- Speaker #0
Bienvenue dans Du Box à la Maison, le podcast canin qui explore sans filtre tout ce qui touche aux chiens et à leur vie en refuge. Chaque mois, les agents animaliers de la SPA d'Hermeray prennent la parole pour partager leur réalité, les difficultés rencontrées lors de la prise en charge d'un chien ou de son placement en famille. Micro Alexis Bonnarran, éducateur canin comportementaliste, vous accompagne pour comprendre les chiens de refuge et mettre en lumière celles et ceux qui œuvrent chaque jour aux côtés des chiens qui attendent un nouveau foyer. Bon épisode !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour ce deuxième Formalon, Formalon dédié à l'adoption du chien en refuge. Et donc, on va aborder tout au long de ce format les raisons qui peuvent vous pousser à adopter un chien en refuge avec un regard pragmatique, objectif, quels sont les avantages, quels sont les inconvénients de l'adoption d'un chien en refuge. On va détailler tout ça avec Héléna. Je te laisse te présenter.
- Speaker #2
Bonjour, je m'appelle Héléna, je suis agent animalier à la SPA d'Hermeray.
- Speaker #1
Et donc Alexis, éducateur canin dans les Yvelines avec Ma Société du Chien. Alors Héléna, quand vous recevez du public ici, j'imagine que vous avez parfois des gens qui sont réticents, même s'ils viennent en refuge et qu'ils peuvent avoir une appréhension à l'idée d'adopter un refuge. Quel message t'aurais à transmettre sur l'adoption des chiens en refuge ? Comment est-ce que tu peux essayer de rassurer entre guillemets les gens sur l'adoption d'un chien en refuge ?
- Speaker #2
Alors pour les premières personnes qui arrivent pour la première fois en refuge, je leur explique que... Déjà, ne pas être impressionné parce que le cadre est assez impressionnant. Les chiens sont en boxe et ça peut être émotionnellement très dur pour les personnes qui aiment les animaux et qui aiment les chiens. Et on attend toujours aux personnes qui viennent adopter qu'elles aiment les chiens, bien évidemment. Et j'aurais à conseiller de ne pas rester sur des idées reçues. Que ce soit des idées reçues sur des races, sur l'âge, sur le sexe, parce qu'il y a énormément de personnes qui arrivent. Je veux une femelle berger ou je veux un chiot ou je veux... C'est vraiment faire le tour du refuge avec un regard neutre, prendre le temps aussi de se renseigner sur notre site internet, de voir un petit peu les profits qu'on a et ce qu'on parle d'eux. Mais faire un tour et après échanger avec les agents pour apprendre un petit peu à connaître chaque petit loulou qu'on a ici à l'adoption.
- Speaker #1
C'est du coup une grosse différence avec l'approche que les gens peuvent avoir sur l'adoption d'un chien élevage puisque nous quand il va y avoir une adoption sur un chien élevage en réalité il y a des données qu'on connaît. Hélas, pour les chiens, on sait très bien que, par exemple, chez le chien, nous statistiquement on le voit et aujourd'hui c'est des données qui sont officielles, typiquement les mâles sont plus sujets que les femelles à présenter par exemple des comportements agressifs. Les chiens de berger vont avoir plus de besoins en matière de dépenses, etc. Et donc les gens vont un peu jouer à la roulette en se disant « tiens si je prends une femelle, j'ai moins de chances de rencontrer des problèmes d'agression avec les autres chiens » . Si je prends un chien de berger, j'aurai peut-être un chien plus réceptif, etc. Et finalement c'est une grosse différence parce que vous, quand vous allez accompagner les gens, vous n'avez pas besoin de vous dire « prenez plutôt une femelle, un mâle, on croise les doigts et on espère que quand il sera adulte ça ira bien » . Vous avez du coup un regard qui est beaucoup plus objectif sur les chiens que vous placez.
- Speaker #2
Nos chiens sont pour la plupart adultes, la grande majorité, 99% de nos chiens sont adultes, c'est rare qu'on ait des chiots. Et on connaît leur tempérament. On a pu les observer en balade, on a pu les observer en boxe pendant qu'on fait le nettoyage. Ils nous accompagnent même en salle de pause. Donc on connaît leur tempérament et ça, ça nous aide énormément à guider l'adoption en échangeant avec l'adoptant. Quel est son cadre de vie ? Qu'est-ce qu'il a à offrir ? Quelles sont ses attentes ? Et le fait qu'on connaisse nos chiens nous permet de pouvoir guider plus précisément quel profil à quel chien.
- Speaker #1
Assez régulièrement, nous on a des gens qui prennent contact pour savoir comment on pourrait les accompagner dans le cadre du choix d'un chiot, d'un élevage, d'une race, etc. On oriente assez facilement sur les refuges parce que pour le coup, on est obligé de reconnaître que même en tant qu'éducateur canin, l'adoption d'un chiot et le choix d'un chiot présentent toujours un risque. Pourquoi ? Parce que le comportement n'est pas stable dans le temps et nous on le voit bien au travers de notre travail, il y a notamment une grosse étape en termes de développement chez le chien, de son passage de chiot à l'âge adulte, sur lesquels certains comportements peuvent évoluer de façon défavorable, c'est la puberté. À la puberté, on a très régulièrement des chiens dont la réceptivité ou les interactions sociales vont se dégrader et donc l'adoption d'un chiot ne représente en aucun cas la garantie d'avoir une plage blanche qu'on va pouvoir modeler puisque le chien reste sujet évidemment à son tempérament qui va s'exprimer seulement arrivé à l'âge de la puberté. Et donc, on se retrouve très souvent, nous, avec des gens qui nous disent « Ah, mais je ne préfère pas partir sur un chien de refuge, je n'ai pas envie d'un chien de refuge parce qu'on ne sait pas ce qu'il a vécu. » Alors moi, je sais que ce que je réponds souvent, c'est finalement, on s'en fiche de ce qu'il a vécu. Ce qui compte, c'est aujourd'hui comment il est. C'est-à-dire que même ce chien qui a un vécu qui a été difficile, si aujourd'hui il présente un tempérament en matière de comportement, de besoin, etc., etc., qui est compatible avec ce que vous en attendez, et bien finalement... Lancez-vous tout en ayant conscience effectivement que certains manques peuvent être à compenser, mais c'est pas forcément un choix qui est plus risqué que partir sur un chiot dont on ne connaît pas l'évolution du comportement. Partir du principe qu'un chiot est une page blanche est une grosse erreur et partir du principe à l'inverse, qu'un chien de refuge c'est une page sur laquelle tout est déjà écrit d'avance, c'est aussi une grosse erreur. Alors vous sur le placement des chiens de refuge, quand vous placez des chiens, vous placez moins de chiots que de chiens adultes, mais malgré tout... Je serais assez curieux de te poser une question. Quand vous placez des chiots, est-ce que ça se passe mieux que quand vous placez des chiens adultes ?
- Speaker #2
Hélas non ! On a malheureusement des chiots qu'on place. Et croyez-nous, on passe vraiment beaucoup de temps à faire de la pédagogie, à expliquer aux gens tout ce qui est nécessaire pour s'occuper d'un chiot et après la suite pour la vie. On conseille vivement d'aller voir des professionnels. Et malheureusement, on a des chiens qui reviennent à l'âge adulte. Donc on place le chien, chiot et ils reviennent à un an, un an et demi. Donc bien à cette phase adolescente dont Alexis parle. On a aussi des chiots qu'on place et qui reviennent tout de suite. Donc au bout de deux jours, trois jours, au bout d'une semaine, les gens se rendent compte de ce que c'est avoir un chiot. Et en fait malgré le fait qu'on ait tout expliqué, malgré le fait qu'on ait pris le temps de parler, de montrer, les gens ramènent le chiot. au bout de quelques semaines en se disant : "Non mais les mordiments, non mais me réveiller, non mais la malpropreté, non mais la destruction." Et toute raison est bonne pour nous les ramener.
- Speaker #1
Très sincèrement si je dois vous partager un point de vue franc par rapport à ces questions-là, les gens qui adoptent en refuge, on ne peut pas dire qu'ils n'aient jamais de surprise. Parfois on peut découvrir un comportement qu'on n'attendait pas tout à fait et autre, et on peut être consultés à ce titre là. Mais je peux au moins témoigner d'une chose, c'est que les gens qui adoptent des chiots ne sont pas moins surpris que les gens qui adoptent des chiens adultes. Très régulièrement, on a des gens qui adoptent des chiots en élevage ou qui achètent des chiots en élevage et qui au final sont très surpris de l'apparition d'un comportement X ou Y et nous consultent à ce titre. L'adoption d'un chiot finalement n'est pas plus sécurisante que l'adoption d'un chien adulte voire même au contraire parfois moins sécurisante que celle d'un chien adulte dans le sens où la plupart du temps quand les gens nous appellent pour un chien de refuge, on nous appelle et on dit : "Voilà, j'ai adopté un chien." Et en fait il s'agit d'un chien qui est très anxieux, qui est très peureux, qui a de l'appréhension sur de la ville. Et donc je souhaiterais être accompagné. Mais les gens savent dès l'adoption que le chien présentait une appréhension vis-à-vis de la ville et autres. Certes ils nous appellent pour les accompagner mais en général, c'est des problématiques qui sont connues au moment de l'adoption. Et à ce moment là on les accompagne et les gens ont fait leur choix en connaissance de cause. A l'inverse quand on nous appelle pour des chiots, la plupart du temps on va nous appeler ou après quelques semaines quand il y a déjà des questions qui se posent très jeunes, ou après quelques mois quand certains comportements apparaissent à la puberté effectivement. Et là les gens en général sont très déçus, très surpris, ils ne comprennent pas l'apparition de ces comportements et donc parfois les approchent aussi avec beaucoup moins de recul. Donc en toute franchise, l'adoption d'un chien adulte, même s'il peut y avoir un travail de rééducation, ne constitue pas plus de surprises, si ce n'est même souvent moins que l'adoption d'un chiot en élevage. Je ne sais pas après quel est ton regard sur ces questions-là, mais aujourd'hui quelqu'un de débutant, tu l'orientes plus facilement toi sur un chiot, sur un chien adulte ? Est-ce que c'est aléatoire en fonction des profils ? Comment est-ce que tu fais ton choix par rapport à ça ?
- Speaker #2
C'est vraiment par rapport à l'envie que la personne a là de travailler les problématiques parce qu'il ne faut pas se cacher non plus. Je pense que 99% de nos chiens ont un travail à suivre. Que ce soit par de la réactivité congénère, que ce soit pour de l'absence... Il y a du travail à faire, chaque chien avec un degré différent d'investissement. Mais quand on voit que la personne nous écoute, elle est motivée et prend vraiment en considération le travail que cela implique, on va les guider... sur des profits différents. Mais je vois, je sais pas si tu constates ça aussi, que de plus en plus de jeunes sont plus investis dans l'éducation du chien. Ils viennent déjà en se renseignant, ils viennent déjà avec énormément de... qui veut vraiment s'investir sur l'éducation canine et qui nous écoute et qui va voir les professionnels. Je ne sais pas si de ton côté tu constates ça aussi ?
- Speaker #1
Pour le coup, je vais dire que je vais avoir un double constat de points positifs, points négatifs dont on aura peut-être d'ailleurs l'occasion de reparler sur un prochain format long. Aujourd'hui, les réseaux sociaux en général et notamment mes confrères, confeurs, nous y compris, influençons beaucoup les propriétaires de chiens par toutes les publications et toutes les connaissances qu'on peut partager. Donc il y a un aspect extrêmement favorable qu'on retrouve évidemment chez certains jeunes, c'est des jeunes qui vont comprendre les messages que l'on va transmettre et donc qui vont effectivement adopter un chien, qu'il soit adulte ou chiot d'ailleurs, tout de suite dans une démarche d'éducation avec la conscience de ses notions de besoins, de la notion d'éducation, de comprendre ce que c'est qu'un chien, de comprendre comment on l'éduque, de comprendre ce que sont les besoins du chien, etc. Donc ça c'est vrai que c'est un constat que je partage Par opposition, un impact négatif, alors je ne pense pas très sincèrement qu'il soit très lié au monde de l'éducation canine, mais plutôt au monde plus large des réseaux sociaux, c'est l'impact de l'image du chien et de l'image qu'on peut s'en construire. Et donc à ce titre-là, le fait d'imaginer qu'un chien, le meilleur ami de l'homme avec lequel on ne rencontre jamais de problématiques, sur lequel on peut toujours compter et qui sera toujours le plus fidèle dans toutes les situations, et qui fera jamais quelque chose qui va vous déplaire, etc. est quand même une image extrêmement construite et entretenue aujourd'hui par les réseaux sociaux, notamment de très très nombreuses pages de maîtres de chiens, j'aime pas le terme de dog parent, etc. mais de propriétaires de chiens qui communiquent sur leurs chiens, qui n'en montrent évidemment que les plus beaux aspects et qui à ce titre, influencent énormément l'image qu'on peut avoir de la relation homme-chien. Donc effectivement, je partage ce point de vue les gens sont de plus en plus informés sur ce qu'est un chien et de plus en plus prêts, en particulier chez les jeunes à s'impliquer dans l'éducation du chien. Parallèlement à ça, les réseaux sociaux peuvent influencer négativement en créant des attentes qui ne sont pas toujours réalistes et je pense que aujourd'hui que ce soit sur l'adoption d'un chien adulte, que ce soit sur l'adoption d'un chiot, il faut finalement tout de suite s'attendre à rencontrer quelques problématiques.
- Speaker #2
Oui oui je suis d'accord avec toi et c'est vrai qu'il y a le côté négatif aussi. C'est vrai que les réseaux sociaux Les personnes sur les réseaux sociaux montrent beaucoup cette image du chien parfait qui est partout. On en a parlé un petit peu lors de l'épisode précédent. C'est compliqué pour nos chiens de refuge d'atteindre ces exigences. Il y a beaucoup de personnes qui viennent et qui me disent « je souhaite adopter un chien au refuge et j'aimerais que le chien puisse m'accompagner en terrasse » . C'est une question qui revient souvent, cette question de la terrasse. qui puisse voyager avec moi, qui puisse prendre le train, qui puisse rester seule pendant 10 heures. Et c'est vrai que les réseaux sociaux ne jouent pas beaucoup à cette image qu'on a du chien qui est parfait et qui accepte tout et tous les environnements et qui va partout avec les gros voyages. Surtout maintenant, il y a un grand boom sur les chiens qui accompagnent en voyage, etc. Et alors que ça ne sera pas si facile que ça au début, il y aura du travail à faire. C'est faisable. mais avec un investissement, avec de la gestion, avec un aménagement d'environnement. Et c'est vrai que je le constate aussi.
- Speaker #1
Donc finalement, que ce soit sur l'adoption d'un chiot, que ce soit sur l'adoption d'un chien en refuge, effectivement on a notamment chez les jeunes générations, je partage ce point de vue, des gens qui sont de plus en plus informés sur les besoins du chien et la nécessité de l'éduquer. Donc on a la chance aujourd'hui de faire face à... à un public qui cherche de plus en plus à s'investir dans l'éducation du chien, J'en veux d'ailleurs pour preuve le développement de notre métier, l'éducateur canin. C'est parce qu'il y a de plus en plus de demandes. Parallèlement à ça, le développement de notre métier d'éducateur canin est lié à ce deuxième élément qu'on a abordé, c'est-à-dire l'exigence qu'on a de nos chiens. Et nous on constate aujourd'hui qu'on a une population, une clientèle aussi dans notre métier d'éducateur canin qui est de plus en plus exigeante. Et donc d'un côté on a des gens qui sont informés sur les besoins du chien et la nécessité d'éduquer un chien. Parallèlement à ça, On se retrouve aussi avec des gens qui sont de plus en plus exigeants et qui sont moins prêts parfois à accepter la part d'individualité de chaque chien et qui veulent absolument tout travailler, tout résoudre alors même que parfois certains comportements peuvent se révéler intrinsèques à l'individu lui-même, faire partie de l'individu lui-même. On aura l'occasion certainement de l'aborder dans le... prochain format.
- Speaker #2
Alexis, je profite aussi pour te poser une question qui souvent me tourmente un petit peu. Je vois beaucoup de nos chiens qui ont un énorme potentiel et que je verrais très bien entre les mains d'un éducateur canin parce qu'il demande un peu plus de compétences et qu'il faudrait des personnes un peu plus compétentes pour pouvoir les suivre. Je sais que toi t'as adopté en refuge, plus d'un chien d'ailleurs, mais comment toi tu vois entre tes confrères et tes consoeurs ? Je trouve dommage, je vois très peu d'éducateurs venir en refuge parce qu'ils savent exactement les enjeux que cela représente, parce qu'ils savent l'investissement que cela représente et aussi et surtout parce qu'ils veulent un chien modèle, un chien carte de visite. Et parfois avoir un chien de refuge n'est pas vraiment le chien carte de visite qu'il souhaiterait avoir, que ce soit pour des questions esthétiques ou que ce soit pour des questions comportementales. Comment toi tu vois ça entre tes confrères et consœurs, et comment toi tu le vis ayant des chiens de refuge ?
- Speaker #1
Effectivement Helena, ta question soulève en réalité plusieurs questions. La première c'est celle de l'investissement. En tant que professionnel du monde du chien, on est conscient que le travail de rééducation nécessite quand même un certain investissement. Alors il y a une part effectivement que je peux comprendre, entendre. C'est vrai que toute la journée on travaille avec des chiens qui ont besoin de rééducation. et bien le soir on apprécie parfois ne pas remener ce même travail de rééducation à la maison. Pour autant comme tu le soulignes, c'est quand même dommage de voir que les personnes qui ont le plus la compétence finalement d'accompagner ces chiens-là, ne le font pas nécessairement. Ça vient, et je pense que tu touches un deuxième point là, beaucoup de ce côté chien modèle, chien image. C'est le chien qui me représente en tant que professionnel, mon chien me représente professionnellement, et je veux à ce titre que mon chien soit le plus carré possible. Alors oui effectivement ça s'entend, on peut comprendre qu'un professionnel veuille avoir un chien qui représente une certaine image de ses capacités professionnelles à éduquer un chien du mieux possible. Mais en réalité, très sincèrement, je vois aussi beaucoup de confrères et de consoeurs qui en apprennent énormément par ce travail de rééducation individuelle. On a un travail, nous, qui dans le fond est facile. Alors il ne l'est pas vraiment, mais vous allez comprendre mon propos. Notre travail est facile dans le sens où si on se retrouve par exemple confronté à de la réactivité uniquement durant notre temps de travail, pendant une heure, avec l'intermédiaire d'un propriétaire, avec un chien qui n'est pas le nôtre, on se retrouve dans une mission extrêmement détachée, extrêmement professionnelle sur une courte durée où on n'arrive pas forcément à imaginer, à percevoir tous les enjeux que peuvent représenter la rééducation d'un chien. Parce que la rééducation d'un chien c'est un investissement pas à l'échelle d'un cours d'éducation canine d'une heure, c'est un investissement à l'échelle de son quotidien, y compris sur ses temps de repos, y compris les jours où on a pas envie, y compris les jours où on est malade, quand on est en promenade et qu'on n'avait pas prévu de croiser un joggeur, un cycliste ou encore un autre chien. Et ce que je peux constater en tout cas c'est que notamment au travers de nos élèves de formation professionnelle, on a beaucoup d'élèves qui apprennent par l'adoption de chiens pouvant présenter justement des comportements y compris de réactivité mais sur lesquels il y a un travail à mener. Et si peu de confrères, consœurs une fois installés se dirigent vers les refuges, malgré tout j'arrive à constater que beaucoup de détenteurs de chiens ayant besoin de rééducation se tournent à l'inverse vers les métiers du chien. C'est-à-dire que parmi nos élèves, par exemple, de formation professionnelle, très sincèrement, je pense qu'un bon 50% sont détenteurs de chiens avec lesquels ils ont rencontré des problématiques comportementales. Parfois d'ailleurs, à défaut d'avoir réussi à trouver un professionnel qui était capable de les accompagner, ils se forment eux-mêmes au métier du chien pour chercher à y apporter des réponses. Donc je pense effectivement qu'aujourd'hui, Il peut encore y avoir une certaine appréhension de l'adoption d'un chien adulte en refuge. Pour autant, je pense qu'en matière d'acquisition de compétences, de valeurs transmises, c'est quelque chose qui est important. À l'inverse, les quelques confrères, consoeurs qui ont fait des adoptions en refuge et qui se retrouvent aussi confrontés à ces situations de rééducation, peuvent assez régulièrement se baser sur leur expérience personnelle, leur vécu. Et je pense que ça peut avoir un côté extrêmement rassurant pour les clients de se dire que mon éducateur canin aussi, tout bon professionnel qu'il est, a été confronté aux mêmes problématiques, avec parfois les mêmes fatigues, parfois les mêmes enjeux, parfois les mêmes difficultés dans ce travail de rééducation. Et je pense que c'est un apprentissage riche vers lequel beaucoup de professionnels devraient se tourner.
- Speaker #2
Oui, j'espère que cet épisode vous a plu. J'espère vous voir bientôt au Refuge également. Et on vous retrouve au prochain épisode pour discuter de la communication chez le chien et de la socialisation. Merci !
- Speaker #1
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous les partager en commentaire. Et je vous dis à bientôt !