble, aucune maison ne se voit. On a rendez-vous chez eux vers 18h pour déguster un peu avant le coucher de soleil. C'est donc une cabane suspendue sur des pentes de cette vallée. C'est dans la région de Apalta. On y trouve d'ailleurs d'excellentes caves comme l'Apostole, Neyenne et Montesse. Des vins qui aujourd'hui sont très connus. Et donc on rentre en voiture sur des pistes caillouteuses, on termine à pied pour monter dans cette cabane, et là l'endroit est sublime. C'est l'endroit que je recommande pour terminer une journée, et puis ensuite quand il fait nuit déjà, on rentre à son hôtel à quelques kilomètres.
- Speaker #1
En tout cas, on sent dans ta voix l'émotion et les souvenirs que tu as pu avoir là-bas et ça donne envie. On imagine tout à fait la carte postale. Écoute Alain, merci beaucoup pour tes réponses et pour cet éclairage sur le vin chilien. J'ai trouvé ça passionnant, j'espère que ça aura passionné nos auditeurs et que ça leur donnera envie de venir le découvrir. Je fais un petit rappel, si vous avez envie d'en savoir plus sur le vin chilien, rendez-vous sur notre site Chile Exception, où nous avons des cartes et des articles quasiment exhaustifs sur le sujet, si je peux dire. En tout cas, on a une base de données très conséquente et vous pourrez en apprendre. Beaucoup plus. Alain, je te laisse le mot de la fin. Est-ce que tu veux nous dire une dernière chose avant qu'on se quitte ?
- Speaker #0
Tout d'abord, merci beaucoup Alexandre. Je dirais que la bonne période pour venir faire la route des vins au Chili, ce sera entre octobre et fin avril, donc une période très large. Les vendanges de février à avril inclus. J'éviterai l'hiver. de mai à septembre parce qu'il n'y a pas de feuilles sur les vignes donc c'est plus triste, il fait plus gris, c'est plus froid. Il n'y a pas de grande fête du vin national, là ça sera plutôt pendant les vendanges, chaque village, chaque capitale de valais à ces fêtes qui sont des regroupements de stands de produits artisanaux, beaucoup de buvettes de rue. Mais il n'y a pas de grandes fêtes. Donc voilà, on peut choisir. L'époque est très large pour faire la route des vins.
- Speaker #2
Super. Merci infiniment Alain. A bientôt.
- Speaker #0
A bientôt Alexandre, merci.
- Speaker #1
Pour terminer cet épisode, nous passons à la recommandation culturelle. Si vous passez par Toulouse, ne manquez pas l'envol des pionniers. Ce musée immersif retrace l'aventure de l'aéropostale, depuis les premiers vols jusqu'aux exploits de Mermoz, Guillaumet ou Saint-Exupéry. Entre avions restaurés, archives et reconstitutions, on plonge dans l'ambiance des années 1920 quand l'aviation était encore une épopée. Une visite qui donne des ailes et l'envie de relire le Petit Prince et les classiques de Saint-Exupéry.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode de Destination Amérique du Sud, le podcast produit par les agences Voyages Exception. Si nous vous avons donné le goût du voyage, n'hésitez pas à faire un tour sur nos sites internet, dont le lien se trouve en description. Il regorge d'informations sur ces destinations fascinantes. Pour nous soutenir et faire connaître le podcast à d'autres voyageurs, vous pouvez lui mettre 5 étoiles sur Spotify ou Apple Podcast. Pour suivre nos aventures et nos actualités, deux possibilités. Vous pouvez nous suivre sur Instagram et Facebook. grâce au lien en description et vous abonner à notre newsletter mensuel depuis nos sites internet. Merci et à bientôt pour un prochain épisode d'Aventure en Amérique du Sud.