- Speaker #0
Bienvenue dans DSI et des hommes, le podcast où la technologie reste au service de l'humain. Moi, c'est Nicolas Barre, et aujourd'hui je reçois un membre un peu comme moi, en plus du CJD, Yannick Boll-Richard. Yannick a dirigé une agence web pendant 18 ans, avant de bifurquer vers le numérique responsable. Aujourd'hui, il accompagne des organisations pour remettre les numériques au bon endroit. Il anime aussi la fresque du numérique, il forme alga générative avec discernement, et il publie régulièrement des articles sur son média de la tech à la terre, ou média d'interview. Dans cet épisode, une IA peut-elle être responsable ? À quoi ressemble un système d'information vraiment sobre ? Et pourquoi, face à la pression de la performance, Yannick refuse, en bloque la résignation ? Cet épisode fait écho à celui avec Olivier Hamant, diffusé juste avant. Si vous ne l'avez pas encore écouté, enchaînez, les deux se répondent. Sobre, pas résigné. Allez, c'est parti ! Bonjour à tous, bonjour Yannick.
- Speaker #1
Bonjour Nicolas.
- Speaker #0
Je suis content de t'avoir dans ce nouvel épisode de DSI et des hommes. Alors déjà, comment vas-tu vraiment ?
- Speaker #1
Plutôt bien, j'aborde ma rentrée avec enthousiasme, avec beaucoup d'énergie, j'ai pu me reposer. pendant mes vacances, pour recharger les batteries. Après, je peux difficilement rester insensible à l'été qu'on vient de passer, aux enjeux de société actuelle, que ce soit sur les sujets climatiques, économiques notamment. Je reste assez soucieux du monde qui advient, mais je suis quelqu'un de profondément... Donc je reste convaincu qu'on peut faire différemment. Et puis je vois bien qu'il y a de nombreuses personnes qui œuvrent déjà et qui continuent à le faire pour tâcher de construire autre chose. Donc voilà comment je vais, mais je vais plutôt bien, je te remercie.
- Speaker #0
Très bien. Avant de te présenter, je vais poser ma traditionnelle question de démarrage. C'est quel est ton premier souvenir de numérique ?
- Speaker #1
J'ai fait mes études dans les années 2000. J'ai deux souvenirs que je peux partager. Le premier, c'est plutôt dans mon adolescence. Avant même qu'on ait Internet, c'était les premiers ordinateurs à la maison où on s'amusait sur MS-DOS. et notamment j'ai souvenir de ces parties en diabolique de Prince of Persia sur disquette et puis après le deuxième souvenir assez marrant c'est le bon vieux modem 56k le jour où il a débarqué à la maison et il avait le temps d'aller faire un tour de vélo le temps d'être connecté à internet et voilà c'est comme ça spontanément pour montrer aussi peut-être que de... Mon numérique a démarré il y a déjà quelques années, c'était plutôt ça et c'était fin des années 90, début des années 90.
- Speaker #0
Ouais, il arrivait des modems de AOL, Club Internet et autres fournisseurs. Merci du partage. J'ai connu aussi, je pense qu'on ne doit pas être très loin du même âge dans tous les cas, donc j'ai connu aussi avec ce modem 56K qui... qui mettait ta ligne de téléphone occupée. Puis tu n'avais que 10 heures, 20 heures, 20 heures d'Internet, donc il fallait bien calculer quand est-ce que tu allais l'utiliser.
- Speaker #1
Et on en est bien loin aujourd'hui.
- Speaker #0
Ah oui, ce qui peut avoir certains impacts sur ce qu'on va voir après. Maintenant, si tu peux te présenter pour nos auditeurs, d'où tu viens, où tu es, où tu vas, ça nous permettra après de relancer, de lancer la discussion.
- Speaker #1
Chouette, je m'appelle Yannick, comme ça je dévoile mon âge. J'ai incessamment sous peu 44 ans, pas encore mais très bientôt. Je suis marié, j'ai trois enfants de 20 ans. 16 et 13 ans. Je suis basé en Bourgogne-Franche-Comté, je suis à côté de Besançon. Et je suis aujourd'hui consultant et formateur sur des sujets du numérique responsable. Donc je travaille sur la transformation numérique, donc j'accompagne des organisations à repositionner le numérique au bon endroit, à redonner du sens au numérique. le remettre au service réellement de l'humain. Ensuite, j'ai justement un plan d'activité plutôt sur du conseil. Un autre plutôt sur la sensibilisation de la formation, donc sensibilisation aux impacts, je suis notamment animateur de la fresque du numérique entre autres. Puis je fais également de la formation et notamment j'ai monté des modules de formation sur comment déployer... l'IA générative avec le plus de sens et de discernement possible. J'ai longtemps hésité à y aller et en même temps, l'IA étant là, je me suis dit qu'il y avait nécessité à... J'approfondirai certainement un peu plus tard dans tes questions. Il y avait une vraie nécessité à mon sens, et encore plus que jamais aujourd'hui, à former les utilisateurs à utiliser ces technologies-là avec une approche vraiment raisonnée. Ça, c'est mon métier d'aujourd'hui et ça fait quelques années maintenant que je fais ça, depuis à peu près la période Covid. J'ai opéré cette bascule-là. Et puis, en parallèle, mon historique d'entrepreneur, c'est qu'à la sortie de mes études en 2004, j'avais pour projet de créer ma propre structure. Moi, j'ai une formation au départ de développeur web et de chef de projet. à l'époque on appelait ça multimédia, et donc dès la sortie de mes études, j'ai monté le projet de créer ma propre entreprise, et donc j'ai créé une agence web en 2006, que j'ai dirigée pendant 18 ans, jusqu'en 2024, et donc le virage s'est opéré entre 2000 et 2024, où j'ai souhaité aussi commencer à réfléchir à... à ce que je voulais faire de ma vie pro, ma deuxième vie pro, ou du moins de la suite de ma vie pro.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr, Et justement, tu parlais de l'IA, je vais y rentrer un petit peu tout de suite. Lors d'un événement, d'après ce que j'ai lu et vu à la CCI du territoire de Belfort, qui s'appelle Cap-Cybert, tu as défendu qu'une IA responsable doit répondre à cinq principes. J'ai bien vu que tu parlais du premier qui était la sobriété et la durabilité environnementale. Et je pense que tu le disais, ça posait aussi des questions d'aller, quand tu parles de numérique responsable, d'aller sur l'IA générative, parce que forcément, l'IA a de l'impact sur notre environnement. Mais on ne peut pas y aller contre. Je pense que tu étais dans un... Dans un paradoxe, dans une contradiction, on va dire, comme moi je le suis, à se dire qu'on peut faire des formations sur l'IA, sur l'utilisation de l'IA, l'utilisation d'IA responsable, mais à côté, on pollue de plus en plus. Comment toi, tu abordes déjà ce sujet ?
- Speaker #1
Peut-être juste faire une micro-parenthèse quand même. Le lien entre ma présentation et là où j'en suis maintenant, et surtout d'où je parle, parce qu'il faut imaginer qu'en 2006, quand je créais ma boîte, je n'ai aucune notion des impacts de mon métier. Vraiment aucune. Il y avait quelques irréductibles solitaires qui, à l'époque, commençaient à pointer du doigt ces sujets-là, mais j'en étais très éloigné. Et puis, moi, c'est plutôt il y a une dizaine d'années où je prends vraiment conscience de ça, à travers des lectures, à travers des rencontres, etc. D'ailleurs, ça correspond aussi à... Et c'est en ça aussi qu'on a quelques synergies, je crois, toi et moi, par rapport au CJD. Mais je rentre dans ce mouvement, le Centre des Jeunes Dirigeants, en 2015 aussi, où ça m'éveille pas mal la conscience sur un certain nombre de sujets. Et donc, couplé aux prises de conscience que j'ai par rapport à mon propre métier. effectivement, je me rends compte qu'il y a un gros, gros sujet et que je fais un métier qui a beaucoup d'impact. Pourquoi j'en parle là ? C'est parce que tu parlais de... Le paradoxe ou de dissonance cognitive, en tous les cas pour moi, à ce moment-là, c'est de se dire, attends, je fais un métier qui finalement n'a rien d'immatériel, n'a rien de virtuel, au contraire, est extrêmement matériel et a un véritable impact. Alors, on ne va pas détailler ici et on renverra peut-être, si tu le souhaites, de t'envoyer plein de ressources sur les sujets des impacts du numérique. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
C'est là où moi, je me suis formé sur ces sujets-là. On est allé jusqu'à travailler en agence sur former nos équipes sur l'éco-conception, comment on pouvait faire des sites web plus sobres, comment on pouvait, et d'ailleurs sur l'ensemble de son cycle de vie, c'est-à-dire au moment où on le développe, au moment où on l'utilise, et puis éventuellement aussi sur sa durée de vie pour l'allonger le plus possible et éviter de devoir en refaire un trois ans plus tard. Ça passe aussi par l'infrastructure d'hébergement, enfin bref, je te passe les détails. Mais tout ça... m'a amené, moi, en tous les cas, à progressivement monter en prise de conscience. Et donc, pour répondre à ta question sur le comment... La question, c'était comment moi j'aborde ça, c'est ça ? Comment j'aborde l'IA, principalement ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Alors, tu t'as cité le Cap-Cyber, qui est un congrès sur lequel je suis intervenu, mais j'interviens par ailleurs à d'autres endroits. En général, la question qu'on me pose souvent, c'est, et c'est une question qui est assez complexe et le sujet est assez vaste, c'est est-ce qu'une IA, et notamment une IA générative, peut être réellement responsable ? Alors, il y a plusieurs éléments de réponse à amener déjà. Déjà, peut-être juste pour s'arrêter sur le mot responsable et sur ce que ça veut vraiment dire. D'un point de vue purement sémantique, c'est... Quelqu'un qui est responsable, c'est qui est en capacité de répondre à ses actes, donc d'amener une réponse. Et aujourd'hui, je ne crois pas me tromper en disant qu'un système ou une technologie, elle répond concrètement à rien, pas le système ou la technologie qui va répondre. Par contre, la responsabilité, elle incombe à celui, et là c'est une responsabilité collective, elle incombe à celui qui conçoit la technologie, celui qui l'encadre, donc là en l'occurrence les décideurs, et là je m'adresse plutôt... sur le volet politique. On pourrait parler politique nationale, politique internationale, européenne, voire mondiale. Et puis évidemment, il y a une responsabilité de l'utilisateur. Et donc, là, d'ailleurs, je vais faire un petit pas de côté là-dessus, c'est qu'on fait souvent porter la responsabilité à l'utilisateur en disant en fait, il faut raisonner vos usages, etc. Sauf qu'il ne faut quand même pas oublier que... Aujourd'hui, l'IA, et là-dessus je suis assez critique, et voire virulent, c'est que l'IA a été déployée de manière massive, et on nous a mis dans les mains des outils ultra-puissants, en version totalement gratuite et en accès complètement gratuit, sans aucun garde-fou, ou du moins très peu. A l'échelle européenne, on a quand même, heureusement, quelques premiers cadres, et c'est très bien. C'est une bonne première base, bien qu'à mon avis pas suffisante. Mais le fait est que l'utilisateur, on lui a donné ça, et on lui a dit, tu vas voir, c'est absolument génial. Sauf que nous, pour en faire en tant qu'utilisateur un usage réellement responsable, c'est une vraie question complexe. Parce qu'encore une fois, on n'a pas été formé. Donc, il faut déjà poser, à mon sens, avant de parler de la responsabilité des utilisateurs, il faut déjà poser la responsabilité des éditeurs des technos. Donc là, on peut parler d'éco-conception, on peut parler d'éthique, on peut parler de plein de choses. Et puis, évidemment aussi des décideurs, et donc là, en l'occurrence, sur un volet politique, pour dire comment sont encadrées la conception de ces technologies et leurs usages. Alors, on pourrait rentrer dans ce détail-là, mais je vais plutôt parler de là où... Moi, j'interviens plus, c'est-à-dire où je pense avoir une forme de légitimité à y répondre, c'est la responsabilité de l'utilisateur. Et donc, c'est plutôt ça aussi que j'ai abordé sur ce fameux événement et sur les interventions que je fais. C'est un utilisateur, il peut faire un usage aussi responsable qu'il veut, mais s'il fait un usage d'un outil qui est mal conçu, il ne rattrapera jamais ce que l'éditeur met en place. un on peut, je dirais que l'expression « IA responsable » , elle pourrait laisser croire que la responsabilité, elle est effectivement dans l'objet, c'est-à-dire dans la technologie en elle-même, j'insiste là-dessus, alors qu'en réalité, elle se répartit justement entre l'éditeur, les décideurs et l'utilisateur.
- Speaker #0
Oui, je te le coupe, je rajouterai même dans la chaîne la partie infrastructure en amont. infrastructures, data centers, les serveurs qui sont dedans, et puis après, tel éditeur, tout ce qu'il va mettre dedans pour arriver jusqu'au jusqu'à l'utilisateur et même le device qu'il va utiliser, l'appareil qu'il va utiliser, il y a vraiment toute une chaîne sur ce sujet-là et chacun a son impact.
- Speaker #1
Absolument, et en l'occurrence, par rapport à l'éditeur, quand je parlais d'éco-conception, ça en fait partie, c'est-à-dire que le choix de l'infra, la façon dont tu l'héberges, etc. Et puis... Il y a aussi, quand même, derrière l'IA, il y a la dimension à quel moment j'ai besoin d'un outil aussi puissant pour demander la meilleure recette d'une tarte aux pommes. Il y a une vraie question d'usage, mais je y reviendrai un peu plus tard aussi, sur en quoi on l'utilise vraiment et pourquoi on l'utilise. En fait, on nous a mis un marteau dans la main et en fait, le... Comment dire ? La tentation, c'est que tout devienne un clou. On va dire, on va utiliser l'IA absolument partout.
- Speaker #0
Oui, c'est marrant que tu prennes cette comparaison, parce que je l'ai eu aussi dans des échanges que j'ai eus avec Mick Levy sur ce sujet-là. Et c'est vrai qu'il disait pareil. Le marteau était fait à la base pour planter un clou, et puis après, il a été utilisé pour plein de choses, dont pour taper sur des gens. Mais voilà, c'est l'IA.
- Speaker #1
Et en même temps, j'insiste sur le côté utilisateur, c'est qu'effectivement, tout ne repose pas sur le mec qui tient le marteau non plus. Il faut quand même être vigilant dans ce qu'on invente. Donc, juste deux mots encore sur la conception, sur la partie éditeur, c'est que tout est conçu aujourd'hui, et ça c'est aussi un truc que je déplore, pour rendre l'utilisateur le plus addict possible. C'est-à-dire qu'en gros, on te donne un accès gratuit à une technologie qui va s'améliorer en continu avec toi sur les réponses qu'il va t'apporter, etc. Il va se nourrir de toi. Accessoirement, si tu le configures mal, il va même nourrir avec ce que tu lui envoies son propre modèle. Bref, je ne rentrerai pas forcément dans les détails. Et en plus de ça, au-delà même des LLM, c'est-à-dire des chat GPT et confrères, Euh... on voit fleurir dans tous nos outils du quotidien, les réseaux sociaux, tes outils, même métiers, etc., des fonctionnalités d'IA absolument partout, souvent, parfois, voire souvent inutiles, et tout ça, c'est tout sauf éco-consul. Donc, d'ailleurs, on pourrait parler de design de l'attention, tout est fait pour capter l'attention de l'utilisateur en permanence, et le garder... L'IA aujourd'hui est en train d'accélérer ça de manière assez significative. Je vais répondre à ta question initiale sur les fameux principes que j'évoque dans mes présentations. Premier sujet, la question de base quand il s'agit d'un point de vue de l'utilisateur sur comment je pourrais qualifier un usage responsable d'une IA. c'est déjà de se poser la question de l'utilité. Donc, comment je qualifie l'usage que j'en ai et est-ce que ça crée vraiment de la valeur pour moi ? Est-ce que j'en ai vraiment l'usage ? Je ne vais pas oublier qu'aujourd'hui, il y a une majeure partie de l'utilisation de l'IA générative qui est faite en version gratuite. Et là, je parle de l'usage très global. C'est-à-dire qu'on pourrait peut-être faire un focus après, j'imagine, parce que je... Je pense que ton audience, elle est aussi plutôt dans un milieu professionnel. Mais c'est quand même important de s'arrêter sur le fait qu'aujourd'hui, il y a Génératif. Comme il n'y a pas de garde-fous vraiment et que tout le monde peut l'utiliser et a accès dans sa poche à son LLM préféré, on devient feignant, en fait. Et on l'utilise pour tout et n'importe quoi. Donc, il y a quand même déjà dans une approche responsable. et raisonner, il y a déjà une question sur quelle est l'utilité. Est-ce que réellement, l'usage que je vais en faire a une utilité et crée vraiment de la valeur ? Ça, c'est le premier sujet. Après, là, je me cantonne plus sur un usage peut-être professionnel, mais il y a une vraie question aussi, d'ailleurs personnelle aussi, mais il y a une vraie question sur la criticité de la donnée et qu'est-ce que j'envoie à la machine ? Donc, se poser la question de dire, qu'est-ce que j'envoie ? Est-ce qu'il y a une sensibilité particulière ? Alors, dans un cadre pro, on pourrait parler notamment de... de ce concept de shadow IA ou beaucoup, beaucoup de structures que j'accompagne, quand on part d'un diagnostic initial, il y a un sujet de fond sur, en fait, l'IA, elle est déjà partout. Parce qu'on est plutôt dans une démarche, une logique de bottom-up, c'est-à-dire que c'est déjà utilisé sur le terrain, mais de manière, comme son nom l'indique, dans l'ombre. C'est-à-dire que il y a déjà un travail qui est fait avec l'IA. mais qui n'est absolument pas encadré. Et donc, ça pose une vraie question de criticité de la data. Et c'est comme ça qu'on a de la fuite de données, qu'on a de la perte de souveraineté, etc. Parce qu'il n'y a rien qui est encadré et on n'a pas décidé que collectivement, et j'y reviendrai un peu plus tard certainement, mais l'IA est avant tout un sujet de gouvernance et de stratégie. Et en aucun cas, il faut prendre ce truc-là sous le prisme uniquement technique, parce que c'est bien loin. problème technique donc je répète la réelle utilité de l'outil la criticité de la data quelle est la donnée que j'envoie et pourquoi je l'envoie et il y a une dimension aussi de proportionnalité c'est à dire est-ce que j'utilise le bon modèle pour la bonne tâche est-ce que de toute façon par défaut on nous donne un truc énorme pour répondre à un petit truc Merci. qui nécessiterait peut-être un autre outil. Et ça, c'est un vrai sujet aussi à questionner. Les élèves aujourd'hui sont des généralistes sur lesquels on a basé des milliards et des milliards de paramètres pour peut-être répondre en réalité à certains usages qui nécessiteraient beaucoup moins. Ensuite, il y a une dimension aussi derrière la responsabilité des usages de l'IA sur la transparence des usages. Ça, c'est un truc qui me tient à cœur aussi. donc ça veut dire la traçabilité des usages qui en sont faits, l'encadrement aussi, de pouvoir, j'ai parlé tout à l'heure du shadow UI, mais de pouvoir aussi le cartographier et de voir les existants et pour identifier réellement comment dans une organisation ces usages-là sont en place. Et puis enfin, le dernier point, c'est ce que j'appelle la souveraineté cognitive, et donc c'est... être extrêmement vigilant dans ses usages, l'outil reste réellement au service de l'expertise de l'humain et que l'humain reste évidemment au contrôle et qu'on vérifie tout ce que l'IA produit parce que non seulement quand c'est mal encadré, mal formé, etc., on a très souvent des sorties de l'IA qui sont assez lunaires. Oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
C'est le résultat. Donc cette souveraineté cognitive, pour moi, elle fait partie de...
- Speaker #0
Moi, ça répond très bien à ma question. Et puis, je te rejoins de toute façon sur tous ces sujets-là. Et pour compléter et rebondir là-dessus, c'est vrai que ce côté usage qui utilise des IA surpuissantes, on le voit, moi je le vois tout le temps. Et je pense que c'est aussi dû aux médias, enfin, à ce qui se passe, où la big tech est bien mise en avant. La big tech est bien mise en avant, quand je parle de big tech, open AI, anthropique et autres, et que finalement, les gens ne voient qu'eux, alors qu'il y a tout un tas d'outils IA qui existent, qui peuvent avoir des usages, qui vont aussi avoir des impacts. numérique environnemental moindre et que le grand public ne connaît pas. Et c'est là où on a un rôle à jouer. Je mets tous les deux dedans à aller prêcher cette parole, à expliquer tout ça. Et c'est tout ce que tu dis finalement. C'est aussi des règles un peu de bon sens d'avoir, de vérifier ce qui est sorti de ton IA, le retravailler, de faire attention à ce que tu vas y mettre dedans en termes de données. Voilà, tous ces sujets-là. Et ça, pour moi, c'est des faillifs. cesser d'en parler et moi c'est ce que je dis à travers les formations que je peux mettre aussi à rappeler toutes ces règles là parce que les gens pensent que c'est l'outil magique et que ça va tout faire alors que non déjà ça va pas tout faire il y a des choses ça va pas le faire mais voilà quoi après de toute façon les gens l'utilisent parce que il faut l'utiliser et puis pour moi tu parlais aussi de transparence des usages et j'ai peut-être une question enfin j'ai une question par rapport à ça est-ce que l'IA Act en Europe est une partie de la réponse déjà en termes législatifs ou pas,
- Speaker #1
il va falloir aller plus loin à un moment ça c'est un vaste sujet l'IA Act a au moins le mérite d'exister et je trouve ça assez inédit puisque c'est la seule zone pour l'instant où il n'y a pas réellement un encadrement spécifique il concerne quand même surtout ceux qui déploient les IA, qui les conçoivent et qui les déploient. Et puis, il a permis quand même là, récemment, de dire, cette fois, maintenant, les gens qui produisent avec de l'IA doivent, depuis début août, doivent spécifier qu'ils ont utilisé de l'IA pour pouvoir, justement, sur cette transparence. Est-ce que ça suffit ? Je ne suis pas sûr. Pour autant, ça a au moins le mérite d'être là. Et c'est une première brique. Maintenant, ça se joue aussi à d'autres endroits. Et quand tu parlais là de transparence, c'est que c'est aussi dans l'encadrement des usages et des formations. Alors, je ne pense pas qu'on puisse imposer. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que... C'est une vraie question, je n'ai pas la réponse sur est-ce qu'il faut vraiment imposer le... un certain nombre de choses, tout comme là on entend parler de ce qu'il faut interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans le côté interdiction on ne va pas interdire l'usage des IA par contre est-ce que de l'encadrer justement et de plutôt être dans de l'accompagnement sur ces sujets là me semble beaucoup plus pertinent et beaucoup plus pédagogique et en premier lieu, avant même de former au usages, c'est déjà de sensibiliser aux impacts. Et notamment aux impacts, certes environnementaux, mais les impacts sociaux, les impacts éthiques, les impacts cognitifs, etc. Et d'ailleurs, il y a un sujet dans ma présentation que je n'ai pas trop donné, mais il y a un sujet qui m'inquiète tout particulièrement, c'est sur les jeunes générations, et sur l'impact de l'IA pour les jeunes générations, et notamment sur... leur capacité d'apprendre. Nous, toi et moi, ou notre génération, on a appris, et même à la rigueur, la génération de mes enfants, ils ont appris. Ils sont nés avec le numérique, mais ils ont appris à réfléchir, à écrire, à lire sans l'IA. Aujourd'hui, les enfants qui naissent là depuis quelques années, ils vont naître avec l'intelligence artificielle. Et ça, c'est à mon sens un vrai gros sujet. Parce que... Ça ne veut pas dire qu'il faut leur interdire de l'utiliser. Par contre, je pense qu'il faut leur interdire d'utiliser trop tôt, tout comme les écrans ou d'autres sujets, mais les réseaux sociaux pourraient en faire partie. Mais il y a surtout une dimension de sensibilisation, aussi bien des parents que des enfants, sur l'ensemble du périmètre de ces impacts. Et pour l'instant, je trouve que la réponse... qu'on y donne, est largement en deçà de l'ampleur des enjeux.
- Speaker #0
Mais je suis complètement d'accord avec toi. Et moi, c'est des sujets où forcément ça me pose question. Ça me pose forcément question. Mes enfants sont un peu plus jeunes. Ils ont 10 et 12 ans, sont forcément, commencent à être de plus en plus là-dedans et demandeurs aussi d'être là-dedans. D'interdire les réseaux sociaux, on ne va pas faire le débat là. Est-ce qu'on est pour ou contre ? Peu importe, peu importe. Mais moi, c'est plutôt comment on resensibilise les gens à tous ces enjeux-là. Et là, on n'est pas en train de parler d'usage. On est en train de parler de tous les enjeux que tu dis, tout l'impact que ça peut avoir sur la société au sens très large du terme. Et pour moi, la difficulté, c'est que les parents ne sont pas formés ou sensibilisés à ça. ils sont comme nous, ils ont vécu ça, donc ils sont pas... très peu sont formés, sensibilisés à ça, et... Pour moi, les... professeurs ne le sont pas du tout non plus. Et on leur dit là, je crois que depuis cette année, il va y avoir des cours sur l'IA, pour l'utilisation de l'IA à partir de la quatrième, je crois, si je ne me trompe pas.
- Speaker #1
C'est à partir de la seconde et c'est à partir de septembre 2027. Et ce sera dispensé par les profs de SNT, donc de sciences numériques et technologiques.
- Speaker #0
Oui, voilà, donc est-ce que ces gens vont être prêts, etc. Mais après, c'est aussi tout un sujet qui est autour de l'IA. On en parlait, j'étais à une conférence de la Digital League au Digital Summer la semaine dernière. On en parlait, il y avait une conférence sur les écoles et les méthodes d'apprentissage aussi qui vont changer. Pour l'instant, ils disent que ce qui se passe, c'est que le prof fait avec son IA son TD, son examen. L'élève le fait faire par l'IA et derrière, le prof le fait corriger par l'IA. Il va falloir aussi réinventer un petit peu tout ça, réapprendre aux gens aussi à l'utiliser, mais c'est toute une chaîne. J'ai une stat que j'ai lue dans le livre de Mick Levy à Yamania qui dit qu'il y a 0,4% des publications qui concernent tout ce qui est autour du numérique responsable. Donc, numérique responsable, ça englobe tout, pas que l'environnement, comme tu l'as dit. C'est trop peu. Pour moi, c'est trop peu et on en fait partie tous les deux. Comment on va arriver à un moment à continuer d'étendre tout ça pour que les gens soient le plus sensibilisés à ces enjeux-là ?
- Speaker #1
Pour autant, et j'en ai échangé dernièrement, on va peut-être parler tout à l'heure de mon média de la Técnothérapeute, j'ai interviewé il n'y a pas très longtemps Vincent Courboulet. qui est un des cofondateurs de l'Institut du numérique responsable. Et on évoquait ensemble, et on était assez d'accord sur un point, c'est que si on reste un peu positif, l'IA est arrivée tel un tsunami énorme, et en même temps, les gens qui se soucient réellement des impacts, et moi je le vois tous les jours dans les accompagnements que je fais, il y a toujours des gens qui sont inquiets des impacts. Ce qui n'était absolument pas le cas quelques années après la sortie d'Internet en 2000. Les gens ne se souciaient pas du tout de ça. Aujourd'hui, pour plein de raisons déjà, parce qu'on parle beaucoup de ces sujets-là, mais les impacts d'une numérique commencent à émerger un peu, et l'IA est tout aussi puissante qu'elle est avec l'explosion des impacts qu'il y a derrière. Je trouve plutôt positif que beaucoup de gens s'en saisissent malgré tout, ou en tous les cas se posent des questions. Et ça, c'est quelque chose qu'on voyait moins avant. Je trouve que c'est intéressant de le souligner aussi, d'un point de vue.
- Speaker #0
Oui, oui. Non, mais c'est sûr. Juste pour revenir aussi, on a parlé beaucoup d'IA, mais je voudrais revenir aussi sur tout ce qui était autour de la sobriété. Parce que l'IA ne fait qu'une partie, elle prend beaucoup de place, mais elle n'est qu'une partie. autour de la sobriété. Déjà, la question est-ce que l'UNIA est sobre ou pas, ça, on verra après. Mais pour toi, concrètement, à quoi ressemble la SI sobre ? C'est quoi un système d'information sobre ? Concrètement, comment tu pourrais le définir ?
- Speaker #1
Donc, la notion de sobriété numérique... L'idée, c'est déjà de dire comment je réduis ces fameux impacts dans les usages qu'on a autour de NewMaker. On va prendre à l'échelle d'une organisation, peu importe sa taille, qui a effectivement un système d'information. Pour moi, si on parle de sobriété d'ASI, c'est déjà un ASI où on va faire des arbitrages avant même d'optimiser. Je m'explique. Ça rejoint de manière assez logique ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est qu'on doit déjà commencer par questionner les usages et leur réelle utilité. Quand on cartographie, je ne suis pas DSI, et pour autant j'accompagne sur la transphonumérique, donc j'ai régulièrement des DSI en face de moi. Et quand on cartographie un système d'information, assez rapidement tu peux visualiser ce qui est utile ou pas, est-ce qu'il y a des éléments qui dorment. Quand tu fais un inventaire, d'ailleurs l'inventaire n'est pas toujours très populaire quand tu le demandes, Tu peux avoir des serveurs zombies, tu peux avoir des piscines virtuelles totalement orphelines. Tu as des environnements de développement qui sont allumés en permanence et qui ne sont jamais utilisés. tu as des applications hyper gourmandes qui sont maintenues pour deux utilisateurs. Je te donne plein d'exemples comme ça, mais qui sont en fait du récurrent dans un système d'information. Donc en fait, c'est important déjà de regarder le déjà-là. Parce que moi, j'appelle le déjà-là, et dans le déjà-là, on peut déjà faire un peu de ménage. Et ensuite, une fois que tu sais que, et ça, ça passe aussi par de la sensibilisation des... notamment des personnes qui travaillent sur les SI, donc en l'occurrence dans les DSI, c'est que tu sais que le numérique est extrêmement matériel. Donc, un des premiers leviers majeurs, quand on parle de sobriété numérique, c'est d'allonger la durée de vie du matériel. Donc, ça veut dire que tu en prends soin, ça veut dire que tu passes par une politique d'achat qui prend en compte les... les critères de réparabilité, qui peut-être intègre du matériel reconditionné, on peut parler aussi de réemploi, etc. Et puis, un élément important aussi que je pourrais rajouter, c'est, et après je parlerai d'un autre truc qui est très important aussi, au-delà de la sobriété, mais pour ouvrir un peu l'échange, il ne faut pas oublier, parce que... souvent on me dit, c'est bien beau les soubriétés, mais en fait ça va me coûter beaucoup d'argent. Alors là-dessus, je me permets de tordre le cou à cette croyance, c'est que bien souvent, la soubriété justement, elle amène quasiment systématiquement des économies financières.
- Speaker #0
Oui, je confirme.
- Speaker #1
L'adage dit, il vaut mieux prévenir que guérir, et donc quand tu ne numérises réellement que ce qui a besoin de l'être, et quand tu rationalises les choses en disant, je vais remettre... Même si c'est un travail un peu laborieux et parfois un peu enquitinant, ce travail-là permet derrière d'amener aussi de l'économie financière. Au contraire, c'est certes peut-être un investissement de temps et un peu d'argent au départ de faire ces arbitrages et ce nettoyage, pour autant, ça peut avoir réellement un impact.
- Speaker #0
Je te coupe juste pour répondre par rapport à ça. Je confirme complètement tout ça. Et moi, j'ai été déçu. J'ai encore une petite partie de mission de DSI. Et quand tu vois qu'il y a, je vais remonter, il y a dix ans, dix ans, voire peut-être un peu moins, où on était dans des politiques de renouvellement de matériel à tous les trois ans, on est monté après un peu à quatre ans, où tu changeais, tu ne te posais pas la question. Tu ne te posais pas la question. Quand tu montres... que des postes peuvent rester 7, 8, 9, 10 ans. Parce que vu les usages qu'on a maintenant, c'est-à-dire des usages essentiellement via un navigateur Internet, ça tient, il y a moins besoin de puissance, sauf pour certaines catégories de métiers, qui en ont peut-être un besoin de plus, mais c'est une minorité. Au final, on se rend compte que ta facture d'investissement va réduire, forcément. Et si en plus, tu fais une politique d'achat, de matériel reconditionné ou avec, comme tu dis, un indice de réparabilité plus gros, là aussi, ta facture va forcément se réduire. Et c'est ce que j'ai remarqué, moi, dans mes budgets que j'ai menés en tant que DSI, c'est que forcément, là, ça a baissé. Et tu vas pouvoir investir sur d'autres sujets pour, voilà, améliorer ou sécuriser l'entreprise. Donc, voilà, moi, je... Je trouve que la sobriété va permettre de rationaliser les coûts. D'ailleurs,
- Speaker #1
je me permets d'enchaîner et de rebondir sur deux points. Si je le résume en une phrase, et ce que j'essaye d'impulser comme idée, c'est que la sobriété va permettre aussi de retirer du numérique subi. pour plutôt favoriser un numérique qui est choisi. Donc finalement, ça amène énormément de bénéfices, alors pas que financiers, mais ça amène énormément de bénéfices. Et puis il y a un point que tu viens de souligner qui est extrêmement important, au-delà, la sécurité en fait partie, mais je le mets dans quelque chose de beaucoup plus global, c'est que certes c'est important de travailler la sobriété de son SI, mais c'est aussi primordial... d'en travailler sa résilience. On parle aussi beaucoup aujourd'hui de robustesse. Alors, je ne vais pas lancer un débat autour de définition de résilience et de robustesse.
- Speaker #0
Il y aura un épisode que j'ai fait avec Olivier Hamon qui expliquera tout ça, qui sera diffusé juste avant toi.
- Speaker #1
Écoute, c'est super si tu as vu Olivier Hamon très bien. Pour autant, il a sa propre définition de la robustesse, calquée sur le biomimétisme, etc. Pour autant, j'invite aussi, et j'aime beaucoup les travaux de Lili Amant, que j'ai eu l'occasion de rencontrer d'ailleurs dans le cadre du FID, et pour autant, il y a plein d'autres acteurs sur le sujet autour des thématiques de résilience et de robustesse. Et donc, juste, je fais un petit point, j'insiste plutôt sur le mot de résilience, c'est-à-dire qu'on pourrait faire deux heures, spécifiquement sur la cour. Ah,
- Speaker #0
complètement.
- Speaker #1
Mais juste très rapidement, vu dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui, avec un niveau de dépendance sur le numérique qui est absolument omniprésent, et que, vu, alors tu as parlé de sécurité tout à l'heure, on voit l'explosion des cyberattaques, etc. Il y a des fluctuations, là tu vois les intempéries. Nous, on vient de prendre la semaine dernière des énormes averses de grêle. Il y a eu des dégâts considérables. Tu as les sujets, évidemment, de dépendance énergétique. On peut en citer plein. Toutes ces fluctuations, pour reprendre le terme, entre autres de l'éliament et des concepts de robustesse, toutes les fluctuations du monde, mais aussi tous les risques systémiques, en fait, ton OSI doit être préparé à ça autant que possible. L'objectif prioritaire, c'est identifier les points de dépendance, toutes les zones de fragilité, accepter l'incertitude, rendre ton SI le plus adaptable possible, et tout ça pour garantir sa stabilité à court terme et sa viabilité à l'antenne. Donc, si je peux juste terminer là-dessus, parce que ça serait encore une fois un épisode à part entière, je pense. Oui, je pense. Et d'ailleurs, je pense qu'effectivement, si tu as vu Olivier Hamon, il en parlera beaucoup mieux que moi, mais... Je dirais qu'un SI sobre, pour finir sur ta question, doit le plus s'appuyer possible sur une des SI qui sait de quoi il parle, qui sait dire non, et qui sait expliquer pourquoi. Parce que... C'est compliqué aujourd'hui de dire non, quand même, sur les sujets du numérique, parce qu'on a envie d'aller, de tout déployer, plein de trucs, etc. Et notamment par rapport à l'IA. Et donc j'en reviens encore à... Tant pis si je radote un peu, mais j'en reviens à cette notion de formation et de sensibilisation. Et donc, notamment les DSI, et là je suis intervenu il n'y a pas très longtemps dans une collectivité où j'ai sensibilisé à travers des fresques de numérique sur les impacts de l'IA. L'ensemble des collaborateurs, ils étaient quand même 60. au sein d'une DSI, pour qu'ils aient conscience réellement des impacts de leur métier. Alors certains étaient déjà plutôt aguerris sur le sujet, mais d'autres beaucoup moins. Et forcément, tu abordes ton sujet et ton métier de manière différente quand tu as compris aussi tous les impacts qui s'y cachent. Donc c'est déjà prendre conscience du sujet, et puis derrière, savoir arbitrer et savoir expliquer pourquoi il faut arbitrer auprès de sa direction.
- Speaker #0
Oui, et justement... On n'a pas rencontré DSI, je rencontre aussi. Est-ce qu'on n'a pas aussi beaucoup de gens qui sont résignés par rapport à tout ça ? Parce que, comme tu le dis, il y a la pression. La pression des utilisateurs, la pression de la direction, la pression de la performance finalement à ce sens-là. Est-ce qu'au bout d'un moment, le DSI ne lâche pas et ne devient pas résigné par rapport à tout ça ? Il dit de toute façon, voilà, on y va. Est-ce que tu n'as pas cette sensation-là ?
- Speaker #1
Je pense que c'est très différent d'une structure à une autre. Et que ça dépend aussi des marges de manœuvre qu'on laisse au DSI en question. Après, qu'est-ce que tu entends par résumé ? C'est-à-dire de dire, finalement, à quoi bon ? Oui,
- Speaker #0
à quoi bon de faire. De toute façon, il y a le côté à quoi bon faire. J'ai trop de demandes des utilisateurs qui ne comprennent pas et qui s'en foutent. Ou de la direction aussi qui s'en fout. Ou aussi le côté, j'ai oublié ce que je viens de dire, mais je ne vais pas le retrouver. Bon, ce n'est pas grave. Mais voilà, ce côté un peu pression aussi de l'environnement. Parce que c'est ce que tu parlais. Il y avait ces principes de robustesse, etc. Mais il y a aussi le principe qui existe depuis tout le temps, qui est de la performance. tu dois, beaucoup d'entreprises restent quand même dans la performance. Donc derrière la performance, c'est on utilise, peu importe l'outil qu'on utilise, peu importe si on change les PC, les équipements tous les trois ans. Voilà, nous, c'est qu'il faut qu'on soit performant, point barre.
- Speaker #1
Et là, tu touches à un autre point, c'est que, mais là, je vais peut-être pas vraiment, je vais répondre que partiellement à ta question, parce que moi, je combats la résignation, c'est-à-dire que je refuse, en bloc, peut-être qu'on soit résigné, autant il m'arrive d'avoir des personnes qui, justement, sont plutôt dans un mode à quoi bon, et j'essaye autant que possible de les en sortir, mais là, tu touches à un autre point, et là, encore une fois, il faudrait refaire un épisode complet, mais sur la notion... On parle depuis tout à l'heure, évidemment, parce que c'est tout l'objet de l'audience de ton podcast, on est déçu, mais en réalité, la notion de sensibilisation, elle ne s'arrête pas là. Elle s'arrête évidemment aussi à la strate gouvernance, direction, etc., des organisations. Et puis quand on parle aussi de robustesse et de résilience, elle ne se cantonne évidemment pas au système d'information. C'est une pièce du puzzle, mais en réalité, il faut remonter d'un cran. et aller travailler la robustesse et ou la résilience, peu importe, au-delà des définitions, en tous les cas, se préparer à ce qui est en train de se passer, et au monde qui advient, c'est de s'y préparer à l'échelle même de l'organisation, et le DSI en fait partie. Donc là, il y a un travail, et c'est pour ça que le DSI ne doit pas être solitaire. c'est que même, alors parfois, et encore une fois je crois beaucoup au côté bottom-up, c'est que c'est très bien aussi si parfois la prise de conscience, elle est amorcée par la partie ici, puis de dire pourquoi pas remonter aussi à la gouvernance, pour dire attendez, en fait, le jour, et là on a des exemples très concrets, tu ouvres le journal tous les matins, tu as des sujets de cyberattaque, de machin, l'État en fait les frais aujourd'hui plus que jamais, Il n'y a plus rien à prouver sur le fait qu'il y a un vrai travail à faire autour de ces sujets de stratégie de résilience des systèmes d'information.
- Speaker #0
Oui, je suis complètement d'accord. On est un peu en retard en France sur ce sujet-là. Pour moi, on l'a toujours été. On a eu un moment où c'est revenu, juste autour du Covid. Et puis après, les investissements ont rebaissé. On est plutôt dans la politique, mais c'est mon avis, en France, de « ça arrivera aux autres qu'aux autres » . Mais on le voit, les exemples qui arrivent. Or, le gouvernement, pour moi, c'est un autre sujet. C'est un autre sujet. Mais pour les entreprises, c'est toute entreprise qui est attaquée. Moi, je vois qu'il n'y a pas d'exception. Et l'IA ? ne faire qu'accélérer. Parce que le hacker, il a maintenant des possibilités de faire des recherches de manière rapide et efficace grâce aux IOD. Donc après, quand il a son plan d'attaque, il n'a plus qu'à le faire.
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu as même, là c'est les côtés pompiers pyromanes, mais tu as même les éditeurs de ces IOD qui disent les gars, il va peut-être falloir qu'on lève un peu le pied ou alors qu'on encadre de manière collective les sujets parce que Euh... Parce que ça va tellement vite qu'on n'est pas près du tout. Oui,
- Speaker #0
et puis on le voit bien, des IA ont attaqué. On a eu deux exemples d'open AI. Oui, et donc, oui, il y a un vrai sujet sur ce côté-là. Je voulais qu'on parle aussi de ton média, de la tech à la terre. Voilà que... Je ne me rappelle plus des dates, mais tu le rediras. Tu as pas mal d'interviews, pas mal de choses autour des sujets. J'aime bien les lire. Sur certains sujets, ça me permet de revoir certaines personnes que j'ai interviewées comme Gaël, Gaël Duesque, qui finalement a un peu le même parcours que toi. Au final, il a eu un switch à un moment à peu près à la même époque. À peu près à la même époque, mais voilà. Tu interviews pas mal de gens, beaucoup de choses. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus sur ce média ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. J'ai expliqué tout à l'heure tout mon cheminement sur mes prises de conscience. Et puis en parallèle, je lis beaucoup et j'aime bien écrire. Et donc je me suis mis à peu près à la période où j'ai décidé de céder mon agence web. J'ai commencé à écrire un peu. Je reprenais le temps de faire ça. Et puis je me suis dit, pourquoi pas finalement en parler parce que la sensibilisation me tient à cœur. Et donc... Le fait de sensibiliser et de montrer des choses. Alors au début, j'ai commencé, je me suis dit, je vais faire un truc qui s'appelle la TEC à la terre, ça me parlait bien. C'était plutôt sur les impacts environnementaux. Donc je révisais des articles thématiques au départ. C'était il y a trois ans, j'ai démarré il y a trois ans. Et c'était sur... Alors pour l'instant, je l'évoquais tout à l'heure, mais ce média ne vit que sur... qu'à travers LinkedIn. Mais tu vois, si on parle de dépendance, ça m'embête un peu parce qu'il est né là-dessus. Donc vu que je suis très présent sur cette plateforme, je publie ces... ces interviews en format écrit, ces articles en format écrit sur LinkedIn, mais je suis en train là de préparer d'ici la fin de l'année sur une sortie de... Pas une sortie, en tous les cas, je vais le rendre plus indépendant sur une plateforme que moi, je mettrais en place plutôt sous un format un peu page web. Et donc, j'ai commencé à écrire des articles il y a trois ans sur plutôt des sujets de vulgarisation autour du numérique responsable. quelques exemples sur, justement, c'est quoi la sobriété numérique, c'est quoi la low-tech, c'est quoi, à quoi servent les câbles sous-marins, c'est quoi les enjeux géopolitiques du numérique, enfin bref, ce genre de choses. Puis finalement, au fur et à mesure, je me suis dit, bon, les articles sont sympas, mais les gens me disaient que ça les intéressait, mais ça manquait de créer le monde humain, et donc il y a deux ans, quasiment, en août 2024, j'ai commencé à faire les premières interviews, et finalement, ce média de la tech à la terre est devenu uniquement, quasi, uniquement que des interviews. Et donc, j'en sors et j'arrive à m'y tenir et j'en suis très heureux à en sortir deux pour moi. Et ce qui est très chouette, c'est que, en fait, c'est quelque chose que je fais à titre purement bénévole. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun modèle économique derrière ça. Par contre, c'est extrêmement enrichissant parce que, d'une part, moi, ça me permet de rencontrer plein de gens qui œuvrent et ça me fait, d'une part, du bien. C'est aussi parce que je découvre, et c'est très enrichissant d'un point de vue de la connaissance et des rencontres que je peux y faire. Et puis par ailleurs, ça reste un modeste petit média avec quelque chose comme 1500 abonnés, mais qui aujourd'hui est plutôt apprécié et ça met aussi en lumière ces acteurs-là. Donc je le fais aussi pour ça, à la fois pour les rencontres que j'y fais et à la fois pour... la lumière que ça peut mettre sur ces acteurs-là qui, je pense, méritent vraiment d'être mis en avant.
- Speaker #0
Je te rejoins. Moi, j'ai fait le choix de le faire via mon podcast. Parce que j'ai moins la facilité d'écrire et moins l'envie. Moi, j'aime bien échanger, j'aime bien dans l'échange. Donc, j'avais trouvé ce podcast parce que là, ça va faire cinq ans, je crois. cinq ans que je l'anime. Et moi, c'est par les rencontres, par des échanges comme on peut le faire, faire découvrir aussi des gens à d'autres et puis prêcher un peu la bonne parole. Pour moi, on est dans la sensibilisation aussi. On est dans la façon de faire passer notre message qu'on veut faire passer. Et je trouve que c'est hyper intéressant. Et c'est vrai que ton média porte autre chose, une manière de lire, etc. Je pense que le fait de le sortir de LinkedIn est plutôt intéressant pour moi parce que je pense que déjà, ça va peut-être t'ouvrir d'autres portes et d'autres façons de le faire. Je trouve que c'est intéressant. Je suis très podcast, mais ça ne m'empêche pas d'aller lire tes articles. Alors, je n'étais pas abonné. Je n'avais pas vu qu'on pouvait s'abonner. Je me suis abonné à l'instant. Je te suivais, donc j'avais les choses directement. Donc là, je viens de le faire en direct. Je suis le 1507ème abonné au 3 septembre. Bienvenue au podcast. J'espère qu'après aussi, le podcast en aura un peu plus. Je trouve que c'est intéressant d'avoir cette vision un peu posée aussi.
- Speaker #1
sur l'écriture. Oui, parce que moi, l'écriture me plaît et j'essaie de faire des articles, des interviews, je le lise de 10 à 20 minutes. En gros, ça se lit assez bien. Et puis surtout, ce que j'essaie de faire, c'est de varier pour aussi amener le fait que l'émail responsable englobe énormément de sujets. Je vais peut-être juste en citer quelques-uns. Je ne veux pas citer tout le monde.
- Speaker #0
Je serais demandé un peu ce qui t'ont peut-être marqué. Alors, c'est compliqué de dire parce que tout le monde t'a marqué.
- Speaker #1
Mais peut-être juste pour montrer l'hétérogénéité des sujets qu'on aborde. là j'ai cité tout à l'heure Vincent Courboulet l'interview n'est encore pas sortie elle va sortir dans les prochaines semaines qui est vraiment spécialiste des impacts du numérique et cofondateur de l'institut numérique responsable j'ai interviewé dernièrement Erwann Fangia qui est de l'ADEME sur la sobriété numérique on parlait tout à l'heure du design de l'attention, j'ai pu échanger avec Annaëlle Bénion par exemple sur justement les impacts du design numérique j'ai parlé aussi avec Benjamin Goulon de ses activités artistiques où là il a une approche technocritique à travers l'art qui est hyper inspirante. Je pense à Yannick Diodo aussi sur les impacts du numérique sur la santé, et notamment la sédentarité, c'était hyper intéressant. C'est un médecin du sport qui me parlait de ça. Je pense à Ferréol Lespinas aussi sur la sobriété éditoriale, très intéressant sujet. Agnès Crepet de chez Fairphone, où on a parlé de solutions logicielles, c'était une super interview.
- Speaker #0
Et c'est là aussi, moi avec Olivier Hamann, où j'ai appris par rapport à Fairfax la différence entre du reconditionné et du reconditionnable. Oui, absolument. Je trouve que Fairfax en est le bel exemple. En plus, c'est français. Il ne faut pas l'oublier.
- Speaker #1
Fairfax, ce n'est pas français. C'est néerlandais. Ah oui,
- Speaker #0
néerlandais. Neuroclair. C'est européen, donc c'est bon.
- Speaker #1
Je pense, juste pour finir la boucle, sur des sujets encore très variés, mais je pense aussi à Lise Breteau sur les sujets du droit du numérique, qui était aussi une chute d'interview. James Martin sur les impacts de l'IA et la transition énergétique.
- Speaker #0
Il y a lui aussi, je te coupe, parce qu'on en parlait, quelqu'un qui est aussi sur le sujet, on a parlé d'Olivier Hamon, mais sur de la robustesse, tu as Clément March aussi.
- Speaker #1
Clément March, effectivement. J'ai donc devenu un G.O. Absolument. D'ailleurs, je ne sais pas si tu l'as déjà interviewé, Clément, ou pas ?
- Speaker #0
Non, non, non. Je sais parce qu'on est dans le même groupe. Il a été invité pour participer à Résil IT, qui est un guide autour de la résilience. Il y a un sujet autour de la robustesse.
- Speaker #1
Je t'invite éventuellement, pourquoi pas, à l'inviter sur ton podcast, parce qu'il a beaucoup de choses à dire et très intéressant. Oui,
- Speaker #0
je pense.
- Speaker #1
Pour en citer un dernier, je ne peux pas citer tous ceux que j'ai interviewés, mais je pense aussi sur un sujet encore assez large, mais éloigné de ceux qu'on vient d'évoquer avant, mais je pense à Arnaud Lévy sur tout ce qui est numérique d'intérêt général, le numérique éthique et coopératif. Il y a un gros sujet autour du numérique à l'école, parce qu'il défend aussi la dénumérisation de l'école.
- Speaker #0
Oui. Non, non, mais... En plus, j'ai vu... C'est vrai qu'avec Clément, en plus, tu parles de permant-entreprise, par exemple, qui... Un mot que... Tous les deux, on est au CJD, donc on en entend parler depuis longtemps, mais qu'on est en train de voir de plus en plus arriver. Depuis un an, on parle beaucoup plus de permantreprise, donc c'est des choses qui commencent à un peu plus arriver. Il y a tous ces sujets aussi que tu abordes dans ton média parce que finalement, tout est un peu lié. Tout est un peu lié et je le trouve plutôt intéressant et très agréable à lire. Et oui, tu dis 20 minutes, je les trouve un peu plus courts quand même. Et je trouvais ça, le format était très bien. Enfin, moi, en termes...
- Speaker #1
C'est à 20 minutes en fonction des articles. Il y a des articles qui sont un peu plus longs parfois parce que le sujet nécessite d'être davantage... difficilement synthétisé.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. Et puis j'ai vu aussi que tu faisais des... Enfin, je ne sais pas, tu appelles ça des hors-série, mais sur des livres, par exemple. Oui,
- Speaker #1
alors j'ai démarré... En fait, c'est pour ça que j'ai dit j'ai exclusivement des interviews, mais en fait, depuis peu, là, j'ai refait un... Là, j'ai refait un hors-série il n'y a pas longtemps. Justement, suite à une lecture, je me suis dit « tiens, j'ai envie d'écrire aussi sur autre chose » . Et là, c'était plus presque une approche un peu philosophique, ou la notion de liberté, et je vais en avoir d'autres. D'ailleurs, je prévois, à travers certaines de mes lectures estivales, et parce que c'est l'actualité, de sortir un hors-série prochainement sur l'IA et la démocratie.
- Speaker #0
D'accord, ok. Mais en plus, je pense que t'es comme moi, parce que j'ai vu que dans tes interviews, tu demandais les livres, etc. Donc, ta liste de livres à lire augmente à chaque fois.
- Speaker #1
J'en ai plein, mais je savais que t'allais me poser la question, donc j'avais un peu préparé ma réponse. J'en ai rechoppé un tout à l'heure au passage, donc j'en ai quatre là que j'ai préparé, mais je pourrais t'en citer plein d'autres. Là, dans les livres récents, je conseille vivement IA, le grand enfumage de Louvel Green et Théo Alves d'Acosta qui est celui-ci qui pour moi est le livre récent que j'ai pu lire qui est le meilleur en termes de pour comprendre les enjeux et puis déconstruire un peu les croyances qu'on peut avoir de l'IA, c'est hyper intéressant Après, j'ai cité tout à l'heure Vincent Courboulet, il a co-écrit un livre avec Rémi Marron et Alice Daron, d'ailleurs Alice Daron que j'ai pu aussi interviewer, qui s'appelle « Vers une IA frugale » . Et ça, c'est hyper intéressant parce que ça, c'est très ancré, je pense, pour ton audience sur comment réussir des projets en équipe, maîtriser son empreinte environnementale, réduire ses coûts. Il y a vraiment une méthodologie. Et d'ailleurs, c'est bien « Vers une IA frugale » , c'est tendre vers une IA frugale dans une organisation. ça peut être hyper intéressant. Et puis après, j'ai deux fondamentaux. Il y en a un justement qui s'appelle « Pourquoi l'IA fragilise la démocratie et comment y remédier ? » Ça, c'est une de mes lectures estivales qui est vraiment hyper inspirante, notamment dans les temps qui courent et notre actualité politique et notamment l'approche électorale 2027 chez nous. Et puis, un fondamental aussi de Félix Coelho, géopolitique du numérique. Oui, ça me semble...
- Speaker #0
Je l'ai lu suite à conseil de Gaël.
- Speaker #1
Voilà pour mes conseils de lecture, mais je pourrais t'en envoyer d'autres si tu veux.
- Speaker #0
Je vais entendre les articles.
- Speaker #1
Cyberpunk aussi, justement, qui a donné naissance à l'article que j'ai écrit sur la liberté, qui est aussi un livre très engagé, mais vraiment...
- Speaker #0
Peut-être... Un jour, tu l'auras en interview. C'est compliqué.
- Speaker #1
Peut-être. Tout comme j'espère aussi pouvoir interviewer Ophélie Coelho prochainement. Non, je ne suis pas... Je suis quelqu'un de patient.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. C'est vrai que je voulais juste qu'on reparle rapidement. Je trouve qu'on reparle rapidement un peu du CJD aussi, parce qu'on se connaît par là. Tu es toujours président du CJD Bourgogne-Franche-Comté ? Oui,
- Speaker #1
j'attends que ma deuxième année.
- Speaker #0
Je ne savais pas, parce qu'avec les changements et tout, comme le mandat n'est que de deux ans, on sait que c'est un mouvement entrepreneurial humaniste et qu'il demande aussi à expérimenter beaucoup. pour bâtir des entreprises responsables et désirables. C'est ce qu'on est. On est avec des modèles économiques qui sont au service du vivant. En plus, on a la chance d'avoir là, en 2026, une nouvelle présidente qui est issue du monde du numérique, Mathilde. Toi, comment ça peut infuser dans tes choix numériques ou dans nos choix numériques d'être au CJD ? Je voulais avoir un peu ton avis parce que je n'ai pas eu souvent des idées en podcast.
- Speaker #1
En fait, comme je l'ai dit tout à l'heure, j'attaque ma douzième année. Onzième ou douzième ? Ça fait plus de temps que j'y suis. Et en fait, ça a contribué énormément à mon cheminement et à tous les sujets sur lesquels j'ai pu prendre conscience. des enjeux présents et de ce qui advient. Et si je fais le lien... Ta question, c'est le lien entre le CGD et mon métier, et le numérique, en fait, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, oui, c'est ça.
- Speaker #1
En fait, on parle au CGD de mettre l'économie au service du vivant. De plus en plus, ces dernières années, on parle de transformation, on parle de transformer nos modèles. économique justement pour les rendre plus vertueux et aussi se préparer à ce qui arrive. Le numérique, il n'y coupe pas. Et comme on est dans une société... où la société s'est extrêmement numérisée. Et je pense qu'aujourd'hui, on est dans une vraie fragilité par rapport à ça. Et d'ailleurs, je ne peux m'empêcher de citer un autre livre qui me vient, mais que je conseille fortement, qui s'appelle Le Jour Zéro, qui est sorti cette année et qui est en fait un... Un roman d'Adrien Clint qui parle très bien de ça. C'est le jour où, à cause d'une éruption solaire, l'intégralité du numérique dans le monde s'arrête. Et donc, il n'y a absolument plus rien qui tourne. Et ça raconte l'histoire du monde qui s'effondre parce qu'en fait, on est tellement dépendant du numérique. que si tout s'arrête, concrètement, on ne fait plus grand-chose. Et ça, ça a été une de mes lectures aussi marquantes. Alors là, c'est plutôt quelque chose qui est évidemment... C'est une fiction, mais c'est une fiction qui peut être tout à fait réaliste. Et donc, ça pourrait arriver que demain, pour X raisons, et même d'ailleurs, certains autres pourraient en parler aussi, mais je pense notamment à Frédéric Bordage qui pourrait parler de pénurie de retour. C'est un des premiers qui alerte sur le sujet en disant « Nos enfants connaîtront probablement un numérique beaucoup plus low-tech que nous. » Et donc là, j'ai un peu digressé par rapport à la question initiale, mais je vais y revenir. C'est que là où je fais le lien entre ce qu'on propose nous et ce qu'on porte comme vision à CGD et mon métier qui est le numérique, c'est que justement, je défends un numérique. qui est avant tout au service de l'humain et du vivant, c'est-à-dire comment je peux être, si je reprends la théorie du Donetsk, c'est comment je peux être au centre entre les limites planétaires et puis les enjeux sociaux, pour dire comment je peux réellement avoir un numérique qui est au service de ça, et qui crée réellement de la valeur pour l'être humain, et pas pour des usages complètement inutiles, éphémères, et uniquement pour du divertissement. qu'en fait on est en train de scier la branche sur laquelle on est assis. Donc voilà quel lien je peux faire entre ce qu'on défend d'une économie au service du vivant au CJD et comment je viens en faire le parallèle dans mon métier autour du numérique et donc comment je peux avoir un numérique qui est beaucoup plus durable et qui respecte autant que possible et qui se met au service de l'être humain vivant.
- Speaker #0
Tu parlais de toi du livre Le Jour Zéro, je ne sais pas si tu l'as lu aussi le livre de Nicolas Vannier, c'est Le Monde à l'envers qui est sorti aussi en film. Oui, j'ai pas lu le livre,
- Speaker #1
mais j'ai vu le film avec Mickaël Hume. Oui, c'est ça. J'ai vu et effectivement, il m'a bien marqué ce... Il est d'ailleurs plutôt bien fait, film français, assez bien réussi dans le message qui passe.
- Speaker #0
Oui, j'ai lu que le livre, j'avais lu le livre et après, avec le CJD, on avait eu un événement, une prestige avec Nicolas Vanni. C'était intéressant, il était juste en train de le tourner, en plus il remet du tournage, donc c'était sympa. J'ai une dernière question pour clôturer, c'est à qui pourrais-tu passer le relais ? Tu m'as cité plein de gens, tous pourraient être, mais si tu en avais une, tu me dis.
- Speaker #1
Si tu ne l'as pas interviewé encore en podcast, puisqu'apparemment c'est le cas, spontanément j'aurais pensé à Clément March. Pourquoi ? Parce que vu le public que tu adresses, je pense qu'il parlerait beaucoup à un public plutôt DSI, justement parce qu'il amène une vraie méthodologie autour de comment rendre votre système d'information plus robuste. à travers de la mise sous stress. Ils ont une méthodologie bien précise. Ils ont créé aussi, co-créé l'atelier Fluctuality qui est assez chouette que j'ai eu l'occasion de faire avec eux. Donc ouais, si j'avais... Évidemment, je pourrais titrer plein d'autres gens, mais pour en parler tout à l'heure spontanément, je t'inviterais à le contacter.
- Speaker #0
Très bien, je le contacterais. Écoute Yannick, merci beaucoup, c'était top. Merci à toi C'est un bon moment,
- Speaker #1
on aurait pu continuer je crois longtemps On a eu plaisir de se croiser au CIGD ou ailleurs Toi tu es à Saint-Etienne ?
- Speaker #0
Je suis à Saint-Etienne, c'est ça C'est ça, je suis à Saint-Etienne, au CJD ou ailleurs. Je n'ai pas pu aller à Nice au congrès cette année. Un peu trop chargé, mais on pourra se recroiser peut-être au prochain dans 20 ans et demi maintenant. Je ne sais même pas où il est.
- Speaker #1
Ce n'est encore pas défini, donc c'est normal que tu ne saches pas.
- Speaker #0
Voilà. Par contre,
- Speaker #1
il y a une rencontre du réseau à Paris le 5 février.
- Speaker #0
Oui, sûrement. C'est prévu. Je te remercie Yannick, à bientôt.
- Speaker #1
Merci Nicolas, à bientôt.
- Speaker #0
Voilà, c'est la fin de l'épisode. Un grand merci à Yannick pour son énergie et sa franchise. Je devais en garder trois idées. Une technologie ne répond de rien, la responsabilité est collective. Un système d'information sobre, c'est d'abord des arbitrages avant d'optimiser. Et un DSI n'a pas à rester solitaire. Se résigner n'est pas une option. Les livres, les articles et tous les liens cités par Yannick sont dans les notes de l'épisode. Et il me passe le relais vers Clément March sur la robustesse des systèmes d'information. J'ai bien noté. Si ce podcast vous plaît, abonnez-vous, partagez, notez. Ça prend 10 secondes et ça aide vraiment. A très bientôt dans D.S.I. et des hommes.