- Speaker #0
Salut, moi c'est Henri, bienvenue dans Gen Z at Work, le podcast qui explore la relation un peu compliquée, parfois toxique, entre la Gen Z et le monde du travail.
- Speaker #1
Salut à toutes et à tous et bienvenue sur un épisode un peu spécial de Gen Z at Work. Je suis Garance et à l'occasion du 8 mars, j'ai piqué le micro à Henri pour aborder un sujet d'actualité. Qu'est-ce que c'est que d'être une femme de la Gen Z en entreprise ? Eh ben, spoiler alert, c'est pas de tout repos. Entre l'égalité des salaires qu'on attendra visiblement qu'en 2167, les remarques misogynes des partisans nostalgiques de la tradwife et le syndrome de l'imposteur, c'est parfois même un véritable parcours de combattante. Mais la Gen Z, elle, débarque fraîchement au bureau avec de nouveaux idéaux et surtout une ferme intention de remettre les pendules à l'heure. Alors pour voir ce qui sépare ou rapproche... les générations de femmes au travail, j'ai décidé de croiser les regards et les expériences de deux femmes de la Gen Z, qui débarquent sur le marché du travail, et d'une femme qui a déjà un parcours riche et des années d'expérience. Bonjour à toutes les trois, merci d'être présentes sur ce podcast. Est-ce que vous pourriez d'abord commencer par vous présenter en quelques mots, chacune votre tour ?
- Speaker #2
Vas-y. Du coup, je m'appelle Emeline, j'ai 24 ans, j'ai fait un bac plus 6 en école de commerce.
- Speaker #3
Alors moi, je suis Gaëlle, j'ai 52 ans, on est dans les deux ans avec quelques années de plus. Donc c'est amusant parce que la première définition que tu donnes c'est tes études, alors je vais faire pareil, je vais donner mes études même si ça date. Donc moi je suis juriste, j'ai un bac plus 5 en droit et je n'ai jamais exercé dans le droit et je suis dans la communication RH depuis l'âge de 25 ans donc ça date. Et je suis chez i2o depuis deux ans et je suis la maman de quatre filles qui ont entre 27 et 16 ans, qui ont toutes leurs tempéraments voilà. Et chez Idozo, je suis directrice acquisition, donc je fais beaucoup de commercial et je gère une petite équipe.
- Speaker #4
Et moi, je m'appelle Ael, j'ai 24 ans aussi. Je viens de Nantes. J'ai fait un master Management et Business Development. Je suis passionnée d'audiovisuel et là, actuellement, je suis en recherche d'emploi. Depuis la fin de mes études, je cherche la bonne opportunité encore.
- Speaker #1
On va commencer cet épisode avec une question très simple. Enfin, j'espère. Aujourd'hui, ça veut dire quoi ? pour vous que d'être une femme au travail ? Et en quoi, selon vous, c'est différent que d'être en homme, ou pas forcément d'ailleurs ?
- Speaker #2
Moi, je dirais qu'être une femme au travail, aujourd'hui, je le définirais vraiment comme un défi, parce que il y a beaucoup de mentalités qui ont évolué, mais pour moi, il y a encore une marge de manœuvre qui est immense, sur plein d'éléments, mais à la fois, je trouve qu'être une femme au travail, en tout cas pour moi, c'est un épanouissement au quotidien. Parce que sur les échanges que je peux avoir avec, donc là actuellement je suis en concession, avec mes collègues, avec les clients, c'est un bonheur parce que justement les mentalités ont pu évoluer. Et du coup aujourd'hui c'est très chouette d'être une femme au travail.
- Speaker #3
Moi je dirais que c'est une chance d'être une femme au travail. Donc je suis capable d'analyser plusieurs périodes de la vie professionnelle puisque ça fait donc longtemps, presque 30 ans que je suis sur le marché du travail. Il y a des côtés plus faciles aujourd'hui, des côtés toujours aussi difficiles. En revanche, je pense que c'est une chance, c'est une opportunité. Parce qu'être une femme, c'est un pouvoir de dingue. On peut être une femme un peu masculine, on peut être une femme-femme. Et aujourd'hui, oui, je pense que c'est une opportunité. Et moi, qui ai des filles de vos âges, mesdames, en fait, vraiment pour vous, c'est extraordinaire comme période, parce que vous servir de votre féminité au travail avec ce côté égalité, moi, je pense que c'est une chance et qu'on a beaucoup plus de chance que les hommes.
- Speaker #4
Ok, je ne l'avais jamais vu comme ça, mais ça rejoint aussi. Je dirais que c'est une chance et que c'est un épanouissement. C'est aussi plein de défis, je pense. Je pense que des fois, il faut se battre beaucoup plus qu'un homme. Et je pense que toute femme peut le penser. Mais oui, je pense la même chose. Je pense que ça a aussi des avantages et ça peut être tourné aussi à notre avantage.
- Speaker #3
Après, des défis, oui, parce que dans les défis de la féminité au bureau, il y a la maternité. Un énorme défi, parce que moi j'ai fait quatre enfants tout en travaillant beaucoup, avec parfois pas ou peu de congés maternités. J'ai déjà fait les quinze jours de congés maternités. J'ai fait trois enfants en quatre ans et demi. À 29 ans, j'avais déjà trois enfants. Je peux vous dire que c'est un sacré défi, parce qu'effectivement, dans l'entreprise, Ce n'est pas toujours bien vu les grossesses, ce n'est pas toujours bien vu les bébés malades. Et donc, c'est un sacré défi. Mais en revanche, quel pouvoir, cette maternité, quelle chance, quelle opportunité. C'est quand même incroyable. Si on est capable de faire face, c'est incroyable.
- Speaker #2
Justement, je trouve que c'est un peu un rêve de se dire que tu as réussi à faire quatre enfants. et à en parallèle mener ta vie de femme et de personne qui travaille. Sur ces points-là, je trouve que c'est hyper impressionnant. Et franchement, moi, c'est un truc que je souhaite, c'est de pouvoir trouver l'équilibre entre les deux, parce que je pense que vraiment, ça permet d'avoir un épanouissement, enfin en tout cas de s'en rapprocher. Et sur le fait d'être une femme au travail aussi, je pense que le truc qu'on n'a pas dit, c'est que ça dépend énormément dans quelle société, dans quel domaine on est. Parce que là, actuellement, je suis en concession. Et les différences entre être au siège et être en concession, c'est vraiment le jour et la nuit. Et du coup, je pense qu'être une femme au travail, ça dépend surtout du secteur d'activité et à quel point les mentalités sont évoluées et aussi à quel point, justement, la partie RH et la partie COMEX, CODIR, va mettre une impulsion sur le fait de se dire, OK, il y a la parité, il y a l'égalité, ce genre de choses qui, des fois, dans certains secteurs, dans certaines pratiques, peuvent être un peu plus mis de côté et moins la priorité parce qu'il y a toute urgence.
- Speaker #3
Ça devrait être une évidence. On ne devrait même pas se poser la question. Ça devrait être, c'est-à-dire qu'il devrait y avoir autant de femmes en haut que d'hommes et qu'on ne devrait pas se poser la question de savoir si c'est un homme ou une femme et voir les compétences de la personne. Enfin voilà, on ne devrait pas se poser de questions, il devrait y avoir... Mais il est vrai que ce n'est pas le cas, forcément. Et qu'on se rend compte qu'à la tête d'une entreprise, avoir des femmes, avoir des hommes, on est tellement complémentaires, avec tellement des valeurs et des appétences et des choses différentes que c'est vital, moi je pense. La question ne se pose pas. Mais effectivement, Concession, c'est particulier. Moi, j'ai de l'expérience avec Renault Retail, qui est un de nos clients. Et pour eux, on a tourné des vidéos de carrossiers, peintres, mécaniciens, femmes. Extraordinaire. Des vidéos mettant en scène des femmes dans ces métiers-là. Et le sujet était de recruter des femmes.
- Speaker #2
C'est clair. Non, non, mais c'est clair. Il faut de la diversité. En fait, justement, moi, je pense que la force de ces métiers-là, c'est de recruter des femmes. comme ça, c'est je pense... en ayant des équipes diversifiées, que les mentalités permettent de changer. Parce que moi, je sais que rien que dans mon expérience actuelle, il y a des fois, avec des collègues, on va rigoler sur certains sujets, mais des fois, ça va être des blagues un peu orientées sur le fait qu'on est une femme. Et du coup, je dis, attention, ce n'est pas parce qu'on est une femme que c'est ça. Et on n'est pas obligé de genrer ce genre de choses. Et du coup, ce que moi, je trouve de chouette dans le fait d'être une femme au travail, c'est comme tu disais tout à l'heure, c'est une chance, parce que c'est sur plein de petites interactions. que, en tout cas, moi je sais que des fois j'ai l'opportunité, parce que, également je m'entends très bien avec mes collègues, de des fois, sur le tour de l'humour, dire « attention, ça c'est pas genré, attention, c'est pas dédié qu'aux femmes » , et ce genre de choses, et du coup je pense que des fois c'est des petits points de contact, exactement, des micro-rappels qui viennent s'intégrer, et en tout cas moi je sais que du coup, comme mes collègues vont après me connaître comme ça, je sais qu'en tout cas il y a certains moments sur certains échanges où il va y avoir plus de vigilance sur ce qui va être dit. Alors après, est-ce que ça a un impact au quotidien dans leur vie à eux ? Je ne sais pas. Et en tout cas, moi, je me dis que c'est déjà ce petit point de gagner.
- Speaker #4
Tu te trompes déjà que tu arrives à le faire de façon calme et de ne pas le prendre mal et essayer de plutôt instruire plutôt que de t'énerver. Ce n'est pas facile aussi parce que quand c'est quotidien, quand c'est souvent, c'est toujours les mêmes trucs. C'est bien que tu arrives à le faire de manière...
- Speaker #1
Parce que toi, Aelle, tu as eu des expériences à l'étranger. Si je ne me trompe pas, tu as eu des expériences à Los Angeles. C'est ça. Est-ce que tu peux comparer ou peut-être nous apporter une vision sur ce qui se passe à l'international ? Est-ce que c'est la même chose dans la culture américaine ? Est-ce que c'est différent ?
- Speaker #4
Après, je pense que ça dépend vraiment de l'endroit, parce que Los Angeles, c'est une ville super cosmopolite, super diversifiée, super moderne. Donc du coup, c'est très différent déjà de si on s'éloigne un petit peu aux alentours, puisque le sexisme, je l'ai vécu. Il n'y a pas besoin de s'éloigner beaucoup de la ville pour le vivre. Mais j'ai eu la chance aussi d'être dans des entreprises où il y avait des femmes très très fortes. La première entreprise, c'était du coup une femme qui gérait la filiale Los Angeles. Voilà, femme très très forte, très inspirante. Et la deuxième année, pareil, c'était une boîte créée par une femme. Donc c'était très différent, je pense. Enfin, c'était super parce que du coup, ça m'a donné des mousses. Je dirais pas qu'il y avait plus de sororité que ça, mais par contre, ça a donné un modèle super.
- Speaker #1
c'était un vrai rôle modèle à suivre c'est amusant ce vocabulaire sororité ça sort d'où ?
- Speaker #3
là on est en plein dans le coeur du sujet c'est marrant c'est inventé solidarité c'est un terme qui va pour les hommes et pour les femmes la solidarité entre collègues la solidarité générationnelle la solidarité entre femmes sororité c'est un terme qui me c'est
- Speaker #1
inventé je rebondis là dessus est-ce qu'il y a des choses qui t'étonnent ? de la génération de nouvelles femmes qui sont là et que tu ne comprends pas parce que soit ça ne fait pas écho avec ton expérience, soit parce que vraiment tu es dans l'incompréhension du vocabulaire. Est-ce qu'il y a autre chose ? Moi,
- Speaker #3
je pense que j'ai vécu des choses que vous n'avez pas vécues. Ça rentrait dans les détails. Mais j'ai vécu des choses où on se choquait pas. Et je pense qu'il y a un juste milieu entre tout, entre moi, ce que j'ai vécu, la main au cul, comme ça, juste pour dire bonjour, où tu dis rien parce que t'as 25 ans et que tu t'es, et le too much. Moi, je pense qu'il y a un juste milieu. Voilà, c'est-à-dire que, oui, on peut remettre les gens à leur place, oui, on peut rigoler de plein pas mal de choses aussi. On a cette chance d'être... Vraiment être une femme en entreprise, c'est la chance de pouvoir être proche d'une femme sans arrière-pensée, être proche d'un homme, d'avoir ce côté maternel. Moi, je pense qu'on est toutes puissantes en entreprise, vraiment toutes puissantes.
- Speaker #1
Est-ce que vous, les filles, c'est une idée que vous partagez ou vous avez des idées ?
- Speaker #2
Alors moi, je revends, je dis juste sur ce que tu as dit Gaëlle, sur ce que tu as dit, il y a des choses que tu as vécues, par exemple, les abans au cul comme tu parles. Moi, je sais que dans des précédentes expériences, ça m'est arrivé que pareil, là j'ai 24 ans, mais j'avais genre 20, 21 ans. Et pour me dire bonjour... Un collègue qui est là depuis très longtemps et qui a le double de mon âge que pourrait être mon père me fait un bisou dans le cou. Ou même c'est des gens qui ne te regardent pas dans les yeux. C'est plein de remarques sur ton apparence, comment tu es habillée, etc. Ou même on va jusqu'à te dire, ah bah il m'était habillée d'une telle manière, c'est pour aguicher. Alors non, non, non, pas du tout. Juste un confort de travail, c'est ce genre de choses. Donc je trouve que les extrêmes dont tu parles, qui ont pu être vécus, moi je trouve que dans certains cas, ils sont toujours présents. Et en effet, aujourd'hui, il y a ce côté où on marche sur des oeufs. Je sais qu'il y a, au contraire, des hommes qui vont être très vigilants là-dessus parce qu'il y a des histoires qui sont terribles. Mais à la fois, sur certaines femmes, elles marchent sur des oeufs aussi parce que moi, je sais que typiquement, dans le cadre où j'ai eu un bisou dans le cou, je n'ai jamais osé rien dire parce que la personne était là depuis super longtemps. J'étais jeune, je n'avais pas confiance en moi. Enfin, plein de choses comme ça. Et du coup, je sais qu'encore maintenant, je ne sais pas si je le dirais aussi facilement.
- Speaker #1
Je pense que cette nouvelle génération aussi, il y a eu tellement une omerta, il y a eu tellement de non-dits et peut-être de secrets de police finale qu'aujourd'hui, il y a ce besoin de... Il y a la libération de la parole, il y a le besoin de tout dire et de le dire fort et de ne pas se taire là-dessus. Et effectivement, en fait, après, je pense que ça dépend comment on le voit dans tous les mouvements, je parle de mouvements féministes, mais dans tous les mouvements politiques, il y a le réformisme et il y a aussi ce qui est le radicalisme. Et en fait, les deux. Alors ça, c'est mon avis personnel, mais pour moi, les deux fonctionnent ensemble et sont importants. Et donc, je pense que chez certaines femmes de la Gen Z, il y a ce besoin-là aussi de s'affirmer parce qu'elles débarquent dans le milieu du travail et que le débat s'est déplacé aussi sur d'autres sujets. L'égalité salariale, bon, on n'y est toujours pas encore, mais je pense que pour les anciennes générations de femmes, c'était vraiment le sujet. Ou tu vois, la maternité ou des choses comme ça. C'est encore un sujet, d'ailleurs. C'est un gros sujet encore, mais je pense que le débat s'est déplacé aussi sur d'autres choses. notamment la prise de parole dans l'espace public, on parle de mansplaining, de choses comme ça, c'est les fameux termes que tu n'aimes pas trop je pense.
- Speaker #3
Ouais non, je ne suis pas fan, après j'entends, moi je suis confrontée à des jeunes femmes comme vous au quotidien avec mes filles, j'entends mais en fait, moi j'ai envie de dire n'en faisons pas trop quoi, pas trop quand même. Oui, un bisou dans le cou c'est no way, c'est non, c'est voilà. Moi c'est le collègue qui met la main sur la cuisse pendant un rendez-vous, c'est no way. même si on n'ose pas toujours dire quelque chose, c'est Noé. Mais pas non plus dans une situation où j'ai envie de pouvoir être, avec mes collègues masculins, naturelle, normale. Et je le souhaite à vous, les générations en dessous. C'est-à-dire qu'un homme n'ait pas peur de se faire accuser de quoi que ce soit, alors qu'il est innocent. En fait,
- Speaker #2
il faut que tout le monde puisse se sentir à sa place.
- Speaker #3
Oui, qui a un juste milieu. Surtout dans le monde du travail, quelle chance on a de travailler tous ensemble. Je ne sais pas si vous avez fait une entreprise avec des femmes. Moi, j'ai déjà fait. Ce n'est pas drôle. Je ne vous souhaite pas l'entreprise où il y a 90 % de femmes. Je peux vous dire que c'est pia, Et ce n'est pas drôle du tout. Entreprise avec que des hommes, ce n'est pas drôle non plus. Un juste milieu.
- Speaker #4
Non, mais c'est ça. Mais juste milieu dans le combat, juste milieu dans tout. Les extrêmes, ce n'est jamais bon. Donc, il faut que ce soit modéré. Et comment dire ? Oui, que le sujet ne soit pas trop... En fait, il ne faut pas qu'il y ait de sujet. Il faut qu'on soit égaux et qu'on ne se pose pas la question de c'est un homme, c'est une femme. Dans tous les cas, c'est mon collègue.
- Speaker #3
Et c'est des compétences.
- Speaker #4
C'est ça, c'est ça.
- Speaker #3
Des compétences, c'est quand même important. Quelle compétence il a ? Ce n'est pas un homme, ce n'est pas une femme. Quelle compétence il a ? C'est la question qu'il faut se poser aujourd'hui.
- Speaker #1
Sachant que les clichés ont la vie dure quand même en termes de compétences, parce que c'est vrai que dans certains milieux... Tu parlais de l'automobile, mais par exemple, on peut parler du secteur de la santé. Historiquement, les métiers liés à la santé, ils ont toujours été... Ils ont toujours été beaucoup plus associés aux féminins, l'industrie de tout ce qui est manutention, BTP, etc., plus au domaine masculin. Donc oui, il y a les compétences, mais je pense qu'aujourd'hui, on n'est toujours pas sortis de certaines normes de genre.
- Speaker #3
Tu prends des exemples, BTP, etc., il y a aussi un côté force physique. Il y a un fort côté force physique, c'est-à-dire, oui, effectivement, sur les chantiers, tu n'as pas beaucoup de femmes. C'est une question de force physique aussi.
- Speaker #2
Je trouve que les réseaux sociaux, ça aide beaucoup. Moi, je sais que par rapport aux... côté BTP, moi j'ai en tête une fille qui est j'ai pas envie de dire de bêtises, elle doit être carreleuse ou quelque chose comme ça, et en fait elle met énormément ça en avant sur les réseaux sociaux et du coup pour rejoindre ce que disait Garance le côté pénibilité, en effet des fois on la voit, elle pose des morceaux de carrelage qui sont immenses, elle refait des salles de bain et ce genre de choses, et c'est une femme et avec les outils qu'on a aujourd'hui quand même elle y arrive.
- Speaker #1
Oui mais t'as ça aussi t'as les nouvelles technologies qu'il faut que forcément dans le marché du travail il est différent aussi.
- Speaker #2
Et du coup, je trouve que là, c'est un bon levier de montrer qu'on peut être une femme dans ce genre de domaine et qu'en plus, pour le coup, elle a l'air de vraiment très bien bosser.
- Speaker #3
C'est de la communication RH, ça. Oui,
- Speaker #1
on est en plein dedans.
- Speaker #3
Parce que l'entreprise, on est en plein dedans. Elle a un souci pour recruter des femmes. Elle va mettre en avant des femmes. Et ça va attirer les femmes. Sauf qu'aujourd'hui, c'est via les réseaux sociaux. Avant, c'était via la pub télé ou la pub radio. Et voilà. Mais voilà, on est au cœur du sujet des deux eaux.
- Speaker #1
Du coup, on a fait un peu le tour d'horizon de ce que c'est. Enfin, le tour d'horizon, rapidement. mais de ce que c'est d'être une femme. Et maintenant, si on se parle de ce que c'est que d'être une femme jeune, d'être une jeune femme en entreprise, est-ce que vous pensez que c'est un handicap en plus ? Est-ce que vous pensez que c'est difficile de trouver sa place ? Il faut plus s'affirmer. Comment est-ce que vous l'expérimentez ou vous l'avez expérimenté ?
- Speaker #4
Pour moi, oui, complètement. Complètement. Et là, moi, je pense que je suis en plein dedans. Après, le marché du travail est compliqué. Les secteurs que je recherche sont compliqués. mais je... Je cherche d'arrache-pied du travail et c'est très compliqué. Et quand je regarde dans mon entourage, les personnes qui sont dans mon cas, c'est des femmes, c'est des filles de mon âge. Mais c'est vrai que mes amis de garçons, pour le coup, la plupart ont trouvé un peu plus facilement. Et j'ai l'impression qu'on a peut-être... Le syndrome de l'investeur. J'ai l'impression qu'on a un peu plus de mal à accorder de la confiance à une personne qui est jeune et qui est une femme. On me l'a déjà... Pourquoi est-ce que les hommes...
- Speaker #3
Pourquoi les hommes... de ta génération, tes amis masculins, trouveraient plus facilement que les femmes ?
- Speaker #4
C'est une bonne question. Mais moi, on m'a déjà virée pour ça. En me disant, finalement, tu es trop jeune et je pense que je ne visualise pas te donner des clients et tout ça.
- Speaker #3
Alors qu'un homme, oui.
- Speaker #1
Là, c'était plutôt la carte jeune. C'était plutôt la carte jeune. Après, par contre, en effet, je pense qu'il y a quelque chose... Je parlais du syndrome de l'imposteur, mais je pense que pour le coup, c'est quelque chose de réel. Quand tu es une jeune femme en entreprise, c'est plus dur, je trouve, de manière générale, de te faire confiance et d'avoir confiance en tes compétences. Ça va prendre beaucoup plus de temps. J'ai l'impression souvent qu'un homme qui a compétence égale. Moi,
- Speaker #4
j'ai l'impression aussi, mais c'est vrai que je n'ai rien pour le prouver à ce stade, mais c'est une impression que j'ai.
- Speaker #2
Moi je sais qu'aujourd'hui je ressens plus le défi comme le fait d'être jeune, mais c'est selon mes expériences, je ressens plus que le défi se porte sur le fait que je sois jeune plutôt que je sois une femme, notamment sur le fait de s'affirmer, parce que moi je sais qu'il y a un vrai sujet sur la confiance en moi et comme tu disais le syndrome de l'imposteur, où je sais que encore la dernière fois que j'ai été prise sur mon poste actuel, j'ai été très surprise parce qu'en face selon moi il y avait selon moi des très bons profils, et je pense que vraiment c'était des très bons profils, et j'ai été surprise d'avoir été prise. Pour moi, quand je suis sortie des entretiens, je me suis dit que je ne suis pas à la hauteur. Et quand j'ai été prise, j'ai été méga surprise. Et donc du coup, je sais qu'encore aujourd'hui, il y a toujours le truc de je suis jeune et j'ai une volonté de vraiment vouloir faire mes preuves. Enfin, j'ai beaucoup d'ambition et du coup, je veux vraiment faire mes preuves pour continuer à évoluer. Et il y a encore le truc où j'ai du mal à poser mes limites, j'ai du mal à dire non. Mais je pense que ça arrive sur toutes les générations, ce n'est pas forcément dramatique. C'est juste qu'il y a un moment donné où on est jeune, on débute, et petit à petit, il faut faire ses...
- Speaker #3
Et ça n'a pas de rapport dans ta réponse. Tu mets en avant la jeunesse, qui est bien humaine, et si ce ne serait pas le cas, ce serait très très tensueux. Moi, je trouve que c'est très sain. En revanche, tu ne mets pas en avant l'homme-femme. C'est-à-dire pour toi, c'est la jeunesse, et c'est faire ses preuves, c'est avancer, c'est avoir des promotions. Mais ça, c'est normal. On commence, on n'a pas confiance en soi, on avance dans la vie, on n'a plus confiance en soi.
- Speaker #2
mais l'homme vit la même chose que la femme à ce niveau là je pense je sais pas quel est leur ressenti si ça se trouve eux c'est moins fort que moi c'est plus fort mais franchement je sais pas si aujourd'hui le fait d'être un homme fait qu'être un homme jeune est moins dur qu'être une femme jeune. Ça, je ne sais pas.
- Speaker #1
L'une des épreuves, pour le coup, où tu en as parlé, c'est la maternité.
- Speaker #3
Non, mais c'est une épreuve... Alors, c'est une épreuve aussi pour les hommes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #3
Je ne dis pas le contraire. Oui,
- Speaker #1
mais la charge maternelle,
- Speaker #3
ça incombe quand même à toi. Le congé maternité, quand tu es enceinte, déjà, moi, sur trois grossesses sur quatre, j'avais peur de l'annoncer à mon patron. Il faut imaginer l'angoisse que j'avais. Non, mais c'est dingue. Comment j'ai pu être angoissée d'annoncer que j'étais enceinte ? Je l'étais. Chaque année, je n'avais pas mes primes. Parce que, soi-disant, j'étais enceinte une partie de l'année alors que j'avais explosé tous mes chiffres. Et donc, à la fin de l'année, je n'avais pas mes primes. Ensuite, j'étais absente. On me faisait bien sentir que j'étais absente trois mois, on parle de minimum. Et donc, ça fait des petits trous. Mais c'est vraiment que dalle dans une carrière, quoi. Et dans des carrières. Et puis, moi, j'en ai fait trois ou quatre ans et demi des enfants. Et je ne regrette absolument pour rien au monde. Mais mon patron de l'époque, à un moment donné, au deuxième, il a dit, bon, c'est bon, je me saoule de celle-là. À faire des enfants, à pondre, entre guillemets. Voilà. Et oui, donc ça, c'est de la logistique. C'est, mais quelle chance de pouvoir porter la vie. Non, mais, enfin, je veux dire, sérieusement, c'est de la logistique, c'est de l'organisation. Mais quand vous êtes plus haut de vos... Moi, je suis plus haut de mes 52 ans avec ma petite famille, quelle chance. Mais c'est merveilleux. Et les papas, dans l'histoire, c'est aussi un bouleversement pour les papas, pour qu'ils trouvent leur place, etc. Et pour qu'ils retournent au boulot. Alors maintenant, il y a un peu plus de congés paternités.
- Speaker #1
Oui, il y a plus de... Ça évolue sur le congé paternité, quand même. Dans la plupart des boîtes, oui. Oui,
- Speaker #3
mais c'est pas foufou non plus.
- Speaker #1
c'est sûr que comparé à nos amis scandinaves ils sont bien plus avancés sur le sujet mais est-ce que tu as l'impression quand même qu'à ton retour au bureau, tu as dû peut-être mettre les bouchées doubles là où tu ne l'aurais pas fait syndrome de l'imposteur quand j'ai
- Speaker #3
3 mois il faut que je me rattrape est-ce qu'on m'a piqué mon poste est-ce qu'on m'a cité mes clients sachant que je peux vous dire qu'on essaie de me piquer mes clients mais c'était mal de me connaître Comment je vais faire pour gérer la crèche, le machin ? Alors moi, dans mon petit cas, minute pub pour mon mari. Mon mari, il faisait la même chose que moi, c'est-à-dire qu'il m'aidait avec les enfants. Ce n'était pas moi qui faisais tout, c'était équilibré. Aujourd'hui, je pense que les couples, c'est quand même beaucoup comme ça. Donc, c'est-à-dire que, oui, c'était à partir du moment où je retournais au boulot, on se levait pour les pleurs, on se levait pour les vibrants. On gérait nos enfants. Et aujourd'hui, les papas, ils sont modernes. Ce n'est pas la mère qui fait tout. Les papas, moi, je les entends. Les jeunes générations qui travaillent avec moi, ils font... C'est l'égalité. Il y a juste la grossesse. Effectivement, c'est le propre de la femme. L'allaitement, si on veut allaiter. Des choses comme ça. Mais franchement, honnêtement, quelle chance. Quelle chance. C'est une chance.
- Speaker #2
Mais je trouve ça hallucinant de devoir se dire que tu as eu quatre enfants. Donc, c'est des heureux événements. et que trois fois tu as la boule au ventre pour l'annoncer. C'est complètement dingue. Parce que, à la base, pour moi, il y a une matrice où si tu es bien dans ton travail, tu es bien dans ta vie perso.
- Speaker #3
Tu es bien dans ton patron aussi, dans ta direction.
- Speaker #2
Bien sûr, tout à fait. Et tu vois que les deux sont liés. Et du coup, se dire que tu as la boule au ventre alors que c'est un événement qui va et qui est heureux pour toi.
- Speaker #3
Mais je pense que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Je pense qu'aujourd'hui, ce sera un peu différent.
- Speaker #2
Pourtant, j'ai eu... T'as l'impression que t'as déjà eu cette question. Ouais, j'ai eu l'inconnu. En fait, j'ai eu une collègue, c'était il y a quelques années, qui, pareil, avait un peu moins de 30 ans et est tombée enceinte. Et pareil, c'était l'histoire de l'année que de l'annoncer et comment elle est réagie à la hiérarchie. Et surtout aussi, moi, ce que j'ai trouvé complètement dingue, c'est la pression qu'elle avait de se dire qu'elle allait s'absenter. Et du coup, là, je me suis dit, mais attendez, il y a quand même un truc où elle va s'absenter. Et du coup, il va falloir qu'elles soient remplacées. Mais la terre ne s'arrête pas de tourner. Des femmes enceintes...
- Speaker #3
On ne sauve pas des vies.
- Speaker #2
Mais c'est clair.
- Speaker #3
Moi, je dis souvent, je ne sauve pas des vies. Mais quand même, moi, j'ai beaucoup entendu de femmes me disant, on va me piquer mes clients. Bon, moi, je suis commerciale. Donc forcément, le premier truc auquel tu penses, c'est ta richesse et tes clients.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
On va me piquer mes clients. J'ai entendu ça à pas mal de niveaux. On va me piquer mon poste. Est-ce que je vais revenir sur le même poste ? Et en fait, à chaque période, son sujet. on a un sujet chez toi qui serait la première expérience professionnelle. Et je pense qu'il faut quand même le dire, que ce soit un homme ou une femme, pour un jeune, c'est dur de trouver sa voie.
- Speaker #1
C'est difficile, c'est beaucoup dans le marché.
- Speaker #3
Mais après, ça roulera. J'ai envie de te dire, là, toi, tu repenseras à ça quand tu auras mon âge. C'est dur de démarrer, mais tu verras, après, ça roulera. Et tu diras, ah oui, on m'avait dit que c'était dur de démarrer, mais il faut trouver sa voie. Mais c'est un moment très difficile.
- Speaker #1
Du coup, je vais finir avec une question. Vas-y. Finissez dans les temps. Si on se projette un peu et qu'on vous donne rendez-vous dans 10 ans, pour vous, à quoi ressemble une entreprise qui serait vraiment égalitaire ? Où vraiment les femmes et les hommes sont sur le même pied d'égalité ?
- Speaker #4
Je pense que c'est ce qu'on disait tout à l'heure, qu'il n'y ait pas de sujet en fait, qu'on juge les gens aux compétences. Et il n'y a pas de différenciation, que ce soit dans le bon sens ou dans le mauvais sens, que ce soit dans le mauvais sens où c'est remarque sur remarque, et dans le bon sens où on fait surattention et on ne peut plus rien dire, que ce soit vraiment, on juge les gens aux compétences, hommes, femmes, pas d'égalité salariale, égalité, tout en fait. C'est ça je pense le but.
- Speaker #3
Même chance et même non-chance, c'est-à-dire la compétence, t'es bon. Après si t'es moins bon et que t'es à une femme ou à un homme... tu es moins payé, c'est tout. Le mérite,
- Speaker #1
la compétence, le mérite.
- Speaker #2
Que ce soit factuel. Des êtres humains. Sur le genre. Et aussi, je pense que dans dix ans, idéalement, j'aimerais que sur certaines entreprises où ça peut être moins le cas, et dans différents secteurs et ce genre de choses, qu'il y ait vraiment l'accent qui soit mis sur le fait que tout le monde se sente bien au travail, en règle générale.
- Speaker #1
Sur la QVCT.
- Speaker #2
Oui, exactement. Et je pense que c'est vraiment important qu'il y ait un point de l'air qui soit mis là-dessus, sur que tout le monde se sente bien. et ils viennent et puissent venir sereinement sans se dire par mon genre, mes choix, mes croyances ou quoi que ce soit. Ça peut créer des barrières avec les gens avec qui j'interagis.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y en a une de vous qui a quelque chose à rajouter ? Qui aimerait dire quelque chose ?
- Speaker #3
On a pas mal parlé, on était pas si tard.
- Speaker #1
On a bien parlé, c'était bien. Merci à toutes les trois. Merci à toi, Garan. C'était un épisode superbe. D'il est terme, c'est la minute où on décrypte le langage de la Gen Z au bureau. Aujourd'hui, on va parler de la Girlboss. La Girlboss, c'est cette femme ultra-successful. Alors désolé à ceux qui détestent les anglicismes, mais les jeunes, eux, ils adorent ça. Elle a le travail de ses rêves, elle s'est tissée à une position de pouvoir à la seule force de ses bras. Elle est déterminée, ambitieuse, et rien ne l'arrête. C'est un peu Meryl Streep dans le Diable s'habille en Prada, c'est Michelle Obama ou Rihanna. Elles incarnent l'idée que... tout est possible même quand on est une femme. Oui, mais voilà. Elle pose quand même un petit problème, cette girlboss. Elle laisse entendre que si ça ne marche pas, c'est de notre faute individuellement. Elle ôte toute responsabilité au système. Elle tient quand même pas trop compte du plafond de verre, des conditions de travail. Bref, elle ne questionne pas les règles du jeu. En clair, c'est un joli slogan emballé dans du capitalisme. Donc non, en 2026, on ne girlboss plus. On réussit, oui. Mais sans se cramer pour rentrer dans un mythe et faire des vues sur TikTok. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté Gen Zatwork et merci à nos invités du jour. Si vous aussi vous avez une anecdote à nous raconter, venez nous le dire sur Instagram ou sur LinkedIn. Et comme on approche à grands pas du dimars, courage à toutes les femmes qui entendront encore de la part de leurs collègues un peu relous. Eh, bonne fête des femmes. Allez, à très vite.