- Speaker #0
Les gens ils sont allés chez le radiologue qui est de bonne foi. Les gens ils vont avoir une liste de courses, de choses qui vont pas sur leur compte rendu.
- Speaker #1
Si on fait des IRM,
- Speaker #0
on voit de tout.
- Speaker #2
Juste une question un peu pour conclure le sujet, c'est en fait quelqu'un qui se plaint de rien, globalement il doit pas venir au voie. Salut tout le monde, je suis ravi d'être là, c'est un peu mon objectif de 2026, pardon, faire un podcast où on peut partager des choses sur la santé, des choses sur comment vivre mieux et en meilleure santé du coup. Et pour cette première et ce renouveau, je suis avec Kelly sur ma gauche et Roberto sur ma droite. On va parler de sport, on va parler de sportif, on va parler d'accompagnement de blessure, d'accompagnement... pré-saison, pendant la saison, et juste faire le parallèle avec, on va dire, le sportif amateur et monsieur et madame tout le monde. Déjà, un grand merci d'être là. Ça a pas été trop dur de vous ramener parmi moi. Je vais vous laisser vous présenter. Je vais vous présenter par ma gauche. Vas-y, Kéline, je t'en prie.
- Speaker #0
Alors bonjour, merci pour l'invitation. Je sais que c'est quelque chose qui tenait à cœur. Je trouve que l'idée est géniale, donc je suis ravi d'être là et en plus de commencer avec eux. Vous deux, ça me remplit encore plus de joie parce que je sais qu'il y a beaucoup de concepts qu'on partage avec une vision qu'on partage. Donc j'espère que ça va être super intéressant. Je suis Kélil Babaissa, kinésithérapeute depuis bientôt 20 ans, avec une majorité de ma pratique qui se fait dans le sport. Donc une partie dans le sport de haut niveau et une autre partie dans le sport amateur. Monsieur et madame tout le monde. Avec une spécificité d'exercice qui est plus sur l'orthopédie et la traumatologie. Donc le musculo-squelettique. Je prends en charge des patients en cabinet. Mais aussi en club ou pour des fédérations. Notamment la fédération française de golf. Je bosse pour une équipe de volets ici à Fréjus. En probé. Donc ça c'est pour la partie professionnelle. Et puis voilà. C'est déjà bien. Je dois parler un petit peu de ma carrière passée ? Non. Mais je partage un point commun avec Roberto qui travaille au CERS et que j'ai eu aussi la chance de travailler au CERS pendant 10 ans par le passé. Et puis voilà, que ça fait une transition vers toi. Roberto, si tu veux te présenter, vas-y.
- Speaker #1
Bonjour tout le monde. Déjà, merci Yohann pour l'invitation. Je suis très très heureux d'être là parce que c'est un peu la passion qui... de la commune, donc ça me fait très très plaisir j'espère qu'on pourra animer un joli débat je m'appelle Roberto Purello d'Ambrosio donc je suis intervenant avec une famille compliquée médecin rééducateur au CERS de Saint-Raphaël j'ai un passé sportif qu'Élie a oublié de le dire, mais lui aussi il est éthérique bimane moi aussi c'est pour cette raison que je me suis retrouvé en France, j'ai démarré mes études et mon internat ici et je m'occupe surtout presque que vivement, de traumatologie du sport et de rééducation. Je fais partie du bureau de la Société française de traumatologie du sport et je travaille avec le Saint-Raphaël Handball, donc une équipe de première division. Mais j'aime aussi m'occuper des sportifs loisirs, donc de madame et monsieur tout le monde, ce qui peut-être nous motive le plus, je veux dire, pendant nos journées de consultation. Voilà, et merci pour l'invitation.
- Speaker #2
Avec plaisir. Top ! Si jamais vous avez des questions pour savoir pourquoi je les ai invitées, moi je suis cardiologue depuis maintenant une dizaine d'années même, un peu plus, et je suis convaincu que le sport c'est la pierre anguleur pour être en meilleure santé et de vivre un peu plus longtemps que tout le monde. Et en fait ces experts, ils donnent souvent des conseils aux meilleurs, aux sportifs de haut niveau, mais il y a parfois une frontière et... une inaccessibilité à monsieur et madame tout le monde donc l'idée c'est vraiment d'avoir les meilleurs conseils des meilleurs experts pour vous et on va commencer par le bilan pré-saison quelque chose qui moi me concerne en tant que cardiologue mais j'aimerais bien avoir votre ressenti, votre expertise sur comment ça se passe et toujours avec le parallèle avec le haut niveau et le bas niveau mais le loisir On va commencer par toi, pour ne pas faire de jaloux.
- Speaker #1
Il y a quelques différences, mais pas énormément malheureusement, parce que je me suis aperçu dans des clubs semi-pro. On reçoit des joueurs qui sont censés venir avec leur carnet médical, avec leur dossier, qui est très souvent très incomplet. Je ne sais pas si c'est une question d'assurance, de contrat ou autre, mais on découvre des choses lors du bilan médical. Parfois après que le contrat ait été signé. Donc, je parle pas seulement de clubs actuels, parce que j'ai eu la chance de travailler dans d'autres clubs auparavant. Et on se retrouve devant un CV des sportifs. Donc des lésions ligamentaires, osseuses, arthrosiques, toutes les lésions, toutes blessures confondues qui étaient passées un peu à la trappe lors des entretiens pré-saison faits par les dirigeants, plutôt par les staffs techniques et qui devront quand même être pris en charge peut-être pendant la saison pour éviter justement d'avoir des arrêts, d'avoir des abstentions du terrain plus ou moins prolongées. et on est obligé de faire des bilan-présaisons chez les pros. Les sportifs le loisirs ne le font pas, donc ils arrivent très souvent dans ces trottins. Mais il y en a, j'avoue, sportifs le loisirs qui sont quand même acharnés, sportifs confirmés, qui connaissent leur corps, notamment le sportif un peu vieillissant, et quand je dis ça, je pense à partir de 30-35 ans, parce qu'on a déjà une certaine maturité sportive, on a déjà de l'expérience, des gens qui préfèrent prévenir. Il y en a qui viennent consulter parce qu'ils veulent se lancer dans une nouvelle compétition, un nouveau défi, parfois dans la même discipline, parfois dans une autre discipline. Elles veulent savoir un peu plus. Elles veulent savoir s'ils sont aptes à le faire. Donc, c'est vrai, souvent, c'est une question qu'ils viennent te poser. C'est souvent la tolérance aux efforts qui nous intéresse. C'est parfois aussi chez moi, me dire, écoute, moi, j'ai eu ce type de lésion et autres. Est-ce que tu penses que je vais tenir le coup ? Est-ce que tu penses que je pourrais encaisser ? Et là, je pars avec ma batterie de test. plus ou moins spécifiques pour essayer de lui apporter une réponse, en sachant que très souvent, c'est très prévisionnel.
- Speaker #0
Je peux rebondir sur... En fait, il y a plein de sujets que tu viens d'évoquer avec lesquels je suis d'accord. Je vais même aller un peu plus loin. Déjà, et tu l'as souligné, je trouve qu'il y a des pros qui se comportent comme des amateurs et tu as certains amateurs qui se comportent vraiment comme des professionnels. Et ça, c'est vrai. Et de ce fait, le sujet qu'on traite, il est plutôt poreux parce que tu peux vraiment être surpris, parfois en effet, de l'implication que va avoir un monsieur et madame tout le monde et très déçu parfois par certains sportifs qui sont censés être professionnels et qui, au final, arrivent, comme tu disais, avec des bilans incomplets, des fois des motivations qui ne sont pas vraiment bonnes. Et en ce qui concerne le bilan de présaison, il y a deux choses. Je pense en effet le bilan d'aptitude qui te concerne peut-être même plus toi avec les bilans cardio etc. Pour être sûr, pour pouvoir détecter les grosses pathologies éventuelles qui pourraient poser un problème qu'on a vu à un moment donné dans le foot là où il y avait beaucoup de morts subites chez les footballeurs etc. Et un petit peu, et ça c'est en plus notre partie je pense avec Roberto mais tu me diras si t'es d'accord ou pas avec ce que je dis, c'est... Cette volonté de prévenir une hypothétique blessure qui pourra arriver dans la saison. Et ça, je trouve que c'est beaucoup plus compliqué pour nous à prévoir.
- Speaker #2
Du coup, comment vous faites ? Parce que moi, je suis clairement dans la cible. J'ai 35 ans, je me rends compte que je n'ai pas le corps de 20 ans, je me suis blessé 2-3 fois. Et du coup, qu'est-ce que tu... fais et qu'est-ce que tu conseilles pour ce genre de personnes qui anticipent une éventuelle blessure, des blessures déjà présentes et éviter qu'elles récidivent ? C'est quoi les top 3 à penser ?
- Speaker #0
Alors, c'est vraiment cet objectif de pouvoir détecter et de voir dans le futur qui va se blesser. Roberto, tu pourras peut-être le dire aussi, dans toute la littérature scientifique qu'on peut éplucher, pour le moment, on n'a pas réussi à trouver de vrai facteur. C'est-à-dire quelqu'un qui arrive avec une page blanche et qui te dit « Est-ce que dans deux mois, trois mois, je vais avoir telle ou telle pathologie ? » Tu peux faire toutes les batteries de tests que tu veux, tu n'as aucune certitude sur le fait que tu vas pouvoir la détecter. Sauf si, et en fait c'est le seul facteur qui permet de prévoir une blessure dans le futur, c'est que la personne a déjà été blessée. C'est le seul facteur, voilà. tu viens, tu as déjà eu une entorse de cheville avec une problématique de cheville, ça, on sait pertinemment que ça va te créer une... Alors, c'est une probabilité, on ne peut pas faire le raccourci de dire tu as eu une entorse de cheville une fois, tu auras nécessairement un problème de cheville, mais tu as plus de probabilités que quelqu'un d'autre d'avoir une entorse de cheville. Donc là, on peut mettre des choses en place. Mais je dirais, c'est la seule chose qu'on peut faire. Après, la prévention, dans un sens un peu plus global, on va peut-être enfoncer des portes ouvertes, mais c'est l'hygiène de vie, c'est un bon sommeil, une bonne alimentation, être régulier dans ses efforts. Je ne suis pas d'accord. Il n'y a pas de recette. Oui, il n'y a pas de recette. Je vais peut-être décevoir tout le monde ici en me disant ça. Je suis désolé, mais on n'a pas de recette.
- Speaker #1
quelque chose, on a un peu de cristal qui nous dira, écoute, tu vas développer ça dans six mois, c'est les antécédents qui vont nous guider. Parfois, on peut avoir certains morphotypes qui peuvent nous guider, quelqu'un qui se lance sur un sport de course, j'utilise un peu la foulée, la marche, s'il y a un vis statique ou dynamique, un pied plein, un pied creux, je peux peut-être suggérer un appareillage, un semelle orthopédique. ou peut-être quelque chose d'instrumental, une échographie ou autre. Mais il y a des gens qui arrivent déjà avec une IRM du dos, des échos de chéviot, ce n'est pas mal. Ils ont fait des examens, ils me disent, ah, parce que j'ai vu que, et je prends d'habitude tout ce qu'ils me donnent, je laisse au secrétariat, je dis ça, on verra après. Si ce n'est pas une source de douleur, une source de symptômes, ça ne m'intéresse pas du tout de voir qu'il a une hernie lombaire qui ne s'est jamais manifestée. Ce n'est pas pour autant que je vais lui interdire la course. C'est vraiment une appréciation clinique. Je me fie plutôt au sens clinique et au passé du patient, du sportif, que je peux lui conseiller ou pas une activité bien rectifiée et quel type de protocole mettre en place pour y arriver. Comme tu disais, par exemple, la régularité. de la pratique sportive et aussi la progression progressive du volume des efforts qui va s'imposer qui l'amènera ou pas vers son objectif top je voulais rebondir parce que c'est hyper intéressant ce que tu dis je veux
- Speaker #0
enrichir parce que quand tu parles il y a deux choses qui me viennent et puis je pense qu'il y a des choses qui sont importantes à dire aux gens notamment ce patient qui arrive déjà avec une batterie test, moi je passe mes journées à dire aux patients qu'il faut sortir du rapport entre l'imagerie et le symptôme. On a beaucoup de gens qui pensent qu'en ayant fait une radio, on peut tout voir, tout détecter et que c'est le seul critère qui va être important à prendre en compte pour pouvoir évaluer son état. Ben ça non, c'est faux en fait, c'est juste un outil supplémentaire. pour guider notre clinique, aux cliniciens ou au kiné, à prendre des décisions, ou à tirer des diagnostics, ou à orienter une rééducation. Mais c'est un message qui est important à passer aux patients, c'est qu'on ne traite pas des radios, on traite des gens avec des symptômes et des signes, et il faut arrêter de focus absolument sur ces imageries. donc ça c'était le premier point sur lequel je voulais enrichir et le deuxième point, et t'as raison c'est hyper intéressant c'est la progressivité de la charge mais d'une certaine manière nous en tant que médicaux, kinés, médecins on n'a que valeur de conseil là-dessus parce que souvent c'est plutôt la charge soit de l'entraîneur et soit du préparateur physique donc quand on est dans des clubs professionnels c'est assez facile parce qu'on entretient des relations très étroites avec eux et on peut avoir notre mot à dire mais quand on est chez des sportifs amateurs souvent qui viennent nous voir dans nos cabinets qui n'ont pas accès à nous tout le temps par téléphone parce qu'on ne peut pas répondre à tout le monde là c'est un petit peu plus dur de respecter cette charge, cette progression souvent des fois les gens trouvent des trucs sur internet qui ne sont pas pertinents ils peuvent faire des erreurs aussi Donc on a peut-être un rôle à jouer d'ailleurs là-dessus, mais c'était un point marrant.
- Speaker #2
C'est bien, j'adore cette question parce que du coup moi je suis pas peut-être complètement à l'opposé, mais du coup moi mon approche en tant que cardiologue, et tu l'as très bien dit, c'est d'évaluer la probabilité qu'il se passe quelque chose, un événement cardiovasculaire. Sauf que moi, majoritairement, les patients ils sont... toujours asymptomatique. Et en fait, ça fait mon rôle d'évaluer justement la probabilité d'avoir principalement une maladie coronaire pour éviter l'infarctus pendant l'effort ou même après l'effort ou avant l'effort. Et donc, je trouve là où vous basez beaucoup sur les symptômes, moi, je me base uniquement sur les antécédents et sur les facteurs de risque cardiovasculaire. Et en fonction de ça, je vais décider si jamais il y a des examens complémentaires à réaliser. et bien sûr par contre s'il y a un symptôme cardiologique, douleur dans la poitrine ou palpitations ou autre, ça ça va me donner direct des... On peut red flag des drapeaux rouges pour dire ok on va directement voir ça, si, ça. Mais moi même avant, ce que je conseille c'est après surtout une reprise de sport 35 ans. c'est d'avoir un bilan cardiaque avec plus ou moins une épreuve d'effort pour s'assurer justement qu'il n'y ait pas d'anomalie. Moi, je n'avais pas cette notion de... Typiquement, moi, j'aurais été le premier patient pour un petit pet de travers. J'ai eu un problème de cheville et tout. De dire, ok, je viens avec une IRM d'échographie et dire, ok, qu'est-ce que vous en pensez ? Et en fonction, on dévalue la saison.
- Speaker #1
c'est ça qui fait un peu aussi notre complémentaire heureusement non mais c'est assez intéressant je serais capable de filer les claques sur tout le monde allez-y après aller chercher avec le coroner le lendemain ça serait moins drôle et tu vois si je devais pousser plus loin je
- Speaker #0
dirais même que parfois les gens qui viennent avec des images avant qu'on les ait eues en clinique et bien ça nous complique la chose ça nous complique la vie parce que Les gens, ils sont allés chez le radiologue, qui est de bonne foi. Alors, je m'excuse auprès des amis radiologues. J'espère que je ne vais pas me faire d'ennemis. Mais ils vont aller chez le radiologue, qui ont des machines de plus en plus puissantes, qui voient de plus en plus de trucs. Le radiologue, donc, il va être sur sa console. Il va voir plein de déformations, de trucs, etc. Il va le noter sur son compte rendu. Donc, les gens, il va avoir une liste de courses, de choses qui ne vont pas sur leur compte rendu. et ils vont passer leur par exemple la radio le vendredi toi tu vas les voir le lundi il se bute tout le week-end pour lire le truc s'inquiéter exactement se stresser et devenir enfin complètement paranoïaque parfois et on sait en plus pertinemment enfin ça a été prouvé que entre ton niveau de stress et des symptômes et une corrélation directe donc plus tu es stressé et plus tes symptômes vont se déclencher être grave de paraître et C'est en ça que je dis que parfois, il vaut mieux que ton patient arrive sans cliché. Au moins, tu es plus tranquille et tu peux travailler plus sereinement. Je ne sais pas si tu as la même vision des choses.
- Speaker #1
Complètement. Et j'ai pensé à quelque chose qui s'est produit, heureusement, il y a une dizaine d'années. Comme Yann, il aura vu aussi les différents pays, les différentes fédérations, les différents protocoles de bilan de présaison. Donc l'examen de la personne de faire un ECG au repos, ou plutôt d'effort, il a 40 ans, il a 39 ans, mais si je suis au Canada, il faut que je fasse un 30 ans, c'est très très variable. On essaie quand même d'aller grosso modo dans la même direction. Je reviens un peu aux examens d'imagerie. La Fédération française de rugby a essayé de mettre en place, de faire un vrai tri sur les IRM de la schiste cervicale du rugby mal, des premières lignes. Si on fait des IRM. On voit de tout, surtout sur une première ligne. Il y a des canabés 3, des hernies, des becs arthrosiques. Il y a vraiment de tout. Et il y a parfois des piliers qui n'ont rien du tout. Généralement, des IRM qui sont incompatibles avec le jeu. Du coup, les assurances sportives ne les prennent pas en charge. Les rangeants ne pourront rien faire pour eux parce que des équipes ne vont pas les prendre. Du coup, la FEDA essaie de mettre en place des vrais critères radiologiques décisionnels. Si tu n'as pas l'item A plus l'item B, Merci. pour un premier même un top 14 ok tu les as tu peux pas jouer en top 14 un pro de 2 donc c'était bien standardisé auquel jour parce que on peut pas suffit et qu'on peut uniquement aux irm c'est bien c'est la clinique ok mais du coup ma question c'est c'est quoi la différence entre entre eux enfin dans le top 14 et les règles de la mêlée peuvent changer ok d'accord ok on a un droit un certain type de poussée, un certain gap territorial dans votre poussée. Alors que dans les catégories mineures, tu n'as pas le droit au même impact et à la même poussée.
- Speaker #2
Ok, trop bien. Juste une question un peu pour conclure le sujet. C'est quelqu'un qui se plaint de rien. Globalement, il ne doit pas venir au voir. J'ai poussé la question. J'ai fait exprès.
- Speaker #1
Je ne me perds rien. Pas forcément.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Parce que selon la pratique qu'il aimerait. pratiquée, à laquelle il aimerait évoluer, il y a des choses. Au bord de tir, ou d'armée, ou de lutte, ou de course, c'est important d'évaluer des éventuelles hyperlaxités, des asymétries articulaires qui peuvent t'exposer éventuellement à des entorses, si on parle de membres inférieurs, on parle des chévis, par exemple, des chévis potentiellement instables, parce qu'on a une hyperlaxité constitutionnelle ou acquise. au cours de certains micro-macro-traumatismes, peut ne pas être vraiment compatible avec quelqu'un qui veut faire de l'ultra-trail. Au bout de 60 km de fatigue, ses capacités de réaction et de préposéctive commencent à diminuer. il y a un risque d'intorsion, effectivement. Donc pourquoi pas le mettre en évidence en amont et essayer de prévenir des éventuels traumatismes.
- Speaker #0
Ouais, je... Je vais parler de mon expérience personnelle, parce que, comme Roberto le soulignait tout à l'heure, moi j'ai commencé dans le rugby, où c'est plutôt de la médecine de guerre, pour prendre les termes d'un pote qui dit ça. Et là, à l'heure actuelle, je suis dans le golf. Enfin, le grand écart, je crois que l'on ne prend pas compte, quand même. Et souvent la question qu'on me pose c'est qu'est-ce que tu fais dans le golf, finalement il n'y a pas de blessure ? Alors il n'y en a pas tant que ça, même si c'est un sport où il y a vraiment un entraînement à répétition qui fait que finalement ça paraît fou de prendre un club et de tirer une balle, mais il faut voir que les gars ils font ça 200 fois par jour. Tous les jours. Exactement, tous les jours 200 fois par jour, donc ça déclenche ce qu'on appelle des overuse injuries, excusez-moi pour l'anglicisme, mais c'est des pathologies de surutilisation. Mais du coup, j'ai dû un petit peu changer mon logiciel quand je suis rentré dans le golf et je me suis rendu compte au final qu'on pouvait avoir aussi un rôle sur l'amélioration de la performance. Comme tu disais, c'est un sport de tir où les amplitudes articulaires sont très très importantes, là où on est vraiment dans le détail. Alors en plus, pour le coup, les golfeurs dont je m'occupe, le moindre détail compte, etc. Et parfois, comme tu disais, cette petite amplitude d'épaule de 5 degrés qui te manque du côté droit. ne te permet pas de jouer comme tu as envie de jouer, de faire le geste comme tu as envie de faire et de mettre la balle où tu as envie de la mettre. Et là, il y a des demandes des fois du coach, je vais me dire, est-ce que tu ne veux pas l'évaluer parce que son mouvement, il n'est pas bon, il n'est pas pur ? Est-ce que tu ne veux pas regarder s'il n'y a pas quelque chose à son épaule ? Des fois, il y a. Et des fois, mon rôle aussi, c'est juste de dire, anatomiquement, il n'est pas capable d'opérer à la demande que tu lui fais techniquement. Donc laisse tomber, arrête d'essayer de lui apprendre ce truc, tu ne peux pas. Et des fois, c'est ok, anatomiquement, il pourrait faire ce que tu lui demandes. C'est juste que toi, en tant que coach, il faut peut-être que tu passes par une voie différente, un exercice différent pour lui apprendre le truc. Et ça, c'est une grosse demande que j'ai notamment dans le golf. Je pense qu'on peut transposer ce genre de démarche à d'autres sports, à mon avis. Alors là, je ne vois pas lesquels parce qu'on n'y a pas réfléchi. Si vous en voyez un, peut-être que vous pouvez m'aider. Mais en tout cas, moi, j'ai cette expérience-là aussi, où mon rôle, il est passé vraiment de réparer des corps blessés et meurtris à préparer des corps sains à aller vers plus de performance.
- Speaker #1
Ce qui n'était pas du tout le rôle du kinésithérapeute. Il était un mec.
- Speaker #0
Qui n'était pas du tout... Le rôle du kinésithérapeute, tu as raison, mais on se rend compte aussi de plus en plus qu'on commence à avoir dans nos domaines de compétences, à tout un chacun, le médecin et le kiné, le kiné et le prépa, le prépa et le médecin, des zones de superposition. alors des fois c'est super des fois ça peut être aussi compliqué parce que quand t'as des zones de superposition avec quelqu'un qui a la même vision que toi c'est génial mais quand t'as des zones de superposition avec quelqu'un qui est dans une autre philosophie du soin ou du sport ça
- Speaker #2
peut être compliqué effectivement j'avais pas cette notion de performance du coup moi honnêtement quand je vous ai invité c'était plus la notion de prévention de savoir quoi faire pour éviter mais cette notion de performance je ne savais pas que tu pouvais être une une pièce du puzzle pour que le sportif performe moi c'était juste globalement si ça va pas ou s'il y a un truc qui va pas ok on fait appel à toi ou après on rétablira tout mais non côté performance j'avais pas idée mais c'est cool c'est trop bien moi je
- Speaker #1
Ce qui le dit de façon un peu voilée c'est aussi le rôle du kinect, etc. dans l'accompagnement, le rôle de la présence au sein d'une équipe, au sein de... C'est le deuxième sujet,
- Speaker #2
c'est trop bien. C'est trop cool.
- Speaker #1
...à côté de l'athlète, parce qu'il y a aussi le côté psychologique de l'athlète, c'est envie de prendre un risque, de vouloir se demander le truc de plus qui fera peut-être une excellence dans son geste sportif ou au contraire un échec et une blessure, mais on l'aura préparé ensemble. On aurait essayé de voir cette cible, de l'imaginer ensemble et de pouvoir l'attendre. Et ça, effectivement, ce n'est pas simplement l'équipe qui veut avoir un libéral, qui veut avoir une demi-heure. Effectivement, c'est l'équipe qui tout connaît, qui essaie de comprendre quelles sont tes ambitions, de t'y amener.
- Speaker #0
En effet, mais là, ça pose la question des moyens qu'on a dans le sport. Parce qu'on a oublié de le préciser au départ aussi. C'est-à-dire qu'on a parlé de sport professionnel ou de sport de haut niveau, et pour moi, il y a deux choses différentes. C'est-à-dire que tu peux avoir des sports de haut niveau... Tu as des moyens d'amateur aussi, et ça, on a tous vu, parfois, et à l'inverse...
- Speaker #2
Ça, j'étais choqué d'ailleurs.
- Speaker #0
Ouais, et à l'inverse, tu as des sports où il y a énormément de moyens et tu peux tout te permettre, des fois même des excentricités qui...
- Speaker #1
Pas de similitude.
- Speaker #0
Ouais, qui sont pas justifiées, ou tu... Vraiment, des fois, il y a des sports où il y a de l'argent à gaspiller, et ça fait parfois même rentrer du charlatanisme un peu dans le... dans le staff, avec toujours la recherche de la nouveauté, etc. Et donc, le fait de pouvoir prendre son propre kiné perso pour faire de l'augmentation de la performance, clairement, ces gens-là, je ne les ai pas au cabinet tous les jeudis. Parce qu'ils font des moyens et puis les gens... Ou alors c'est des gens qui ont des grosses situations et qui sont vraiment passionnés dans leur sport et qui ont envie de le faire.
- Speaker #2
Mais après, tu vois aussi qu'il y a, moi je le vois aussi, il y a quand même une tendance à la professionnalisation. C'est-à-dire que si on prend une catégorie un peu CSP+, ils ont compris que le sport était vraiment une pièce importante de leur santé. Ils n'hésitent pas à s'y mettre de l'argent pour un accompagnement un peu sur mesure. Et du coup, ça me fait un peu basculer sur l'accompagnement. Moi, perso, en tant qu'cardiologue, Je les vois en présaison et après, normalement, je ne les revois pas après, à part si, malheur, qu'on ne va pas souhaiter. Mais voilà, vous, comment ça se passe pour, on va dire, le sportif sain sur sa saison professionnelle ? Vous les voyez à quelle fréquence ? Vous faites attention à quoi ? Si jamais il y a des petits détails que vous pouvez nous partager.
- Speaker #0
ça va beaucoup dépendre du sport et de la temporalité de la saison je vais prendre l'exemple du volley qui est une saison régulière avec un match quasiment tous les week-ends qui commence en grosso modo septembre et qui finit fin mai avec une trêve au mois de décembre. C'est à peu près tous les sports collectifs sont comme ça. Tu vas prendre le handball, le foot, etc. C'est à peu près tout. Tu as grosso modo toujours la même temporalité qui va être de talmage, soit le samedi, soit le dimanche. Le retour, quand ils jouent à l'extérieur ce jour-là, ils vont arriver le lundi. Et ce qu'on va essayer de mettre en place, c'est un créneau grosso modo de soins. ou de vision du lundi début de semaine pour évaluer les pépins éventuels du week-end. Alors ça, c'est fait dans les clubs professionnels, mais ça peut être mis en place aussi chez les sportifs amateurs. Je me suis occupé pendant longtemps du club de rugby local Le Carrefour, pour ne pas le citer. Salut les copains. Et on procédait comme ça. Les gars, ils t'appelaient. Est-ce que tu peux passer ? Tu fais un petit peu de place sur ton agenda pour voir les copains. Et après, tu réorientes. Est-ce que tu as vraiment besoin que je te revois dans la semaine ? Et dans ces cas-là, tu les revois une, deux, trois fois dans la semaine jusqu'au dimanche s'il y a la possibilité de rejouer ou pas. Ça, c'est le premier exemple. Puis après, tu as d'autres sports avec des gros objectifs. On va prendre, je ne sais pas, les triathlètes, les marathoniens, les sprinters où ils vont avoir trois, quatre, cinq grosses échéances dans la saison où là, ta temporalité est complètement différente. Tu as moins cette urgence. hebdomadaire, de devoir gérer vite, rapidement, mais par contre, tu as plus de pression. C'est-à-dire qu'une blessure qui survient 3 semaines, 15 jours avant l'arrivée d'une de tes échéances majeures pour laquelle tu t'es préparé depuis 6 mois, ce n'est pas pareil que quand tu dis à un joueur de handball, par exemple, « Ok, ce week-end, tu ne joues pas, mais ce n'est pas grave, on a une trêve et tu pourras reprendre dans 15 jours, 3 semaines. » Parce que... la saison est longue et que tu as 20-25 matchs pour te rattraper.
- Speaker #1
Dans les sports courts, encore une fois, on peut se permettre d'anticiper, presque de prévoir un peu. On sait qu'on a un enchaînement de matchs, d'échéances, qui fait qu'en novembre, on a la plupart des blessures. Novembre, c'est une période qui est extrêmement dense, comme fin février-mars, parce qu'on a eu des coupes internationales, des matchs à l'extérieur, il y a très peu de trêve. Et c'est le moment où les créneaux d'urgence sont toujours pris. Donc effectivement, comme Kelly, moi aussi je suis organisé avec les créneaux d'urgence le lundi soir et le mardi soir pour tout ce qui est aussi échographie osse articulaire. C'était difficile de leur faire comprendre qu'il faut attendre deux jours avant de partir parce que la porte...
- Speaker #0
Tu peux peut-être expliquer pourquoi d'ailleurs, parce que ça c'est une info importante pour les gens. Oui, clairement. Excuse-moi,
- Speaker #1
je ne veux pas te...
- Speaker #0
Je te laisse la question.
- Speaker #1
La lésion tendineuse et la lésion musculaire ne se manifestent pas immédiatement. La clinique, elle est immédiate, certes, mais là, je parle d'ultrasonographie, donc de l'échographie. Il faut du temps pour pouvoir avoir des altérations de l'échogénicité des tissus. Donc, la réponse qu'on voit ensuite à l'écran, pour qu'on aille à une hypervascularisation, pour qu'on aille à l'alimentation, pour qu'on aille... une belle lésion musculaire, une belle flaque d'une hémorragie musculaire, il faut un peu de temps aussi. Parce que je risque juste de leur dire, c'est pas très bien, va courir.
- Speaker #0
Il va y avoir un faux négatif.
- Speaker #1
Et donc, sport collectif, c'est peut-être plus facile. Depuis que je suis dans le Sud, j'ai découvert la beauté du triathlon. Parce que l'année, il fait beau. Les pros. sont peut-être plus faciles à gérer que les triathlètes loisirs. Il y a une échéance tous les week-ends, tous les mois, c'est la compétition de leur vie, et la blessure est très difficile à accepter, parce que j'ai l'impression qu'il y a une recherche de performance qui est constante, et que tout arrêt, tout mise en stand-by, même si nécessaire pour guérir, ça veut dire régresser, ça veut dire l'échec. Donc psychologiquement, c'est très difficile à accepter. Je ne sais pas toi, mais moi, je me suis senti coupable pendant des années à devoir annoncer une blessure comme si c'était de ma faute. Mais en réalité, je commence à me dire que ce n'est peut-être pas le cas. On se le dit souvent avec mon collègue Basile. On a travaillé avec lui pour le hand. Mais il a un croisé. C'est la patience.
- Speaker #0
C'est la patience.
- Speaker #2
Alors oui. Peut-être nous moins que toi, parce que le diagnostic c'est ton métier, et puis nous c'est plus le soin. Alors même si de temps en temps ça nous arrive de développer un sens diagnostic à force, etc. Et puis dans les clubs amateurs, il n'y a pas toujours de médecin dispo, donc en tant qu'iné parfois tu es amené aussi à devoir poser des diagnostics, et puis de toute façon ça fait partie de notre formation et aussi un petit peu de nos compétences, de poser, alors pas des diagnostics médicaux, mais des diagnostics kinés. Cette culpabilité elle est terrible, parce que c'est vrai que tu as affaire à... Tu dois annoncer à quelqu'un que le truc pour lequel il s'est préparé depuis un moment, ça tombe. Et il faut souligner quelque chose aussi. Pour les sportifs amateurs, tu dois conjuguer des quantités d'entraînement qui parfois sont quasiment similaires à celles des pros. Peut-être pas avec les mêmes intensités, les mêmes vitesses, les mêmes chocs, etc. Mais en termes de temps, c'est la même chose. Avec une vie professionnelle parfois bien remplie. Je veux dire quand tu es pro tu t'entraînes, tu rentres chez toi, tu fais une sieste, si tu es équipé tu mets les pieds dans les bottes de presseau ou dans le game ready pour récupérer, c'est magnifique. En plus ton entraîneur ou la FEDE t'a fait ton petit plan de nutrition, donc tout est parfait. En fait ça revient à ce qu'on disait en départ, c'est que quand tout est bien fait tu as moins de chances de te blesser mais quand... Tu as bossé, je ne sais pas moi, dans le bâtiment, tu as dû aller chercher tes enfants à 17h à l'école en courant, tu arrives, tu t'entraînes, tu te changes dans ta voiture, tu commences la session, tout de suite, ton niveau de stress, ton niveau de fatigue, il n'est pas le même. Et ton corps, ça, il est très très sensible. Et tu n'as plus les mêmes possibilités d'adaptation, tu n'as plus les mêmes facultés d'accueillir un effort. Et je dirais que c'est en ça... ou l'amateur entre deux niveaux alors pas le loisir qui fait sa petite compétition sans vouloir vraiment avoir de résultats mais vraiment celui qui est entre deux quoi l'amateur bon niveau pour moi je suis d'accord avec toi c'est le plus difficile à gérer parce
- Speaker #0
que en plus non mais c'est trop bien parce que du coup c'est vraiment à eux qu'on s'adresse ah oui complètement du coup franchement moi ça résonne tellement ce que tu me dis parce que je suis en plein dedans, j'ai préparé des courses et tout et effectivement le volume d'entraînement avec la vie pro parfois c'est juste un enfer et c'est là d'ailleurs où je me suis blessé. Et donc du coup justement pour préparer ce volume, moi c'est pas un secret mais je suis, enfin j'étais approché pour dire ok qu'est ce qu'il faut faire pour que justement je me blesse moins et tout justement sur l'accompagnement avec ces séances et tout on parle beaucoup. Toi qu'est-ce que tu conseillerais pour quelqu'un, ce sportif amateur qui fait entre 4 et 8 heures de sport par semaine, de venir te voir, de ne pas venir te voir, de réfléchir, d'avoir une équipe autour de soi ? Qu'est-ce que tu as pour faire pour maximiser l'absence de blessures et pourquoi pas la performance ? tout en naviguant les règles de facturation et de la sécurité sociale.
- Speaker #2
Je n'ai pas compris le dernier élément.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut venir te voir en prévention, avec la terminale, ou si jamais c'est un vrai perso ?
- Speaker #2
Je commence par le premier volet. A mon sens, le premier volet, tu ne te blesses pas quand tu t'entraînes bien. Et je dirais, allez, c'est un pourcentage, là, c'est pas une étude scientifique que j'ai faite, je dirais que 80% à 85% des blessures, c'est très très souvent une erreur d'entraînement. Une erreur de dosage de l'entraînement, à mon sens, à la louche. Donc ça nous amène à se dire que la planification de l'entraînement a parfois été mal faite. ou pas bien faite, ou n'a pas pris en compte tous les éléments, ce qu'on vient d'évoquer. Parce que quand tu es coach et que tu donnes un plan d'entraînement à quelqu'un, à Yohann qui a vué par exemple, tu ne sais pas que cette semaine-là, il a eu trois réunions par en prof, que machin, c'est hyper difficile à évaluer ça. Je dirais qu'il faut bien choisir la personne qui nous crée le plan d'entraînement Co-construire le plan d'entraînement avec... son entraîneur ou son coach pour moi c'est c'est un des secrets un des facteurs qui fera que tu seras capable de décharger un petit peu quand tu sens truc deuxième facteur c'est un plan d'entraînement c'est grosso modo une ligne qu'on te donne avec une certaine épaisseur de traits tu dois pouvoir jouer un petit peu sur cette épaisseur de traits et quand on te dis tu dois courir 10 km à attendre km heure ou à telle allure Oui, sur le papier, tu peux le faire. Mais si aujourd'hui, tu as mal dormi parce que ton fils s'est réveillé quatre fois, peut-être que tu peux soit décaler ta séance, soit revoir tes objectifs un peu à la baisse selon ton feeling. Et je pense que c'est un des secrets, c'est de ne pas rester scotché sur le plan et le respecter à la lettre et comprendre que l'entraînement, en fait, la constance de l'entraînement, c'est t'entraîner avec ta forme du jour.
- Speaker #0
C'est méga important.
- Speaker #2
Ah oui, c'est super important.
- Speaker #0
Parce que moi, j'ai mis énormément de temps à l'apprendre. Enfin, à le concevoir. C'est vraiment... Je pensais que pour avoir justement de la performance, c'est peu importe... En gros, comment tu te sens et tout, si jamais c'est écrit et qu'il faut faire tant, eh bien, juste, il faut faire tant. Même si, justement, t'as un enfant bas âge et que t'as dormi 4 heures par nuit et que... Mais je pense que c'est important que les gens l'entendent. Parce que moi, j'ai... Encore maintenant... C'est vraiment... C'est horrible.
- Speaker #1
Pendant mes études de médecine du sport, je me rappelle les trois piliers que vous avez appris, et ça m'est toujours resté dans la tête, c'est qu'un protocole d'entraînement peut être toujours adapté, personnalisé et progressif. Progressif, ça veut dire que c'est plutôt évolutif peut-être, parce qu'il faut qu'il s'adapte à la personne. Et encore une fois, Johan, il n'a pas les mêmes journées du sportif pro, pour qui tout est maîtrisé. Il va juste suivre le canevas. C'est très compliqué à faire aussi, vraiment très difficile. Ce n'est pas plus facile la vie d'un sportif professionnel. C'est beaucoup plus difficile pour toi ou pour le professionnel tout court qui évolue dans un autre domaine que le sport. Il faut savoir accepter qu'on n'est pas des machines parfaites et qu'on a besoin de récupération, qu'on a besoin d'adapter l'hydratation, l'alimentation. C'est vrai qu'il faut un accompagnement. C'est un corps médical et paramédical qu'il faut avoir tout autour. Il faut avoir aussi du bon sens. Et la maturité sportive vient aussi, comme tu as dit, au moment où tu arrives à accepter. Je ne suis pas en forme aujourd'hui, je vais faire une contre-performance. Parce qu'on le voit avec les sportifs pros, on le voit avec les militaires, qui ont quand même des charges mentales et physiques extrêmement importantes. Le barnaud physique, donc le sur-entraînement, il est là. Il est derrière le camp pour tout le monde. Donc si on dose bien les choses, la performance restera un virage.
- Speaker #0
Désolé, je t'ai coupé.
- Speaker #2
Pas du tout. T'as enrichi. Le deuxième volet dont tu me parlais, c'était cette prise en charge par la Sécurité sociale. Il existe dans la nomenclature de la Sécurité sociale, donc prévu par le Code de la Sécurité sociale, des actes de prévention qui doivent être faits sur prescription médicale. Je ne veux pas dire de bêtises, je crois qu'il y a un cadre vraiment réglementé là-dessus. En tout cas, moi, je n'en ai pas beaucoup. Nous, en tant qu'innés, on a plus. la prescription ou une réglementation prévue par la Sécurité Sociale chez quelqu'un qui s'est blessé. Pour autant, quelqu'un qui veut vraiment investir dans sa santé et se présenter chez un kiné en disant « j'aimerais avoir des conseils, etc. » pour pouvoir bien performer, il peut carrément se présenter chez un kiné et régler sa consultation. Par contre, il ne sera pas remboursé dans le cas de la Sécurité Sociale. il faut faire attention parce que maintenant tu as certaines mutuelles qui prennent ça en charge selon ton niveau de contrat une mutuelle c'est rien d'autre de plus qu'une assurance donc selon le niveau de contrat que tu prends il peut y avoir des actes de prévention comme ça qui sont pris en charge c'est
- Speaker #0
important de le dire parce que je voulais que tu le dises ça justement parce que je remarque que les gens parce qu'ils n'ont pas d'ordonnance et justement parce qu'il n'y aura pas ce remboursement de la sécurité sociale, ils pensent qu'ils n'ont pas le droit de voir un procédé de comptabilité Alors que non, en fait, si jamais vous en sentez le besoin, ça reste indiqué et vous pouvez, vous, de votre propre chef, considérer que vous avez besoin d'une séance de kiné toutes les deux semaines ou tous les mois. Et pour éviter de vous blesser et être en bonne santé, c'est totalement possible.
- Speaker #2
ne serait-ce que pour discuter de ce dont on vient de parler. C'est-à-dire, je pense qu'il y a une explication avec une petite courbe que je dois faire six fois par semaine, mais vraiment, c'est ce qu'on appelle la quantification du stress mécanique, dont j'avais déjà parlé, dont je vous avais déjà parlé, qui est un concept qui a été développé par la Clinique du Coureur, Blaise Dubois, enfin bon bref, qui a repris plein d'autres travaux, et qui explique justement la progressivité... de l'effort mais rien que d'aller chez son médecin ou chez son kiné pour qu'on lui explique ça c'est déjà un acte de prévention en soi par contre c'est vrai que on n'a pas de technique magique ou secrète ils feront que on pourra détecter ça a été tenté par des protocoles tu te rappelles les protocoles fms functional movement screen c'était un protocole qui avait été développé par un américain et qui pardon qui est évalué sur sept mouvements un peu mouvement d'haltérophilie, équilibre, tu vois, cet mouvement fonctionnel. Et chaque mouvement était noté sur 3 points, et qui donnait un score de 21, sur 21, pardon. Et il avait émis l'hypothèse que si tu avais un score en dessous de 14 sur 21, tu étais plus propice à avoir des blessures. Ça a été une espèce de révolution ces années 2000-2010. C'était une espèce de révolution, tout le monde s'est jeté dessus en disant « Ah c'est bon, on a trouvé le secret pour trouver qui va se blesser » . Bon, et après ça a été démenti, il y a eu d'autres études qui ont été un petit peu plus poussées, qui ont annulé le truc. Pour autant, c'est quand même un test intéressant parce que tu vois bouger les gens, etc. Tu vois comment ils font un squat par exemple, et rien qu'en faisant un squat, tu peux voir s'il y a des petites restrictions de mobilité et tu peux peut-être travailler là-dessus aussi. Même le fait d'avoir une restriction de mobilité ne veut pas nécessairement dire que dans cette articulation tu te blesseras. On ne peut pas faire ce raccourci-là.
- Speaker #1
Je pensais qu'il y a un chirurgien de l'épaule qui opère à Nice, qui fait beaucoup de publications, qui a beaucoup d'expérience et d'expertise là-dessus. Il connaît tout de l'épaule, l'épaule articulaire, l'épaule tendineuse, tout. Mais sa visite de contrôle, je la trouve vraiment fascinante. Lui, il fait son test. Mais à la fin, il te fait un courrier en disant, le patient est là ce jour au 60%. Et il le dit parce que c'est le patient qui le dit. La seule question qu'il lui pose, vous vous sentez à combien entre 0 et 100 ? 65. Eh bien, vous êtes à 65%. Vous n'êtes pas prêt. Et ce n'est pas du tout le test de l'articulation qui va lui dire. Et c'est pour ça que, certes, il y a ce que le corps nous dit. Et il y a aussi, si on parle du patient, ce ressenti, les deux choses sont toujours très liées. Et donc, ça peut être aussi très simple de pouvoir donner un pronostic si le patient est sincère avec lui-même. Ce qui n'est pas facile non plus.
- Speaker #0
Du coup, je vais poser une question. J'aime bien parce que je me mets à la place du patient. Vous, en tant que professionnel, comment vous séparez, enfin comment vous... Vous pouvez conseiller aux gens. D'un côté, c'est justement ce ressenti dont tu parles et qui est très important. Et si jamais, en fait, on ne se sent pas bien, on va faire potentiellement une contre-performance et on va se blesser. Et le deuxième, c'est... Moi, ce que je me dis tout le temps, c'est... Arrête de t'écouter, Yoann. Globalement, ça va bien se passer, OK, c'est bon. pour atteindre tes objectifs si jamais ton coach ou ton kiné l'a dit il faut le faire et tu te tais soit dans le sportif soit chez le sportif de haut niveau soit chez le sportif amateur
- Speaker #2
En fait, je trouve que ça ouvre vers un autre débat, qui est le débat du monitoring de toutes les variables qu'on peut avoir et qu'est-ce qu'on en fait. Tu vois aussi parce qu'aujourd'hui, tout le monde a une... monde connecté ou tu sais des bracelets des groupes etc etc et c'est des outils qui sont hyper intéressant justement pour pouvoir voir où tu te situe sur ta performance moyenne ou sur ta performance moyenne par rapport aux enfants tu vois on a tous une courbe de performance moyenne qui est constitué par plein de petites performances l'idée c'est ça c'est de rester toujours autour de ta performance moyenne et de faire monter cette performance moyenne progressivement. Et ça, on peut le monitorer aujourd'hui avec plein de choses. Tu as Whoop, tu as Garmin, ton temps de sommeil, etc.
- Speaker #0
Avec plus ou moins de spécificité.
- Speaker #2
Avec plus ou moins de spécificité.
- Speaker #0
Et ça d'ailleurs, ça va être... Oh, c'est déjà... énormément répandu dans la population générale et c'est l'un de mes motifs de consultation les plus fréquents c'est des anomalies de paramètres de montre qui a été offert à Noël ou pour un anniversaire. Et ma réponse la plus fréquente, c'est comment vous viviez avant. Et sachez que vous aviez les mêmes paramètres. Mais c'est important que tu dises parce que ça va être très long.
- Speaker #2
Je ne vois pas ça d'un mauvais oeil nécessairement pour apprendre à connecter tes sensations à ce que tu dis et ce que tu as monitoré avec ta montre ou ton cardio-fréquence. Je développe. on a, à un moment donné, avec la FEDE, essayé d'investir dans des bracelets qui monitoraient le sommeil, etc. On a monitoré les golfeurs et ils ont commencé à vraiment maîtriser l'application, etc., leur score de sommeil, leur score... score de strain, ce qu'ils appellent, c'est-à-dire la force de ton entraînement ou la difficulté de ton entraînement qui était déjà monitorable avec des échelles comme le RPE par le passé, etc., qu'on connaît tous. Voilà. Et c'était super parce qu'ils ont réussi à se dire « Ah, voilà, en fait, quand je dors pas bien, ça a telle conséquence sur ma performance ou sur ma forme du lendemain. Tiens, quand je mange ça, je me sens comme ça, et donc ça a telle conséquence sur ma performance, etc. » Donc je trouve que c'est un outil bien pour pouvoir connecter, en fait. ce qui te fait du bien, ce qui te fait performer, les différents éléments qui vont faire que tes constantes sont bonnes, et ça, c'est super de le faire. Mais je trouve qu'à un moment donné, il faut en couper. Parce qu'à un moment, on était arrivé à un truc où les gars se réveillaient, première chose qu'ils faisaient, ils sautaient sur leur téléphone pour aller voir si leur sommeil était bon, et si leur sommeil n'était pas bon, la journée était morte. C'est-à-dire que les gars se disaient, ah ben voilà.
- Speaker #0
Il y avait un effet pervers.
- Speaker #2
Exactement, il y a un effet pervers de ce monitoring de toutes les constantes. Je trouve ça intéressant de se dire. OK, quand je suis fatigué, je me ressens comme ça. Tu vois ? Et de reconnecter, en fait, à tes sensations du corps en interne. Et en vrai, on revient toujours à ça. Nous, en prévention et en médecine, attention, je mets la préparation physique de côté parce qu'ils ont besoin de beaucoup de constantes pour savoir jusqu'où ils peuvent pousser les curseurs. Mais nous, dans notre exercice, ça suffit de s'en tenir aux sensations des gens qui doivent bien se connaître. Et c'est ce que tu disais au départ, c'est plus facile de s'occuper des sportifs un peu, alors pas saignants, mais expérimentés.
- Speaker #1
Et tout à l'heure, quand on discutait un peu off-micro, un des événements marquants de notre vie professionnelle, ça me rappelle un peu une personne que j'ai rencontrée, qui était plusieurs fois champion au JO de VTT, de BMX, de VTT pardon. qui maintenant se reconvertit à l'ultra-trail. C'est quelqu'un qui a tout gagné dans sa vie, et c'est une nouvelle discipline pour lui, mais il est à l'ancienne, il a quand même 44, 45 ans, il a sa montre connectée, etc., mais il se sent et il s'écoute. Donc, dans sa préparation, il pouvait courir 40 km, mais il était bien, et il en a couru 80. Et du coup, on pensait à une fracture de fatigue, on pensait à autre chose, et finalement, ce n'était pas ça. Et ça s'est bien passé parce qu'il sentait que ça allait bien se passer. Et quelqu'un qui devait au contraire maîtriser chaque effort, chaque minute de sommeil, chaque verre d'eau, n'aurait jamais pris ce risque. Je me dis que c'est peut-être ça qui fait la différence entre la fibre de champion et la fibre d'un très bon sportif.
- Speaker #0
Effectivement, mais je pense que ça va être pire parce que ces montres-là sont de plus en plus précises, ces appareils sont de plus en plus précis. les gens ont de plus en plus accès à ce genre d'appareil et en fait c'est, je pense nous professionnels c'est convaincre les personnes de pas les regarder, de pas se fier justement et de pas dire que c'est Dieu sur Terre et auquel cas ne pas vivre en fonction de ça, mais plutôt que ça soit un outil, soit juste une petite pièce de l'ensemble du puzzle pour l'accompagner à aller dans le bon sens et dans la bonne direction. Parce que moi-même, en consultation, c'est... Même si, en gros, je leur dis de manière très explicite, ce n'est pas anormal d'avoir ce genre de... de fréquence cardiaque par exemple ça c'est un motif très fréquent les gens sont persuadés parce que ça clignote rouge parce que c'est pas dans leur norme d'âge et tout un an qu'il y a quelque chose qui va mal aller et après on aura un problème d'accompagnement, de confiance mais ça on peut en discuter une prochaine fois mais c'est bien que tu dises que le ressenti c'est vraiment la chose primordiale c'est quelque chose que je lutte encore avec moi même C'est bien qu'on soit tous d'accord pour le dire. Et que ça soit entendu. Et que même si la technologie avance à vitesse grand V, on reste des êtres humains. Ça fait quand même des milliers d'années qu'on est là. Et qu'avant, on vivait très bien, sans rien. Donc, je suis content.
- Speaker #2
Je vais faire une phrase un peu dingue. C'est quasiment un débat. philosophico-sociétal, l'asservissement humain par rapport à la technologie. Mais pour autant, tu disais que son ressenti était important. Et le fait d'utiliser ça, je pense que ça peut te faire gagner des années, voire des mois, sur ton expérience du ressenti par rapport à toi-même. On disait qu'il fallait être jusqu'à 30-35 ans pour réussir à bien se sentir. Ce genre d'outil de mesure... peut te faire gagner 5 à 10 ans et puis tu peux te retrouver maintenant avec des athlètes qui comme ils ont utilisé ce genre de données ont réussi à connecter et ils arrivent à 25, 26 voire 27 ans à se connaître déjà très très bien parce que ça leur a fait gagner un petit peu de temps mais il faut s'en défaire à un moment donné savoir la maturité de dire ok c'est un outil vraiment c'est pas juste c'est pas la source infusée ok top
- Speaker #0
Vraiment cool pour cette première session. Il y a des questions, des choses que vous avez à dire sur le sujet ? Soit je vous ai coupé la parole, soit on a pas été au fond des choses.
- Speaker #2
Non, tout à l'heure, tu parlais de ton cas. C'est vrai que c'est pas un secret, tu as fait appel à moi, etc. Et en fait, je me posais la question. C'est une question que je dois t'adresser directement. Donc, quand tu es venu, tu avais ta problématique, tu es arrivé avec tes idées, etc. Et moi, ce qui m'intéresserait de savoir, c'est qu'est-ce qui t'a... quand on s'est vu le plus aidé, tu vois, dans le discours que j'ai pu tenir ou dans les conseils que je t'ai donnés, tu vois, toi, tu parles pas en tant que cardiologue, juste en tant que sportif amateur, quand t'es venu me voir, toi, par exemple, t'as dit, ah ouais, ça, j'aurais jamais pensé, ou vraiment... Non,
- Speaker #1
non, non.
- Speaker #0
Non,
- Speaker #2
en vrai, il y a deux choses.
- Speaker #0
Je pense que ça m'a rassuré. Il y a beaucoup de choses que je savais déjà, mais de l'entendre dire dans un univers un peu professionnel, patient, ça m'a conforté. Et après, il y a des choses que j'ai apprises, et notamment cette courbe, où tu m'as dit... Globalement, le contexte, c'est... J'ai préparé un trail, je me suis blessé durant cette préparation, j'ai un tort de cheville, j'ai couru ce trail, et il s'avère que... Je n'ai plus 20 ans. Et en fait, cette blessure de fille m'a enquiquiné pendant plusieurs mois. Et je me suis dit, OK, il faut que je change un truc. Ça ne va pas guérir tout seul, donc je suis mis de bord. Et moi, dans ma tête, c'était, OK, genre zéro sport. Et on va attendre que ça guérisse. Et je vais juste faire des sports portés et tout. Et tu m'as un peu rassuré sur le fait que... c'était pas inquiétant d'avoir mal, que c'était une information en plus pour voir où je me situe sur la guérison, et de me dire que je vais pas aggraver les choses, et j'avais pas fait d'examen complémentaire, on a pu... j'étais allé te voir parce que c'était pour valider le fait que je puisse courir justement ce trail mais j'avais pas fait l'IRM encore et ça m'a tu m'as fait comprendre justement que le ressenti était important et que c'était aussi important aussi pour toi parce que j'en ai vu plusieurs semaines pour dire ok où tu te sens ok fais ci fais ça Et j'ai apprécié le côté accompagnement, de dire, ok, tu es acteur de ta santé. Moi, je suis là, c'est pas moi qui va avoir les mains magiques, mais c'est plus toi qui va te guider pour que ça aille mieux. Et merci mon Dieu, je n'ai plus de douleur de vie. Donc c'est très cool. En tout cas, j'ai adoré. Je ne sais pas, quel est votre ressenti pour une première ?
- Speaker #1
Ah bon, je suis très content. Allez, top.
- Speaker #0
passion l'idée c'est vraiment de faire ça avec soit vous soit d'autres invités pour que je puisse apprendre et que vous aussi vous puissiez apprendre avec plaisir si jamais vous voulez revenir sur d'autres sujets, on a pas parlé de la pré-blessure on a pas parlé d'autre chose mais pour une prochaine fois avec plaisir n'hésitez pas si jamais vous avez aimé ce genre de format de le dire, de le partager même de liker sur les différentes et à bientôt merci à toi merci à toi bonne soirée et salut ciao