- Speaker #0
Bonjour Julie, bienvenue dans Elsa Gis,
- Speaker #1
merci de me recevoir.
- Speaker #0
Avec grand plaisir, je t'accueille autour de la sortie de ton livre et aussi pour qu'on revienne sur ton parcours. Julie, tu as grandi surtout autour de ta passion pour le tennis, le sport qui fait vraiment une partie de ta vie, en tout cas sur l'enfance, qui a vraiment marqué les choses. Il y a un rapport au corps et au bien-être qui était déjà là, à la performance aussi, mais la performance saine. Jusqu'à l'adolescence, où se sont mêlés des faits, des copains à ta vie, des choses assez normales. Mais tu dis dans ton livre que tu as repoussé les limites, même jusqu'à l'insolence. Et du coup, d'être un petit peu perdue dans tout ça. Quelque chose qu'on peut vivre plus ou moins intensément serait sur cette période. Et ensuite, on y reviendra, mais une maladie t'a poussé à remettre un petit peu tout en question. Tu vas nous en parler, tu vas nous la présenter. Et petit à petit... tu as repensé à cette relation avec la santé, l'alimentation et le corps. Mais déjà vers 30 ans, ce que tu disais, c'est que tu as découvert la naturopathie et que tu as décidé de te former aussi. Et c'est justement après cette formation, pendant la formation, ça faisait déjà un moment que tu étais rentrée dans la formation, que la maladie, comme je disais, s'est liée à ce moment-là. Un peu comme si les deux avaient un message à te porter au même moment.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc, de quoi on va parler aujourd'hui ? Ça va être de ta vie de femme, de mère, d'entrepreneuse, parce que finalement tout est imbriqué, un peu comme tu l'expliques aussi bien dans ton livre, le bien-être intérieur et le bien-être extérieur, que parfois l'un on y orle et l'autre ou l'autre. Et je voulais commencer par une question, est-ce que, alors quelque part, ton corps, à un moment de ta vie, est venu te dire Quelque chose que tu n'écoutais pas encore, et je ne veux pas forcément parler de la maladie qui est une maladie en soi et que l'on ne peut pas éviter, mais est-ce qu'il y avait quand même des signes d'autres choses qui t'ont poussé à terme à te former et à changer de cadre de vie ? Mais est-ce qu'il y a eu des signes que tu n'écoutais pas ?
- Speaker #1
Je pense, mais comme je ne les écoutais pas, je n'en ai pas forcément conscience. Même avec le recul ? C'est ce que j'allais te dire maintenant, un petit peu plus. avec le recul effectivement, je pense que j'ai toujours eu un... Deuxième cerveau, donc un intestin qui essayait de communiquer avec moi depuis le plus jeune âge finalement, mais je suis passée par toutes les étapes classiques que j'entends maintenant chez les personnes que j'accompagne, c'est-à-dire qu'on a commencé par me dire qu'avoir un ventre jamais plat, c'était normal, puisque ma mère, ma sœur avaient aussi un ventre rebondi, c'était de famille. Ok, donc je me suis contentée de ça. Puis, je faisais des crises d'acétone quand j'étais enfant, et on m'avait dit, plus tard, quand vous ferez des excès, vous aurez des maux de tête, effectivement. dès que je faisais des petits écarts, des excès, au goûter d'anniversaire enfant, un peu plus tard après, en soirée avec des amis, j'avais des maux de tête impossibles. Mais pour moi, c'était normal, on me l'avait dit, puisque c'était lié à ces crises d'acétone enfant. Donc j'avais toujours quelque chose qui me...
- Speaker #0
Qui te reliait à une raison. Exactement.
- Speaker #1
Donc jusqu'à ce que la maladie se déclare, je n'ai pas été chercher plus loin que les réponses aujourd'hui qui ne me suffiraient pas, mais qui à l'époque... me suffisait largement pour me dire que c'était normal finalement ce qui m'arrivait.
- Speaker #0
Donc ce que tu nous dis c'est qu'il y a une vraie part d'ancrage, d'ancrer quelque chose, une vérité qu'on ne va pas toujours chercher à vérifier en fait.
- Speaker #1
C'est ça et je me bats contre ça aujourd'hui justement pour être passée par là et parce que je vois que c'est très courant en fait chez la plupart des femmes, voire la quasi-totalité des femmes que j'accompagne. Alors je dis toujours les femmes mais je... Je suis tout à fait ouverte à accompagner des hommes. C'est juste que j'ai beaucoup plus de femmes, donc je leur parle plus. Mais en fait, je vois chez elles qu'elles acceptent beaucoup de situations et beaucoup de choses qui ne devraient pas être considérées comme normales. Et aujourd'hui, j'essaye de faire bouger les choses avec le livre, entre autres. Mais au quotidien, dans tout ce que je dis, j'essaye d'expliquer aux femmes que ce n'est pas normal de vivre avec toutes ces douleurs. c'est pas parce qu'on est des femmes qu'on doit avoir forcément,
- Speaker #0
qu'on doit subir toutes ces choses là oui et tu parles de douleur tu parles pas de choses qui sont difficiles de contraintes mais c'est vraiment des douleurs je parle d'inconfort,
- Speaker #1
de douleur je parle d'inconfort ou de douleur puisque c'est vrai que ça peut aller jusqu'à la douleur au quotidien nous on est habitués quand même en tant que femmes dès qu'on a nos cycles menstruels qui arrivent, on est nombreuses à avoir des douleurs et on nous dit c'est normal c'est comme ça, c'est la condition de femme en gros puis on accouche, on souffre encore pour beaucoup, c'est compliqué l'accouchement il y a plein d'étapes comme ça qui sont ancrées dans le monde et qui sont culturellement complètement normaux on souffre Mais c'est normal.
- Speaker #0
Mais c'est normal. Est-ce que tu peux nous raconter comment justement la naturopathie a rentré dans ta vie ? À quel moment et comment tu as été chercher justement ces réponses, des nouvelles réponses en fait à ce qu'on te disait, à ces vérités qu'on te racontait ?
- Speaker #1
Alors la naturopathie est arrivée vraiment par hasard sur mon chemin. En fait, j'ai rencontré, à ce moment-là, je vivais encore à Paris, j'avais une petite agence de communication digitale et j'ai rencontré une personne avec qui j'étais censée collaborer pour un projet. Et cette jeune fille, cette femme me dit, elle aussi travaille dans la communication, et elle me dit mais j'ai aussi une formation de naturopathe mais j'exerce pas trop, je fais plutôt de la communication. Et je lui dis mais c'est quoi naturopathe ? Je connaissais absolument pas et j'avais 28 ans, 30 ans. Et elle m'explique que c'est une approche naturelle de la santé, que dans cette approche, on cherche plutôt les causes, qu'on s'occupe de toute l'hygiène de vie. Et en fait, je tombe en amour pour tout ce qu'elle me dit. Et je me dis, c'est dingue, parce que c'est tout ce qui me passionne depuis toujours. Et je ne savais pas que c'était... Qu'il y avait un mot coupé. Exactement. Donc là, comme une bonne... Je ne sais pas le terme, mais en tous les cas, dès que j'ai une passion, je plonge dedans. Donc je commence à lire beaucoup de livres, à m'y intéresser de plus près, et puis forcément à un moment donné j'ai envie d'aller plus loin, donc je me dis je vais me former. Mais je pense pas du tout à ce moment-là que je vais en faire mon métier, ma vie, ma vocation, tout ce qui va arriver derrière. Je me forme, comme je dis souvent, comme j'aurais pu prendre un abonnement dans une salle de sport. C'est un loisir parce que j'aime apprendre, donc je choisis une formation quand même plutôt sérieuse, en trois ans, je fais pas au plus court. Et en fait, pendant ces trois ans... je commence à expérimenter tout un tas de choses qui vont changer complètement mon approche de la santé et de la forme du bien-être.
- Speaker #0
Quel est justement l'élément ou le fait le plus marquant qui a changé ta vision ? Il y a quelque chose de particulier ?
- Speaker #1
En fait, c'est un des piliers de la naturopathie, c'est le causalisme. C'est-à-dire que la médecine conventionnelle traite les symptômes. Là, avec la naturopathie, on s'intéresse aux causes. Et moi, j'ai adoré ça. J'ai trouvé ça passionnant et je me suis dit, enfin, finalement, on peut avoir le pouvoir. Et moi, je suis quelqu'un qui a du mal à lâcher prise, qui est beaucoup dans le contrôle. Je travaille sur ça, mais c'est encore en moi. Donc, j'avais l'impression de tout d'un coup gagner des super pouvoirs. Je me dis, en fait, on peut aller comprendre les causes et donc régler les problèmes. J'ai trouvé ça magique.
- Speaker #0
Donc, ta formation, est-ce que aussi pour redéfinir le métier, comment toi, tu le définis ? Avant d'aller vers les critiques qu'il peut y avoir autour de ce métier, notamment en ce moment sur les réseaux, etc., qu'est-ce que tu as à répondre aussi autour de ça ?
- Speaker #1
Alors, moi, je le définis comme une approche complémentaire, en fait, à la médecine conventionnelle. C'est absolument pas autre chose que ça, qu'un complément. On ne remplace absolument pas un médecin traditionnel, que les choses soient bien claires, malgré ce qu'on peut entendre parfois. Et c'est une approche globale, justement, qui s'intéresse aux causes et pas que aux conséquences et aux symptômes, en utilisant tout un tas d'outils, de techniques naturelles pour essayer de redonner au corps sa force d'autoguérison. Donc le corps, selon nous, selon moi, mais selon nous les naturopathes, il a une force innée d'autoguérison. Quand on lui donne ce dont il a besoin, il est capable de se réparer. Et en fait, on met en place tout ce qu'il faut autour de l'hygiène de vie de manière naturelle pour lui redonner sa capacité d'autoguérison.
- Speaker #0
Ok. Et justement, par rapport aux critiques qu'il peut y avoir sur ce métier, qu'est-ce que tu entends, qu'est-ce que tu n'entends pas, qu'est-ce que tu comprends, qu'est-ce qui peut faire peur en fait ?
- Speaker #1
J'entends en fait que ce métier et cette approche puissent faire peur parce qu'il y a beaucoup de dérives en fait. Il y a beaucoup de gens qui justement pensent avoir des super pouvoirs, mais comme tout super pouvoir, il y a toujours du bon et du mauvais, et qui ne les utilisent pas forcément à bon escient, qui pensent en fait l'inverse de ce que je viens de dire, c'est-à-dire qu'ils ont la capacité de remplacer la médecine conventionnelle. et de sauver des maladies aigües, des cancers, des choses comme ça. C'est absolument incongru, en fait. C'est inentendable. Donc, évidemment, malheureusement, comme très souvent dans tout type de population, quand il y a quelques voyous, eh bien, c'est tous les gens de ce même profil qui en subissent les conséquences. Mais si on part du principe qu'on agit en complément... Déjà, on se met à l'abri de tout un tas de déviances.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux aussi nous raconter à quel moment la maladie est arrivée dans ta vie ? Comment et qu'est-ce que ça a changé ? Parce que du coup, c'est justement cette prise de conscience qui s'en espérit, etc.
- Speaker #1
Alors, la maladie est arrivée de manière assez symbolique quelques mois après mon diplôme de naturopathe. Et pas avant comme souvent. On entend souvent, on a une maladie, donc on se forme pour trouver des solutions, etc. Non, moi, ça ne s'est pas fait dans ce sens-là. Je me suis formée par intérêt, comme je le disais tout à l'heure. Et puis, après mes trois ans, j'ai été diplômée en juillet. Et en décembre, j'ai été diagnostiquée de ma pathologie inflammatoire chronique de l'intestin. Donc, c'est arrivé un an après la naissance de mon premier enfant. Dans un climat, donc, comme vous pouvez l'imaginer, de jeune maman. qui cherche à tout avoir sous contrôle, qui veut faire tout parfaitement, donc il se met une pression de dingue, avec des nuits forcément très courtes, donc un sommeil complètement déséquilibré, avec une agence de communication à faire tourner, donc très peu de congés maternités. J'ai repris, je pense, une semaine après avoir accouché le travail. Et avec une approche alimentaire, et c'est là où la naturopathie classique a eu ses limites pour moi. C'est-à-dire que j'ai suivi ce que j'ai appris en naturopathie, cette alimentation dont on parlait, soi-disant vivante et adaptée, et j'en ai vu les limites sur ma pathologie. Donc c'est pour ça que j'ai dévié un petit peu et qu'aujourd'hui je parle de ça et de plutôt manger digeste que sain dans mon livre. Mais voilà, je ne sais pas si j'ai répondu à ta question, j'ai dit de rester. Si,
- Speaker #0
l'idée c'était de savoir comment c'était arrivé effectivement et comment tu l'as... Justement là tu nous dis qu'effectivement tu as fait ce lien avec... ce que tu étais en train d'apprendre, ce que tu venais d'apprendre et que finalement tu te l'es aussi adapté à toi. Mais comment tu l'as vécu aussi dans une vie de femme et de mère, cette arrivée de maladie ?
- Speaker #1
Alors je l'ai vécu comme une injustice terrible. Quand on m'a diagnostiqué cette RCH, tout d'abord ça a été fait de manière très violente, comme c'est encore fait aujourd'hui d'après ce qu'on me rapporte, on m'a fait une coloscopie. On m'a remis un petit papier, moi j'ai cette image, mais je sais pas en vrai si on m'a remis un petit papier, mais je sais pas pourquoi j'ai cette image en tête. On m'a remis un petit papier avec écrit RCH, et on m'a dit c'est une maladie chronique, c'est à vie, allez voir votre gastro, il vous expliquera. Et je suis partie avec ça. La violence. Voilà. Et donc là dans la voiture j'ai pleuré, je me suis dit j'ai un truc à vie, donc c'est grave, c'est à vie, je peux pas le soigner. Donc j'ai beaucoup pleuré avant de rentrer chez moi et de reprendre toute ma posture de femme forte et de dire à mon chéri que j'avais quelque chose d'un petit peu inquiétant, mais que j'allais trouver une solution, il n'y avait pas d'inquiétude à avoir sur ça. Donc ça a été assez violent et ça a été surtout, comme je le disais, très injuste parce que je venais de passer trois ans à me former pour devenir naturopathe et aider les gens à retrouver la santé et moi je la perdais à ce moment-là. Je me suis dit mais pourquoi en fait ? que j'ai trouvé ça vraiment injuste et ça a été compliqué parce que j'avais un premier enfant qui avait un an parce qu'il a fallu gérer tout ça j'avais envie d'un deuxième enfant aussi on me proposait un traitement médical mais moi je venais d'être formée à une approche naturelle donc ça a été un
- Speaker #0
chamboulement total et comment l'équilibre est revenu à un moment ? Merci d'être venu.
- Speaker #1
Il est revenu par chance, oui, il est revenu. Mais ça a mis du temps. Ça n'a pas été du jour au lendemain. Je suis passée par plein d'étapes. Donc après l'injustice, j'ai repris un petit peu possession de mon esprit. Et j'ai eu une première étape pour faire courte, en fait, de fin de... Donc cette première grossesse était arrivée à terme. On a eu envie d'un deuxième enfant. Donc ce n'était pas terrible d'être en poussée inflammatoire pendant la grossesse. Donc j'ai pris le traitement médical. qu'on m'avait recommandé jusqu'à la fin de l'allaitement de mon deuxième enfant. Je l'ai allaité six mois, donc voilà, ça a été jusque-là. J'ai suivi le traitement médical pour endormir la maladie et voilà. Et à l'issue de ça, je me suis dit bon ça y est, maintenant je récupère mon corps. Je l'ai vraiment senti comme ça. Maintenant que mon corps est de nouveau que pour moi, je vais pouvoir faire comme j'ai envie pour essayer de trouver des solutions. Et là a commencé toute une série de tests, d'expériences. T'as expérimenté, ouais. J'ai tout. J'ai expérimenté tous les régimes alimentaires qui existaient à ce moment-là. J'ai pris tout un tas de compléments. J'ai vu plein de thérapeutes. J'ai fait beaucoup de choses pour comprendre petit à petit. Mais je dirais que ça a bien mis deux grosses années quand même. Donc avec des hauts et des bas. Ça y est, j'ai trouvé. Et puis 15 jours après, non, en fait, ça ne suffisait pas. Avec beaucoup de fatigue aussi. Parce que d'être en inflammation permanente, c'est épuisant pour le corps. Il est en guerre tout le temps, en fait. Donc beaucoup de fatigue. Plus des enfants en bas âge. plus toujours beaucoup de temps. travail et de projet, donc beaucoup de fatigue, beaucoup de montagnes russes. Et puis enfin, le soleil derrière les nuages, l'équilibre.
- Speaker #0
Et donc ça passe par ce que tu disais, manger sain, oui, mais surtout manger digeste. C'est ça. C'est vraiment été ça ta clé ?
- Speaker #1
Alors ça a été ma première clé. Ta première clé. C'est-à-dire de faire la différence entre ce que j'avais appris à l'école de naturopathie et ce qu'on entend partout comme étant manger sain, et ce qui est finalement manger digeste, c'est-à-dire adapter à ma capacité digestive et que mon corps était capable de digérer. Parce que manger sain, c'est pas forcément... digeste.
- Speaker #0
J'ai été surprise dans ton livre de certains aliments,
- Speaker #1
je me doute,
- Speaker #0
éviter ou en tout cas qu'ils peuvent causer...
- Speaker #1
En fait, ce qu'on fait souvent comme erreur, c'est qu'on pense qualité nutritionnelle de l'aliment et c'est ce qui le rend sain. Donc un aliment peut être très sain parce qu'il a une haute valeur nutritionnelle, mais il n'est pas pour autant digeste parce qu'on n'est pas forcément capable de bien le digérer. Donc on ne profite pas en plus de ses capacités digestives. Donc ça, ça a été la première étape, c'est-à-dire... comprendre ce qui était manger sain pour moi à ce moment-là. Digeste, pardon. Mais ça n'a pas suffi. Ça a suffi un temps et je me suis dit, ah ça y est, enfin ma pathologie est en rémission, je suis tranquille, etc. Et puis, la vie a fait que je me suis, du coup, j'ai repris un petit peu de poil de la bête. Donc, mon tempérament d'entrepreneur qui aime les défis, les challenges, etc. a repris le dessus. Et de nouveau, j'ai eu des poussées et je me suis dit, ok, donc ça ne suffit pas en fait. Manger digeste, c'est bien, mais ça ne suffit pas. Le deuxième vraiment game changer, comme on dit, ça a été de comprendre le lien entre l'intestin et le cerveau et comprendre que mon système nerveux était le principal ou en tous les cas aussi important que ce que je mettais dans mon assiette. L'état de mon système nerveux était aussi important que ce que je mangeais finalement. Et quand j'ai compris ça et que j'ai commencé à travailler sur la régulation de mon système nerveux, là vraiment... j'ai réussi à équilibrer complètement.
- Speaker #0
Mais comment tu t'es rendue compte de ça ? En testant aussi ? En faisant des liens.
- Speaker #1
C'est-à-dire à chaque fois que j'avais des poussées, des débuts poussés, des inconforts, de nouveau de l'irritabilité, tout ce que j'avais vécu les années précédentes, c'était toujours quand je m'en mettais ras la casquette, que j'étais fatiguée, que j'avais beaucoup de stress, beaucoup de tension. C'est lié. Voilà, je me suis dit, c'est pas possible, je mange la même chose. Et donc en fait, j'avais pas fait ce lien au préalable. Je savais qu'il fallait que je sois détendue, que je respire, etc. à la base. Mais je n'étais pas allée plus loin que ça.
- Speaker #0
Donc notre rythme de vie, rythme, notre digestion.
- Speaker #1
Aussi, tout à fait. En tous les cas, l'équilibre de notre système nerveux, qui lui est lié au rythme de vie, mais aussi à la pression qu'on se met, aux croyances limitantes. Donc je suis allée chercher aussi plus loin. Ce n'est pas le plus confortable. C'était finalement plus facile de chercher juste à manger, digeste, entre guillemets. Là, c'était rentrer aussi dans pourquoi je courais après tout un tas de projets, de défis, pourquoi j'avais besoin d'en faire autant. qu'est-ce que je voulais prouver, à qui ? Il a fallu quand même que je fasse un travail assez approfondi, qui est encore en chemin, je pense que ce sera toute ma vie, mais en tous les cas, qui porte ses fruits, qui a porté ses fruits petit à petit et qui m'a permis de trouver l'équilibre.
- Speaker #0
Comment tu vis là avec justement ta maladie ?
- Speaker #1
Je suis en rémission totale depuis des années maintenant. Alors je ne dis pas que je n'ai plus jamais de début de poussée ou de petits signaux, ça reste quand même une épée de Damoclès.
- Speaker #0
Tu y penses quand même ?
- Speaker #1
J'y pense moins. J'y pense surtout quand je suis un peu en vadrouille, on va dire, que je ne suis pas dans mon cadre avec mes routines, avec l'alimentation que je choisis, avec le rythme que je choisis. Là, j'y pense un peu plus. Je suis plus vigilante. Mais en tous les cas, j'ai une vie beaucoup plus apaisée et j'ai beaucoup moins de symptômes. Et puis je sais surtout maintenant comment réguler dès que je sens un début de quelque chose.
- Speaker #0
Oui, c'est moins inquiétant en fait, s'il y a quelque chose qui arrive. Parce que j'ai compris en fait.
- Speaker #1
Et puis je continue à réparer aussi mon intestin qui était en cause dans cette pathologie. Donc le fait de continuer en permanence à le réparer, je regague en capacité digestive. Donc je peux de nouveau faire des petits écarts que je ne pouvais plus faire. Donc voilà, je sens que je suis encore en progression permanente.
- Speaker #0
Et alors l'écriture du livre, elle est arrivée quand ? Et à quel moment tu t'es dit je vais aller proposer des maisons d'édition mon travail, mon idée et ma proposition, mon programme, etc.
- Speaker #1
Alors, je ne sais plus si je le dis dans le livre ou si je l'ai déjà dit ailleurs, mais j'ai toujours été convaincue que j'écrirais un jour un livre. Sauf que je ne savais absolument pas sur quoi, mais quand on me disait quel est un de tes rêves, un de tes ambitions, écrire un livre en faisait partie. Et puis, à force de presque dix ans de consultations naturelles en cabinet, j'ai pris conscience que le profil des personnes qui venaient me voir avait deux points communs principaux. Le premier, c'est qu'elles mangeaient souvent sain, mais pas digeste, et qu'elles ne faisaient pas la différence entre les deux. Et le deuxième, c'est qu'elles avaient très souvent un système nerveux dérégulé du fait aussi de la société dans laquelle on vit et du rythme de vie. Et s'est ajouté à cela le fait que 40% de la population française a des troubles digestifs. Donc je me suis dit, il y a quand même un message ou quelque chose que je peux faire passer pour aider toutes ces personnes qui continuent à essayer de manger de plus en plus sain. Et qui pourtant ne s'en sortent pas de leurs troubles digestifs. Et en plus, je suis convaincue que tout passe par le ventre. Donc que ce soit les troubles digestifs ou tous les troubles chroniques, finalement, pour moi, il y a toujours un lien avec le ventre. Donc ça m'ouvrait une possibilité d'aide de gens vraiment énorme. Et donc j'ai eu envie de passer ce message. Et quoi de mieux que de le faire à travers un livre ? Je le fais déjà sur les réseaux, via mon podcast, mais le livre m'a paru assez évident à ce moment-là.
- Speaker #0
Et alors, comment ça s'est passé l'écriture ? Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as été chercher encore dans tout ce qu'on vient d'évoquer, mais encore un peu plus loin ? Comment tu l'as vécu ce livre que tu avais tant envie d'écrire ?
- Speaker #1
Je l'ai bien vécu, donc je suis contente. Ça n'a pas été un calvaire. Non, je l'ai très bien vécu. Je n'ai pas du tout souffert de la phase d'écriture. J'ai eu l'impression plutôt de... de sortir quelque chose qui était prêt déjà au fond de moi, de déverser quelque chose que j'avais au fond de moi. Donc ça s'est fait de manière assez rapide, le plus gros évidemment. Après, comme on le disait tout à l'heure, les petits détails, ça prend un peu plus de temps. Mais en tous les cas, le gros du livre, le plan, les grandes parties, je l'avais au fond de moi.
- Speaker #0
Dans ton livre, il y a aussi une pluralité de disciplines, où tu mêles les bienfaits aussi du yoga, on voit que tu pratiques, aussi la respiration, la visualisation, etc. ça aussi c'est venu un moment où c'était dans ta recherche justement de ces outils de bien-être ou quel est ton rapport avec ces disciplines là et est-ce que ça fait partie aussi d'un tout, est-ce que même quand on est naturopathe c'est bien d'aller chercher aussi ailleurs
- Speaker #1
Alors, disons que ça a toujours été en moi, puisque depuis toute petite, comme tu le disais au début, j'ai toujours fait du sport, beaucoup en compétition. Donc le rapport au corps, à l'activité physique, au sport a toujours été très important pour moi. Et au moment où je suis tombée enceinte de mon premier enfant, je n'ai plus envie de courir ou ce que je faisais avant, des sports un peu plus violents. Mais par contre, j'avais toujours quand même envie de continuer à bouger mon corps. Et c'est là que j'ai découvert le yoga. Donc mon premier enfant va avoir 12 ans, enfin il a 11 ans, donc ça fait 11 ans que je pratique le yoga vraiment de manière assez intensive et que je me suis rendu compte que ça avait été d'une aide très précieuse pour justement l'équilibre de mon système nerveux. Donc c'est pour ça que j'en parle dans le livre, mais je propose aussi d'autres. Il se trouve que je me suis formée et que maintenant je donne des cours de yoga, donc c'est vrai que c'est ce dont je parle en priorité, mais il y a plein d'autres choses qui peuvent aider. à l'équilibre, ça fait vraiment partie de l'équilibre, c'est pas indispensable, mais le yoga n'est pas indispensable, mais les approches complémentaires, je pense, le sont.
- Speaker #0
Est-ce que tu trouves que du coup on communique bien sur l'alimentation ? On se trompe de communication ? Je sais pas, manger les fruits et légumes par jour à 5, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est déjà bien de le faire ? Oui, je pense quand même, mais est-ce que tu trouves qu'on... On a une culture de l'alimentation qui n'est pas juste, en fait.
- Speaker #1
Je pense qu'on se trompe un peu.
- Speaker #0
On se trompe.
- Speaker #1
Enfin, on se trompe un peu. Là où on se trompe, je trouve, c'est qu'on essaye de promouvoir un seul chemin. Comme si on devait tous manger la même chose. Et c'est dans ce sens déjà. Je pense qu'on se trompe parce qu'on ne personnalise pas l'alimentation. Les règles alimentaires, elles sont pareilles pour tout le monde. Alors, on personnalise un peu homme, femme, enfant. C'est très vague. Mais on ne s'adapte pas forcément. Pour moi, une personne, entre un enfant, une personne âgée ou un grand sportif, il y a des différences. Pour une femme, entre la grossesse, la ménopause ou à 70 ou 80 ans, les besoins sont complètement différents. Une personne qui médite toute la journée dans les Cévennes ou qui est chef d'entreprise à Paris, elle n'a pas les mêmes besoins, elle n'a pas la même capacité digestive. Donc, je pense qu'on manque de nuances, cruellement, dans les épisodes. Pour moi, les cinq fruits et légumes par jour, ce serait plutôt quatre légumes et un fruit déjà. Parce qu'on ne fait pas, et ceux qui mangent cinq fruits et zéro légume,
- Speaker #0
ce n'est pas bon.
- Speaker #1
On n'est pas forcément dans l'équilibre. Donc ça aussi, ce n'est pas ajusté. On a des grandes lignes. C'est sûr que c'est mieux que rien, peut-être, pour certains, mais ce n'est pas suffisant selon moi.
- Speaker #0
C'est ça le message que tu veux vraiment faire passer, c'est de s'écouter, s'adapter, adapter ce qu'on reçoit comme info.
- Speaker #1
C'est un des messages. J'ai un grand message que j'aimerais faire passer. C'est celui que j'appelle de la nouvelle santé. C'est-à-dire le message qu'il faut revenir à de la prévention et à des choses simples. C'est tellement dommage d'attendre d'être malade pour prendre soin de sa santé. Je trouve ça triste qu'on ne se préoccupe pas plus du corps dans lequel on vit, que nos enfants ne soient pas formés à ça. un enfant qui a bac plus 15 mais qui est malade, quel intérêt ? Qu'est-ce qu'il va faire avec son bac plus 15 s'il est malade ? Donc mon grand message il est là. Après plus spécifiquement sur l'alimentation, oui c'est le manque de personnalisation et d'écoute aussi d'arrêter de se dire que tout est normal mais parce que tout ce qui est simple aussi dans la vie, tout ce qu'on trouve facilement c'est jamais ce qui est le plus adapté à la santé en fait le monde tourne un peu à l'envers c'est compliqué de trouver des choses en termes d'alimentation dans les gares, dans les collèges, partout tout ce qui est facile c'est rarement ce qui est bon pour soi, c'est très transformé très sucre, ça c'est aussi un danger pas possible, donc voilà j'ai beaucoup de messages c'est bien,
- Speaker #0
c'est bien Elsa Giste c'est pour ça aussi et justement dans Elsa Giste on a des questions signatures notamment pour toi pour toi Agir, qu'est-ce que ça signifie ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, agir, c'est passer à l'action et c'est surtout mettre du sens dans ce qu'on fait. Moi, j'ai besoin de sens, en fait. Et mon sens personnel, c'est d'aider les autres. Et même si je peux rêver un peu plus grand, ce serait d'avoir vraiment un impact plus important au niveau d'une ville, d'une commune, d'un pays. Enfin, c'est avoir de l'impact.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu ou tu as encore une femme qui t'inspire, qui a une définition d'elle agisse, qui te donne envie d'agir, qui t'a peut-être même inspirée à un moment ? Ça serait qui et pourquoi ?
- Speaker #1
Ce n'est pas facile parce que je n'en ai pas une qui me vient comme ça. Il y en a plein dans plein de domaines différents. Après, je ne suis pas toujours très bonne pour retenir les noms.
- Speaker #0
Tu n'as pas forcément eu de... Non, de personnes ou de déclics. Après, ça peut être aussi... J'ai une autre forme de question. C'était autour, par exemple, d'un moment marquant, un livre aussi, ou parfois un film, quelque chose qui nous marque, qui nous fait passer un tournant et qui soit nous pousse dans l'action ou en tout cas nous pousse dans notre vie à toujours continuer.
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas non plus quelque chose de très précis, mais c'est... Peut-être que pour répondre quand même un petit peu à ta question, je pourrais dire ma maman. C'est peut-être un peu simple, mais en tous les cas, ma maman, elle m'a toujours dit une chose. Elle m'a toujours laissé croire que tout était possible, quand on s'en donne les moyens, bien sûr, mais que tout était possible. Et j'ai ça en moi, mais vraiment chevillée au corps. Et je suis persuadée, en fait, que quand on a envie, qu'on s'en donne les moyens, c'est possible. Et ça, c'est quelque chose qui a dicté, qui a accompagné plutôt ma vie depuis toujours.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un autre domaine que celui, et ce qu'on vient d'aborder, qui est ton domaine aussi de prédilection, mais où tu aimerais voir plus d'action ? Ça serait quoi et pourquoi ?
- Speaker #1
Alors, ça serait la santé, on en a parlé, mais ça serait peut-être du coup, en extrapolant un petit peu l'éducation. Moi, j'aimerais que la santé... fassent partie de l'éducation, c'est-à-dire que je rêverais de cours d'hygiène de vie à l'école. Comme je le disais, qu'on apprenne aux enfants dès le plus jeune âge à prendre soin d'eux, à prendre soin de leur corps, à manger des choses qui leur font du bien et qui les nourrissent vraiment, à prendre soin de leur système nerveux, à apprendre à respirer. Il y a des petites initiatives à droite à gauche ou dans d'autres pays même, avec des résultats fous. Des enfants qui méditent à l'école et qui sont beaucoup plus attentifs. Il se passe des choses. Il est possible de faire des choses, mais il faut que ce soit une priorité, bien sûr, pour l'éducation nationale. Mais voilà, la santé, l'éducation. Je pense que c'est l'avenir de la société, d'une société. S'il n'y a pas d'éducation et il n'y a pas de conscience de la santé, la prévention santé, on ne peut pas faire grand-chose derrière.
- Speaker #0
Merci beaucoup Julie, merci pour cet échange et je ne manquerai pas de mettre le nom de ton livre et comment y accéder, ton site, etc. On peut te retrouver sur Instagram aussi, avec grand plaisir. En tout cas, merci pour cet échange. Merci,
- Speaker #1
merci Émilie, merci beaucoup.