- Speaker #0
Hello, je m'appelle Elisabeth Hillard et vous écoutez D'étonnante, le podcast qui donne la parole à des femmes différentes. Parfois par choix, souvent par nécessité, ces femmes font autrement, bousculent les normes, les stéréotypes et nos certitudes. Parce qu'il existe mille et une façons d'être femme, d'être soi. Alors, bonne écoute ! Alors aujourd'hui, je reçois Caroline, bienvenue.
- Speaker #1
Merci Elisa.
- Speaker #0
Alors avec cet épisode, on va ouvrir une conversation profondément intime autour de sujets aussi universels que douloureux, l'infertilité, le parcours PMA et l'adoption. Cet épisode va être un peu plus long que d'ordinaire car c'est vraiment impossible de juste survoler ces sujets. Ce sont des sujets qui touchent au corps, au désir d'enfant, au couple, à la vie. Et il y a quelques semaines... Quand je t'ai contactée pour te proposer de témoigner, tu as accepté immédiatement, avec générosité et sincérité. Et pour ça, je veux te remercier. Alors merci de nous confier ton histoire. J'ai hâte d'entendre tes mots parce que je sais déjà qu'ils seront juste, sensibles et profondément inspirants pour toutes celles et ceux qui traversent ou ont traversé ce chemin souvent invisible. Je te laisse te présenter.
- Speaker #1
Je m'appelle Caroline, j'ai 50 ans et je suis mariée. et j'en... Un petit garçon de 10 ans.
- Speaker #0
Merci. Alors pour commencer, il me semble important de définir ce que c'est l'infertilité, qu'on confond parfois avec la stérilité. Alors que c'est différent, c'est deux termes différents, puisque l'infertilité c'est le fait d'avoir des difficultés pour un couple à avoir une grossesse naturellement. On parle d'un à deux ans de rapport régulier sans grossesse. Alors que la stérilité c'est l'impossibilité totale de concevoir un enfant. de manière définitive. Là, il n'y a pas de grossesse possible dans ce cas-là, même avec une aide médicale. Et pour parler concrètement, en France, un couple sur sept consulte pour un problème de fertilité et un sur dix suit un traitement. Alors, est-ce que toi, tu peux nous raconter quand et comment tu as compris que ça allait être compliqué d'avoir un enfant naturellement ?
- Speaker #1
Eh bien, quand j'ai commencé à avoir... en vie d'enfant, on arrête la pilule et ça ne vient pas. Au bout de six mois, un an, et au bout d'un an, on commence à consulter. J'avais à l'époque un peu plus de 30 ans. On nous dit, c'est pas grave, il faut être patient. On va quand même faire quelques examens. Les examens reviennent normaux, mais la grossesse ne vient pas. Et là, on doit bien se rendre à l'évidence que ça va peut-être être Peut-être sur moi que ça tombe, l'infertilité. Sur moi, enfin sur nous. Enfin au début, je me suis dit sur moi. J'avais un mari très bienveillant qui me disait, mais ça peut être moi, ça peut être nous deux.
- Speaker #0
Puis ensuite,
- Speaker #1
on décide de faire des examens médicaux pour rechercher à quel niveau la médecine pourrait agir. Enfin voilà, trouver une cause. Dans 25% des cas d'infertilité, il n'y a pas de cause retrouvée.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et on a été très vite dans ce cas-là.
- Speaker #0
D'accord. Donc tout allait bien. Sur le papier ?
- Speaker #1
Voilà. Après, on rentre dans le processus de la procréation médicalement assistée. D'accord. Au moment où on rentre dans ce processus, j'ai plus que 35 ans.
- Speaker #0
Donc là, il y a déjà 5 ans qui se sont passés. Le mot infertilité a été prononcé ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non ?
- Speaker #1
Non, au début, on fait beaucoup d'examens assez invasifs et tout est normal, Et on nous dit, oui, dans certains cas, on ne trouve pas de cause. Ça peut être aussi les limites de la médecine. On ne peut pas regarder non plus la membrane de l'ovocyte. Il y a plein de choses qui ne sont pas encore diagnosticables, je pense.
- Speaker #0
Et en cinq ans, tu n'as pas eu une grossesse ?
- Speaker #1
Non, jamais de ma vie, sauf qu'à un moment, j'ai eu un retard de règle de une semaine et j'ai expulsé quelque chose qui ressemblait à quelque chose d'embryon. Je n'appelle pas ça une grossesse, mais il y a eu un semblant de choses. En tout cas, j'ai eu les symptômes et en effet, les hormones HCG étaient augmentées. Je n'avais pas eu le temps de me réjouir que ça s'est vite arrêté.
- Speaker #0
Et comment tu vivais tout ça en tant que femme à cette époque-là, de ne pas réussir à porter un enfant ?
- Speaker #1
Alors, tu vois, tu dis le mot réussir et la première étape, c'est ça. Tu dis, je ne réussis pas. J'ai réussi dans ma vie, dès que je voulais quelque chose, je m'en suis donné les moyens. Et là, pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression de ne pas réussir. Donc là, ça a été une première souffrance sur laquelle j'ai travaillé en me disant c'est ridicule. Et puis ensuite, la vraie souffrance, c'était que je n'envisageais pas vraiment de ne pas être maman.
- Speaker #0
C'était un désir que... Vous aviez ensemble ?
- Speaker #1
Oui, on avait le désir d'être parents. Le désir de grossesse, c'était pas fantasmatique pour moi. Je sais pas si ce terme est exact. C'était vraiment un désir d'enfant.
- Speaker #0
Plus que d'être enceinte, on parle de contre-romp.
- Speaker #1
Ça, c'était pas vraiment ce qui me passionnait le plus. J'avais le désir d'enfant, le désir très fort d'allaiter mon bébé. J'avais des rêves récurrents sur un plaisir intense à allaiter mon bébé. Ça a été vraiment très douloureux. Quand je me réveillais, je me disais que ça n'arriverait jamais. Plus les années passaient, on vieillit. Déjà, après 35 ans, on nous dit que ce qui était mon cas. Les réussites de PMA sont nettement moindres. Déjà, les réussites de grossesse spontanée commencent à diminuer. Mais pour la PMA, c'est pareil. Ça peut fonctionner moins bien au fil du temps.
- Speaker #0
Donc au bout de cinq ans, vous êtes rentrée dans ce parcours-là d'insémination, de FIV ?
- Speaker #1
Avant ça, au bout de deux ans, je dirais, je me souviens plus précisément. Et là, c'est le parcours du combattant. C'est très pénible pour la femme. L'homme, il a un petit moment pénible, mais après, c'est beaucoup d'examens médicaux, beaucoup de rendez-vous.
- Speaker #0
À des dates.
- Speaker #1
À des dates bien précises, puisque c'est l'ovulation.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Les ponctions d'ovocytes, c'est une intervention chirurgicale, donc anesthésie, on rentre à l'hôpital. J'ai eu beaucoup de complications. J'avais en fait ce qu'ils appellent les syndromes d'hyperstimulation. Je répondais trop aux stimulations, donc j'avais une ovulation énorme et beaucoup de follicules. Ce qui fait mal, on a les envers qui gonflent, les ovules sont nombreux, mais ils ne sont pas forcément de bonne qualité, de ce que j'ai retenu.
- Speaker #0
Comment toi tu percevais ça à cette époque ? Tu sentais par exemple qu'on atteignait à ton identité de femme ?
- Speaker #1
Ah oui, oui. Franchement, ça détruit l'intimité, on peut le dire. Moi, je l'ai vécu comme telle. J'ai mis beaucoup de temps à m'en remettre. Et j'ai même vu les conséquences plus après, parce que pendant, on est un peu en mode, j'étais en mode combattante. Faut y arriver, il n'y a pas de raison. Il y en a pour qui ça fonctionne, et il y en a pour qui ça fonctionne vite. Moi, ça... pas été le cas parce qu'il y a eu... On a le droit à trois ponctions d'ovocytes en tout remboursées par la Sécurité sociale. Mais ces trois ponctions, si on a beaucoup d'ovules, par exemple, j'en avais des dizaines, moi, eh bien, il y a autant d'œufs qu'on fait féconder l'ovule par le spermatozoïde dans une petite boîte. Il y a autant d'œufs qu'on va retransférer. On appelle ça le transfert d'embryons. Et ce moment-là, on a l'impression d'être une machine à reproduction. Et c'est vraiment pas glamour. Et après, franchement, j'ai vécu de la maltraitance.
- Speaker #0
Gynécologique ?
- Speaker #1
Gynécologique, pas tant, mais de la maltraitance psychologique avec un médecin en particulier, un chef de service, qui dit du genre, on est les jambes, on est en position gynécologique, on nous met par voie naturelle, et lui me dit au moment d'arriver, vous savez, les embryons congelés, ça tient rarement.
- Speaker #0
Ah bah !
- Speaker #1
Parce que du coup, lié à l'hyperstimulation, on ne peut pas transférer l'embryon frais, ils appellent ça comme ça, et donc on les congèle. Et ensuite, on les décongèle. Et a priori, c'est moins efficace. C'est bien de la prendre cinq minutes avant d'avoir l'implantation.
- Speaker #0
Ça donne espoir.
- Speaker #1
Ça donne espoir. J'aurais dû lui répondre, mais je ne l'ai pas fait parce que j'étais vulnérable. Les pattes en l'air, franchement, je me sentais très seule, très différente de tout. Toutes les autres femmes.
- Speaker #0
Qui commençaient certainement à tomber enceintes autour de toi à cet âge-là.
- Speaker #1
Ça faisait longtemps qu'il y avait eu déjà beaucoup d'amis qui avaient des enfants. Et en tant que pédiatre, à l'époque, je travaillais en maternité. J'étais de garde et je voyais des naissances.
- Speaker #0
Tous les jours ?
- Speaker #1
Pas tous les jours, parce que heureusement, je n'étais pas de garde tous les jours, mais très souvent. Et ça m'a fait beaucoup souffrir. Surtout dans mon travail, je n'en avais pas du tout parlé. Je ne voulais pas du tout que ça se sache. Et pourtant, c'était un centre de PMA, mais je ne me faisais pas traiter là. Et on me disait, mais toi, Caro, tu vas attendre quel âge pour avoir des enfants ? Parce que bon, je disais parfois rien. Puis au bout d'un moment, au bout de quelques années, je disais, j'attends rien, je ne peux pas en avoir.
- Speaker #0
Ça devait être dur, en plus d'évoluer dans ce milieu professionnel. où tu voyais tout le temps des femmes enceintes et des bébés.
- Speaker #1
Je ne sais pas pourquoi je suis restée. J'ai fini par trouver une remplaçante et démissionner de la maternité où je travaillais.
- Speaker #0
Quel rapport tu avais avec ton corps à ce moment-là ? Est-ce que tu as été en colère contre toi ? Est-ce que tu as réussi à l'aimer, à te réconcilier avec ? Quel rapport on entretient quand ce qu'on désire le plus profondément ne vient pas ?
- Speaker #1
On se coupe un peu de notre corps, je dirais. Mais le corps fait mal, le corps se rappelle à nous. Il est source de souffrance, en fait. Oui, c'est un corps de souffrance. On était très, très reliés avec mon mari. Et il a toujours été très à l'écoute. On parlait beaucoup. Ça nous a rapprochés. Et là, j'ai commencé à m'intéresser. Pourquoi on veut des enfants, en fait ? Et même parfois, on réfléchissait tous les deux avec mon mari en disant « Bon, on laisse tomber. » On peut être heureux sans enfant, en fait.
- Speaker #0
Vous étiez heureux sans enfant ?
- Speaker #1
Voilà, on était heureux sans enfant. Et on se disait, bon, est-ce qu'on peut... Est-ce que ça a un sens de continuer comme ça ? Donc, on a eu la phase où on se disait, oui.
- Speaker #0
Parce que c'est beaucoup de souffrance, finalement, tout ce parcours. Parce qu'il y a pas de l'espoir, puis ça marche pas.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, à un moment, le yo-yo émotionnel est tel qu'on se dit, bon, de toute façon, on arrête. De toute façon, au bout de trois ponctions d'ovocytes, j'ai fait dix ou... Le transfert d'embryons, c'était quand même très... Ça m'a pris parce qu'il y avait beaucoup d'embryons congelés. Vu que j'avais beaucoup de folie. Folifique, ouais. Après, du coup, on a fait une pause. J'ai changé de gynécologue. Il nous a convaincus d'aller faire un don d'ovocytes en Espagne. Moi, je n'étais pas très pour.
- Speaker #0
Et tu disais tout à l'heure qu'on s'est posé en couple la question pourquoi on veut un enfant. Et est-ce que vous aviez trouvé des réponses ?
- Speaker #1
On ne se l'est pas vraiment posé en couple. C'était vraiment moi qui m'interrogeais en me disant... finalement, pourquoi on a une telle souffrance de ne pas avoir d'enfant ? Pourquoi ce désir ? Et la meilleure réponse que j'ai trouvée, c'est une de mes amies qui me l'a donnée, puisque je parlais de ça plutôt avec mes amies proches, femmes, qui, elles, étaient mamans, m'a dit, moi, ça finit de te faire grandir, ça te fait te rencontrer, toi, en tant que parent, et c'est énorme.
- Speaker #0
C'est une belle définition.
- Speaker #1
Et je lui ai dit ça. Je n'avais pas de mots, je me disais juste « bah oui, nous les femmes, on doit avoir des enfants, sinon on n'est pas vraiment femme » . Je me suis mise à m'intéresser au féminisme, à lire beaucoup de choses sur cette injonction à avoir un enfant, une famille, que c'est le Graal, qu'on ne peut pas être heureux autrement.
- Speaker #0
Qu'on n'est pas vraiment une femme si on n'enfante pas.
- Speaker #1
Qu'on reste sociétale, qu'on est égoïste, que quand même, la plus belle des choses c'est d'avoir des enfants. Voilà, après avec mon mari, pourquoi on voulait un enfant ? Oui, on s'est quand même posé la question, qu'est-ce qu'on fera sans ? Est-ce que ça va changer quelque chose pour nous ? On s'est dit non, notre amour, non. Mais c'est vrai qu'on a... C'est chimique, quoi. Quand on s'aime, on a envie de fabriquer quelque chose de notre amour. Le voyer vraiment comme ça. Donc là, le fruit de notre amour... J'avais moins l'impression que c'était ça quand je faisais le truc hyper médicalisé. Ça l'était quand même, puisque c'était vraiment de l'amour.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Faut s'aimer. Ça ne devient plus du tout une partie de rigolade.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Alors moi, j'avais déjà parlé d'adoption au début du processus de procréation médicalement assistée. Mon mari n'était pas du tout prêt. J'ai lancé une première perche en disant... Moi, je me suis toujours dit jeune, si je ne peux pas avoir d'enfant, j'adopterai. J'avais vu un documentaire sur l'adoption, j'avais peut-être 12-13 ans, je ne me souviens pas. Il m'avait beaucoup marqué. J'avais trouvé ça incroyable. Et je m'étais dit, ça doit être terrible si on ne peut pas avoir d'enfant, parce que moi, j'ai toujours adoré les enfants. Moi, j'adopterai, je ferai comme eux. Donc, c'était assez évident pour moi. Mais la première fois que j'ai évoqué ça, mon mari m'a dit, ah non. Et puis, c'est un peu trahir mon enfant adoptif que de faire en parallèle la PMA et l'adoption. Il y en a qui le font. Alors, les organismes agréés à l'adoption refusent plutôt ces couples-là parce qu'en fait, en effet, psychiquement, on ne peut pas être dans les deux à la fois. C'est deux projets très différents et ça ne se prépare pas pareil. Et j'avais fait ce choix-là. Moi, je ne pouvais pas faire les deux.
- Speaker #0
Tu viens de dire quelque chose de très beau. Tu viens de dire, je ne voulais pas trahir mon enfant adoptable.
- Speaker #1
C'était genre, c'était comme si je ne te voulais pas vraiment parce que si la PMA marche... Donc pour moi, c'était schizophrénique et je ne comprenais pas les couples qui faisaient ça. Mais il y en avait, le désir d'enfant était vécu, je ne sais pas. différemment, avec une urgence. Et eux, ils faisaient les deux pour donner toutes les chances. Mais pour moi, c'était pas ça. Le don d'ovocytes, on a déjà fait, en tout cas, mon mari, pour le coup, on a eu des longues discussions sur qu'est-ce que ça représente l'ovocyte. Alors, il vient pas de moi, mais l'hospérmatocyte vient de toi. Une partie, c'est moi, une partie, c'est pas moi. Bon, c'est possible. La génétique ne m'importe que très peu.
- Speaker #0
Puis tu aurais quand même porté cet enfant.
- Speaker #1
Et voilà, il y avait le porté, ce qui n'était pas pour moi le plus essentiel, mais quand même. Et ça n'a pas fonctionné. Donc, le don d'ovocytes, ce n'était pas mes ovocytes. Le problème, alors qu'on a l'âge de la donneuse qui avait 20 ans, on n'a qu'un coup de donné en Espagne, c'est particulier. Ils sont très organisés et j'ai posé une question qui m'intéressait. Est-ce que, dans votre expérience, vous dites à l'enfant qu'il est né d'un don ? Est-ce que les parents le disent ? Je vais poser ça à la gynécologue qui m'avait regardée. Genre, on n'a pas ces questions-là. D'habitude, on ne réfléchit pas à ça. La plupart ne le disent pas. Waouh, mais comment ? Alors moi, le bien-être de l'enfant et sa personne, c'est primordial pour moi. J'étais sûrement influencée par mon métier, ma passion, et ce que je connais des besoins de l'enfant. construction parce que je demandais des articles ou des livres, des choses pour comment parler à l'enfant, d'où il vient. C'était vraiment très mécanique, on va dire financier, ça coûte très cher. Donc on peut demander plein de choses et tant qu'on paye, ils ne font pas n'importe quoi, c'est très cadré. Et on nous prend en photo, face et profil et on cherche une donneuse qui ressemble aux parents.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
On fait un peu semblant. On fait tout pour cacher. Et voilà, je l'ai vécu comme ça. Tout ça, c'est fake et ça ne me ressemble pas. Bon, c'est peut-être pour ça que ça n'a pas pris.
- Speaker #0
Oui, tu n'as pas l'air convaincue quand on parle. Non,
- Speaker #1
on l'a fait. On s'est dit, allez, une dernière chance, un dernier traitement.
- Speaker #0
Mais ça doit être tellement éreintant, en fait, pour un couple d'avoir toujours ce sujet dans ton quotidien. Il y a des moments,
- Speaker #1
tu n'y penses plus. C'est pas vrai, tu y penses chaque jour, moi j'y pensais chaque minute même, je pense. Mais en tout cas, dans le couple, on fait des projets, on avance, on travaillait beaucoup. Moi, je l'ai plus mal vécu que mon mari. J'étais très renfermée sur moi au sens social, mais... Et voilà. Et j'avais pas envie d'en parler. J'en parlais pas facilement à mes amis proches, oui, j'en parlais.
- Speaker #0
Parce qu'au début, tu disais de l'entretien que le mot réussir était un peu... difficile parce que tu avais l'impression de ne pas réussir. Est-ce que tu cheminais là-dessus en disant finalement, ce n'est pas de ma faute ? Oui, j'ai cheminé.
- Speaker #1
J'étais suivie par une psychologue pour pouvoir parler de tout ça. Et puis, il y a vraiment... Quand tu approches les 40, la pression augmente.
- Speaker #0
Tu es presque anormale.
- Speaker #1
Je ne me vivais pas comme anormale, mais incomprise ou différente parce qu'en fait...
- Speaker #0
Et alors ? Comment l'envie d'adopter est arrivée pour toi petit à petit, mais pour ton mari ?
- Speaker #1
Pour moi, très rapidement même. J'y ai pensé très vite, très tôt. Et puis, pour mon mari, quand il y a eu ce don d'ovocytes, je lui ai reparlé de l'adoption et il m'a dit, allez, je suis d'accord, je suis prêt. On avait déjà beaucoup échangé sur qu'est-ce que c'est que la génétique avec cette expérience du don d'ovocytes. Il me dit, moi, je n'ai aucune espèce d'importance pour moi d'avoir une descendance, une progéniture qui a mes gènes. En fait, ce n'est pas important pour moi. J'ai dit, en fait, moi non plus. En fait, ce qui est le plus fort, c'est d'avoir un autre enfant, de faire une famille et de voir grandir un petit être et de l'aimer. Et d'être parents ensemble.
- Speaker #0
Magnifique.
- Speaker #1
Et voilà. Et après, on est passé à un autre chemin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
qui paraissait être un Everest parce qu'on nous dit qu'il n'y a plus d'adoption. Chaque année, il y a un peu moins d'enfants adoptés à l'international. Et en national, c'est extrêmement difficile.
- Speaker #0
J'ai quelques chiffres, justement, pour un petit peu contextualiser ce dont tu parles. C'est vrai qu'en France, les derniers chiffres datent de 2024. Il y a 104 enfants qui ont été adoptés à l'étranger par des Français. Donc, c'est rien du tout. Et tu parles des enfants de l'État, donc en ce qui concerne les pupilles de l'État, il y a un peu plus de 4000 enfants, mais il n'y en a que 700 qui sont adoptables, dont un peu moins de la moitié qui ont moins d'un an. Donc, effectivement, quand tu parles d'Everest, je comprends qu'à ce moment-là, tu te dis que ça va être un nouveau parcours du combat. Voilà,
- Speaker #1
sachant que chaque année, il y a environ, bon là, la natalité baisse, mais 700 à 800 000 naissances par an en France. Voilà, c'est plus que l'Everest, quand on connaît. Donc là encore, on se dit, est-ce que je vais réussir ? Est-ce que je vais être un bon candidat ? Et est-ce que je vais passer l'examen du bon parent ? adoptif. Car il y a l'étape de l'agrément qui dure un an d'enquête sociale et psychologique qui interroge notre désir d'enfant. Qu'est-ce que c'est qu'adopter un enfant qui vient d'un autre pays ?
- Speaker #0
Vous vous êtes tout de suite tournée vers l'adoption internationale ?
- Speaker #1
Très rapidement, on est allé à différentes réunions. On est allé aux réunions pour les pupilles de l'État. On a vu qu'on était trop âgés, qu'on n'avait aucune chance. Après cette réunion, on s'est très vite tournée vers l'international et on est allé à plein de réunions faites par les OAA, Organisme Agréé Adoption, où ces OAA nous présentent la réalité de l'adoption. Donc on ressort de là à chaque fois pas plein d'espoir. Déjà, on nous dit, bon, c'est très difficile d'avoir un petit enfant.
- Speaker #0
C'était votre souhait ?
- Speaker #1
C'est le souhait de tous les parents. Le nôtre n'était pas spécialement d'avoir un bébé. Mais oui, on souhaite avoir un enfant qui a... une histoire en institution la plus courte possible.
- Speaker #0
Et oui.
- Speaker #1
Car c'est plus difficile, plus il passe du temps. Voilà. Combien de temps ? Quand on passe l'examen de parents, alors c'est très bien, c'est très utile. Nous, on l'a vécu comme une aide à réfléchir à quel enfant on avait été et quels parents on avait eu. Et ça a été vraiment très riche. Et j'ai même découvert plein de choses. Enfin, compris plein de choses sur mon enfance.
- Speaker #0
Ah oui, on creuse vraiment.
- Speaker #1
C'est très creusé. Ils nous disent même comment vous voyez votre mari, vous voyez comment comme père. Et si l'enfant a une malformation parce qu'elle est internationale, il faut savoir qu'on doit accepter d'adopter des enfants à besoins spécifiques, donc qui ont des problèmes de santé. Parfois c'est minime, parfois un peu moins, mais les enfants sans aucun problème de santé, ils ne sont pas proposés à l'adoption internationale. On ne va pas développer, mais c'est comme ça. Donc il faut aussi se poser la question. et dans les entretiens, c'est ça. Qu'est-ce que ça fait si votre enfant a une maladie du cœur ? Qu'est-ce que ça fait s'il a un bec de lièvre ? C'est assez vertigineux. Il y a des listes de maladies qu'on accepte, d'autres qu'on refuse. Pendant l'agrément, on a un agrément pour un ou deux enfants. On peut choisir aussi d'adopter une fratrie, mais c'est difficile, c'est rare. Nous, on s'était positionnés sur fratrie, moins de 4 ans et avec besoin spécifique parce que sinon, on n'aurait pas eu l'agrément. Et qu'on s'était dit, bah oui, on fera face. Et on espère que ça n'arrivera pas aussi.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
Et la psychologue qu'on avait m'avait dit quelque chose de très beau, qui m'avait vraiment apaisée, que je veux transmettre, parce qu'on parle des craintes, comment il va être, on a peur qu'il ne soit pas... Moi, j'avais très peur sur l'intelligence. C'était quelque chose qui me... Je n'étais pas sûre d'être capable d'aimer un enfant avec un déficit intellectuel, par exemple. Je ne sais pas, c'est difficile de dire ça.
- Speaker #0
Mais non, c'est honnête.
- Speaker #1
Voilà, c'est honnête. De toute façon, je suis autodigne. De toute façon, il faut tout dire. Si elle ne me dit pas d'agrément, je ne sais pas. Je m'interroge, je m'interroge elle. Puisqu'en fait, je ne sais pas. A priori, c'est des choses qui me font peur. Son physique, s'il n'est pas joli, pas très grave. Mais enfin, s'il a un oeil en moins, des choses, je ne sais pas. C'est vrai que c'est... Et elle m'a dit, mais est-ce que vous pouvez envisager qu'il soit... bien mieux que ce que vous auriez fait vous. Et j'ai dit, oui, je peux l'envisager, et d'ailleurs, ça va me porter. Et quand j'ai vu mon fils, et que quand je l'ai connu... Mieux connu. J'ai dit, si c'était à refaire, je referais l'adoption, parce que tu es bien plus beau que ce qu'on aurait pu faire.
- Speaker #0
C'est lui et pas un autre.
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Et donc, voilà, l'agrément, ça peut être difficile pour certains, mais il faut le prendre, c'est comme une aide à la réflexion. Alors, il y en a que ça met à mal, mais parce qu'ils ne sont peut-être pas faits pour l'adoption, c'est particulier. J'ai rencontré plein de couples qui étaient en PMA et qui disaient « Ah non, l'adoption, je ne comprenais pas. » Et pourquoi autant de rejets ? Parce que notre envie d'enfant ne vient pas tous du même socle.
- Speaker #0
Et alors, quand on pense à l'adoption, moi j'ai un peu cette image de « Un jour, tu ne t'y attends pas et ton téléphone sonne et c'est inespéré et on t'annonce qu'un enfant t'attend. » Est-ce que c'est comme ça ou j'ai l'impression que ça se met ?
- Speaker #1
C'était comme ça. Oui, c'est comme ça. Je travaillais et j'ai reçu un coup de téléphone. Je savais que c'était Loa, donc j'ai décroché. J'étais seule dans mon bureau, ça tombait bien. La personne au bout du fil m'a dit, ça va, je peux te parler, t'es tranquille, t'es assise ? Oui, oui. Et il m'a annoncé. Vous allez être parent, tu vas être maman d'un petit garçon. qui a 26 mois, qui pèse 9 kilos, qui mesure 85 centimètres et qui ressemble à son papa. J'ai dit, j'ai hâte de voir ça, parce qu'un Vietnamien avec les cheveux bouclés, ça doit être pas mal.
- Speaker #0
Tu savais qu'il venait du Vietnam ? Oui,
- Speaker #1
parce que l'OA qu'on avait choisi et qu'il nous avait choisi. S'occuper du Vietnam.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que c'est au moment de ce coup de fil où tu t'es sentie maman ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Il a fallu le rencontrer ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et alors après, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Et après, alors c'est très... Moi, j'ai parlé de mon expérience, mais ce n'est pas universel. Il y a autant de personnalités, autant de vécu de ce moment. On nous a amené ce petit bout de chou dans une pièce dédiée à ça.
- Speaker #0
Tu es allée au Vietnam ?
- Speaker #1
Au Vietnam.
- Speaker #0
D'accord. Donc là, tout de suite, tu fais tes...
- Speaker #1
Dans l'orphelinat où il était. On a deux mois, en fait. On nous dit dans deux mois. Donc, on n'a pas neuf mois pour se préparer. On en a deux.
- Speaker #0
Et tu reçois tout de suite des photos ?
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
aucune photo.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Donc, on t'appelle et après, tu as deux mois à temps ?
- Speaker #1
Je sais que c'est un garçon qui a tel âge, poids de taille et je n'ai pas de photo.
- Speaker #0
Non. Mais à ce moment-là, ça doit être vertigineux. Enfin, je veux dire, ça fait dix ans que tu attends un enfant et là, un coup de fil t'annonce. Ah oui,
- Speaker #1
c'est vertigineux. Ouais. J'ai pleuré d'ailleurs. Je pleure facilement, mais là,
- Speaker #0
c'est normal.
- Speaker #1
C'est irréel. Oui, il faut se préparer en deux mois. Bon, ça va.
- Speaker #0
Donc, la chambre, tout quoi.
- Speaker #1
Oui. Et choisir le prénom. On avait arrêté de parler de prénom depuis bien longtemps. Et on a réuni nos meilleurs amis. Le jour où on l'a appris, le soir, et on a dit, voilà, on va être parents. Venez, on fait ça. On choisit le prénom. On avait déjà des petites idées. Et c'est très joli comment ça s'est passé. Chacun a dit. On a tous été d'accord sur un prénom, surtout nous. Et quand on l'a rencontré, on est dans une pièce avec des personnes qui ne parlent pas français. Il y a une traductrice anglaise. Et la nounou en référente porte l'enfant dans ses bras et nous le met dans les nôtres. Là, je vois un enfant effrayé qui hurle et qui a des yeux terrorisés. Et donc, je le mets dans les bras de son papa. Et moi, j'avais amené une petite... Pour faire des bulles, vous savez. Parce que je me disais, il va être terrorisé, ça va falloir faire un lien autre que par la parole. J'ai commencé à lui faire des bulles, il a arrêté de pleurer. Il regardait les bulles de toutes les couleurs. Après, je l'ai pris dans mes bras et c'était très très fort.
- Speaker #0
Il y a eu ce regard entre vous ?
- Speaker #1
Non, il faut imaginer, un petit, il ne sait pas ce qui lui arrive. On lui a dit qu'il allait avoir des parents, on lui dit... Il y a une préparation quand même un peu sommaire, une semaine avant. Et lui, il voit nos photos. On envoie un petit poster avec des photos qu'il nous montre dans notre vie. Et comme ça, il peut déjà se projeter. Ça, je pense que ça les aide quand même un petit peu. Non, pas de regard. Il pleure et il ne s'accorde pas à moi. C'est-à-dire qu'il a les bras et les jambes toutes raides.
- Speaker #0
D'accord, je vois.
- Speaker #1
Voilà. Et donc moi je le prends, je lui chuchote des petits mots, je lui dis « t'as marre ? » Ça va aller, je lui parle.
- Speaker #0
En français ?
- Speaker #1
En français, il finit par s'apaiser, mais c'était instantanément mon fils. J'ai juste le petit corps dans mes bras, j'étais...
- Speaker #0
Tu t'es sentie maman, il faut que je protège mon enfant. Voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Et mon mari aussi.
- Speaker #0
C'est trop beau. Donc là, vous êtes devenu officiellement papa et maman.
- Speaker #1
Oui, après en plus, le jour même, on va au tribunal local pour signer des papiers avec l'enfant, pour signer l'adoption plénière.
- Speaker #0
Et alors après, votre petit garçon, vous l'avez amené chez vous dans votre foyer ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et là, vous avez commencé votre vie de parent, temps rêvé ?
- Speaker #1
Temps rêvé, alors ce n'est pas un rêve du tout au début. Comme pour des parents d'enfants faits maison, comme j'aime bien dire. On a commencé un nouveau parcours. C'était assez éprouvant. Il faut créer de la sécurité et l'amour ne suffit pas.
- Speaker #0
C'est des enfants à besoin un peu spécifique au niveau de l'attachement ?
- Speaker #1
Exactement. Ils ont un attachement qui n'est pas sécure. Et il faut créer un nouvel attachement. Ce qui est magnifique dans l'être humain, c'est... et ça on avait été préparé, on nous avait expliqué que ça se passait comme ça, l'enfant régresse au stade nouveau-né dans son comportement affectif. Donc on a un petit de deux ans, mais qui se comporte comme un bébé, qui a besoin d'être porté tout le temps, qui a besoin de dormir tout le temps avec sa maman, qui a besoin d'être bercé.
- Speaker #0
Peut-être parce qu'il n'a pas eu de stade.
- Speaker #1
Ah oui, et en fait il va revenir au centre de la vie avec ses... premiers besoins et repasser les étapes jusqu'à ses deux ans. Donc il y a longtemps un décalage d'une petite année de développement affectif.
- Speaker #0
L'adoption, c'est un sujet qui est vraiment passionnant. On ne va pas pouvoir trop le développer aujourd'hui malheureusement et je pense que ça pourrait même faire l'objet d'un second épisode tant il y a à dire. Juste pour terminer sur ce sujet, j'ai l'impression que c'est encore un peu... tabou, l'adoption. Autant les langues se délisent sur tout ce qui est PMA, infertilité, mais l'adoption, ça reste encore un peu tabou. On n'ose pas forcément en parler, le dire. On a peur parfois d'être indélicat. Toi qui es confrontée à ça, est-ce que tu ressens ça vis-à-vis de ton entourage ? Oui.
- Speaker #1
L'entourage proche, j'ai expliqué beaucoup à mon entourage proche les besoins spécifiques d'un enfant adopté parce qu'on se comportait pas pareil, il y a des choses qu'on ne fait pas sur toutes les premières années et qui peuvent être mal comprises ou critiquées donc ça de toute façon j'avais déjà bien expliqué et posé les choses donc j'ai pas eu de soucis là-dessus mais par contre oui même au sein de ma famille je disais il n'y a rien de tabou il connaît, c'est sa vie c'est son histoire, ça lui appartient il a le droit de savoir à hauteur de son âge donc c'est peut-être plutôt par...
- Speaker #0
peur de faire une maladresse, d'être indélicat.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ça se dit pas. Oui, il y a le juste milieu, le juste équilibre, c'est-à-dire que oui, on n'en parle pas tous les jours, il ne doit pas être réduit à ça. Il n'a pas envie. Il est un enfant avant tout, il a un papa et une maman, comme tout le monde, et c'est très bien que ce soit comme ça. Après, ne pas en parler du tout comme si c'était mal, ça peut être ressenti comme un... Je n'ai pas le droit de m'exprimer. Donc, il faut trouver cet équilibre qui n'est pas simple. Il faut accompagner les proches. Et moi, je suis tolérante avec ceux qui sont indélicats. Ils me disent qu'ils ne savent pas. Ils ne savent pas. Ils ne peuvent pas, eux, avoir les bons mots tout le temps. Et on en reparle avec mon fils. Si jamais il y a eu des mots déplacés, il y a le racisme auquel on est confronté. Et ça, ça fait grande partie de l'adoption internationale. Mais ce serait d'autres sujets encore.
- Speaker #0
En fait, je me retiens de poser des questions. Je vois le temps qui passe.
- Speaker #1
C'est un sujet à part entière, mais en tout cas...
- Speaker #0
J'ai quand même une dernière question. Même deux. La première, c'est si finalement, quand je te vois, tu parles de ton fils, ça se voit que finalement, c'est une évidence, c'est lui et ce n'est pas un autre. Et si tout ça, c'était à refaire, est-ce qu'on ferait la même pour... être la maman de ce petit garçon ?
- Speaker #1
Je referai la même sans la PMA. Ça, je le referai jamais.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais, toi, un mot à faire passer à ceux et celles qui traversent un petit peu ton parcours d'infertilité ? Un mot de soutien, d'encouragement ?
- Speaker #1
Bien savoir pourquoi on veut un enfant. À deux. À nous deux. Que ce soit deux hommes, deux femmes, un couple. Quelle voix on voit derrière ça ? Sinon, la PMA est... C'est difficile à vivre. Parfois, ça marche très vite et du coup, on oublie.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu es une maman épanouie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu rayonnes en tout cas. Alors, pour terminer, je te propose un petit quiz. J'aime bien, en fin d'émission, ça détend un peu l'atmosphère quand on a notamment des sujets comme ça assez émouvants. Donc, il n'y a pas de mauvaise réponse. C'est pour répondre rapidement. Si ton parcours était une série télé ? Tu la mettrais dans quelle catégorie ? Drame, thriller ou feel good ? Tu peux inventer une nouvelle catégorie si tu veux.
- Speaker #1
Feel good, ça finit bien.
- Speaker #0
Ça finit bien, je suis d'accord. Si la PMA était un sport ? Marathon, crossfit ou saut à l'élastique ?
- Speaker #1
Saut à l'élastique.
- Speaker #0
Si l'adoption était une rencontre ? Coup de foudre ou amour qui grandit ?
- Speaker #1
Amour qui grandit.
- Speaker #0
Si ton fils était une leçon de vie ? Patience, lâcher prise ou joie brute ?
- Speaker #1
Il faut vraiment choisir entre trois. Non,
- Speaker #0
ça peut être tout.
- Speaker #1
Un bon cocktail entre patience et joie brute.
- Speaker #0
Et être mère, pour toi, c'est avant tout donner la vie ou donner de l'amour.
- Speaker #1
Donner de l'amour, bien sûr.
- Speaker #0
Merci. Merci infiniment Caroline de nous avoir confié ton histoire avec autant de sincérité. Ton témoignage est un magnifique exemple qui nous prouve que devenir mère ne se résume ni à un ventre qui s'arrondit ni à des gènes partagés. Il existe mille chemins pour aimer, pour transmettre, pour faire famille et parfois c'est justement le détour, l'attente, la douleur traversée qui donne à l'amour une profondeur particulière.
- Speaker #1
Merci pour cette belle conclusion.
- Speaker #0
Cet épisode se termine. J'espère qu'il vous a plu. Je vous remercie beaucoup de l'avoir écouté. D'étonnante, c'est un nouveau podcast. C'est une rencontre toutes les deux semaines avec une femme inspirante, différente, qui nous raconte son parcours, son histoire. Si vous aimez ce podcast, si vous avez envie de découvrir d'autres témoignages, alors vous pouvez vous abonner sur votre plateforme d'écoute et aussi mettre des petites étoiles. et bien sûr suivre le compte Instagram d'étonnante. .podcast Allez, je vous dis à bientôt !