- Speaker #0
« Maman,
- Speaker #1
t'es fatiguée de te demander si tu vas regretter d'avoir des enfants. »
- Speaker #2
« Si tu vas regretter de ne pas en avoir aussi d'ailleurs. »
- Speaker #1
« Et tu trouves ça injuste qu'on te mette la pression pour décider là maintenant tout de suite. » « Pour toi, c'est pas juste une question de dire oui ou non à un enfant. » « C'est jongler entre la peur de regretter, l'envie de garder ta liberté, la place de ton couple, tes désirs personnels, tes aspirations professionnelles, l'impact sur ton corps et ta santé. »
- Speaker #2
Et cette petite voix qui te chuchote, et si tu faisais le mauvais choix ? Et si on arrêtait de te faire douter de toi ?
- Speaker #0
En même temps,
- Speaker #1
c'est toi qui décides. Moi,
- Speaker #2
c'est Iné. Et moi, Laurie. On anime ce podcast, le rendez-vous qui ose poser les vraies questions sur le désir ou non de parentalité. Tu crois qu'on est prêts pour ça ? Ici, c'est un espace de nuances, sans pression ni jugement, où on explore ensemble ce sujet aussi intime. Que complexe.
- Speaker #1
Pourquoi la décision d'être une part ensemble est si simple pour les autres ? Comment avancer quand la peur de choisir te paralyse ? Comment rester aligné avec toi-même dans un monde qui te pousse à décider toujours plus vite ?
- Speaker #2
On est là pour ouvrir des portes, bousculer les idées reçues et te donner des clés concrètes pour avancer sur ton propre chemin.
- Speaker #1
Devenir mère ou pas, c'est pour t'aider à y voir plus clair et surtout à te rappeler que c'est toi qui décide. Tu as le droit de devenir mère ou pas.
- Speaker #2
Pendant dix ans, elle a été célibataire. Dix ans à se construire, à voyager, à aimer sa liberté. Et une certitude, faire un enfant seul, très peu pour elle. Elle a vécu au Canada, en Italie, aux Pays-Bas. Et partout, elle a observé des façons de faire famille qui remettent sacrément en question les normes françaises. Elle est montée sur scène avec son compagnon pour un TEDx intime et courageux, où ils ont posé ensemble la question que tant de couples évitent. Faire un enfant ou non, comment on décide à deux ? Essayer ce que c'est, aimer sans être d'accord, avancer ensemble, avec une différence de désir qui fait trembler les fondations. Alors, que faire quand on aime profondément quelqu'un, mais qu'on ne veut pas forcément les mêmes choses ? Est-ce qu'on peut encore construire un « nous » quand on ne partage pas le même rêve de parentalité ? Et comment on évite de se perdre soi-même pour que ça fonctionne ? Aujourd'hui, on en parle avec Amy, Amy Druen, qui est aussi cofondatrice de ce podcast et cofondatrice de Motherwood. Alors, bienvenue Amy ! Merci Laurie pour cette introduction que je n'ai pas osé lire jusqu'au bout ! Tu gardais la surprise ! Exactement ! J'avais envie de garder l'émotion de cette introduction ! Merci ! Eh bien, avec plaisir ! D'ailleurs, comme toutes les invitées, je te propose de répondre à cette première question pour en dire plus sur toi. Si ton rapport à la maternité ou à la non-maternité était un gif... ou un emoji ? Ça serait lequel ?
- Speaker #1
Alors, ce serait un emoji qui... En fait, ce serait plusieurs emojis en même temps. Ce serait l'emoji maison, mais pas la maison avec les gens devant. Vraiment la maison, parce que c'est un lieu. Et pour moi, c'est important, le lieu de faire famille, le lieu du couple. Ce serait... Moi, je suis en couple hétéro, alors du coup, le petit couple. Et ce serait ma famille élargie, deux chevaux, deux Ausha. Donc, ce serait ce mélange des sept. émoji en fait, plus la nature qui ferait mon rapport à la maternité, c'est vraiment comme ça que je le ressens aujourd'hui.
- Speaker #2
Ok, super, donc une famille avec les animaux et la nature.
- Speaker #1
Exactement, les humains aussi quand même.
- Speaker #2
Avec de bonnes fondations. Oui. Justement, tu as raconté aussi ton ambivalence dans le TEDx que tu as fait avec ton compagnon, mais aujourd'hui on va zoomer. particulièrement sur un point qui a été très délicat, c'est celui de quand l'ambivalence ne concerne pas une seule personne, mais le couple. Déjà, est-ce que tu peux nous resituer, toi, où est-ce que tu te positionnais par rapport au désir ou au non-désir, et comment se positionne aussi ton compagnon pour qu'on remette un petit peu de contexte dans tout ça ?
- Speaker #1
Oui. Donc déjà, pour remettre un peu des âges, parce que c'est souvent quelque chose qui revient... qui était aussi très présent pour moi à la réflexion, quand j'ai rencontré mon compagnon actuel, j'avais 30... ou 33. Donc, je m'étais mis un peu dans mon planning de... Je m'étais mis un peu 35 dans ma tête en me disant, à 35, ce serait bien que j'ai un premier enfant. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas d'où ça vient. Enfin, si, ça vient de ma mère. Mais en gros, voilà. Et lui est plus jeune que moi, donc il avait 28 ans. Je pense, a posteriori, en revoyant un peu mon histoire, c'est que j'avais... En fait, j'avais envie d'avoir un enfant. Mais je ne m'étais pas vraiment posée la question. Je ne m'étais jamais autorisée à me poser la question. J'étais célibataire pendant très longtemps. Et donc là, pour une fois, je me retrouvais dans une situation amoureuse. Je me disais, tiens, c'est vraiment quelque chose que j'ai envie de construire avec cette personne-là et pas avec un autre. Donc, je réouvre cette question. Finalement, je ne me l'étais pas du tout ouverte pendant toutes les années où j'étais célibataire. Et d'ailleurs, j'étais même plutôt à me dire, non, je ne veux pas d'enfant. Parce que je ne vois pas trop avec qui j'aurais envie d'en avoir. Donc, c'était intimement lié au couple. Et puis en fait, tout ce que je voyais autour de moi en termes de couple me donnait absolument pas envie d'avoir des enfants. Soit ça finissait par des ruptures, soit c'était des couples dans lesquels ça ne m'inspirait pas du tout. Et donc moi, j'avais un peu associé ça à avoir un enfant, c'est hyper compliqué. Donc pour l'instant, je ne vois pas trop avec qui je pourrais le faire. Donc voilà. Donc j'étais plutôt non quand j'étais célibataire. Et là, quand j'ai rencontré mon compagnon, je me suis dit, tiens, avec cette personne-là, plutôt oui. Donc on est dans le plutôt oui. En termes de pourcentage, vraiment, je leur ai dit oui, plutôt 70% pour avoir un enfant et 30% non. Et 70% plutôt par habitude. Sans réel travail somatique, je veux dire, émotionnel. Mon compagnon, lui, de son côté, était plutôt dans l'autre sens. Donc plutôt non. Enfin même, plutôt 90% non. Et 10%, on laisse la porte pourquoi pas ouverte avec une idée de... Je vais explorer, je veux bien faire l'exercice intellectuel d'explorer.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Voilà où on en était quand tout ça a rencontré.
- Speaker #2
Ouais. Comment s'est posée au fur et à mesure cette question ensemble ? Comment elle est devenue assez cruciale et peut-être un objet de tension, au final, entre cette opposition de désir ? Comment vous avez abordé ça à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, c'est arrivé assez vite dans la discussion, parce que moi j'ai 23 ans, donc je me mettais quand même une pression par rapport à ça. et mine de rien dans toutes les relations que j'avais pu avoir jusqu'à maintenant soit ça m'était renvoyé par les hommes qui me disaient mais toi de toutes les façons tu veux pas d'enfant j'étais là ah ok qu'est-ce que je renvoie qui fait que je veux pas d'enfant est-ce que c'est le fait que je voyage que je me sens assez libre dans ce que je fais ou est-ce qu'il y a autre chose et donc ça arrivait assez vite avec mon compagnon et assez vite il m'a dit mais en fait moi je veux pas d'enfant et moi je me suis retrouvée un peu comme une idiote parce que je me disais bah mince ça marche vraiment bien et j'ai jamais rencontré quelqu'un où émotionnellement j'ai vraiment envie de m'impliquer autant. Et en même temps, c'était le début de la relation. Je ne sais pas, on a dû avoir cette discussion dans les trois premiers mois, enfin très vite, sachant qu'on se connaissait déjà parce qu'on était déjà amis. Et donc, je me suis dit, en fait, ça ne sert à rien de mettre la pression sur le couple. Déjà, profitons, regardons si ça marche, si on a envie de passer du temps ensemble et puis on verra ensuite. Donc moi, je me suis dit un peu... Puis il y avait une partie de moi aussi qui était en mode, je vais le convaincre. Parce qu'il y avait cette croyance que, je ne sais pas d'où ça venait, je pense que des discussions avec des amis ou des choses comme ça qu'on peut voir aussi dans les médias, quelque chose de l'ordre de, toi tu es un petit peu plus avancé, tu es un peu plus mature, en plus tu es plus âgé, donc tu as une certaine responsabilité à le faire évoluer, ton compagnon, pour que lui finalement prenne sa part d'homme. Je dis ça avec beaucoup d'ironie aujourd'hui. Et que finalement, il dépasse ses peurs et qu'il fasse un enfant avec toi. Il y avait cette espèce de croyance, je ne sais pas si toi tu as eu les mêmes de ton côté, mais c'est un peu ton rôle, en fait, de le materner pour qu'il fasse un enfant avec toi. Et ça, moi, encore une fois, de façon assez insidieuse, ça me dérangeait vraiment profondément et je n'arrivais pas à trop expliquer pourquoi. Je me disais, en fait, je ne veux pas le convaincre de quoi que ce soit. J'ai envie qu'on ait tous les deux une discussion. Donc je le laisse passer ce temps-là, et puis on revenait d'un voyage ensemble au Danemark, où en plus ils ont vraiment un rapport aux enfants qui est complètement différent, je trouve qu'il les ouvre à énormément de choses, il y a vraiment un rapport je trouve très intéressant au Danemark, et donc je lui ai vraiment dit, je crois que j'ai vraiment envie qu'on fasse quelque chose ensemble, et j'ai envie de faire un enfant avec toi, mais je vais te dire ça... Voilà, et lui il m'a regardé et il m'a dit « mais tu sais, en fait moi j'en veux pas » . Et là mon monde s'est écroulé, et vraiment j'ai réalisé, je me suis dit « ah, mais en fait c'est pas une question de maturité, je mets des guillemets à ça vraiment, c'est plus une question fondamentale, on a deux désirs très différents » . Et ben, ils se croisent pas. Et donc là, mon monde s'effondre complètement. Je passe une semaine horrible en me disant, en fait, cette relation, ça faisait un an qu'on devait être ensemble. Et ça se passait vraiment bien. Et je me dis, en fait, tant pis, cette relation, je vais arrêter. Voilà, j'ai bientôt 35 ans. Pas que je cherche le père de mes enfants, mais en tout cas, j'ai besoin de quelque chose dans ma vie, dans mon couple qui soit complet. Et j'ai très peur de ne pas avoir ça avec ces personnes-là.
- Speaker #2
Donc, tu envisages cette rupture-là.
- Speaker #1
Je me dis, va falloir... En fait, à ce moment-là, quand je parle avec mes amis, elles me disent, en fait, soit tu as deux choix. Soit tu renonces à ton désir de maternité et tu ne fais pas d'enfant et tu vas regretter. Soit tu le quittes et tu vas regretter. Donc, en fait, moi, je me suis retrouvée face à ce truc-là en disant, en fait, c'est merdique, pardon, mais moi, je ne veux pas ni l'un ni l'autre. Donc, j'étais vraiment au fond du trou et j'ai... À ce moment-là, il y avait peu de personnes qui étaient capables de comprendre que j'avais besoin d'être avec ces deux options-là et qu'il ne fallait pas. En fait, je pense que j'aurais été dans un truc un peu dramatique. Ça y est, il faut que je rompe avec lui. Et j'ai vraiment essayé de me poser et me dire, bon, je veux ni l'un ni l'autre. Donc, ça m'a figée. Je n'ai pas forcé une rupture. Et c'est à ce moment-là qu'on a fait un... Alors déjà, on a passé une semaine horrible l'un et l'autre. Et ensuite, on a réussi à se dire, bon, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on se sépare ? La réponse était, enfin, de mon côté, elle était très claire. La réponse était non. C'était non, je ne veux pas me séparer. Pas aujourd'hui, pas maintenant, pas pour ça. Je ne sais pas trop d'où ça vient, mais c'était vraiment quelque chose des tripes, tu vois. Pour mon compagnon, c'était, moi, je ne vais pas te quitter parce que tu souhaites un enfant. Je vais te laisser décider si tu souhaites partir. Et ça, c'était fondamental pour moi. Je me disais, tu ne vas pas me quitter pour me faire plaisir ou pour me rendre service. Je veux dire, je suis une adulte, je peux décider de partir de la relation.
- Speaker #2
Te laisser la responsabilité. Absolument. Plutôt que de la laisser à l'autre ou que l'autre sente le fait de... C'est moi qui décide pour l'autre parce que je n'ai pas envie de la faire souffrir.
- Speaker #1
C'est ça. Et ça, je trouvais ça horrible. Donc là, j'ai dit, non, vraiment, ça... Parce qu'en fait, c'est comme si on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête et qu'on ne peut plus être maître de ses choix. Donc ça, très clair, on a été là. Chacun, si on veut partir, on part. Ce sera dur, mais on part. On partira et voilà. On se prévient l'un l'autre, quoi. Et c'est à ce moment-là qu'on a fait un peu notre deal, où on s'est dit, en fait, on fait quoi de cette situation ? On a envie de rester ensemble. Mais clairement, on a un problème. Et comment est-ce qu'on essaie de gérer ce problème-là tous les deux ?
- Speaker #2
Justement, comment vous avez fait cette alliance-là, ce deal ? Est-ce que vous avez choisi... Une période où chacun y réfléchit de son côté, est-ce que vous avez plutôt fait un choix d'en parler de façon régulière ou de se donner des délais ? Comment vous avez entrepris cette annonce-là ?
- Speaker #1
Alors c'était très fort émotionnellement, enfin t'imagines bien. Du coup on s'est plutôt dit, moi je ne voulais pas en reparler tout le temps, parce qu'en fait je me suis dit ça va juste nourrir le conflit, ça ne va pas nous convenir. Et je lui dis, écoute, moi, enfin, je me suis dit, par rapport à moi-même, par rapport à ce que je te disais tout à l'heure... Pendant longtemps, je n'ai pas vraiment voulu d'enfant. En tout cas, je ne me projetais pas dans un couple. Je ne projetais pas avec un enfant parce que j'étais célibataire. Il y a pas mal d'hommes qui m'ont renvoyé le fait que de toutes les façons, je ne voulais pas d'enfant. Il y a peut-être quelque chose pour moi à aller creuser. Donc, je vais aller creuser mon non-désir de maternité. Mais, j'ai mis une condition. Et je lui ai dit, écoute, moi je voudrais que toi tu ailles creuser ton désir de paternité. Il me dit, je ne suis pas sûre d'en avoir un. Oui, mais s'il te plaît, va creuser. chacun fait son moi j'étais suivie en psy, mon compagnon l'était pas et il était ok pour se faire suivre sur ce sujet là donc on s'est dit, deal on se donne 6 mois on devait partir en vacances à l'été ensemble on se donne 6 mois pour déjà passer du temps ensemble et se dire est-ce qu'on est bien ensemble est-ce qu'on a envie d'investir ce truc là chacun fait sa réflexion et cette discussion, tu vois, elle était en juillet, juste avant mon anniversaire de 35 ans, en octobre, en novembre, on se fait le point. Et il me disait, bon, bah du coup, si on se sépare, ça va être super les vacances de Noël, mais bon. Donc, mais on s'était mis une... pas une deadline, mais une échéance un peu large pour pas trop se mettre la pression. Et on s'était donné comme deal, on essaie de pas trop en parler, entre nous, en tout cas. Mais par contre, moi, j'en ai pas mal parlé avec mes amis. J'ai assez trié avec qui j'avais envie d'en parler parce que j'avais pas beaucoup d'amis autour de moi qui pouvaient vraiment rester sur ce sujet-là.
- Speaker #2
Ils avaient déjà des enfants ?
- Speaker #1
Soit ils avaient déjà des enfants, soit elles étaient très claires sur leur désir de maternité. Mais par contre, je pense que c'était moins pour elles, c'est plus que moi ce que je projetais sur elles. En fait, c'était compliqué pour moi de m'ouvrir à ce sujet-là. Quand mes amis avaient déjà un enfant, étaient déjà très heureux dans leur maternité. Et du coup, moi, je me sentais incomplète, pas à la hauteur, tu vois. Et donc, en fait, c'est pour ça que j'en ai très peu parlé autour de moi. Je pense pas que ce soit mes amis qui m'aient... Mais c'est vraiment moi, je me suis pas autorisée ça. je voudrais être un peu aujourd'hui mais bon voilà arrivent les vacances d'été ça se passe très bien donc là on se dit bon ben moi intérieurement je me dis bon ben zut quand même ça se passe bien et en même temps mon travail avec le psy faisait que je me dis mais en fait est-ce que qu'est-ce
- Speaker #2
qui se passe pour moi est-ce que j'avais vraiment un désir de maternité et j'avais peur de me mentir à moi-même maintenant que tu connaissais en fait cette donnée là exactement tu tenais très fortement à cette relation
- Speaker #1
En fait, ma peur, c'était... Oui, alors je tenais à cette relation, mais ma plus grande peur, je crois, c'était de me dire, en fait, tu vas renoncer à ce désir. En fait, tu vas nier son désir de maternité. Tu vas tellement t'aimes cet homme et t'aimes cette relation que tu ne vas pas t'écouter. Et tu vas le regretter. Vraiment, j'avais très très peur de regretter ça. Et donc, je me rappelle une séance de psy où je me suis dit, mais en fait, non, tu as vraiment envie d'avoir un enfant. Et donc, il faut que tu sois honnête vis-à-vis de toi-même. Et donc, ça m'a posée. Je me suis dit, bah oui, en fait, j'ai envie d'avoir un enfant. Je fais quoi maintenant ? parce que j'ai aussi pas envie d'avoir un enfant. Et du coup, j'avais les deux. Et donc là, à la fois, ça m'a un peu... Je me suis dit, c'est pas normal, pour être très honnête. Et en même temps, je me suis dit, en fait, du coup, j'ai aussi peut-être quelque chose à explorer là-dedans. Donc j'ai en fait deux pistes qui s'ouvrent, alors qu'avant, j'avais pas vraiment de pistes. Et en octobre, on s'est dit, bon, on fait quoi ? on s'est dit, pour l'instant, ça a l'air d'aller. Donc, moi, je ne me suis jamais dit... Enfin, je ne vois pas les relations amoureuses comme toute ma vie, je vais m'engager avec quelqu'un. Par contre, je me dis, là, aujourd'hui, j'ai envie de rester avec toi. Dans le mois prochain, j'ai envie de rester avec toi. Peut-être l'année prochaine, j'ai envie de rester avec toi. En fait, pour moi, l'engagement, il se réitère tous les jours, toutes les heures, chaque minute, d'être avec quelqu'un. Et je trouve qu'il y a une grande liberté par rapport à ça. Donc, je me suis dit, là, aujourd'hui, dans la vie que j'ai aujourd'hui, j'ai envie d'être avec lui. Et donc, oui, je vais aller explorer ma part de mon désir.
- Speaker #2
Ok. Même par rapport à cette temporalité du couple, de l'engagement relationnel, où ça se vit au quotidien, ça se réinvente au quotidien, chaque heure, chaque minute, comme tu le disais. Et en même temps, il y a aussi l'autre temps pour la femme, l'autre tempo, qui vient peut-être aussi titiller tout ça. Mais au moins, ça te permettait d'explorer ces deux chemins-là. Et à partir de ces deux chemins-là, est-ce que tu as entrepris des actions ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Au-delà de la psychothérapie, autour de toi, vers quoi tu t'es dirigée ?
- Speaker #1
Ouais, alors du coup, en fait, j'ai décidé de mener les deux désirs et non-désirs avancer un peu, en fait. Alors, j'en ai peu parlé, parce que, ben voilà, ça ne m'aidait pas vraiment d'en parler. En fait, les gens me renvoyaient juste leur avis, donc moi, ça ne m'intéressait pas trop. Par contre, donc, dans le non-désir, je me suis autorisée à me dire, ok, ben en fait, si je n'ai pas d'enfant, à quoi elle ressemblerait ma vie ? Donc, je me suis vraiment... imaginer, je dirais, bah tiens, j'aurais un cheval, bah tiens, je pourrais voyager, bah tiens, idéalement, je suis à mon compte, je pourrais faire un mois aux Etats-Unis, au Canada, parce que j'ai beaucoup d'amis, et puis en France, moi en France, j'avais pas de conscience écologique à ce moment-là, mais je me disais, j'ai vraiment ouvert ça, et je me suis autorisée à l'ouvrir et à le rêver, et à l'écrire, j'ai beaucoup écrit, j'ai fait beaucoup de journaling à ce moment-là. Et dans le désir, je me suis dit, quand même, j'ai 35 ans... gros stress. Par rapport à ça, qu'est-ce que je fais, comment j'explore ? Et en parlant avec ma gynéco, je me suis dit en fait je vais faire une préservation d'ovocytes. J'ai un peu d'argent de côté.
- Speaker #2
Mais parce que la loi n'était pas encore passée. La loi n'était pas passée,
- Speaker #1
j'ai pas de soucis de santé en particulier. En tout cas, toutes les analyses que j'ai faites, tous les examens ont dit que tout était ouvert. J'avais un très bel utérus, tout allait bien. Parfois d'ailleurs t'as un peu de culpabilisation autour de ça. Et donc je me suis dit j'ai 5000 euros que je peux investir en Espagne. Et donc, j'ai décidé de faire une préservation de vos sites. Mon compagnon était contre. Et ça, d'ailleurs, ça a été une donnée où je me suis dit, pourquoi il se mêle de ça ? C'est mon sujet. Ça, ça a été un point de tension. Il était contre. Et je me suis dit, tant pis, j'y vais quand même.
- Speaker #2
C'était quoi son argument dans le fait d'être contre, tu te souviens ?
- Speaker #1
En fait, parce qu'une fois, je lui ai proposé, je lui ai dit, tu sais, moi, je pourrais faire un enfant toute seule et puis, toi, t'es à côté, quoi. Il me dit, ben non, c'est pas vrai, je veux dire, je m'en occuperai, moi je veux pas, je veux pas. Et donc ça, ça m'avait fait un peu peur, je me dis, ben oui, c'est vrai que dans le quotidien, si je vis avec lui et que moi j'ai un enfant, ben il va se réimpliquer quoi. Donc il voulait pas de ça, il était très clair. Donc c'est aussi pour ça, je pense qu'il avait pas envie que j'aille plutôt dans cette direction-là, parce que de façon égoïste, pour lui, je pense, ça allait vers quelque chose qu'il souhaitait pas. Donc je pense que c'était ça. En revanche, j'ai fait ma préservation d'ovocytes et on est descendu en voiture, on habitait à Nantes à l'époque, on habite toujours au nord de Nantes maintenant, on est descendu jusqu'à Villebaveau, j'ai laissé en voiture, et donc je lui ai demandé de m'accompagner. En fait, pas exactement, il m'a proposé, il m'a dit est-ce que tu voudrais que je t'accompagne ? Et je lui ai dit oui, parce qu'en fait je me suis dit, oui d'une certaine manière ça le concerne aussi. C'est mon corps, mon foie, ma bataille, mais ça le concerne. Et donc il est venu, il a vraiment été hyper présent pendant tout le moment, parce qu'on a quand même les hormones en vrac, il a été hyper présent pendant toutes les piqûres, etc. et ça ça a été très bénéfique pour notre couple parce que je pense qu'il aurait pas été présent il m'aurait laissé faire ça toute seule je pense qu'on serait plus ensemble aujourd'hui et on en a parlé tous les deux et il était assez d'accord il m'a dit en fait je pense que c'était fondamental que je sois là avec toi dans cette épreuve et ça me donne toujours de l'émotion quand je dis ça parce que c'est quelque chose qui nous a soudés finalement donc voilà donc ça c'est cette histoire de préservation de vos sites que j'ai continué à avancer et au bout d'un moment je me suis dit bah en fait maintenant le temps passe il faut que je fasse Merci. En fait, il faut que je prenne une décision, mais la décision, c'est pas un truc rigide et bloquant. C'est plus, au bout d'un moment, les deux chemins, je peux plus vraiment les porter en même temps. Je vais plutôt aller vers le projet de maternité, mais j'ai un désir d'enfant. Et ça, c'est difficile pour les gens.
- Speaker #2
Justement, qu'est-ce qu'on a pu projeter ? Tu parlais tout à l'heure des propres projections que tu avais vis-à-vis de ce fait-là. Est-ce que dans la société ou même dans ton milieu professionnel, on a plutôt renvoyé des choses sur, comme tu disais, il changera d'avis ou tu lui dois le faire changer d'avis, tu verras. Est-ce qu'il y a d'autres choses aussi qui te viennent dans la tête par rapport à ça ?
- Speaker #1
Par rapport à ce qu'on a pu projeter sur lui, c'était quelqu'un qui était plus jeune, trop jeune, tu verras, il n'est pas assez mature, etc. Ou tu verras, c'est un monstre de la part du personnage, c'est proche. il est très égoïste il pourrait faire ça pour toi j'étais là bah non je pense que c'est pas une bonne idée pour lui, ni pour moi, ni pour le couple, ni pour personne ni pour l'enfant donc j'étais là non je veux pas qu'il me fasse le cadeau je pense que c'est pas une bonne idée donc ça on l'a et ça a été assez dur pour lui de recevoir ça et du coup l'image du mauvais du grand méchant sur moi on m'a pas vraiment entendu sur le désir, c'est plus qu'on m'a renvoyé le Ah mais c'est ok de ne pas vouloir d'enfant. Et pour moi ça c'était très blessant parce qu'en fait j'essayais d'expliquer que c'est pas parce que j'ai décidé de ne pas avoir d'enfant que je ne veux pas d'enfant. Et les gens ont beaucoup mal à comprendre ça. Et moi je me dis que j'ai beaucoup de chance, c'est-à-dire que si j'avais voulu avoir un enfant, est-ce que j'aurais pu procréer ? Enfin on ne sait rien mais en tout cas... Dans ce moment-là j'ai une grosse grosse pensée pour toutes les femmes pour lesquelles c'est compliqué. Et en fait qui disent, j'ai décidé de ne pas avoir d'enfant mais c'est plus une décision par... par circonstance que par choix, et à qui on pourrait renvoyer, c'est au cas de parent de loi. Je me dis, waouh, d'une violence. Donc c'est plutôt ça, tu vois, qui m'a vraiment gênée.
- Speaker #2
Toi, aujourd'hui, tu dirais que tu es sans enfant par circonstance ou par choix, justement ?
- Speaker #1
Eh ben, c'est une bonne question. Je dirais qu'en vrai, je suis quand même plus par circonstance, par circonstance relationnelle. Et j'ai choisi de m'approprier ces circonstances. pour en faire une puissance. Parce qu'il y a un moyen de contourner le truc. Parce qu'il y a un moyen de réapproprier des décisions sur lesquelles on n'a pas toujours tous les leviers.
- Speaker #2
Est-ce que, justement, aux aoudes, ça en fait partie ? Absolument !
- Speaker #1
D'explorer toute cette partie. Dans le plaisir d'explorer cette voie, il y a vraiment, je pense, embrasser mes convictions beaucoup plus féministes, et travailler avec d'autres femmes. J'ai beaucoup plus de plaisir à être... travailler avec des femmes, moi j'ai beaucoup travaillé dans le milieu industriel et Energy Utilities ont été très masculins et d'ailleurs j'ai complètement shifté ma pratique d'aller travailler avec plus de femmes, m'entourer de femmes travailler avec toi sur Mose Road et aller ouvrir cet espace là en fait cet espace de couple où bah oui on peut d'abord réfléchir à soi et d'ailleurs c'est ce qu'on fait dans le programme tu vois on invite les femmes à d'abord réfléchir à elles, sortir un peu de leur contexte etc et ensuite si besoin si elles le souhaitent d'aller réfléchir à deux Merci. Mais pour moi, il y a quelque chose d'un espace à créer, d'abord pour moi, et aussi d'aller le créer dans la société, je crois beaucoup la sororité.
- Speaker #2
Là, quand on parle de sororité, ça me fait aussi penser que, est-ce que pour toi, il y a cette sensation qu'on confond parfois l'amour avec le projet parental ? Quelque part, le couple. Oui, avec le couple parental.
- Speaker #1
Oui. Je pense qu'il y a un couple conjugal, ensuite il y a un couple parental. Le couple conjugal, il peut être un peu mis à mal, voire complètement dépérir. Et après, si celui-là n'a pas complètement dépéré, il y a re un couple... Un couple... Voilà. Et donc oui, on a aussi cette image qu'un enfant scelle l'amour d'un couple. C'est un mini-toi, c'est un mini-moi. c'est quelque chose qui va venir sceller notre amour. Oui, pourquoi pas. Je pense qu'il y a plein d'autres manières de sceller son amour et de continuer à le nourrir. Et moi, je crois beaucoup à ça dans les relations amoureuses et dans les relations de manière générale, d'ailleurs, qu'une relation qui va bien, une relation saine, c'est une relation qui est vivante. Et c'est une relation qu'on nourrit. Et donc, même si on a des enfants en bas âge et que c'est vraiment compliqué d'avoir du temps à deux, d'essayer de nourrir cette relation. Ça pourrait être pas plein de petites choses, des petits gestes, des petits moments. des petits regards, mais de pas oublier qu'on est en couple avec quelqu'un et pas juste l'un à côté de l'autre au service des enfants bon c'est facile en n'ayant pas d'enfant, il y a toujours une part de moi qui a aussi cette culpabilité à parler de ça de le préciser de me dire en fait je peux pas et on me l'a renvoyé beaucoup, mais en fait tu sais pas ce que c'est et j'ai quand même de l'expertise pour accompagner les couples là dessus
- Speaker #2
Tout comme on te renvoie, non mais tu ne connais pas vraiment ce qu'est la fatigue parce que tu n'as jamais eu d'enfant. Ça, c'est aussi quelque chose... Donc là, de ce que je retiens de ce que tu formulais, c'est qu'on peut clairement considérer qu'on peut avoir un projet parental en dehors aussi d'une relation amoureuse.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #2
D'où aussi ton questionnement à un moment donné de, est-ce que pour moi, faire un enfant seul, c'est ok ou pas ?
- Speaker #1
Ouais, et je pense que ça aurait été... ok pour mon compagnon, je serais vraiment allée dans cette direction-là pour lui. C'est que lui, c'était un nom très clair. Je n'ai pas re-challengé celui-là.
- Speaker #2
Tu en as déjà parlé pas mal. On va venir quand même bien glisser des outils, des conseils, des pratiques. Des conseils choisis et pas non avisés. Sollicité. Ok, je veux bien. Tu parles souvent tout à l'heure d'espace sain, de discussion. d'espace serein, là notamment, comment on fait concrètement ? Qu'est-ce que tu glisserais là comme outil, comme réflexe, comme erreur à éviter lorsqu'on veut ouvrir cette question-là dans le couple, dans le cas d'une relation ?
- Speaker #1
Alors, mon premier conseil, ce serait vraiment de faire attention à la forme de la discussion. Il y a toujours le fond, ce que j'ai envie de dire, et la forme, comment je vais le dire. Pour moi, la forme, le cadre de la discussion est fondamental pour que moi, je me sente en sécurité dans la relation et donc dans la discussion, et que l'autre se sente aussi en sécurité dans la discussion. S'il n'y a pas une grande attention accordée au cadre, c'est très dommageable pour le fond. Donc, de réfléchir à ce serait quel meilleur moment. Est-ce que c'est le soir ? Est-ce que c'est... c'est rarement le soir, en fonction des gens.
- Speaker #2
Avant de s'endormir.
- Speaker #1
Voilà, par exemple, ne pas avoir ce genre de discussion le soir dans le lit avant d'aller se coucher. Non. C'est se dire, ben voilà, on va aller marcher. Donc pour moi, c'est vraiment de réfléchir à est-ce que nous on le fait avec un verre de vin, en se posant, en se disant, tiens, ce soir on a envie de parler de notre couple. On se prépare un petit apéro et on fait ça comme ça.
- Speaker #2
Je précise que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Absolument. Pour ouvrir des discussions essentielles.
- Speaker #1
Merci pour cette précision. Donc ça, c'est vraiment le cadre où, à quelle heure, comment. Et pas dans le lit, pas le soir. Et pas quand vous n'êtes pas en mesure de recevoir de réponses. Voilà. Ensuite, de prévenir son partenaire ou sa partenaire. De dire, en fait, j'aimerais bien qu'on discute autour de notre couple. Est-ce que tu serais d'accord ? Demandez l'autorisation. Oui, non. L'idée, ce n'est pas de passer trois heures à en parler, mais c'est plus d'ouvrir une porte qu'on peut refermer. Ça, c'est aussi important de pouvoir refermer cette porte-là.
- Speaker #2
S'assurer de la disponibilité, quitte à prendre rendez-vous ensemble. Et est-ce que tu conseillerais même de se dire, c'est une heure ? Voilà, ou pas tant, et de se laisser quand même.
- Speaker #0
L'ouverture du temps.
- Speaker #1
Je laisserai l'ouverture du temps, parce que je pense que c'est vraiment propre à chaque couple. Par contre, le conseil que je donnerais sur le fond, ce serait de vraiment prêter attention à ce que l'autre va dire et d'écouter avec beaucoup de curiosité. Et pas d'écouter pour répondre. Et ça, c'est vraiment une distinction importante. Je vais vraiment essayer de comprendre ce que veut me dire l'autre, quitte à dire, attends, en fait, de ce que j'ai compris de ce que tu me dis, c'est blablabla. Et l'autre peut dire, oui, c'est ça, et compléter. Ou en fait, non, c'est pas exactement ça, et ajuster. Mais pas de dire, oui, mais... Ça, c'est vraiment... Vous avez pas écouté, en fait, quand on fait ça. Quitte à aussi, je sais que j'ai donné ça comme conseil une fois, de se dire, tu sais quoi ? On va se mettre 5 minutes. Pendant 5 minutes, je vais parler, moi. Et pendant 5 minutes, toi, tu peux pas parler. On l'a fait une fois, on avait un conflit, d'ailleurs, avec mon compagnon. J'avais pas du tout envie de le faire. Parce que j'étais très en colère, donc j'avais très envie de nourrir le conflit. Ce qui est une mauvaise idée. Et donc du coup, on s'est donné 5 minutes, Et en fait, en 20 minutes de conversation, on avait pas mal expliqué les choses. Donc ça, ce seraient les conseils. Donc pour récapituler, faites attention à quand, où, comment préparer la discussion. Que ce soit préparer l'autre, mais préparer aussi qu'est-ce que vous, vous avez envie de dire. Qu'est-ce que vous avez envie de pas dire aussi. Et puis... Vraiment prêter une grande, grande attention à l'écoute. L'écoute pour comprendre et pas l'écoute pour répondre.
- Speaker #0
Quitte à reformuler, comme tu le faisais, reformuler le propos de l'autre pour que l'autre puisse dire « Oui, c'est bel et bien ça que j'ai voulu te signifier. » Ce qui me vient aussi et qu'on utilise beaucoup dans Motherhood pour se poser les bonnes questions, c'est d'utiliser, lorsqu'on souhaite poser une question à l'autre, une question ouverte. Oui. Pas le « Est-ce que ? » et où tu vas être face soit à un oui ou un non, donc une question fermée, mais bien un qu'est-ce que, comment, pourquoi,
- Speaker #1
pour ouvrir la relation. Le pourquoi, moi, je l'éviterais dans un premier temps parce qu'il demande, en fonction du ton avec lequel on l'utilise, il peut demander beaucoup de justifications, il peut être perçu comme agressif, alors que ce n'est pas toujours l'intention. Le pourquoi, moi, au début, quand on n'est pas trop rompu à l'exercice, je l'enlèverais. C'est plutôt en quoi, comment, qu'est-ce que, quand. Ça me fait penser à une autre chose que tu disais, c'est de ne pas avoir de discussion quand vous êtes trop dans l'émotion. Soit trop dans la tristesse, soit trop dans la colère, parce que vous êtes à peu près sûr que quand il y a trop d'émotion, il n'y a plus la possibilité de discuter. Donc ça ne sert à rien.
- Speaker #0
De vérifier pour toi-même que tu viens bel et bien dans l'intention de nourrir l'art. relation, mais non pas, comme tu disais, j'ai juste envie d'être dans le conflit, donc là, ça va être complètement infertile.
- Speaker #1
Oui, quitte à le dire, c'est-à-dire, en fait, ça m'arrive un peu plus tard que lundi, où on a eu un conflit, et en fait, mon compagnon voulait le résoudre, je lui ai dit, en fait, là, je peux pas, parce que je vais être trop en colère, donc, il y a ce truc-là qui est ouvert, on le referme pour l'instant, on va le réouvrir plus tard dans la semaine, mais là, moi, je peux pas, donc... Aussi d'être responsable de soi.
- Speaker #0
Quel serait le message que tu voudrais faire passer à une femme qui aime son partenaire, sa partenaire, mais sans que leur désir diverge ?
- Speaker #1
Tu veux dire, où il y a un désir qui diverge ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc, un cas qui serait similaire au mien... Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Ça serait le message qui t'aurait fait du bien, toi, peut-être, d'avoir initialement au tout début.
- Speaker #1
Ouais. Moi, le message que j'aurais envie de lui dire, c'est vraiment de... C'est difficile de le faire... Enfin, de le dire sans que ça tombe dans des trucs un peu niais. Mais je pense que de s'autoriser à ouvrir un peu le champ des possibles et des côtés un peu lumineux dans quelque chose qui peut paraître pas du tout lumineux. Donc d'essayer de faire l'exercice intellectuel d'abord, parce que quand c'est trop dans l'émotion, on n'y arrive pas. Donc se dire, ok, alors si j'ai envie d'avoir un enfant et que je ne peux pas, ce serait quoi le « cadeau » de cette situation-là ? Parce qu'on a tendance à vouloir se dire, c'est horrible, je subis, je subis. Et c'est vrai, on subit des circonstances, des contextes. En fait, je vais essayer d'aller chercher le peut-être 1% de... de joie, de plaisir, de lumière dans un tableau qui est très très noir. Et de faire cet exercice-là. pour elle d'abord et après d'essayer de voir si elle peut nourrir ça avec des femmes qui auraient été dans des cas similaires voilà ce serait ça de se retrouver actrice finalement dans cette situation là ça
- Speaker #0
me fait penser notamment au programme notre accompagnement vis-à-vis de Moussaoud où on a quand même une grande partie de femmes qui sont en couple où le sujet n'a pas été forcément abordé euh... Ou alors il a été abordé, mais pareil, avec des petits moments d'attention, ou encore des couples en termes de famille recomposée, où le compagnon, lui, a déjà des enfants, on l'accompagne de nouveau, et que pour l'autre, non, il n'y a plus ce nouveau désir, cette nouvelle parentalité-là. Et donc ça peut aussi être intéressant d'investiguer, de revenir à l'intérieur de soi. par le programme ou une psychothérapie par laquelle tu as pu passer aussi. Et c'est important.
- Speaker #1
Et je veux rajouter quelque chose sur les familles recomposées parce que je pense qu'il y a un enjeu qui rajoute de la complexité. C'est que souvent, quand il y a quelqu'un qui va se remettre en couple avec quelqu'un qui n'a pas d'enfant, et qu'il y en a un qui a un enfant, il peut y avoir un rapport de pouvoir qui s'installe. C'est-à-dire que moi, j'ai tout ce que je veux finalement. J'ai le couple, j'ai le compagnon à la campagne. qui n'a pas d'enfant, donc en fait, il ou elle est complètement disponible pour le couple, pas disponible pour moi, mais disponible pour le groupe, et de l'autre côté, j'ai mes enfants, donc en fait, je suis un homme ou une femme comblée. Et donc, on peut parfois avoir des personnes qui, du coup, vont se couper un peu de l'art-life, en fait, se dire, moi, en fait, je vois bien dans ma vie, et qui vont refuser un peu la souffrance de la partenaire en face d'eux. Et ça, il faut avoir conscience pour la partenaire qui est dans cette situation-là. que du coup de faire attention aux dynamiques de pouvoir je sais pas trop comment l'expliquer mais d'essayer de faire prendre conscience aux partenaires qui pour lui tout va bien pour elle tout va bien qu'il y a un impact en fait sur elle et s'il y a un impact sur elle ou sur lui il y a un impact sur la relation amoureuse et de leur faire prendre conscience que peut-être qu'ils veulent pas de cette relation là parce que eux ils se font pas bien et ça c'est vraiment aussi la question des limites personnelles et ça on le travaille beaucoup dans le programme C'est quoi mes peurs ? C'est quoi mes envies ? Et du coup, c'est quoi mes limites ? Qu'est-ce qui est acceptable pour moi ? Et c'est vraiment la différence entre le travail qu'on fait, entre les peurs, les besoins et les attentes du couple. Et c'est trois choses différentes. Et plus j'ai conscience de mes besoins, comment je les communique, plus j'ai conscience des attentes relationnelles que j'ai, plus je vais pouvoir naviguer entre les deux. Et ça, c'est quelque chose qu'on fait avec le programme. Aussi, beaucoup en effet miroir, parce que d'entendre d'autres personnes se dire « Tiens, moi j'ai ce besoin-là » ou « Moi j'entends ça dans ce que tu dis » , ça t'aide aussi toi à dire « Oui, en fait, c'est ça que je voulais dire. » Ou « En fait, non, je ne m'exprime pas bien. » Et ce n'est pas mon compagnon, ma canne, qui ne comprend rien. C'est quand même moi, je l'exprime mal ou je dois induire quelque chose dans ma façon de le dire. Et ça, quand on a en face de nous des femmes qui sont, je veux dire, de façon très… dans la même situation que nous, et puis facilitées aussi par toi et moi, on fait hyper attention à ça. Ça peut vraiment t'aider, parce que toi en tant que femme, tu peux aussi apprendre à mieux communiquer sur tes besoins et sur tes limites.
- Speaker #0
Complètement. On va justement arriver vers la fin de cette discussion, de cet échange, pour revenir un petit peu à votre situation à tous les deux. Puisqu'il n'y a pas le projet parental tel que la société l'entend, on a souvent aussi la question de, ben oui, mais s'il n'y a pas de projet parental, alors c'est quoi ? quoi le projet de couple ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Eh bien, est-ce que toi, tu considères que vous avez créé un projet autre ou en fait, votre projet, c'est d'être en couple ? Et voilà.
- Speaker #1
Eh bien, c'est une très bonne question parce que je pense que ça a évolué ma réflexion au fur et à mesure du temps. Au début, je me suis mis une pression. OK, on n'a pas d'enfant. Donc du coup, qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ensemble ? Et j'avais besoin de me projeter en quelque chose. On a acheté une maison, on a un projet ensemble qui est Maison Chardonneray, qui est une association écolo. autour d'une ferme, etc., qui nous permet de faire ça. Mais plus on construit ça ensemble, plus moi je me rends compte que en fait, notre projet, c'est pas ça. Que notre projet, c'est effectivement de faire famille autrement. C'est de continuer à nourrir notre relation et continuer à nourrir l'écosystème relationnel autour de nous, des vivants, et j'inclus Ausha, nos chevaux, parce que pour moi, ils font partie de notre famille. Mais enfin, mon neveu, les personnes qui sont aussi autour de nous, les enfants, ça pose aussi la question de l'héritage. Mais j'ai beaucoup évolué sur ça et aujourd'hui je dirais que... J'avais besoin à ce moment-là de me projeter dans quelque chose. Aussi parce qu'on m'a bassinée avec cette idée que pour tenir un couple, il faut avoir un projet commun. Je ne pense pas. Je pense que le couple doit être le projet commun du couple et donc de nourrir la relation. Mais ça, je ne m'en étais pas rendue compte. Et c'est aujourd'hui que je peux avoir cette réflexion-là.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. Ça donne l'idée, la notion que ça t'a transformée en fait aussi cette expérience sur ta notion d'aimer.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sur ta notion. de faire couple et donc ta notion de faire aussi famille j'espère que ça pourra aussi enrichir toutes les auditoristes qui nous écoutent vis-à-vis de ça qu'est-ce que tu aimerais laisser là maintenant comme message ou une question que je t'aurais pas posée que tu voudrais préciser je pense que de repenser
- Speaker #1
de vraiment s'autoriser à dire en fait il y a tous ces êtres vivants autour de moi qui peuvent me nourrir moi et vers lequel moi aussi je peux envoyer de l'amour ça fait très... voilà on a besoin d'amour je pense que ça se repenser les modalités familiales au delà de l'humain voilà ce qui me vient
- Speaker #0
Merci, Laurélie. Je précise que vous pouvez retrouver justement le fameux TEDx en ligne, en TEDx et puis Amy Druen et du coup le compagnon. Et on le mettra en lien aussi de cet épisode. Et puis si vous êtes reconnus dans cette expérience, cette histoire, surtout n'hésitez pas à... sur Instagram ou aussi de voir si notre accompagnement pourrait vous parler. Voilà. A bientôt. A bientôt.
- Speaker #1
Cet épisode t'a plu ? On l'espère si t'es arrivé jusque-là. Et il t'a en plus donné l'élan de passer à l'action ? Alors rejoins la prochaine session de l'accompagnement collectif Motherhood pour passer de la confusion à la clarté.
- Speaker #0
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- Speaker #1
Un énorme merci d'avance pour ton soutien, il fait toute la différence. Et souviens-toi, chaque question mérite d'être posée et chaque réponse d'être explorée. A très vite dans le prochain épisode !