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Éclats de Voix

Paroles de galeristes: l'art engagé avec Catherine Lebrun et Luc Schroeder

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49min |03/04/2025
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Description

Épisode 41 : Art et Prise de Parole

Dans cet épisode je reçois deux galeristes luxembourgeois aux approches complémentaires: Catherine Lebrun de la galerie Subtile et Luc Schroeder de Mob Art Studio.

À travers leurs regards croisés, ils explorent combien l'art est un puissant vecteur d'expression et d'engagement.

Comment porter la voix des artistes tout en affirmant sa propre vision?

Comment transformer une galerie en espace de dialogue accessible à tous?

De la médiation artistique aux défis économiques, de l'impact des réseaux sociaux à l'exportation de l'art luxembourgeois, cette conversation dévoile les coulisses d'un métier de passion et de conviction.

Une plongée fascinante dans l'univers de ceux qui font le pont entre création artistique et public, pour comprendre comment l'art nous aide à décoder le monde et à exprimer nos propres vérités.


Retrouvez Catherine: https://www.subtile.style

Retrouvez Luc : https://mob-artstudio.lu


Références

Hélios Azoulay- musique: https://youtu.be/287Z4OZN3PM?si=V3pBILmVrh0sv3t4

Hélios Azoulay- livre: "Pour Tommy, 22 janvier 1944" - Éditions du Rocher



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💻 Mon site: www.anneclairedelval.com

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**************************************************************************

Production et montage: Anne-Claire Delval, Jean-Michel Gaudron, Cyriaque Motro

Musique: Meydän

Titre:  Synthwave Vibe

Auteur: Meydän

Source: https://meydan.bandcamp.com

Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Éclats de voix, le podcast des prises de parole engagées, où les convictions se transforment en symphonie et les idées en œuvres d'art. Je suis Anne-Claire, votre complice pour démystifier, décortiquer l'expression authentique et vous inviter à faire entendre votre propre voix, qu'elle soit murmure ou tonnerre, tableau abstrait ou nature mort. Nous nous longeons aujourd'hui dans un univers où les murs parlent et l'étoile raconte celui des galeries d'art. J'ai le plaisir de vous présenter deux passeurs d'émotions artistiques au Luxembourg dont les chemins se sont croisés de façon presque romanesque. Pour la petite histoire, qu'ils soient tous les deux au micro n'a rien du hasard. J'avais rencontré Luc Schroeder de la galerie MOBA Studio. via divers cercles entrepreneuriaux, dont le BNI, et celui de Catherine Lebrun, de la Galerie Subtile, via le réseau féminin pluriel. Mais là où le hasard a mis son grain de sel, c'est avec ce petit clin d'œil savoureux. En fait, il convoitait le même espace à Luxembourg, dans le quartier Bélair, avenue Gaston-Diedrich, qui habite aujourd'hui la Galerie de Catherine. Tandis que Luc, finalement, a choisi de s'installer boulevard royal. Vous allez l'entendre, une fois n'est pas coutume, c'est regard croisé Oui parce que entendre, regard, en brevet suivi. Bref, un homme, une femme, deux manières d'envisager le rôle d'un galeriste, deux façons d'orchestrer leurs espaces selon des partitions différentes, mais qui se rejoignent sur deux notes fondamentales. La première, l'art pour eux n'est pas C'est un luxe décoratif, mais bien une nécessité vitale. Un langage universel qui transcende toutes les frontières y compris mentales. Et deux, ils se sont donnés chacun pour mission de rendre cet art vivant, accessible à tous et porteur de sens. Alors il va être bien sûr question d'engagement, de transmission, de la manière dont un galeriste devient le porte-voix des artistes qu'il défend. Savoir aussi comment... Catherine et Luc transforment leur galerie en véritable caisse de résonance pour des messages qui parfois dérangent, questionnent ou bouleversent. Comment est-ce qu'ils naviguent entre l'exigence artistique, la viabilité économique Parce que derrière chaque exposition, chaque choix artistique, il y a évidemment des convictions, des enjeux, parfois insoupçonnés, des batailles silencieuses pour que la culture et l'art prennent toute leur place. place dans la cité, la cité au sens d'une communauté de citoyens libres et autonomes. Avec Luc et Catherine, explorons donc ces tensions créatrices finalement et réalisons combien et comment l'art peut devenir l'étendard de paroles engagées. Alors Luc, Catherine, Riva, salut

  • Speaker #1

    Bonjour, bonjour,

  • Speaker #2

    bonjour Luc. Bonjour à tous.

  • Speaker #0

    Alors Catherine, tu m'as obligée spontanément à revoir toute la structure de l'enregistrement de cet épisode. Et je me suis évidemment prêtée au jeu parce que j'adore cette musique. Tu nous as proposé de la mettre en introduction. Évidemment, la question qui vient parce qu'en fait, je n'ai pas la réponse. Chers auditeurs, pourquoi cette musique

  • Speaker #1

    Merci Anne-Claire d'avoir accepté. changement dans le programme. Non parce qu'en fait, on parle d'engagement et d'art, on va parler d'engagement et d'art, je me suis dit que c'était intéressant de commencer par la musique d'un artiste qui s'est produit ici récemment, il y a peut-être deux trois semaines, qui s'appelle Elios Azoulay. C'est un érudit, un philosophe, un exotique un peu dans son approche, donc il joue de la clarinette. Mais il a voulu reprendre les musiques qui avaient été composées dans les camps de concentration. Donc on est en plein dans le sujet actuellement avec l'anniversaire de la fin de la guerre. Et également, il a écrit des livres pas mal, notamment ce livre que je vous conseille qui s'appelle Pour Tommy, qui est vraiment un livre illustré qu'un papa a dessiné durant sa détention dans les camps de concentration avec son fils qui était là. Et son fils a été sauvé. On a retrouvé 300 dessins. dans les camps de concentration, ils sont extrêmement gais. Donc on se retrouve un peu dans l'histoire de Benigni et la vie est belle. Donc je trouvais que des sujets durs, on peut les rendre beaux malgré tout et faire passer des messages. Donc ça correspondait bien à introduire notre sujet du jour.

  • Speaker #0

    Wow, ça c'est vraiment chouette. Catherine, merci pour ce cadeau de dernière minute. Ça fait plaisir d'avoir des petites surprises et puis de changer les structures. Tous les deux, en tant que galeriste, tu viens justement de parler de quelqu'un dont tu étais fait porte-voix. Comment est-ce que vous portez la parole des artistes que vous représentez Un peu comme tu viens de le faire, tout en vous-même affirmant votre propre engagement en tant que galeriste, votre engagement personnel dans le monde de l'art, parce qu'évidemment, on n'aime pas tout, on fait des choix et puis il y a des... des instants, des moments où on va être plutôt attiré par telle ou telle chose

  • Speaker #2

    Je pense que déjà... Ouvrir une galerie ou tenir une galerie, c'est un engagement à temps plein et assez important, manifestement, pour être présent sur le marché, pour proposer des choses qui sont mêmes. Et porter, comme tu dis, la voix des artistes ou en tout cas leur travail dans ce cas-ci. Et c'est un engagement déjà culturel aussi, parfois presque politique dans l'engagement qu'on a. Et social. Et social, tout à fait, puisqu'on promeut des gens. Pour ma part, c'est toujours des artistes vivants, donc c'est d'autant plus important aussi, parce qu'eux, ils doivent vivre de leur art et on essaie de le faire. Oui,

  • Speaker #1

    je rebondis sur ce que dit Luc. Je pense que déjà, l'artiste, lui, il s'engage politiquement et socialement en prenant une voie qui n'est pas simple. Voilà, il dit moi, je vais faire de l'art, je vais essayer de vivre de ça. Aujourd'hui, c'est très compliqué et nous, on est là pour les mettre en avant. Donc, on essaie de porter ce message, les faire vivre. aussi et parfois prendre des risques. Les choses ne sont pas si simples qu'elles ont l'air et donc ça fait partie aussi, comme tu dis, de notre engagement.

  • Speaker #2

    Oui, parce que souvent le métier de galeriste est réduit dans l'esprit des gens à la personne qui est derrière le comptoir et qui dit bonjour. Mais ça va absolument bien au-delà de ça, par les choix qu'on fait, par les choses qu'on veut mettre en avant aussi, que ce soit l'artiste ou que ce soit le travail de l'artiste. Donc c'est effectivement comme ça qu'on porte la voie, entre guillemets, qui est un peu la nôtre aussi puisque ce sont Ausha.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, c'est ça, c'est ce que j'allais vous demander. Est-ce que vous avez l'impression d'utiliser un peu votre position de galeriste l'un et l'autre pour défendre aussi des perspectives qui vous semblent à vous essentielles, des messages où tu parlais effectivement d'artistes vivants Catherine, je pense que c'est pareil chez toi.

  • Speaker #1

    Oui, principalement, mais pas que, mais principalement.

  • Speaker #0

    Est-ce que, voilà, vous...

  • Speaker #2

    forcément vous choisissez une vibration ou à des messages qui sont derrière ce que les artistes proposent oui disons que pour moi la proposition en tout cas que l'on fait dans mon cas de figure mais je crois chez catherine c'est comme ça aussi elle est assez éclectique quelque part on a enfin moi j'ai pas une ligne stricto senso vraiment de laquelle je ne décolle pas parce que je suis ému par des choses et si je ne suis pas ému par les choses je peux pas porter la voix de l'artiste si je n'ai pas un feeling avec l'artiste. Donc c'est vrai que parfois il y a des choses qui sont plus dans le combat féminin, on va dire, ou parfois un peu plus politique aussi, c'est plus risqué. Et c'est comme Catherine l'a dit, c'est pas un long fleuve tranquille, et si on veut porter les choses, on doit s'investir beaucoup pour pouvoir le faire.

  • Speaker #1

    Oui, moi je pense aussi que c'est d'abord un coup de cœur esthétique. Je suis une esthète, j'aime bien les belles choses, ça je ne m'en cache pas. Et si derrière, il y a un message, je découvre souvent, parce qu'on ne le voit pas au premier moment. Et donc, finalement, on apprend des choses et on est heureux que ça vienne s'ajouter et qu'il y ait une lecture de la peinture ou de l'œuvre par la suite.

  • Speaker #0

    Oui, ça, je trouve que c'est intéressant chez l'un comme chez l'autre. Quand on vient assister soit à des workshops ou des rencontres avec leurs dévernissages, quand on rencontre les artistes ou quand on se fait expliquer un peu des choses. J'imagine aussi qu'ils n'ont peut-être pas tous voulu aller dans des détails incroyables que nous, on pourrait, notre imagination, et là aussi pour nous emmener. Mais je trouve que c'est toujours passionnant d'avoir quand même une explication, un petit plus, qu'est-ce qui se cache derrière une œuvre qui effectivement nous émeut. Et je me permets juste, parce que je trouve que ça me touche justement, de t'entendre dire ça Luc. Il y a quelques mois de ça, j'avais reçu sur Éclat de Voix Thomas Raoult qui... chef d'orchestre, et il parlait aussi de son art, il disait il faut qu'on transmette une émotion, si on ne transmet pas d'émotion.

  • Speaker #2

    Qu'elle soit positive ou négative, parce qu'en fait l'art est là aussi pour faire réagir les gens, donc c'est pas simplement, ou alors on est dans la décoration entre guillemets, et oui c'est joli, c'est une couleur, ça ira bien avec mon canapé, mais disons que dans l'absolu, ça fait partie certainement des choix des gens, mais c'est pas forcément... C'est pour ça que nous on fait des expositions. Ça fait partie du jeu parce qu'il faut vendre. Mais le biais de base c'est de porter quelque chose.

  • Speaker #1

    Oui, et moi je pense que ce qu'on apporte c'est apprendre à voir. C'est pas juste voir, c'est apprendre à voir. Qu'est-ce que vous voyez Qu'est-ce que vous ressentez Et à chaque fois, je l'ai fait, plusieurs fois quand j'ai des groupes, je m'arrête et je leur demande devant tout le monde de s'exprimer, de me dire qu'est-ce qu'ils ont vu. Et c'est vraiment... intéressant parce qu'à chaque fois il le lit à un vécu, il en parle alors ouvertement et donc on comprend pourquoi il y a eu cette connexion avec cette oeuvre. Il y a une connexion différente mais elle est très personnelle et ça leur permet du coup de s'exprimer sur un vécu ou ça peut être lié à une histoire qui est partie de notre histoire.

  • Speaker #0

    Catherine, tout à l'heure, tu nous as donc permis de faire cette introduction intéressante qui montre quand même, alors c'est un peu particulier concernant les comptes de concentration et l'artiste avec ses magnifiques dessins, parce que là je les vois en même temps que je te parle. Comment est-ce que les artistes que vous soutenez, si c'est le cas, contribuent à faire émerger des discours justement critiques sur notre société Est-ce que vous avez en tête l'un ou l'autre qui Lui, via l'art, a une prise de parole engagée.

  • Speaker #1

    Oui, je voulais peut-être... Tu me permets, Luc Oui, c'est parfait. Oui, voilà, par exemple, j'ai découvert, il y a deux ans, Massimo Beni, qui est un artiste luxembourgeois. Je ne me focalise pas uniquement sur Luxembourg. Comme je le dis, c'est des rencontres humaines d'abord. Et j'ai été attirée déjà par l'esthétique de son travail. Bon, là, je te montre une petite carte parce que je n'ai pas la peinture ici sous les yeux. Mais, donc, c'est un artiste... A priori, j'ai aimé l'esthétique, le graphisme, les formes. Et quand tu vois cette peinture qui s'appelle Cher à canon, on est tout à fait dans le sujet de la guerre et de la petite poupée russe. Et donc derrière, c'est ce que je dis aux gens, ce qui est agréable dans ce type de peinture, c'est que d'œuvre, c'est que tu peux l'avoir chez toi parce qu'elle est esthétiquement jolie, elle est agréable, elle ne va pas rebuter, tu ne vas pas te sentir mal à l'aise. Mais derrière, il y a un vrai message justement. contre le fait qu'on envoie les jeunes à l'armée, ils ne sont pas encore formés, il a encore tout jeune, il n'a plus de tête, il est de monde dans les mains, et il va partir à la guerre, la petite pouperie, c'est tout à fait d'actualité, tu vois. Et ça, c'est ce genre d'œuvre qui est vraiment interpellante, intéressant, et avec Massimo, voilà, on a créé une relation d'amitié, on va continuer. Mais voilà, ça c'est un exemple dont je voulais parler.

  • Speaker #2

    Oui, moi j'ai deux exemples aussi, Manon Moret que j'ai exposé, c'était un peu quelque chose de militaire. temps quelque part aussi, puisque c'est quelqu'un qui s'exprime sur la peau. Donc en fait elle écrit ses propres mots pendant des heures, des jours, parfois sur le corps d'une personne entièrement nue et donc sur toutes les parties de la personne. Et c'est une exposition, moi je voulais mettre le langage du corps, parce qu'elle aime bien aussi les corps abîmés, donc c'est vrai qu'il y a un rapport à la nudité d'un corps abîmé qui est particulier parce qu'il faut s'assumer quelque part et se montrer sur les murs. plus personnel entre guillemets et en lâcher prise donner son corps pendant des jours et des heures à quelqu'un qui vous écrit dessus ou même parfois plusieurs personnes qui vous écrivent dessus donc il ya vraiment une barrière qui a franchi et ça c'est un rapport à soi même qui pour moi est parfois intéressant aussi et les pauses qu'elle faisait prendre aussi aux personnes étaient assez symbolique par rapport au combat des femmes par rapport aux femmes battues parfois et des choses comme ça il ya beaucoup d'interprétations au delà de l'esthétique pure de la photo qu'elle faisait à la fin de son happening, entre guillemets. Et puis, plus récemment, j'ai Thomas Baumgärtel, le banana sprayer, qui, lui, travaille tout autour de la banane depuis 60 ans quasiment. Ou 40 ans, pardon. Il a 60 ans.

  • Speaker #1

    Il a beaucoup plus de temps. Il a pas trop le vieillesse.

  • Speaker #2

    Il est le berceau. Et dans... Lui, il est très politique. trait de gauche, allemand de gauche, et politique pacifiste aussi. Et donc, dans son discours, il y a beaucoup d'attaques sur ce qui est au niveau du gouvernement, par exemple, allemand. Mais par rapport à la guerre en Ukraine, il s'est directement déplacé sur place pour aller placarder des symboles, etc., au milieu des chars et tout, et notamment des silhouettes de Poutine avec un... Un habit de bagnard et puis un petit bonnet banane et c'est put in prison Et cette réaction-là a été qu'à un moment donné, il y a un ami à lui qui lui a prêté toute une façade en Allemagne, à Cologne, dont il est originaire, et il y a un énorme panneau qui est sur cette façade, donc de plusieurs dizaines de mètres de haut, avec cette photo. Et il dit on n'enlèvera que quand ce sera le cas Bon, maintenant l'actualité. est assez complexe autour de ça. Moi, c'est un acte militant. Je l'ai exposé à la galerie. Je ne l'ai pas mis en vitrine,

  • Speaker #0

    j'avoue.

  • Speaker #2

    Non, parce que c'est un choix aussi. Je ne veux pas non plus choquer les gens. Ce n'est pas choquer qui est intéressant, c'est susciter le dialogue. Et donc, il y avait aussi une œuvre avec Erdogan et il y avait aussi une œuvre avec Trump. Et toutes ces trois œuvres-là, très politiques, très polémiques, elles étaient exposées dans la galerie, mais il fallait rentrer dans la galerie pour les voir. Et donc, les gens étaient assez surpris de ça.

  • Speaker #0

    Ça m'amène tout de suite à une question que je voulais vous poser parce que tu as tout de suite dit je ne l'ai pas mis en vie de monde Alors moi j'ai envie de vous demander quels sont les obstacles que vous rencontrez quand justement vous avez, vous cherchez à faire entendre vos artistes qui parfois, comme tu viens d'en parler, vous dérangent. Ou bien vous aussi, alors c'est un autre plan, c'est un autre plan, vous, à vous faire entendre des institutions, des organisations, du public aussi parce que parfois c'est pas... Évidemment, tu l'as dit tout à l'heure, on a tous une image du galeriste qui est un petit peu... Comment dire

  • Speaker #2

    Potiche.

  • Speaker #0

    Potiche. Potiche, voilà. On se dit qu'il est là pour faire ses sous et ses tout, alors qu'en réalité, on l'entend à travers vos propos, il y a vraiment une posture, une réflexion, un amour aussi du travail et des artistes que vous exposez. Ce n'est pas juste pour passer à la caisse derrière.

  • Speaker #1

    Oui, moi je peux peut-être parler un peu de mon parcours, parce qu'au départ... Donc je ne viens pas du milieu de là. Et là où je travaillais avant, j'étais responsable RSE. Donc pendant des années, j'ai mis en place le département de responsabilité sociale de l'entreprise. Donc ça a toujours été un peu dans mes gènes, je vais dire, de soutenir des causes. Je ne suis pas militante, je suis porte-voix et j'essaie de faire progresser les choses avec l'actualité. Il y a des choses où on ne peut pas revenir en arrière, mais à notre époque, qu'est-ce qui fait du sens C'est ça qu'il faut se poser comme question. Donc c'est toujours resté un peu dans mes gènes et en lançant ce projet, De la galerie, c'était vraiment de participer au développement de la culture et développement de la pensée. Et je pense que les jeunes, aujourd'hui, ils sont derrière leurs écrans, ils jouent beaucoup à des jeux. Et là, il n'y a pas d'échange, donc ce n'est pas intéressant. Donc, c'est de les sortir, les obliger à, pas obliger, mais les amener, avoir envie d'aller voir, tiens, qu'est-ce qui se passe derrière cette porte et d'aller engager un dialogue. Et donc, dans ce cadre-là, j'avais notamment rencontré la Fondation Sommer, parce que je trouve que c'est une fondation... très intéressante ici qui a été créée par un luxembourgeois et qui essaie justement de travailler sur l'ouverture à la culture pour les jeunes et donc dans ce cadre là par exemple j'ai j'ai reçu groupe d'autistes voilà qui est venu faire un atelier parce qu'on avait justement un travail sur le papier et donc ils sont venus faire un atelier ici des jeunes et c'est ça qui est gay c'est ce dit alors moi que je cherche avec la jeunesse et développer la pensée et et qu'ils puissent mettre des mots, parce que le choix des mots, on l'a toujours dit dans les accords Toltec, ça fait partie de notre base, choisir les bons mots. Donc moi, je ne suis pas là pour provoquer, ça ne me frustre pas de peut-être dire je ne vais peut-être pas mettre cet artiste maintenant Non, ça doit correspondre à ce que je ressens, mais c'est surtout d'amener les gens à dialoguer, à partager, et que le ministère reconnaisse notre rôle aussi. Et c'est là, je trouve qu'il y a un manquement, c'est qu'il y a vraiment une barrière entre les institutions publiques et nous les privés, ici à Luxembourg. Je ne peux pas parler pour un autre pays parce que je n'y suis pas, mais j'ai l'impression qu'en Belgique, c'est un peu moins figé d'après ce que j'entends. Mais ici, non, on ne nous considère pas. Donc c'est ça qui est malheureux, parce qu'on pourrait être main dans la main et avancer beaucoup plus dans cette direction. Mais voilà, c'est un combat de tous les jours, et nous, on se positionne quand même. Oui,

  • Speaker #2

    tout à fait. Ça, je rebondis aussi sur ce que tu viens de dire par rapport au... La division entre institutionnels et privés, maintenant il y a des institutionnels de différents types aussi, mais c'est vrai qu'en tant que galeriste privé, aller vers des institutions n'est pas toujours le plus simple. Il y a des appels à candidatures pour des œuvres, notamment par le ministère de la Culture, et ça, ça a évolué aussi parce que ça a été remis au goût du jour depuis Saint-Anson, on va dire, au niveau des achats, c'est un peu plus visible. un peu plus direct, etc. Maintenant, il y a toujours un comité de sélection. Donc, c'est toujours... Ça peut être un peu plus ambigu, mais ça existe. Et ça a le mérite d'exister vis-à-vis de nous. Quand c'était la période Covid, ça a pu aider aussi, à un moment donné, à faire bouger un peu les choses, qui étaient très calmes à ce moment-là. Donc, à ce niveau-là, c'est bien. Maintenant, c'est vrai qu'il n'y a pas, je dirais, en termes d'expression, il n'y a pas de barrière, pour revenir un peu au sujet avant et dans la continuité. Il n'y a pas de barrière. On est dans un pays très, très libre d'expression. Et ça, c'est un bonheur en plus encore pour l'instant. Et les gens sont beaucoup plus ouverts qu'on ne le pense souvent. Maintenant, la seule barrière qu'on se met, c'est la nôtre. Je veux dire, moi, je n'ai pas l'idée de vouloir choquer absolument les gens. Je veux les interpeller. Et donc, c'est vrai que quand tu dis, je cache certaines œuvres, c'est vrai que je ne mettrai pas certains types de nus en vitrine. parce que bon, on ne sait pas non plus qui regarde la vitrine à quelle heure. Mais c'est vrai, ça fait partie des choses aussi. Et ça ne sert à rien de choquer les familles qui passent devant ou les parents qui vont cacher les enfants qui regardent. Ça n'a pas d'intérêt parce que ça mettra un blocage aussi aux enfants. Donc l'idée, c'est d'interpeller, d'ouvrir les yeux et aussi d'ouvrir le dialogue avec les gens, comme Catherine le dit. Toute œuvre pose question. Et les gens, elles, n'aiment pas. Bon, ça, c'est tout. en fonction de leur vécu, de leur culture, mais l'idée c'est quand même d'ouvrir les esprits. C'est pour ça que je suis très éclectique dans mes choix aussi. Je refuse de me baser vraiment sur quelque chose de linéaire et de facile, alors que ça pourrait vendre d'autres plus en étant plus condensé sur mes expositions.

  • Speaker #1

    On ne s'est pas de plaire au marché. Je pense qu'on suit nos convictions.

  • Speaker #2

    Exactement. Premièrement, on suit nos convictions, ce qui ne plaît pas toujours à tout le monde. Et effectivement, comme tu dis, le rapport aux institutions est parfois complexe. Mais quel que soit le type d'institution, si tu proposes un dossier à une banque, ça ne va pas être plus simple que de le proposer à un ministère. Et maintenant, effectivement, il y a aussi un cadre qui a été remis en place dans les choix d'acquisition des institutions étatiques, entre guillemets, parce qu'avant, chacun achetait un petit peu ce qu'il voulait. Et je pense qu'il y avait un petit peu la cour des miracles, en tout cas, c'était beaucoup du copinage, peut-être, d'une certaine manière. Et donc maintenant, il y a un cadre effectivement où ils ont une grille d'exigence par rapport aux œuvres qu'ils achètent, qui est très claire en définitive, qui réduit très fort ce qu'on peut proposer. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est surtout du soutien aux artistes luxembourgeois, aux résidents luxembourgeois. Donc ça nous limite quand même dans les propositions. Voilà, exactement. Mais je peux comprendre ça. Je comprends aussi que c'est la scène luxembourgeoise qui doit être...

  • Speaker #2

    Et c'est vrai que les derniers ministres de la culture, dont Éric Thiel maintenant, promeuvent... Merci. très fort le côté luxembourgo-luxembourgeois, que ce soit pour soutenir des jeunes, que ce soit pour l'acquisition d'œuvres plus anciennes, même d'artistes qui ont disparu, des choses comme ça, mais ils veulent vraiment qu'il y ait un effet significatif dessus. Ce qui a un effet pervers pour nous, c'est effectivement ce développement de beaucoup d'éléments parallèles à ça, avec... des maisons de la culture dans à peu près toutes les villes, les villages et autres, ou des salons différents qui sont parallèles et qui vendent aussi et qui proposent parfois des choses qu'on ne proposerait pas certainement, mais qui ont parfois une valeur qualitative, parfois plus relative dans le choix, mais ça parasite parfois un peu notre travail. Et je sais qu'il y a... Dans la discussion qu'on a ici, il y a aussi le rapport aux artistes luxembourgeois. On en promotionne tous, mais ce n'est pas toujours aussi simple. Parce qu'effectivement, il y a cet effet court-circuit, où la concurrence est loyale pour certaines activités, qui fait que les artistes, pourquoi est-ce qu'ils ont besoin de nous priver, alors qu'ils ont déjà une visibilité très large Donc c'est vrai que c'est... parfois un peu l'ambiguïté de la situation actuelle. Maintenant, il y en a qui jouent le rôle et qui sont... avec lesquels il n'y a aucun souci. Il y en a d'autres, c'est parfois plus ambigu. Donc, c'est vrai, quand on nous demande de faire des appels exclusivement sur les artistes luxembourgeois, parfois notre panel est un peu réduit.

  • Speaker #0

    Oui, est-ce que, alors, pour continuer, puisque tu as entamé cette réflexion sur les artistes luxembourgeois, est-ce que, pour vous... Vous avez l'impression aussi, tu parlais du local, de promouvoir le local, ce qui effectivement fait sens d'une certaine manière, même si j'entends bien que ça peut être réducteur. Mais est-ce que vous avez, parce que vous allez aussi à l'étranger, est-ce que vous avez l'impression que vous pouvez les aider à rayonner au-delà des frontières aussi Ou est-ce que c'est plus difficile en étant luxembourgeoise Je pense qu'il y a une belle évolution.

  • Speaker #1

    Je dois dire que certainement, moi je n'étais pas dans le milieu. il y a peut-être dix ans, mais de près ce que j'ai pu suivre, je pense que l'évolution est là, justement parce que le pays se culturalise. Je vais dire entre guillemets, c'est une société agricole à la base qui maintenant, depuis quelques années, comprend que la culture est importante. Donc, on est dans un changement de société ici à Lussempour.

  • Speaker #2

    Et la propre identité du pays aussi passe à la culture.

  • Speaker #1

    Voilà. Donc, tout ça est en train de se mettre en place depuis quatre, cinq ans, je dirais. Et depuis ce moment-là, effectivement, il y a des... Il y a des soutiens, il y a plusieurs endroits qui développent des résidences d'artistes, donc c'est une bonne chose, mais...

  • Speaker #2

    Oui, il y a le 15-35, il y a tout un tas de choses comme ça, mais c'est vrai que pour promouvoir des artistes à l'étranger, par exemple, il faut avoir le courage de les sortir. Ils ne sont pas toujours acceptés dans certaines foires aussi. J'ai eu le cas à Berlin avec un artiste que je voulais promouvoir, on m'a dit non, parce qu'il n'est pas assez connu, entre guillemets, pour la foire, etc. Maintenant, Luxembourg est un petit pays qui fonctionne très bien en interne, etc. Mais c'est vrai que c'est toujours un pari d'en sortir pour un artiste aussi, parce qu'il se met en dehors de sa zone de confort, entre guillemets, puisqu'il sort de son cocon où il est connu, reconnu, accepté, acheté, etc. Et il se met un peu à nu. dans une foire et se confrontent à d'autres artistes. Donc moi j'en ai sorti quelques-uns à Bruxelles ou ailleurs avec moi. Et effectivement...

  • Speaker #0

    L'accueil est parfois intéressé, mais pas au point de vraiment passer à l'acte. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'il y a peut-être le côté, souvent, investissement, qui sort, qui se dit un côté, bon, c'est pas le premier côté, mais quand même, les gens qui achètent, ils veulent savoir pourquoi ils payent. Ils veulent une responsabilité.

  • Speaker #0

    Donc,

  • Speaker #1

    ils se disent, c'est qui, luxembourgeois C'est pas si exotique comme tu vois, donc du coup il faut le vendre autrement.

  • Speaker #0

    Pour faire ça très exotique.

  • Speaker #1

    C'est étonnant, oui pourquoi Alors du coup ça crée comme tu dis le dialogue. C'est étonnant. Mais oui, moi je pense que nous on essaye de voir pour un peu le marché américain avec un artiste, mais ça ne pourra se faire que si quelqu'un là-bas est implémenté là-bas, aime l'artiste et va pouvoir en parler. Tu vois Ça, ça marchera parce que du coup il y a une autre voix de quelqu'un qui connaît le marché local. Mais c'est plus difficile effectivement, parmi d'autres grands noms. Et pourtant,

  • Speaker #2

    à Luxembourg, depuis quelques années, combien de temps, Luc, je ne sais pas, il y a cette fameuse Art Week

  • Speaker #0

    Oui, ça fait plus de dix ans maintenant. C'est la onzième édition. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça. Donc, il y a quand même eu aussi une évolution de l'ouverture à l'extérieur, qui fait venir aussi l'extérieur. Donc, à ces moments-là, il n'y a pas un peu possibilité d'ouvrir des portes, des échanges qui peuvent se faire à cette occasion

  • Speaker #0

    Si, il y a certainement un mix qui se fait à ce moment-là. Maintenant, dans les galeries officielles, entre guillemets, il y a rarement des artistes luxembourgeois 100%. Il y a certains confrères qui le font, mais je vais dire que c'est souvent dans le take-off, par exemple, de la foire. Là, il y a une visibilité plus importante, parce que plus soutenue aussi de nouveau à ce niveau-là. Mais c'est bien parce que ça ouvre effectivement et je dis il y a des trémendants artistes luxembourgeois, on ne va pas du tout dire ça.

  • Speaker #1

    Et puis ils sont peut-être plus discrets, il y en a peut-être aussi encore à découvrir parce que dans la culture, on ne se met pas en avant avant d'être certain etc. Oui voilà,

  • Speaker #0

    il y a cette frilosité parfois un petit peu de dire oui mais est-ce que vraiment quoi, ben oui.

  • Speaker #1

    Mais par contre il y a le CAL, je trouve que le CAL, le Centre Artistique Luxembourgeois qui essaie de... de mettre quand même en avant les artistes une fois par an et il faut postuler.

  • Speaker #0

    C'est presque trois fois par an.

  • Speaker #1

    C'est trois fois Oui,

  • Speaker #0

    pratiquement. Ils se diffusent bien. Et un salon printemps, un salon automne. Et encore des manifestations en parallèle. Mais là aussi, même pour eux, il ne faut montrer pas de blanche. Pour les artistes, en fait, les critères sont assez exigeants aussi pour les artistes puisqu'il y a une thématique qui est lancée par l'organisateur. Les artistes doivent présenter trois œuvres qui n'ont jamais été montrées nulle part avant, donc qui sont faites à la limite extrait pour le salon, et avec la possibilité d'être sélectionnées ou pas. Donc même pour les artistes dans ce cas-là, il y a quand même un vrai engagement. Ce n'est pas de dire oui, je participe au salon, j'approche trois toiles Non, non, non, il y a beaucoup de critères. Oui,

  • Speaker #2

    donc il y a quand même cette volonté d'engager. Et est-ce que vous avez l'impression que les… ces artistes luxembourgeois que vous avez pu rencontrer ou vous avez exposé, portent aussi des valeurs qui passent, je dirais, à l'international, qui sont un peu universelles. J'imagine que oui, ma question, elles sont certainement un peu idiotes parce que je suppose que tout artiste est un peu comme ça. Mais est-ce qu'on a... Parce que je me dis, à Luxembourg, sauf erreur de ma part, il n'y a pas d'école d'art.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas une école d'art supérieure, je pense. C'est plus haut niveau du lycée.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça, il y a le lycée des arts et métiers.

  • Speaker #1

    Il y a l'école d'art contemporain qui est privée, entre guillemets, et qui prépare à des études artistiques également. D'accord.

  • Speaker #2

    En fait, dans mon imaginaire, qui est peut-être donc un peu faux, mais j'ai l'impression que souvent les jeunes, de toute façon, ils ont besoin d'aller à l'extérieur pour faire leurs études s'ils veulent aller un peu au-delà du...

  • Speaker #1

    Ça, ce n'est pas que dans l'art. Oui, oui, oui. En fait, c'est ça. Non, non,

  • Speaker #2

    mais ce que je veux dire par là, c'est que du coup, l'artiste qui est certes local, a forcément été ailleurs à un moment donné.

  • Speaker #0

    Oui, parce que tu as quand même des autodidactes, notamment dans les jeunes street art, etc. Ils n'ont pas vraiment suivi de cours pour faire du street art. C'est un feeling, c'est un move, c'est tout un tas de choses dans ce genre-là, qu'ils apprennent au fur et à mesure de ce qu'ils font sur les murs, et qu'ils se confrontent au milieu du Xangola, qui est très dynamique. d'ailleurs à ce niveau-là, et Esch est un bon exemple de la dynamique au niveau du street art à Luxembourg. C'est peut-être là que ça bouge le plus, on va dire, entre guillemets, et ce qui est très intéressant. Et c'est vrai que, de nouveau, c'est de plus en plus reconnu. aussi et ici au luxembourg aussi même si ça arrive tardivement par rapport à d'autres pays mais c'est assez reconnu et de plus en plus de communes ou de villes donnent des murs à disposition des artistes ils préfèrent que ce soit peu plus cadré entre guillemets que partout tu as d'ailleurs près du musée de la ville tu as un mur qui est régulièrement retaguer et c'est ce livier s'adhère qui s'occupe de la gestion de ça donc c'est vrai qu'il ya des choses qui se passent à ce niveau là maintenant des artistes plus classiques ou sur d'autres techniques doivent effectivement souvent faire une école ailleurs, que ce soit à Londres, à Paris ou en Allemagne, pour s'ouvrir aux techniques et au savoir-faire.

  • Speaker #1

    Oui, il faut souvent des résidences d'artistes à l'étranger, ça c'est très bien aussi. Ça doit faire d'ailleurs partie du parcours d'un artiste, c'est d'aller à l'étranger, de rencontrer d'autres et d'évoluer, de devoir confronter son travail justement à d'autres perspectives.

  • Speaker #2

    Alors, merci parce que vous me permettez là encore d'aller vers, on ouvre vers l'extérieur, donc j'ai envie d'ouvrir vers les réseaux sociaux. Oui. Alors, est-ce que pour vous, parce qu'on ne peut pas faire fi de ça aujourd'hui quasiment plus pour communiquer, est-ce que pour vous, c'est vraiment des outils simplement de promotion ou c'est quand même, ça peut être des outils de prise de parole engagée Est-ce que vous, vous avez l'impression aussi que vous pouvez utiliser ces espaces pour donner un peu de temps visibilité, parfois un peu de profondeur aussi au discours artistique ou pas du tout.

  • Speaker #1

    Oui je pense que de toute façon, moi je les utilise beaucoup parce que moi tu sais, c'est pas que de l'art physique, enfin celle-ci c'est physique, mais ce n'est pas que pour les murs je veux dire, c'est aussi... mais j'ai fait de l'art digital aussi, j'aime beaucoup cette idée aussi, mais c'est aussi des objets d'artisans, tu vois, moi ça va un petit peu au-delà. de ce que proposent peut-être les autres galeries, parce que je trouve que l'objet en soit intéressant, donc la façon dont il est positionné, c'est aussi ce que je ne crains pas, et je crois que c'est la grande tendance, de toute façon, on le voit de plus en plus dans les grandes foires, à la BRAFA, à la TEFAF, de plus en plus.

  • Speaker #0

    De mixer.

  • Speaker #1

    Voilà, de mixer. Donc pour moi, ça a toujours été le credo un peu subtil, mais effectivement, donc les réseaux, voilà, on doit les utiliser. Comme tu dis, ça fait partie du développement commercial, de toute façon. Moi j'aime beaucoup parce qu'il y a un côté un peu graphique derrière, je dois travailler ce côté communication graphisme, donc ça fait partie de l'esthétique aussi.

  • Speaker #0

    Et de ton apprentissage, certainement aussi, parce que moi j'ai beaucoup appris avec ça.

  • Speaker #1

    Donc ça fait partie et on doit suivre la mouvance de toute façon. Et oui, quand on poste quelque chose, on va parler de l'artiste, on va parler du message derrière l'œuvre, donc du coup, effectivement, on passe un message.

  • Speaker #0

    Oui, ici, c'est vrai que les réseaux sociaux sont un mal et un bien, entre guillemets. Moi, je ne pense pas qu'on soit impacté de façon négative quand on utilise les réseaux sociaux de la façon dont on le fait. Effectivement, c'est pour promouvoir et pour mettre des choses en place. Maintenant, la qualité du message et la qualité de ce qu'on diffuse jouent beaucoup sur le retour, entre guillemets, parce que tu postes une simple photo, c'est plat. Donc, c'est vrai que, par exemple, les réels sont plus vivants et les... plus interactif où les gens réagissent beaucoup plus à un réel qu'à une simple photo dessus. Donc c'est vrai qu'il Ausha fois réfléchir à sa communication un petit peu, etc. Donc c'est un exercice permanent. C'est ce que je disais par rapport au galeriste, il n'est pas derrière son siège tout le temps à jouer aux cartes. Et il y a aussi le fait qu'il y a des réseaux qui sont spécifiques à l'art aussi. Par exemple, il y a la plateforme Artsy qui est utilisée, mais ça c'est plus de la vente, mais c'est de la visibilité aussi. Donc c'est tout un tas d'éléments qui sont nécessaires. Par exemple, quand on utilise Linking, par exemple, moi j'utilise Linking ponctuellement, en tout cas pour faire des publications. Pour moi, elles ont plus de contenu, souvent, parce que c'est un réseau professionnel, même si parfois ils changent un petit peu au fur et à mesure aussi, ça pourrait devenir un Facebook, mais bon, voilà. Et là, je trouve que les gens prennent plus de temps aussi de lire le contenu que tu fais. Si tu postes un truc sur Facebook, ça va être quelque chose d'assez éphémère, assez rapide. Les gens vont carrer, oui, ça me plaît, ça ne me plaît pas. Et puis, ils ne vont même pas lire ce qui est en dessous si tu as pris la peine de faire un truc. Je pense que tu le fais aussi. Il y a les newsletters, par exemple. Et les newsletters, c'est un contact direct avec ta clientèle, entre guillemets, ou en tout cas les gens qui te suivent et qui t'ont donné leur adresse. Donc, voilà. Et donc, ça, c'est un... chose plus personnelle dans laquelle tu peux intervenir plus pour expliquer l'artiste, pour défendre l'artiste. Non, les retours là-dessus, il n'y en a pas forcément. Ils viennent au vernissage, ils ne viennent pas au vernissage. Vraiment, ça se limite plus à ça.

  • Speaker #1

    On voit qu'il y a un tour dès qu'on envoie une newsletter, les choses se déplacent. Donc je pense que ça,

  • Speaker #0

    pour nous,

  • Speaker #1

    c'est bien pour notre communauté.

  • Speaker #0

    Et je pense que même au niveau de la presse papier, En fait, malgré tout, à Luxembourg, tu fais un petit article, tu as un encart dans une presse papier, quelle qu'elle soit, ça a un impact. Les gens viennent quand même. Un article dans le Vort, tu auras tout de suite beaucoup plus de locaux de luxembourgeois qui viendront voir l'exposition. Ça, c'est évident. Donc, effectivement, il n'y a pas que les réseaux sociaux techniques, entre guillemets, il y a aussi les réseaux autres.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Je n'utilise pas beaucoup la presse papier, ce n'est pas évident ici. D'avoir des connexions, Luc Non,

  • Speaker #0

    c'est qu'il faut acheter. Ah,

  • Speaker #1

    il faut acheter encore.

  • Speaker #0

    Oui, oui, voilà. On a la chance d'avoir effectivement quelqu'un qui s'intéresse.

  • Speaker #2

    On peut espérer que le podcast suscitera l'intérêt de certains journalistes pour aller à votre rencontre, parce que je pense que quand même, vous faites partie de l'écosystème local, qu'il y a plein de choses, on l'entend à travers vos propos, qui se passent dans vos galeries. Ce n'est pas juste. exposer quelque chose pour le vendre. Il y a du travail de fond, il y a des échanges, il y a des workshops. Vous avez entendu l'appel les amis J'ai encore envie de vous poser une question sur l'art au sens général. On a souvent tendance à associer ça à quelque chose d'élitiste. Comment est-ce que vous répondez à ceux qui ont cette perception de l'art, des galeries ou des choses qui sont parfois... presque inaccessibles, tant financièrement que intellectuellement, entre guillemets.

  • Speaker #1

    Je pense que l'art en tant que tel n'est pas élitiste, parce que l'art existe depuis les cavernes et les fresques, il y avait ce mural déjà à Lascaux. Donc l'art fait partie d'évolution de notre société, on ne pourra pas s'en passer parce qu'heureusement il y a la créativité, on a besoin de créativité dans tout ce qu'on fait. Maintenant les galeries peuvent paraître effectivement élitistes, mais c'est pour ça que... dans mon concept aussi, il y a du mobilier, il y a du vintage, il y a de l'ancien, parce que je voulais justement décloisonner l'idée qu'on a des galeries et que quelqu'un qui rentre finalement pour un meuble, tiens, il va voir l'art et du coup, il y a un échange qui va se faire et il n'était peut-être pas venu pour ça initialement, tu vois. Donc c'est aussi pour sortir un peu de ce côté galerie habituel que je les ai créés et je pense que c'est de plus en plus et déjà, il y a beaucoup de mouvements aussi à Paris. notamment de Jeanne Galerie qui invite les jeunes justement à s'intéresser à des prix plus abordables. Donc il faut aussi varier, je pense, dans la proposition, l'offre que tu fais. Évidemment, moi j'ai une expo toujours temporaire, mais j'ai au moins 15-20 artistes à côté qui exposent de manière permanente à des prix qui vont de 45 euros à plus, tu vois. Et ça, je pense que c'est bien pour ouvrir les portes aussi. D'autres vont trouver que non, il faut... prendre que des grands noms à 100 000 euros chacun voilà sa place tu vois et il faut respecter les envies de chacun a tout à fait raison sur ce sujet là parce qu'effectivement le côté éclectique que tu as et que j'ai aussi quelque part amène

  • Speaker #0

    de facto tout type de public à un moment donné dans la galerie donc si j'expose à ces parteurs joueraient quand même vraiment des jeunes maintenant le street art heures il a aussi un prix Et c'est vrai que les gens vont garder plus, ils vont peut-être aller acheter un t-shirt avec le tableau qui est mis dessus et pas l'œuvre en question. Maintenant, il y a d'autres gens qui le feront. Mais c'est vrai que l'important, c'est l'ouverture et l'ouverture d'esprit. Donc, le fait de faire passer ça avec les gens, c'est les accueillir déjà, premièrement. Moi, j'ai la chance d'être sur un coin de rue où j'ai beaucoup de vitrines. Toi, tu as complètement une démarche différente. Donc, on est vraiment à l'opposé l'un de l'autre. Et moi, les gens regardent déjà beaucoup les vitrines. Donc, c'est une chance. Et pour ceux qui s'intéressent et qui ont trop peur de rentrer, ils regardent déjà pas mal d'expositions par l'extérieur. Et puis, si par hasard, ils ont le courage, ils rentrent. C'est pour ça que, par exemple, en saison d'été, la porte ouverte, c'est génial. Parce que les gens n'ont plus la barrière vraiment de la porte physique. Donc il rentre, il s'infiltre et voilà. Moi, je parle du principe qu'on accueille tout le monde. Parfois, tout le monde, c'est parfois bizarre aussi, mais on accueille tout le monde. Et on montre, on explique avec la même bienveillance à tout le monde. Maintenant, on sait qu'il y a des gens qui sont tout de suite plus intéressés pour acheter et des gens qui viennent juste regarder et qui sont très timides. Mais je trouve que ça fait partie de notre mission, entre guillemets, à ce niveau-là, sociale, comme tu dis, d'accueillir et de montrer les choses aux gens et d'être bienveillants, en définitive.

  • Speaker #1

    avec les gens et ça c'est vrai que c'est le côté social moi j'ai accueilli là au mois de c'était qu'en janvier a pas longtemps je crois j'étais 80 élèves de l'école d'une école d'aplomb est venu leur professeur parce qu'il faisait la journée un marathon photo dans le style de christophe jacquereau que j'exposais à l'époque et j'ai pas en janvier et donc je trouvais que c'était quand même fascinant il serait jamais entré dans une galerie gardez les prix mais non mais qu'est-ce que je vais chercher à mes madames, pourquoi c'est si cher les photos Et donc du coup on explique, tu vois, et c'était chouette et ils ont adoré, ils étaient tous très attentifs, j'étais extrêmement contente, tous attentifs, et je les ai impliqués un petit peu dans le jeu, dans la discussion, tu vois, mais c'est ça aussi notre rôle.

  • Speaker #0

    Et moi l'interaction, comme tu dis, je l'ai eue aussi avec des élèves justement du lycée en art, qui sont venus une fois ou l'autre voir des expos, parce qu'ils ont des travaux à faire, ça inspire aussi et qu'ils voient des choses, et c'est vrai qu'ils viennent par petits groupes. comme ça parce que chez moi c'est moins grand, donc voilà c'est pas un petit groupe, mais ils s'intéressent vraiment à l'œuvre, à la technique, à l'émotion, et alors ils parlent entre eux, c'est super parce que moi j'entends ce qu'ils racontent entre eux sur l'œuvre, et ça c'est un échange et un intérêt. Et effectivement, ils peuvent être choqués par les prix, mais non, moi pour une anecdote, j'ai un monsieur qui aime beaucoup, un artiste que j'expose en janvier, c'est Pablo, que j'expose, Pablo Schwickert, que j'expose souvent en janvier. Et ça fait trois ans qu'il rentre dans la galerie en janvier.

  • Speaker #1

    À chaque fois que tu l'exposes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    oui, oui, oui, oui, oui. C'est un monsieur bien connu et un très grand collectionneur ici à Luxembourg. Et il me dit, c'est pas assez cher, monsieur, pour que je l'achète.

  • Speaker #1

    Oh, c'est un des bons.

  • Speaker #0

    Non, je ne pense pas que ce soit l'humour, il aide beaucoup.

  • Speaker #1

    Dans dix ans, quand il aura bien...

  • Speaker #0

    Peut-être que monsieur sera mort. Je veux dire, ça fait partie aussi... Non, non, non, mais je veux dire, c'est quelqu'un qui est plus âgé, entre guillemets. Et c'est vrai qu'il parle des œuvres qu'il achète, c'est à des prix... On est à 100 000 et... Et donc, c'est vrai que Pablo, qui est entre... 2 et 5 milles, ou peut-être 8 grand maximum pour un très grand format. Je dis, s'il faut rajouter un zéro devant ou un 1 devant, je dis, on peut s'arranger, il n'y a pas de souci, l'artiste sera le plus heureux d'entrer dans votre collection. Mais il a encore discuté ici en janvier avec l'artiste,

  • Speaker #1

    et ça s'arrête là.

  • Speaker #0

    C'est assez amusant. Je ne sais pas si c'est parce que c'est... pas assez cher entre guillemets où il est encore fort jeune pabloa il a 25 ans ou c'est parce que c'est pas dans la galerie dans laquelle il a acheté parce qu'il ya des gens oui c'est ça d'elle aux galeries auxquelles ils achètent aussi ils ont vraiment cette ligne et il reste sur deux galeries qui connaissent et qui vont acheter donc c'est peut-être ça tout simplement donc c'est une anecdote assez assez amusant et quand il m'a dit ça j'étais un peu surpris je vais parce que D'habitude, on dit l'inverse. C'est trop cher. Mais alors, c'est cher.

  • Speaker #1

    On dit parfois, oui, non, c'est pas... Finalement, c'est pas très cher, c'est bien, mais ils n'achètent pas quand même. Oui, ils aiment bien, c'est pas cher, mais voilà, après, il faut la place. Il y a plein de critères. Il faut que ça plaise un monsieur aussi ou un madame, comme c'est un qui visite ça aussi. C'est tout un travail psychologique de faire entendre les deux.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas tous le même boulot.

  • Speaker #1

    Non, souvent.

  • Speaker #2

    Alors, responsabilité sociale... responsabilité au sein des couples,

  • Speaker #1

    ça va loin le travail de mairesse en fait.

  • Speaker #0

    Écoute, moi je pourrais me recycler en psy parfois aussi parce que j'ai un canapé maintenant dans la galerie, mais c'est super aussi parce que les gens prennent le temps de s'installer, de regarder les choses, mais parfois ça va bien au-delà de parler de l'art. Donc c'est vrai que...

  • Speaker #2

    Je ne sais pas si vous avez envie l'un et l'autre d'ajouter quelque chose pour clôturer notre entretien qui était très riche et franchement passionnant. Ou si vous aviez une idée, quelque chose de concret à proposer aux auditeurs pour se rapprocher un petit peu d'une forme d'art quelle qu'elle soit. Est-ce que vous avez envie de les engager dans quelque chose Ou est-ce que vous avez un message, puisque le micro est ouvert, à faire passer

  • Speaker #0

    Moi le message c'est très simple. Entrez. dans les galeries. Regardez, ouvrez votre esprit. Ça ne vous plaira pas forcément, mais votre œil se fera, votre mental se fera aux choses. Et ça, c'est des petites parenthèses de plaisir dans le monde actuel qu'il ne faut pas rater, entre guillemets. Parce que c'est vrai qu'on est très sollicité par beaucoup de choses qui sont souvent très stressantes. Et quand les gens rentrent dans une galerie, ils n'ont pas le même stress. Généralement, c'est très positif. C'est une expérience positive parce qu'ils voient quelque chose, ils sortent de leur bulle. Et ça, c'est le plus important. Donc, il faut... rentrer, être curieux. Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Amenez vos enfants déjà, même petits. Je vois, moi j'essaie toujours de dialoguer avec un des enfants qui viennent ici, leur demander qu'est-ce que tu préfères, les couleurs, etc. Je trouve ça important. Je pense qu'on peut commencer aussi, puisqu'ici on propose des workshops, ben venez faire un petit workshop, comme ça vous vous immergez et vous aurez une autre excuse que vous rendez dans la galerie en tant que tel. Tu vois, c'est aussi... C'est un petit peu ça l'idée. Et puis si on peut lancer un message aux... ne serait-ce qu'à la Bourgmesse de la ville de Luxembourg ou à Leschemins, c'est de venir nous voir et peut-être juste de passer cinq minutes, de faire une petite photo avec nous et puis ça nous donnera un peu de visibilité. C'est reconnaître aussi l'impact qu'on apporte sur la place et c'est pas grand chose, voilà.

  • Speaker #2

    En tout cas, j'espère qu'à mon humble mesure,

  • Speaker #1

    je pourrai vous aider à faire votre passage qui est vraiment intéressant,

  • Speaker #2

    aller découvrir les galeries. Merci Luc,

  • Speaker #1

    merci Catherine, merci à toi Anne-Claire surtout.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup,

  • Speaker #1

    c'était un échange très intéressant. Merci Luc, toi aussi.

  • Speaker #2

    Voilà, nous arrivons au terme de cette conversation captivante avec Catherine Lebrun et Luc Schroeder. Leur regard croisé sur l'art nous rappelle que la prise de parole, qu'elle soit sur une toile, à travers une sculpture, une chanson, un poème, dans une galerie, C'est un acte de courage qui transforme le monde. Comme Luc et Catherine l'ont si bien exprimé aujourd'hui, l'art n'est donc pas un luxe, mais vraiment un essentiel à notre construction mentale, psychique, émotionnelle, relationnelle. Osez donc à votre tour défendre une œuvre, un artiste, une exposition, un projet. Exprimez-vous. C'est comme cela que vous créerez votre propre exposition au monde unique. Et puisque vous voilà plein d'allant et d'élan grâce au dynamisme de Catherine et Luc, j'aimerais vous inviter à faire trois petites choses. Tout d'abord, offrir cinq étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée au podcast. Parce que ces petites étoiles sont comme les éclairages dans une galerie. Elles mettent en valeur le travail et permettent à d'autres de s'en saisir. De partager cet épisode. que ce soit par mail, lors d'un vernissage, sur les réseaux sociaux. Taguez-moi dans vos partages pour que je puisse vous remercier personnellement. Enfin, prenons exemple, sur Catherine et Luc, vous vous dites j'aimerais bien moi aussi transmettre des messages, communiquer, vous exposer, mais en fait vous ne savez pas trop comment faire. Eh bien, rappelez-vous, mes séances de méditation le jeudi matin, en ligne. C'est une belle occasion de se rencontrer. Et puis, si vous avez besoin... d'un conseil ponctuel, des modérations d'événements. Je mets aussi mon expertise d'ancienne journaliste et de facilitatrice à votre service. Donc, retrouvez toutes les informations sur anne-claire-delval.com Rappelez-vous que la parole est un art qui se cultive, se partage, s'expose fièrement. Alors, en attendant notre prochain rendez-vous, je vous souhaite des éclats de voix. Artistique, bien sûr.

Description

Épisode 41 : Art et Prise de Parole

Dans cet épisode je reçois deux galeristes luxembourgeois aux approches complémentaires: Catherine Lebrun de la galerie Subtile et Luc Schroeder de Mob Art Studio.

À travers leurs regards croisés, ils explorent combien l'art est un puissant vecteur d'expression et d'engagement.

Comment porter la voix des artistes tout en affirmant sa propre vision?

Comment transformer une galerie en espace de dialogue accessible à tous?

De la médiation artistique aux défis économiques, de l'impact des réseaux sociaux à l'exportation de l'art luxembourgeois, cette conversation dévoile les coulisses d'un métier de passion et de conviction.

Une plongée fascinante dans l'univers de ceux qui font le pont entre création artistique et public, pour comprendre comment l'art nous aide à décoder le monde et à exprimer nos propres vérités.


Retrouvez Catherine: https://www.subtile.style

Retrouvez Luc : https://mob-artstudio.lu


Références

Hélios Azoulay- musique: https://youtu.be/287Z4OZN3PM?si=V3pBILmVrh0sv3t4

Hélios Azoulay- livre: "Pour Tommy, 22 janvier 1944" - Éditions du Rocher



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Production et montage: Anne-Claire Delval, Jean-Michel Gaudron, Cyriaque Motro

Musique: Meydän

Titre:  Synthwave Vibe

Auteur: Meydän

Source: https://meydan.bandcamp.com

Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Éclats de voix, le podcast des prises de parole engagées, où les convictions se transforment en symphonie et les idées en œuvres d'art. Je suis Anne-Claire, votre complice pour démystifier, décortiquer l'expression authentique et vous inviter à faire entendre votre propre voix, qu'elle soit murmure ou tonnerre, tableau abstrait ou nature mort. Nous nous longeons aujourd'hui dans un univers où les murs parlent et l'étoile raconte celui des galeries d'art. J'ai le plaisir de vous présenter deux passeurs d'émotions artistiques au Luxembourg dont les chemins se sont croisés de façon presque romanesque. Pour la petite histoire, qu'ils soient tous les deux au micro n'a rien du hasard. J'avais rencontré Luc Schroeder de la galerie MOBA Studio. via divers cercles entrepreneuriaux, dont le BNI, et celui de Catherine Lebrun, de la Galerie Subtile, via le réseau féminin pluriel. Mais là où le hasard a mis son grain de sel, c'est avec ce petit clin d'œil savoureux. En fait, il convoitait le même espace à Luxembourg, dans le quartier Bélair, avenue Gaston-Diedrich, qui habite aujourd'hui la Galerie de Catherine. Tandis que Luc, finalement, a choisi de s'installer boulevard royal. Vous allez l'entendre, une fois n'est pas coutume, c'est regard croisé Oui parce que entendre, regard, en brevet suivi. Bref, un homme, une femme, deux manières d'envisager le rôle d'un galeriste, deux façons d'orchestrer leurs espaces selon des partitions différentes, mais qui se rejoignent sur deux notes fondamentales. La première, l'art pour eux n'est pas C'est un luxe décoratif, mais bien une nécessité vitale. Un langage universel qui transcende toutes les frontières y compris mentales. Et deux, ils se sont donnés chacun pour mission de rendre cet art vivant, accessible à tous et porteur de sens. Alors il va être bien sûr question d'engagement, de transmission, de la manière dont un galeriste devient le porte-voix des artistes qu'il défend. Savoir aussi comment... Catherine et Luc transforment leur galerie en véritable caisse de résonance pour des messages qui parfois dérangent, questionnent ou bouleversent. Comment est-ce qu'ils naviguent entre l'exigence artistique, la viabilité économique Parce que derrière chaque exposition, chaque choix artistique, il y a évidemment des convictions, des enjeux, parfois insoupçonnés, des batailles silencieuses pour que la culture et l'art prennent toute leur place. place dans la cité, la cité au sens d'une communauté de citoyens libres et autonomes. Avec Luc et Catherine, explorons donc ces tensions créatrices finalement et réalisons combien et comment l'art peut devenir l'étendard de paroles engagées. Alors Luc, Catherine, Riva, salut

  • Speaker #1

    Bonjour, bonjour,

  • Speaker #2

    bonjour Luc. Bonjour à tous.

  • Speaker #0

    Alors Catherine, tu m'as obligée spontanément à revoir toute la structure de l'enregistrement de cet épisode. Et je me suis évidemment prêtée au jeu parce que j'adore cette musique. Tu nous as proposé de la mettre en introduction. Évidemment, la question qui vient parce qu'en fait, je n'ai pas la réponse. Chers auditeurs, pourquoi cette musique

  • Speaker #1

    Merci Anne-Claire d'avoir accepté. changement dans le programme. Non parce qu'en fait, on parle d'engagement et d'art, on va parler d'engagement et d'art, je me suis dit que c'était intéressant de commencer par la musique d'un artiste qui s'est produit ici récemment, il y a peut-être deux trois semaines, qui s'appelle Elios Azoulay. C'est un érudit, un philosophe, un exotique un peu dans son approche, donc il joue de la clarinette. Mais il a voulu reprendre les musiques qui avaient été composées dans les camps de concentration. Donc on est en plein dans le sujet actuellement avec l'anniversaire de la fin de la guerre. Et également, il a écrit des livres pas mal, notamment ce livre que je vous conseille qui s'appelle Pour Tommy, qui est vraiment un livre illustré qu'un papa a dessiné durant sa détention dans les camps de concentration avec son fils qui était là. Et son fils a été sauvé. On a retrouvé 300 dessins. dans les camps de concentration, ils sont extrêmement gais. Donc on se retrouve un peu dans l'histoire de Benigni et la vie est belle. Donc je trouvais que des sujets durs, on peut les rendre beaux malgré tout et faire passer des messages. Donc ça correspondait bien à introduire notre sujet du jour.

  • Speaker #0

    Wow, ça c'est vraiment chouette. Catherine, merci pour ce cadeau de dernière minute. Ça fait plaisir d'avoir des petites surprises et puis de changer les structures. Tous les deux, en tant que galeriste, tu viens justement de parler de quelqu'un dont tu étais fait porte-voix. Comment est-ce que vous portez la parole des artistes que vous représentez Un peu comme tu viens de le faire, tout en vous-même affirmant votre propre engagement en tant que galeriste, votre engagement personnel dans le monde de l'art, parce qu'évidemment, on n'aime pas tout, on fait des choix et puis il y a des... des instants, des moments où on va être plutôt attiré par telle ou telle chose

  • Speaker #2

    Je pense que déjà... Ouvrir une galerie ou tenir une galerie, c'est un engagement à temps plein et assez important, manifestement, pour être présent sur le marché, pour proposer des choses qui sont mêmes. Et porter, comme tu dis, la voix des artistes ou en tout cas leur travail dans ce cas-ci. Et c'est un engagement déjà culturel aussi, parfois presque politique dans l'engagement qu'on a. Et social. Et social, tout à fait, puisqu'on promeut des gens. Pour ma part, c'est toujours des artistes vivants, donc c'est d'autant plus important aussi, parce qu'eux, ils doivent vivre de leur art et on essaie de le faire. Oui,

  • Speaker #1

    je rebondis sur ce que dit Luc. Je pense que déjà, l'artiste, lui, il s'engage politiquement et socialement en prenant une voie qui n'est pas simple. Voilà, il dit moi, je vais faire de l'art, je vais essayer de vivre de ça. Aujourd'hui, c'est très compliqué et nous, on est là pour les mettre en avant. Donc, on essaie de porter ce message, les faire vivre. aussi et parfois prendre des risques. Les choses ne sont pas si simples qu'elles ont l'air et donc ça fait partie aussi, comme tu dis, de notre engagement.

  • Speaker #2

    Oui, parce que souvent le métier de galeriste est réduit dans l'esprit des gens à la personne qui est derrière le comptoir et qui dit bonjour. Mais ça va absolument bien au-delà de ça, par les choix qu'on fait, par les choses qu'on veut mettre en avant aussi, que ce soit l'artiste ou que ce soit le travail de l'artiste. Donc c'est effectivement comme ça qu'on porte la voie, entre guillemets, qui est un peu la nôtre aussi puisque ce sont Ausha.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, c'est ça, c'est ce que j'allais vous demander. Est-ce que vous avez l'impression d'utiliser un peu votre position de galeriste l'un et l'autre pour défendre aussi des perspectives qui vous semblent à vous essentielles, des messages où tu parlais effectivement d'artistes vivants Catherine, je pense que c'est pareil chez toi.

  • Speaker #1

    Oui, principalement, mais pas que, mais principalement.

  • Speaker #0

    Est-ce que, voilà, vous...

  • Speaker #2

    forcément vous choisissez une vibration ou à des messages qui sont derrière ce que les artistes proposent oui disons que pour moi la proposition en tout cas que l'on fait dans mon cas de figure mais je crois chez catherine c'est comme ça aussi elle est assez éclectique quelque part on a enfin moi j'ai pas une ligne stricto senso vraiment de laquelle je ne décolle pas parce que je suis ému par des choses et si je ne suis pas ému par les choses je peux pas porter la voix de l'artiste si je n'ai pas un feeling avec l'artiste. Donc c'est vrai que parfois il y a des choses qui sont plus dans le combat féminin, on va dire, ou parfois un peu plus politique aussi, c'est plus risqué. Et c'est comme Catherine l'a dit, c'est pas un long fleuve tranquille, et si on veut porter les choses, on doit s'investir beaucoup pour pouvoir le faire.

  • Speaker #1

    Oui, moi je pense aussi que c'est d'abord un coup de cœur esthétique. Je suis une esthète, j'aime bien les belles choses, ça je ne m'en cache pas. Et si derrière, il y a un message, je découvre souvent, parce qu'on ne le voit pas au premier moment. Et donc, finalement, on apprend des choses et on est heureux que ça vienne s'ajouter et qu'il y ait une lecture de la peinture ou de l'œuvre par la suite.

  • Speaker #0

    Oui, ça, je trouve que c'est intéressant chez l'un comme chez l'autre. Quand on vient assister soit à des workshops ou des rencontres avec leurs dévernissages, quand on rencontre les artistes ou quand on se fait expliquer un peu des choses. J'imagine aussi qu'ils n'ont peut-être pas tous voulu aller dans des détails incroyables que nous, on pourrait, notre imagination, et là aussi pour nous emmener. Mais je trouve que c'est toujours passionnant d'avoir quand même une explication, un petit plus, qu'est-ce qui se cache derrière une œuvre qui effectivement nous émeut. Et je me permets juste, parce que je trouve que ça me touche justement, de t'entendre dire ça Luc. Il y a quelques mois de ça, j'avais reçu sur Éclat de Voix Thomas Raoult qui... chef d'orchestre, et il parlait aussi de son art, il disait il faut qu'on transmette une émotion, si on ne transmet pas d'émotion.

  • Speaker #2

    Qu'elle soit positive ou négative, parce qu'en fait l'art est là aussi pour faire réagir les gens, donc c'est pas simplement, ou alors on est dans la décoration entre guillemets, et oui c'est joli, c'est une couleur, ça ira bien avec mon canapé, mais disons que dans l'absolu, ça fait partie certainement des choix des gens, mais c'est pas forcément... C'est pour ça que nous on fait des expositions. Ça fait partie du jeu parce qu'il faut vendre. Mais le biais de base c'est de porter quelque chose.

  • Speaker #1

    Oui, et moi je pense que ce qu'on apporte c'est apprendre à voir. C'est pas juste voir, c'est apprendre à voir. Qu'est-ce que vous voyez Qu'est-ce que vous ressentez Et à chaque fois, je l'ai fait, plusieurs fois quand j'ai des groupes, je m'arrête et je leur demande devant tout le monde de s'exprimer, de me dire qu'est-ce qu'ils ont vu. Et c'est vraiment... intéressant parce qu'à chaque fois il le lit à un vécu, il en parle alors ouvertement et donc on comprend pourquoi il y a eu cette connexion avec cette oeuvre. Il y a une connexion différente mais elle est très personnelle et ça leur permet du coup de s'exprimer sur un vécu ou ça peut être lié à une histoire qui est partie de notre histoire.

  • Speaker #0

    Catherine, tout à l'heure, tu nous as donc permis de faire cette introduction intéressante qui montre quand même, alors c'est un peu particulier concernant les comptes de concentration et l'artiste avec ses magnifiques dessins, parce que là je les vois en même temps que je te parle. Comment est-ce que les artistes que vous soutenez, si c'est le cas, contribuent à faire émerger des discours justement critiques sur notre société Est-ce que vous avez en tête l'un ou l'autre qui Lui, via l'art, a une prise de parole engagée.

  • Speaker #1

    Oui, je voulais peut-être... Tu me permets, Luc Oui, c'est parfait. Oui, voilà, par exemple, j'ai découvert, il y a deux ans, Massimo Beni, qui est un artiste luxembourgeois. Je ne me focalise pas uniquement sur Luxembourg. Comme je le dis, c'est des rencontres humaines d'abord. Et j'ai été attirée déjà par l'esthétique de son travail. Bon, là, je te montre une petite carte parce que je n'ai pas la peinture ici sous les yeux. Mais, donc, c'est un artiste... A priori, j'ai aimé l'esthétique, le graphisme, les formes. Et quand tu vois cette peinture qui s'appelle Cher à canon, on est tout à fait dans le sujet de la guerre et de la petite poupée russe. Et donc derrière, c'est ce que je dis aux gens, ce qui est agréable dans ce type de peinture, c'est que d'œuvre, c'est que tu peux l'avoir chez toi parce qu'elle est esthétiquement jolie, elle est agréable, elle ne va pas rebuter, tu ne vas pas te sentir mal à l'aise. Mais derrière, il y a un vrai message justement. contre le fait qu'on envoie les jeunes à l'armée, ils ne sont pas encore formés, il a encore tout jeune, il n'a plus de tête, il est de monde dans les mains, et il va partir à la guerre, la petite pouperie, c'est tout à fait d'actualité, tu vois. Et ça, c'est ce genre d'œuvre qui est vraiment interpellante, intéressant, et avec Massimo, voilà, on a créé une relation d'amitié, on va continuer. Mais voilà, ça c'est un exemple dont je voulais parler.

  • Speaker #2

    Oui, moi j'ai deux exemples aussi, Manon Moret que j'ai exposé, c'était un peu quelque chose de militaire. temps quelque part aussi, puisque c'est quelqu'un qui s'exprime sur la peau. Donc en fait elle écrit ses propres mots pendant des heures, des jours, parfois sur le corps d'une personne entièrement nue et donc sur toutes les parties de la personne. Et c'est une exposition, moi je voulais mettre le langage du corps, parce qu'elle aime bien aussi les corps abîmés, donc c'est vrai qu'il y a un rapport à la nudité d'un corps abîmé qui est particulier parce qu'il faut s'assumer quelque part et se montrer sur les murs. plus personnel entre guillemets et en lâcher prise donner son corps pendant des jours et des heures à quelqu'un qui vous écrit dessus ou même parfois plusieurs personnes qui vous écrivent dessus donc il ya vraiment une barrière qui a franchi et ça c'est un rapport à soi même qui pour moi est parfois intéressant aussi et les pauses qu'elle faisait prendre aussi aux personnes étaient assez symbolique par rapport au combat des femmes par rapport aux femmes battues parfois et des choses comme ça il ya beaucoup d'interprétations au delà de l'esthétique pure de la photo qu'elle faisait à la fin de son happening, entre guillemets. Et puis, plus récemment, j'ai Thomas Baumgärtel, le banana sprayer, qui, lui, travaille tout autour de la banane depuis 60 ans quasiment. Ou 40 ans, pardon. Il a 60 ans.

  • Speaker #1

    Il a beaucoup plus de temps. Il a pas trop le vieillesse.

  • Speaker #2

    Il est le berceau. Et dans... Lui, il est très politique. trait de gauche, allemand de gauche, et politique pacifiste aussi. Et donc, dans son discours, il y a beaucoup d'attaques sur ce qui est au niveau du gouvernement, par exemple, allemand. Mais par rapport à la guerre en Ukraine, il s'est directement déplacé sur place pour aller placarder des symboles, etc., au milieu des chars et tout, et notamment des silhouettes de Poutine avec un... Un habit de bagnard et puis un petit bonnet banane et c'est put in prison Et cette réaction-là a été qu'à un moment donné, il y a un ami à lui qui lui a prêté toute une façade en Allemagne, à Cologne, dont il est originaire, et il y a un énorme panneau qui est sur cette façade, donc de plusieurs dizaines de mètres de haut, avec cette photo. Et il dit on n'enlèvera que quand ce sera le cas Bon, maintenant l'actualité. est assez complexe autour de ça. Moi, c'est un acte militant. Je l'ai exposé à la galerie. Je ne l'ai pas mis en vitrine,

  • Speaker #0

    j'avoue.

  • Speaker #2

    Non, parce que c'est un choix aussi. Je ne veux pas non plus choquer les gens. Ce n'est pas choquer qui est intéressant, c'est susciter le dialogue. Et donc, il y avait aussi une œuvre avec Erdogan et il y avait aussi une œuvre avec Trump. Et toutes ces trois œuvres-là, très politiques, très polémiques, elles étaient exposées dans la galerie, mais il fallait rentrer dans la galerie pour les voir. Et donc, les gens étaient assez surpris de ça.

  • Speaker #0

    Ça m'amène tout de suite à une question que je voulais vous poser parce que tu as tout de suite dit je ne l'ai pas mis en vie de monde Alors moi j'ai envie de vous demander quels sont les obstacles que vous rencontrez quand justement vous avez, vous cherchez à faire entendre vos artistes qui parfois, comme tu viens d'en parler, vous dérangent. Ou bien vous aussi, alors c'est un autre plan, c'est un autre plan, vous, à vous faire entendre des institutions, des organisations, du public aussi parce que parfois c'est pas... Évidemment, tu l'as dit tout à l'heure, on a tous une image du galeriste qui est un petit peu... Comment dire

  • Speaker #2

    Potiche.

  • Speaker #0

    Potiche. Potiche, voilà. On se dit qu'il est là pour faire ses sous et ses tout, alors qu'en réalité, on l'entend à travers vos propos, il y a vraiment une posture, une réflexion, un amour aussi du travail et des artistes que vous exposez. Ce n'est pas juste pour passer à la caisse derrière.

  • Speaker #1

    Oui, moi je peux peut-être parler un peu de mon parcours, parce qu'au départ... Donc je ne viens pas du milieu de là. Et là où je travaillais avant, j'étais responsable RSE. Donc pendant des années, j'ai mis en place le département de responsabilité sociale de l'entreprise. Donc ça a toujours été un peu dans mes gènes, je vais dire, de soutenir des causes. Je ne suis pas militante, je suis porte-voix et j'essaie de faire progresser les choses avec l'actualité. Il y a des choses où on ne peut pas revenir en arrière, mais à notre époque, qu'est-ce qui fait du sens C'est ça qu'il faut se poser comme question. Donc c'est toujours resté un peu dans mes gènes et en lançant ce projet, De la galerie, c'était vraiment de participer au développement de la culture et développement de la pensée. Et je pense que les jeunes, aujourd'hui, ils sont derrière leurs écrans, ils jouent beaucoup à des jeux. Et là, il n'y a pas d'échange, donc ce n'est pas intéressant. Donc, c'est de les sortir, les obliger à, pas obliger, mais les amener, avoir envie d'aller voir, tiens, qu'est-ce qui se passe derrière cette porte et d'aller engager un dialogue. Et donc, dans ce cadre-là, j'avais notamment rencontré la Fondation Sommer, parce que je trouve que c'est une fondation... très intéressante ici qui a été créée par un luxembourgeois et qui essaie justement de travailler sur l'ouverture à la culture pour les jeunes et donc dans ce cadre là par exemple j'ai j'ai reçu groupe d'autistes voilà qui est venu faire un atelier parce qu'on avait justement un travail sur le papier et donc ils sont venus faire un atelier ici des jeunes et c'est ça qui est gay c'est ce dit alors moi que je cherche avec la jeunesse et développer la pensée et et qu'ils puissent mettre des mots, parce que le choix des mots, on l'a toujours dit dans les accords Toltec, ça fait partie de notre base, choisir les bons mots. Donc moi, je ne suis pas là pour provoquer, ça ne me frustre pas de peut-être dire je ne vais peut-être pas mettre cet artiste maintenant Non, ça doit correspondre à ce que je ressens, mais c'est surtout d'amener les gens à dialoguer, à partager, et que le ministère reconnaisse notre rôle aussi. Et c'est là, je trouve qu'il y a un manquement, c'est qu'il y a vraiment une barrière entre les institutions publiques et nous les privés, ici à Luxembourg. Je ne peux pas parler pour un autre pays parce que je n'y suis pas, mais j'ai l'impression qu'en Belgique, c'est un peu moins figé d'après ce que j'entends. Mais ici, non, on ne nous considère pas. Donc c'est ça qui est malheureux, parce qu'on pourrait être main dans la main et avancer beaucoup plus dans cette direction. Mais voilà, c'est un combat de tous les jours, et nous, on se positionne quand même. Oui,

  • Speaker #2

    tout à fait. Ça, je rebondis aussi sur ce que tu viens de dire par rapport au... La division entre institutionnels et privés, maintenant il y a des institutionnels de différents types aussi, mais c'est vrai qu'en tant que galeriste privé, aller vers des institutions n'est pas toujours le plus simple. Il y a des appels à candidatures pour des œuvres, notamment par le ministère de la Culture, et ça, ça a évolué aussi parce que ça a été remis au goût du jour depuis Saint-Anson, on va dire, au niveau des achats, c'est un peu plus visible. un peu plus direct, etc. Maintenant, il y a toujours un comité de sélection. Donc, c'est toujours... Ça peut être un peu plus ambigu, mais ça existe. Et ça a le mérite d'exister vis-à-vis de nous. Quand c'était la période Covid, ça a pu aider aussi, à un moment donné, à faire bouger un peu les choses, qui étaient très calmes à ce moment-là. Donc, à ce niveau-là, c'est bien. Maintenant, c'est vrai qu'il n'y a pas, je dirais, en termes d'expression, il n'y a pas de barrière, pour revenir un peu au sujet avant et dans la continuité. Il n'y a pas de barrière. On est dans un pays très, très libre d'expression. Et ça, c'est un bonheur en plus encore pour l'instant. Et les gens sont beaucoup plus ouverts qu'on ne le pense souvent. Maintenant, la seule barrière qu'on se met, c'est la nôtre. Je veux dire, moi, je n'ai pas l'idée de vouloir choquer absolument les gens. Je veux les interpeller. Et donc, c'est vrai que quand tu dis, je cache certaines œuvres, c'est vrai que je ne mettrai pas certains types de nus en vitrine. parce que bon, on ne sait pas non plus qui regarde la vitrine à quelle heure. Mais c'est vrai, ça fait partie des choses aussi. Et ça ne sert à rien de choquer les familles qui passent devant ou les parents qui vont cacher les enfants qui regardent. Ça n'a pas d'intérêt parce que ça mettra un blocage aussi aux enfants. Donc l'idée, c'est d'interpeller, d'ouvrir les yeux et aussi d'ouvrir le dialogue avec les gens, comme Catherine le dit. Toute œuvre pose question. Et les gens, elles, n'aiment pas. Bon, ça, c'est tout. en fonction de leur vécu, de leur culture, mais l'idée c'est quand même d'ouvrir les esprits. C'est pour ça que je suis très éclectique dans mes choix aussi. Je refuse de me baser vraiment sur quelque chose de linéaire et de facile, alors que ça pourrait vendre d'autres plus en étant plus condensé sur mes expositions.

  • Speaker #1

    On ne s'est pas de plaire au marché. Je pense qu'on suit nos convictions.

  • Speaker #2

    Exactement. Premièrement, on suit nos convictions, ce qui ne plaît pas toujours à tout le monde. Et effectivement, comme tu dis, le rapport aux institutions est parfois complexe. Mais quel que soit le type d'institution, si tu proposes un dossier à une banque, ça ne va pas être plus simple que de le proposer à un ministère. Et maintenant, effectivement, il y a aussi un cadre qui a été remis en place dans les choix d'acquisition des institutions étatiques, entre guillemets, parce qu'avant, chacun achetait un petit peu ce qu'il voulait. Et je pense qu'il y avait un petit peu la cour des miracles, en tout cas, c'était beaucoup du copinage, peut-être, d'une certaine manière. Et donc maintenant, il y a un cadre effectivement où ils ont une grille d'exigence par rapport aux œuvres qu'ils achètent, qui est très claire en définitive, qui réduit très fort ce qu'on peut proposer. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est surtout du soutien aux artistes luxembourgeois, aux résidents luxembourgeois. Donc ça nous limite quand même dans les propositions. Voilà, exactement. Mais je peux comprendre ça. Je comprends aussi que c'est la scène luxembourgeoise qui doit être...

  • Speaker #2

    Et c'est vrai que les derniers ministres de la culture, dont Éric Thiel maintenant, promeuvent... Merci. très fort le côté luxembourgo-luxembourgeois, que ce soit pour soutenir des jeunes, que ce soit pour l'acquisition d'œuvres plus anciennes, même d'artistes qui ont disparu, des choses comme ça, mais ils veulent vraiment qu'il y ait un effet significatif dessus. Ce qui a un effet pervers pour nous, c'est effectivement ce développement de beaucoup d'éléments parallèles à ça, avec... des maisons de la culture dans à peu près toutes les villes, les villages et autres, ou des salons différents qui sont parallèles et qui vendent aussi et qui proposent parfois des choses qu'on ne proposerait pas certainement, mais qui ont parfois une valeur qualitative, parfois plus relative dans le choix, mais ça parasite parfois un peu notre travail. Et je sais qu'il y a... Dans la discussion qu'on a ici, il y a aussi le rapport aux artistes luxembourgeois. On en promotionne tous, mais ce n'est pas toujours aussi simple. Parce qu'effectivement, il y a cet effet court-circuit, où la concurrence est loyale pour certaines activités, qui fait que les artistes, pourquoi est-ce qu'ils ont besoin de nous priver, alors qu'ils ont déjà une visibilité très large Donc c'est vrai que c'est... parfois un peu l'ambiguïté de la situation actuelle. Maintenant, il y en a qui jouent le rôle et qui sont... avec lesquels il n'y a aucun souci. Il y en a d'autres, c'est parfois plus ambigu. Donc, c'est vrai, quand on nous demande de faire des appels exclusivement sur les artistes luxembourgeois, parfois notre panel est un peu réduit.

  • Speaker #0

    Oui, est-ce que, alors, pour continuer, puisque tu as entamé cette réflexion sur les artistes luxembourgeois, est-ce que, pour vous... Vous avez l'impression aussi, tu parlais du local, de promouvoir le local, ce qui effectivement fait sens d'une certaine manière, même si j'entends bien que ça peut être réducteur. Mais est-ce que vous avez, parce que vous allez aussi à l'étranger, est-ce que vous avez l'impression que vous pouvez les aider à rayonner au-delà des frontières aussi Ou est-ce que c'est plus difficile en étant luxembourgeoise Je pense qu'il y a une belle évolution.

  • Speaker #1

    Je dois dire que certainement, moi je n'étais pas dans le milieu. il y a peut-être dix ans, mais de près ce que j'ai pu suivre, je pense que l'évolution est là, justement parce que le pays se culturalise. Je vais dire entre guillemets, c'est une société agricole à la base qui maintenant, depuis quelques années, comprend que la culture est importante. Donc, on est dans un changement de société ici à Lussempour.

  • Speaker #2

    Et la propre identité du pays aussi passe à la culture.

  • Speaker #1

    Voilà. Donc, tout ça est en train de se mettre en place depuis quatre, cinq ans, je dirais. Et depuis ce moment-là, effectivement, il y a des... Il y a des soutiens, il y a plusieurs endroits qui développent des résidences d'artistes, donc c'est une bonne chose, mais...

  • Speaker #2

    Oui, il y a le 15-35, il y a tout un tas de choses comme ça, mais c'est vrai que pour promouvoir des artistes à l'étranger, par exemple, il faut avoir le courage de les sortir. Ils ne sont pas toujours acceptés dans certaines foires aussi. J'ai eu le cas à Berlin avec un artiste que je voulais promouvoir, on m'a dit non, parce qu'il n'est pas assez connu, entre guillemets, pour la foire, etc. Maintenant, Luxembourg est un petit pays qui fonctionne très bien en interne, etc. Mais c'est vrai que c'est toujours un pari d'en sortir pour un artiste aussi, parce qu'il se met en dehors de sa zone de confort, entre guillemets, puisqu'il sort de son cocon où il est connu, reconnu, accepté, acheté, etc. Et il se met un peu à nu. dans une foire et se confrontent à d'autres artistes. Donc moi j'en ai sorti quelques-uns à Bruxelles ou ailleurs avec moi. Et effectivement...

  • Speaker #0

    L'accueil est parfois intéressé, mais pas au point de vraiment passer à l'acte. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'il y a peut-être le côté, souvent, investissement, qui sort, qui se dit un côté, bon, c'est pas le premier côté, mais quand même, les gens qui achètent, ils veulent savoir pourquoi ils payent. Ils veulent une responsabilité.

  • Speaker #0

    Donc,

  • Speaker #1

    ils se disent, c'est qui, luxembourgeois C'est pas si exotique comme tu vois, donc du coup il faut le vendre autrement.

  • Speaker #0

    Pour faire ça très exotique.

  • Speaker #1

    C'est étonnant, oui pourquoi Alors du coup ça crée comme tu dis le dialogue. C'est étonnant. Mais oui, moi je pense que nous on essaye de voir pour un peu le marché américain avec un artiste, mais ça ne pourra se faire que si quelqu'un là-bas est implémenté là-bas, aime l'artiste et va pouvoir en parler. Tu vois Ça, ça marchera parce que du coup il y a une autre voix de quelqu'un qui connaît le marché local. Mais c'est plus difficile effectivement, parmi d'autres grands noms. Et pourtant,

  • Speaker #2

    à Luxembourg, depuis quelques années, combien de temps, Luc, je ne sais pas, il y a cette fameuse Art Week

  • Speaker #0

    Oui, ça fait plus de dix ans maintenant. C'est la onzième édition. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça. Donc, il y a quand même eu aussi une évolution de l'ouverture à l'extérieur, qui fait venir aussi l'extérieur. Donc, à ces moments-là, il n'y a pas un peu possibilité d'ouvrir des portes, des échanges qui peuvent se faire à cette occasion

  • Speaker #0

    Si, il y a certainement un mix qui se fait à ce moment-là. Maintenant, dans les galeries officielles, entre guillemets, il y a rarement des artistes luxembourgeois 100%. Il y a certains confrères qui le font, mais je vais dire que c'est souvent dans le take-off, par exemple, de la foire. Là, il y a une visibilité plus importante, parce que plus soutenue aussi de nouveau à ce niveau-là. Mais c'est bien parce que ça ouvre effectivement et je dis il y a des trémendants artistes luxembourgeois, on ne va pas du tout dire ça.

  • Speaker #1

    Et puis ils sont peut-être plus discrets, il y en a peut-être aussi encore à découvrir parce que dans la culture, on ne se met pas en avant avant d'être certain etc. Oui voilà,

  • Speaker #0

    il y a cette frilosité parfois un petit peu de dire oui mais est-ce que vraiment quoi, ben oui.

  • Speaker #1

    Mais par contre il y a le CAL, je trouve que le CAL, le Centre Artistique Luxembourgeois qui essaie de... de mettre quand même en avant les artistes une fois par an et il faut postuler.

  • Speaker #0

    C'est presque trois fois par an.

  • Speaker #1

    C'est trois fois Oui,

  • Speaker #0

    pratiquement. Ils se diffusent bien. Et un salon printemps, un salon automne. Et encore des manifestations en parallèle. Mais là aussi, même pour eux, il ne faut montrer pas de blanche. Pour les artistes, en fait, les critères sont assez exigeants aussi pour les artistes puisqu'il y a une thématique qui est lancée par l'organisateur. Les artistes doivent présenter trois œuvres qui n'ont jamais été montrées nulle part avant, donc qui sont faites à la limite extrait pour le salon, et avec la possibilité d'être sélectionnées ou pas. Donc même pour les artistes dans ce cas-là, il y a quand même un vrai engagement. Ce n'est pas de dire oui, je participe au salon, j'approche trois toiles Non, non, non, il y a beaucoup de critères. Oui,

  • Speaker #2

    donc il y a quand même cette volonté d'engager. Et est-ce que vous avez l'impression que les… ces artistes luxembourgeois que vous avez pu rencontrer ou vous avez exposé, portent aussi des valeurs qui passent, je dirais, à l'international, qui sont un peu universelles. J'imagine que oui, ma question, elles sont certainement un peu idiotes parce que je suppose que tout artiste est un peu comme ça. Mais est-ce qu'on a... Parce que je me dis, à Luxembourg, sauf erreur de ma part, il n'y a pas d'école d'art.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas une école d'art supérieure, je pense. C'est plus haut niveau du lycée.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça, il y a le lycée des arts et métiers.

  • Speaker #1

    Il y a l'école d'art contemporain qui est privée, entre guillemets, et qui prépare à des études artistiques également. D'accord.

  • Speaker #2

    En fait, dans mon imaginaire, qui est peut-être donc un peu faux, mais j'ai l'impression que souvent les jeunes, de toute façon, ils ont besoin d'aller à l'extérieur pour faire leurs études s'ils veulent aller un peu au-delà du...

  • Speaker #1

    Ça, ce n'est pas que dans l'art. Oui, oui, oui. En fait, c'est ça. Non, non,

  • Speaker #2

    mais ce que je veux dire par là, c'est que du coup, l'artiste qui est certes local, a forcément été ailleurs à un moment donné.

  • Speaker #0

    Oui, parce que tu as quand même des autodidactes, notamment dans les jeunes street art, etc. Ils n'ont pas vraiment suivi de cours pour faire du street art. C'est un feeling, c'est un move, c'est tout un tas de choses dans ce genre-là, qu'ils apprennent au fur et à mesure de ce qu'ils font sur les murs, et qu'ils se confrontent au milieu du Xangola, qui est très dynamique. d'ailleurs à ce niveau-là, et Esch est un bon exemple de la dynamique au niveau du street art à Luxembourg. C'est peut-être là que ça bouge le plus, on va dire, entre guillemets, et ce qui est très intéressant. Et c'est vrai que, de nouveau, c'est de plus en plus reconnu. aussi et ici au luxembourg aussi même si ça arrive tardivement par rapport à d'autres pays mais c'est assez reconnu et de plus en plus de communes ou de villes donnent des murs à disposition des artistes ils préfèrent que ce soit peu plus cadré entre guillemets que partout tu as d'ailleurs près du musée de la ville tu as un mur qui est régulièrement retaguer et c'est ce livier s'adhère qui s'occupe de la gestion de ça donc c'est vrai qu'il ya des choses qui se passent à ce niveau là maintenant des artistes plus classiques ou sur d'autres techniques doivent effectivement souvent faire une école ailleurs, que ce soit à Londres, à Paris ou en Allemagne, pour s'ouvrir aux techniques et au savoir-faire.

  • Speaker #1

    Oui, il faut souvent des résidences d'artistes à l'étranger, ça c'est très bien aussi. Ça doit faire d'ailleurs partie du parcours d'un artiste, c'est d'aller à l'étranger, de rencontrer d'autres et d'évoluer, de devoir confronter son travail justement à d'autres perspectives.

  • Speaker #2

    Alors, merci parce que vous me permettez là encore d'aller vers, on ouvre vers l'extérieur, donc j'ai envie d'ouvrir vers les réseaux sociaux. Oui. Alors, est-ce que pour vous, parce qu'on ne peut pas faire fi de ça aujourd'hui quasiment plus pour communiquer, est-ce que pour vous, c'est vraiment des outils simplement de promotion ou c'est quand même, ça peut être des outils de prise de parole engagée Est-ce que vous, vous avez l'impression aussi que vous pouvez utiliser ces espaces pour donner un peu de temps visibilité, parfois un peu de profondeur aussi au discours artistique ou pas du tout.

  • Speaker #1

    Oui je pense que de toute façon, moi je les utilise beaucoup parce que moi tu sais, c'est pas que de l'art physique, enfin celle-ci c'est physique, mais ce n'est pas que pour les murs je veux dire, c'est aussi... mais j'ai fait de l'art digital aussi, j'aime beaucoup cette idée aussi, mais c'est aussi des objets d'artisans, tu vois, moi ça va un petit peu au-delà. de ce que proposent peut-être les autres galeries, parce que je trouve que l'objet en soit intéressant, donc la façon dont il est positionné, c'est aussi ce que je ne crains pas, et je crois que c'est la grande tendance, de toute façon, on le voit de plus en plus dans les grandes foires, à la BRAFA, à la TEFAF, de plus en plus.

  • Speaker #0

    De mixer.

  • Speaker #1

    Voilà, de mixer. Donc pour moi, ça a toujours été le credo un peu subtil, mais effectivement, donc les réseaux, voilà, on doit les utiliser. Comme tu dis, ça fait partie du développement commercial, de toute façon. Moi j'aime beaucoup parce qu'il y a un côté un peu graphique derrière, je dois travailler ce côté communication graphisme, donc ça fait partie de l'esthétique aussi.

  • Speaker #0

    Et de ton apprentissage, certainement aussi, parce que moi j'ai beaucoup appris avec ça.

  • Speaker #1

    Donc ça fait partie et on doit suivre la mouvance de toute façon. Et oui, quand on poste quelque chose, on va parler de l'artiste, on va parler du message derrière l'œuvre, donc du coup, effectivement, on passe un message.

  • Speaker #0

    Oui, ici, c'est vrai que les réseaux sociaux sont un mal et un bien, entre guillemets. Moi, je ne pense pas qu'on soit impacté de façon négative quand on utilise les réseaux sociaux de la façon dont on le fait. Effectivement, c'est pour promouvoir et pour mettre des choses en place. Maintenant, la qualité du message et la qualité de ce qu'on diffuse jouent beaucoup sur le retour, entre guillemets, parce que tu postes une simple photo, c'est plat. Donc, c'est vrai que, par exemple, les réels sont plus vivants et les... plus interactif où les gens réagissent beaucoup plus à un réel qu'à une simple photo dessus. Donc c'est vrai qu'il Ausha fois réfléchir à sa communication un petit peu, etc. Donc c'est un exercice permanent. C'est ce que je disais par rapport au galeriste, il n'est pas derrière son siège tout le temps à jouer aux cartes. Et il y a aussi le fait qu'il y a des réseaux qui sont spécifiques à l'art aussi. Par exemple, il y a la plateforme Artsy qui est utilisée, mais ça c'est plus de la vente, mais c'est de la visibilité aussi. Donc c'est tout un tas d'éléments qui sont nécessaires. Par exemple, quand on utilise Linking, par exemple, moi j'utilise Linking ponctuellement, en tout cas pour faire des publications. Pour moi, elles ont plus de contenu, souvent, parce que c'est un réseau professionnel, même si parfois ils changent un petit peu au fur et à mesure aussi, ça pourrait devenir un Facebook, mais bon, voilà. Et là, je trouve que les gens prennent plus de temps aussi de lire le contenu que tu fais. Si tu postes un truc sur Facebook, ça va être quelque chose d'assez éphémère, assez rapide. Les gens vont carrer, oui, ça me plaît, ça ne me plaît pas. Et puis, ils ne vont même pas lire ce qui est en dessous si tu as pris la peine de faire un truc. Je pense que tu le fais aussi. Il y a les newsletters, par exemple. Et les newsletters, c'est un contact direct avec ta clientèle, entre guillemets, ou en tout cas les gens qui te suivent et qui t'ont donné leur adresse. Donc, voilà. Et donc, ça, c'est un... chose plus personnelle dans laquelle tu peux intervenir plus pour expliquer l'artiste, pour défendre l'artiste. Non, les retours là-dessus, il n'y en a pas forcément. Ils viennent au vernissage, ils ne viennent pas au vernissage. Vraiment, ça se limite plus à ça.

  • Speaker #1

    On voit qu'il y a un tour dès qu'on envoie une newsletter, les choses se déplacent. Donc je pense que ça,

  • Speaker #0

    pour nous,

  • Speaker #1

    c'est bien pour notre communauté.

  • Speaker #0

    Et je pense que même au niveau de la presse papier, En fait, malgré tout, à Luxembourg, tu fais un petit article, tu as un encart dans une presse papier, quelle qu'elle soit, ça a un impact. Les gens viennent quand même. Un article dans le Vort, tu auras tout de suite beaucoup plus de locaux de luxembourgeois qui viendront voir l'exposition. Ça, c'est évident. Donc, effectivement, il n'y a pas que les réseaux sociaux techniques, entre guillemets, il y a aussi les réseaux autres.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Je n'utilise pas beaucoup la presse papier, ce n'est pas évident ici. D'avoir des connexions, Luc Non,

  • Speaker #0

    c'est qu'il faut acheter. Ah,

  • Speaker #1

    il faut acheter encore.

  • Speaker #0

    Oui, oui, voilà. On a la chance d'avoir effectivement quelqu'un qui s'intéresse.

  • Speaker #2

    On peut espérer que le podcast suscitera l'intérêt de certains journalistes pour aller à votre rencontre, parce que je pense que quand même, vous faites partie de l'écosystème local, qu'il y a plein de choses, on l'entend à travers vos propos, qui se passent dans vos galeries. Ce n'est pas juste. exposer quelque chose pour le vendre. Il y a du travail de fond, il y a des échanges, il y a des workshops. Vous avez entendu l'appel les amis J'ai encore envie de vous poser une question sur l'art au sens général. On a souvent tendance à associer ça à quelque chose d'élitiste. Comment est-ce que vous répondez à ceux qui ont cette perception de l'art, des galeries ou des choses qui sont parfois... presque inaccessibles, tant financièrement que intellectuellement, entre guillemets.

  • Speaker #1

    Je pense que l'art en tant que tel n'est pas élitiste, parce que l'art existe depuis les cavernes et les fresques, il y avait ce mural déjà à Lascaux. Donc l'art fait partie d'évolution de notre société, on ne pourra pas s'en passer parce qu'heureusement il y a la créativité, on a besoin de créativité dans tout ce qu'on fait. Maintenant les galeries peuvent paraître effectivement élitistes, mais c'est pour ça que... dans mon concept aussi, il y a du mobilier, il y a du vintage, il y a de l'ancien, parce que je voulais justement décloisonner l'idée qu'on a des galeries et que quelqu'un qui rentre finalement pour un meuble, tiens, il va voir l'art et du coup, il y a un échange qui va se faire et il n'était peut-être pas venu pour ça initialement, tu vois. Donc c'est aussi pour sortir un peu de ce côté galerie habituel que je les ai créés et je pense que c'est de plus en plus et déjà, il y a beaucoup de mouvements aussi à Paris. notamment de Jeanne Galerie qui invite les jeunes justement à s'intéresser à des prix plus abordables. Donc il faut aussi varier, je pense, dans la proposition, l'offre que tu fais. Évidemment, moi j'ai une expo toujours temporaire, mais j'ai au moins 15-20 artistes à côté qui exposent de manière permanente à des prix qui vont de 45 euros à plus, tu vois. Et ça, je pense que c'est bien pour ouvrir les portes aussi. D'autres vont trouver que non, il faut... prendre que des grands noms à 100 000 euros chacun voilà sa place tu vois et il faut respecter les envies de chacun a tout à fait raison sur ce sujet là parce qu'effectivement le côté éclectique que tu as et que j'ai aussi quelque part amène

  • Speaker #0

    de facto tout type de public à un moment donné dans la galerie donc si j'expose à ces parteurs joueraient quand même vraiment des jeunes maintenant le street art heures il a aussi un prix Et c'est vrai que les gens vont garder plus, ils vont peut-être aller acheter un t-shirt avec le tableau qui est mis dessus et pas l'œuvre en question. Maintenant, il y a d'autres gens qui le feront. Mais c'est vrai que l'important, c'est l'ouverture et l'ouverture d'esprit. Donc, le fait de faire passer ça avec les gens, c'est les accueillir déjà, premièrement. Moi, j'ai la chance d'être sur un coin de rue où j'ai beaucoup de vitrines. Toi, tu as complètement une démarche différente. Donc, on est vraiment à l'opposé l'un de l'autre. Et moi, les gens regardent déjà beaucoup les vitrines. Donc, c'est une chance. Et pour ceux qui s'intéressent et qui ont trop peur de rentrer, ils regardent déjà pas mal d'expositions par l'extérieur. Et puis, si par hasard, ils ont le courage, ils rentrent. C'est pour ça que, par exemple, en saison d'été, la porte ouverte, c'est génial. Parce que les gens n'ont plus la barrière vraiment de la porte physique. Donc il rentre, il s'infiltre et voilà. Moi, je parle du principe qu'on accueille tout le monde. Parfois, tout le monde, c'est parfois bizarre aussi, mais on accueille tout le monde. Et on montre, on explique avec la même bienveillance à tout le monde. Maintenant, on sait qu'il y a des gens qui sont tout de suite plus intéressés pour acheter et des gens qui viennent juste regarder et qui sont très timides. Mais je trouve que ça fait partie de notre mission, entre guillemets, à ce niveau-là, sociale, comme tu dis, d'accueillir et de montrer les choses aux gens et d'être bienveillants, en définitive.

  • Speaker #1

    avec les gens et ça c'est vrai que c'est le côté social moi j'ai accueilli là au mois de c'était qu'en janvier a pas longtemps je crois j'étais 80 élèves de l'école d'une école d'aplomb est venu leur professeur parce qu'il faisait la journée un marathon photo dans le style de christophe jacquereau que j'exposais à l'époque et j'ai pas en janvier et donc je trouvais que c'était quand même fascinant il serait jamais entré dans une galerie gardez les prix mais non mais qu'est-ce que je vais chercher à mes madames, pourquoi c'est si cher les photos Et donc du coup on explique, tu vois, et c'était chouette et ils ont adoré, ils étaient tous très attentifs, j'étais extrêmement contente, tous attentifs, et je les ai impliqués un petit peu dans le jeu, dans la discussion, tu vois, mais c'est ça aussi notre rôle.

  • Speaker #0

    Et moi l'interaction, comme tu dis, je l'ai eue aussi avec des élèves justement du lycée en art, qui sont venus une fois ou l'autre voir des expos, parce qu'ils ont des travaux à faire, ça inspire aussi et qu'ils voient des choses, et c'est vrai qu'ils viennent par petits groupes. comme ça parce que chez moi c'est moins grand, donc voilà c'est pas un petit groupe, mais ils s'intéressent vraiment à l'œuvre, à la technique, à l'émotion, et alors ils parlent entre eux, c'est super parce que moi j'entends ce qu'ils racontent entre eux sur l'œuvre, et ça c'est un échange et un intérêt. Et effectivement, ils peuvent être choqués par les prix, mais non, moi pour une anecdote, j'ai un monsieur qui aime beaucoup, un artiste que j'expose en janvier, c'est Pablo, que j'expose, Pablo Schwickert, que j'expose souvent en janvier. Et ça fait trois ans qu'il rentre dans la galerie en janvier.

  • Speaker #1

    À chaque fois que tu l'exposes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    oui, oui, oui, oui, oui. C'est un monsieur bien connu et un très grand collectionneur ici à Luxembourg. Et il me dit, c'est pas assez cher, monsieur, pour que je l'achète.

  • Speaker #1

    Oh, c'est un des bons.

  • Speaker #0

    Non, je ne pense pas que ce soit l'humour, il aide beaucoup.

  • Speaker #1

    Dans dix ans, quand il aura bien...

  • Speaker #0

    Peut-être que monsieur sera mort. Je veux dire, ça fait partie aussi... Non, non, non, mais je veux dire, c'est quelqu'un qui est plus âgé, entre guillemets. Et c'est vrai qu'il parle des œuvres qu'il achète, c'est à des prix... On est à 100 000 et... Et donc, c'est vrai que Pablo, qui est entre... 2 et 5 milles, ou peut-être 8 grand maximum pour un très grand format. Je dis, s'il faut rajouter un zéro devant ou un 1 devant, je dis, on peut s'arranger, il n'y a pas de souci, l'artiste sera le plus heureux d'entrer dans votre collection. Mais il a encore discuté ici en janvier avec l'artiste,

  • Speaker #1

    et ça s'arrête là.

  • Speaker #0

    C'est assez amusant. Je ne sais pas si c'est parce que c'est... pas assez cher entre guillemets où il est encore fort jeune pabloa il a 25 ans ou c'est parce que c'est pas dans la galerie dans laquelle il a acheté parce qu'il ya des gens oui c'est ça d'elle aux galeries auxquelles ils achètent aussi ils ont vraiment cette ligne et il reste sur deux galeries qui connaissent et qui vont acheter donc c'est peut-être ça tout simplement donc c'est une anecdote assez assez amusant et quand il m'a dit ça j'étais un peu surpris je vais parce que D'habitude, on dit l'inverse. C'est trop cher. Mais alors, c'est cher.

  • Speaker #1

    On dit parfois, oui, non, c'est pas... Finalement, c'est pas très cher, c'est bien, mais ils n'achètent pas quand même. Oui, ils aiment bien, c'est pas cher, mais voilà, après, il faut la place. Il y a plein de critères. Il faut que ça plaise un monsieur aussi ou un madame, comme c'est un qui visite ça aussi. C'est tout un travail psychologique de faire entendre les deux.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas tous le même boulot.

  • Speaker #1

    Non, souvent.

  • Speaker #2

    Alors, responsabilité sociale... responsabilité au sein des couples,

  • Speaker #1

    ça va loin le travail de mairesse en fait.

  • Speaker #0

    Écoute, moi je pourrais me recycler en psy parfois aussi parce que j'ai un canapé maintenant dans la galerie, mais c'est super aussi parce que les gens prennent le temps de s'installer, de regarder les choses, mais parfois ça va bien au-delà de parler de l'art. Donc c'est vrai que...

  • Speaker #2

    Je ne sais pas si vous avez envie l'un et l'autre d'ajouter quelque chose pour clôturer notre entretien qui était très riche et franchement passionnant. Ou si vous aviez une idée, quelque chose de concret à proposer aux auditeurs pour se rapprocher un petit peu d'une forme d'art quelle qu'elle soit. Est-ce que vous avez envie de les engager dans quelque chose Ou est-ce que vous avez un message, puisque le micro est ouvert, à faire passer

  • Speaker #0

    Moi le message c'est très simple. Entrez. dans les galeries. Regardez, ouvrez votre esprit. Ça ne vous plaira pas forcément, mais votre œil se fera, votre mental se fera aux choses. Et ça, c'est des petites parenthèses de plaisir dans le monde actuel qu'il ne faut pas rater, entre guillemets. Parce que c'est vrai qu'on est très sollicité par beaucoup de choses qui sont souvent très stressantes. Et quand les gens rentrent dans une galerie, ils n'ont pas le même stress. Généralement, c'est très positif. C'est une expérience positive parce qu'ils voient quelque chose, ils sortent de leur bulle. Et ça, c'est le plus important. Donc, il faut... rentrer, être curieux. Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Amenez vos enfants déjà, même petits. Je vois, moi j'essaie toujours de dialoguer avec un des enfants qui viennent ici, leur demander qu'est-ce que tu préfères, les couleurs, etc. Je trouve ça important. Je pense qu'on peut commencer aussi, puisqu'ici on propose des workshops, ben venez faire un petit workshop, comme ça vous vous immergez et vous aurez une autre excuse que vous rendez dans la galerie en tant que tel. Tu vois, c'est aussi... C'est un petit peu ça l'idée. Et puis si on peut lancer un message aux... ne serait-ce qu'à la Bourgmesse de la ville de Luxembourg ou à Leschemins, c'est de venir nous voir et peut-être juste de passer cinq minutes, de faire une petite photo avec nous et puis ça nous donnera un peu de visibilité. C'est reconnaître aussi l'impact qu'on apporte sur la place et c'est pas grand chose, voilà.

  • Speaker #2

    En tout cas, j'espère qu'à mon humble mesure,

  • Speaker #1

    je pourrai vous aider à faire votre passage qui est vraiment intéressant,

  • Speaker #2

    aller découvrir les galeries. Merci Luc,

  • Speaker #1

    merci Catherine, merci à toi Anne-Claire surtout.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup,

  • Speaker #1

    c'était un échange très intéressant. Merci Luc, toi aussi.

  • Speaker #2

    Voilà, nous arrivons au terme de cette conversation captivante avec Catherine Lebrun et Luc Schroeder. Leur regard croisé sur l'art nous rappelle que la prise de parole, qu'elle soit sur une toile, à travers une sculpture, une chanson, un poème, dans une galerie, C'est un acte de courage qui transforme le monde. Comme Luc et Catherine l'ont si bien exprimé aujourd'hui, l'art n'est donc pas un luxe, mais vraiment un essentiel à notre construction mentale, psychique, émotionnelle, relationnelle. Osez donc à votre tour défendre une œuvre, un artiste, une exposition, un projet. Exprimez-vous. C'est comme cela que vous créerez votre propre exposition au monde unique. Et puisque vous voilà plein d'allant et d'élan grâce au dynamisme de Catherine et Luc, j'aimerais vous inviter à faire trois petites choses. Tout d'abord, offrir cinq étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée au podcast. Parce que ces petites étoiles sont comme les éclairages dans une galerie. Elles mettent en valeur le travail et permettent à d'autres de s'en saisir. De partager cet épisode. que ce soit par mail, lors d'un vernissage, sur les réseaux sociaux. Taguez-moi dans vos partages pour que je puisse vous remercier personnellement. Enfin, prenons exemple, sur Catherine et Luc, vous vous dites j'aimerais bien moi aussi transmettre des messages, communiquer, vous exposer, mais en fait vous ne savez pas trop comment faire. Eh bien, rappelez-vous, mes séances de méditation le jeudi matin, en ligne. C'est une belle occasion de se rencontrer. Et puis, si vous avez besoin... d'un conseil ponctuel, des modérations d'événements. Je mets aussi mon expertise d'ancienne journaliste et de facilitatrice à votre service. Donc, retrouvez toutes les informations sur anne-claire-delval.com Rappelez-vous que la parole est un art qui se cultive, se partage, s'expose fièrement. Alors, en attendant notre prochain rendez-vous, je vous souhaite des éclats de voix. Artistique, bien sûr.

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Description

Épisode 41 : Art et Prise de Parole

Dans cet épisode je reçois deux galeristes luxembourgeois aux approches complémentaires: Catherine Lebrun de la galerie Subtile et Luc Schroeder de Mob Art Studio.

À travers leurs regards croisés, ils explorent combien l'art est un puissant vecteur d'expression et d'engagement.

Comment porter la voix des artistes tout en affirmant sa propre vision?

Comment transformer une galerie en espace de dialogue accessible à tous?

De la médiation artistique aux défis économiques, de l'impact des réseaux sociaux à l'exportation de l'art luxembourgeois, cette conversation dévoile les coulisses d'un métier de passion et de conviction.

Une plongée fascinante dans l'univers de ceux qui font le pont entre création artistique et public, pour comprendre comment l'art nous aide à décoder le monde et à exprimer nos propres vérités.


Retrouvez Catherine: https://www.subtile.style

Retrouvez Luc : https://mob-artstudio.lu


Références

Hélios Azoulay- musique: https://youtu.be/287Z4OZN3PM?si=V3pBILmVrh0sv3t4

Hélios Azoulay- livre: "Pour Tommy, 22 janvier 1944" - Éditions du Rocher



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💻 Mon site: www.anneclairedelval.com

➡️ Continuer les échanges sur LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/anneclairedelval/ 

📝 Me rejoindre sur Instagram: https://www.instagram.com/anneclaire_delval/ 

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Production et montage: Anne-Claire Delval, Jean-Michel Gaudron, Cyriaque Motro

Musique: Meydän

Titre:  Synthwave Vibe

Auteur: Meydän

Source: https://meydan.bandcamp.com

Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Éclats de voix, le podcast des prises de parole engagées, où les convictions se transforment en symphonie et les idées en œuvres d'art. Je suis Anne-Claire, votre complice pour démystifier, décortiquer l'expression authentique et vous inviter à faire entendre votre propre voix, qu'elle soit murmure ou tonnerre, tableau abstrait ou nature mort. Nous nous longeons aujourd'hui dans un univers où les murs parlent et l'étoile raconte celui des galeries d'art. J'ai le plaisir de vous présenter deux passeurs d'émotions artistiques au Luxembourg dont les chemins se sont croisés de façon presque romanesque. Pour la petite histoire, qu'ils soient tous les deux au micro n'a rien du hasard. J'avais rencontré Luc Schroeder de la galerie MOBA Studio. via divers cercles entrepreneuriaux, dont le BNI, et celui de Catherine Lebrun, de la Galerie Subtile, via le réseau féminin pluriel. Mais là où le hasard a mis son grain de sel, c'est avec ce petit clin d'œil savoureux. En fait, il convoitait le même espace à Luxembourg, dans le quartier Bélair, avenue Gaston-Diedrich, qui habite aujourd'hui la Galerie de Catherine. Tandis que Luc, finalement, a choisi de s'installer boulevard royal. Vous allez l'entendre, une fois n'est pas coutume, c'est regard croisé Oui parce que entendre, regard, en brevet suivi. Bref, un homme, une femme, deux manières d'envisager le rôle d'un galeriste, deux façons d'orchestrer leurs espaces selon des partitions différentes, mais qui se rejoignent sur deux notes fondamentales. La première, l'art pour eux n'est pas C'est un luxe décoratif, mais bien une nécessité vitale. Un langage universel qui transcende toutes les frontières y compris mentales. Et deux, ils se sont donnés chacun pour mission de rendre cet art vivant, accessible à tous et porteur de sens. Alors il va être bien sûr question d'engagement, de transmission, de la manière dont un galeriste devient le porte-voix des artistes qu'il défend. Savoir aussi comment... Catherine et Luc transforment leur galerie en véritable caisse de résonance pour des messages qui parfois dérangent, questionnent ou bouleversent. Comment est-ce qu'ils naviguent entre l'exigence artistique, la viabilité économique Parce que derrière chaque exposition, chaque choix artistique, il y a évidemment des convictions, des enjeux, parfois insoupçonnés, des batailles silencieuses pour que la culture et l'art prennent toute leur place. place dans la cité, la cité au sens d'une communauté de citoyens libres et autonomes. Avec Luc et Catherine, explorons donc ces tensions créatrices finalement et réalisons combien et comment l'art peut devenir l'étendard de paroles engagées. Alors Luc, Catherine, Riva, salut

  • Speaker #1

    Bonjour, bonjour,

  • Speaker #2

    bonjour Luc. Bonjour à tous.

  • Speaker #0

    Alors Catherine, tu m'as obligée spontanément à revoir toute la structure de l'enregistrement de cet épisode. Et je me suis évidemment prêtée au jeu parce que j'adore cette musique. Tu nous as proposé de la mettre en introduction. Évidemment, la question qui vient parce qu'en fait, je n'ai pas la réponse. Chers auditeurs, pourquoi cette musique

  • Speaker #1

    Merci Anne-Claire d'avoir accepté. changement dans le programme. Non parce qu'en fait, on parle d'engagement et d'art, on va parler d'engagement et d'art, je me suis dit que c'était intéressant de commencer par la musique d'un artiste qui s'est produit ici récemment, il y a peut-être deux trois semaines, qui s'appelle Elios Azoulay. C'est un érudit, un philosophe, un exotique un peu dans son approche, donc il joue de la clarinette. Mais il a voulu reprendre les musiques qui avaient été composées dans les camps de concentration. Donc on est en plein dans le sujet actuellement avec l'anniversaire de la fin de la guerre. Et également, il a écrit des livres pas mal, notamment ce livre que je vous conseille qui s'appelle Pour Tommy, qui est vraiment un livre illustré qu'un papa a dessiné durant sa détention dans les camps de concentration avec son fils qui était là. Et son fils a été sauvé. On a retrouvé 300 dessins. dans les camps de concentration, ils sont extrêmement gais. Donc on se retrouve un peu dans l'histoire de Benigni et la vie est belle. Donc je trouvais que des sujets durs, on peut les rendre beaux malgré tout et faire passer des messages. Donc ça correspondait bien à introduire notre sujet du jour.

  • Speaker #0

    Wow, ça c'est vraiment chouette. Catherine, merci pour ce cadeau de dernière minute. Ça fait plaisir d'avoir des petites surprises et puis de changer les structures. Tous les deux, en tant que galeriste, tu viens justement de parler de quelqu'un dont tu étais fait porte-voix. Comment est-ce que vous portez la parole des artistes que vous représentez Un peu comme tu viens de le faire, tout en vous-même affirmant votre propre engagement en tant que galeriste, votre engagement personnel dans le monde de l'art, parce qu'évidemment, on n'aime pas tout, on fait des choix et puis il y a des... des instants, des moments où on va être plutôt attiré par telle ou telle chose

  • Speaker #2

    Je pense que déjà... Ouvrir une galerie ou tenir une galerie, c'est un engagement à temps plein et assez important, manifestement, pour être présent sur le marché, pour proposer des choses qui sont mêmes. Et porter, comme tu dis, la voix des artistes ou en tout cas leur travail dans ce cas-ci. Et c'est un engagement déjà culturel aussi, parfois presque politique dans l'engagement qu'on a. Et social. Et social, tout à fait, puisqu'on promeut des gens. Pour ma part, c'est toujours des artistes vivants, donc c'est d'autant plus important aussi, parce qu'eux, ils doivent vivre de leur art et on essaie de le faire. Oui,

  • Speaker #1

    je rebondis sur ce que dit Luc. Je pense que déjà, l'artiste, lui, il s'engage politiquement et socialement en prenant une voie qui n'est pas simple. Voilà, il dit moi, je vais faire de l'art, je vais essayer de vivre de ça. Aujourd'hui, c'est très compliqué et nous, on est là pour les mettre en avant. Donc, on essaie de porter ce message, les faire vivre. aussi et parfois prendre des risques. Les choses ne sont pas si simples qu'elles ont l'air et donc ça fait partie aussi, comme tu dis, de notre engagement.

  • Speaker #2

    Oui, parce que souvent le métier de galeriste est réduit dans l'esprit des gens à la personne qui est derrière le comptoir et qui dit bonjour. Mais ça va absolument bien au-delà de ça, par les choix qu'on fait, par les choses qu'on veut mettre en avant aussi, que ce soit l'artiste ou que ce soit le travail de l'artiste. Donc c'est effectivement comme ça qu'on porte la voie, entre guillemets, qui est un peu la nôtre aussi puisque ce sont Ausha.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, c'est ça, c'est ce que j'allais vous demander. Est-ce que vous avez l'impression d'utiliser un peu votre position de galeriste l'un et l'autre pour défendre aussi des perspectives qui vous semblent à vous essentielles, des messages où tu parlais effectivement d'artistes vivants Catherine, je pense que c'est pareil chez toi.

  • Speaker #1

    Oui, principalement, mais pas que, mais principalement.

  • Speaker #0

    Est-ce que, voilà, vous...

  • Speaker #2

    forcément vous choisissez une vibration ou à des messages qui sont derrière ce que les artistes proposent oui disons que pour moi la proposition en tout cas que l'on fait dans mon cas de figure mais je crois chez catherine c'est comme ça aussi elle est assez éclectique quelque part on a enfin moi j'ai pas une ligne stricto senso vraiment de laquelle je ne décolle pas parce que je suis ému par des choses et si je ne suis pas ému par les choses je peux pas porter la voix de l'artiste si je n'ai pas un feeling avec l'artiste. Donc c'est vrai que parfois il y a des choses qui sont plus dans le combat féminin, on va dire, ou parfois un peu plus politique aussi, c'est plus risqué. Et c'est comme Catherine l'a dit, c'est pas un long fleuve tranquille, et si on veut porter les choses, on doit s'investir beaucoup pour pouvoir le faire.

  • Speaker #1

    Oui, moi je pense aussi que c'est d'abord un coup de cœur esthétique. Je suis une esthète, j'aime bien les belles choses, ça je ne m'en cache pas. Et si derrière, il y a un message, je découvre souvent, parce qu'on ne le voit pas au premier moment. Et donc, finalement, on apprend des choses et on est heureux que ça vienne s'ajouter et qu'il y ait une lecture de la peinture ou de l'œuvre par la suite.

  • Speaker #0

    Oui, ça, je trouve que c'est intéressant chez l'un comme chez l'autre. Quand on vient assister soit à des workshops ou des rencontres avec leurs dévernissages, quand on rencontre les artistes ou quand on se fait expliquer un peu des choses. J'imagine aussi qu'ils n'ont peut-être pas tous voulu aller dans des détails incroyables que nous, on pourrait, notre imagination, et là aussi pour nous emmener. Mais je trouve que c'est toujours passionnant d'avoir quand même une explication, un petit plus, qu'est-ce qui se cache derrière une œuvre qui effectivement nous émeut. Et je me permets juste, parce que je trouve que ça me touche justement, de t'entendre dire ça Luc. Il y a quelques mois de ça, j'avais reçu sur Éclat de Voix Thomas Raoult qui... chef d'orchestre, et il parlait aussi de son art, il disait il faut qu'on transmette une émotion, si on ne transmet pas d'émotion.

  • Speaker #2

    Qu'elle soit positive ou négative, parce qu'en fait l'art est là aussi pour faire réagir les gens, donc c'est pas simplement, ou alors on est dans la décoration entre guillemets, et oui c'est joli, c'est une couleur, ça ira bien avec mon canapé, mais disons que dans l'absolu, ça fait partie certainement des choix des gens, mais c'est pas forcément... C'est pour ça que nous on fait des expositions. Ça fait partie du jeu parce qu'il faut vendre. Mais le biais de base c'est de porter quelque chose.

  • Speaker #1

    Oui, et moi je pense que ce qu'on apporte c'est apprendre à voir. C'est pas juste voir, c'est apprendre à voir. Qu'est-ce que vous voyez Qu'est-ce que vous ressentez Et à chaque fois, je l'ai fait, plusieurs fois quand j'ai des groupes, je m'arrête et je leur demande devant tout le monde de s'exprimer, de me dire qu'est-ce qu'ils ont vu. Et c'est vraiment... intéressant parce qu'à chaque fois il le lit à un vécu, il en parle alors ouvertement et donc on comprend pourquoi il y a eu cette connexion avec cette oeuvre. Il y a une connexion différente mais elle est très personnelle et ça leur permet du coup de s'exprimer sur un vécu ou ça peut être lié à une histoire qui est partie de notre histoire.

  • Speaker #0

    Catherine, tout à l'heure, tu nous as donc permis de faire cette introduction intéressante qui montre quand même, alors c'est un peu particulier concernant les comptes de concentration et l'artiste avec ses magnifiques dessins, parce que là je les vois en même temps que je te parle. Comment est-ce que les artistes que vous soutenez, si c'est le cas, contribuent à faire émerger des discours justement critiques sur notre société Est-ce que vous avez en tête l'un ou l'autre qui Lui, via l'art, a une prise de parole engagée.

  • Speaker #1

    Oui, je voulais peut-être... Tu me permets, Luc Oui, c'est parfait. Oui, voilà, par exemple, j'ai découvert, il y a deux ans, Massimo Beni, qui est un artiste luxembourgeois. Je ne me focalise pas uniquement sur Luxembourg. Comme je le dis, c'est des rencontres humaines d'abord. Et j'ai été attirée déjà par l'esthétique de son travail. Bon, là, je te montre une petite carte parce que je n'ai pas la peinture ici sous les yeux. Mais, donc, c'est un artiste... A priori, j'ai aimé l'esthétique, le graphisme, les formes. Et quand tu vois cette peinture qui s'appelle Cher à canon, on est tout à fait dans le sujet de la guerre et de la petite poupée russe. Et donc derrière, c'est ce que je dis aux gens, ce qui est agréable dans ce type de peinture, c'est que d'œuvre, c'est que tu peux l'avoir chez toi parce qu'elle est esthétiquement jolie, elle est agréable, elle ne va pas rebuter, tu ne vas pas te sentir mal à l'aise. Mais derrière, il y a un vrai message justement. contre le fait qu'on envoie les jeunes à l'armée, ils ne sont pas encore formés, il a encore tout jeune, il n'a plus de tête, il est de monde dans les mains, et il va partir à la guerre, la petite pouperie, c'est tout à fait d'actualité, tu vois. Et ça, c'est ce genre d'œuvre qui est vraiment interpellante, intéressant, et avec Massimo, voilà, on a créé une relation d'amitié, on va continuer. Mais voilà, ça c'est un exemple dont je voulais parler.

  • Speaker #2

    Oui, moi j'ai deux exemples aussi, Manon Moret que j'ai exposé, c'était un peu quelque chose de militaire. temps quelque part aussi, puisque c'est quelqu'un qui s'exprime sur la peau. Donc en fait elle écrit ses propres mots pendant des heures, des jours, parfois sur le corps d'une personne entièrement nue et donc sur toutes les parties de la personne. Et c'est une exposition, moi je voulais mettre le langage du corps, parce qu'elle aime bien aussi les corps abîmés, donc c'est vrai qu'il y a un rapport à la nudité d'un corps abîmé qui est particulier parce qu'il faut s'assumer quelque part et se montrer sur les murs. plus personnel entre guillemets et en lâcher prise donner son corps pendant des jours et des heures à quelqu'un qui vous écrit dessus ou même parfois plusieurs personnes qui vous écrivent dessus donc il ya vraiment une barrière qui a franchi et ça c'est un rapport à soi même qui pour moi est parfois intéressant aussi et les pauses qu'elle faisait prendre aussi aux personnes étaient assez symbolique par rapport au combat des femmes par rapport aux femmes battues parfois et des choses comme ça il ya beaucoup d'interprétations au delà de l'esthétique pure de la photo qu'elle faisait à la fin de son happening, entre guillemets. Et puis, plus récemment, j'ai Thomas Baumgärtel, le banana sprayer, qui, lui, travaille tout autour de la banane depuis 60 ans quasiment. Ou 40 ans, pardon. Il a 60 ans.

  • Speaker #1

    Il a beaucoup plus de temps. Il a pas trop le vieillesse.

  • Speaker #2

    Il est le berceau. Et dans... Lui, il est très politique. trait de gauche, allemand de gauche, et politique pacifiste aussi. Et donc, dans son discours, il y a beaucoup d'attaques sur ce qui est au niveau du gouvernement, par exemple, allemand. Mais par rapport à la guerre en Ukraine, il s'est directement déplacé sur place pour aller placarder des symboles, etc., au milieu des chars et tout, et notamment des silhouettes de Poutine avec un... Un habit de bagnard et puis un petit bonnet banane et c'est put in prison Et cette réaction-là a été qu'à un moment donné, il y a un ami à lui qui lui a prêté toute une façade en Allemagne, à Cologne, dont il est originaire, et il y a un énorme panneau qui est sur cette façade, donc de plusieurs dizaines de mètres de haut, avec cette photo. Et il dit on n'enlèvera que quand ce sera le cas Bon, maintenant l'actualité. est assez complexe autour de ça. Moi, c'est un acte militant. Je l'ai exposé à la galerie. Je ne l'ai pas mis en vitrine,

  • Speaker #0

    j'avoue.

  • Speaker #2

    Non, parce que c'est un choix aussi. Je ne veux pas non plus choquer les gens. Ce n'est pas choquer qui est intéressant, c'est susciter le dialogue. Et donc, il y avait aussi une œuvre avec Erdogan et il y avait aussi une œuvre avec Trump. Et toutes ces trois œuvres-là, très politiques, très polémiques, elles étaient exposées dans la galerie, mais il fallait rentrer dans la galerie pour les voir. Et donc, les gens étaient assez surpris de ça.

  • Speaker #0

    Ça m'amène tout de suite à une question que je voulais vous poser parce que tu as tout de suite dit je ne l'ai pas mis en vie de monde Alors moi j'ai envie de vous demander quels sont les obstacles que vous rencontrez quand justement vous avez, vous cherchez à faire entendre vos artistes qui parfois, comme tu viens d'en parler, vous dérangent. Ou bien vous aussi, alors c'est un autre plan, c'est un autre plan, vous, à vous faire entendre des institutions, des organisations, du public aussi parce que parfois c'est pas... Évidemment, tu l'as dit tout à l'heure, on a tous une image du galeriste qui est un petit peu... Comment dire

  • Speaker #2

    Potiche.

  • Speaker #0

    Potiche. Potiche, voilà. On se dit qu'il est là pour faire ses sous et ses tout, alors qu'en réalité, on l'entend à travers vos propos, il y a vraiment une posture, une réflexion, un amour aussi du travail et des artistes que vous exposez. Ce n'est pas juste pour passer à la caisse derrière.

  • Speaker #1

    Oui, moi je peux peut-être parler un peu de mon parcours, parce qu'au départ... Donc je ne viens pas du milieu de là. Et là où je travaillais avant, j'étais responsable RSE. Donc pendant des années, j'ai mis en place le département de responsabilité sociale de l'entreprise. Donc ça a toujours été un peu dans mes gènes, je vais dire, de soutenir des causes. Je ne suis pas militante, je suis porte-voix et j'essaie de faire progresser les choses avec l'actualité. Il y a des choses où on ne peut pas revenir en arrière, mais à notre époque, qu'est-ce qui fait du sens C'est ça qu'il faut se poser comme question. Donc c'est toujours resté un peu dans mes gènes et en lançant ce projet, De la galerie, c'était vraiment de participer au développement de la culture et développement de la pensée. Et je pense que les jeunes, aujourd'hui, ils sont derrière leurs écrans, ils jouent beaucoup à des jeux. Et là, il n'y a pas d'échange, donc ce n'est pas intéressant. Donc, c'est de les sortir, les obliger à, pas obliger, mais les amener, avoir envie d'aller voir, tiens, qu'est-ce qui se passe derrière cette porte et d'aller engager un dialogue. Et donc, dans ce cadre-là, j'avais notamment rencontré la Fondation Sommer, parce que je trouve que c'est une fondation... très intéressante ici qui a été créée par un luxembourgeois et qui essaie justement de travailler sur l'ouverture à la culture pour les jeunes et donc dans ce cadre là par exemple j'ai j'ai reçu groupe d'autistes voilà qui est venu faire un atelier parce qu'on avait justement un travail sur le papier et donc ils sont venus faire un atelier ici des jeunes et c'est ça qui est gay c'est ce dit alors moi que je cherche avec la jeunesse et développer la pensée et et qu'ils puissent mettre des mots, parce que le choix des mots, on l'a toujours dit dans les accords Toltec, ça fait partie de notre base, choisir les bons mots. Donc moi, je ne suis pas là pour provoquer, ça ne me frustre pas de peut-être dire je ne vais peut-être pas mettre cet artiste maintenant Non, ça doit correspondre à ce que je ressens, mais c'est surtout d'amener les gens à dialoguer, à partager, et que le ministère reconnaisse notre rôle aussi. Et c'est là, je trouve qu'il y a un manquement, c'est qu'il y a vraiment une barrière entre les institutions publiques et nous les privés, ici à Luxembourg. Je ne peux pas parler pour un autre pays parce que je n'y suis pas, mais j'ai l'impression qu'en Belgique, c'est un peu moins figé d'après ce que j'entends. Mais ici, non, on ne nous considère pas. Donc c'est ça qui est malheureux, parce qu'on pourrait être main dans la main et avancer beaucoup plus dans cette direction. Mais voilà, c'est un combat de tous les jours, et nous, on se positionne quand même. Oui,

  • Speaker #2

    tout à fait. Ça, je rebondis aussi sur ce que tu viens de dire par rapport au... La division entre institutionnels et privés, maintenant il y a des institutionnels de différents types aussi, mais c'est vrai qu'en tant que galeriste privé, aller vers des institutions n'est pas toujours le plus simple. Il y a des appels à candidatures pour des œuvres, notamment par le ministère de la Culture, et ça, ça a évolué aussi parce que ça a été remis au goût du jour depuis Saint-Anson, on va dire, au niveau des achats, c'est un peu plus visible. un peu plus direct, etc. Maintenant, il y a toujours un comité de sélection. Donc, c'est toujours... Ça peut être un peu plus ambigu, mais ça existe. Et ça a le mérite d'exister vis-à-vis de nous. Quand c'était la période Covid, ça a pu aider aussi, à un moment donné, à faire bouger un peu les choses, qui étaient très calmes à ce moment-là. Donc, à ce niveau-là, c'est bien. Maintenant, c'est vrai qu'il n'y a pas, je dirais, en termes d'expression, il n'y a pas de barrière, pour revenir un peu au sujet avant et dans la continuité. Il n'y a pas de barrière. On est dans un pays très, très libre d'expression. Et ça, c'est un bonheur en plus encore pour l'instant. Et les gens sont beaucoup plus ouverts qu'on ne le pense souvent. Maintenant, la seule barrière qu'on se met, c'est la nôtre. Je veux dire, moi, je n'ai pas l'idée de vouloir choquer absolument les gens. Je veux les interpeller. Et donc, c'est vrai que quand tu dis, je cache certaines œuvres, c'est vrai que je ne mettrai pas certains types de nus en vitrine. parce que bon, on ne sait pas non plus qui regarde la vitrine à quelle heure. Mais c'est vrai, ça fait partie des choses aussi. Et ça ne sert à rien de choquer les familles qui passent devant ou les parents qui vont cacher les enfants qui regardent. Ça n'a pas d'intérêt parce que ça mettra un blocage aussi aux enfants. Donc l'idée, c'est d'interpeller, d'ouvrir les yeux et aussi d'ouvrir le dialogue avec les gens, comme Catherine le dit. Toute œuvre pose question. Et les gens, elles, n'aiment pas. Bon, ça, c'est tout. en fonction de leur vécu, de leur culture, mais l'idée c'est quand même d'ouvrir les esprits. C'est pour ça que je suis très éclectique dans mes choix aussi. Je refuse de me baser vraiment sur quelque chose de linéaire et de facile, alors que ça pourrait vendre d'autres plus en étant plus condensé sur mes expositions.

  • Speaker #1

    On ne s'est pas de plaire au marché. Je pense qu'on suit nos convictions.

  • Speaker #2

    Exactement. Premièrement, on suit nos convictions, ce qui ne plaît pas toujours à tout le monde. Et effectivement, comme tu dis, le rapport aux institutions est parfois complexe. Mais quel que soit le type d'institution, si tu proposes un dossier à une banque, ça ne va pas être plus simple que de le proposer à un ministère. Et maintenant, effectivement, il y a aussi un cadre qui a été remis en place dans les choix d'acquisition des institutions étatiques, entre guillemets, parce qu'avant, chacun achetait un petit peu ce qu'il voulait. Et je pense qu'il y avait un petit peu la cour des miracles, en tout cas, c'était beaucoup du copinage, peut-être, d'une certaine manière. Et donc maintenant, il y a un cadre effectivement où ils ont une grille d'exigence par rapport aux œuvres qu'ils achètent, qui est très claire en définitive, qui réduit très fort ce qu'on peut proposer. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est surtout du soutien aux artistes luxembourgeois, aux résidents luxembourgeois. Donc ça nous limite quand même dans les propositions. Voilà, exactement. Mais je peux comprendre ça. Je comprends aussi que c'est la scène luxembourgeoise qui doit être...

  • Speaker #2

    Et c'est vrai que les derniers ministres de la culture, dont Éric Thiel maintenant, promeuvent... Merci. très fort le côté luxembourgo-luxembourgeois, que ce soit pour soutenir des jeunes, que ce soit pour l'acquisition d'œuvres plus anciennes, même d'artistes qui ont disparu, des choses comme ça, mais ils veulent vraiment qu'il y ait un effet significatif dessus. Ce qui a un effet pervers pour nous, c'est effectivement ce développement de beaucoup d'éléments parallèles à ça, avec... des maisons de la culture dans à peu près toutes les villes, les villages et autres, ou des salons différents qui sont parallèles et qui vendent aussi et qui proposent parfois des choses qu'on ne proposerait pas certainement, mais qui ont parfois une valeur qualitative, parfois plus relative dans le choix, mais ça parasite parfois un peu notre travail. Et je sais qu'il y a... Dans la discussion qu'on a ici, il y a aussi le rapport aux artistes luxembourgeois. On en promotionne tous, mais ce n'est pas toujours aussi simple. Parce qu'effectivement, il y a cet effet court-circuit, où la concurrence est loyale pour certaines activités, qui fait que les artistes, pourquoi est-ce qu'ils ont besoin de nous priver, alors qu'ils ont déjà une visibilité très large Donc c'est vrai que c'est... parfois un peu l'ambiguïté de la situation actuelle. Maintenant, il y en a qui jouent le rôle et qui sont... avec lesquels il n'y a aucun souci. Il y en a d'autres, c'est parfois plus ambigu. Donc, c'est vrai, quand on nous demande de faire des appels exclusivement sur les artistes luxembourgeois, parfois notre panel est un peu réduit.

  • Speaker #0

    Oui, est-ce que, alors, pour continuer, puisque tu as entamé cette réflexion sur les artistes luxembourgeois, est-ce que, pour vous... Vous avez l'impression aussi, tu parlais du local, de promouvoir le local, ce qui effectivement fait sens d'une certaine manière, même si j'entends bien que ça peut être réducteur. Mais est-ce que vous avez, parce que vous allez aussi à l'étranger, est-ce que vous avez l'impression que vous pouvez les aider à rayonner au-delà des frontières aussi Ou est-ce que c'est plus difficile en étant luxembourgeoise Je pense qu'il y a une belle évolution.

  • Speaker #1

    Je dois dire que certainement, moi je n'étais pas dans le milieu. il y a peut-être dix ans, mais de près ce que j'ai pu suivre, je pense que l'évolution est là, justement parce que le pays se culturalise. Je vais dire entre guillemets, c'est une société agricole à la base qui maintenant, depuis quelques années, comprend que la culture est importante. Donc, on est dans un changement de société ici à Lussempour.

  • Speaker #2

    Et la propre identité du pays aussi passe à la culture.

  • Speaker #1

    Voilà. Donc, tout ça est en train de se mettre en place depuis quatre, cinq ans, je dirais. Et depuis ce moment-là, effectivement, il y a des... Il y a des soutiens, il y a plusieurs endroits qui développent des résidences d'artistes, donc c'est une bonne chose, mais...

  • Speaker #2

    Oui, il y a le 15-35, il y a tout un tas de choses comme ça, mais c'est vrai que pour promouvoir des artistes à l'étranger, par exemple, il faut avoir le courage de les sortir. Ils ne sont pas toujours acceptés dans certaines foires aussi. J'ai eu le cas à Berlin avec un artiste que je voulais promouvoir, on m'a dit non, parce qu'il n'est pas assez connu, entre guillemets, pour la foire, etc. Maintenant, Luxembourg est un petit pays qui fonctionne très bien en interne, etc. Mais c'est vrai que c'est toujours un pari d'en sortir pour un artiste aussi, parce qu'il se met en dehors de sa zone de confort, entre guillemets, puisqu'il sort de son cocon où il est connu, reconnu, accepté, acheté, etc. Et il se met un peu à nu. dans une foire et se confrontent à d'autres artistes. Donc moi j'en ai sorti quelques-uns à Bruxelles ou ailleurs avec moi. Et effectivement...

  • Speaker #0

    L'accueil est parfois intéressé, mais pas au point de vraiment passer à l'acte. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'il y a peut-être le côté, souvent, investissement, qui sort, qui se dit un côté, bon, c'est pas le premier côté, mais quand même, les gens qui achètent, ils veulent savoir pourquoi ils payent. Ils veulent une responsabilité.

  • Speaker #0

    Donc,

  • Speaker #1

    ils se disent, c'est qui, luxembourgeois C'est pas si exotique comme tu vois, donc du coup il faut le vendre autrement.

  • Speaker #0

    Pour faire ça très exotique.

  • Speaker #1

    C'est étonnant, oui pourquoi Alors du coup ça crée comme tu dis le dialogue. C'est étonnant. Mais oui, moi je pense que nous on essaye de voir pour un peu le marché américain avec un artiste, mais ça ne pourra se faire que si quelqu'un là-bas est implémenté là-bas, aime l'artiste et va pouvoir en parler. Tu vois Ça, ça marchera parce que du coup il y a une autre voix de quelqu'un qui connaît le marché local. Mais c'est plus difficile effectivement, parmi d'autres grands noms. Et pourtant,

  • Speaker #2

    à Luxembourg, depuis quelques années, combien de temps, Luc, je ne sais pas, il y a cette fameuse Art Week

  • Speaker #0

    Oui, ça fait plus de dix ans maintenant. C'est la onzième édition. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça. Donc, il y a quand même eu aussi une évolution de l'ouverture à l'extérieur, qui fait venir aussi l'extérieur. Donc, à ces moments-là, il n'y a pas un peu possibilité d'ouvrir des portes, des échanges qui peuvent se faire à cette occasion

  • Speaker #0

    Si, il y a certainement un mix qui se fait à ce moment-là. Maintenant, dans les galeries officielles, entre guillemets, il y a rarement des artistes luxembourgeois 100%. Il y a certains confrères qui le font, mais je vais dire que c'est souvent dans le take-off, par exemple, de la foire. Là, il y a une visibilité plus importante, parce que plus soutenue aussi de nouveau à ce niveau-là. Mais c'est bien parce que ça ouvre effectivement et je dis il y a des trémendants artistes luxembourgeois, on ne va pas du tout dire ça.

  • Speaker #1

    Et puis ils sont peut-être plus discrets, il y en a peut-être aussi encore à découvrir parce que dans la culture, on ne se met pas en avant avant d'être certain etc. Oui voilà,

  • Speaker #0

    il y a cette frilosité parfois un petit peu de dire oui mais est-ce que vraiment quoi, ben oui.

  • Speaker #1

    Mais par contre il y a le CAL, je trouve que le CAL, le Centre Artistique Luxembourgeois qui essaie de... de mettre quand même en avant les artistes une fois par an et il faut postuler.

  • Speaker #0

    C'est presque trois fois par an.

  • Speaker #1

    C'est trois fois Oui,

  • Speaker #0

    pratiquement. Ils se diffusent bien. Et un salon printemps, un salon automne. Et encore des manifestations en parallèle. Mais là aussi, même pour eux, il ne faut montrer pas de blanche. Pour les artistes, en fait, les critères sont assez exigeants aussi pour les artistes puisqu'il y a une thématique qui est lancée par l'organisateur. Les artistes doivent présenter trois œuvres qui n'ont jamais été montrées nulle part avant, donc qui sont faites à la limite extrait pour le salon, et avec la possibilité d'être sélectionnées ou pas. Donc même pour les artistes dans ce cas-là, il y a quand même un vrai engagement. Ce n'est pas de dire oui, je participe au salon, j'approche trois toiles Non, non, non, il y a beaucoup de critères. Oui,

  • Speaker #2

    donc il y a quand même cette volonté d'engager. Et est-ce que vous avez l'impression que les… ces artistes luxembourgeois que vous avez pu rencontrer ou vous avez exposé, portent aussi des valeurs qui passent, je dirais, à l'international, qui sont un peu universelles. J'imagine que oui, ma question, elles sont certainement un peu idiotes parce que je suppose que tout artiste est un peu comme ça. Mais est-ce qu'on a... Parce que je me dis, à Luxembourg, sauf erreur de ma part, il n'y a pas d'école d'art.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas une école d'art supérieure, je pense. C'est plus haut niveau du lycée.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça, il y a le lycée des arts et métiers.

  • Speaker #1

    Il y a l'école d'art contemporain qui est privée, entre guillemets, et qui prépare à des études artistiques également. D'accord.

  • Speaker #2

    En fait, dans mon imaginaire, qui est peut-être donc un peu faux, mais j'ai l'impression que souvent les jeunes, de toute façon, ils ont besoin d'aller à l'extérieur pour faire leurs études s'ils veulent aller un peu au-delà du...

  • Speaker #1

    Ça, ce n'est pas que dans l'art. Oui, oui, oui. En fait, c'est ça. Non, non,

  • Speaker #2

    mais ce que je veux dire par là, c'est que du coup, l'artiste qui est certes local, a forcément été ailleurs à un moment donné.

  • Speaker #0

    Oui, parce que tu as quand même des autodidactes, notamment dans les jeunes street art, etc. Ils n'ont pas vraiment suivi de cours pour faire du street art. C'est un feeling, c'est un move, c'est tout un tas de choses dans ce genre-là, qu'ils apprennent au fur et à mesure de ce qu'ils font sur les murs, et qu'ils se confrontent au milieu du Xangola, qui est très dynamique. d'ailleurs à ce niveau-là, et Esch est un bon exemple de la dynamique au niveau du street art à Luxembourg. C'est peut-être là que ça bouge le plus, on va dire, entre guillemets, et ce qui est très intéressant. Et c'est vrai que, de nouveau, c'est de plus en plus reconnu. aussi et ici au luxembourg aussi même si ça arrive tardivement par rapport à d'autres pays mais c'est assez reconnu et de plus en plus de communes ou de villes donnent des murs à disposition des artistes ils préfèrent que ce soit peu plus cadré entre guillemets que partout tu as d'ailleurs près du musée de la ville tu as un mur qui est régulièrement retaguer et c'est ce livier s'adhère qui s'occupe de la gestion de ça donc c'est vrai qu'il ya des choses qui se passent à ce niveau là maintenant des artistes plus classiques ou sur d'autres techniques doivent effectivement souvent faire une école ailleurs, que ce soit à Londres, à Paris ou en Allemagne, pour s'ouvrir aux techniques et au savoir-faire.

  • Speaker #1

    Oui, il faut souvent des résidences d'artistes à l'étranger, ça c'est très bien aussi. Ça doit faire d'ailleurs partie du parcours d'un artiste, c'est d'aller à l'étranger, de rencontrer d'autres et d'évoluer, de devoir confronter son travail justement à d'autres perspectives.

  • Speaker #2

    Alors, merci parce que vous me permettez là encore d'aller vers, on ouvre vers l'extérieur, donc j'ai envie d'ouvrir vers les réseaux sociaux. Oui. Alors, est-ce que pour vous, parce qu'on ne peut pas faire fi de ça aujourd'hui quasiment plus pour communiquer, est-ce que pour vous, c'est vraiment des outils simplement de promotion ou c'est quand même, ça peut être des outils de prise de parole engagée Est-ce que vous, vous avez l'impression aussi que vous pouvez utiliser ces espaces pour donner un peu de temps visibilité, parfois un peu de profondeur aussi au discours artistique ou pas du tout.

  • Speaker #1

    Oui je pense que de toute façon, moi je les utilise beaucoup parce que moi tu sais, c'est pas que de l'art physique, enfin celle-ci c'est physique, mais ce n'est pas que pour les murs je veux dire, c'est aussi... mais j'ai fait de l'art digital aussi, j'aime beaucoup cette idée aussi, mais c'est aussi des objets d'artisans, tu vois, moi ça va un petit peu au-delà. de ce que proposent peut-être les autres galeries, parce que je trouve que l'objet en soit intéressant, donc la façon dont il est positionné, c'est aussi ce que je ne crains pas, et je crois que c'est la grande tendance, de toute façon, on le voit de plus en plus dans les grandes foires, à la BRAFA, à la TEFAF, de plus en plus.

  • Speaker #0

    De mixer.

  • Speaker #1

    Voilà, de mixer. Donc pour moi, ça a toujours été le credo un peu subtil, mais effectivement, donc les réseaux, voilà, on doit les utiliser. Comme tu dis, ça fait partie du développement commercial, de toute façon. Moi j'aime beaucoup parce qu'il y a un côté un peu graphique derrière, je dois travailler ce côté communication graphisme, donc ça fait partie de l'esthétique aussi.

  • Speaker #0

    Et de ton apprentissage, certainement aussi, parce que moi j'ai beaucoup appris avec ça.

  • Speaker #1

    Donc ça fait partie et on doit suivre la mouvance de toute façon. Et oui, quand on poste quelque chose, on va parler de l'artiste, on va parler du message derrière l'œuvre, donc du coup, effectivement, on passe un message.

  • Speaker #0

    Oui, ici, c'est vrai que les réseaux sociaux sont un mal et un bien, entre guillemets. Moi, je ne pense pas qu'on soit impacté de façon négative quand on utilise les réseaux sociaux de la façon dont on le fait. Effectivement, c'est pour promouvoir et pour mettre des choses en place. Maintenant, la qualité du message et la qualité de ce qu'on diffuse jouent beaucoup sur le retour, entre guillemets, parce que tu postes une simple photo, c'est plat. Donc, c'est vrai que, par exemple, les réels sont plus vivants et les... plus interactif où les gens réagissent beaucoup plus à un réel qu'à une simple photo dessus. Donc c'est vrai qu'il Ausha fois réfléchir à sa communication un petit peu, etc. Donc c'est un exercice permanent. C'est ce que je disais par rapport au galeriste, il n'est pas derrière son siège tout le temps à jouer aux cartes. Et il y a aussi le fait qu'il y a des réseaux qui sont spécifiques à l'art aussi. Par exemple, il y a la plateforme Artsy qui est utilisée, mais ça c'est plus de la vente, mais c'est de la visibilité aussi. Donc c'est tout un tas d'éléments qui sont nécessaires. Par exemple, quand on utilise Linking, par exemple, moi j'utilise Linking ponctuellement, en tout cas pour faire des publications. Pour moi, elles ont plus de contenu, souvent, parce que c'est un réseau professionnel, même si parfois ils changent un petit peu au fur et à mesure aussi, ça pourrait devenir un Facebook, mais bon, voilà. Et là, je trouve que les gens prennent plus de temps aussi de lire le contenu que tu fais. Si tu postes un truc sur Facebook, ça va être quelque chose d'assez éphémère, assez rapide. Les gens vont carrer, oui, ça me plaît, ça ne me plaît pas. Et puis, ils ne vont même pas lire ce qui est en dessous si tu as pris la peine de faire un truc. Je pense que tu le fais aussi. Il y a les newsletters, par exemple. Et les newsletters, c'est un contact direct avec ta clientèle, entre guillemets, ou en tout cas les gens qui te suivent et qui t'ont donné leur adresse. Donc, voilà. Et donc, ça, c'est un... chose plus personnelle dans laquelle tu peux intervenir plus pour expliquer l'artiste, pour défendre l'artiste. Non, les retours là-dessus, il n'y en a pas forcément. Ils viennent au vernissage, ils ne viennent pas au vernissage. Vraiment, ça se limite plus à ça.

  • Speaker #1

    On voit qu'il y a un tour dès qu'on envoie une newsletter, les choses se déplacent. Donc je pense que ça,

  • Speaker #0

    pour nous,

  • Speaker #1

    c'est bien pour notre communauté.

  • Speaker #0

    Et je pense que même au niveau de la presse papier, En fait, malgré tout, à Luxembourg, tu fais un petit article, tu as un encart dans une presse papier, quelle qu'elle soit, ça a un impact. Les gens viennent quand même. Un article dans le Vort, tu auras tout de suite beaucoup plus de locaux de luxembourgeois qui viendront voir l'exposition. Ça, c'est évident. Donc, effectivement, il n'y a pas que les réseaux sociaux techniques, entre guillemets, il y a aussi les réseaux autres.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Je n'utilise pas beaucoup la presse papier, ce n'est pas évident ici. D'avoir des connexions, Luc Non,

  • Speaker #0

    c'est qu'il faut acheter. Ah,

  • Speaker #1

    il faut acheter encore.

  • Speaker #0

    Oui, oui, voilà. On a la chance d'avoir effectivement quelqu'un qui s'intéresse.

  • Speaker #2

    On peut espérer que le podcast suscitera l'intérêt de certains journalistes pour aller à votre rencontre, parce que je pense que quand même, vous faites partie de l'écosystème local, qu'il y a plein de choses, on l'entend à travers vos propos, qui se passent dans vos galeries. Ce n'est pas juste. exposer quelque chose pour le vendre. Il y a du travail de fond, il y a des échanges, il y a des workshops. Vous avez entendu l'appel les amis J'ai encore envie de vous poser une question sur l'art au sens général. On a souvent tendance à associer ça à quelque chose d'élitiste. Comment est-ce que vous répondez à ceux qui ont cette perception de l'art, des galeries ou des choses qui sont parfois... presque inaccessibles, tant financièrement que intellectuellement, entre guillemets.

  • Speaker #1

    Je pense que l'art en tant que tel n'est pas élitiste, parce que l'art existe depuis les cavernes et les fresques, il y avait ce mural déjà à Lascaux. Donc l'art fait partie d'évolution de notre société, on ne pourra pas s'en passer parce qu'heureusement il y a la créativité, on a besoin de créativité dans tout ce qu'on fait. Maintenant les galeries peuvent paraître effectivement élitistes, mais c'est pour ça que... dans mon concept aussi, il y a du mobilier, il y a du vintage, il y a de l'ancien, parce que je voulais justement décloisonner l'idée qu'on a des galeries et que quelqu'un qui rentre finalement pour un meuble, tiens, il va voir l'art et du coup, il y a un échange qui va se faire et il n'était peut-être pas venu pour ça initialement, tu vois. Donc c'est aussi pour sortir un peu de ce côté galerie habituel que je les ai créés et je pense que c'est de plus en plus et déjà, il y a beaucoup de mouvements aussi à Paris. notamment de Jeanne Galerie qui invite les jeunes justement à s'intéresser à des prix plus abordables. Donc il faut aussi varier, je pense, dans la proposition, l'offre que tu fais. Évidemment, moi j'ai une expo toujours temporaire, mais j'ai au moins 15-20 artistes à côté qui exposent de manière permanente à des prix qui vont de 45 euros à plus, tu vois. Et ça, je pense que c'est bien pour ouvrir les portes aussi. D'autres vont trouver que non, il faut... prendre que des grands noms à 100 000 euros chacun voilà sa place tu vois et il faut respecter les envies de chacun a tout à fait raison sur ce sujet là parce qu'effectivement le côté éclectique que tu as et que j'ai aussi quelque part amène

  • Speaker #0

    de facto tout type de public à un moment donné dans la galerie donc si j'expose à ces parteurs joueraient quand même vraiment des jeunes maintenant le street art heures il a aussi un prix Et c'est vrai que les gens vont garder plus, ils vont peut-être aller acheter un t-shirt avec le tableau qui est mis dessus et pas l'œuvre en question. Maintenant, il y a d'autres gens qui le feront. Mais c'est vrai que l'important, c'est l'ouverture et l'ouverture d'esprit. Donc, le fait de faire passer ça avec les gens, c'est les accueillir déjà, premièrement. Moi, j'ai la chance d'être sur un coin de rue où j'ai beaucoup de vitrines. Toi, tu as complètement une démarche différente. Donc, on est vraiment à l'opposé l'un de l'autre. Et moi, les gens regardent déjà beaucoup les vitrines. Donc, c'est une chance. Et pour ceux qui s'intéressent et qui ont trop peur de rentrer, ils regardent déjà pas mal d'expositions par l'extérieur. Et puis, si par hasard, ils ont le courage, ils rentrent. C'est pour ça que, par exemple, en saison d'été, la porte ouverte, c'est génial. Parce que les gens n'ont plus la barrière vraiment de la porte physique. Donc il rentre, il s'infiltre et voilà. Moi, je parle du principe qu'on accueille tout le monde. Parfois, tout le monde, c'est parfois bizarre aussi, mais on accueille tout le monde. Et on montre, on explique avec la même bienveillance à tout le monde. Maintenant, on sait qu'il y a des gens qui sont tout de suite plus intéressés pour acheter et des gens qui viennent juste regarder et qui sont très timides. Mais je trouve que ça fait partie de notre mission, entre guillemets, à ce niveau-là, sociale, comme tu dis, d'accueillir et de montrer les choses aux gens et d'être bienveillants, en définitive.

  • Speaker #1

    avec les gens et ça c'est vrai que c'est le côté social moi j'ai accueilli là au mois de c'était qu'en janvier a pas longtemps je crois j'étais 80 élèves de l'école d'une école d'aplomb est venu leur professeur parce qu'il faisait la journée un marathon photo dans le style de christophe jacquereau que j'exposais à l'époque et j'ai pas en janvier et donc je trouvais que c'était quand même fascinant il serait jamais entré dans une galerie gardez les prix mais non mais qu'est-ce que je vais chercher à mes madames, pourquoi c'est si cher les photos Et donc du coup on explique, tu vois, et c'était chouette et ils ont adoré, ils étaient tous très attentifs, j'étais extrêmement contente, tous attentifs, et je les ai impliqués un petit peu dans le jeu, dans la discussion, tu vois, mais c'est ça aussi notre rôle.

  • Speaker #0

    Et moi l'interaction, comme tu dis, je l'ai eue aussi avec des élèves justement du lycée en art, qui sont venus une fois ou l'autre voir des expos, parce qu'ils ont des travaux à faire, ça inspire aussi et qu'ils voient des choses, et c'est vrai qu'ils viennent par petits groupes. comme ça parce que chez moi c'est moins grand, donc voilà c'est pas un petit groupe, mais ils s'intéressent vraiment à l'œuvre, à la technique, à l'émotion, et alors ils parlent entre eux, c'est super parce que moi j'entends ce qu'ils racontent entre eux sur l'œuvre, et ça c'est un échange et un intérêt. Et effectivement, ils peuvent être choqués par les prix, mais non, moi pour une anecdote, j'ai un monsieur qui aime beaucoup, un artiste que j'expose en janvier, c'est Pablo, que j'expose, Pablo Schwickert, que j'expose souvent en janvier. Et ça fait trois ans qu'il rentre dans la galerie en janvier.

  • Speaker #1

    À chaque fois que tu l'exposes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    oui, oui, oui, oui, oui. C'est un monsieur bien connu et un très grand collectionneur ici à Luxembourg. Et il me dit, c'est pas assez cher, monsieur, pour que je l'achète.

  • Speaker #1

    Oh, c'est un des bons.

  • Speaker #0

    Non, je ne pense pas que ce soit l'humour, il aide beaucoup.

  • Speaker #1

    Dans dix ans, quand il aura bien...

  • Speaker #0

    Peut-être que monsieur sera mort. Je veux dire, ça fait partie aussi... Non, non, non, mais je veux dire, c'est quelqu'un qui est plus âgé, entre guillemets. Et c'est vrai qu'il parle des œuvres qu'il achète, c'est à des prix... On est à 100 000 et... Et donc, c'est vrai que Pablo, qui est entre... 2 et 5 milles, ou peut-être 8 grand maximum pour un très grand format. Je dis, s'il faut rajouter un zéro devant ou un 1 devant, je dis, on peut s'arranger, il n'y a pas de souci, l'artiste sera le plus heureux d'entrer dans votre collection. Mais il a encore discuté ici en janvier avec l'artiste,

  • Speaker #1

    et ça s'arrête là.

  • Speaker #0

    C'est assez amusant. Je ne sais pas si c'est parce que c'est... pas assez cher entre guillemets où il est encore fort jeune pabloa il a 25 ans ou c'est parce que c'est pas dans la galerie dans laquelle il a acheté parce qu'il ya des gens oui c'est ça d'elle aux galeries auxquelles ils achètent aussi ils ont vraiment cette ligne et il reste sur deux galeries qui connaissent et qui vont acheter donc c'est peut-être ça tout simplement donc c'est une anecdote assez assez amusant et quand il m'a dit ça j'étais un peu surpris je vais parce que D'habitude, on dit l'inverse. C'est trop cher. Mais alors, c'est cher.

  • Speaker #1

    On dit parfois, oui, non, c'est pas... Finalement, c'est pas très cher, c'est bien, mais ils n'achètent pas quand même. Oui, ils aiment bien, c'est pas cher, mais voilà, après, il faut la place. Il y a plein de critères. Il faut que ça plaise un monsieur aussi ou un madame, comme c'est un qui visite ça aussi. C'est tout un travail psychologique de faire entendre les deux.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas tous le même boulot.

  • Speaker #1

    Non, souvent.

  • Speaker #2

    Alors, responsabilité sociale... responsabilité au sein des couples,

  • Speaker #1

    ça va loin le travail de mairesse en fait.

  • Speaker #0

    Écoute, moi je pourrais me recycler en psy parfois aussi parce que j'ai un canapé maintenant dans la galerie, mais c'est super aussi parce que les gens prennent le temps de s'installer, de regarder les choses, mais parfois ça va bien au-delà de parler de l'art. Donc c'est vrai que...

  • Speaker #2

    Je ne sais pas si vous avez envie l'un et l'autre d'ajouter quelque chose pour clôturer notre entretien qui était très riche et franchement passionnant. Ou si vous aviez une idée, quelque chose de concret à proposer aux auditeurs pour se rapprocher un petit peu d'une forme d'art quelle qu'elle soit. Est-ce que vous avez envie de les engager dans quelque chose Ou est-ce que vous avez un message, puisque le micro est ouvert, à faire passer

  • Speaker #0

    Moi le message c'est très simple. Entrez. dans les galeries. Regardez, ouvrez votre esprit. Ça ne vous plaira pas forcément, mais votre œil se fera, votre mental se fera aux choses. Et ça, c'est des petites parenthèses de plaisir dans le monde actuel qu'il ne faut pas rater, entre guillemets. Parce que c'est vrai qu'on est très sollicité par beaucoup de choses qui sont souvent très stressantes. Et quand les gens rentrent dans une galerie, ils n'ont pas le même stress. Généralement, c'est très positif. C'est une expérience positive parce qu'ils voient quelque chose, ils sortent de leur bulle. Et ça, c'est le plus important. Donc, il faut... rentrer, être curieux. Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Amenez vos enfants déjà, même petits. Je vois, moi j'essaie toujours de dialoguer avec un des enfants qui viennent ici, leur demander qu'est-ce que tu préfères, les couleurs, etc. Je trouve ça important. Je pense qu'on peut commencer aussi, puisqu'ici on propose des workshops, ben venez faire un petit workshop, comme ça vous vous immergez et vous aurez une autre excuse que vous rendez dans la galerie en tant que tel. Tu vois, c'est aussi... C'est un petit peu ça l'idée. Et puis si on peut lancer un message aux... ne serait-ce qu'à la Bourgmesse de la ville de Luxembourg ou à Leschemins, c'est de venir nous voir et peut-être juste de passer cinq minutes, de faire une petite photo avec nous et puis ça nous donnera un peu de visibilité. C'est reconnaître aussi l'impact qu'on apporte sur la place et c'est pas grand chose, voilà.

  • Speaker #2

    En tout cas, j'espère qu'à mon humble mesure,

  • Speaker #1

    je pourrai vous aider à faire votre passage qui est vraiment intéressant,

  • Speaker #2

    aller découvrir les galeries. Merci Luc,

  • Speaker #1

    merci Catherine, merci à toi Anne-Claire surtout.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup,

  • Speaker #1

    c'était un échange très intéressant. Merci Luc, toi aussi.

  • Speaker #2

    Voilà, nous arrivons au terme de cette conversation captivante avec Catherine Lebrun et Luc Schroeder. Leur regard croisé sur l'art nous rappelle que la prise de parole, qu'elle soit sur une toile, à travers une sculpture, une chanson, un poème, dans une galerie, C'est un acte de courage qui transforme le monde. Comme Luc et Catherine l'ont si bien exprimé aujourd'hui, l'art n'est donc pas un luxe, mais vraiment un essentiel à notre construction mentale, psychique, émotionnelle, relationnelle. Osez donc à votre tour défendre une œuvre, un artiste, une exposition, un projet. Exprimez-vous. C'est comme cela que vous créerez votre propre exposition au monde unique. Et puisque vous voilà plein d'allant et d'élan grâce au dynamisme de Catherine et Luc, j'aimerais vous inviter à faire trois petites choses. Tout d'abord, offrir cinq étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée au podcast. Parce que ces petites étoiles sont comme les éclairages dans une galerie. Elles mettent en valeur le travail et permettent à d'autres de s'en saisir. De partager cet épisode. que ce soit par mail, lors d'un vernissage, sur les réseaux sociaux. Taguez-moi dans vos partages pour que je puisse vous remercier personnellement. Enfin, prenons exemple, sur Catherine et Luc, vous vous dites j'aimerais bien moi aussi transmettre des messages, communiquer, vous exposer, mais en fait vous ne savez pas trop comment faire. Eh bien, rappelez-vous, mes séances de méditation le jeudi matin, en ligne. C'est une belle occasion de se rencontrer. Et puis, si vous avez besoin... d'un conseil ponctuel, des modérations d'événements. Je mets aussi mon expertise d'ancienne journaliste et de facilitatrice à votre service. Donc, retrouvez toutes les informations sur anne-claire-delval.com Rappelez-vous que la parole est un art qui se cultive, se partage, s'expose fièrement. Alors, en attendant notre prochain rendez-vous, je vous souhaite des éclats de voix. Artistique, bien sûr.

Description

Épisode 41 : Art et Prise de Parole

Dans cet épisode je reçois deux galeristes luxembourgeois aux approches complémentaires: Catherine Lebrun de la galerie Subtile et Luc Schroeder de Mob Art Studio.

À travers leurs regards croisés, ils explorent combien l'art est un puissant vecteur d'expression et d'engagement.

Comment porter la voix des artistes tout en affirmant sa propre vision?

Comment transformer une galerie en espace de dialogue accessible à tous?

De la médiation artistique aux défis économiques, de l'impact des réseaux sociaux à l'exportation de l'art luxembourgeois, cette conversation dévoile les coulisses d'un métier de passion et de conviction.

Une plongée fascinante dans l'univers de ceux qui font le pont entre création artistique et public, pour comprendre comment l'art nous aide à décoder le monde et à exprimer nos propres vérités.


Retrouvez Catherine: https://www.subtile.style

Retrouvez Luc : https://mob-artstudio.lu


Références

Hélios Azoulay- musique: https://youtu.be/287Z4OZN3PM?si=V3pBILmVrh0sv3t4

Hélios Azoulay- livre: "Pour Tommy, 22 janvier 1944" - Éditions du Rocher



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Production et montage: Anne-Claire Delval, Jean-Michel Gaudron, Cyriaque Motro

Musique: Meydän

Titre:  Synthwave Vibe

Auteur: Meydän

Source: https://meydan.bandcamp.com

Licence: https://creativecommons.org/licenses/by/3.0/deed.fr


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans Éclats de voix, le podcast des prises de parole engagées, où les convictions se transforment en symphonie et les idées en œuvres d'art. Je suis Anne-Claire, votre complice pour démystifier, décortiquer l'expression authentique et vous inviter à faire entendre votre propre voix, qu'elle soit murmure ou tonnerre, tableau abstrait ou nature mort. Nous nous longeons aujourd'hui dans un univers où les murs parlent et l'étoile raconte celui des galeries d'art. J'ai le plaisir de vous présenter deux passeurs d'émotions artistiques au Luxembourg dont les chemins se sont croisés de façon presque romanesque. Pour la petite histoire, qu'ils soient tous les deux au micro n'a rien du hasard. J'avais rencontré Luc Schroeder de la galerie MOBA Studio. via divers cercles entrepreneuriaux, dont le BNI, et celui de Catherine Lebrun, de la Galerie Subtile, via le réseau féminin pluriel. Mais là où le hasard a mis son grain de sel, c'est avec ce petit clin d'œil savoureux. En fait, il convoitait le même espace à Luxembourg, dans le quartier Bélair, avenue Gaston-Diedrich, qui habite aujourd'hui la Galerie de Catherine. Tandis que Luc, finalement, a choisi de s'installer boulevard royal. Vous allez l'entendre, une fois n'est pas coutume, c'est regard croisé Oui parce que entendre, regard, en brevet suivi. Bref, un homme, une femme, deux manières d'envisager le rôle d'un galeriste, deux façons d'orchestrer leurs espaces selon des partitions différentes, mais qui se rejoignent sur deux notes fondamentales. La première, l'art pour eux n'est pas C'est un luxe décoratif, mais bien une nécessité vitale. Un langage universel qui transcende toutes les frontières y compris mentales. Et deux, ils se sont donnés chacun pour mission de rendre cet art vivant, accessible à tous et porteur de sens. Alors il va être bien sûr question d'engagement, de transmission, de la manière dont un galeriste devient le porte-voix des artistes qu'il défend. Savoir aussi comment... Catherine et Luc transforment leur galerie en véritable caisse de résonance pour des messages qui parfois dérangent, questionnent ou bouleversent. Comment est-ce qu'ils naviguent entre l'exigence artistique, la viabilité économique Parce que derrière chaque exposition, chaque choix artistique, il y a évidemment des convictions, des enjeux, parfois insoupçonnés, des batailles silencieuses pour que la culture et l'art prennent toute leur place. place dans la cité, la cité au sens d'une communauté de citoyens libres et autonomes. Avec Luc et Catherine, explorons donc ces tensions créatrices finalement et réalisons combien et comment l'art peut devenir l'étendard de paroles engagées. Alors Luc, Catherine, Riva, salut

  • Speaker #1

    Bonjour, bonjour,

  • Speaker #2

    bonjour Luc. Bonjour à tous.

  • Speaker #0

    Alors Catherine, tu m'as obligée spontanément à revoir toute la structure de l'enregistrement de cet épisode. Et je me suis évidemment prêtée au jeu parce que j'adore cette musique. Tu nous as proposé de la mettre en introduction. Évidemment, la question qui vient parce qu'en fait, je n'ai pas la réponse. Chers auditeurs, pourquoi cette musique

  • Speaker #1

    Merci Anne-Claire d'avoir accepté. changement dans le programme. Non parce qu'en fait, on parle d'engagement et d'art, on va parler d'engagement et d'art, je me suis dit que c'était intéressant de commencer par la musique d'un artiste qui s'est produit ici récemment, il y a peut-être deux trois semaines, qui s'appelle Elios Azoulay. C'est un érudit, un philosophe, un exotique un peu dans son approche, donc il joue de la clarinette. Mais il a voulu reprendre les musiques qui avaient été composées dans les camps de concentration. Donc on est en plein dans le sujet actuellement avec l'anniversaire de la fin de la guerre. Et également, il a écrit des livres pas mal, notamment ce livre que je vous conseille qui s'appelle Pour Tommy, qui est vraiment un livre illustré qu'un papa a dessiné durant sa détention dans les camps de concentration avec son fils qui était là. Et son fils a été sauvé. On a retrouvé 300 dessins. dans les camps de concentration, ils sont extrêmement gais. Donc on se retrouve un peu dans l'histoire de Benigni et la vie est belle. Donc je trouvais que des sujets durs, on peut les rendre beaux malgré tout et faire passer des messages. Donc ça correspondait bien à introduire notre sujet du jour.

  • Speaker #0

    Wow, ça c'est vraiment chouette. Catherine, merci pour ce cadeau de dernière minute. Ça fait plaisir d'avoir des petites surprises et puis de changer les structures. Tous les deux, en tant que galeriste, tu viens justement de parler de quelqu'un dont tu étais fait porte-voix. Comment est-ce que vous portez la parole des artistes que vous représentez Un peu comme tu viens de le faire, tout en vous-même affirmant votre propre engagement en tant que galeriste, votre engagement personnel dans le monde de l'art, parce qu'évidemment, on n'aime pas tout, on fait des choix et puis il y a des... des instants, des moments où on va être plutôt attiré par telle ou telle chose

  • Speaker #2

    Je pense que déjà... Ouvrir une galerie ou tenir une galerie, c'est un engagement à temps plein et assez important, manifestement, pour être présent sur le marché, pour proposer des choses qui sont mêmes. Et porter, comme tu dis, la voix des artistes ou en tout cas leur travail dans ce cas-ci. Et c'est un engagement déjà culturel aussi, parfois presque politique dans l'engagement qu'on a. Et social. Et social, tout à fait, puisqu'on promeut des gens. Pour ma part, c'est toujours des artistes vivants, donc c'est d'autant plus important aussi, parce qu'eux, ils doivent vivre de leur art et on essaie de le faire. Oui,

  • Speaker #1

    je rebondis sur ce que dit Luc. Je pense que déjà, l'artiste, lui, il s'engage politiquement et socialement en prenant une voie qui n'est pas simple. Voilà, il dit moi, je vais faire de l'art, je vais essayer de vivre de ça. Aujourd'hui, c'est très compliqué et nous, on est là pour les mettre en avant. Donc, on essaie de porter ce message, les faire vivre. aussi et parfois prendre des risques. Les choses ne sont pas si simples qu'elles ont l'air et donc ça fait partie aussi, comme tu dis, de notre engagement.

  • Speaker #2

    Oui, parce que souvent le métier de galeriste est réduit dans l'esprit des gens à la personne qui est derrière le comptoir et qui dit bonjour. Mais ça va absolument bien au-delà de ça, par les choix qu'on fait, par les choses qu'on veut mettre en avant aussi, que ce soit l'artiste ou que ce soit le travail de l'artiste. Donc c'est effectivement comme ça qu'on porte la voie, entre guillemets, qui est un peu la nôtre aussi puisque ce sont Ausha.

  • Speaker #0

    Oui, voilà, c'est ça, c'est ce que j'allais vous demander. Est-ce que vous avez l'impression d'utiliser un peu votre position de galeriste l'un et l'autre pour défendre aussi des perspectives qui vous semblent à vous essentielles, des messages où tu parlais effectivement d'artistes vivants Catherine, je pense que c'est pareil chez toi.

  • Speaker #1

    Oui, principalement, mais pas que, mais principalement.

  • Speaker #0

    Est-ce que, voilà, vous...

  • Speaker #2

    forcément vous choisissez une vibration ou à des messages qui sont derrière ce que les artistes proposent oui disons que pour moi la proposition en tout cas que l'on fait dans mon cas de figure mais je crois chez catherine c'est comme ça aussi elle est assez éclectique quelque part on a enfin moi j'ai pas une ligne stricto senso vraiment de laquelle je ne décolle pas parce que je suis ému par des choses et si je ne suis pas ému par les choses je peux pas porter la voix de l'artiste si je n'ai pas un feeling avec l'artiste. Donc c'est vrai que parfois il y a des choses qui sont plus dans le combat féminin, on va dire, ou parfois un peu plus politique aussi, c'est plus risqué. Et c'est comme Catherine l'a dit, c'est pas un long fleuve tranquille, et si on veut porter les choses, on doit s'investir beaucoup pour pouvoir le faire.

  • Speaker #1

    Oui, moi je pense aussi que c'est d'abord un coup de cœur esthétique. Je suis une esthète, j'aime bien les belles choses, ça je ne m'en cache pas. Et si derrière, il y a un message, je découvre souvent, parce qu'on ne le voit pas au premier moment. Et donc, finalement, on apprend des choses et on est heureux que ça vienne s'ajouter et qu'il y ait une lecture de la peinture ou de l'œuvre par la suite.

  • Speaker #0

    Oui, ça, je trouve que c'est intéressant chez l'un comme chez l'autre. Quand on vient assister soit à des workshops ou des rencontres avec leurs dévernissages, quand on rencontre les artistes ou quand on se fait expliquer un peu des choses. J'imagine aussi qu'ils n'ont peut-être pas tous voulu aller dans des détails incroyables que nous, on pourrait, notre imagination, et là aussi pour nous emmener. Mais je trouve que c'est toujours passionnant d'avoir quand même une explication, un petit plus, qu'est-ce qui se cache derrière une œuvre qui effectivement nous émeut. Et je me permets juste, parce que je trouve que ça me touche justement, de t'entendre dire ça Luc. Il y a quelques mois de ça, j'avais reçu sur Éclat de Voix Thomas Raoult qui... chef d'orchestre, et il parlait aussi de son art, il disait il faut qu'on transmette une émotion, si on ne transmet pas d'émotion.

  • Speaker #2

    Qu'elle soit positive ou négative, parce qu'en fait l'art est là aussi pour faire réagir les gens, donc c'est pas simplement, ou alors on est dans la décoration entre guillemets, et oui c'est joli, c'est une couleur, ça ira bien avec mon canapé, mais disons que dans l'absolu, ça fait partie certainement des choix des gens, mais c'est pas forcément... C'est pour ça que nous on fait des expositions. Ça fait partie du jeu parce qu'il faut vendre. Mais le biais de base c'est de porter quelque chose.

  • Speaker #1

    Oui, et moi je pense que ce qu'on apporte c'est apprendre à voir. C'est pas juste voir, c'est apprendre à voir. Qu'est-ce que vous voyez Qu'est-ce que vous ressentez Et à chaque fois, je l'ai fait, plusieurs fois quand j'ai des groupes, je m'arrête et je leur demande devant tout le monde de s'exprimer, de me dire qu'est-ce qu'ils ont vu. Et c'est vraiment... intéressant parce qu'à chaque fois il le lit à un vécu, il en parle alors ouvertement et donc on comprend pourquoi il y a eu cette connexion avec cette oeuvre. Il y a une connexion différente mais elle est très personnelle et ça leur permet du coup de s'exprimer sur un vécu ou ça peut être lié à une histoire qui est partie de notre histoire.

  • Speaker #0

    Catherine, tout à l'heure, tu nous as donc permis de faire cette introduction intéressante qui montre quand même, alors c'est un peu particulier concernant les comptes de concentration et l'artiste avec ses magnifiques dessins, parce que là je les vois en même temps que je te parle. Comment est-ce que les artistes que vous soutenez, si c'est le cas, contribuent à faire émerger des discours justement critiques sur notre société Est-ce que vous avez en tête l'un ou l'autre qui Lui, via l'art, a une prise de parole engagée.

  • Speaker #1

    Oui, je voulais peut-être... Tu me permets, Luc Oui, c'est parfait. Oui, voilà, par exemple, j'ai découvert, il y a deux ans, Massimo Beni, qui est un artiste luxembourgeois. Je ne me focalise pas uniquement sur Luxembourg. Comme je le dis, c'est des rencontres humaines d'abord. Et j'ai été attirée déjà par l'esthétique de son travail. Bon, là, je te montre une petite carte parce que je n'ai pas la peinture ici sous les yeux. Mais, donc, c'est un artiste... A priori, j'ai aimé l'esthétique, le graphisme, les formes. Et quand tu vois cette peinture qui s'appelle Cher à canon, on est tout à fait dans le sujet de la guerre et de la petite poupée russe. Et donc derrière, c'est ce que je dis aux gens, ce qui est agréable dans ce type de peinture, c'est que d'œuvre, c'est que tu peux l'avoir chez toi parce qu'elle est esthétiquement jolie, elle est agréable, elle ne va pas rebuter, tu ne vas pas te sentir mal à l'aise. Mais derrière, il y a un vrai message justement. contre le fait qu'on envoie les jeunes à l'armée, ils ne sont pas encore formés, il a encore tout jeune, il n'a plus de tête, il est de monde dans les mains, et il va partir à la guerre, la petite pouperie, c'est tout à fait d'actualité, tu vois. Et ça, c'est ce genre d'œuvre qui est vraiment interpellante, intéressant, et avec Massimo, voilà, on a créé une relation d'amitié, on va continuer. Mais voilà, ça c'est un exemple dont je voulais parler.

  • Speaker #2

    Oui, moi j'ai deux exemples aussi, Manon Moret que j'ai exposé, c'était un peu quelque chose de militaire. temps quelque part aussi, puisque c'est quelqu'un qui s'exprime sur la peau. Donc en fait elle écrit ses propres mots pendant des heures, des jours, parfois sur le corps d'une personne entièrement nue et donc sur toutes les parties de la personne. Et c'est une exposition, moi je voulais mettre le langage du corps, parce qu'elle aime bien aussi les corps abîmés, donc c'est vrai qu'il y a un rapport à la nudité d'un corps abîmé qui est particulier parce qu'il faut s'assumer quelque part et se montrer sur les murs. plus personnel entre guillemets et en lâcher prise donner son corps pendant des jours et des heures à quelqu'un qui vous écrit dessus ou même parfois plusieurs personnes qui vous écrivent dessus donc il ya vraiment une barrière qui a franchi et ça c'est un rapport à soi même qui pour moi est parfois intéressant aussi et les pauses qu'elle faisait prendre aussi aux personnes étaient assez symbolique par rapport au combat des femmes par rapport aux femmes battues parfois et des choses comme ça il ya beaucoup d'interprétations au delà de l'esthétique pure de la photo qu'elle faisait à la fin de son happening, entre guillemets. Et puis, plus récemment, j'ai Thomas Baumgärtel, le banana sprayer, qui, lui, travaille tout autour de la banane depuis 60 ans quasiment. Ou 40 ans, pardon. Il a 60 ans.

  • Speaker #1

    Il a beaucoup plus de temps. Il a pas trop le vieillesse.

  • Speaker #2

    Il est le berceau. Et dans... Lui, il est très politique. trait de gauche, allemand de gauche, et politique pacifiste aussi. Et donc, dans son discours, il y a beaucoup d'attaques sur ce qui est au niveau du gouvernement, par exemple, allemand. Mais par rapport à la guerre en Ukraine, il s'est directement déplacé sur place pour aller placarder des symboles, etc., au milieu des chars et tout, et notamment des silhouettes de Poutine avec un... Un habit de bagnard et puis un petit bonnet banane et c'est put in prison Et cette réaction-là a été qu'à un moment donné, il y a un ami à lui qui lui a prêté toute une façade en Allemagne, à Cologne, dont il est originaire, et il y a un énorme panneau qui est sur cette façade, donc de plusieurs dizaines de mètres de haut, avec cette photo. Et il dit on n'enlèvera que quand ce sera le cas Bon, maintenant l'actualité. est assez complexe autour de ça. Moi, c'est un acte militant. Je l'ai exposé à la galerie. Je ne l'ai pas mis en vitrine,

  • Speaker #0

    j'avoue.

  • Speaker #2

    Non, parce que c'est un choix aussi. Je ne veux pas non plus choquer les gens. Ce n'est pas choquer qui est intéressant, c'est susciter le dialogue. Et donc, il y avait aussi une œuvre avec Erdogan et il y avait aussi une œuvre avec Trump. Et toutes ces trois œuvres-là, très politiques, très polémiques, elles étaient exposées dans la galerie, mais il fallait rentrer dans la galerie pour les voir. Et donc, les gens étaient assez surpris de ça.

  • Speaker #0

    Ça m'amène tout de suite à une question que je voulais vous poser parce que tu as tout de suite dit je ne l'ai pas mis en vie de monde Alors moi j'ai envie de vous demander quels sont les obstacles que vous rencontrez quand justement vous avez, vous cherchez à faire entendre vos artistes qui parfois, comme tu viens d'en parler, vous dérangent. Ou bien vous aussi, alors c'est un autre plan, c'est un autre plan, vous, à vous faire entendre des institutions, des organisations, du public aussi parce que parfois c'est pas... Évidemment, tu l'as dit tout à l'heure, on a tous une image du galeriste qui est un petit peu... Comment dire

  • Speaker #2

    Potiche.

  • Speaker #0

    Potiche. Potiche, voilà. On se dit qu'il est là pour faire ses sous et ses tout, alors qu'en réalité, on l'entend à travers vos propos, il y a vraiment une posture, une réflexion, un amour aussi du travail et des artistes que vous exposez. Ce n'est pas juste pour passer à la caisse derrière.

  • Speaker #1

    Oui, moi je peux peut-être parler un peu de mon parcours, parce qu'au départ... Donc je ne viens pas du milieu de là. Et là où je travaillais avant, j'étais responsable RSE. Donc pendant des années, j'ai mis en place le département de responsabilité sociale de l'entreprise. Donc ça a toujours été un peu dans mes gènes, je vais dire, de soutenir des causes. Je ne suis pas militante, je suis porte-voix et j'essaie de faire progresser les choses avec l'actualité. Il y a des choses où on ne peut pas revenir en arrière, mais à notre époque, qu'est-ce qui fait du sens C'est ça qu'il faut se poser comme question. Donc c'est toujours resté un peu dans mes gènes et en lançant ce projet, De la galerie, c'était vraiment de participer au développement de la culture et développement de la pensée. Et je pense que les jeunes, aujourd'hui, ils sont derrière leurs écrans, ils jouent beaucoup à des jeux. Et là, il n'y a pas d'échange, donc ce n'est pas intéressant. Donc, c'est de les sortir, les obliger à, pas obliger, mais les amener, avoir envie d'aller voir, tiens, qu'est-ce qui se passe derrière cette porte et d'aller engager un dialogue. Et donc, dans ce cadre-là, j'avais notamment rencontré la Fondation Sommer, parce que je trouve que c'est une fondation... très intéressante ici qui a été créée par un luxembourgeois et qui essaie justement de travailler sur l'ouverture à la culture pour les jeunes et donc dans ce cadre là par exemple j'ai j'ai reçu groupe d'autistes voilà qui est venu faire un atelier parce qu'on avait justement un travail sur le papier et donc ils sont venus faire un atelier ici des jeunes et c'est ça qui est gay c'est ce dit alors moi que je cherche avec la jeunesse et développer la pensée et et qu'ils puissent mettre des mots, parce que le choix des mots, on l'a toujours dit dans les accords Toltec, ça fait partie de notre base, choisir les bons mots. Donc moi, je ne suis pas là pour provoquer, ça ne me frustre pas de peut-être dire je ne vais peut-être pas mettre cet artiste maintenant Non, ça doit correspondre à ce que je ressens, mais c'est surtout d'amener les gens à dialoguer, à partager, et que le ministère reconnaisse notre rôle aussi. Et c'est là, je trouve qu'il y a un manquement, c'est qu'il y a vraiment une barrière entre les institutions publiques et nous les privés, ici à Luxembourg. Je ne peux pas parler pour un autre pays parce que je n'y suis pas, mais j'ai l'impression qu'en Belgique, c'est un peu moins figé d'après ce que j'entends. Mais ici, non, on ne nous considère pas. Donc c'est ça qui est malheureux, parce qu'on pourrait être main dans la main et avancer beaucoup plus dans cette direction. Mais voilà, c'est un combat de tous les jours, et nous, on se positionne quand même. Oui,

  • Speaker #2

    tout à fait. Ça, je rebondis aussi sur ce que tu viens de dire par rapport au... La division entre institutionnels et privés, maintenant il y a des institutionnels de différents types aussi, mais c'est vrai qu'en tant que galeriste privé, aller vers des institutions n'est pas toujours le plus simple. Il y a des appels à candidatures pour des œuvres, notamment par le ministère de la Culture, et ça, ça a évolué aussi parce que ça a été remis au goût du jour depuis Saint-Anson, on va dire, au niveau des achats, c'est un peu plus visible. un peu plus direct, etc. Maintenant, il y a toujours un comité de sélection. Donc, c'est toujours... Ça peut être un peu plus ambigu, mais ça existe. Et ça a le mérite d'exister vis-à-vis de nous. Quand c'était la période Covid, ça a pu aider aussi, à un moment donné, à faire bouger un peu les choses, qui étaient très calmes à ce moment-là. Donc, à ce niveau-là, c'est bien. Maintenant, c'est vrai qu'il n'y a pas, je dirais, en termes d'expression, il n'y a pas de barrière, pour revenir un peu au sujet avant et dans la continuité. Il n'y a pas de barrière. On est dans un pays très, très libre d'expression. Et ça, c'est un bonheur en plus encore pour l'instant. Et les gens sont beaucoup plus ouverts qu'on ne le pense souvent. Maintenant, la seule barrière qu'on se met, c'est la nôtre. Je veux dire, moi, je n'ai pas l'idée de vouloir choquer absolument les gens. Je veux les interpeller. Et donc, c'est vrai que quand tu dis, je cache certaines œuvres, c'est vrai que je ne mettrai pas certains types de nus en vitrine. parce que bon, on ne sait pas non plus qui regarde la vitrine à quelle heure. Mais c'est vrai, ça fait partie des choses aussi. Et ça ne sert à rien de choquer les familles qui passent devant ou les parents qui vont cacher les enfants qui regardent. Ça n'a pas d'intérêt parce que ça mettra un blocage aussi aux enfants. Donc l'idée, c'est d'interpeller, d'ouvrir les yeux et aussi d'ouvrir le dialogue avec les gens, comme Catherine le dit. Toute œuvre pose question. Et les gens, elles, n'aiment pas. Bon, ça, c'est tout. en fonction de leur vécu, de leur culture, mais l'idée c'est quand même d'ouvrir les esprits. C'est pour ça que je suis très éclectique dans mes choix aussi. Je refuse de me baser vraiment sur quelque chose de linéaire et de facile, alors que ça pourrait vendre d'autres plus en étant plus condensé sur mes expositions.

  • Speaker #1

    On ne s'est pas de plaire au marché. Je pense qu'on suit nos convictions.

  • Speaker #2

    Exactement. Premièrement, on suit nos convictions, ce qui ne plaît pas toujours à tout le monde. Et effectivement, comme tu dis, le rapport aux institutions est parfois complexe. Mais quel que soit le type d'institution, si tu proposes un dossier à une banque, ça ne va pas être plus simple que de le proposer à un ministère. Et maintenant, effectivement, il y a aussi un cadre qui a été remis en place dans les choix d'acquisition des institutions étatiques, entre guillemets, parce qu'avant, chacun achetait un petit peu ce qu'il voulait. Et je pense qu'il y avait un petit peu la cour des miracles, en tout cas, c'était beaucoup du copinage, peut-être, d'une certaine manière. Et donc maintenant, il y a un cadre effectivement où ils ont une grille d'exigence par rapport aux œuvres qu'ils achètent, qui est très claire en définitive, qui réduit très fort ce qu'on peut proposer. Oui,

  • Speaker #1

    parce que c'est surtout du soutien aux artistes luxembourgeois, aux résidents luxembourgeois. Donc ça nous limite quand même dans les propositions. Voilà, exactement. Mais je peux comprendre ça. Je comprends aussi que c'est la scène luxembourgeoise qui doit être...

  • Speaker #2

    Et c'est vrai que les derniers ministres de la culture, dont Éric Thiel maintenant, promeuvent... Merci. très fort le côté luxembourgo-luxembourgeois, que ce soit pour soutenir des jeunes, que ce soit pour l'acquisition d'œuvres plus anciennes, même d'artistes qui ont disparu, des choses comme ça, mais ils veulent vraiment qu'il y ait un effet significatif dessus. Ce qui a un effet pervers pour nous, c'est effectivement ce développement de beaucoup d'éléments parallèles à ça, avec... des maisons de la culture dans à peu près toutes les villes, les villages et autres, ou des salons différents qui sont parallèles et qui vendent aussi et qui proposent parfois des choses qu'on ne proposerait pas certainement, mais qui ont parfois une valeur qualitative, parfois plus relative dans le choix, mais ça parasite parfois un peu notre travail. Et je sais qu'il y a... Dans la discussion qu'on a ici, il y a aussi le rapport aux artistes luxembourgeois. On en promotionne tous, mais ce n'est pas toujours aussi simple. Parce qu'effectivement, il y a cet effet court-circuit, où la concurrence est loyale pour certaines activités, qui fait que les artistes, pourquoi est-ce qu'ils ont besoin de nous priver, alors qu'ils ont déjà une visibilité très large Donc c'est vrai que c'est... parfois un peu l'ambiguïté de la situation actuelle. Maintenant, il y en a qui jouent le rôle et qui sont... avec lesquels il n'y a aucun souci. Il y en a d'autres, c'est parfois plus ambigu. Donc, c'est vrai, quand on nous demande de faire des appels exclusivement sur les artistes luxembourgeois, parfois notre panel est un peu réduit.

  • Speaker #0

    Oui, est-ce que, alors, pour continuer, puisque tu as entamé cette réflexion sur les artistes luxembourgeois, est-ce que, pour vous... Vous avez l'impression aussi, tu parlais du local, de promouvoir le local, ce qui effectivement fait sens d'une certaine manière, même si j'entends bien que ça peut être réducteur. Mais est-ce que vous avez, parce que vous allez aussi à l'étranger, est-ce que vous avez l'impression que vous pouvez les aider à rayonner au-delà des frontières aussi Ou est-ce que c'est plus difficile en étant luxembourgeoise Je pense qu'il y a une belle évolution.

  • Speaker #1

    Je dois dire que certainement, moi je n'étais pas dans le milieu. il y a peut-être dix ans, mais de près ce que j'ai pu suivre, je pense que l'évolution est là, justement parce que le pays se culturalise. Je vais dire entre guillemets, c'est une société agricole à la base qui maintenant, depuis quelques années, comprend que la culture est importante. Donc, on est dans un changement de société ici à Lussempour.

  • Speaker #2

    Et la propre identité du pays aussi passe à la culture.

  • Speaker #1

    Voilà. Donc, tout ça est en train de se mettre en place depuis quatre, cinq ans, je dirais. Et depuis ce moment-là, effectivement, il y a des... Il y a des soutiens, il y a plusieurs endroits qui développent des résidences d'artistes, donc c'est une bonne chose, mais...

  • Speaker #2

    Oui, il y a le 15-35, il y a tout un tas de choses comme ça, mais c'est vrai que pour promouvoir des artistes à l'étranger, par exemple, il faut avoir le courage de les sortir. Ils ne sont pas toujours acceptés dans certaines foires aussi. J'ai eu le cas à Berlin avec un artiste que je voulais promouvoir, on m'a dit non, parce qu'il n'est pas assez connu, entre guillemets, pour la foire, etc. Maintenant, Luxembourg est un petit pays qui fonctionne très bien en interne, etc. Mais c'est vrai que c'est toujours un pari d'en sortir pour un artiste aussi, parce qu'il se met en dehors de sa zone de confort, entre guillemets, puisqu'il sort de son cocon où il est connu, reconnu, accepté, acheté, etc. Et il se met un peu à nu. dans une foire et se confrontent à d'autres artistes. Donc moi j'en ai sorti quelques-uns à Bruxelles ou ailleurs avec moi. Et effectivement...

  • Speaker #0

    L'accueil est parfois intéressé, mais pas au point de vraiment passer à l'acte. Oui,

  • Speaker #1

    parce qu'il y a peut-être le côté, souvent, investissement, qui sort, qui se dit un côté, bon, c'est pas le premier côté, mais quand même, les gens qui achètent, ils veulent savoir pourquoi ils payent. Ils veulent une responsabilité.

  • Speaker #0

    Donc,

  • Speaker #1

    ils se disent, c'est qui, luxembourgeois C'est pas si exotique comme tu vois, donc du coup il faut le vendre autrement.

  • Speaker #0

    Pour faire ça très exotique.

  • Speaker #1

    C'est étonnant, oui pourquoi Alors du coup ça crée comme tu dis le dialogue. C'est étonnant. Mais oui, moi je pense que nous on essaye de voir pour un peu le marché américain avec un artiste, mais ça ne pourra se faire que si quelqu'un là-bas est implémenté là-bas, aime l'artiste et va pouvoir en parler. Tu vois Ça, ça marchera parce que du coup il y a une autre voix de quelqu'un qui connaît le marché local. Mais c'est plus difficile effectivement, parmi d'autres grands noms. Et pourtant,

  • Speaker #2

    à Luxembourg, depuis quelques années, combien de temps, Luc, je ne sais pas, il y a cette fameuse Art Week

  • Speaker #0

    Oui, ça fait plus de dix ans maintenant. C'est la onzième édition. D'accord.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça. Donc, il y a quand même eu aussi une évolution de l'ouverture à l'extérieur, qui fait venir aussi l'extérieur. Donc, à ces moments-là, il n'y a pas un peu possibilité d'ouvrir des portes, des échanges qui peuvent se faire à cette occasion

  • Speaker #0

    Si, il y a certainement un mix qui se fait à ce moment-là. Maintenant, dans les galeries officielles, entre guillemets, il y a rarement des artistes luxembourgeois 100%. Il y a certains confrères qui le font, mais je vais dire que c'est souvent dans le take-off, par exemple, de la foire. Là, il y a une visibilité plus importante, parce que plus soutenue aussi de nouveau à ce niveau-là. Mais c'est bien parce que ça ouvre effectivement et je dis il y a des trémendants artistes luxembourgeois, on ne va pas du tout dire ça.

  • Speaker #1

    Et puis ils sont peut-être plus discrets, il y en a peut-être aussi encore à découvrir parce que dans la culture, on ne se met pas en avant avant d'être certain etc. Oui voilà,

  • Speaker #0

    il y a cette frilosité parfois un petit peu de dire oui mais est-ce que vraiment quoi, ben oui.

  • Speaker #1

    Mais par contre il y a le CAL, je trouve que le CAL, le Centre Artistique Luxembourgeois qui essaie de... de mettre quand même en avant les artistes une fois par an et il faut postuler.

  • Speaker #0

    C'est presque trois fois par an.

  • Speaker #1

    C'est trois fois Oui,

  • Speaker #0

    pratiquement. Ils se diffusent bien. Et un salon printemps, un salon automne. Et encore des manifestations en parallèle. Mais là aussi, même pour eux, il ne faut montrer pas de blanche. Pour les artistes, en fait, les critères sont assez exigeants aussi pour les artistes puisqu'il y a une thématique qui est lancée par l'organisateur. Les artistes doivent présenter trois œuvres qui n'ont jamais été montrées nulle part avant, donc qui sont faites à la limite extrait pour le salon, et avec la possibilité d'être sélectionnées ou pas. Donc même pour les artistes dans ce cas-là, il y a quand même un vrai engagement. Ce n'est pas de dire oui, je participe au salon, j'approche trois toiles Non, non, non, il y a beaucoup de critères. Oui,

  • Speaker #2

    donc il y a quand même cette volonté d'engager. Et est-ce que vous avez l'impression que les… ces artistes luxembourgeois que vous avez pu rencontrer ou vous avez exposé, portent aussi des valeurs qui passent, je dirais, à l'international, qui sont un peu universelles. J'imagine que oui, ma question, elles sont certainement un peu idiotes parce que je suppose que tout artiste est un peu comme ça. Mais est-ce qu'on a... Parce que je me dis, à Luxembourg, sauf erreur de ma part, il n'y a pas d'école d'art.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas une école d'art supérieure, je pense. C'est plus haut niveau du lycée.

  • Speaker #2

    Oui, c'est ça, il y a le lycée des arts et métiers.

  • Speaker #1

    Il y a l'école d'art contemporain qui est privée, entre guillemets, et qui prépare à des études artistiques également. D'accord.

  • Speaker #2

    En fait, dans mon imaginaire, qui est peut-être donc un peu faux, mais j'ai l'impression que souvent les jeunes, de toute façon, ils ont besoin d'aller à l'extérieur pour faire leurs études s'ils veulent aller un peu au-delà du...

  • Speaker #1

    Ça, ce n'est pas que dans l'art. Oui, oui, oui. En fait, c'est ça. Non, non,

  • Speaker #2

    mais ce que je veux dire par là, c'est que du coup, l'artiste qui est certes local, a forcément été ailleurs à un moment donné.

  • Speaker #0

    Oui, parce que tu as quand même des autodidactes, notamment dans les jeunes street art, etc. Ils n'ont pas vraiment suivi de cours pour faire du street art. C'est un feeling, c'est un move, c'est tout un tas de choses dans ce genre-là, qu'ils apprennent au fur et à mesure de ce qu'ils font sur les murs, et qu'ils se confrontent au milieu du Xangola, qui est très dynamique. d'ailleurs à ce niveau-là, et Esch est un bon exemple de la dynamique au niveau du street art à Luxembourg. C'est peut-être là que ça bouge le plus, on va dire, entre guillemets, et ce qui est très intéressant. Et c'est vrai que, de nouveau, c'est de plus en plus reconnu. aussi et ici au luxembourg aussi même si ça arrive tardivement par rapport à d'autres pays mais c'est assez reconnu et de plus en plus de communes ou de villes donnent des murs à disposition des artistes ils préfèrent que ce soit peu plus cadré entre guillemets que partout tu as d'ailleurs près du musée de la ville tu as un mur qui est régulièrement retaguer et c'est ce livier s'adhère qui s'occupe de la gestion de ça donc c'est vrai qu'il ya des choses qui se passent à ce niveau là maintenant des artistes plus classiques ou sur d'autres techniques doivent effectivement souvent faire une école ailleurs, que ce soit à Londres, à Paris ou en Allemagne, pour s'ouvrir aux techniques et au savoir-faire.

  • Speaker #1

    Oui, il faut souvent des résidences d'artistes à l'étranger, ça c'est très bien aussi. Ça doit faire d'ailleurs partie du parcours d'un artiste, c'est d'aller à l'étranger, de rencontrer d'autres et d'évoluer, de devoir confronter son travail justement à d'autres perspectives.

  • Speaker #2

    Alors, merci parce que vous me permettez là encore d'aller vers, on ouvre vers l'extérieur, donc j'ai envie d'ouvrir vers les réseaux sociaux. Oui. Alors, est-ce que pour vous, parce qu'on ne peut pas faire fi de ça aujourd'hui quasiment plus pour communiquer, est-ce que pour vous, c'est vraiment des outils simplement de promotion ou c'est quand même, ça peut être des outils de prise de parole engagée Est-ce que vous, vous avez l'impression aussi que vous pouvez utiliser ces espaces pour donner un peu de temps visibilité, parfois un peu de profondeur aussi au discours artistique ou pas du tout.

  • Speaker #1

    Oui je pense que de toute façon, moi je les utilise beaucoup parce que moi tu sais, c'est pas que de l'art physique, enfin celle-ci c'est physique, mais ce n'est pas que pour les murs je veux dire, c'est aussi... mais j'ai fait de l'art digital aussi, j'aime beaucoup cette idée aussi, mais c'est aussi des objets d'artisans, tu vois, moi ça va un petit peu au-delà. de ce que proposent peut-être les autres galeries, parce que je trouve que l'objet en soit intéressant, donc la façon dont il est positionné, c'est aussi ce que je ne crains pas, et je crois que c'est la grande tendance, de toute façon, on le voit de plus en plus dans les grandes foires, à la BRAFA, à la TEFAF, de plus en plus.

  • Speaker #0

    De mixer.

  • Speaker #1

    Voilà, de mixer. Donc pour moi, ça a toujours été le credo un peu subtil, mais effectivement, donc les réseaux, voilà, on doit les utiliser. Comme tu dis, ça fait partie du développement commercial, de toute façon. Moi j'aime beaucoup parce qu'il y a un côté un peu graphique derrière, je dois travailler ce côté communication graphisme, donc ça fait partie de l'esthétique aussi.

  • Speaker #0

    Et de ton apprentissage, certainement aussi, parce que moi j'ai beaucoup appris avec ça.

  • Speaker #1

    Donc ça fait partie et on doit suivre la mouvance de toute façon. Et oui, quand on poste quelque chose, on va parler de l'artiste, on va parler du message derrière l'œuvre, donc du coup, effectivement, on passe un message.

  • Speaker #0

    Oui, ici, c'est vrai que les réseaux sociaux sont un mal et un bien, entre guillemets. Moi, je ne pense pas qu'on soit impacté de façon négative quand on utilise les réseaux sociaux de la façon dont on le fait. Effectivement, c'est pour promouvoir et pour mettre des choses en place. Maintenant, la qualité du message et la qualité de ce qu'on diffuse jouent beaucoup sur le retour, entre guillemets, parce que tu postes une simple photo, c'est plat. Donc, c'est vrai que, par exemple, les réels sont plus vivants et les... plus interactif où les gens réagissent beaucoup plus à un réel qu'à une simple photo dessus. Donc c'est vrai qu'il Ausha fois réfléchir à sa communication un petit peu, etc. Donc c'est un exercice permanent. C'est ce que je disais par rapport au galeriste, il n'est pas derrière son siège tout le temps à jouer aux cartes. Et il y a aussi le fait qu'il y a des réseaux qui sont spécifiques à l'art aussi. Par exemple, il y a la plateforme Artsy qui est utilisée, mais ça c'est plus de la vente, mais c'est de la visibilité aussi. Donc c'est tout un tas d'éléments qui sont nécessaires. Par exemple, quand on utilise Linking, par exemple, moi j'utilise Linking ponctuellement, en tout cas pour faire des publications. Pour moi, elles ont plus de contenu, souvent, parce que c'est un réseau professionnel, même si parfois ils changent un petit peu au fur et à mesure aussi, ça pourrait devenir un Facebook, mais bon, voilà. Et là, je trouve que les gens prennent plus de temps aussi de lire le contenu que tu fais. Si tu postes un truc sur Facebook, ça va être quelque chose d'assez éphémère, assez rapide. Les gens vont carrer, oui, ça me plaît, ça ne me plaît pas. Et puis, ils ne vont même pas lire ce qui est en dessous si tu as pris la peine de faire un truc. Je pense que tu le fais aussi. Il y a les newsletters, par exemple. Et les newsletters, c'est un contact direct avec ta clientèle, entre guillemets, ou en tout cas les gens qui te suivent et qui t'ont donné leur adresse. Donc, voilà. Et donc, ça, c'est un... chose plus personnelle dans laquelle tu peux intervenir plus pour expliquer l'artiste, pour défendre l'artiste. Non, les retours là-dessus, il n'y en a pas forcément. Ils viennent au vernissage, ils ne viennent pas au vernissage. Vraiment, ça se limite plus à ça.

  • Speaker #1

    On voit qu'il y a un tour dès qu'on envoie une newsletter, les choses se déplacent. Donc je pense que ça,

  • Speaker #0

    pour nous,

  • Speaker #1

    c'est bien pour notre communauté.

  • Speaker #0

    Et je pense que même au niveau de la presse papier, En fait, malgré tout, à Luxembourg, tu fais un petit article, tu as un encart dans une presse papier, quelle qu'elle soit, ça a un impact. Les gens viennent quand même. Un article dans le Vort, tu auras tout de suite beaucoup plus de locaux de luxembourgeois qui viendront voir l'exposition. Ça, c'est évident. Donc, effectivement, il n'y a pas que les réseaux sociaux techniques, entre guillemets, il y a aussi les réseaux autres.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Je n'utilise pas beaucoup la presse papier, ce n'est pas évident ici. D'avoir des connexions, Luc Non,

  • Speaker #0

    c'est qu'il faut acheter. Ah,

  • Speaker #1

    il faut acheter encore.

  • Speaker #0

    Oui, oui, voilà. On a la chance d'avoir effectivement quelqu'un qui s'intéresse.

  • Speaker #2

    On peut espérer que le podcast suscitera l'intérêt de certains journalistes pour aller à votre rencontre, parce que je pense que quand même, vous faites partie de l'écosystème local, qu'il y a plein de choses, on l'entend à travers vos propos, qui se passent dans vos galeries. Ce n'est pas juste. exposer quelque chose pour le vendre. Il y a du travail de fond, il y a des échanges, il y a des workshops. Vous avez entendu l'appel les amis J'ai encore envie de vous poser une question sur l'art au sens général. On a souvent tendance à associer ça à quelque chose d'élitiste. Comment est-ce que vous répondez à ceux qui ont cette perception de l'art, des galeries ou des choses qui sont parfois... presque inaccessibles, tant financièrement que intellectuellement, entre guillemets.

  • Speaker #1

    Je pense que l'art en tant que tel n'est pas élitiste, parce que l'art existe depuis les cavernes et les fresques, il y avait ce mural déjà à Lascaux. Donc l'art fait partie d'évolution de notre société, on ne pourra pas s'en passer parce qu'heureusement il y a la créativité, on a besoin de créativité dans tout ce qu'on fait. Maintenant les galeries peuvent paraître effectivement élitistes, mais c'est pour ça que... dans mon concept aussi, il y a du mobilier, il y a du vintage, il y a de l'ancien, parce que je voulais justement décloisonner l'idée qu'on a des galeries et que quelqu'un qui rentre finalement pour un meuble, tiens, il va voir l'art et du coup, il y a un échange qui va se faire et il n'était peut-être pas venu pour ça initialement, tu vois. Donc c'est aussi pour sortir un peu de ce côté galerie habituel que je les ai créés et je pense que c'est de plus en plus et déjà, il y a beaucoup de mouvements aussi à Paris. notamment de Jeanne Galerie qui invite les jeunes justement à s'intéresser à des prix plus abordables. Donc il faut aussi varier, je pense, dans la proposition, l'offre que tu fais. Évidemment, moi j'ai une expo toujours temporaire, mais j'ai au moins 15-20 artistes à côté qui exposent de manière permanente à des prix qui vont de 45 euros à plus, tu vois. Et ça, je pense que c'est bien pour ouvrir les portes aussi. D'autres vont trouver que non, il faut... prendre que des grands noms à 100 000 euros chacun voilà sa place tu vois et il faut respecter les envies de chacun a tout à fait raison sur ce sujet là parce qu'effectivement le côté éclectique que tu as et que j'ai aussi quelque part amène

  • Speaker #0

    de facto tout type de public à un moment donné dans la galerie donc si j'expose à ces parteurs joueraient quand même vraiment des jeunes maintenant le street art heures il a aussi un prix Et c'est vrai que les gens vont garder plus, ils vont peut-être aller acheter un t-shirt avec le tableau qui est mis dessus et pas l'œuvre en question. Maintenant, il y a d'autres gens qui le feront. Mais c'est vrai que l'important, c'est l'ouverture et l'ouverture d'esprit. Donc, le fait de faire passer ça avec les gens, c'est les accueillir déjà, premièrement. Moi, j'ai la chance d'être sur un coin de rue où j'ai beaucoup de vitrines. Toi, tu as complètement une démarche différente. Donc, on est vraiment à l'opposé l'un de l'autre. Et moi, les gens regardent déjà beaucoup les vitrines. Donc, c'est une chance. Et pour ceux qui s'intéressent et qui ont trop peur de rentrer, ils regardent déjà pas mal d'expositions par l'extérieur. Et puis, si par hasard, ils ont le courage, ils rentrent. C'est pour ça que, par exemple, en saison d'été, la porte ouverte, c'est génial. Parce que les gens n'ont plus la barrière vraiment de la porte physique. Donc il rentre, il s'infiltre et voilà. Moi, je parle du principe qu'on accueille tout le monde. Parfois, tout le monde, c'est parfois bizarre aussi, mais on accueille tout le monde. Et on montre, on explique avec la même bienveillance à tout le monde. Maintenant, on sait qu'il y a des gens qui sont tout de suite plus intéressés pour acheter et des gens qui viennent juste regarder et qui sont très timides. Mais je trouve que ça fait partie de notre mission, entre guillemets, à ce niveau-là, sociale, comme tu dis, d'accueillir et de montrer les choses aux gens et d'être bienveillants, en définitive.

  • Speaker #1

    avec les gens et ça c'est vrai que c'est le côté social moi j'ai accueilli là au mois de c'était qu'en janvier a pas longtemps je crois j'étais 80 élèves de l'école d'une école d'aplomb est venu leur professeur parce qu'il faisait la journée un marathon photo dans le style de christophe jacquereau que j'exposais à l'époque et j'ai pas en janvier et donc je trouvais que c'était quand même fascinant il serait jamais entré dans une galerie gardez les prix mais non mais qu'est-ce que je vais chercher à mes madames, pourquoi c'est si cher les photos Et donc du coup on explique, tu vois, et c'était chouette et ils ont adoré, ils étaient tous très attentifs, j'étais extrêmement contente, tous attentifs, et je les ai impliqués un petit peu dans le jeu, dans la discussion, tu vois, mais c'est ça aussi notre rôle.

  • Speaker #0

    Et moi l'interaction, comme tu dis, je l'ai eue aussi avec des élèves justement du lycée en art, qui sont venus une fois ou l'autre voir des expos, parce qu'ils ont des travaux à faire, ça inspire aussi et qu'ils voient des choses, et c'est vrai qu'ils viennent par petits groupes. comme ça parce que chez moi c'est moins grand, donc voilà c'est pas un petit groupe, mais ils s'intéressent vraiment à l'œuvre, à la technique, à l'émotion, et alors ils parlent entre eux, c'est super parce que moi j'entends ce qu'ils racontent entre eux sur l'œuvre, et ça c'est un échange et un intérêt. Et effectivement, ils peuvent être choqués par les prix, mais non, moi pour une anecdote, j'ai un monsieur qui aime beaucoup, un artiste que j'expose en janvier, c'est Pablo, que j'expose, Pablo Schwickert, que j'expose souvent en janvier. Et ça fait trois ans qu'il rentre dans la galerie en janvier.

  • Speaker #1

    À chaque fois que tu l'exposes. Oui, oui,

  • Speaker #0

    oui, oui, oui, oui, oui. C'est un monsieur bien connu et un très grand collectionneur ici à Luxembourg. Et il me dit, c'est pas assez cher, monsieur, pour que je l'achète.

  • Speaker #1

    Oh, c'est un des bons.

  • Speaker #0

    Non, je ne pense pas que ce soit l'humour, il aide beaucoup.

  • Speaker #1

    Dans dix ans, quand il aura bien...

  • Speaker #0

    Peut-être que monsieur sera mort. Je veux dire, ça fait partie aussi... Non, non, non, mais je veux dire, c'est quelqu'un qui est plus âgé, entre guillemets. Et c'est vrai qu'il parle des œuvres qu'il achète, c'est à des prix... On est à 100 000 et... Et donc, c'est vrai que Pablo, qui est entre... 2 et 5 milles, ou peut-être 8 grand maximum pour un très grand format. Je dis, s'il faut rajouter un zéro devant ou un 1 devant, je dis, on peut s'arranger, il n'y a pas de souci, l'artiste sera le plus heureux d'entrer dans votre collection. Mais il a encore discuté ici en janvier avec l'artiste,

  • Speaker #1

    et ça s'arrête là.

  • Speaker #0

    C'est assez amusant. Je ne sais pas si c'est parce que c'est... pas assez cher entre guillemets où il est encore fort jeune pabloa il a 25 ans ou c'est parce que c'est pas dans la galerie dans laquelle il a acheté parce qu'il ya des gens oui c'est ça d'elle aux galeries auxquelles ils achètent aussi ils ont vraiment cette ligne et il reste sur deux galeries qui connaissent et qui vont acheter donc c'est peut-être ça tout simplement donc c'est une anecdote assez assez amusant et quand il m'a dit ça j'étais un peu surpris je vais parce que D'habitude, on dit l'inverse. C'est trop cher. Mais alors, c'est cher.

  • Speaker #1

    On dit parfois, oui, non, c'est pas... Finalement, c'est pas très cher, c'est bien, mais ils n'achètent pas quand même. Oui, ils aiment bien, c'est pas cher, mais voilà, après, il faut la place. Il y a plein de critères. Il faut que ça plaise un monsieur aussi ou un madame, comme c'est un qui visite ça aussi. C'est tout un travail psychologique de faire entendre les deux.

  • Speaker #0

    Ils n'ont pas tous le même boulot.

  • Speaker #1

    Non, souvent.

  • Speaker #2

    Alors, responsabilité sociale... responsabilité au sein des couples,

  • Speaker #1

    ça va loin le travail de mairesse en fait.

  • Speaker #0

    Écoute, moi je pourrais me recycler en psy parfois aussi parce que j'ai un canapé maintenant dans la galerie, mais c'est super aussi parce que les gens prennent le temps de s'installer, de regarder les choses, mais parfois ça va bien au-delà de parler de l'art. Donc c'est vrai que...

  • Speaker #2

    Je ne sais pas si vous avez envie l'un et l'autre d'ajouter quelque chose pour clôturer notre entretien qui était très riche et franchement passionnant. Ou si vous aviez une idée, quelque chose de concret à proposer aux auditeurs pour se rapprocher un petit peu d'une forme d'art quelle qu'elle soit. Est-ce que vous avez envie de les engager dans quelque chose Ou est-ce que vous avez un message, puisque le micro est ouvert, à faire passer

  • Speaker #0

    Moi le message c'est très simple. Entrez. dans les galeries. Regardez, ouvrez votre esprit. Ça ne vous plaira pas forcément, mais votre œil se fera, votre mental se fera aux choses. Et ça, c'est des petites parenthèses de plaisir dans le monde actuel qu'il ne faut pas rater, entre guillemets. Parce que c'est vrai qu'on est très sollicité par beaucoup de choses qui sont souvent très stressantes. Et quand les gens rentrent dans une galerie, ils n'ont pas le même stress. Généralement, c'est très positif. C'est une expérience positive parce qu'ils voient quelque chose, ils sortent de leur bulle. Et ça, c'est le plus important. Donc, il faut... rentrer, être curieux. Voilà.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait. Amenez vos enfants déjà, même petits. Je vois, moi j'essaie toujours de dialoguer avec un des enfants qui viennent ici, leur demander qu'est-ce que tu préfères, les couleurs, etc. Je trouve ça important. Je pense qu'on peut commencer aussi, puisqu'ici on propose des workshops, ben venez faire un petit workshop, comme ça vous vous immergez et vous aurez une autre excuse que vous rendez dans la galerie en tant que tel. Tu vois, c'est aussi... C'est un petit peu ça l'idée. Et puis si on peut lancer un message aux... ne serait-ce qu'à la Bourgmesse de la ville de Luxembourg ou à Leschemins, c'est de venir nous voir et peut-être juste de passer cinq minutes, de faire une petite photo avec nous et puis ça nous donnera un peu de visibilité. C'est reconnaître aussi l'impact qu'on apporte sur la place et c'est pas grand chose, voilà.

  • Speaker #2

    En tout cas, j'espère qu'à mon humble mesure,

  • Speaker #1

    je pourrai vous aider à faire votre passage qui est vraiment intéressant,

  • Speaker #2

    aller découvrir les galeries. Merci Luc,

  • Speaker #1

    merci Catherine, merci à toi Anne-Claire surtout.

  • Speaker #0

    Merci beaucoup,

  • Speaker #1

    c'était un échange très intéressant. Merci Luc, toi aussi.

  • Speaker #2

    Voilà, nous arrivons au terme de cette conversation captivante avec Catherine Lebrun et Luc Schroeder. Leur regard croisé sur l'art nous rappelle que la prise de parole, qu'elle soit sur une toile, à travers une sculpture, une chanson, un poème, dans une galerie, C'est un acte de courage qui transforme le monde. Comme Luc et Catherine l'ont si bien exprimé aujourd'hui, l'art n'est donc pas un luxe, mais vraiment un essentiel à notre construction mentale, psychique, émotionnelle, relationnelle. Osez donc à votre tour défendre une œuvre, un artiste, une exposition, un projet. Exprimez-vous. C'est comme cela que vous créerez votre propre exposition au monde unique. Et puisque vous voilà plein d'allant et d'élan grâce au dynamisme de Catherine et Luc, j'aimerais vous inviter à faire trois petites choses. Tout d'abord, offrir cinq étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée au podcast. Parce que ces petites étoiles sont comme les éclairages dans une galerie. Elles mettent en valeur le travail et permettent à d'autres de s'en saisir. De partager cet épisode. que ce soit par mail, lors d'un vernissage, sur les réseaux sociaux. Taguez-moi dans vos partages pour que je puisse vous remercier personnellement. Enfin, prenons exemple, sur Catherine et Luc, vous vous dites j'aimerais bien moi aussi transmettre des messages, communiquer, vous exposer, mais en fait vous ne savez pas trop comment faire. Eh bien, rappelez-vous, mes séances de méditation le jeudi matin, en ligne. C'est une belle occasion de se rencontrer. Et puis, si vous avez besoin... d'un conseil ponctuel, des modérations d'événements. Je mets aussi mon expertise d'ancienne journaliste et de facilitatrice à votre service. Donc, retrouvez toutes les informations sur anne-claire-delval.com Rappelez-vous que la parole est un art qui se cultive, se partage, s'expose fièrement. Alors, en attendant notre prochain rendez-vous, je vous souhaite des éclats de voix. Artistique, bien sûr.

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