Speaker #1Si c'est la première fois que t'écoutes ce podcast, bienvenue. Ici, on parle de transformation, de résilience, de développement personnel et de finances personnelles. Mais surtout, on parle vrai. Pas de bullshit, pas de développement personnel en mode arc-en-ciel. Du vécu, du concret. Des gens qui ont traversé quelque chose et qui ont décidé d'en faire leur carburant. Si tu me suis déjà, merci d'être là. Et tu sais que quand je lance un épisode solo, c'est que j'ai quelque chose à dire qui attend pas. Aujourd'hui, pas d'invité, juste toi et moi. On va parler d'un sujet que personne n'ose vraiment mettre sur la table parce que c'est un sujet qui est tabou, parce que ça fait peur et parce que surtout qu'on nous a appris en étant petit que la famille, c'est sacré, que le sang, ça ne se trahit pas et que quoi qu'il arrive, on doit rester dans la famille. Parce qu'aujourd'hui, on va vraiment parler de la famille et de la décision la plus difficile. que j'ai dû prendre de toute ma vie. On m'a dit que j'avais tort, que c'était ma famille, que je ne pouvais pas faire ça et que le sang, ça ne se trahit pas, que je le regretterais clairement. Ils avaient peut-être raison sur tout, sauf sur une chose, que rester, ça me tuait. Aujourd'hui, je vais te parler de ce que ça coûte vraiment de rester dans quelque chose qui te détruit, de ce que ça coûte de partir. Et surtout, de ce que ça donne quand tu apprends, enfin, à te choisir toi-même. Depuis aussi loin que je me souvienne, en fait, j'ai senti un décalage. Que ça soit dans l'éducation, dans les valeurs ou dans la façon d'être traité. Dans les règles qui s'appliquaient différemment selon les personnes. Comme si t'étais dans la même pièce que tout le monde, mais à une fréquence que personne capte vraiment. à croire qu'on n'était pas sur le même signal radio à certains moments. Et en fait, ce décalage, c'est quelque chose que t'essayes d'expliquer au début, t'essayes de mettre des mots sur tes mots dessus, mais t'essayes aussi de te faire comprendre à l'autre que non, que quelque chose coince, que non, c'est pas normal, que non, tu te fais pas de film. Et souvent, ce qu'on te répond, c'est ta famille, c'est comme ça, tu exagères. Et cette réponse, on me l'a dit, mais des centaines de fois. C'est ta famille, c'est comme ça, tu dois vivre avec. Tu es toujours en exagération de certaines choses et ce n'est pas normal. Et peut-être que toi aussi, tu connais cette sensation. Pas forcément la même histoire que moi, mais cette impression d'être là. Sans vraiment être vraiment à ta place. D'appartenir à quelque chose mais qui ne te correspond pas. De jouer un certain rôle qu'on t'a distribué sans te demander ton avis. Une espèce de case où on t'a mis en te disant reste à ta place. Et là tu es à ta place. Mais toi tu sais que jouer ce rôle dans cette case qu'on t'a distribué. et qu'on t'a rien demandé. Et avec le temps, tu arrêtes d'essayer d'expliquer. Comme je disais avant, tu le dis, et on te dit tu exagères donc. Au bout d'un moment, tu vas intérioriser ça, tu vas arrêter d'expliquer, et tu te fermes de plus en plus, et tu essayes de faire bonne figure. Que ça soit à Noël ou au repas de famille, tu encaisses les remarques, et... Au bout d'un moment, t'as même plus envie de te justifier, t'as juste envie de te taire. Parce qu'à certains moments, c'est plus simple. Parce que c'est moins douloureux que de te battre contre quelque chose qui bouge pas, au final. Moi, ce décalage, il avait une dimension supplémentaire. Parce que j'ai grandi sans savoir vraiment d'où je venais. Pas de manière floue, mais de manière concrète, de manière littérale. Puisque je n'avais pas de photo de mon père à l'époque. J'avais des questions sans réponse, une histoire qu'on m'avait racontée qui n'était pas la mienne. que j'ai cru pendant des années parce que c'est tout ce que j'avais. Et à travers ce mensonge-là, c'était ma réalité. À des moments, je me suis dit, ok, ah, ben cette histoire, c'est mon histoire. Et j'ai cru. Cette histoire a fait de moi mon image. Et cette situation, elle a créé quelque chose de très particulier dans la construction d'une identité. Quand t'as pas de base solide sur laquelle vraiment t'appuyer, Tu cherches à te définir à travers les autres, à travers leur regard, à travers leur validation. Tu te demandes constamment qui je suis si personne ne me le dit vraiment. Et tu as même cette question que tout le monde te pose un jour dans la cour d'école, au travail, en soirée, en famille. Tes parents, ils font quoi dans la vie ? Et cette question, ça a toujours été une question compliquée pour moi. Et toi, t'as pas de case, t'as pas de réponse simple en fait. Et t'es dans une société qui adore les cases. Et ça crée quelque chose de particulier parce que t'as un espèce de gros malaise. Pas quelque chose de bruyant mais quelque chose d'intérieur, de quelque chose de très silencieux. Mais c'est quelque chose de constant. Comme un espèce de fond sonore que t'entends en permanence mais que les autres, bah, ils perçoivent pas. Comme un bip mais que les gens n'entendent pas. Et je vais dire quelque chose d'important, ce vide-là, pendant longtemps, j'ai tout fait pour le remplir de l'extérieur. Que ça soit dans la performance, que ça soit dans le travail, que ça soit dans les relations, dans la preuve permanente que j'existais, que j'avais de la valeur, que j'étais quelqu'un. Mais attention, spoiler alert, ça marche pas. Ça a jamais marché et ça ne marchera jamais. Parce que ce vide-là... Ce que j'ai compris, c'est qu'il ne se comble pas de l'extérieur, mais il se comble en fait quand tu décides d'être toi et de te regarder en face. C'est exactement ce dont on va parler aujourd'hui. Il y a des moments en fait dans une vie où le sol il dérobe, où il est en train de craquer sous tes pieds. C'est pas dans un drame, c'est pas dans une dispute, c'est pas dans un moment... qu'on t'annonce avec des pincettes. C'est dans le silence absolu, d'un moment complètement banal, où tu t'y attends pas du tout. Pour moi, c'était juste un formulaire. Un formulaire où j'ai rempli un visa pour partir aux Etats-Unis. Je devais partir à des milliers de kilomètres. J'ai rempli les cases, le nom, le prénom. Et là, je m'arrête à un moment parce que je vois mon acte de naissance et je vois qu'il y a quelque chose qui cloche. Parce que normalement... Quand t'es adopté, t'es censé avoir le nouveau nom de la personne qui t'a adopté. Et moi je regarde ce papier et je me dis mais il y a une chose qui ne correspond pas à ce qu'on m'avait dit toute ma vie. Et c'est comme ça en fait que j'ai découvert qu'on m'avait menti à un certain moment de ma vie quand j'avais 30 ans. Et c'était pas dans une conversation, c'était pas dans une lettre, c'était dans un moment de vérité choisie que j'avais préparé. Et je me suis dit je vais partir aux Etats-Unis. Et sur un formulaire en fait administratif, ce que je découvre c'est que, loin de tout ça, je me dis mais en fait, je découvre qu'on m'avait jamais adopté. Légalement et officiellement, que cette famille, t'es ma famille au sens plein du terme si tu veux, mais les papiers n'avaient jamais été signés. Et là tu te demandes comment on vit avec ça ou comment on digère l'idée de la réalité sur laquelle en fait... Tu t'es construit pendant des années et t'es parti en une fiction. Et honnêtement, c'était une période qui n'était pas facile. Il ne s'est pas arrivé du jour au lendemain. Tu t'imagines bien. Parce que ce n'est pas juste une information, c'est une remise en question de tout. De la réalité que tu t'es construit à travers ta famille. De qui tu es. De ce que tu croyais savoir. De la confiance accordée à des gens qui auraient dû te protéger. à une certaine période. Et je veux qu'on s'arrête là-dessus une seconde. Parce que beaucoup d'entre vous ont vécu une version de ça. Peut-être pas de ce scénario précis, mais le mensonge d'un parent ou la découverte d'une vérité cachée. On le sait que souvent, il y a des secrets familiaux qui sont lourds et que parfois on découvre que ça soit une trahison de quelqu'un sur qui on comptait. ou d'autres, ce sentiment que le sol sous nos pieds Il est moins solide que ce qu'on croyait, parce que ce sol, c'était nos fondations, c'était nos croyances. Et dans ces moments-là, ce qui différencie en fait ceux qui s'en sortent de ceux qui restent complètement coincés, c'est la question qu'ils se posent. Ceux qui restent coincés se demandent pourquoi moi, pourquoi ça m'arrive à moi, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Ça, ça a été ma première question à l'époque. Et à ceux qui s'en sortent, qui se demandent autre chose en se posant la question, maintenant que je sais ça, qu'est-ce que j'en fais ? De la victime à acteur d'une situation qui est compliquée, c'est clair que les premières questions qu'on peut se poser, c'est pourquoi ça m'arrive à moi ? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? Et après, il y a le cheminement, il y a la construction qui se fait à ce niveau-là. Et quand on se construit sur une réalité qui est complètement fausse, Quand la fondation sur laquelle on s'est appuyé s'avère être en fait complètement du sable et que c'est complètement mou, en fait t'as deux chemins qui viennent à toi. Soit tu t'effondres, soit tu décides de construire une fondation qui est vraie, toi-même, pierre après pierre. Et là pour la première fois de ma vie, j'ai vu clairement ce que j'avais à faire. C'était me choisir, moi. Pas la version qu'on m'avait imposée, pas la version qu'on attendait de moi, parce que souvent on attendait des choses de moi, c'était une version qu'on m'avait imposée. Et là j'ai pu me choisir moi. Et là, c'est ce qui a changé à ce moment-là. Pendant presque 30 ans, j'ai fait autre chose. J'ai dû prouver que j'étais capable, que j'avais de la valeur, que... Ce que je faisais méritait d'être vu, reconnu, célébré. J'ai travaillé toujours plus que les autres. J'ai voulu performer. J'ai construit, j'ai accumulé. Pas pour moi, mais pour montrer. Pour que ça se voit. Pour que ça compte aux yeux des gens qui, au fond, s'en foutaient clairement. Et tu sais à qui je cherchais à prouver tout ça ? à des gens qui n'étaient pas capables de voir ces choses-là. Pas parce qu'ils étaient forcément mauvais dans leur globalité, mais parce qu'on ne peut pas, en fait, donner ce qu'on n'a pas. Et certaines personnes, même celles qui portent le même sang que toi ou que moi, ils n'ont pas la capacité à nous voir tel qu'on est vraiment, de nous reconnaître vraiment, de te dire « je suis fier de toi » . et que ça veut dire quelque chose. Et le problème de cette phrase, c'est pas eux, c'est moi. Moi qui continuais à jouer un espèce de jeu de rôle où personne en fait d'autre ne jouait vraiment avec moi. Moi, en fait, j'attendais une réponse d'une porte fermée à double tour, en fait, si tu veux. Je frappais encore et encore et en fait, j'espérais qu'un jour, quelqu'un m'ouvrirait cette porte. Peut-être que toi aussi tu connais ce jeu-là, un parent qui t'essaie de montrer que t'as réussi, même adulte parfois, même en étant indépendant, même quand on n'en a plus besoin, que ça soit un frère, que ça soit une sœur, on attend souvent cette approbation qui compte encore trop, même si on a parfois du mal à l'admettre. Une famille, ils vont souvent mesurer ta valeur et des critères. qui ne sont pas les tiens. C'est le leur. C'est leur valeur ancestrale. Le diplôme, le salaire, le conjoint, les enfants, c'est souvent ces critères à eux, mais pas les tiens. Et on essaye de continuer à courir après cette validation-là, inconsciemment, mais on fonctionne de manière automatique. Parce que c'est un schéma qui s'est installé tellement tôt en étant enfant que toi-même, tu n'as même pas réalisé que c'était lui qui dirigeait ta vie. Cette attente-là, elle est une prison. Et toi seul as la clé pour pouvoir en sortir. Et il y a quelque chose d'encore plus difficile dans tout ça, quelque chose qu'on nomme pas assez clairement, c'est cette espèce de jalousie familiale. Parce que quand parfois on ose avancer, quand toi tu prends des décisions courageuses pour ta vie, quand parfois tu changes de cap, Parce que t'as appris à lire ta boussole à un moment et tu t'es dit mais moi je change de cap. Et quand tu oses te séparer, quand tu réussis, quand tu guéris, quand tu évolues, tu deviens quelque chose de très particulier pour ceux qui restent à l'arrêt. Tu deviens une espèce de miroir. Et un miroir, ben ça dérange. Parce qu'il montre en fait aux autres ce qu'ils refusent de voir en eux-mêmes. Et un miroir, ça dérange, parce qu'il montre ce que les autres refusent de voir en eux-mêmes. Les gens qui sont malheureux dans leur propre vie, qui restent dans une espèce de relation qui les éteint depuis plus de dix ans, qui font un métier qui les vide depuis vingt ans, qui portent des rancœurs, des regrets, des blessures, des pardons qu'ils n'ont jamais osé dire depuis toujours. Ces gens-là, ils ne vont pas te féliciter quand tu avances, ils vont plutôt t'écraser. Parce que c'est plus facile. que de se regarder dans un putain de miroir que tu leur tends sans le vouloir. T'as vu ce que t'as fait à tes enfants ? Tu te crois mieux que nous ? T'as changé, tu penses à toi. Non, je me crois pas mieux. La seule différence, c'est que je me suis choisi. Ce n'est pas pareil. Et je veux que tu retiennes ça. Non, je me crois pas mieux. Je me suis choisi. Ce n'est pas pareil. Ton mouvement en avant, c'est ta croissance et tes décisions courageuses, ta reconstruction. Tout ça, c'est pas une attaque contre eux, contre tes amis, contre ta famille, mais ça peut le ressembler pour quelqu'un qui a choisi de rester complètement immobile dans une situation qui ne le nourrit pas. C'est leur problème, c'est pas les tiens. Et c'est pas à toi de te rétrécir pour que les autres se sentent à l'aise. Tu as ta place, et ça c'est important de le comprendre. Le lien de sang, c'est pas un passe pour tout, et je veux qu'on s'y arrête vraiment, parce que cette phrase, on n'entend jamais dans ce sens-là. Le lien de sang, c'est pas un passe pour tout. Ce qu'on entend tout le temps, c'est l'inverse. C'est ta famille, c'est ta mère, c'est ton frère. Une espèce de sous-entendu dont t'as pas le droit de te plaindre, donc t'as pas le droit de t'éloigner, t'as pas le droit d'avoir une opinion là-dessus. Parce que c'est ta mère, c'est ton père, c'est tes frères et sœurs. Mais on ne te dit jamais l'inverse. On ne te dit jamais, c'est ton enfant, donc tu ne peux pas lui mentir. C'est ton frère, donc tu ne peux pas le trahir. C'est ta famille, donc le respect est obligatoire dans les deux sens. Le respect, il se doit dans les deux sens, toujours, sans exception. Que tu aies 8 ans ou 40 ans, que ça soit ta mère... ton père, ton frère, ta sœur. On n'a pas à accepter d'être traité d'une manière différente parce que tu portes le même nom. On n'a pas à encaisser le mensonge, on n'a pas à encaisser les préférences qui sont injustes, une espèce de manipulation ou des espèces de comparaisons qui sont parfois destructrices en famille parce que c'est ta famille et c'est comme ça. Non, c'est pas comme ça. Ou en tout cas... ça ne devrait pas l'être. Parce que les comparaisons, elles peuvent détruire. J'ai connu des comparaisons. Oui, mais ton frère fait mieux. Oui, mais ta sœur... Et ça, c'est quelque chose qui peut être complètement destructrice dans le développement au niveau d'un enfant, au niveau d'un adolescent et même en étant adulte. Et je vais encore me permettre d'aller encore plus loin parce qu'il y a une phrase qu'on utilise souvent. pour justifier de rester dans des situations qui nous font très très mal. Une phrase qui sonne bien, qui a l'air noble, qui a l'air courageuse, c'est « je reste par loyauté » . Je vais te dire une chose, parfois rester dans une relation toxique, c'est pas de la loyauté, c'est de la peur. La peur du jugement des autres. Qu'est-ce qu'ils vont dire ? Qu'est-ce qu'ils vont penser ? La peur de la culpabilité. Et si c'était... Et si c'est ma faute ? Et si j'aurais pu faire autrement la peur de solitude ? Et si après avoir coupé, je me retrouvais seul ? Ces peurs, elles sont réelles, elles sont complètement légitimes, parce que c'est profondément humain. Je ne te dis pas que je les minimise, mais elles ne peuvent pas dicter toute une vie. La culpabilité, la peur de solitude. Elles ne peuvent pas dicter toute une vie non plus. Elles ne peuvent pas être une raison pour laquelle on se sacrifie pendant des décennies. La vie, elle est trop précieuse. On n'en a qu'une et c'est important de le comprendre. Et voilà ce que j'ai appris quand j'ai arrêté de demander la permission. J'ai commencé à vivre parce que je me suis choisi. Pas la permission à ma famille, la permission à moi-même, la permission de me dire ce que je vis là, c'est pas acceptable. La permission de me dire je mérite mieux. La permission de me dire, je vais me choisir même si ça fait peur, même si ça dérange, même si personne comprend. Le plus important, c'est que tu sois au clair avec tes valeurs et avec toi-même. Parce que toi, seul, peux accepter ta vision dans un miroir. Il y a 5 ans, j'ai pris une décision. Pas dans un coup de colère, pas dans un espèce d'ultimatum dramatique, pas après une dispute de trop où tout explose. Mais dans un calme froid, en fait, je me suis posé et je me suis demandé si cette situation, clairement, était normale. Et enfin, sans se mentir, enfin, sans excuses, sans minimiser, sans espérer que ça allait changer, j'ai fait un bilan qui était simple. J'ai regardé ce que certaines relations me coûtait, que ça soit en énergie. en santé mentale, en paix intérieure, en capacité à avancer, à créer, à être présent. Et j'ai regardé ce qu'elle m'apportait. Et le compte, il était complètement vide depuis longtemps. Que ça soit mon compte bancaire ou mon compte intérieur, tout était vide. Alors ce que j'ai fait, c'est qu'à un moment, j'ai juste posé les bagages. Et je vais pas demander un compte de feuille parce que je suis pas là pour ça. Comme j'ai dit, c'est no bullshit. Ah ça serait vous mentir. Et c'est exactement ce que je veux pas faire dans ce podcast. La culpabilité, elle est réelle. Elle arrive la nuit, elle te pose des questions parfois à 3h du matin, donc elle t'a pas de réponse propre. Genre, t'as bien fait, t'aurais pu faire autrement, ou t'es pas allé trop loin. Le regard des autres, il est réel. Le commentaire, les jugements. Les gens qui ne comprennent pas cette situation, les gens qui te disent mais t'es égoïste, c'est égoïste que t'as changé parce que tu les as trahis. Et oui, le jugement et le regard des autres c'est quelque chose qui n'est pas facile parce qu'à travers le regard tu vois le jugement. Et puis il y a quelque chose que peu de gens te disent quand tu prends cette décision, pas parce que c'est le plus difficile à nommer, c'est le deuil. Couper avec sa famille, même quand c'est la meilleure décision de ta vie, c'est un putain de deuil, un vrai. Pas le deuil de ce qu'il était, le deuil de ce que t'aurais voulu qu'il soit. La famille que t'avais rêvé, celle que tu pensais mériter, mais celle que t'as jamais vraiment eue. Et ce deuil-là, en fait, il prend du temps et c'est normal. C'est... il s'est même sain. parce que c'est des émotions qu'on doit vivre, parce que ça veut dire que tu te reconnais dans ce que tu as perdu, ou plutôt, que tu n'as jamais eu. Mais voilà ce que j'ai découvert de l'autre côté de cette décision, c'est que voilà ce que personne ne te dit avant, parce que personne ne l'a vécu pour toi. Quand tu poses tes bagages, qui ne sont pas les tiens, tu retrouves une putain de légèreté que tu croyais perdue pour toujours. Ne l'oublie jamais. C'est pas une légèreté parfaite, c'est pas une légèreté sans cicatrices. Il va rester des cicatrices, mais une légèreté qui est complètement réelle. La légèreté de quelqu'un qui a arrêté de porter ce qu'il n'avait jamais choisi de porter. Et tu peux enfin choisir ce que tu remets dedans. Dans tes bagages, c'est ça se choisir. Tu peux enfin choisir ce que tu remets dedans. C'est ça se choisir. Souvent on entend... On ne choisit pas sa famille, c'est vrai, c'est une réalité qu'on doit accepter, sans en faire une prison à vie. Parce que ce qu'on oublie toujours dans cette phrase, c'est la suite. On choisit ses amis, on choisit sa tribu, on choisit les gens qu'on laisse entrer vraiment. Pas par obligation de sang, mais par envie sincère, consciente et réciproque. Et moi, mes amis sont devenus ma famille, pas par défaut, pas parce que j'avais rien d'autre, mais par choix. délibérés, conscients. Je les ai choisis et ils m'ont choisi aussi de l'autre côté. Et je vais te dire quelque chose sur le choix parce que je crois que c'est une des choses les plus sous-estimées de nos vies. Le choix, c'est la forme d'amour la plus pure qui soit, parce que personne nous y oblige. Quand quelqu'un décide d'être ta vie, pas par obligation, pas par culpabilité, pas par habitude, c'est réel, c'est solide, ça veut dire quelque chose. Et à l'inverse, quand toi tu décides d'être dans la vie de quelqu'un, d'y mettre de l'énergie, d'investir du temps, de l'amour, de la présence, ça veut dire quelque chose. C'est ça la vraie fondation, pas le sang, pas le nom de famille. Le choix. Et j'ai aussi appris à travers ça, à travers ces années de reconstruction, parce que ça fait six ans aujourd'hui que je me reconstruis à travers ça, c'est que j'ai rencontré des gens qui me ressemblaient, pas physiquement, mais dans des valeurs, des valeurs hautes, dans la façon de voir les choses, dans la capacité aussi à aller chercher quelque chose de plus profond dans la vie. Et cette ressemblance-là, elle m'a confirmé une chose. L'identité, elle se construit pas contre le vide, elle se construit malgré lui. Tu peux venir de nulle part, sans racines claires. La preuve, je suis né sans racines claires, sans histoire simple, sans cases. Je rentrais vraiment dans ces cases sociétales. Et tu peux te construire quelque part, quelque chose de solide, de réel, qui tient. Ça prend du temps, ça demande du travail, ça demande d'aller regarder en face des choses qui font... Pas plaisir à voir, parce que ça demande de l'honnêteté avec soi-même. Une honnêteté qui est complètement brutale, parfois, mais c'est le seul chemin qui mène quelque part de vrai. J'en suis la preuve si tu m'écoutes, là, toi aussi tu peux le faire. Peut-être que toi aussi tu portes quelque chose de lourd depuis trop longtemps. Peut-être que t'as une famille qui te pèse, sans que tu saches comment nommer cette chose. Peut-être que tu tiens à bout de bras des relations qui te vident depuis des années, parce qu'on t'a dit que c'est ça la loyauté. Peut-être que tu te sens coupable d'avoir des envies, des ambitions, une vie qui correspond pas à ce qu'on attend de toi. Peut-être que t'as envie de couper, mais que t'as peur. T'as peur de la solitude, t'as peur du jugement, t'as peur de te tromper, t'as peur des conséquences. Et peut-être que tu te demandes si toi t'as le droit. Oui, tu as le droit. Tu as le droit de ne pas accepter d'être traité indignement. Tu as le droit de t'éloigner de ce qui te détruit, même si ça porte le même nom de famille que toi. Tu as le droit de choisir le poids de ce que tu portes. Tu as le droit de construire une vie qui te ressemble, même si ça dérange, surtout si ça dérange. Parce que... Voilà ce que j'aurais voulu que quelqu'un me dise plus tôt. Se choisir, c'est pas de l'égoïsme. C'est le prérequis à tout le reste. T'arrives peut-être pas à te choisir toi-même. Tu peux pas vraiment choisir les autres. T'arrives pas à te respecter. Tu peux pas vraiment respecter les autres. T'arrives pas à te reconstruire. Tu peux pas construire quelque chose de solide avec qui que ce soit. Se choisir, c'est le point de départ de tout. tout. Moi, j'aurais pu rester, j'aurais pu continuer à prouver, à encaisser, à espérer que les choses changent. J'aurais pu appeler ça une espèce de loyauté. Mais j'appelle ça autrement. J'appelle ça avoir peur de me choisir. Et le jour où j'ai arrêté d'avoir peur, c'est là que tout a changé. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode t'a parlé, partage-le à quelqu'un qu'en a besoin. Parfois, un podcast tombe au bon moment. Parce que c'est exactement ce que... Parfois, c'est exactement ce mot-là, cette phrase-là qui manquait, que quelqu'un se dise, OK, j'ai le droit. Si tu veux aller plus loin, si tu sens que tu as besoin d'un espace pour poser tes bagages et à commencer à construire quelque chose de vrai, tu sais où me trouver. Tout est en bio dans cet épisode. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode. En attendant, prends soin de toi.