Speaker #0La meilleure version de toi-même n'existe pas et tu as peut-être passé des années à essayer de devenir une meilleure version de toi-même. Tu as travaillé sur toi, tu as essayé de comprendre tes blessures, tu as appris à poser tes limites, tu as fait des thérapies, lu des livres, écouté des podcasts, tu essayes de mieux manger, mieux dormir, mieux respirer, mieux gérer tes émotions et pourtant, quelque part en toi, il y a encore une sensation de ne pas être tout à fait arrivé. Comme s'il y avait encore quelque chose à régler, à améliorer ou à devenir. Mais qui t'a dit que tu avais besoin d'être amélioré ? La meilleure version de toi-même n'existe pas. Dans cet épisode, j'ai envie de te parler de cette injonction à devenir la meilleure version de toi-même. Parce qu'aujourd'hui, dans l'événement personnel, selon moi, il y a un courant qui nous pousse tout doucement à devenir toujours plus ou meilleur. Être plus, faire plus. travailler encore et encore sur nous, alors que sur le moins, une autre transformation est possible. Une transformation qui ne consiste pas à devenir quelqu'un d'autre, mais à revenir à toi. Hola, douces sœurs, je m'appelle Sokerta, ce qui signifie arbre du bonheur en cambodgien. Et mes parents ont fui le régime des Khmer Rouge et le Cambodge pour venir en France. Il y a déjà 50 ans, et pendant tout ce temps, j'ai cherché ma place entre deux mondes, entre loyauté, liberté, entre le besoin de réparer ma famille, mon histoire, et celui de me trouver. Pendant près de 20 ans, j'ai travaillé dans l'humanitaire et le secteur associatif, aux côtés de populations en exil, de femmes isolées, dans des contextes de crise et d'urgence à travers le monde. J'ai longtemps combattu les injustices à l'extérieur. Jusqu'au jour où j'ai compris que la paix commençait en soi, à l'intérieur. Alors j'ai choisi un autre chemin, celui de la thérapie et de l'accompagnement des femmes vers leur essence, leur liberté, leur confiance, leur affirmation de soi, leur pouvoir, leur puissance. Aujourd'hui j'accompagne les femmes à se reconnecter à leur corps, à libérer leurs blessures, à se sentir à nouveau en sécurité dans leur puissance et leur douceur. Je crois profondément. que la réponse est déjà en chacune de nous, que le retour à soi est le début de toute transformation. Bienvenue dans douceur, un espace de parole, de guérison, de réconciliation entre le féminin, le masculin, le corps, la terre et l'âme. Ici, on apprend à ralentir, à respirer, à retrouver la voie de l'équilibre de la liberté et de la paix intérieure. Merci d'être là, à mes côtés. C'est la rentrée et tu arrives avec une nouvelle liste. Faire plus de sport, mieux manger, méditer tous les matins, faire du yoga deux fois par semaine, être mieux organisé, poser enfin tes limites, prendre davantage de temps pour toi, développer ton activité, avancer sur ce projet que tu repousses depuis des mois, lire davantage, moins travailler, mais aussi être une meilleure mère, une meilleure compagne, une meilleure amie, une entrepreneur. alignée qui développe son activité, une badass au boulot, une femme plus alignée. Et quelque part, dans cette liste, il y a peut-être aussi cette petite phrase inconsciente « Cette année, je vais devenir une meilleure version de moi-même. » Mais j'ai envie de te poser une question. D'où vient cette croyance que tu peux être encore meilleure qu'aujourd'hui ? Parce que peut-être que tu n'as pas besoin d'être plus disciplinée. Peut-être que tu n'as pas besoin de mieux t'organiser, peut-être que tu n'as pas besoin de travailler encore davantage sur toi, peut-être que tu n'as même pas besoin de devenir une nouvelle femme. Peut-être que tu passes simplement beaucoup trop de temps à essayer de devenir celle que tu crois devoir être. Et aujourd'hui, j'ai envie de démonter cette idée avec toi de meilleure version de toi-même. Parce que derrière cette expression qui paraît tellement positive, tellement bienveillante, tellement de développement personnel, il peut y avoir une injonction beaucoup plus profonde. La femme que tu es aujourd'hui n'est pas encore assez bien. Et lorsque tu as passé une grande partie de ta vie à t'adapter, à performer, à prendre soin des autres, à anticiper, à tenir, cette injonction peut devenir particulièrement puissante. Parce que, dans le fond, ce qui me frappe avec cette idée de meilleure version de soi-même, C'est qu'elle paraît tellement positive. Qui pourrait être contre le fait d'évoluer, de grandir, de mieux se connaître ou de prendre soin de soi ? Et pourtant, j'ai envie de regarder avec toi ce qui peut se cacher derrière cette injonction. Parce que la performance ne ressemble pas toujours à travailler toujours plus. genre 60 heures par semaine, ou courir après une promotion, ou avoir un poste clé alors que ce n'est pas aligné avec toi. Elle peut aussi se cacher dans le développement personnel. Tu ne cours plus seulement après une réussite extérieure, tu peux maintenant courir après ta propre réussite, comme une réussite intérieure. Tu dois être plus alignée, plus consciente, plus sereine, plus connectée à ton corps, plus régulée. plus confiante, plus souveraine, plus dans ton féminin, plus capable de poser tes limites, plus capable de lâcher prise et même encore plus être capable de réussir à lâcher prise. Est-ce que tu vois le piège ? On peut finir par transformer notre propre guérison en tableau Excel, comme un projet avec des lessons learned, des leçons apprises constamment, comme s'il y avait toujours quelque chose à améliorer. Une blessure à comprendre, une émotion à réguler, une croyance à déconstruire, un comportement à modifier, une pratique à ajouter, un livre à lire, une formation à suivre, une nouvelle étape à franchir. Et sans même nous en rendre compte, nous pouvons transformer notre chemin intérieur en nouveau projet de performance. Avant, je devais réussir ma vie. Maintenant, je dois réussir ma transformation. Avant, je devais être une bonne professionnelle. Maintenant... je dois être une femme parfaitement alignée. Avant, je devais être productive. Maintenant, je dois optimiser mon énergie. Et selon moi, derrière ces nouvelles manières de dire les choses, le message de fond reste le même. Toujours plus, toujours mieux, toujours une nouvelle version de moi à atteindre. Et du coup, je continue à travailler encore et encore sur moi. Et peut-être que tu connais très très bien cette phrase, je travaille encore sur moi. Tu as peut-être déjà fait une thérapie, lu énormément de livres, écouté des podcasts, participé à des stages, fait du breathwork, médité, écrit dans des carnets, exploré ton enfance, tes blessures, ton système d'attachement, ton rapport au féminin, ton corps, tes relations, tes schémas, tes croyances. Et malgré tout ça, il y a peut-être encore cette sensation qu'il reste quelque chose à régler. Quelque chose à comprendre, quelque chose à guérir. Comme si tu étais toujours en chemin vers une version de toi qui serait enfin suffisamment apaisée, suffisamment consciente, suffisamment confiante, suffisamment libre. Et je veux vraiment faire une distinction ici. Je ne suis pas absolument en train de dire que le travail sur soi ne sert à rien. Au contraire, je pense que le travail sur soi peut être profondément transformateur, mais Pour moi, il y a une différence immense entre travailler sur soi pour mieux se rencontrer et travailler sur soi parce qu'on pense qu'on est encore défectueuse, parce que je dois améliorer quelque chose en moi. Parce que parfois derrière je travaille encore sur moi, il y a une croyance beaucoup plus ancienne. Je ne suis pas assez bien. Et cette croyance-là, elle peut prendre des formes extrêmement sophistiquées à travers le développement spirituel ou la spiritualité. Pardon, à travers le développement spirituel, le développement personnel ou la spiritualité. Et peut-être qu'il y a une autre question à se poser. Qui t'a appris que le problème était toujours toi ? Et là, j'ai vraiment envie d'aller un peu plus loin. Parce que cette injonction à devenir une meilleure version de nous-mêmes n'est pas arrivée de nulle part. Pourquoi avons-nous autant intégré l'idée que lorsque quelque chose ne va pas dans notre vie, c'est à nous de travailler sur nous ? pour que ça aille mieux. Tu es épuisé ? Apprends à mieux gérer ton stress. Tu n'arrives pas à poser tes limites ? Travaille sur ton estime de toi. Tu portes trop de charge mentale ? Apprends à lâcher prise. Tu es débordé ? Organise-toi mieux. Tu es malheureuse au travail ? Trouve ta mission de vie. Tu es anxieuse ? Régule ton système nerveux. Tu es en colère ? Travaille sur ta blessure. Tu n'arrives plus à suivre ? Médite. Respire. Fais du yoga. Fais une retraite. Travaille sur ton enfant intérieur. Et surtout, surtout, surtout, continue ce travail sur toi. Mais, à quel moment est-ce qu'on se demande est-ce que le problème vient réellement et uniquement de moi. Parce que parfois, tu n'as pas besoin de mieux gérer ta charge, tu n'as pas besoin d'avoir moins de charge, tu n'as pas besoin d'apprendre à mieux supporter une situation qui t'épuise, tu as besoin que quelque chose change. Et cette nuance est profondément politique et systémique. Dans une société qui prône l'individualisme et la performance, je me demande jusqu'où va la responsabilité individuelle. Parce que, aujourd'hui, mon impression, c'est qu'il y ait une mouvance dans le développement personnel, un développement personnel qui souhaiterait tout optimiser dans notre société. Selon moi, nous vivons dans une société qui transforme énormément de choses en performances. Ton travail, ton corps, ton alimentation, ton sommeil, ta productivité, ta sexualité. ta parentalité, ta santé, ta spiritualité. Et même ton repos. Parce qu'il faut bien se reposer pour être plus productif ensuite. Même ton repos peut devenir un outil de performance. Et il y a une mouvance dans le développement personnel qui peut parfois, selon moi, reprendre exactement cette logique. Tu ne dois plus seulement être performante dans ton travail, tu dois devenir performante dans ta transformation. Optimiser ton temps, ton énergie, ton corps, tes émotions, tes relations, ton potentiel. Devenir plus consciente, plus résiliente, plus régulier, plus alignée, plus souveraine. Et je trouve ça fascinant. Parce qu'on finit par reproduire dans notre monde intérieur exactement le système dont on essayait de s'émanciper. On nous dit « Travaille sur toi et tu seras libre » . Mais parfois, travailler sur soi devient une nouvelle liste infinie de choses à faire pour mériter cette liberté. Et là, j'ai envie de poser une question. À quel moment est-ce que je me suis simplement autorisée à être ? Être moi, tout simplement. Parce qu'il y a aussi quelque chose d'autre qui me questionne beaucoup, et c'est le piège selon moi de cette mouvance dans le développement personnel, c'est le piège de l'individualisme. C'est cette idée que tout serait une affaire individuelle. Ta réussite dépend de toi, ton bonheur dépend de toi, ta guérison dépend de toi, ta confiance dépend de toi. Ton équilibre dépend de toi. Ta capacité à poser tes limites dépend de toi. Ton rapport à ton corps dépend de toi. Tu dois devenir suffisamment consciente pour transformer ta vie. Et cette idée peut être extrêmement culpabilisante. Parce que si ça ne fonctionne pas comme tu veux, si ta vie ne fonctionne pas comme tu le souhaites, c'est que tu n'as pas encore suffisamment travaillé sur toi. Tu n'as pas trouvé le bon outil. Tu n'as pas suffisamment lâché. Tu n'as pas suffisamment guéri, tu n'es pas suffisamment aligné. Mais nous ne vivons pas seuls dans une bulle, nous vivons dans des familles, dans des couples, des entreprises, des communautés, dans une société, une culture et une histoire. Et certaines de ces difficultés, selon moi, ne sont pas uniquement individuelles. Elles sont aussi relationnelles, sociales, économiques, politiques et culturelles. Et lorsque nous ramenons tout, absolument tout à l'individu, Nous risquons de passer à côté d'une question essentielle. Qu'est-ce qui, dans ce que je vis, ne m'appartient pas entièrement ? Qu'est-ce qui est de la responsabilité du système, qu'il soit familial, sociétal, ou l'entreprise dans laquelle je travaille, ou les milieux dans lesquels j'évolue ? Et nous, les femmes, nous portons déjà tellement. Parce que nous ne partons pas toutes du même endroit. On nous a appris à prendre soin, à anticiper, à écouter, à comprendre, à apaiser, à maintenir le lien, à organiser, à penser aux besoins des autres, à être disponible sans cesse, à être celle qui se souvienne, celle qui prévoit, celle qui pense à tout et parfois même celle qui porte ce que les autres ne veulent pas regarder ou assumer. Le cadeau d'anniversaire, le rendez-vous chez le médecin pour les enfants. Les vacances, les émotions des petits, les émotions du couple, les besoins des parents, la maison, le travail, la famille, les relations. Et même quand personne ne nous demande explicitement de tout porter, nous pouvons avoir appris à le faire. Parce que le care, le soin, a longtemps été associé au féminin. Prendre soin, s'occuper, soutenir, accompagner, réparer, faire tenir. Et quand tu as passé des années à être celle qui prend soin des autres, Tu peux finir par ne plus savoir ce que signifie pour toi prendre soin de toi. Alors, on te dit. Prendre du temps pour toi, mais parfois, même prendre du temps pour soi devient une nouvelle tâche. Il faut faire du yoga, il faut méditer, prendre un bain, faire du journaling, partir en traite, prendre soin de ton système de vœux. Encore une fois, une chose de plus à faire. Et c'est pourquoi j'ai envie de te proposer une autre perspective, un autre regard. La question n'est peut-être pas uniquement comment apprendre à mieux porter, elle peut aussi être pourquoi est-ce que je porte ? autant et surtout qu'est-ce qui m'appartient réellement. Parce que pour pouvoir poser ces limites, pour pouvoir poser ces limites, encore faut-il identifier quel est notre champ de responsabilité, jusqu'où je peux et suis en capacité de réellement intervenir. Et ça pose la question de quelle est ma juste place. Et c'est pourquoi, selon moi, le patriarcat peut aussi entrer dans notre rapport à nous-mêmes. Parce que le patriarcat ne se manifeste pas uniquement dans les grandes structures, dans les entreprises, les organisations ou dans notre société. Il peut aussi finir par s'installer à l'intérieur de nous, à travers toutes ces croyances insidieuses, ces croyances inconscientes. Dans cette petite voix qui dit au fond de nous, soit raisonnable, ne dérange pas, fais plaisir, soit gentille, soit disponible, soit compétente, soit jolie, soit indépendante, mais ne demande pas trop, ne prend pas tout. de place, mais reste forte. Et parfois, nous finissons par avoir tellement intégré ces injonctions que nous n'avons même plus besoin que quelqu'un nous les impose. C'est comme une voix intérieure, nous nous les imposons nous-mêmes. Et c'est là qu'apparaît ce que j'appelle la femme guerrière, celle qui gère, celle qui anticipe, celle qui ne demande rien, celle qui sait faire, celle qui tient, celle qui ne craque pas, celle qui est capable, celle qui porte tout et celle qui dit t'inquiète, je vais m'en occuper. Et puis, un jour, elle est épuisée, mais elle continue quand même. Parce qu'elle a appris que sa valeur était aussi liée à sa capacité à tenir. Comme si, en fait, cette armure était là sans cesse pour la protéger. Mais cette armure, ce n'est pas ton ennemi. Et c'est ici que j'ai envie de revenir à quelque chose de très important. Peut-être que tu n'es pas devenue constrôlante parce que tu aimais contrôler. Peut-être que contrôler... t'a permis de te sentir en sécurité. Peut-être que tu n'es pas devenu hyper indépendante parce que tu n'avais besoin de personne, mais peut-être que tu as appris qu'il était plus sûr de ne dépendre de personne. Peut-être que tu n'es pas devenu performante parce que tu voulais être exceptionnel. Peut-être qu'être performante t'a permis d'obtenir de la reconnaissance, une place, de la sécurité, de l'amour. Et peut-être que ton besoin d'anticiper n'est pas seulement un défaut, peut-être qu'il t'a permis de ne pas être surprise pour rester sereine. Peut-être que ton hyper-vigilance t'a permis de détecter très tôt ce qui pouvait devenir dangereux pour toi. Alors, moi j'ai une question, pourquoi chercher à détruire ces parties de toi qui te protègent ? Ton armure n'est pas ton ennemi. Elle a peut-être été une formidable stratégie de survie par le passé et elle t'a permis d'arriver jusqu'ici. Mais une armure qui a été utilière peut devenir très lourde à porter aujourd'hui. Et le chemin n'est pas forcément de la combattre, il peut être de comprendre pourquoi tu en as eu besoin, de remercier ce qu'elle a essayé de faire pour toi et de découvrir progressivement ce qui devient possible lorsque tu n'as plus besoin de la porter en permanence. Parce qu'à force de vouloir évoluer, on peut finir par ne plus habiter qui l'on est et ne plus savoir qui l'on est. Et c'est là que j'en arrive au piège de la transformation, parce qu'à force de vouloir évoluer, on peut finir par ne plus habiter la personne que l'on est, se perdre et ne plus savoir qui nous sommes ou ce que nous voulons réellement. Tu ressens quelque chose, tu cherches immédiatement à le comprendre. Tu doutes, tu cherches un outil. Tu es fatigué, tu cherches à optimiser ton hygiène des vies. Tu es en colère, tu cherches à réguler. Tu ne sais plus quoi faire, tu cherches une méthode. Tu traverses une période difficile. Tu cherches le travail que tu dois accomplir. Et parfois, au lieu de t'écouter, tu cherches immédiatement quoi faire et comment te répérer. Alors, j'ai envie de te poser une question. Qu'est-ce qui changerait si tu arrêtais pendant un instant de te demander qu'est-ce qui ne va pas chez moi et que tu te demandais simplement qu'est-ce que je vis ? Pas comment est-ce que je peux régler ça, qu'est-ce que je dois faire ? qui, je le rappelle, est une croyance patriarcale, je ne peux être aimé que si je fais, mais plutôt de poser la question, qu'est-ce que cette situation vient me montrer ? Qu'est-ce que mon corps ressent ? Qu'est-ce que je désire ? Qu'est-ce que je ne veux plus ? Qu'est-ce qui est à moi et qu'est-ce qui appartient aux autres ? Parce que la transformation n'est pas toujours une construction. Et c'est ici aussi que j'ai envie de renverser complètement notre manière de penser la transformation. On nous a appris, on nous apprend encore souvent que se transformer c'est déconstruire, libérer, guérir, pour ensuite construire ou reconstruire, devenir plus forte, plus confiante. Plus consciente, plus performante, plus alignée. Mais selon moi, il existe une autre manière de voir la transformation. Et peut-être que tu n'as pas besoin de devenir davantage. Peut-être que tu peux retirer progressivement ce qui t'empêche d'être toi. Déposer une croyance. Déposer une loyauté. Déposer un rôle. Déposer une obligation. Déposer une façon de fonctionner. Déposer la responsabilité de tout le monde. Déposer la nécessité d'être parfaite. Déposer cette identité de femme forte, déposer l'idée que tu dois mériter ta place, déposer l'idée que tu dois t'être utile pour avoir de la valeur. Imagine que tu n'as plus besoin de devenir une meilleure version de toi. Imagine maintenant que tu n'as plus besoin de devenir cette meilleure version de toi. Imagine que ton travail ne consiste plus à devenir forte, plus forte, plus sage, plus spirituel, plus aligné. plus régulée, plus performante. Imagine que tu puisses simplement commencer à écouter ce qui est déjà là. Ton corps, ton désir, ta colère, ta fatigue, ton intuition, tes limites, tes éléments. Ce qui dit oui, ce qui dit non, ce qui s'ouvre, ce qui se ferme, ce qui te donne de l'énergie et ce qui t'enlève de l'énergie. Et peut-être que tu découvriras quelque chose de très très simple. Au fond de toi, tu sais déjà beaucoup de choses. Tu sais peut-être déjà que ce travail ne te convient plus, que cette relation n'est pas juste pour toi, que tu portes trop, que tu dis oui alors que tu souhaiterais et que ton corps dit non, que tu as besoin d'aide, que tu as besoin de créer quelque chose, que tu repousses une décision, que tu n'as plus envie de vivre comme avant. Mais tu attends peut-être d'être suffisamment prête, suffisamment guérie, suffisamment confiante, suffisamment alignée avant de t'autoriser à choisir. J'ai une question. Qui es-tu quand tu n'as plus rien à prouver aux autres ? J'ai envie de t'emmener encore un peu plus loin. Qui es-tu lorsque tu n'essayes plus d'impressionner les autres ? Qui es-tu lorsque tu n'essayes plus d'être irréprochable ? Qui es-tu lorsque tu n'as pas besoin d'être utile à tout le monde ? Qui es-tu lorsque tu ne cherches plus à être validé par les autres ? Qui es-tu lorsque tu ne prends plus automatiquement la responsabilité de ce qui appartient aux autres ? Qui es-tu lorsque tu n'as plus besoin de prouver que tu peux tout faire toute seule ? Peut-être que devenir pleinement toi ne ressemble pas à devenir la meilleure version de toi, à devenir davantage, à faire toujours plus. Peut-être que cela ressemble à avoir enfin suffisamment de sécurité pour arrêter de porter et de jouer certains rôles. Parce que, pour moi, la souveraineté, ce n'est pas « je n'ai besoin de personne » , ce n'est pas « je gère toute seule » , ce n'est pas « rien de matin » , non. Pour moi, la souveraineté, c'est Pouvoir discerner ce qui est à moi, ce qui ne l'est pas, ce que je veux porter, ce que je ne veux plus porter, ce que je choisis, ce que je refuse, ce que je désire. Et pouvoir faire des choix pour soi qui ne sont pas dictés uniquement par la peur, l'habitude ou le besoin d'être validé, mais en s'écoutant profondément. Et ça, ça passe par le corps, parce que comprendre ne suffit pas toujours. Et c'est aussi... pour cela que certaines choses ne se débloquent pas simplement parce qu'on les a comprises. Tu peux savoir que tu as le droit de dire non et continuer à dire oui. Tu peux savoir que tu n'as pas besoin de te porter et pourtant continuer à tout prendre en charge. Tu peux savoir que tu as le droit de demander de l'aide et sentir ton corps se crisper dès que quelqu'un te propose de te soutenir. Tu peux savoir que tu as de la valeur et continuer à chercher la validation des autres. Parce que nos schémas ne vivent pas uniquement dans nos pensées. Ils s'expriment aussi dans notre corps, dans notre respiration, dans notre manière d'occuper l'espace, dans notre capacité à recevoir, dans notre façon d'entrer en relation, dans notre manière de dire oui, de dire non, de nous protéger, de nous ouvrir. Et c'est pour cela que j'aime tellement travailler avec le corps, pas pour apprendre à mieux nous adapter à tout, pas pour devenir des femmes parfaitement régulées qui supporteraient encore mieux ceux qui les épuisent, Mais pour pouvoir... Écoutez ces paroles. Ce que notre corps sait déjà, parce que ton corps n'est pas seulement l'endroit où tu dois apprendre à mieux te réguler, c'est aussi l'endroit où tu peux commencer à entendre ce qui n'est plus acceptable pour toi. Parce que réguler ne veut pas dire tout supporter, et ça je trouve très important de le préciser. Parce qu'aujourd'hui, même la régulation du système nerveux peut devenir une nouvelle injonction. Je dois rester calme. je dois réguler mes émotions je dois répondre dans un espace sécurisé parfois ta colère dans le fond elle a quelque chose à te dire de très juste parfois ton corps dit non, parfois ton épuisement dit non, parfois ton anxiété révèle que quelque chose dans ton environnement ne te convient plus respirer peut t'aider à traverser une émotion mais respirer ne devrait pas toujours servir à retourner tranquillement travailler dans un environnement qui t'épuise Réguler ta colère ne signifie pas nécessairement devenir plus facile à vivre pour les autres. Poser tes limites ne signifie pas apprendre à dire non de manière suffisamment douce pour que personne ne t'écoute et ne soit dérangé. La sécurité intérieure, dans le fond, ce n'est pas l'absence de colère, c'est la capacité à entendre ta colère sans immédiatement avoir besoin de la faire disparaître. Et j'aimerais ajouter que tu n'as pas à faire ça seul. Parce qu'il y a une dernière chose qui me semble essentielle. Même si notre entreprise peut devenir une démarche individuelle, à travers « je vais lire ce livre, je vais faire cette formation, je vais comprendre pourquoi je fonctionne comme ça, je vais régler ça, je vais guérir, je vais devenir la meilleure version de moi-même. » Mais, selon moi, certaines choses ont besoin d'être traversées avec d'autres. Parce que nous sommes des êtres renationnels, parce que nous nous construisons dans le lien, parce que certaines blessures se sont inscrites dans le lien. Et parce que certaines transformations ont besoin d'être vécues dans un espace où tu n'es pas seule à porter. Être vue, être soutenue, recevoir, demander, ne pas devoir tout expliquer, ne pas devoir tout maîtriser, pouvoir déposer et découvrir que d'autres femmes portent elles aussi des choses similaires. Et peut-être surtout, faire l'expérience que demander du soutien n'est pas un signe de faiblesse. Parce que... J'ai la croyance absolue que notre transformation individuelle est aussi collective. Et c'est ici que je crois profondément en la sororité. Parce que je ne veux pas simplement que nous devenions des femmes capables de mieux supporter le monde. Je veux que nous puissions imaginer d'autres manières de vivre, d'autres manières de travailler, d'autres manières de prendre soin, d'autres manières d'être en relation, d'autres manières de partager la charge, d'autres manières de penser la réussite, d'autres manières d'habiter nos corps. D'autres manières d'être puissantes, d'autres manières de prendre notre place. Parce qu'une femme qui arrête de se suradapter ne change pas seulement sa vie intérieure, elle peut aussi modifier la manière dont elle entre en relation avec les autres. Ce qu'elle accepte, ce qu'elle refuse, ce qu'elle transmet, ce qu'elle crée, ce qu'elle ose. Et c'est là que l'intime, selon moi, l'intime devient politique. Une femme qui n'a plus besoin de survivre et de s'adapter aux autres peut... commencer à choisir. Et une femme qui choisit peut commencer à créer. Et une femme qui crée peut contribuer au monde autrement. Et c'est exactement l'intention de la retraite que je propose cet octobre, l'appel de l'élite, l'initiation. Ce n'est pas de fabriquer une nouvelle femme. Je ne veux pas créer un espace dans lequel tu arrives avec une nouvelle liste de choses à améliorer chez toi. Je ne veux pas te demander de devenir une nouvelle femme en quelques jours. Je ne veux pas ajouter nouvelles injonctions à ton quotidien. Je veux créer un espace dans lequel tu peux ralentir suffisamment pour entendre ce qui est déjà là. Un espace dans lequel tu peux déposer un peu de cette armure. Un espace dans lequel ton corps peut avoir sa place. Dans lequel tu peux respirer, ressentir, explorer, regarder certains schémas autrement. Être en compagnie, être entouré d'autres femmes et expérimenter ce que ça fait de ne pas tout porter seul. Les constellations permettent... d'ouvrir un regard, un autre regard sur certaines histoires, certaines loyautés et certaines places que nous avons prises sans toujours en avoir conscience. Le prévoir passé permet de passer par le corps et l'expérience. Le collectif permet de sortir de cette croyance que tout doit être compris et réglé seul. Et le sacré permet aussi de sortir pendant quelques jours de cette logique permanente de faire, produire, comprendre et améliorer. Il ne s'agit pas de fabriquer une nouvelle toit. Il s'agit de créer suffisamment d'espace pour que quelque chose en toi puisse enfin respirer. Alors cette rentrée, j'ai envie de te proposer autre chose qu'une nouvelle liste d'objectifs. Pas que... Qu'est-ce que je dois encore améliorer ? Mais de te poser cette question. Qu'est-ce que je ne veux plus porter ? Ou autrement dit, qu'est-ce que je fais uniquement parce que j'ai appris que je devais le faire ? Quel rôle suis-je encore en train de jouer ? Qu'est-ce que mon corps essaye de me dire depuis longtemps ? Qu'est-ce que je continue à me forcer alors que quelque chose en moi dit non ? Quelle responsabilité est-ce que je porte alors qu'elle ne m'appartient pas ? Quelle décision est-ce que je repose parce que j'attends d'être suffisamment prête ? Et peut-être surtout, qu'est-ce que je pourrais choisir si je n'avais plus besoin de prouver que je suis capable de tout porter ? Alors, peut-être qu'à cette rentrée, tu n'as vraiment pas besoin de nouvelle version de toi. Peut-être que tu as besoin de moins de pression, moins d'obligations, moins de rôle, moins de il faut, moins de je devrais, moins de cette idée que tu dois constamment travailler sur toi. pour mériter la vie que tu désires. Tu n'as pas besoin de devenir plus forte. Tu n'as pas besoin de devenir parfaite. Tu n'as pas besoin de devenir quelqu'un d'autre. Tu as besoin de pouvoir être suffisamment en sécurité pour redevenir pleinement toi. Et peut-être que la femme que tu cherches depuis si longtemps à devenir est précisément celle qui est là depuis les débuts. Sous l'armure, sous les « je dois » , sous les « je peux gérer » , sous les « ce n'est pas grave » , sous les « je vais me débrouiller » , sous tout ce que tu as. appris à faire pour tenir. Cette femme, elle est encore là. Et cette rentrée, tu peux commencer non pas par te demander comment devenir une meilleure version de moi-même, mais qu'est-ce qui devient possible lorsque je n'ai plus besoin de me quitter, de me trahir pour être aimée, reconnue, utile ou en sécurité. Parce que je ne veux plus devenir une femme qui sait mieux supporter le monde. Je veux être une femme suffisamment libre pour participer à le transformer. Et peut-être que c'est aussi ça, revenir à soi, pas se retirer du monde, mais retrouver suffisamment de soi pour pouvoir y prendre sa place, sa juste place avec les autres, pour soi et pour le vivant. Et pour finir, j'ai aussi envie de te rappeler que tu as peut-être passé des années à apprendre à tenir, à tout gérer, anticiper, être forte, ne pas géranger, ne pas dépendre des autres, à faire passer tout le monde avant toi et qu'aujourd'hui, tu sens que quelque chose doit changer. Et tu peux vraiment choisir de le faire autrement. Mais peut-être que tu ne sais même plus ce qui t'appartient vraiment et ce que tu portes simplement parce que tu as appris à le porter. Et pour cela, j'ai créé un guide pour t'aider à faire ce tri. Pour mettre des mots sur ce que tu portes, pour repérer les injonctions qui dirigent encore des choix et pour commencer à déposer ce qui n'a plus besoin de l'être. Tu peux le télécharger gratuitement dans la légende de cet épisode. Pas pour commencer un nouveau chantier sur toi, pas pour devenir une meilleure version de toi-même, mais simplement commencer à te demander qu'est-ce que je porte encore alors que je n'ai plus besoin de le porter. Et peut-être que cette question va ouvrir quelque chose, une prise de conscience, une décision, une limite, un besoin d'aide, l'envie de ralentir, parce que parfois comprendre ne suffit plus. Il faut aussi pouvoir vivre l'expérience autrement dans son corps, dans la relation aux autres avec d'autres femmes. Et c'est exactement ce que je propose dans ma prochaine retraite en octobre, l'appel de l'élite, l'initiation. Il reste encore quelques places. Et pour moi, c'est avant tout un espace pour sortir du monde survie, déposer progressivement l'armure, revenir au corps, respirer, regarder certains schémas autrement et expérimenter ce que ça fait de ne plus tout porter seul. Nous travaillerons notamment avec les constellations archétypales, le bref orque, mais surtout, je veux créer un espace où tu n'as rien à prouver. Rien n'a performé et aucune nouvelle version de toi a fabriqué. Tu n'as pas besoin de devenir une autre femme. Tu as besoin d'un espace suffisamment sécurisant pour pouvoir redevenir pleinement toi. Et si tout ça a résonné en toi, tu trouveras ce guide offert et les informations sur la retraite en légende de cet épisode. Et peut-être que tu peux commencer par le guide, une question, un premier pas, un espace pour toi. Mais tu n'as rien à devenir pour commencer. En tout cas, merci d'être là, merci de faire vivre cet espace. Et n'oublie pas, vraiment, tu n'as pas à devenir plus forte. Tu peux apprendre à ne plus avoir besoin de l'être tout le temps. Musique