- Speaker #0
Bonjour Virginie. Bonjour Émilie. Bienvenue dans Elles Agissent. Merci de m'accueillir. Je t'accueille dans une brasserie café. Est-ce que ce n'est pas trop symbolique quand même pour toi ?
- Speaker #1
J'adore, il y a vraiment une question de symbole que je prends volontiers à la volée.
- Speaker #0
Donc vous allez peut-être entendre des bruits de fond, mais écoutez, ça fait partie du...
- Speaker #1
Je suis en train de brasser les tables.
- Speaker #0
Oui, ça va se calmer. Mais c'est un bruit qui est familier, un truc qui te correspond. Je préviens, dans la présentation que je vais faire, il y a quelques jeux de mots culinaires On peut être fine. t'es plus. Voilà, en tout cas, qui se sont glissées dans cette présentation. Écoute, je ne sais pas, j'ai été inspirée.
- Speaker #1
J'espère que tu n'as pas me comparé à la dinde de Noël, par exemple.
- Speaker #0
Alors, regarde, ça commence ce soir. Ton parcours est une recette de cuisine un peu comme moi, je cuisine, c'est-à-dire que tu as bien tous les ingrédients, mais tu en fais un peu qu'à ta tête, ou en tout cas, plutôt qu'à tes envies, pour être plus précise. Et c'est bien ça l'essentiel, je pense. Écoutez, on va en reparler. Et justement, le tien de parcours, tu le savoures lentement. Tu as commencé en tant que prof pour être désormais, et attention, la liste d'ingrédients est longue. J'avais prévenu.
- Speaker #1
J'adore, bravo, j'adore.
- Speaker #0
Chef à domicile, podcasteuse, auteur du livre 10 ans de passion créative, conférencière, consultante. Tu es désormais reconnue aussi dans chacun. de ces domaines. Et ça, c'est important. Entre je prends une place et je suis reconnue dans cette place. Et aussi, et ça, c'est pour décrire les personnes qui ne te connaissent pas, tu gardes toujours ton sourire et ton énergie qui n'est pas de façade sur les réseaux, qui est une véritable personnalité. Et ça, j'avais envie de le souligner. Et c'est un peu ta pincée de sel signature. J'adore. Mais je me régale. Oui, je me régale. Alors Virginie, est-ce que tu veux bien nous raconter ce moment où tu as senti que tu devais changer de vie ? Est-ce que c'était un appel plutôt d'un tournant intérieur, que tu vois quelque chose qui venait de toi ? Ou c'est vraiment un sens profond derrière cette reconversion ? Peut-être un peu les deux. Est-ce que tu peux nous le raconter ?
- Speaker #1
Merci déjà pour cette divine introduction. Alors moi, en fait, on m'a proposé de monter une école. Il y a eu un vrai jalon professionnel. un projet professionnel qui a avorté. On m'a proposé de monter une école privée, d'en être la directrice pédagogique. Donc, c'était une proposition à laquelle j'ai forcément dit oui. Donc, j'ai quitté mon job où j'étais depuis 12 ans, avec un chef d'établissement qui m'a fait confiant depuis 12 ans. J'ai dit oui à autre chose et je vous passe les détails, mais finalement, au bout de deux mois, on m'a dit l'école est en redressement judiciaire, tu ne peux pas rester. Donc, clairement, j'aurais pu reprendre mon poste. En son établissement, j'aurais pu avoir Pôle emploi, Fonds de travail, il n'y avait aucun souci en soi. Mais justement, je me suis dit, je crois que c'est vraiment le moment où je vais réussir à faire ce qui m'animait depuis longtemps, cuisiner, et surtout de prendre le risque de professionnaliser ma passion, de transformer ma passion en business, ce qui fait souvent peur quand on fait quelque chose dans le loisir, de le trouver et de le transformer après en mode plutôt financier et métier. et je n'ai pas hésité. Deux mois après, j'ai immatriculé. Et cinq ans après, je faisais mon premier dîner à domicile.
- Speaker #0
Ah ouais, ça c'est fou.
- Speaker #1
Donc un appel intérieur, tu disais tout à l'heure. Un appel intérieur, quelque chose de très profond. Un message de l'univers, clairement.
- Speaker #0
Que tu as écouté.
- Speaker #1
Que j'ai vraiment écouté et que je ne regrette absolument pas d'avoir écouté bientôt 12 ans après.
- Speaker #0
Tu parles et tu l'as déjà dit là que la passion est vraiment un mot qui revient souvent. Ton entreprise s'appelle Communique Passion. Comment justement tu la définirais la passion ? Est-ce que ce mot est au cœur de ta démarche ? Comment tu définis le mot passion ?
- Speaker #1
Pour moi, la passion, c'est la liberté intérieure. C'est ce dialogue avec toi-même que tu écoutes, que tu impulses et qui te fait déplacer les montagnes. Alors on dit toujours, parce que moi dans mon podcast Passion sans modération, je pose la question et plein de gens me disent oui, c'est le fait de travailler sans avoir l'impression de travailler. Non, si je souffre aussi quand même parfois de mon rythme physiquement, d'avoir une entreprise aussi douloureuse, il y a quand même des contraintes. Mais pour moi, la passion, c'est vraiment quelque chose, une voix intime, un élan profond. moi c'est beaucoup lié à ma créativité aussi C'est une expression, la passion. Et c'est d'être capable, en fait, de... dire oui à soi. Peu de gens, on dit toujours oui, peu de gens ont des passions, c'est des hobbies, etc. Moi, c'est quelque chose de très ancré. Et en fait, plein de gens m'ont dit, ces voix malveillantes, quand j'ai voulu me lancer, m'ont dit tu vas professionnaliser ta passion, tu vas perdre l'essence même de ta passion, tu vas banaliser ta passion, tu ne vas plus avoir envie de cuisiner, tu vas t'enlacer.
- Speaker #0
Ils avaient peur que tu te lasses de... de te lancer dans quelque chose qui te passionne, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
comme je cuisinais beaucoup le week-end, ils se sont dit, après, tu vas le transformer en business, donc tu vas aller transformer aussi cette subjectivité en objectivité. Les gens vont goûter ta cuisine, ils ne te connaissent pas, ils vont te payer aussi pour ça. Peut-être que ça va te faire perdre quelque chose qui était brillant quand tu ne le faisais que pour tes proches. 12 ans après, je le dis toujours, c'est exponentiel. C'est-à-dire que je me découvre et je déplace le curseur. de plus en plus. La passion du latin, c'est mon côté prof de lettres, c'est la souffrance aussi. En général, la passion amoureuse détruit, la passion peut vite devenir obsession. Moi, c'est vrai que ça peut être une obsession aussi, mais c'est ce qui permet d'avancer et je pense qu'aujourd'hui, 12 ans après, je peux dire que cette passion-là, c'est un vrai moteur pour moi, pour les autres, une belle énergie que je ne voudrais jamais perdre.
- Speaker #0
Alors, c'est un moteur, mais est-ce que cette définition de la passion, elle a évolué entre le début et maintenant ? Notamment avec ton évolution personnelle, j'imagine, quand même.
- Speaker #1
Cette passion, en fait, je pense que c'est lié aussi à une détermination de vouloir s'imposer. Et puis, je pense que c'est vraiment une étincelle, une flamme à l'intérieur de moi que j'ai chaque matin et qui me donne l'envie d'aller accomplir, l'envie d'agir, en fait. Je pense que... Sans passion, ton action, elle est moins impactante, en fait. Et c'est ce que je sens de plus en plus parce que ce mot passion, effectivement, je le mets dans mes deux livres, dans mon podcast. Là, je suis sur un troisième bouquin, ça va aller trop vite. J'organise des soirées networking, ça s'appelle Passion Réseau. C'est devenu effectivement un gimmick, en fait, tu vois, un mot qui me représente. Et ce qui est pour moi le plus flatteur, c'est que les gens qui me connaissent, professionnellement ou personnellement, me disent effectivement tu es quelqu'un avant tout de passionné. Et pour moi, je ne peux pas tricher en fait. C'est quelque chose que tu ne peux pas mettre une étiquette si vraiment tu ne le vibres pas de l'intérieur. Et je ne peux pas juste te dire, oui, je suis quelqu'un de passionné. Oui, tu le dis, mais après, si ça ne se transforme pas en action. Donc moi, je sais que c'est un mot qui revient souvent pour moi et je crois que je suis vraiment là où je suis, ce fameux alignement en fait.
- Speaker #0
Est-ce qu'il te reste quelque chose de l'enseignement dans ta cuisine ?
- Speaker #1
La transmission a toujours été très importante pour moi. Quand tu cuisines, tu donnes à l'autre. Clairement, moi, je n'aime pas cuisiner pour moi seule. Ça n'a aucun intérêt. Quand je cuisine, quand je me projette sur des prestations chez mes clients, je pense à mon client, je pense à son menu, je pense à son événement, je pense à ses convives et je me dis, OK, je vais transmettre une émotion au travers de mon repas, au travers de mes couleurs, au travers de mes dressages. Et après, je donne aussi beaucoup de cours de cuisine. Ça, j'adore. Je continue. Donc là, tu vois, par exemple, fin décembre, j'ai une famille qui veut organiser son repas. Ils sont six. Il y a trois générations. Et on va faire entrer plat-dessert ensemble. Donc, je leur donne des petits conseils. J'amène mes huiles, mes vinaigres, mes épices. Et après, je donne des cours de cuisine aussi pour les entreprises en mode team building.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et justement, d'être chef à domicile, quand tu cuisines pour quelqu'un, tu crées du sur-mesure ? Tu crées en fonction, est-ce que ta nourriture devient un langage, une sorte de traduction de ce qu'on t'a demandé ?
- Speaker #1
C'est très joli, c'est exactement ça. En fait, je retranscris dans les assiettes l'échange intime que je veux avoir avec mon client. Et c'est vrai que c'est du sur-mesure, c'est personnalisé. Déjà, ils me disent leurs préférences, leurs réticences, les fameuses allergies évidemment. Après, s'ils préfèrent de la viande, du poisson. Un dessert plutôt fruit, un dessert plutôt chocolat. S'ils ont des addictions alimentaires, en disant j'adore des obsessions, je suis monomaniaque de ça, ça, ça. Des pays qui les ont inspirés, des restaurants qu'ils ont faits, des plats qui les ont marqués. J'ai mon assistante qui prend tout ça, qui me donne une fiche et là après je crée pour eux. Et c'est ce moment-là de slow. Vraiment, que j'adore.
- Speaker #0
Et comment tu crées ? Là, c'est vraiment comme un auteur quand il crie. Est-ce que tu as un rituel ? Oui, j'allume des bougies. C'est ça ? Un réif ?
- Speaker #1
En fait, non. Je me concentre beaucoup. C'est vraiment le moment de ma bulle. Longtemps, j'ai mis du temps à comprendre que j'étais une artiste. Donc, c'est vraiment comme une toile, en fait, que je veux peindre. Donc, je réfléchis à ma sensibilité à l'instant T. Je réfléchis à la sensibilité qui m'animera à la période où je vais cuisiner. Donc, la saison. Je suis beaucoup inspirée par la saison, les produits de saison, les produits du marché. Et puis après, en fonction de ce qu'ils m'ont dit eux, je réfléchis aussi beaucoup. Alors, parfois, c'est le client qui paye le repas pour lui-même. Et parfois, c'est le client qui paye le repas pour les 50 ans de sa femme, les 18 ans de son enfant. le mariage de sa sœur, etc. Et dans ces cas-là, j'essaye de transposer. Donc, Cécile aura pris aussi des informations sur la dédicataire, donc la personne à laquelle le repas va être destiné. Et en fait, je fais un mélange de tout ça. En fait, c'est un état d'humeur. C'est pour ça que depuis 12 ans, je n'ai jamais fait le même menu. J'ai toujours switché une herbe. J'ai fait un tartare de saumon à la coriandre. Après, je le fais à la menthe. Après, je le fais à l'estragon. Après, je mets le vinaigrette. passion, vinaigrette gingembre.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
c'est être libre. Et moi, cette créativité-là, c'est vraiment être capable d'être libre dans l'assiette, dans ma projection. La plupart de mes clients me disent « Tu as carte blanche. » Et une fois, j'ai un client qui m'a dit « J'ai adoré ça. Fais-toi plaisir parce que si tu te fais plaisir, tu arriveras à nous faire plaisir. » Et si tu vas chercher ta créativité,
- Speaker #0
est-ce que tu aimes te faire des voyages créatifs, découvrir des villes en ayant voilà toujours cette taille de découverte et de créativité. J'imagine que là, on a pris un croissant, tu ne le dégustes pas de la même manière que moi. Tu vois, tu vas aller chercher, tu vas aller imaginer quelque chose.
- Speaker #1
Tu es toujours en réflexion, en fait, et surtout très curieuse. Malheureusement, je n'ai pas le temps de faire beaucoup de voyages, mais tu vois, là, je me dis, peut-être 2026, ce serait pas mal d'aller dans les régions de France pour aller chercher aussi les artisans. J'aime tellement aussi ces gens. Oui, bien sûr. qui sont au cœur de la terre et qui nous donnent ce qu'on a dans notre assiette. Parce que moi, j'ai toujours dit, je ne suis qu'une transformatrice. Je ne peux pas faire de bons repas si je n'ai pas le pêcheur et le marailleur qui a été me chercher les Saint-Jacques en ce moment. Mais après, en fait, cette idée d'aller se nourrir, bien sûr que je regarde les filles d'Instagram, bien sûr que je m'inspire des chefs qui me donnent envie de cuisiner, qui m'ont donné envie de cuisiner. J'adore aller dans les restaurants. J'adore aller dans les restaurants pour voir les compositions, les associations, ce que je valide. Ce que je ne valide pas, évidemment. Et en fait, je me suis toujours dit, on m'a toujours dit, oui, qui t'inspire ? Quel est le chef qui t'inspire par excellence ? Moi, c'est plutôt des personnalités plutôt que des cuisines. Je déteste aussi quand on me parle de cuisine signature. Je n'aime pas ça. Enfin, j'ai une sensibilité sucrée-salée, mais je crois qu'il n'y a pas une seule soirée où on me dit, et c'est quoi ton plafard ? Ben non, parce qu'en fait, je suis libre. Je ne m'enferme pas dans une cuisine. Donc, pour répondre à ta question, comment je nourris cette créativité ? Je reste hyper ouverte. à moi-même aussi, à mes humeurs, à mon intuition et surtout à ma sensibilité que je ne veux absolument pas cacher et d'excite mes clients qui sont fortement imbibés dans ma cuisine.
- Speaker #0
Et donc tu es chef, mais tu es chef d'entreprise aussi. Qu'est-ce que ça implique tout ça d'être dans ce domaine qui peut ne paraître pas très évident, en tout cas pas très fluide pour gagner vraiment concrètement sa vie ? Qu'est-ce qu'elle a avec le recul ? Comment tu vis ce rôle-là aussi ?
- Speaker #1
Alors déjà, la question, c'est aussi qu'est-ce que gagner sa vie ? Sur quel plan on se place en termes de salaire mensuel ? Moi, je suis déjà très fière de tenir 12 ans avec des clients qui sont récurrents et des nouveaux qui arrivent avec un bouche à oreille. Donc, je suis très, très fière. Chef d'entreprise, oui, c'est compliqué parce que tu te lèves tous les matins en te disant il faut y aller. Il faut y aller. Tu n'es pas dans un restaurant où tu as ton salaire qui tombe à la fin du mois. Le métier est déjà très difficile. Moi, c'est vrai que je cumule les deux. parce que je suis sûrement tarée, parce que je pars quand même d'un truc où j'avais des vacances scolaires, pour arriver dans un endroit où je n'ai plus de congé du tout payé. Mais je pense que c'est cette insécurité-là aussi. J'ai compris aujourd'hui que c'est cette insécurité-là qui me rend sécure. Et c'est dans cette peur-là que je crée le plus, je pense. Alors, je viens de te trouver un truc, là. Ça me vient maintenant. Oui,
- Speaker #0
c'est possible.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai, le danger.
- Speaker #0
C'est un peu comme on dit, oui, les artistes. écrivent, les chanteurs, etc. Oui,
- Speaker #1
souvent très torturés. Non mais c'est vrai, on est souvent très torturés.
- Speaker #0
Il y a ce débat sur Taylor Swift qui va bien et qui dit du coup, est-ce que son album est bon parce qu'elle est heureuse ?
- Speaker #1
C'est une vraie question. Et surtout, j'ai entendu une citation qui était très jolie sur l'entrepreneur qui dit en fait, l'entrepreneur, c'est celui qui saute d'un avion et qui construit son parachute en pleine chute. Et en fait, quand je me suis lancée, j'ai immatriculé en décembre 2013, donc ça va faire 12 ans, je ne savais pas. ce que ça allait donner. Mais je pense que j'avais au fond de moi une conviction que ça allait marcher. Et je ne l'ai jamais perdue, cette conviction-là. J'ai tout fait pour que ma vision, mon identité, mon rythme de travail soit à la hauteur. Je suis très fière de ce que j'ai accompli.
- Speaker #0
Tu es très exigeante aussi.
- Speaker #1
Je pense qu'on ne peut pas durer si on n'est pas exigeant, si on n'est pas rigoureux. Ce fameux perfectionnisme qui peut être à la fois un danger et finalement aussi une bénédiction. Mais oui, parce que déjà, quand j'architecture un repas, je réfléchis bien sûr à la liste de courses, évidemment, aux différents sourcings. Il faut porter des caisses, c'est lourd, ce n'est pas de la magie. Et puis après, je réfléchis toujours à mes dressages, mes textures, les couleurs, mes toppings. C'est vraiment une vraie composition mentale. et Et en fait, c'est ça que j'adore, c'est qu'à la fois, c'est très artisanal dans les mains, mais qu'en même temps, je le rends très intellectuel. En fait, j'aime beaucoup intellectualiser mes repas. Ça, c'est mon côté prof. Mais c'est pour ça qu'en tout cas, je me nourris et à la fois de l'âme et à la fois de la main. Et c'est pour ça que je me sens hyper épanouie dans ce que je fais. Et oui, bien sûr, il y a toujours cette notion d'argent.
- Speaker #0
Et au-delà de l'argent, c'est aussi de tenir ce statut, ce que tu viens de répondre, effectivement. Ce côté rigoureux, peut-être de se renouveler aussi.
- Speaker #1
Tu me dis, oui, tu n'es pas que chef à domicile, tu coches plein d'autres cases. J'ai lancé mon podcast il y a trois ans et demi, vraiment sur un coup de tête, en me disant, j'ai envie. En fait, j'ai envie et pourquoi pas ? Et j'ai fondé toutes les différentes étapes de ma vie professionnelle sur ce « et pourquoi pas ? » . Et finalement, ça marche. Merci. Je pense qu'il faut arrêter de se sentir. empêchés de vivre par peur. On va revenir encore à tout ce développement personnel. Mais je trouve que c'est important de s'écouter, de savoir ce que tu veux, de ne pas se laisser impressionner par les autres. On en parlait en off sur gérer aussi les insécurités des autres. On est suffisamment déjà parfois en insécurité nous-mêmes pour ne pas porter aussi le monde extérieur. Moi, je suis très attachée à la convivialité. Je suis très attachée à l'intériorité. et je trouve que... j'ai la chance aujourd'hui, pas que la chance, comme dit Anthony Bourbon, c'est travail, talent, chance. Ça, j'y crois beaucoup, en plus de TTC. Mais je trouve que je suis très fière de mon parcours, pas du tout sur le terme financier, pas du tout, parce que je suis loin d'être millionnaire, vraiment loin, mais sur ce que j'ai accompli.
- Speaker #0
De regarder en arrière. C'est bien aussi ça de prendre le temps. temps de regarder, de voir parce qu'on est toujours dans cette course aussi à son compte d'avancer justement par le côté instable que ça implique. Mais il y a quand même une belle évolution. Il y a quand même beaucoup de choses. Cette année a été aussi ton couronnement de Forbes.
- Speaker #1
Mais le tien aussi, madame.
- Speaker #0
Mais on... Qu'est-ce que ça évoque pour toi, ça ?
- Speaker #1
Alors, en fait, c'est drôle parce que je pense que c'est le regard des autres qui m'ont permis de comprendre un petit peu le vertige de la chose. Parce qu'on le répète, on a candidaté pour Forbes. Nous n'avons pas payé, c'est peut-être le moment de le redire aussi. On a candidaté et on a estimé qu'on était talentueuse et qu'on incarnait en fait cet esprit Forbes. moi ce que j'en retire alors déjà donc le regard des autres et puis surtout une immense fierté d'être capable de porter haut et fort à la fois la féminité et à la fois l'autorité d'une chef d'entreprise. Moi j'aime qu'on me voit comme une chef d'entreprise, comme un chef d'entreprise, comme un entrepreneur. On me voit aussi comme une chef cuisinière, comme une femme, mais je veux qu'on me voit comme quelqu'un qui a de l'audace et quelqu'un qui a de l'ambition. Et je pense que Forbes incarne ça aussi, ce côté briseuse de plafond de verre, de dire que OK, en fait, on a beau être une femme jolie, élégante, raffinée, on peut aussi tout défoncer avec sensibilité, mais dans un cadre dans lequel on a voulu nous enfermer. Et moi, j'ai vraiment, vraiment cet élan de dire que tout est possible pour tout le monde. Pour tout le monde. Moi, je ne viens pas du tout de là. Je suis une prof, j'ai une maîtrise de germanistique. Personne n'était entrepreneur dans ma famille. Mes copains, personne n'avait sa boîte. Personne n'était restaurateur. Voilà, j'allais manger au restaurant et j'en suis là où j'en suis aujourd'hui. Donc, ça veut dire. qu'à force de travail, de discipline et de constance, tu peux avoir ce que tu veux. Je n'ai pas encore tout ce que je veux, mais 2026 va cocher le podcast.
- Speaker #0
2026 arrive.
- Speaker #1
On n'est pas loin.
- Speaker #0
Et justement, je reviens juste sur ton podcast que tu as eu envie, là tu nous l'as expliqué, par envie, tu t'es dit pourquoi pas, je le fais, etc. Justement, qu'est-ce que tu voulais apporter avec ce podcast ? voilà dans Els Agis on parle des récits, des parcours de vie. Quelle est la place du récit et du partage dans ton métier ou dans les métiers que tu mets en avant dans ton podcast ?
- Speaker #1
La cuisine, déjà, c'est l'élan vers l'autre, par excellence. L'artisanat, c'est de construire quelque chose pour l'autre. Artisanat culinaire ou pas. Ce podcast, je l'ai voulu vraiment comme prétexte, comme... port comme excuse pour aller à la rencontre de toutes celles et tous ceux qui font la gastronomie d'hier et d'aujourd'hui. Quand je me suis lancée, je me suis dit, ok, je commence à avoir un réseau. C'était en 2022, le premier, c'était le 12 septembre 2022, ça faisait déjà 8 ans et demi que j'étais chef. J'avais rencontré plein de gens et en fait, je suis une boudimique de rencontres. Moi, l'entrepreneuriat m'a permis de comprendre à quel point ma sociabilité était ma nourriture. J'ai besoin de l'autre, vraiment, pour exister. C'est peut-être lié à pas mal de psychothérapie aussi, mais voilà, au moins, c'est de le dire. Et je me suis dit, ce milieu-là est fascinant. Pour moi, pas que les artisans, d'ailleurs, je ne voulais pas faire que les chefs et les artisans. Il y a aussi des foodpreneurs, il y a des stylistes culinaires, il y a des gens qui sont dans le branding, dans l'événementiel, les mixologues. J'ai essayé de toucher à toutes les franges de la sphère culinaire. Et en fait, j'ai reçu plus de 280 personnes. j'ai rencontré écouter. Donc, tu parles du récit. Pour revenir au récit, moi, je suis captivée par ceux qui ont des belles histoires à raconter. Ça peut être même dans tous les autres métiers, sauf qu'à un moment, je devais me lutter. Donc, j'ai voulu aussi, pour que ce soit cohérent avec mon métier, de créer un écosystème. Et tu vois, là, demain, j'enregistre le 81e épisode.
- Speaker #0
81e.
- Speaker #1
Je suis tellement fière d'avoir rencontré tous ces gens-là, à qui je n'aurais pas pu proposer une seule minute autour d'un déjeuner. Là, je les fais venir, j'écoute leur confidence, j'écoute leur parcours, je me retrouve aussi beaucoup en eux. Il y a beaucoup un système d'identification aussi parce qu'on vit les mêmes choses. Là, tu vois, la semaine dernière, j'ai reçu quelqu'un qui était dans les produits de la mer. On a parlé des pêcheurs, on a parlé de Rungis. Donc, c'est aussi des moments où il fait froid, on se lève tôt, on est fatigué, on ne doit pas écouter son corps parce qu'il y a tout le rapport au corps en fait. On me voit aussi beaucoup sur les réseaux avec mes petites assiettes jolies sur Insta, mais je porte des choses lourdes, je reste debout, j'ai chaud, j'ai froid, j'ai mal au dos, j'ai mal aux pieds. Voilà, il faut le dire aussi ça. Et j'ai envie de m'entourer de gens qui ont ce langage-là et cette passion-là. Et tous les gens que j'ai rencontrés, j'ai réussi à les caster d'une certaine manière parce que c'est des gens passionnés et infinis d'en passionner.
- Speaker #0
Je pense qu'aussi dans le podcast, on cherche des réponses à des propres questions.
- Speaker #1
Il y a un effet miroir.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et c'est ça qui est intéressant. Et quand tu crées quelque chose, là encore, je pense que toutes les deux, on crée ce podcast, notre podcast sans stratégie. En fait, on a envie de développer quelque chose. On a envie de laisser une trace aussi. Mais on se laisse aller à l'humain. Et quand tu as cette fibre-là vraiment humaine, de dynamique humaine, de dynamique du vivant, ça marche.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu... Par rapport à une chose que tu aimerais faire goûter au monde,
- Speaker #1
ou en tout cas au monde entier.
- Speaker #0
Mais en fait, je voulais dire, pas forcément dans la nourriture. Ça peut être une valeur, ça peut être une expérience, une idée.
- Speaker #1
Ça serait quoi ? Alors moi, je suis obsédée par la liberté. Ce serait la liberté. Je veux que les gens goûtent la beauté de la liberté. C'est très beau ce que tu dis là. Et qu'à mon humble niveau, j'essaye de les inspirer là-dessus. Donc la liberté de créer, la liberté d'aimer, la liberté d'entreprendre, la liberté d'être soi, la liberté de pleurer, la liberté d'affronter ses démons, la liberté de travailler sur soi avec les autres. et je crois que la vie est faite justement pour être libre. C'est Nietzsche qui disait... Être libre, c'est apprendre à danser avec ses chaînes. Et cette phrase-là, je l'adore parce qu'on a tous nos freins, on a tous nos peurs, on a tous nos traumas, on a tous nos obstacles. Continuez à danser. Et pour moi, la liberté en cuisine, elle est assez folle parce que c'est ce que je disais tout à l'heure. Tu peux prendre n'importe quel. Moi, j'adore déstructurer des plats. J'adore revisiter des plats. Je fais beaucoup de crème brûlée salée. Je fais des tiramisu salés aussi. Je fais de l'avocat en sucré. Je fais du potimarron en sucré. Et en fait, je me dis, mais tout est ouvert.
- Speaker #0
Mais tu te l'offres, cette liberté. C'est parce qu'effectivement, Oui, tu te l'offres cette liberté parce qu'effectivement, ça pourrait être… On imagine les codes dans le monde culinaire assez fermés.
- Speaker #1
Ces fameux codes que je me plais à briser en permanence. Mais là encore, je décide soit de suivre les règles. Alors, bien sûr, moi, je suis plus cuisinière que pâtissière. Moi, je ne peux pas être pâtissier parce que pâtissier, justement, c'est un grammage, c'est un dosage. C'est une rigueur que je ne peux pas mettre. Il ne faut pas mettre trop de liquide dans la pâte, sauf que moi, j'ai envie d'aromatiser. Je vais plus le faire en ginegrette, plutôt en salé. Mais voilà, moi, ce que j'adore être, je sais qu'on me connaît aussi dans ce milieu pour ça, c'est ce côté vraiment iconoclaste, anticonformiste, anti-académique, parce que je ne suis pas passée par une école de cuisine, tout simplement. Donc, l'école de cuisine dit qu'il faut faire comme ça, comme ça, comme ça, comme ça, qu'après, quand tu sors, tu es aussi un petit peu formatée. Et moi, ce langage que j'ai pour toute cette jeunesse qui crée, je me dis oui, restons libres, restons libres et restons soi. Je crois que c'est hyper important. Et effectivement, oui, je dérange un petit peu la profession parce que j'ai ce discours-là. mais après j'ai d'autres mentors qui me reconnaissent parce que justement je suis dans l'émotion, je suis dans la passion je suis dans l'incarnation de ce beau métier aussi et que finalement je fais bien mon travail donc c'est tout ce qui compte et si mes assiettes Mes associations sont un peu inattendues. Elles restent délicates et mes clients les adorent. Donc, je crois qu'en fait, ceux qui vont me chercher, ce sont mes clients.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Avant mes pairs ou avant mes concurrents.
- Speaker #0
Bien sûr. Je vais passer à quelques questions à signature d'Alsagis. Déjà, pour toi, agir, ça veut dire quoi ? Est-ce que tu peux me donner ta propre définition ?
- Speaker #1
Moi, pour moi, je l'avais préparé. Pour moi, agir, c'est créer, en fait, par excellence. Moi, j'agis en permanence avec mes mains, déjà, quand je prends les légumes dans ma main et que je les coupe, que je les cuis. J'adore transformer effectivement un produit brut dans une assiette et puis agir. J'aime aussi beaucoup agir sur l'âme, sur le cœur. Je sais que le lien que je crée avec mes clients est un lien hyper émotionnel. Donc, c'est ça ma manière d'agir.
- Speaker #0
C'est beau. est ce que Quelqu'un ou quelque chose t'a donné envie d'agir à un moment dans ta vie ?
- Speaker #1
Oui, je pense que... On va tomber dans le côté un peu perso. J'ai eu beaucoup de confrontations dans ma vie personnelle. Et je crois que quand j'ai compris que ces confrontations-là étaient salvatrices pour moi, elles m'ont donné envie d'agir et elles m'ont donné envie de me dépasser. d'avoir une certaine revanche sur la vie et de dire que je suis capable du meilleur.
- Speaker #0
Bravo. Et dans quel domaine tu aimerais voir plus d'action ? Un domaine qu'on n'a pas évoqué là.
- Speaker #1
J'aimerais voir... Moi, j'aimerais beaucoup qu'on agisse mieux pour la jeunesse. Ça, c'est mon côté prof. Pour l'éducation, surtout. Je crois que là, il y a un gros, gros souci d'éducation.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Ma fille, elle a 16 ans et demi. Et ouais. j'aimerais qu'on s'implique un petit peu plus pour l'éducation sociale, sociétale, intellectuelle. Qu'on forme une génération de talents, en fait, qui n'a pas peur. Qu'on soutient.
- Speaker #0
D'ailleurs, justement, je vais faire un lien. École, cuisine, tu trouves que la cuisine dans les écoles, c'est...
- Speaker #1
Alors, nous, on travaille beaucoup au moment de la semaine du goût. Alors, il y a une semaine en octobre, une seule semaine, où on met en avant tout ça. Mais moi, j'adorerais qu'il y ait des cours de cuisine de manière...
- Speaker #0
Un éveil.
- Speaker #1
Un éveil à la cuisine. Un éveil à la cuisine. Et puis surtout connaître les produits. Parce que moi, ça m'est déjà arrivé quand ma fille était en primaire. J'offrais à sa classe tous les ans, entre le CP et le CM2, un atelier de cuisine avec les gamins. Et je faisais ça souvent en mai parce qu'il y a quand même pas mal de légumes. J'arrivais avec les causes de petits pois. Ils me disaient, c'est quoi ? Et ils ouvraient. Ils disaient, ah bah, c'est vert, c'est rond, c'est des petits pois. Sauf qu'ils connaissaient les petits pois d'aussi. on peut l'aider là, c'est ce qu'on peut le dire, en conserve. Pareil pour la rhubarbe, ils ne savaient pas ce que c'était. Les feuilles d'épinards, j'arrive avec mes énormes feuilles d'épinards qui se réduisent vachement après. Et en fait, ils adoraient ça. Je fais des sous. C'est rigolo en fait. Il y a de la couleur, il y a de la texture. Voilà, exploratoire. Donc oui, ce serait bien. Moi, je veux bien aller au ministère de la Jeunesse et devenir consultante pour eux. J'aurais plein de choses. Appel.
- Speaker #0
L'appel est lancé. L'appel est lancé. Merveilleux de terminer sur cet appel. Merci beaucoup Virginie pour cet échange et pour tout ce que tu mets en place et le fait de pouvoir bousculer les choses tout en restant soi, je pense que c'est ce qu'on va garder de cet épisode.
- Speaker #1
Merci beaucoup Émilie.