- Speaker #0
Bonjour Maëlys.
- Speaker #1
Bonjour Amélie.
- Speaker #0
Bienvenue dans Elzagis.
- Speaker #1
Merci beaucoup, je suis ravie d'être avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci, moi aussi. Alors Maëlys, tu es plein de choses. On va commencer. Tu es ingénieure de recherche en communication, de formation, tu es experte en référencement naturel et en stratégie e-marketing.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu es aussi entrepreneur, autrice, formatrice digitale. docteur et tu vas nous expliquer plus en détail ton doctorat. Tu as aussi été élue parmi les femmes Forbes 2025.
- Speaker #1
Tout comme toi, félicitations.
- Speaker #0
Merci. Et donc dans cet épisode, on va parler effectivement de ton parcours, de ta vision, de l'innovation, de ton engagement, notamment en faveur de la place des femmes dans la tech et comment tout ça s'articule notamment autour de de tes valeurs, de tes envies. Et du coup, je me posais cette question sur cette pluralité, en quoi justement ces compétences plurielles, et plus précisément peut-être cette double compétence avec à la fois la com et la recherche que tu as, te donnent peut-être un avantage. Alors en quoi ça peut être un avantage dans un univers à la base très technique et peut-être éventuellement axé résultat ?
- Speaker #1
Alors je ne sais pas forcément si ça me donne un avantage, puisque ça a tendance à perdre un peu les gens. Ça correspond vraiment à mon caractère de toujours faire beaucoup de choses en même temps. Et souvent, les personnes se demandent où je puise cette énergie et comment est-ce que je fais. Et du coup, on l'impression, à tort j'espère, que je survole certains domaines. Et que je ne prends pas le temps d'approfondir soit la recherche, soit la partie formation, soit la veille, etc. Et en fait, moi je ne le vois pas du tout comme ça. déjà parce que j'ai la main sur mon emploi du temps donc je vois qu'il est plutôt très rempli et je pense que j'approfondis vraiment chaque point que je fais parce que ça va également avec mon caractère d'aller au bout des choses au maximum je n'aime pas la couche de surface, j'aime vraiment prendre le temps de réfléchir d'ingurgiter des quantités astronomiques d'informations de voir qu'est-ce que je vais en faire, de processer un peu tout ça Donc au final, pour répondre à ta question de base, je ne suis pas sûre qu'on va le mettre dans les avantages, parce que ça me demande plus d'explications aux personnes, pour montrer que finalement, si je suis illégitime sur la recherche, parce que j'en ai fait quelques années et que je continue, en fait, ce n'est pas du tout un temps défini début et fin. C'est un process long. Et en même temps, le reste, oui, ce n'est pas parce que je fais de la formation sur certains outils que je n'ai pas pris le temps de me former sur d'autres moi-même. Donc voilà.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que tu dis là autour de la pluralité. C'est un constat qu'on t'a fait ressentir, c'est-à-dire de perdre des gens ou de perdre en crédibilité. Je te dis ça parce que moi aussi je fais pas mal de choses et qu'on me le reproche souvent en me disant il faudrait mieux que tu ne fasses qu'une chose, communique que sur une chose, etc. Spoiler alert, je n'y arrive pas. Est-ce que toi, du coup, on te l'a fait aussi ressentir ? Et est-ce que tu as aussi un moment réfléchi à te dire, peut-être qu'ils ont raison, il faudrait que je fasse qu'une chose, et finalement, c'est contre nature ?
- Speaker #1
Je ne leur ai jamais donné raison, jamais. Ça ne va pas du tout, encore une fois, dans mon caractère. Je n'ai jamais été capable de ne faire qu'une chose en même temps. J'ai toujours des millions d'envie, et d'ailleurs, si je m'écoutais, j'aurais refait des carrières différentes. réellement Je pense que je me serais relancée aujourd'hui dans d'autres carrières, peut-être côté vétérinaire, animal, aucune idée. Mais vraiment, tout me passionne, tout m'intéresse. D'ailleurs, je fais beaucoup de formations en plus à côté. J'ai un diplôme de BEP agricole en cavalier soigneur éleveur, par exemple.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Oui, celui-là, j'ai fait une année semi-sabbatique pour le passé. Et là, je viens de boucler une formation de nutrition sportive. Donc vraiment, je continue toujours. Ton fil,
- Speaker #0
c'est quoi ? C'est apprendre toujours ?
- Speaker #1
Ouais, j'aime beaucoup apprendre. Bon là, c'est vrai qu'avec le doctorat, on m'a déjà demandé est-ce que tu veux un deuxième doctorat ? Non, je pense que je vais m'arrêter là. Un seul, ça me paraît déjà pas mal. Je vais pouvoir mettre mon énergie sur d'autres sujets. Mais pour revenir du coup à ta question initiale, oui, c'est un reproche qu'on m'a déjà fait. Effectivement, tu fais trop de choses, donc on va plutôt prendre quelqu'un d'expert sur le sujet. C'est pas parce que je fais d'autres choses que je ne suis pas experte sur mon sujet. Mais après j'ai eu des reproches on va dire un petit peu toute ma vie sur plein de sujets donc je vais pas commencer maintenant à écouter ce qu'on va me dire Typiquement plus jeune j'étais trop jeune parce que ma première entreprise je les montais je venais d'avoir 23 ans donc j'ai beaucoup eu ce sujet aussi et ben non tu t'es pas crédible tu es trop junior Oui, mais je m'y connais quand même mieux que toi. J'ai aussi eu, même encore plus jeune, le fait que moi je suis née, j'ai grandi en 93, et donc j'ai aussi eu ce côté, tu ne viens pas de la bonne ville ou tu ne viens pas du bon département. Mais en fait, mon département ne va pas définir qui je suis, ça fait partie de mes racines et je ne le renierai jamais, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut juger là-dessus sur ce que je peux donner et en quoi je peux avancer.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux revenir sur ton doctorat ? Oui. Nous expliquer à quel moment il est arrivé, est-ce que ça a été une évidence de le faire, à quel moment tu as décidé de le faire, pourquoi ? Et je vois ta tête.
- Speaker #1
C'est le timing qui m'est revenu en tête. Alors moi j'ai un master de recherche déjà, de base, que j'ai fini en 2014, donc c'est pour ça ingénieur de recherche en com, etc. Donc je m'étais déjà dit... Pourquoi pas refaire de la recherche ? Vraiment j'aime ça, j'ai aimé écrire mon mémoire en master 1, mon mémoire en master 2. J'aimerais bien poursuivre, mais là j'ai envie de travailler. Donc je me suis déjà octroyée un certain nombre d'années pour monter une société, travailler à côté, etc. Et vers 2019-2020, je me serais dit, ah quand même, j'aimerais bien reprendre, plutôt 2019. Et début 2020, c'est pour ça que le timing me prête à sourire. Je rencontre le directeur de l'école où j'ai fait mon doctorat qui me dit mais t'as le profil parfait en fait, t'as déjà un master de recherche, t'as envie de te lancer là dedans, c'est surtout l'envie en fait qu'il faut avoir, bah viens, bon nous on est en Suisse donc c'est international mais je pense que tu seras très bien et c'est un DBA et pas un PhD. Je dis ah intéressant.
- Speaker #0
Explique nous.
- Speaker #1
Alors le PhD c'est plutôt rattaché à des universités donc en gros on va Tout le monde n'a pas de bourse de recherche, mais on va plutôt avoir des bourses et prendre 2-3 ans, 3-4 plutôt si je suis réaliste, année de sa vie à consacrer uniquement à sa thèse, très universitaire. Un DBA, c'est un Doctorate in Business Administration, c'est le rang du dessus de MBA. MBA, c'est le Master, là c'est le DBA. Et pour le coup, il faut travailler à côté. C'est vraiment pour les personnes qui sont déjà actives, qui ont une expérience professionnelle. On ne peut pas enchaîner un doctorat après un Master, impossible. Et on a trois ans pour le faire. Bon, ça peut s'étendre. In fine, j'ai mis quatre ans, quasiment quatre ans et demi, mais on peut dépasser un petit peu. Mais il faut quand même aller assez vite parce qu'on est censé avoir un terrain de recherche plus proche de notre vie, puisque comme on travaille à côté, on a déjà accès normalement au terrain. Exactement. Voilà.
- Speaker #0
Donc, sur quel sujet, toi, tu as travaillé ?
- Speaker #1
Alors, moi, j'ai décidé de travailler sur la transformation digitale, donc incluant avancée de streaming, blockchain, IA, etc. En quoi est-ce que ça a impacté le management dans les labels de musique ? Plus généralement, parce qu'on s'est dit comme ça, c'est un titre très ronflant. Comment est-ce que tout ce qu'on a vécu en transfo digitale ces dernières années, donc nos habitudes modifiées avec, je suppose que tu as un abonnement Spotify, Deezer, ou Apple Music dans ton téléphone, comme beaucoup d'entre nous. En quoi est-ce que ça a vraiment modifié nos habitudes de conso de musique ? On écoute des playlists, on écoute moins des artistes, on n'écoute plus les albums en entier, on va piocher des sons. Le temps des sons d'ailleurs a été considérablement réduit, il y a un refrain en moins, il y a un couplet en moins. Ça c'est notamment lié au stream et du coup comment est-ce que les labels s'en sortent maintenant pour sortir des sons, décider qu'est-ce qui va arriver en premier, l'ordre, la stratégie. C'est plus du tout on sort un album avec quatre singles qu'on passe en clip et voilà. Donc c'est tout ce changement-là que j'ai étudié dans 470 pages.
- Speaker #0
Bon, et justement, tout ce qui est transformation, c'est toujours à l'écoute de ces innovations, de tout ce qui bouge. Tu constates quoi ? Est-ce qu'il y a des signaux d'alerte qui sont flagrants pour toi ? Ou au contraire, il y a des choses qui sont quand même assez rassurantes avec toutes ces évolutions ?
- Speaker #1
Alors là, je pense qu'on vit une des plus grandes mutations de ces dernières années qui est l'IA, avec l'arrivée depuis quelques années maintenant, mais vraiment dans nos usages de le quotidien, je dirais depuis 2022-2023 pour les plus retardataires d'entre nous. L'IA fait peur, c'est vraiment le premier point que je constate. Dès que je commence à dire que je fais des formations dans l'IA, je pense que la première réaction que j'ai, c'est « mais du coup, ça va supprimer nos jobs » . Alors non, pas forcément. Ça peut dépendre des jobs, je sais qu'il y en a qui sont condamnés, autant être assez réaliste là-dessus, mais il y en a aussi qui sont créés, qui n'existaient pas du tout avant, et puis l'IA n'est pas là pour détruire des jobs, mais pour nous aider au quotidien sur certains sujets. Moi j'ai conscience que ma plus-value c'est justement ma capacité de réaction, monter des stratégies, d'être innovante, de tenter des choses qui n'ont pas... a été faite avant. En fait, de l'IA, c'est une moyenne de choses déjà existantes et ça ne reprend que des infos que l'intelligence artificielle, qui est plutôt en vrai des machines, ont déjà. Donc, ils n'ont pas de vraie plus-value sur la stratégie qu'on peut amener. Et dans ce cas-là, je trouve qu'à nous d'inventer un nouveau futur en prenant en compte ces outils pour mieux nous simplifier la vie et mettre notre temps là où on a une réelle plus-value.
- Speaker #0
Et justement, toi, comment tu définis l'impact que tu voudrais avoir concrètement autour de ça, par le biais de ta parole, par le biais de tes recherches, par le biais de tes formations aussi ?
- Speaker #1
Moi, j'aime transmettre profondément, et je pense que tout le monde est capable d'apprendre. C'est peut-être assez lié à mon histoire, pas personnelle, mais justement au lycée, quand j'ai dit que je voulais aller travailler en communication, donc à l'époque j'ai dit en publicité, parce que je n'avais pas les termes. On m'a un peu rayonnée en disant « t'as pas de réseau, arrête de croire que tu vas finir dans une agence, c'est bon, reste tout est. » Et j'étais là « mais pourquoi, alors qu'on ne me connaît même pas, tout de suite, je me sens un peu cataloguée et mise dans une case ? » Ça, j'aime pas. Et du coup, je pars vraiment du principe que tout le monde peut apprendre, il suffit de s'en donner les moyens, et il n'y a pas à se dire « t'as passé 40 ans dans une boîte, t'as pas bougé, t'es pas capable d'apprendre. » Ou « t'es dans ce secteur de base, c'est pas de l'IA. » tu n'arriveras pas à apprendre l'IA. En fait, je ne suis pas d'accord avec ça, du tout. Donc, je pense que tout le monde va pouvoir s'y mettre tranquillement, à son rythme. On n'est pas obligés tous de devenir ingénieurs machine learning. Il y a des bases, donc j'essaie de les transmettre au mieux et de faire en sorte que tout le monde soit à l'aise avec l'outil, le comprenne pour mieux l'appréhender et en ait le moins peur possible, au point de se dire même, finalement, est-ce que ça ne m'est pas utile dans mon quotidien ?
- Speaker #0
Est-ce que tu vois aussi un écart entre les hommes et les femmes ? On voit déjà les chiffres autour des femmes et de la tech qui ont du mal à évoluer positivement. Est-ce que c'est un peu la même chose, la même tendance que tu ressens autour de la notion de l'IA et de s'approprier la chose ? Tu le vois ça, tu le ressens ou pas ?
- Speaker #1
Pas forcément parce que du coup, les services que je vais former, ça ne va pas être des gens qui sont purement techniques de base. Je ne vais pas former des mathématiciens. Je vais plutôt être sur des équipes commerciales, sur des équipes de managers. Et ça, pour le coup, on reste quand même sur une parité. J'avoue, je ne compte pas à l'unité près non plus, si j'ai exactement le même nombre d'hommes que de femmes. Mais sur les équipes commerciales, on reste souvent sur à peu près la parité. Donc j'ai moins ce souci-là. Moi, je le fixerais plus sur l'âge, à la limite, le problème. Plus on est âgé, plus les nouveautés font peur. Et plus il y a une barrière qui se crée en disant « Non, je n'ai pas grandi avec ça, du coup, je ne sais pas faire. » Et c'est vraiment une réaction qu'on me dit souvent. « Ah non, mais toi, c'est inné. » Non, mais je ne suis pas née avec un téléphone dans la main. Clairement pas. Je n'ai pas non plus 80 ans, mais je ne suis pas née avec un téléphone dans la main. Donc, je l'ai appris. Pareil, un ordinateur, ça s'apprend au fur et à mesure. Les logiciels, j'ai appris comme tout le monde.
- Speaker #0
Après, je pense que sur certains... Alors, moi, je suis totalement d'accord avec toi sur se remettre toujours... en question et dans l'apprentissage. Mais je pense que pour des générations, l'évolution a tellement été lunaire, je pense à quelqu'un qui a 80 ans, entre sa vie d'enfant et là, c'est même condensé, c'est tellement condensé cette évolution technologique. que ça peut faire aussi tourner la tête et effrayer.
- Speaker #1
Mais je pense même que le cerveau humain n'est pas fait pour absorber autant de nouveautés d'un coup. Et c'est pour ça qu'on a un sentiment de dépassement. Parce qu'en fait, on a processé, l'espèce Homo sapiens a processé pendant des millions d'années pour qu'on soit là où on en est aujourd'hui. Et là, en quelques centaines d'années, on bouleverse tout. Donc c'est sûr qu'à l'échelle de l'humanité, on n'y est pas du tout. C'est incroyable.
- Speaker #0
En réalité, on ne se rend pas compte. de ce changement, de ce chamboulement et à quel point peut-être il faut s'y préparer ou justement se former.
- Speaker #1
Oui, garder cette plasticité cérébrale. C'est vraiment un point que j'essaie de transmettre et de leur dire même à la fin d'une formation. Ce n'est pas parce que maintenant vous êtes formé et que vous avez un peu commencé à comprendre que vous devez vous arrêter là. Il faut toujours garder cet esprit ouvert, toujours être en veille et si vous entendez parler d'un nouvel outil qui sort, vous ne dites pas juste « ok, il y a un nouvel outil » . Non ! Créez un compte, testez-le, allez sur l'outil, regardez et faites votre feedback. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous l'avez trouvé simple ? Est-ce qu'il a répondu à vos attentes ?
- Speaker #0
Garder son esprit critique.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu évoquais dans une interview, j'avais vu que seuls 17% des effectifs de la tech française sont des femmes en 2022, contre 22% en Europe. Qu'est-ce que tu retiens de cette statistique et pourquoi toi c'est important de relever ça par exemple quand on t'en parle ?
- Speaker #1
Je pense que ça vient de loin, des études françaises, et qu'on a un problème de fond. Alors je ne vais pas rentrer sur des sujets politiques du tout. Mais on a mis de côté l'éducation ces dernières années en France, assez clairement. On rentre les gens dans des cases, dans des cases qu'elles soient côté scientifique, côté littéraire, côté économique. On les rentre dans des cases également en fonction du niveau d'études. Et on les rentre dans des cases selon les écoles. On est quand même encore un pays où on survalorise le fait de sortir de 3-4 écoles précises et de 3-4 filières précises. au point même que si on a fait le programme grande école plutôt qu'être passé par prépa, oh mon dieu, tu vaux moins que quelqu'un d'autre. C'était complètement faux. Je me rends compte, plus j'avance dans mon expérience professionnelle et plus je me rends compte que la diversité de profils, c'est ce qui fait la richesse en fait en entreprise. Donc pour le coup, je pense effectivement, si je reviens à mon fil conducteur de base sur les études et les cases, dès la... Au primaire collège, on a trop tendance à mettre les filles sur des filières plutôt littéraires, éventuellement économiques, sociales. Ah, le social pour les filles, on aime bien. Donc on les pousse plutôt là-dedans, alors que c'est pas forcément le cas de tout le monde. Et la preuve, si je prends juste mon expérience personnelle, parce que je préfère parler de moins de quelque chose que je connais, j'étais excellente à l'école, excellente en maths, comme j'étais excellente en français. Et je suis arrivée en seconde... où on m'a dit, oula, tu pourrais aller en SVT parce qu'effectivement, je ne sais pas, 18 de moyenne, quelque chose comme ça. Oui, mais tu es très bien en L. En L, ce sera bien en L. Oui, ben va en L. Donc je suis partie en littéraire. Pas du tout mécontente de mon sort. Attention, je ne me plains pas. J'étais ravie d'être en littéraire. Mais j'aurais tout aussi bien pu aller en scientifique. Et c'est vrai qu'on s'est retrouvées dans une classe, grande majorité de filles. Et ça ne choquait absolument personne parce qu'en fait, c'est tellement induit en France. que si les filles veulent aller en éco ou en littéraire, c'est normal. Culturellement, c'est OK de ne pas les pousser vers des sciences. Et c'est tout à fait OK, plutôt un mec qui va dire « je vais aller en finance de marché » , on va lui dire « OK, très bien » . Je n'ai jamais entendu une fille dire « je vais aller en finance de marché » et on lui a dit « ah ouais, c'est génial » . J'ai plutôt entendu « ah bon, mais t'es sûre ? » parce que pour les horaires et tout, ça ne va quand même pas être simple. Peut-être que je me trompe et que ça a changé maintenant.
- Speaker #0
Ça va vite aussi. En tout cas, on en parle, je pense, de ces sujets-là. Après, je crois que les statistiques sont toujours pas bonnes.
- Speaker #1
Mais les statistiques évoluent lentement. Tout comme l'autre jour, on me demandait est-ce que ça vaut encore le coup, après un bachelor, de faire un master ? En fait, je m'entends encore répondre moi-même à vaut mieux, parce qu'en France, on est quand même très attaché au diplôme. Et si, par exemple, tu montes une boîte et tu veux un prêt, figure-toi que tu auras plus facilement ton prêt pour ta société si tu as un diplôme qui prouve qu'on peut miser sur toi. Et je trouve ça fou, même moi, de m'entendre répondre ça. J'aimerais répondre, non, peu importe, si tu as un projet maintenant et que tu es bon dedans et que tu fonces, vas-y. Et j'en suis à jouer la carte de la sécurité auprès de mes élèves, par exemple.
- Speaker #0
Sur le sujet de l'éthique, quel rôle tu penses que joue l'éthique dans toutes ces stratégies digitales aujourd'hui ? C'est un sujet aussi, ça.
- Speaker #1
Grosse réflexion à avoir là-dessus. Ça me fait rire quand un des... premiers retours que j'ai, parce que j'essaie ces temps-ci de faire beaucoup de ce qu'on appelle le GSO, donc le Generative Search Optimization, qui est en fait du référencement mais sur les IA génératives. Et en général, on me dit « Ah bah moi j'ai beaucoup parlé à l'IA de ma société, comme ça maintenant je suis sûre qu'elle va ressortir. » Alors ça me fait rire parce que non, ça marche pas du tout comme ça. Et je dis « Mais imagine si chacun d'entre nous, on voulait apprendre quelque chose à l'IA, et que l'IA dise « Ouais c'est ok, c'est bon, j'apprends ce que tu dis. » C'est-à-dire que toutes les théories complotistes, on pourrait les apprendre en deux secondes. Et puis même, tout simplement, on n'a pas les mêmes avis. On a des avis divergents sur beaucoup de sujets, tous autant que nous sommes. Donc comment l'IA peut apprendre un avis plutôt qu'un autre ? Comment est-ce qu'elle va le mettre en avant ? Et dire oui, c'est celui-là, c'est la vraie parole. Donc non, heureusement qu'il y a encore des garde-fous, pour l'instant, qui vérifient les informations remontées, qui ne font pas apprendre complètement n'importe quoi. Après, il faut être conscient des biais. Les IA dont on sert aujourd'hui, excepté DeepSeek qui est côté chinois, mais sinon on est beaucoup plus côté américain. Donc il y a tous les biais qui vont aussi avec les Etats-Unis, tels qu'ils sont.
- Speaker #0
Du moment.
- Speaker #1
Donc les biais du moment des Etats-Unis du moment. Le fait aussi que les employés dans les GAFAM, soyons réalistes, la typologie c'est plutôt homme, blanc, 40 ans. Donc il y a des biais qui ressortent aussi, qui sont assez prégnants là-dessus. Tout simplement, si vous voulez faire un test, demandez à l'IA. À Tchadjepété, combien de langues est-ce qu'il maîtrise ? Vous allez voir que, déjà, il part d'un point de vue local, donc il va dire le français en premier, on sait très bien qu'il n'a pas été développé en français, mais il va mettre le français, et il va mettre beaucoup de langues européennes, mais vraiment beaucoup, au point qu'il est capable de mettre du hongrois, du norvégien, qui ne sont quand même pas des langues extrêmement parlées. Je n'irai pas jusqu'à dire très belle non plus, mais pas des langues extrêmement parlées. Et par exemple, pour l'Afrique, il va mettre arabe et swahili. et voilà, c'est tout, il n'a pas développé le reste Et pour l'Asie, il va vous en sortir 3 ou 4, pas plus, dont le mandarin simplifié. Il ne faut quand même pas aller trop dans le détail sur la langue chinoise. Et là, clairement, on voit qu'il y a un énorme biais sur un continent africain qui est si important, si riche et si divers en langues. Il y a réellement le Swahili. Alors qu'il y a toutes nos langues européennes.
- Speaker #0
Donc là, on revient à ce que tu disais aussi, prendre et laisser de cette IA. Il faut toujours avoir son...
- Speaker #1
Garder un esprit critique. Et voilà, d'un point de vue éthique, effectivement, heureusement, il y a des garde-fous pour l'instant. D'un point de vue critique, il faut aussi prendre en compte que l'IA a des hallucinations, donc va parfois inventer les réponses. Moi, je pars du principe qu'elle est trop polie pour nous dire qu'elle ne sait pas. Donc, comme elle est trop polie, elle va nous inventer une réponse.
- Speaker #0
Elle répond toujours.
- Speaker #1
Elle répond toujours. Et en plus, elle va toujours dans notre sens. Elle nous cajole. Mais oui, mais quelle excellente question. Mais c'est génial. Oui, c'est juste une question. Calme-nous. Mais elle est faite pour ça, elle est faite pour aller dans notre sens, elle est faite pour nous écouter, elle est faite pour nous donner des réponses. Donc il faut vraiment la challenger, lui demander ses sources, lui demander ce que tu es sûre. Parfois je dis mais là tu as tort, il fait ah oui c'est vrai j'ai tort. Oui oui, c'est une entremarque, tu as vraiment tort quand même. Donc voilà, c'est garder cet esprit critique, je pense que c'est important. Et après en Europe on est très garde-fous, un peu trop à mes yeux, j'avoue, de tiquer sur certaines lois européennes qui passent, qui nous protègent à mon sens. à notre détriment. Donc c'est fait pour protéger le consommateur, mais ce n'est pas cohérent avec l'environnement global web dans lequel on baigne tous. Est-ce que tu peux expliquer ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu entends par là ? Ça fait une dizaine d'années, je pense, que j'ai abandonné l'idée de garder mes données secrètes puisque les GAFAM ont pratiquement tout. Donc les GAFAM, c'est Google, Amazon, Apple, etc. J'ai un iPhone au quotidien. N'allez pas me faire croire qu'il ne remonte pas mes données de Face ID parce que je suis en Europe, parce que tout bêtement, entre l'été et l'hiver, par exemple, je n'ai pas tout à fait la même teinte de peau. L'été, je bronze. Et c'est marrant, mais mon téléphone, il me reconnaît quand même. Alors que j'ai enregistré Face ID en plein milieu de l'hiver, où j'étais clairement au taux de pâle. Je change de lunettes de vue, et il ne me reconnaît pas les premiers jours. Et puis, au bout de deux semaines, ça y est, il me reconnaît. Donc voilà, rien que ça, je sais qu'en fait, les données sont remontées et sont enregistrées et qu'ils s'adaptent. Et que s'ils étaient figés à juste le début, en fait, ils ne me reconnaîtraient plus à l'heure actuelle parce que mon Face ID doit bien avoir 10 ans maintenant.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire aussi.
- Speaker #1
Je pense que j'ai changé, effectivement, un petit peu. Donc clairement, les données remontent. Et parfois, les gars-femmes ont nos données, que ce soit Meta, avec Instagram, Facebook, etc. J'ai abandonné cette idée de les conserver. Et quand j'entends des lois européennes qui disent qu'on va vous protéger de ça, pour que les données ne remontent plus. Et typiquement, on a eu un problème sur Google Maps pendant... Enfin, moi j'appelle ça un problème, il y en a qui vont dire que c'est bien. Où je ne pouvais pas cliquer sur Google Maps parce que je passais par Google et du coup c'était anti-concurrentiel. Et ça, c'était vraiment le genre de choses qui me faisaient devenir complètement dingue. Tellement j'avais l'habitude de cliquer, d'avoir mon itinéraire et que ça s'ouvrait. Et pendant trois ans, je pense, en France, on n'a pas pu le faire parce qu'ils avaient décidé que Google abusait de sa position dominante sur Google Maps. Mais en fait, mais demandez à l'utilisateur. Moi, je suis OK que Google abuse de sa position dominante avec moi. Je m'en fiche. Je veux juste que mon quotidien soit simplifié et pas que vos règles viennent me rajouter des éléments supplémentaires pour me protéger de quoi ? Parce qu'au final, je vais quand même y aller sur Google Maps. Donc ça n'a que peu d'intérêt.
- Speaker #0
Oui, je comprends. Et quand tu parlais tout à l'heure du référencement, justement, comment... À la question, on disait, j'ai répondu à chaque GPT, ton élève disait ça que je puisse être référencée. Quelle est la vraie démarche ? Comment ça fonctionne ?
- Speaker #1
Il y a une base qui est commune avec le SEO, le référencement classique, donc écrire du contenu, travailler des mots clés, etc.
- Speaker #0
Et chat, par exemple où Lya va chercher dans ce référencement-là ?
- Speaker #1
À condition d'être bien structuré. Là, ça va plutôt être vraiment la structure de notre site qui va être fortement à prendre en compte. Comment est-ce qu'on a mis des titres, des sous-titres, comment est-ce qu'on a structuré en paragraphes, etc. Et après, sans rentrer dans le détail techniques. Est-ce qu'on a mis des balisages complets qui vont faire en sorte que les robots se repèrent dans le site et sachent exactement, tiens, telle question est là, telle réponse est là. Plus on leur mâche le travail, mieux ça se passe. Donc on leur met des questions sous forme de titre et alors des réponses sous forme de liste. Ça c'est le top pour l'IA. Elle a la question que se posent les utilisateurs, elle a la réponse synthétisée, elle peut récupérer, c'est parfait. Donc en gros, si on fait ça, on a plus de chances de ressortir. Après, il y a des inscriptions des annuaires. Ils ont annoncé pas mal de reprises aussi de Wikipédia en priorité et de Reddit, qui est donc un réseau social pas méconnu en France, mais trop faiblement connu, très populaire aux Etats-Unis, qui fonctionne un peu comme un forum. On ouvre des files d'édition en posant des questions et les gens débattent un peu en réponse des questions. Et ça, les IA ont vraiment dit « Oh, c'est très bien ça, on a des questions, on a des réponses, ça nous va, on prend » . Et donc Reddit a dit « Eh bien, très très bien » , parce que du coup, ça leur a fait un... magnifique halo de lumière autour d'eux. Donc ils ont rouvert les vannes, ils ont rouvert tous les anciens forums classifiés, etc. pour que l'IA puisse piocher dedans.
- Speaker #0
Mais je me dis, ça peut être marrant, ça peut être le chien qui se mord la queue.
- Speaker #1
l'expression,
- Speaker #0
oui c'est ça. Tu demandes à l'IA de créer par exemple des articles pour nourrir son site internet et qu'après il va se renourrir.
- Speaker #1
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Il peut y avoir en fait quelque chose de complètement fou.
- Speaker #1
Mais je l'ai déjà constaté. Ils ont un corpus qui est extrêmement important. Ils ont 38 milliards de données dans chaque corpus pratiquement. Ils ont un corpus de base qui est très élevé. Quand on leur demande des sujets où ... il n'y a pas encore d'infos dans le corpus de base parce que ça n'a pas été traité, ça n'a pas été validé, ils vont me piocher dans le web. Et en l'occurrence, si on leur demande d'écrire des articles pour un site, typiquement on vend des produits, ils vont regarder les articles qu'on a déjà fait. Donc les 3-4 premiers articles que l'IA va nous fournir, ils sont trop bien. Parce que ça fait une synthèse de tout, ça va reprendre les points forts de certains, donc c'est génial. Et en fait, je me rends assez vite compte qu'au bout de 5-6 articles, j'ai l'impression que je tourne un peu en rond. donc c'est là où il faut vraiment l'imagination humaine aussi et se dire il ne faut pas que je tourne que sur mes articles ou que je remette en avant que mes produits il va falloir vraiment que j'aille donner des conseils qu'est-ce qui va intéresser les utilisateurs il faut vraiment toujours penser que l'utilisateur est au centre et qu'est-ce que l'utilisateur il a besoin de voir d'entendre, de comprendre donc je regarde les questions qui se posent et j'essaie d'y répondre en fournissant l'exact besoin Bien sûr.
- Speaker #0
une femme là nous écoute et est un peu effrayée par tout ça ou en tout cas trouve que c'est un peu il y a de la distance autour de la technique tout ce qu'on vient d'aborder en fait par rapport à ton récit, à ton parcours quel conseil tu aurais envie de donner à des femmes parce que je sais pas mal d'auditrices qui nous écoutent mais aussi aux hommes évidemment qui seraient encore effrayées par tout ça, par tous ces domaines là
- Speaker #1
Alors déjà, ce n'est pas si nouveau que ça, le fait qu'il y ait des robots qui explorent nos sites, les contenus, etc. Et les réponses qu'on a sont entre guillemets manipulées depuis bien longtemps. Souvent, on me dit que le site qui est numéro un, c'est le site qui a le plus de visites. Pas du tout, ça n'a jamais été le cas. Aussi peut-être au début du web, mais on pense qu'on ne s'en souvient plus et que c'était plus analysé. Donc ça fait de toute façon déjà bien 20 ans pratiquement que c'est changé et que les règles sont différentes. C'est juste que les règles maintenant sont plus riches, plus denses, plus importantes, plus nombreuses. Donc ça fait beaucoup plus de canaux avec lesquels on doit jouer. Donc stratégiquement, moi je trouve que ça ne vient qu'enrichir mon travail finalement. Au lieu d'avoir 2-3 leviers d'action, je me retrouve à en avoir 10-20. Et il faut que je sélectionne en fonction des moyens humains, des moyens financiers, etc. Donc je trouve que ça rend vraiment... plus intéressant toute cette stratégie-là. Peut-être aussi les résultats plus pertinents parce qu'au final, je pense qu'aujourd'hui, quand on fait une recherche sur Google, on est généralement assez satisfait de ce qui arrive en première page. C'est rare que je me dise « Non, il n'a vraiment rien compris et qu'il aille jusqu'à la page 2 ou 3. » Vraiment, c'est très très rare.
- Speaker #0
C'est très très rare d'aller à la page 2 ou 3. Oui,
- Speaker #1
voilà. On ne le fait pas. Donc si on... Justement, il nous comprend assez bien, c'est aussi parce qu'il a cumulé toutes ces informations. Donc moi je trouve pas ça effrayant, mais parce que je suis pas effrayée je pense au global par la technologie. Donc je peux comprendre que pour certains on se dise oh là là mais c'est quoi toutes ces règles et c'est quoi tous ces robots et on est épiés etc. Bon faut penser que de base c'est quand même fait pour améliorer la vie de l'utilisateur, faire en sorte qu'on ait le moins de friction possible. Donc si je cherche, moi je sais pas, un bar pour aller prendre un apéro ce soir.
- Speaker #0
et bien que j'ai un bar à côté de chez moi, qui soit proposé, dans le style d'ambiance que j'aime, etc. et pas avoir commencé à éplucher 40 articles pour trouver la pépite.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc c'est pas si effrayant que ça, parce que ça nous simplifie vraiment la vie au quotidien et qu'on ne saurait plus trop s'en passer aujourd'hui. Je pense, redonnez-moi une carte routière pour partir en vacances au bout de la France et je risque de...
- Speaker #1
On prendra plus de temps, oui. Certainement.
- Speaker #0
je peux prendre ça comme une aventure mais je pense pas que je vais avoir envie de la renouveler éternellement cette aventure voilà donc faut pas paniquer ça vient tranquillement en fait normalement nous aider au quotidien et simplifier notre vie sur
- Speaker #1
les travaux sur tout ce que tu mènes là quel impact t'as envie d'avoir à court, moyen, long terme quel moment tu te projettes sur l'impact de ton travail et de ton discours aussi d'ailleurs
- Speaker #0
Oui, justement, je suis en pleine réflexion dessus, ce qui prouve que ça n'est jamais figé et que ça continue d'avancer tout le temps. J'essaie d'écrire des articles quand j'ai du temps, le temps, le nerf de la guerre, c'est dansi. Des articles notamment sur l'adoption de l'IA, les outils. Je suis très surnommée Madame Outil, parce que j'aime beaucoup en tester, en avoir. Si je peux faire un peu cette review d'outils en avance pour certains, et du coup leur dire, c'est plutôt celui-là, il vous aidera pour telle chose, celui-là, il sera utile pour tel point, vu vos équipes, vu votre niveau d'acculturation, essayez plutôt de choisir cet outil et cet outil en combo, ça sera parfait. Et vous verrez, vous aurez un setup qui va bien fonctionner au quotidien. Donc voilà, à l'impact plus... petite échelle, déjà j'essaie vraiment d'adapter pour permettre à tous les gens que je forme de mieux comprendre leur environnement et d'être plus efficace et efficient dans leur travail. Après sur la formation globale, j'essaie aussi d'aller à l'étranger quand c'est possible. C'est pas possible tout le temps mais déjà j'ai fait un doctorat en Suisse donc je continue de donner des cours en Suisse. J'ai été un peu en Angleterre aussi même si le SEO en Angleterre est très particulier puisqu'ils ont des... des façons de rechercher qui sont assez diverses de la France. Ah mais ils n'ont pas le même humour non plus, et ils ne recherchent pas par les mêmes portes d'entrée que nous. On est très direct, eux ils cherchent avec d'autres sujets, donc c'est à creuser, c'est intéressant. Et je suis allée aussi en Afrique pour donner des cours, deux années de suite, puisque cette année j'ai fait le Sénégal, et l'année dernière on a été à l'université Kadhi Aya d'Amarakache pour parler des séminaires d'IA. Pour confronter au regard de la culture de chaque pays, comment est-ce qu'on peut intégrer les outils tous et mieux communiquer et essayer de les faire avancer. Je ne vais pas me prétendre apporter une énorme pierre à l'édifice, mais juste déjà amener cette réflexion et faire en sorte qu'on communique tous mieux et qu'on se comprenne tous mieux, ça sera déjà beau. Et si je peux inspirer d'autres femmes aussi. J'ai pas mal d'étudiants également qui sont plus jeunes. J'essaie de former. à la fois des populations adultes inter-entreprise et aussi des jeunes qui sont encore en bachelor ou en master. Et souvent, ils me disent, ça nous fait plaisir d'avoir une figure un peu inspirante où on se dit, en fait, elle l'a fait et moi aussi, je pourrais. Mais vous avez commencé à quel âge ? À 23 ans. Mais c'est bientôt. Mais ça veut dire que je n'ai pas besoin d'attendre 10 ans. Moi aussi, je peux me lancer maintenant. Et ça, c'est vraiment des retours que j'adore. parce que moi à l'époque personne m'a dit ah oui t'as 23 ans t'as raison de te lancer tout le monde m'a dit tu es complètement folle voilà donc si moi je peux leur apporter le discours inverse et leur dire non en fait tout est une question de volonté accrochez-vous à vos rêves et let's go et souvent quelques années après il y en a qui m'écrivent maintenant sur LinkedIn et qui me disent j'ai suivi vos conseils j'y suis allée je pense que la plus belle récompense que j'ai eu un jour c'est une promo à Lille que j'avais eu d'adultes en reconversion. Et je les ai beaucoup eu, ces promos. Mais vraiment, je pense que la moitié des courses, c'était avec moi, les pauvres. Et à la fin, on m'a dit un an après, écoute, c'est la promo où 6 personnes sur 10 ont monté une boîte. Et clairement, c'est grâce à toi. Et ça, ça m'a fait extrêmement plaisir.
- Speaker #1
Ça, c'est un vrai impact.
- Speaker #0
Ouais, là, c'est un vrai impact. Et en fait, je préfère, je pense, avoir cet impact à plus petite échelle et me dire, voilà, j'ai vraiment aidé des individualités et des personnes à s'épanouir dans leur quotidien. plutôt, voilà, je ne vise pas une carrière internationale, me dire, mon Dieu, je vais être Forbes monde. On me l'a dit, après Forbes France, vice Forbes monde. Non, je vais plutôt préférer avoir un impact et voir le retour réel que je peux avoir concrètement là maintenant.
- Speaker #1
Et justement dans le réel, qu'est-ce que agir veut dire pour toi ?
- Speaker #0
C'est une vaste question, c'est un très beau mot, agir. Pour moi c'est être dans l'action, donc perpétuellement avancer, construire des projets. Des projets pour moi, mais des projets que je partage avec d'autres aussi. Je ne suis pas toujours toute seule, par exemple mon livre on l'a écrit à deux, c'était bien. C'était bien d'ailleurs d'avoir ce partage, ces échanges, etc. Et donc c'est de continuer d'avancer. Je pense que j'ai vraiment besoin d'avoir des projets tout le temps. Je suis très satisfaite de ce que j'ai déjà, et je ne veux pas partir des gens qui en veulent toujours plus pour toujours aller plus loin. Si je regarde déjà ce que j'ai accompli, je pense que je peux être fière. Mais c'est réellement dans mon ADN de vouloir construire de nouvelles choses, de les partager avec d'autres, et de continuer à transmettre, faire en sorte que... Au quotidien, tout le monde apprenne, que tout le monde évolue, que personne ne se sente laissé derrière. Du coup, j'espère que j'agis pour ça dans mes formations, en leur transmettant réellement ma passion de ce que je fais et leur montrer que ce n'est pas si compliqué et qu'on peut tous y arriver ensemble. Et si moi je l'ai fait, vous pouvez le faire. Et vous aussi, vous ferez des grandes choses avec les idées et les envies que vous avez.
- Speaker #1
Dans quel domaine t'aimerais voir plus d'action ? Un autre domaine que ce qu'on a évoqué là, quelque chose qui te tient à cœur ?
- Speaker #0
Le sport. Je fais beaucoup de sport. C'est pas pour rien, je pense que j'ai fait une formation de nutrition sportive d'ailleurs. Et au global, j'entends encore trop peu de gens qui se bougent. Alors on va me dire, oui, il y a des heures de course en France, il y a beaucoup de Français qui font du sport, je suis d'accord. Mais j'étais un peu déçue du poste JO. Je pensais vraiment que ça aurait donné une impulsion beaucoup plus importante sur le mouvement global. Et au final, je me rends compte que ça n'a pas l'air d'avoir changé tant que ça. J'écoute pas mal de podcasts aussi sportifs. Je n'ai pas les chiffres en tête là et je ne vais pas m'avancer pour ne pas dire de bêtises. Mais il y a eu un impact trop faible. Et vraiment, sur septembre, octobre l'année dernière et un an après, c'est complètement essoufflé. Et pourtant, le mouvement est tellement important. Le mouvement, c'est un état d'esprit. C'est aussi quelque chose qui va vous permettre de rester dans l'action. Moi, je trouve que quand je ne fais pas de sport, j'ai moins d'énergie. Mon cerveau fonctionne moins bien. Tout est lié, en fait. Et pour moi, c'est vraiment important. Je pense que tout le monde comprenne que le mouvement guérirait de beaucoup de choses en amont. Et voilà, ça serait essayer d'agir de ce point de vue-là. Mais je devrais faire plus... Enfin, je fais pas mal de courses et tout, etc. Mais le faire avec d'autres personnes, essayer de drainer un peu du...
- Speaker #1
D'embarquer avec toi. Ouais,
- Speaker #0
mais peut-être ça ! Un nouveau projet, effectivement, pourquoi pas. Mais j'essaye à terme, je pense que ça fait partie des réflexions en cours, de me dire comment est-ce que je pourrais rapprocher un peu mon expertise digitale de domaines qui me parlent vraiment, donc la formation, l'IA, etc. Mais aussi vraiment... toute cette partie sportive, qu'elle soit préparation mentale aussi. J'en fais pas du tout moi-même, il y a des gens experts là-dedans, mais je trouve que c'est très intéressant de prendre ce pan en compte. Et ça a été trop longtemps. Moi, je fais partie, je pense, de la génération typiquement petite, si je montais à cheval et que je tombais, on me disait « C'est pas grave, tu remontes. Tout de suite. T'es blessée, mais c'est pas grave. T'es nulle. T'es nulle. T'es nulle. » Ah bon ? Oui, en équitation.
- Speaker #1
C'est un peu dur quand même.
- Speaker #0
C'est très, très dur. quand t'es enfant c'est vraiment on te hurle dessus pendant les cours Faut s'accrocher, faut se dire mais j'aime le cheval ! Sinon on peut pas continuer. Et en gym c'était pareil, j'ai fait beaucoup de gym. Je me suis littéralement fait hurler dessus par des coachs quand je tombais de la poutre en mode tu remontes. Et j'étais là mais là j'ai mal ! Oui mais tu remontes !
- Speaker #1
Ce domaine a été dénoncé, il y a quand même pas mal de choses.
- Speaker #0
J'ai refait des saltos sur poutre alors que je venais de me casser le pied. On m'a fait remonter pareil, encore décidément, la poutre et moi, ça fait deux, alors que je venais de me casser les côtes.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est dur. Est-ce que tu as une source d'inspiration pour clôturer cet échange, que tu aurais envie de nous partager ? Quelqu'un qui t'inspire ou quelqu'un qui t'a inspiré ?
- Speaker #0
Alors...
- Speaker #1
Ça serait qui et pourquoi ?
- Speaker #0
Des sources d'inspiration, j'en ai. Est-ce que tu attends plutôt un... Livre aussi ?
- Speaker #1
Ce qui te vient spontanément, humain ou non ?
- Speaker #0
Spontanément, il y a une personne avec qui j'ai travaillé dans le secteur cosmétique, qui était la directrice, qui est à qui est toujours d'ailleurs, la directrice marketing digital de tout le groupe France, qui est une personne extrêmement inspirante, que je trouve... Très ouverte, qui apprend encore et toujours. J'ai vraiment cette notion, je pense, de vouloir toujours apprendre plus, qui met en place des stratégies très performantes, mais avec ce petit côté smart, vraiment une petite réflexion à côté. J'ai adoré bosser avec elle, c'est génial d'apprendre autant, de voir son fonctionnement, de voir comment elle arrive à lier aussi les équipes entre elles, à voir les synergies, à les créer. dans un management archi positif pour l'ensemble du groupe. Donc il y a elle qui me vient en tête, Cécilia, si tu m'écoutes, c'est pour toi. Et sinon, après, je vais avoir d'autres personnes, d'autres livres. J'écoute beaucoup de podcasts, le tien pour le coup, que j'ai découvert quand on s'est rencontrés. J'en ai écouté pas mal. Je peux en citer d'autres, non ?
- Speaker #1
Si tu en as envie, oui, bien sûr.
- Speaker #0
J'écoute beaucoup Mathieu Stéphanie pour Génération 2 It Yourself. pour la partie entrepreneuriale. J'aime bien aussi entendre tous les retours d'expérience là-dessus, qui m'inspire au quotidien mes amis, notamment, je ne vais pas toutes les citer, mais notamment aussi pour ce côté sportif, ne rien lâcher, Alizé, si tu m'entends, qui est une sportive professionnelle qui a repris sa carrière l'année dernière. Je trouve qu'elle a une énorme résilience de se relancer et de se remettre à fond. passer la trentaine aussi et elle est très inspirante je trouve au quotidien aussi je suis très fière de l'avoir dans mes amis et comme je suis très fière d'avoir tous mes amis d'ailleurs qui sont toutes des femmes c'est un art de bien s'entourer c'est important c'est un privilège qu'on devrait tous supporter donc pour une fois je ne vais pas citer des personnes j'aurais pu dire Michelle Obama qui a fait un podcast aussi génial mais non
- Speaker #1
Tu es dans le quotidien.
- Speaker #0
Je suis plus inspirée par mon quotidien.
- Speaker #1
Ça plaît bien, il s'agit de ça.
- Speaker #0
Parfait alors. Merci beaucoup Maëlys pour cet échange. Merci à toi.