Speaker #0J'avais prévu d'enregistrer un tout autre épisode et puis il y a eu les incendies. Et pour être honnête avec toi, cet épisode j'espérais l'enregistrer avant de partir en vacances. Et là de retour de vacances, je sens encore l'importance de parler de ça. Donc il y a eu les incendies cet été et pendant plusieurs jours, j'ai regardé les images de ces forêts qui brûlaient, des paysages dévastés. des animaux qui fuyaient les flammes, et des pompiers, des hommes et des femmes qui luttaient sans relâche, et des hommes et des femmes qui avaient tout perdu et en souffrance. Et là, je suis restée sidérée. J'avais imaginé un mois de juillet rempli de projets, d'idées, d'élans, de renouveaux. Et au lieu de ça, je n'arrivais plus à créer. Je me sentais comme figée, avec une seule question qui revenait en boucle. Comment en est-on arrivé là ? Comment avons-nous construit un monde où ces catastrophes deviennent presque normales ? Et en cherchant à comprendre ce qui se passait en moi, je suis tombée sur ce mot, l'éco-colère. Et là, je me suis reconnue dedans. Non, ce n'était pas de l'éco-anxiété, c'était de l'éco-colère. Parce que ce que je ressentais n'était pas seulement de la tristesse, c'était une colère profonde. Une colère face à la risque à... face à l'irresponsabilité avec laquelle nous traitons le vivant. Une colère lorsque j'entends que certaines multinationales annoncent des bénéfices records pendant que des territoires entiers partent en fumée. Une colère devant cette fuite en avant technologique, où l'on accélère sans toujours se demander à quel prix et à quoi bon. Et plus j'écoutais cette colère, plus je comprenais qu'elle ne parlait pas seulement des incendies, elle me racontait quelque chose de beaucoup plus vaste, elle me racontait notre manière d'habiter le monde. Et c'est là que notre question est apparue. Depuis des années, j'accompagne des femmes qui arrivent épuisées, des femmes qui ont appris à continuer coûte que coûte, à porter, à contrôler, à anticiper, à prendre soin des autres avant elles-mêmes. Et soudain, je me suis dit, et si la logique qui épuise la terre était la même que celle qui épuise les femmes ? Et si dans les deux cas, nous étions prisonnières d'une culture qui nous apprend à extraire toujours plus du vivant sans jamais écouter ses limites. C'est cette réflexion que j'ai envie de partager avec toi dans cet épisode « Pourquoi tu n'arrives pas à déposer ce que tu portes ? » C'était le titre que j'avais initialement choisi pour cet épisode et aujourd'hui, en l'enregistrant, le préparant, je me suis posé une autre question et aujourd'hui j'ai plutôt envie de nommer cet épisode Pourquoi tu crois que tu dois être forte et que tu dois tout porter ? C'est marrant, j'ai même du mal à le nommer. Hola douce soeur, je m'appelle Sokerta, ce qui signifie arbre du bonheur en cambodgien. Et mes parents ont fui le régime des Khmer Rouge et le Cambodge pour venir en France, il y a déjà 50 ans. Et pendant tout ce temps, j'ai cherché ma place entre deux mondes, entre loyauté, liberté, entre le besoin de réparer ma famille, mon histoire et celui de me trouver. Pendant près de 20 ans, j'ai travaillé dans l'humanitaire et le secteur associatif, aux côtés de populations en exil, de familles isolées, dans des contextes de crise et d'urgence à travers le monde. J'ai longtemps combattu les injustices à l'extérieur, jusqu'au jour où... J'ai compris que la paix commençait en soi, à l'intérieur. Alors j'ai choisi un autre chemin, celui de la thérapie et de l'accompagnement des femmes vers leur essence, leur liberté, leur confiance, leur affirmation de soi, leur pouvoir, leur puissance. Aujourd'hui j'accompagne les femmes à se reconnecter à leur corps, à libérer leurs blessures, à se sentir à nouveau en sécurité dans leur puissance et leur douceur. Je crois profondément que la réponse est déjà en chacune de nous. Que le retour à soi est le début de toute transformation. Bienvenue dans Douceur, un espace de parole, de guérison, de réconciliation entre le féminin, le masculin, le corps, la terre et l'âme. Ici, on apprend à ralentir, à respirer, à retrouver la voie de l'équilibre de la liberté et de la paix intérieure. Merci d'être là, à mes côtés. Pourquoi tu crois que tu dois tout porter et être forte ? Je reçois beaucoup de femmes au cabinet ou pendant mes ateliers et retraites qui me disent « je suis fatiguée, j'aimerais ralentir, j'aimerais arrêter de tout porter » et qui pourtant n'y arrivent pas. Et je me suis alors posé une question, pourquoi est-ce si difficile de déposer ce que l'on porte ? Quand une femme s'effondre, on lui dit souvent « prends du temps pour toi, voir » . Organise-toi mieux, apprends à dire non, lâche prise. Comme si le problème venait uniquement d'elle, comme si elle gérait mal son stress. Mais je ne crois pas que ce soit aussi simple, parce que lorsque j'écoute les femmes que j'accompagne, je retrouve toujours les mêmes phrases. Je culpabilise quand je me repose, j'ai l'impression que tout repose sur moi. Si je ne le fais pas, personne ne le fera. Je ne veux pas décevoir, je dois... être forte. Et ces phrases, elles ne viennent pas de nulle part, elles racontent une histoire. Parce que ce que tu portes ne t'appartient pas entièrement. Nous grandissons avec des messages qui sont parfois invisibles. Être une bonne fille, ne pas faire de vagues, penser aux autres avant soi, être indépendante, ne pas déranger, être capable de tout gérer, être une bonne mère, une bonne compagne, une bonne salariée, une bonne activiste ou une bonne militante. Et surtout, Ne sois jamais trop, ne jamais être trop sensible, trop émotive, trop en colère. Et petit à petit, nous apprenons que notre valeur dépend de ce que nous apportons aux autres. Que ce soit à la maison, au travail, dans notre couple, dans nos amitiés. Et du coup, nous devenons très compétentes, très fiables, très fortes, mais à quel prix ? Pour moi, c'est là, selon moi, que le patriarcat ne s'inscrit pas seulement dans les lois, il s'inscrit dans les corps. Et quand je parle de patriarcat, je ne parle pas uniquement des hommes. Je parle de ce système qui organise nos relations au pouvoir, au temps, au travail et au vivant. Un système qui valorise l'individualisme et la performance plutôt que les cycles. Un système qui valorise la maîtrise plutôt que l'écoute, la production plutôt que le repos. L'extraction plutôt que la coopération. Et alors la terre devient une ressource, le temps devient une ressource, le corps devient une ressource et le corps des femmes aussi. Puisqu'il doit être toujours disponible, toujours adaptable, toujours performant et toujours capable d'en faire davantage. Et cette logique est exactement la même que celle qui épuise les forêts, mais la nature dans son ensemble. Extraire, produire, repousser les limites. Comme si les ressources étaient infinies, alors que ni la terre, ni les océans, ni notre système nerveux ne fonctionnent ainsi. Lorsque je vois ces incendies, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'ils racontent aussi quelque chose de nous. Nous avons appris à traiter le vivant comme une réserve inépuisable, et beaucoup de femmes ont aussi appris à se traiter de la même manière. Et c'est là où vient mon propos. C'est exactement pour cela que tu n'arrives pas à déposer ce que tu portes. Parce que déposer n'est pas seulement un geste, c'est aussi désobéir. Déposer, c'est accepter de ne plus être indispensable. Déposer, c'est risquer de décevoir. Déposer, c'est aussi savoir dire non. Et déposer, ce n'est plus répondre aux attentes qui ont construit notre identité. Et ça, ça peut. à mener une profonde insécurité. Parce que beaucoup d'entre nous ont appris très tôt que l'amour, la reconnaissance ou la sécurité passaient par notre capacité avant tout à être utile, à être sage, à être forte, à porter. Et c'est pour ça qu'on rentre dans cette boucle et dans ce système et qu'on continue, même lorsque notre corps nous dit stop. Et pendant longtemps, j'ai cru que ces femmes étaient simplement fortes. et moi inclue. Et aujourd'hui, je crois et je vois autre chose. Je crois que ces femmes ont développé une immense capacité d'adaptation. Dans le sens où elles ont appris à anticiper, à contrôler, à porter, à survivre. Et cette femme forte a été précieuse pendant des années puisqu'elle a permis de traverser des épreuves. Elle les a aidées à protéger leurs enfants, à tenir la famille. à construire la carrière, à survivre parfois à des histoires difficiles et douloureuses. Mon propos n'est pas de faire la guerre à cette posture et cette stratégie d'adaptation des femmes fortes, mais plutôt de dire simplement merci et de demander, as-tu encore besoin de porter tout cela aujourd'hui ? Parce qu'une stratégie de survie ne peut pas devenir une manière de vivre. Et c'est aussi pour moi... Ça a été une grande révélation et c'est aussi pour ça que j'ai envie d'en parler. C'est là pour moi l'enjeu de la reconnexion à l'archétype de Lilith. Parce que cette figure m'accompagne depuis plusieurs années et m'a permis vraiment de switcher et de sortir de ces injonctions. Donc cette figure c'est Lilith, et peut-être que tu en as déjà entendu parler, peut-être pas, mais en tout cas dans certaines traditions, Lilith est présentée comme la première femme d'Adam, celle qui refusa de se soumettre, qui préfère quitter le jardin d'Éden plutôt que de renoncer à sa liberté et son égalité. Et au fil des siècles, cette femme libre sera transformée en démon, en femme dangereuse, en symbole de la rébellion. Et moi je trouve cette évolution fascinante. Parce que je me demande souvent, si ce qui dérange chez Lilith n'est pas sa colère, mais son refus de se sacrifier. Son refus d'obéir lorsque l'obéissance signifie se trahir. Aujourd'hui, personnellement, je ne vois pas l'élite comme un personnage historique ou religieux qu'il faudrait croire ou ne pas croire. Je la vois vraiment comme cet archétype vivant, cette force symbolique qui existe en chacune de nous. Cette part de nous qui sent immédiatement lorsque une limite est franchie. Cette part qui murmure, tototot, cela ne me respecte plus, ce n'est pas juste pour moi, je ne veux plus vivre ça ou comme ça. Et je crois que beaucoup de femmes confondent cette voie avec de la colère alors qu'il s'agit souvent d'autre chose. Il s'agit plutôt d'un instinct, d'un élan de vie, d'une intelligence du corps qui refuse de continuer à survivre au prix de lui-même. Et je ne crois pas que Lilith nous demande de rejeter la femme forte. Cette femme a été essentielle. Elle nous a protégés lorsque nous ne pouvions pas faire autrement. Elle a porté ce qu'il fallait porter. Mais Lilith vient nous poser une question. essentielle. As-tu encore besoin de cette armure aujourd'hui ? Parce qu'il arrive un moment où ce qui nous a sauvés commence aussi à nous empêcher de vivre. Et c'est ce qui dérange chez l'élite finalement, ce n'est pas qu'elle soit contre les autres, c'est qu'elle choisit enfin d'être avec elle-même. Elle cesse de porter ce qui ne lui appartient pas, elle cesse de sacrifier son corps pour être aimé, elle cesse de s'oublier pour être aimé. acceptée. Elle nous rappelle qu'il existe une autre manière d'habiter le corps, une manière qui ne repose plus sur le sacrifice mais sur la relation avec soi, avec les autres, avec le vivant. Et on nous fait croire que prendre soin de soi est un luxe. Personnellement, je crois exactement l'inverse. Dans une société qui glorifie l'épuisement, se reposer est un acte de résistance. Dans une culture qui récompense les femmes qui portent tout, Demander de l'aide devient un geste émancipateur. Dans un système qui valorise le contrôle, écouter son corps devient une manière de protéger le vivant. Nous ne construirons pas un monde différent avec les mêmes logiques qui nous ont conduites jusqu'ici. Nous ne protégerons pas duremblement la terre si nous continuons à nous consumer de l'intérieur. Parce que l'écoféminisme nous rappelle selon moi une chose essentielle, la domination de la nature et la domination... des femmes obéissent au même mécanisme. Tant que le vivant sera considéré comme une ressource à exploiter, qu'il s'agisse d'une forêt ou d'un corps d'une femme, nous continuerons à produire de l'épuisement plutôt que de la vie. Et je crois que beaucoup de femmes sentent aujourd'hui que quelque chose est arrivé à bout. Non pas parce qu'elles sont faibles, mais parce qu'elles sont fatiguées de survivre. Et peut-être que cette fatigue n'est pas un échec, peut-être qu'elle est un appel. L'appel de déposer ce qui ne nous appartient plus. L'appel de retrouver un corps qui n'a plus besoin d'être constamment en état d'alerte ou de répondre aux injonctions de la beauté et patriarcale. L'appel de redevenir pleinement vivante. Et c'est cette intuition, cet élan qui a donné naissance à l'appel de Lilith. Je n'ai pas créé cette retraite pour apprendre aux femmes à être plus fortes loin de là. Elles le sont déjà depuis bien trop longtemps. Je l'ai imaginé comme un espace où les femmes pourront enfin déposer leur armure. Elles ont dû porter pour traverser leur histoire. Grâce au preff work, aux constellations archétypales, aux pratiques symboliques et à la puissance du collectif, nous irons rencontrer ceux qui, dans le corps, continuent de croire qu'il faut tout porter pour être en sécurité. Mais non pas pour devenir quelqu'un d'autre, mais pour retrouver celles qui étaient là avant les injonctions, avant les conditionnements, avant la survie. Parce qu'au fond, selon moi, la véritable question n'est peut-être pas comment continuer à tout porter, mais plutôt, que pourrais-tu devenir si tu n'avais plus besoin de le faire ? Et si cet épisode a résonné en toi, peut-être que tu reconnais cette sensation de porter plus que ce qui t'appartient. Et la première étape n'est pas forcément de tout changer, c'est d'abord de mettre de la conscience sur ce qui agit en toi. C'est aussi pour cela que j'ai créé un quiz introspectif. Quelle part de toi t'empêche encore d'être pleinement libre ? Autrement dit, quelle part de toi t'empêche de te connecter à cet archétype de limite ? En quelques minutes, tu découvriras l'archétype féminin qui influence aujourd'hui tes réactions, tes relations et ta manière d'habiter le monde. Non pas pour te mettre dans une case, mais pour comprendre les mécanismes qui te maintiennent encore en mode survie. Tu trouveras le lien dans la description de cet épisode. Et si... En m'écoutant aujourd'hui, tu sens que ce n'est plus seulement de la compréhension dont tu as besoin, mais d'une expérience qui engage aussi le corps. Alors, j'aimerais t'inviter à découvrir ma retraite L'Appel de Lilith. Cette retraite n'a pas été créée pour apprendre aux femmes à être plus fortes. Elle est vraiment là pour toi. Cette retraite, elle est née pour accompagner ces femmes qui sont fortes depuis beaucoup trop longtemps et qui ont envie de changer. quelque chose dans leur vie. Parce qu'il existe un moment où comprendre ne suffit plus. Le corps a besoin de vivre une autre expérience. Et toutes les informations sont également dans la description de cet épisode. Et d'ici notre prochaine rencontre, prends soin de toi. Parce que prendre soin du vivant commence peut-être par celui qui habite en toi. Nous ne changerons pas le monde en continuant à nous consumer. Le vivant a besoin de nous entiers. Merci à toi d'avoir écouté cet épisode et partagé ce moment avec moi. Si tu as des envies de partage, des réactions, je serai ravie de te lire. Et en attendant, je te souhaite une belle journée. Je t'embrasse.