- Speaker #0
Hello, je m'appelle Elisabeth Hillard et vous écoutez D'étonnante, le podcast qui donne la parole à des femmes différentes. Parfois par choix, souvent par nécessité, ces femmes font autrement, bousculent les normes, les stéréotypes et nos certitudes. Parce qu'il existe mille et une façons d'être femme, d'être soi. Alors, bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Gabrielle. Bonjour et bienvenue.
- Speaker #1
Bonjour, merci de me recevoir.
- Speaker #0
Alors je vais tout de suite introduire le sujet. Gabrielle, tu es une femme transgenre, c'est-à-dire que ton identité de genre est féminine alors que tu es née avec des organes génitaux masculins. Et c'est de ça qu'on va parler ensemble pour essayer de comprendre ce que ça signifie d'être une femme transgenre aujourd'hui. Une femme non biologique, c'est comme ça que tu t'es décrite lors de notre premier échange. Quel a été ton cheminement personnel, ton rapport au... corps et surtout, découvrir celle que tu es aujourd'hui, cette femme épanouie, bien dans sa peau et qui ne se définit absolument pas par sa transidentité. Pour être honnête avec toi, Gabrielle, je ne crois pas connaître de personnes transgenres dans mon entourage proche. Ce n'est pas un sujet qui m'est familier, alors j'espère vraiment réussir à trouver les bons mots, à rester délicate pour toi et pour les auditeurs, parce que j'ai plein de questions, c'est vraiment un sujet de société. qui est souvent mal compris, qui est caricaturé et sur lequel on a vraiment beaucoup d'idées reçues. Alors pour commencer, je te laisse te présenter.
- Speaker #1
Écoute, je m'appelle Gabrielle Adam, j'ai 35 ans, j'habite à Marseille et je suis dirigeante d'entreprise.
- Speaker #0
Merci Gabrielle.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Alors j'aime bien commencer les entretiens en posant un peu le contexte factuel. Donc en France, on estime qu'environ 0,5 à 1% des personnes s'identifient comme trans ou non-binaire, selon les enquêtes récentes. Et parmi celles-ci, une minorité seulement entame un parcours de transition sociale ou médicale, parce que c'est souvent long, coûteux, mal accompagné et parfois stigmatisé. Alors toi, tu as fait le choix d'aller vers cette transition pour te sentir pleinement en accord avec celle que tu es. J'imagine assez bien que... comme chaque parcours est unique, chaque histoire est singulière. Mais ce que je souhaite aujourd'hui, c'est entendre la tienne et retracer ton histoire. Donc, Gabriel, on va remonter un petit peu en arrière, si tu veux bien, et reparler de ta vie masculine. Quel petit garçon ou quel jeune homme étais-tu avant ta transition ?
- Speaker #1
J'étais un petit garçon, tout à fait normal. J'aime pas utiliser le mot normal en réalité. J'ai vécu mon adolescence, ma jeunesse de manière classique, on va dire. Je savais évidemment que j'avais un petit problème. Je ne trouve pas les bons mots là.
- Speaker #0
Tu le vivais comme une différence ?
- Speaker #1
Oui, je me sentais vraiment différente. Parce que je me sentais différente.
- Speaker #0
Mais tu n'avais pas les mots, c'est peut-être pour ça que tu as eu ce problème. Exactement,
- Speaker #1
je n'avais pas les mots. En fait, si tu veux, j'étais assignée quelque part à jouer un rôle dès mon enfance. Et ça, ça a été quelque chose de très, très, très compliqué à vivre en réalité. Et il m'a fallu énormément de temps pour comprendre. Et pour passer à l'étape... de la femme que je suis aujourd'hui en réalité.
- Speaker #0
Mais en même temps, quand on est enfant, est-ce que tu savais déjà ce que c'était que l'identité ?
- Speaker #1
Mais pas du tout. Et puis on n'était pas du tout là-dedans.
- Speaker #0
On remonte à quelques années.
- Speaker #1
Du coup, j'étais homosexuelle parce que j'avais toujours eu une attirance pour les garçons.
- Speaker #0
À l'adolescence ? Oui,
- Speaker #1
mais très jeune. Très très jeune. J'ai compris que je n'étais pas du tout attirée. par les femmes et plutôt par les hommes. Donc déjà, ça a fait un sacré bug dans ma tête. Je me suis dit, bon, la vie va être compliquée. Il va falloir assumer ça. Je suis enfant unique. Donc voilà, pas simple.
- Speaker #0
Et quand tu as compris, un peu plus grand, j'imagine que ton corps ne correspondait pas vraiment à ta réalité intérieure. Est-ce que tu t'es dit, c'est juste une phase, ça va passer ? Ou est-ce qu'au contraire, quand tu as eu cette révélation, tu t'es dit, ah ouais, c'est peut-être finalement ça ?
- Speaker #1
C'est plutôt une accumulation d'événements et de frustrations. Comme je te le disais tout à l'heure, j'ai été assignée à un rôle que je devais assumer. Lui d'être un garçon homosexuel. Et dans ce rôle-là, si tu veux, j'étais un garçon très, je mets des guillemets, mais viril. Tu vois, je représentais le genre masculin à son paroxysme limite. Tu vois, vraiment...
- Speaker #0
Tu surjouais un petit peu. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça, c'est exactement ça. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Tu me disais au téléphone, quand on allait changer, je mettais des joggings et des têtes.
- Speaker #1
Mais ouais, mais c'est ça, vraiment, tu vois, c'était vraiment ça. J'étais pas... Bien, je ne sortais jamais de chez moi par exemple. J'étais super mal à l'aise, je n'aimais pas. Je n'étais pas regardée pour qui j'étais.
- Speaker #0
Donc ça s'est fait vraiment progressif.
- Speaker #1
C'est très progressif. Et puis la vie a fait que j'ai rencontré des gens, etc. Il y a une fois avec une copine, j'étais sur un site. C'est un site où il n'y a pas de « je suis une femme qui cherche un homme » ou « je suis un homme » . C'est vraiment tout le monde parle avec tout le monde.
- Speaker #0
Donc c'est ouvert.
- Speaker #1
C'est ouvert, totalement. Et donc je discute avec un garçon à l'époque qui me rejette totalement. Et mon amie me dit, mais t'as un gros problème et tout. Viens, on va faire un truc toi et moi. On va jouer quelque chose. On va expérimenter quelque chose. Et elle m'a féminisé. Je te laisse imaginer ma tête. Et vraiment, elle m'a féminisé. Donc, on a été acheter des vêtements, des soutiens-gorge, ce genre de choses.
- Speaker #0
Ok. Donc, elle, elle avait peut-être déjà sa petite idée.
- Speaker #1
Elle avait déjà cerné le truc.
- Speaker #0
Et là, t'avais quel âge ?
- Speaker #1
J'étais jeune. Je devais avoir, je pense, 20 ans, une vingtaine d'années, tu vois. Et on passe tous par là. on passe toutes par là, et on en parle peu, mais on passe par cette phase de travestisme.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est une phase ultra importante avant une transition. Alors c'est pas forcément assumé, moi en tout cas au début c'était pas du tout assumé, et donc du coup on fait des photos mais en rigolant, mais vraiment en rigolant.
- Speaker #0
Tu essayes, entre guillemets.
- Speaker #1
C'est ça, j'expérimente. Et donc on fait des photos, je me remets sur le site avec ces nouvelles photos et figure-toi que ce même garçon est venu me parler.
- Speaker #0
Alors attends. Si tu dis travesti, donc tu avais ta tête de garçon avec des vêtements de femme.
- Speaker #1
Exactement. D'accord. Maquillée, féminisée, attention, elle m'avait maquillée, tout ça. Enfin bref, mais bon, ça se voyait quand même quelque part. Enfin, tu comprends que bon. Bref, et ce même garçon revient me voir et du coup, on parle, il n'y a pas d'insultes, on est vraiment dans l'échange.
- Speaker #0
Tu vois que c'est la même personne ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Non. Et donc du coup, on se rend compte quand on se voit réellement, physiquement. Je lui explique, je lui dis mais tu te rappelles de cette... personne que tu as insulté. Et sans rappeler, je me suis dit, c'était moi en fait. Et là, je me suis rendu compte qu'en fait, mon mal-être, c'était mon apparence en fait. C'était vraiment la problématique.
- Speaker #0
Tu vivais dans un corps qui ne te correspondait pas.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et ça, tu as eu le déclic.
- Speaker #1
Ça a été le déclic.
- Speaker #0
Si tu peux décrire la sensation, je ne sais pas, mais on se dit, finalement, je ne suis pas dans le bon corps.
- Speaker #1
C'est ça. C'est horrible à vivre. Et donc, petit à petit, je suis rentrée dans ce schéma-là où je me disais, bon, Gab, Allez, on continue cette expérience, elle est intéressante, on y va.
- Speaker #0
Et à l'époque, puisqu'on parle du coup, c'était il y a une quinzaine d'années, le mot transidentité, c'est quelque chose dont tu avais entendu parler ou finalement tu ne savais pas trop ce que tu étais en train d'expérimenter ?
- Speaker #1
Je ne savais pas trop. Et en fait, il y a eu plein de choses qui se sont emboîtées. Je suis sortie en soirée, j'ai rencontré des femmes trans. Et là, pareil, alors moi, je te parle là en tant qu'homme, frustrée, tu ne sais pas bien. Pas du tout.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Homme. Et donc, je voyais ces femmes trans danser avec des hommes qui pouvaient me plaire, mais qui ne s'intéressaient absolument pas à moi.
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Puisqu'ils ne sont pas intéressés par le genre masculin. Donc, une frustration sur la frustration, sur frustration. Enfin, je te laisse imaginer le schéma. Et donc, une de ces femmes trans vient me voir en me disant, mais Gabrielle, viens, joins-toi à nous. Je rencontre une personne qui était dans l'accomplissement. Et j'ai dit, mais waouh, ça peut être bien, en fait.
- Speaker #0
Donc là, la petite graine est plantée.
- Speaker #1
Ces petites choses-là ont fait que, petit à petit, ça a fait son chemin. Tu vois, ça a mis des années, c'est pas quelque chose. Et c'est pour ça que, quand je vois des associations dire aux jeunes de 15 ans, oui, mais vous pouvez devenir une femme. Non, non, non, c'est pas vrai. On sait pas, on sait pas à cet âge-là. Il faut laisser le temps faire les choses, parce que c'est vraiment un cheminement long. Il faut prendre le temps, c'est pas anodin, c'est pas facile. Et voilà, et moi, ça a été tous ces petits cheminement qui m'ont menée vers la personne que je suis aujourd'hui.
- Speaker #0
Et alors, quand tu as mis un mot sur ce que tu avais envie d'être, quand tu as admis que tu étais de genre féminine avec un corps d'homme, qu'est-ce que tu as ressenti ? Est-ce que ça doit être vertigineux, mais ça doit être très flippant aussi ?
- Speaker #1
Ah mais c'est ultra flippant ! Ah mais je te l'accorde, c'est flippant pour moi, mais c'est flippant aussi au niveau sociétal. Comment ça va être ? perçu ? Est-ce que les gens vont m'accepter ? Est-ce que les gens vont considérer la chose ? Est-ce que... Enfin, tu te poses un milliard de questions.
- Speaker #0
Il faut du courage pour franchir cette étape de sociétal justement.
- Speaker #1
Exactement. C'est très compliqué. C'est même le plus compliqué. Je me travestissais à l'époque et je sortais la nuit là où il n'y a pas de lumière, c'est tamisé, on ne sait pas trop.
- Speaker #0
Et alors quand tu sors travesti pour la première fois, tu te sens comment ?
- Speaker #1
C'est étrange parce que tu sais qui tu es au fond. Tu te sens un peu déguisé, tu as envie d'être cette personne-là, mais tu ne l'es pas encore. Il se passe quelque chose d'un peu... tu n'as pas les hormones. En fait, c'est ça aussi. Il y a ce côté hormonal qui est très important à inclure. La testostérone et les oestrogènes sont les extrêmes. opposé. Et tu t'en rends compte quand tu commences ton traitement hormonal. À l'époque, j'avais absolument pas d'ostrogène. Il faut concevoir que c'est un homme qui sort déguisé en femme. C'est compliqué à assumer. Mais bon, la nuit, ça passe.
- Speaker #0
Et ça te fait du bien ?
- Speaker #1
Ça me fait du bien parce que je me sens considérée. Ça fait mal parce que je me sens... On est forcément aussi insulté. Il y a vraiment...
- Speaker #0
En travesti, on est insulté.
- Speaker #1
Bah oui, forcément. Forcément, ça se voit, on est moqué, on est jugé.
- Speaker #0
Et comment tu vis ça, ces moqueries ?
- Speaker #1
Au début, ça a été compliqué. Puis après, j'ai appris à l'accepter.
- Speaker #0
Donc, tu entames cette transition. Au début, c'est donc plutôt un chemin d'acceptation. Comment tu en parles à tes proches, à ta famille, à tes amis, à ta maman ?
- Speaker #1
Je n'en parle pas. C'est un secret, c'est un grand secret, un lourd secret pendant des années, Il n'y a que mes amis très proches qui le savent, qui ne sont pas du tout dans le jugement, qui me disent « mais Gab, en fait, tu fais ce que tu veux, si tu te sens bien, machin, vas-y » .
- Speaker #0
De bons amis.
- Speaker #1
De très bons amis. Après, j'ai commencé à aller au bureau, changer, tu vois. D'accord. C'est vraiment des étapes qui se sont accumulées et ça a passé.
- Speaker #0
Donc tu as commencé par la voie professionnelle ?
- Speaker #1
Oui, la voie nocturne avant. Et puis petit à petit, on va au bureau.
- Speaker #0
Donc là, tu y vas habillée en femme ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Jupe, talons ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas trop là-dedans. Je suis plutôt en basket.
- Speaker #0
Tu ne vas pas jouer les extrêmes ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est rare que je mette une robe. C'est très très rare parce que je ne me sens pas à l'aise. Moi je te laisse dans mon corps aujourd'hui, mais j'étais un peu plus féminine, j'étais un peu plus élégante.
- Speaker #0
Tu commençais à faire pousser tes cheveux ?
- Speaker #1
Ouais, exactement, je laisse pousser mes cheveux.
- Speaker #0
Et alors quand est-ce que tu l'annonces officiellement ?
- Speaker #1
Alors encore une fois, il y a eu un élément déclencheur. Ce qui s'est passé, c'est que mes parents ont divorcé. Et je me suis dit, bon là Gab... Il faut que tu assumes, il faut y aller. Donc ma mère se sépare de mon père, descend me rejoindre à Marseille. Et je lui dis, écoute maman, il faut que tu saches une chose. Parce que là, ça ne pouvait plus être secret.
- Speaker #0
Eh oui, parce qu'en fait,
- Speaker #1
elle ne vivait pas du tout dans la ville où j'étais. Donc là, j'étais un peu... Je n'avais plus trop le choix. Et je lui dis, écoute maman, il faut que je t'explique quelque chose. Je n'aime pas qui je suis. Mais je pense qu'elle l'avait vue. Parce que forcément, il y a un changement. Tu t'épiles les sourcils. Enfin, tu vois, tu te laisses pousser les cheveux, comme tu disais. Donc forcément, elle voit le changement. Et là, je lui dis, écoute, moi, je veux vivre comme ça. Je veux être une femme.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Et je lui dis, et je continue en lui disant, mais j'ai la chance de pouvoir vivre deux vies en une.
- Speaker #0
Et là, comment elle réagit, ta maman ?
- Speaker #1
Elle n'est pas bien.
- Speaker #0
Je comprends, en tant que mère, c'est vraiment un petit garçon.
- Speaker #1
C'est compliqué. Je lui ai dit, tu sais maman, je suis toujours la même personne, simplement avec cette différence.
- Speaker #0
Et elle ne t'a pas rejetée ? Il n'y a pas eu de rejet familial ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Elle t'a soutenue ?
- Speaker #1
Elle m'a soutenue. Je lui ai dit, écoute, tu m'as porté pendant neuf mois, donc il faut que tu m'accompagnes à ce premier rendez-vous chez l'endocrinologue, qui est un rendez-vous très stratégique pour l'avenir. Et elle m'a accompagnée, elle a compris, elle a posé ses questions à l'endocrinologue. On a commencé par un traitement hormonal.
- Speaker #0
D'accord, donc une sacrée maman qui a accueilli cette nouvelle et qui t'a soutenue.
- Speaker #1
Qui m'a soutenue, exactement.
- Speaker #0
Donc vous arrivez chez Lando... crinologue.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On est en 2021 à peu près ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc c'est là où tu commences ton parcours de transition visible, parce que j'ai bien compris qu'il avait commencé avant.
- Speaker #1
Bien longtemps avant.
- Speaker #0
Dans un bon cheminement et beaucoup de réflexion. Juste pour expliquer un peu, en France, il y a davantage de personnes qui font une transition sociale, c'est-à-dire changement de prénom, de vêtements, de comportement, sans forcément s'engager dans un parcours médical. Concrètement, pour moi qui n'y connais... pas grand-chose, voire rien du tout. Comment ça se passe ? Par quoi on commence quand on décide de se lancer et d'aller vers cette transition ?
- Speaker #1
Chaque cas est différent.
- Speaker #0
Chaque cas est différent.
- Speaker #1
Chaque personne est différente. Chaque personne a ses raisons de faire une transition. Et il y a une confusion aussi dans la transition que les gens ne comprennent pas. C'est très important de le dire. Il y a la transsexualité, il y a la transidentité. Et aujourd'hui, quand on qualifie quelqu'un de trans, on généralise. Sauf que c'est pas du tout la même chose.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux redéfinir les deux ?
- Speaker #1
La transsexualité, c'est exactement moi. C'est-à-dire, je sais que j'ai une dysphorie liée à mon sexe, en fait. C'est pas psychologique. J'ai pas de problème existentiel. Je sais qui je suis. Par contre, je sais que je n'aime pas le corps que j'ai, ou du moins que j'avais, pardon. Donc ça, c'est la transsexualité. Et médicalement, en étant assistée, bien évidemment... Il y a un protocole à suivre et on peut aller vers un cheminement. Et puis il y a la transidentité qui est plutôt psychologique. On est dans quelque chose d'identitaire, dans quelque chose de... Je veux être une femme, mais par contre je ne veux pas forcément prendre des hormones, ou je veux être une femme poilue, je veux être celle que j'ai envie d'être.
- Speaker #0
Une nouvelle identité.
- Speaker #1
Une nouvelle identité, tu vois. Et ça c'est la transidentité. Et souvent tout ça c'est mélangé et les gens ne le comprennent pas. Et c'est pour ça aussi... C'est mal connu en fait. C'est mal connu, mais c'est important de comprendre la différence de tout ça en fait.
- Speaker #0
Donc, Donc concrètement, ça a commencé comment avec ce rendez-vous chez l'endocrino ?
- Speaker #1
Déjà, on ne prend pas des hormones comme ça, les gos, je vais être une femme, on va chez l'endocrinologue, allez, on nous prescrit des médicaments, c'est la fête. Non, on fait des prises de sang, il faut voir ce qu'on a un petit peu dans le sang, tant que testostérone et oestrogène, il faut savoir qu'hommes et femmes, on a les deux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On a de la testostérone, de l'oestrogène, on en a tous, à des degrés différents évidemment. C'est un parcours, il y a deux ans de suivi psychologique avant, il y a un cheminement derrière tout ça.
- Speaker #0
C'est bien accompagné en France ?
- Speaker #1
C'est plutôt bien accompagné, mais c'est un peu généralisé. C'est un peu industrialisé aujourd'hui même, j'ai envie de te dire. C'est devenu une industrie. Tu vas à l'hôpital de la conception, il y a un pôle dédié à la transition.
- Speaker #0
D'accord, genre tu as un parcours qui est programmé. Ok, c'est bien ou c'est pas bien ?
- Speaker #1
C'est bien et c'est pas bien. Alors c'est bien pour ceux qui savent où ils vont comme moi, c'est moins bien. Pour les personnes qui sont en transidentité, qui ne savent pas trop, ou alors où on leur dit on va faire telle et telle chirurgie, mais qui en fait leur problème n'est pas forcément sexuel et qui est ailleurs, et qui après se détransitionnent parce qu'ils se rendent compte qu'effectivement, ils ont encore changé d'identité.
- Speaker #0
Ça, ça arrive, je n'ai pas les chiffres.
- Speaker #1
Oui, ça arrive très souvent. Et ça va arriver de plus en plus souvent.
- Speaker #0
Tu veux dire que ça va un peu trop vite ?
- Speaker #1
Ça va trop vite. Ça va beaucoup trop vite. et Il faut savoir faire là. Il faut se dissocier les deux, en fait. Et tant qu'on n'arrivera pas médicalement à dissocier les deux, ça va être compliqué.
- Speaker #0
Alors, pour revenir sur ton histoire, j'ai l'impression que toi, tu as pris le temps. Déjà, dans ton introspection personnelle, tu lui parles de deux ans de suivi psychologique, de ce rendez-vous. Donc, toutes les étapes, tu as pris le temps de les mûrir, de les réfléchir.
- Speaker #1
De les réfléchir, d'en parler.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
d'en parler aussi avec ma maman, d'en parler avec mes amis, de voir comment socialement ça va se passer, de pouvoir l'assumer.
- Speaker #0
Mais c'est ça, l'assumer face à la société.
- Speaker #1
La société, il faut l'assumer, le regard des gens, tout ça.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu avais le choix ? Tu sentais qu'en fait, c'était ça ?
- Speaker #1
À partir du moment où j'avais le feu vert de ma maman, c'était bon.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il n'y avait plus aucune limite. Toutes les barrières tombent.
- Speaker #0
Et tu te sentais heureuse dans cette phase ? Oui.
- Speaker #1
Pour la première fois de ma vie, je me sentais libre.
- Speaker #0
c'est un soulagement incroyable de plus te mentir de plus mentir aux autres t'es plus dans un rôle, t'es toi tu deviens celle que tu rêves d'être et c'est magique et au niveau du psy-vie psychologique est-ce que là aussi t'as un feu vert ou un feu rouge en mode toi t'as eu le feu vert mais est-ce que les psy peuvent aussi dire non je pense que vous n'êtes pas prêt bien sûr,
- Speaker #1
mais bon moi j'ai vraiment suivi ce protocole, j'ai vraiment pris le temps de découvrir déjà qui moi j'étais Merci.
- Speaker #0
Quelle femme ?
- Speaker #1
Quelle femme j'étais ? Voilà, j'ai vraiment pris le temps de tout ça.
- Speaker #0
Donc, tu as commencé un traitement hormonal ?
- Speaker #1
J'ai commencé un traitement hormonal, doucement. Donc, ça commence par prendre des oestrogènes. Puis après, quelques mois plus tard, je pense que c'était six mois plus tard, tu prends des bloqueurs, des bloqueurs de testostérone. Et puis là, ton corps, il change.
- Speaker #0
Donc, concrètement ?
- Speaker #1
Mais concrètement, ta voix change, tes émotions.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Parce que ton humeur, enfin...
- Speaker #0
Ah oui, c'est les hormones. Les hormones. La pilosité.
- Speaker #1
La pilosité.
- Speaker #0
La poitrine.
- Speaker #1
La poitrine qui pousse. Et la répartition des graisses. Il y a tellement de choses qui changent. Tu vois, moi, je n'ai pas d'opération mammaire, c'est ma poitrine naturelle.
- Speaker #0
Ah bon ?
- Speaker #1
Vraiment, c'est naturel et tout ça, c'est hormonal. Du coup, il faut un vrai bon suivi hormonal, par contre.
- Speaker #0
Bien dosé.
- Speaker #1
Bien dosé. Il y a aussi une autre hormone qu'on parle peu, c'est la progestérone, qui, moi, me fait un bien fou.
- Speaker #0
C'est au quotidien, ce traitement hormonal ?
- Speaker #1
Oui, c'est au quotidien. Pour toute ta vie ? Toute ta vie. T'es obligé, donc aujourd'hui, il existe des gels, tu sais, t'es pas obligé de prendre un traitement par voie orale, parce que forcément ton foie, il en prend un coup au bout d'un moment donné, donc il faut faire... Et les bloqueurs de testostérone qui permettent justement d'augmenter les oestrogènes, mais ça change tout.
- Speaker #0
Donc là déjà, tu te sentais super bien.
- Speaker #1
Ah mais j'étais super bien.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais je suis même super bien.
- Speaker #0
Et alors, quand est-ce que tu décides d'aller plus loin dans ta transition ?
- Speaker #1
Ben justement, quand tu t'aperçois que le physique, il n'est pas forcément en adéquation, qu'il y a des petits problèmes, notamment les cheveux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois, j'avais là une petite cavisse. Exactement. J'ai décidé de faire une greffe. Tu pars à Istanbul, tu dois aligner à demi-leveau. 2500 euros, c'était l'une de mes premières opérations. Et puis la féminisation, si tu veux, de la partie basse de mon visage.
- Speaker #0
Oui, les hommes ont quand même la mâchoire plus carrée.
- Speaker #1
Donc on m'a un peu limé, si tu veux, à ce niveau-là, l'os. On m'a coupé le crâne, remonté le menton. Enfin vraiment, il y a eu un peu de chirurgie.
- Speaker #0
C'est hyper douloureux.
- Speaker #1
C'est hyper douloureux. La pomme d'Adam.
- Speaker #0
Et ça, c'est des opérations qui sont prises en charge ?
- Speaker #1
Alors, c'est pris en charge à partir du moment où tu rentres dans un protocole très strict. C'est-à-dire que tu es sous ALD, que ça a été défini et par ton médecin traitant et par un psychologue. C'est vraiment très encadré. C'est vraiment en courant de gouttes. Ce n'est vraiment pas tout le monde qui peut le faire.
- Speaker #0
Mais ça doit être des grosses opérations.
- Speaker #1
C'est de très grosses opérations. Longues. Longues, douloureuses.
- Speaker #0
Oui, le post-op.
- Speaker #1
Contraignant, mais oui, tu m'aurais vu quand je suis sortie de là. Mais c'était nécessaire. C'était nécessaire, c'était nécessaire, oui.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, est-ce qu'on peut considérer, enfin moi, en face de moi, j'ai une femme, est-ce qu'on peut considérer que tu as terminé ou est-ce qu'il faut continuer ?
- Speaker #1
Enfin moi, aujourd'hui, je me sens femme. Alors une femme, oui. Je suis vraiment une femme, je suis identifiée comme telle socialement, enfin vraiment. Mais tu sais, on est jamais très cruel envers soi-même, comme je t'expliquais tout à l'heure. Et du coup, il y a ça qui ne va pas. Puis là, j'ai la joue creuse. Bon, allez, on va faire telle chirurgie. Petite chirurgie encore par-ci par-là, histoire de se conforter, d'être encore mieux avec soi-même.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu ne seras pas éternellement insatisfaite ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'à un moment donné, il faut dire stop. Parce que là,
- Speaker #0
tu es très jolie.
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
Mais ce serait quoi alors qu'il faudrait...
- Speaker #1
La dernière opération qui est la plus importante. C'est la vaginoplastie. Là, on est sur un autre niveau. Là, on est sur un autre level.
- Speaker #0
Mais c'est bien parce que j'ai l'impression que tu ne te précipites pas. Que cette opération, cette dernière, tu l'as...
- Speaker #1
Je prends le temps. Je prends le temps des choses et je profite de ce temps-là, justement.
- Speaker #0
Mais c'est quelque chose que tu envisages pour être pleinement toi-même.
- Speaker #1
Oui, j'en ai besoin. J'en ai vraiment besoin. Il faut savoir qu'avant ma transition, je ne sortais quasiment jamais de chez moi. Après ma transition, je sors. Je suis bien, parce que je suis bien. Comme je t'ai expliqué, je suis libre. Donc je vais à la plage. Je peux me poser à la plage. Je n'ai plus peur du regard des gens. J'accepte les compliments aujourd'hui. Ça fait plaisir, ça fait du bien, c'est bon. Donc je vais à la plage, je sors. Alors qu'avant, pas du tout. Et effectivement, quand je vais à la plage, je ne mets pas encore de maillot. Je mets des shorties, tu vois, un peu. J'essaie de camoufler, tout ça, tout ça. C'est compliqué, c'est compliqué.
- Speaker #0
Donc, c'est le regard des autres.
- Speaker #1
Oui, mais moi, je ne m'en fous pas. C'est ça le truc, c'est que moi, je ne m'en fous pas. Et voilà, du coup, c'est important pour moi d'être en équilibre total.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et pour l'instant, il y a un petit déséquilibre encore.
- Speaker #0
Je comprends. Et ça, c'est une opération que tu envisages prochainement ?
- Speaker #1
Très prochainement.
- Speaker #0
Très prochainement. Tu es pressée ?
- Speaker #1
Un peu. Alors, je suis un peu pressée, mais j'ai aussi peur. C'est flippant.
- Speaker #0
C'est flippant.
- Speaker #1
C'est flippant parce que... C'est définitif. C'est définitif. Et puis, il y a plein de questions qui se posent au niveau sexuel. Est-ce qu'il y a l'emplacement ? Moi, c'est la première question que j'ai demandé au chirurgien.
- Speaker #0
Ils font ça en France ?
- Speaker #1
Oui, et c'est très bien fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est très, très, très bien fait. C'est hallucinant.
- Speaker #0
Moi, vraiment, je ne connais pas trop ce sujet. Si je peux oser la question, ça ressemblera à un pubis féminin ? c'est surprenant qui te permettra d'avoir des rapports sexuels exactement,
- Speaker #1
alors t'as les deux t'as la vaginoplastie profonde et la superficielle c'est à dire celle qui n'a pas de profondeur qui est juste apparente en fait moi je préfère faire celle avec la profondeur mais ça ressemble vraiment ah
- Speaker #0
ouais, sacrée opération et en fait si tu veux,
- Speaker #1
ils utilisent le sexe initial parce qu'en réalité C'est pratiquement la même chose, mais l'un est à l'extérieur et l'autre est à l'intérieur. Donc en fait, on reproduit ce schéma-là. C'est-à-dire qu'on réutilise le pénis pour le mettre à l'intérieur, pour faire la cavité vaginale. On fait une ablation effectivement des testicules qui servent à faire les lèvres du futur vagin. Et c'est surprenant. Et du coup, le clitoris, c'était l'ancien prépuce de l'homme.
- Speaker #0
D'accord, donc en plus du plaisir.
- Speaker #1
Donc tu ressens toujours du plaisir. Et c'est ça qui est formidable aujourd'hui. Avant, il n'y avait pas la science. On se fait des choses incroyables. Vraiment.
- Speaker #0
Non mais là, je pense que tu as donné beaucoup d'informations. Non mais c'est des sujets hyper importants. Mais il faut en parler.
- Speaker #1
Parce que les gens ne savent pas forcément tout ça.
- Speaker #0
Et ça pourra certainement rassurer aussi des personnes quand tu aimes ce chemin. Et donc dans ta vraie vie, dans la vie de tous les jours, j'entends que finalement, ça passe dans la rue, ça passe au boulot, ça passe dans ton entourage. Et tout à l'heure, tu viens de parler de ton copain. Donc, j'en conclus que tu as une vie sentimentale. Bien sûr. Alors, il y a une question qui me brûle un peu les lèvres. C'est que tu es une femme. Tu rencontres un homme, cet homme est hétéro, puisqu'a priori il est attiré par les femmes. Comment tu lui as annoncé que, ben, oui, t'es une femme aujourd'hui, mais ça n'a pas toujours été le cas ? Et comment, avec cette relation, les précédentes, comment les hommes, ils acceptent ça ? Parce qu'eux, ils ne sont pas homosexuels.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est une question très intéressante. Pourquoi ? Parce que c'est une question que beaucoup de femmes trans ont peur.
- Speaker #0
Eh oui.
- Speaker #1
Parce qu'elles se disent... Est-ce que je vais pouvoir rencontrer quelqu'un qui est dans l'acceptation ? C'est une question que je me suis posée vraiment beaucoup de fois avant de rencontrer mon compagnon. Et comment ça s'est passé ? Tout bêtement, il m'avait vue sur un site de rencontre, il m'a reconnue dans la rue, on a discuté, on a échangé nos numéros, tout ça, on s'est vues, on a fait connaissance. Et alors pour la petite anecdote, une fois qu'à un moment donné tu veux conclure, tu ne lui avais rien dit du tout. Et là, de cette peur de la réaction de la personne et tout. Et là, je lui dis, je ne suis pas une femme biologique. Donc là, il y a un petit blanc. Il me regarde comme ça et tout. Il me dit, vas-y, c'est un fou.
- Speaker #0
Donc hyper tolérant, le gars.
- Speaker #1
Hyper tolérant. Et après, plus de nouvelles de lui pendant à peu près 15 jours. Donc, on se parlait vite fait par texto et tout ça. Mais je voyais qu'il y avait des distances qui étaient prises. Et puis, à un moment donné, je lui dis, c'est bon, je passe à autre chose. Je vois que ce n'est pas possible. On n'est pas... Au revoir.
- Speaker #0
Ça l'a certainement chamboulé.
- Speaker #1
Ça l'a un petit peu beaucoup chamboulé. Il en a parlé à ses potes, qui sont totalement contre ça, et qui le rassure en disant, mais si c'est ton choix, vas-y en fait. Et surtout, il en parle à sa maman. Et encore une fois, c'est ce qui fait toute la différence. Et quand sa maman lui a dit, mais mon fils, je t'aime, et si tu aimes une femme, même si elle n'est pas une femme biologique, c'est ton choix, et si t'es heureux, et bien fonce.
- Speaker #0
Vous avez deux super mamans.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, il m'a appelé, il m'a envoyé un message en me disant, mais voilà, on est par là, ma mère, tout ça. Et boum, ça s'est fait, on s'est mis ensemble.
- Speaker #0
Donc, c'est possible d'être une femme trans et d'avoir une relation saine et stable.
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #0
Et alors, au-delà de la femme trans que tu es, parce que j'ai bien compris que c'est pas du tout ça qui te définit, Gabrielle, quelle femme es-tu ?
- Speaker #1
Je suis une femme. Je suis une femme, en fait. Et je n'aime pas justement être pointée du doigt. Je suis une femme épanouie. Je me sens bien. Je suis celle que j'ai toujours voulu être.
- Speaker #0
Est-ce que tu te sens légitime en tant que femme ou est-ce que tu as encore parfois le sentiment de devoir surjouer ta féminité ?
- Speaker #1
Tu sais d'où tu viens. Donc, quelque part, c'est un conflit que j'ai en permanence avec moi-même et ça joue aussi sur ma relation sentimentale. C'est que je me sens en permanence en concurrence. Parce que je me dis, mais je ne serai jamais, par exemple, aussi belle qu'elle.
- Speaker #0
Une sorte de jalousie envers les femmes biologiques.
- Speaker #1
Oui, exactement. Quand on est une femme différente, on a besoin d'être encore plus rassurée. On a besoin d'être rassurée en permanence. C'est vraiment la clé de la continuité.
- Speaker #0
Rassurée par ton entourage, par ce qui est...
- Speaker #1
Par tout le monde. Donc, tu es rassurée par la société parce que quand tu sors, T'es pas mal genré, t'es rassuré du coup par ton entourage, effectivement. Et c'est très important d'être rassuré.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu réponds à ceux qui parfois peuvent te dire « mais non, c'est un problème psychologique, c'est dans sa tête » . Tu as eu ce genre de...
- Speaker #1
Forcément. Mais parce que les gens sont dans l'incompréhension. Ceux qui disent ça ou qui pensent ça, qui peuvent penser qu'il y a un problème psychologique. Et encore une fois, c'est parce que c'est confondu avec la transidentité. Et ça m'arrive. Encore il n'y a pas très longtemps, une fille me dit « toi tu ne seras jamais une femme, tu es une femme en plastique » . Ça fait mal. C'est dur. Je sens une forme de rejet et c'est ça qui est dur, de ressentir cette forme de rejet.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y aurait des assos, des livres, des films que tu pourrais recommander à des personnes qui ont envie de creuser le sujet, qui s'interrogent, des parents ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai... Pas vraiment de référence au niveau littéraire. Alors en film, on en avait parlé, Girl, effectivement, qui pour moi est un film qui est très révélateur, justement sur la transsexualité.
- Speaker #0
Un très beau film.
- Speaker #1
C'est un très très beau film, qui explique quand même pas mal de démarches. Cette souffrance, cette frustration, tu le ressens dans le film. Émotionnellement, il est prenant ce film.
- Speaker #0
Alors pour terminer, en fin d'émission, souvent il y a un petit... quiz, Gabriel. Alors, pas de stress, il n'y a pas de mauvaise réponse. C'est pour détendre un petit peu l'atmosphère. Alors, au quotidien, tu es plutôt basket ou talon haut ?
- Speaker #1
Ah bah basket.
- Speaker #0
Le plus gros cliché que tu as entendu sur les personnes trans ?
- Speaker #1
Le plus gros cliché ? Ben, la trans brésilienne d'un mètre quatre-vingt.
- Speaker #0
Je vois. La première fois qu'on t'a appelée mademoiselle, tu étais émue ou étonnée ?
- Speaker #1
Je dirais un peu des deux.
- Speaker #0
Un homme hétéro peut-il tomber amoureux d'une femme trans ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
On en a la preuve. Et enfin, être une femme, pour toi, en trois mots, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est être douce, c'est être élégante et être en paix.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Gabrielle, pour ta confiance, pour ta sincérité et pour le courage, vraiment, avec lequel tu nous as partagé ton histoire. À travers ton parcours,
- Speaker #1
on comprend que l'identité, ce n'est pas un choix. C'est un alignement profond avec soi-même. Cet épisode se termine. J'espère qu'il vous a plu.
- Speaker #0
Je vous remercie beaucoup de l'avoir écouté. D'étonnante, c'est un nouveau podcast. C'est une rencontre toutes les deux semaines avec une femme inspirante, différente, qui nous raconte son parcours, son histoire. Si vous aimez ce podcast, si vous avez envie de découvrir d'autres témoignages, alors vous pouvez vous abonner sur votre plateforme d'écoute et aussi mettre des petites étoiles. Et bien sûr, suivre le compte... Instagram d'étonnante.podcast Allez, je vous dis à bientôt !