- Speaker #0
Musique Bonjour et bienvenue dans Elles Agissent, le podcast qui donne la parole aux femmes qui font bouger les choses. A chaque épisode, je donnerai la parole à une femme pour qu'elle nous présente son univers, son métier, ses convictions. Ce sera aussi l'occasion pour elle de nous parler d'un sujet en particulier qu'elle affectionne ou qu'elle souhaite nous présenter. Ce sont des femmes inspirantes qui nous... pousse à nous interroger, à réfléchir, à avancer. Et moi, à chaque fin d'épisode, je suis vraiment motivée pour agir et j'espère que ça sera pareil pour vous. Hello, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode d'Elles agissent, où aujourd'hui j'interview Diane Marty, que vous connaissez peut-être sous le pseudo une vie de môme preneur sur Instagram Avec Diane, dans cet épisode, on va revenir sur ce que je pourrais qualifier de tourbillon de la vie, avec, vous savez, ces expériences complexes qui parfois rentrent dans notre vie, ces événements imprévisibles qui chamboulent tout ce qu'on pouvait avoir planifié. On a beau vouloir prévoir des choses, la vie, quand elle décide de revenir à nous et de donner des éléments totalement différents, il n'y a pas grand-chose à faire que de la suivre. C'est ce qui est arrivé à Diane à plusieurs reprises. Elle nous raconte dans cet épisode de son coup de foudre pour un Crétois et la Crète, à son retour en France, à sa vie partagée entre la Normandie et la Crète, au désir très profond de sa fille de les retrouver ses racines et de les partir vivre en Crète, que Diane a écouté et a suivi, à cette grossesse qu'elle vit actuellement de jumelle en tant que maman solo. Diane, c'est une femme qui rebondit, qui agit, mais surtout... qui a dépassé sa peur de décevoir. Si Diane, pour l'énergie, pour ce discours vrai et sans filtre que tu viens d'accorder à Elsa Gies, je vous souhaite une très bonne écoute et je vous dis à très vite. Bonjour Diane.
- Speaker #1
Bonjour Émilie.
- Speaker #0
Comment vas-tu aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je vais très bien. Je suis très contente d'être avec toi ce matin et d'enregistrer ce podcast.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis ravie. Donc, toi, tu es en Crète. C'est bien ça, aujourd'hui. Et puis, installée, en fait.
- Speaker #1
Alors, pas exactement. Moi, je suis entre... Oui, on va découvrir ensemble que j'ai une vie peu conventionnelle.
- Speaker #0
Ça commence dès la première phrase.
- Speaker #1
Enregistrer ce podcast, en fait, à cette période de ma vie. En fait, je suis enceinte de jumeaux. L'idée, c'est d'inspirer les femmes qui nous écoutent à être moins dures avec elles-mêmes. J'espère apporter la preuve. que tout est adaptation et qu'on peut y arriver en nettoyant un petit peu des conditionnements et la pression qu'on se met. Mais alors, en gros, pourquoi c'est peu conventionnel ? Parce qu'en fait, moi, je vis entre la Crète, où sont mes deux premiers enfants, et la Normandie, où j'ai ma maison et aussi un quotidien, qui là, pour le coup, est chamboulé.
- Speaker #0
Oui, donc tu as… Oui, voilà. là actuellement on se parle tu es en Crète mais ce n'est pas ton point d'ancrage définitif en tout cas tu es mobile et tu as une vie qui est comme ça qui est mobile voilà entre les deux et je vais rentrer accoucher en France et puis ensuite revenir en Crète pour connecter
- Speaker #1
ce petit monde et puis créer une famille recomposée créer une famille recomposée ouais qui t'appartient et qui
- Speaker #0
et qui a tout son sens, même si elle est atypique, elle est là, elle va être belle. On va revenir dessus de toute façon. Est-ce qu'avant de rentrer dans tous ces détails et tout ce jamboulement actuel, tu peux te présenter tout simplement de la manière dont tu souhaites pour les personnes qui ne te connaissent pas ? Qui es-tu personnellement, professionnellement ? Tu te présentes comme tu veux.
- Speaker #1
D'accord. Alors, merci pour la flexibilité, parce que c'est toujours un exercice un petit peu difficile pour moi de me présenter de moi-même. Chacun, après, a sa perception, en fait, de l'autre. Mais pour faire simple, je m'appelle Diane Marty. J'ai un compte Instagram sur lequel on peut suivre mon quotidien, qui s'appelle « Une vie de mompreneur » , c'est-à-dire la vie d'une maman entrepreneur. à l'époque où j'ai créé ce compte, j'étais installée pour le coup en crête avec mes... deux premiers enfants et je cherchais une solution pour pouvoir être femme au foyer mais développer une carrière professionnelle quand même dans l'entrepreneuriat. J'ai eu plusieurs changements de vie, je suis connue pour ça. Quand j'ai divorcé du père de mes enfants qui est crétois, je suis rentrée en France avec mes enfants où le challenge a été d'accompagner ma communauté vers l'achat d'une maison. en étant entrepreneur seule avec des enfants, puis de participer à la création d'une école alternative parce que j'avais des enfants qui avaient développé une mentalité particulière en ayant une double culture. Et ensuite, un autre changement, c'est que ma fille aînée a demandé à rentrer vivre en Crète auprès de sa famille et de son village en Crète et que je me suis retrouvée avec... Ma maison, tout ce que j'avais construit un petit peu sur les bras, je l'ai ramené en Crète. Et puis alors que je m'apprêtais à partir en voyage, tout ça je le raconte sur Instagram, j'étais partie à Bali. J'ai appris à Bali que j'étais enceinte et en plus que ça allait être des jumeaux d'un nouveau compagnon qui, lui, n'était pas du tout, du tout, du tout prêt à devenir père. Donc, aujourd'hui, j'alimente ce compte Instagram un petit peu comme un blog. Et j'échange avec plein de femmes sur le quotidien. Et c'est ce que la vie nous propose, nous amène et nous demande de résilience.
- Speaker #0
Pour bien situer dans le temps, puisque tu disais que c'était lors de ton voyage à Bali, etc. Là, tu es enceinte de combien de mois ?
- Speaker #1
je suis, alors on compte en semaines tu sais sur des trucs comme ça je suis à 23 semaines à 23 semaines,
- Speaker #0
t'as mes nouvelles c'est ça ?
- Speaker #1
ouais c'est ça,
- Speaker #0
donc je suis à plus de la moitié bon ok et donc du coup effectivement c'est vrai qu'en fait finalement cette première question de qui tu es ça englobe tellement de choses finalement dans ton parcours et dans ta vie parce que aussi ce qui est extrêmement lié, c'est ton rôle de maman et de femme d'affaires en fait,
- Speaker #1
les deux l'un ne se sépare pas de l'autre moi j'ai l'habitude de séparer les deux questions tu es et qu'est-ce que tu vends, or là dans ce podcast, moi j'ai plus envie de parler de qui je suis moi, Diane, par rapport aux événements de la vie que je traverse c'est que beaucoup beaucoup d'autres femmes en fait ont traversé, sont en train de traverser et les amener peut-être à être un peu moins dures avec elles-mêmes en donnant les clés en fait de ce que moi j'ai compris.
- Speaker #0
Alors tu dis souvent, tu es revenue pas mal sur ce terme d'être dure avec soi-même. Toi, tu trouves que tu l'as été avec toi ?
- Speaker #1
Énormément. Et je pense que c'est pour ça d'ailleurs que ma vie professionnelle s'est dessinée assez tard en fait. Parce que moi ma vie professionnelle s'est dessinée, j'avais 27 ans. Et elle n'a rien à voir avec le parcours d'études que j'ai eu, ni les diplômes que j'ai eu. Et j'ai été très, très, très difficile avec moi-même. J'avais cette idée, et je pense qu'elle est partagée par beaucoup de monde, qu'il fallait que je réussisse ma vie. Il fallait que je réussisse ma vie. Il fallait que je devienne quelqu'un. Il fallait que je... que je fasse le meilleur des compromis pour satisfaire mes parents, mes amis. Je trouvais que je trouvais ma place, mais avec cette contrainte et cette pression de réussir. J'ai repris à Paris très longtemps, j'ai fait des études de droit, d'économie.
- Speaker #0
Quelque chose d'assez tracé finalement dans l'idée. Exactement,
- Speaker #1
très tracé. Et en fait, très vite, en poste, en cabinet d'avocat ou ensuite en entreprise, parce que j'ai fait de l'audit pour des hôtels, il y avait un truc qui n'allait pas, il y avait un truc qui n'allait pas. Et je me sentais coupable, coupable que je ne pouvais pas foutre à la poubelle des années d'études. Et puis parce que quand on me posait la question, ok, mais dans ce cas, tu vas faire quoi ? Je ne savais pas.
- Speaker #0
Oui, c'est une autre question en fait. Il y avait un point que tu ne te sentais pas bien. Mais en même temps, la question de l'après, tu ne te l'étais pas encore posée. Mais on te l'a posée direct.
- Speaker #1
Ah bah oui, les gens ont tout le temps besoin de savoir où vous vous trouvez pour savoir comment se situer à côté de vous. Surtout nos parents. Et en fait, c'est ça le premier changement de vie qui a amené en même temps toutes les réponses. C'est pour ça que je dis souvent qu'il faut oser aller vers l'inconnu. Surtout quand on est en quête de soi. C'est la meilleure façon de se trouver. C'est qu'en fait, cette arrivée en Crète et cette grossesse qui me fait m'installer en Crète, puisque le papa est crétois, qui me fait devenir une femme au foyer comme ça à 27 ans à l'étranger, va m'ouvrir l'esprit en me disant, mais comment je peux faire un travail par Internet ? Une question que je ne m'étais jamais posée avant. Et puis pourquoi la cosmétique ? Parce qu'en fait, mon corps va se transformer avec mes grossesses. Je vais avoir besoin de retrouver ma féminité, de prendre soin de moi. Et puis finalement, ça se passe. En fait, la vie se passe. Et c'est parfois en attrapant des infos comme ça qu'on s'aligne.
- Speaker #0
Et ce premier changement au début, on parle vraiment quand tu as... décider de changer de voie, de vie, de pays, et de devenir maman, etc. Comment ton entourage l'a pris à ce moment-là ?
- Speaker #1
J'ai mis des œillères. En fait, à ce moment-là, j'ai mis des œillères parce que je venais de prendre une décision tellement forte de ne pas avorter pour ma fille, puisqu'il faut savoir que j'étais allée faire un audit pour un hôtel en Crète. Je tombe amoureuse, mais je veux dire, une fois que mon audit est terminé, je rentre dans mon petit appartement dans le 14e à Paris pour poursuivre ma vie. Et en fait, je m'aperçois que je suis enceinte. Et quand j'en parle avec le papa, lui est ravi. Et puis, quelque chose pousse à l'intérieur de moi qui me dit, vas-y, c'est tout. Et donc après, je fais ce saut dans le vide. Et puis, encore une fois, parce que c'était ma vie. décision, elle venait de moi-même. Si j'avais écouté mon entourage, « Mais t'es complètement folle, mais tu vas pas laisser ton appart, t'es toute... » Oui, bon, moi je pense qu'il faut oser décevoir pour se découvrir, il faut oser décevoir.
- Speaker #0
Oui, se détacher aussi de tout ce qu'on a, de l'entourage, en tout cas de penser des autres.
- Speaker #1
Voilà. Et j'étais tellement en quête de sens, de toute façon, puisque j'étais malheureuse à Paris. quelque chose qui n'allait pas dans mon environnement, que je l'ai pris comme une porte de sortie. Et comme la seule façon de faire l'expérience de ce que c'est être enfin moi-même, en fait.
- Speaker #0
C'est ta première étape qui a été ce cheminement pour devenir pleinement toi.
- Speaker #1
Voilà, puisque tout est arrivé après.
- Speaker #0
Et tout s'est enchaîné. ton deuxième enfant, tu l'as eu combien de temps après ?
- Speaker #1
très très rapidement après ma fille avait 6 mois oui d'accord, ok tu es retournée enceinte j'ai l'habitude d'en rire ça aussi avec d'autres mamans et de dire quelque chose qu'on ne dit pas mais qui en concerne quand même certaines c'est qu'en fait moi qui me retrouve à l'étranger comme ça avec mon premier enfant pas de travail en fait je vais sur mes économies j'ai peur D'abord, je savais que je ne voulais pas laisser ma fille. Je voulais avoir un autre enfant. J'avais en plus, c'était très drôle, le fantasme des jumeaux.
- Speaker #0
C'est fou. Comme quoi ?
- Speaker #1
Comme quoi. Et en fait, je pense que Raphaël est arrivé très, très vite pour que je puisse me planquer un petit peu. Pour qu'on arrête de me demander, qu'est-ce que tu vas faire ? Comment tu vas ta vie pro et ta carrière ? Et en fait, comme on me foutait relativement la paix quand j'étais enceinte, et j'adore être enceinte, parce qu'on est pleine et parce qu'en plus il y a beaucoup de respect autour de soi, surtout moi dans la culture là où je suis en Crète c'est merveilleux et puis on se sent bien en fait, les hormones tout,
- Speaker #0
en fait c'est une espèce de parenthèse comme ça où tout le monde nous fait la paix t'es bien enceinte et puis là en plus ça s'accordait avec un moment où on te foutait la paix exactement,
- Speaker #1
du coup c'est pour ça aussi qu'il est arrivé très vite et et... Mais justement, après la naissance de Raphaël, la boule d'angoisse est arrivée d'un coup. Je n'ai pas vraiment fait de baby blues, mais il y a eu un moment donné, là, Diane, il va falloir trouver quelque chose.
- Speaker #0
Ah oui, donc à la naissance, tu t'es dit, là, par contre, tu te le prends en pleine tête. Puissance 1000 et là, tu trouves quelque chose. Et donc là, tu te mets à chercher. sur Internet, ce que tu pouvais faire à distance. Exactement. Parce qu'en fait,
- Speaker #1
la problématique qui est très simple, c'est que tout le monde me dit, trouve un métier dans le juridique, fais du conseil, va au consulat ou trouve un boulot dans un hôtel. Et en fait, je me dis, attends, non, je ne peux pas. En fait, je ne peux pas laisser mes enfants partir bosser, gagner suffisamment d'argent pour payer quelqu'un. qui va s'en occuper, en fait je vais aller bosser pour payer quelqu'un pour s'occuper de mes enfants. Ça me paraît impossible. Et puis de toute façon, je crois que je sais déjà que je ne suis pas faite pour aller dans le salariat. Et je n'ai pas d'idée de génie. Je veux dire, à un moment donné aussi, je suis humble à ce moment-là. J'ai eu le temps de réfléchir pendant mes grossesses. J'ai voulu créer des marques de bijoux, des marques de vêtements, plein de trucs. Puis à la fin, je me dis, mon Diane, dis-toi la vérité. Entreprendre seul, c'est complexe. Tu n'aimes pas l'administratif. Bon, il doit y avoir... Cherche. Cherche, il doit y avoir quelque chose.
- Speaker #0
Tu as quand même ce truc de dingue de rebondir, quoi.
- Speaker #1
Ah ben, c'est ça.
- Speaker #0
D'adaptabilité et de rebondissement.
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai été quelqu'un de très contrôlant, en fait. Et puis, en plus, j'ai été élevée par une maman très contrôlante. Médecin, gynécologue, obstétricien. Une femme merveilleuse qui a eu une carrière merveilleuse. Justement, une profession qui a beaucoup de sens, mais extrêmement contrôlante, en fait. Et puis, dans la peur de... Voilà, il fallait réussir, il fallait faire des choses. et je crois que... J'ai eu besoin, moi, de... Ouais. J'étais plus une tête brûlée, en fait, je pense.
- Speaker #0
Ouais. Mais quelque part, quand t'avais reconstruit quelque chose en Normandie, avec ta maison, voilà, une sorte de...
- Speaker #1
Stabilité, mais tu peux dire, et c'est très drôle que tu me renvoies là-dessus, parce que c'est ça, c'est exactement ce que j'ai fait quand je suis rentrée en France. J'ai voulu faire la parfaite structure. Tu vois, avec ma séparation avec leur père, je l'ai vécu comme un tel échec qu'on n'arrive pas à tenir notre couple. On a réussi heureusement à vraiment tenir une structure familiale et aujourd'hui on est très très amis. Après, on travaille sur nous-mêmes, sur notre relation. Mais c'est vrai que quand je suis arrivée en France, en plus c'est différent la France de la crête, ce ne sont pas les mêmes enjeux en termes d'éducation, les mentalités ne sont pas les mêmes. J'ai voulu tout faire parfaitement structuré, acheter la maison, le crédit, installer les enfants dans la petite chambre, tout bien. Mais en même temps,
- Speaker #0
c'est aussi un retour sur ton investissement, ton travail. C'est quelque chose de concret aussi sur tes résultats et ta réussite. Voilà, il y a deux facettes.
- Speaker #1
Il y a la facette positive qui est… Le challenge extraordinaire, en fait, pour une femme qui voulait être indépendante financièrement. Oui, c'est clair. J'ai signé un crédit. Voilà, entrepreneur, on n'est pas mariés. Une maison sublime, en plus. J'en suis vraiment très, très, très, très heureuse. L'investissement avec l'école. Ça, c'est sûr, mes parents étaient extrêmement fiers. J'ai rassuré beaucoup de gens autour de moi. J'ai apporté la preuve aussi, parce que le marketing de réseau a... à mauvaise réputation et je peux le comprendre parce que parfois c'est quand même un peu vulgose la façon dont elle est présentée sur les réseaux mais moi j'avais matérialisé quelque chose avec cette maison parallèlement à ça vu ce qui se passe aujourd'hui ça montre que c'était peut-être pas forcément fait pour moi, je me suis demandé si je l'avais fait pour moi ou si je l'avais fait pour pour prouver à mes parents que j'avais le droit de divorcer, j'avais le droit d'être seule avec mes enfants, prouver au père de mes enfants que j'étais capable. En fait, c'est toujours une idée de prouver, Ça, en fait, la vie s'occupe de te dire « détends-toi ma belle » parce que…
- Speaker #0
Oui, oui, tu n'as pas toutes les cartes.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Mais alors du coup, ce qui est intéressant aussi de revenir, par rapport à À ta fille, tu évoquais que c'est ta fille qui avait émis le souhait en premier de retourner dans son pays de naissance et que tu l'as écoutée aussi. C'est quelque chose de, quelque part, qui n'est pas conventionnel, mais qui est très fort et qui, finalement, évoque un lien aussi de relationnel entre vous. Tu écoutais ce qu'elle te disait, quoi. Et tu as acté.
- Speaker #1
Ça a été la première expérience concrète de cette phrase. ce qu'on entend souvent dans l'éducation positive, nos enfants sont nos guides, nos enfants sont nos maîtres. Moi, je l'entendais, cette phrase. Mais je veux dire, j'essayais aussi d'organiser le quotidien en étant une maman quand même assez... Je suis cool, mais assez stricte dans certaines choses. Et puis, l'enfant, c'est l'enfant. Et moi, je suis l'adulte, et tout et tout. Mais quand Anna, elle m'a confrontée à ça, c'est-à-dire... En fait, maman, oui, la maison est belle. Oui, maman, tu nous donnes tout. Oui, ma chambre est deux fois plus grande que le studio que tu avais à 26 ans dans le 14e. Oui, d'accord, l'école. Mais en fait, maman, moi, ma vie, ce n'est pas ça. Et écouter que la vie de ma fille, les aspirations de ma fille, même jeune, ce n'étaient pas les miennes. Ça veut dire comprendre que c'est un être qui est différent. Écouter, ça a été merveilleux aussi parce que j'ai retrouvé une relation avec ma fille exceptionnelle. Elle a une confiance aujourd'hui absolue en moi, un amour qui est beaucoup plus pur, beaucoup plus fluide parce qu'on avait une relation assez confiante. conflictuelle en fait. Moi je faisais toujours de faire de mon mieux, de faire de mon mieux,
- Speaker #0
de faire de mon mieux mais en fait c'était pas de faire de mon mieux dont il s'agissait c'était d'écouter et donc d'écouter et puis tu as quand même mis là ça y est tu rechanges ta vie et tu dis ok pour que tes enfants vivent en Crète quoi. Et à ce moment là toi tu te visualises toujours en Normandie, tu te dis je vais rester moi en Normandie
- Speaker #1
En fait, j'essaie de tenir. C'est-à-dire que je les ramène en crède. Mon leur père est ravi. Ça rend notre relation encore plus belle de confiance. Moi, après, je me dis, je m'en fous. Mon business est dans mon téléphone. Mes consultations pour mon cabinet de coaching, pareil, c'est en ligne. Je vais faire, je dirais, tous les 40 jours. Et puis, ça fait 7 ans que je couponne. Je rêvais de faire un voyage à Bali. J'ai un réseau de distribution qui est quand même implanté un peu partout en France, en Belgique, au Luxembourg, en Espagne. J'ai un réseau qui compte plus de 800 personnes. Donc je me dis que c'est peut-être l'occasion là d'aller rencontrer ces femmes-là, de faire tout ça. Ça va être génial. Sauf que quand elles s'en vont et que mon fils suit, parce que je n'ai pas voulu les séparer. Mon fils s'est demandé, mais je ne pouvais pas les séparer. Je me retourne dans cette maison. Je me dis, mais... En fait, c'est quoi ce décor que je me suis fait ? Et je la mets en location. Et alors, ce qui est marrant, c'est qu'en plus, la vie m'amène une femme en plein divorce, avec deux enfants, une fille et un garçon, qui cherchent absolument en urgence un logement. Donc, je me dis, bon, ne reste pas toute seule dans cette maison. explore et en fait à ce moment-là il y a une femme qui a besoin de cette maison donc c'est parfait et puis je pars explorer avec mon compagnon de l'époque mais avec qui je ne suis pas installée dans un foyer c'est un homme que je connais depuis des années mais je veux dire on
- Speaker #0
se fréquente et là vous partez et donc c'est le père des jumeaux c'est ça ? et donc tu l'apprends quand que tu es enceinte ?
- Speaker #1
Je la prends la veille d'un show que je devais faire au Palais de Lille. Justement, je mets la maison en location, je pars voyager et j'accepte des interventions dans mon travail. Et notamment d'animer une convention, la convention francophone à Lille. Et donc, je suis un peu stressée parce que c'est cinq heures sur une scène, 800 personnes. J'ai toujours fantasmé dans ma vie. Donc, c'est vrai que j'étais trop contente. Mon job est génial parce que tu peux faire plein de trucs. Et je l'apprends la veille. Mais j'apprends que je suis enceinte, si tu veux. Je n'ai pas compris encore que c'est des jumeaux. Et déjà, quand je dis que je suis enceinte, mon compagnon, il ne le prend pas très, très bien. Donc, en fait, je mets des œillères pour faire mon job. Et puis après, je me pose. Je ne te cache pas que je pense à l'avortement. Je me dis, un enfant, je viens de ramener les deux miens, waouh ! Et puis, on part à Bali. Et puis, en fait, c'est surtout le moment de l'échographie. Quand on me dit qu'il y en a deux, je me prends à ma plus grosse gifle, les distanciels, je crois. Vraiment.
- Speaker #0
Avant l'écho, tu n'avais pas une prise de sang ou quoi que ce soit ?
- Speaker #1
Si tu veux, j'avais fait une prise de sang. Je m'étais dit, bon, attends, je souffle, je me laisse un peu le temps. On va voir. Et puis, en fait, c'est au moment de l'écho, alors que je suis encore à me demander sous l'influence de mon conjoint si je ne vais pas avorter. En fait, au moment où on me dit, il y a deux poches, ils sont deux, je m'effondre, en fait. Mais je m'effondre. Ça m'est arrivé qu'une fois dans ma vie, ça. C'est une demande d'une foi profonde. Je me dis, mais OK, c'est bon. C'est bon, j'arrête. J'arrête de croire que je sais tout. En fait, j'arrête tout. C'est bon, je saute dedans, j'y vais. Et j'ai regardé le papa et j'ai dit, en fait, c'est non négociable. ce que tu veux,
- Speaker #0
coûte que coûte pour moi ça je suis mon destin quand tu t'as su tout de suite là à ce moment là t'es sûre j'étais sûre parce que c'était tellement exceptionnel et
- Speaker #1
en fait maintenant je le sais c'était la seule façon que j'accepte cette grossesse qu'il soit deux, que ça me fasse revenir en crête Ça m'est paru évident. Mais qu'est-ce que j'ai ri ? J'avais cette phrase. Tu fais des plans, tu fais des plans. Attends que Dieu en rigole.
- Speaker #0
Quand tu apprends que c'est des jumeaux, tu décides de venir en Crète pour passer ta grossesse là-bas avec tes enfants ?
- Speaker #1
Exactement. Et puis... Oui, en parler avec eux, être auprès d'eux. Oui,
- Speaker #0
déjà aussi, bien sûr.
- Speaker #1
Leur annoncer comment ça s'est passé. L'annonce, oui. Mon fils, au début, il a cru que je faisais une blague. Il était tellement choqué, il a cru que je faisais une blague. Et je lui ai dit non, non, non, ce n'est pas une blague. Et puis, en fait, je pense que c'était surtout le côté, il y en a deux. Donc, c'était plutôt, non, c'était une très, très, très bonne nouvelle pour eux. parce que la question de savoir si j'allais rentrer en Crète, elle était résolue. C'est-à-dire que moi, je ne me voyais pas, dès le début, avoir deux enfants en France et mes deux autres enfants en Crète. Même si maintenant, je me dis qu'on verra comment ça se passera, mais au moins les deux premières années.
- Speaker #0
Donc là, tu vas suivre ta grossesse en Crète, mais tu souhaites accoucher en France, c'est bien ça ?
- Speaker #1
Oui. Parce qu'en Crète, ils ne font pas de voix basse, en fait. C'est une culture qui, pour les femmes enceintes, en fait, c'est des césariennes programmées. Je suis la seule, par exemple, de toute ma belle famille à avoir accouché naturellement.
- Speaker #0
Et donc, du coup, tu veux qu'on te rentre au bout de combien de temps de recesse ? Parce que tu es déjà à la moitié, là, c'est ça ?
- Speaker #1
Je passe l'été, juillet-août, je serai dans ma maison, chez Bertha, en Normandie.
- Speaker #0
Bon, et comment tu te sens maintenant par rapport avec tout ça ? Voilà, toi, ta vie, ce que tu viens de nous raconter, comment tu le vis maintenant ?
- Speaker #1
De façon, alors j'allais dire apaisée, mais ce n'est pas vrai en fait. je le vis avec beaucoup de joie et j'y mets beaucoup d'ironie en fait c'est comme si j'avais retrouvé une vraie insouciance si tu veux face à la vie elle me fait rire en fait maintenant moi qui ai tant voulu le prendre qui ai tant analysé ce qu'il y avait autour de moi, qui suis passionnée en plus par la psychologie humaine et puis je suis quand même une femme de business si tu veux à côté parce que quand tu gères un réseau d'entrepreneurs Comme ça, il y a du chiffre d'affaires à faire. Tu vois, j'ai quand même des crédits, j'ai des investissements. Je peux être quelqu'un de très pragmatique. Mais ce que m'a amenée là, cette grossesse, ce retour en crête et tout ce chamboulement, c'est un nouveau souffle aussi. C'est une profonde joie et une profonde curiosité. Et ça, ça faisait longtemps que j'avais perdu cette curiosité. C'est la curiosité qu'ont les enfants. Tu veux savoir comment faire pour te rapprocher de la nature des choses ou pour t'alléger, tu regardes les enfants, tu regardes comment ils font. Oui, c'est clair. Et c'est ça, en fait, la façon dont je le vis. Ça m'interroge aussi beaucoup sur peut-être le rôle que je peux avoir à jouer à travers ce conte, une vie de môme preneur, de transparence. Et d'accompagnement, comme je te le disais, c'est une chose pour moi d'avoir un cabinet de coaching et d'accompagner mes clients sur des changements de vie, on fait des plans d'action. Moi, je mets les gens en mouvement. Généralement, ils me contactent quand ils sont bloqués. Je suis connue pour vraiment débloquer.
- Speaker #0
D'ailleurs, mes coachings ne sont vraiment pas faits pour ça. J'ai une méthode qui est assez... Je suis assez brute, quoi. L'idée est de faire vraiment bouger la structure de l'autre parce que quand tu viens me voir, c'est qu'en fait, t'es paralysée, quoi. T'arrives plus à bouger. Mais là, ce que j'aime dans ce qui se profile avec ce compte, Une vie de môme preneur, c'est tous les échanges que je peux avoir avec les femmes. et pouvoir amener de les rassurer. Et de leur dire qu'on est tellement durs, tellement durs avec nous-mêmes. Le contrôle, c'est de la peur en fait. Mais à la fin, tout le contrôle que tu veux avoir sur ta vie, ma belle, j'ai envie de te dire qu'apprends plus, peut-être à rebondir, à t'adapter, à rire, à gueuler s'il faut gueuler, parce qu'à vouloir tout, lissé, pacifié, structuré, à vouloir chercher le compromis, mais c'est que de la souffrance en fait, qui t'attend.
- Speaker #1
Justement, les retours que tu as sur ton compte, qui a pris une ampleur aussi par rapport à ta grossesse, il y a pas mal de gens, c'est ça, qui ont commencé à te suivre, encore plus s'il était déjà là, mais il y a quelque chose... Et les retours que tu as, c'est... Qu'est-ce qu'on te dit ? Comment t'as osé ?
- Speaker #0
Je crois qu'en fait, ce que les gens viennent rechercher sur mon compte, et peut-être dans mes témoignages, c'est le fait d'avoir osé dépasser la peur, la peur de décevoir, et d'être aussi allée chercher une vraie confiance en moi. Moi, ce n'est plus une question. la confiance en soi. Je l'ai résolu, ça. Justement, je ne me suis pas réveillée un matin en ayant confiance en moi et je dis aux gens que ce n'est pas une pilule magique et tout. J'ai fait l'expérience de faire la paix avec l'incertitude plutôt que de la combattre. Jusqu'à présent, mon parcours entier de femme, d'entrepreneur et tout, c'était du combat. C'était de la survie. C'était, tu vois ? Et en fait, là... ses jumeaux, tu vois, ma baraque qui me reste sur les bras, l'école, tout, ma fille qui demande à se barrer après tous les efforts que j'ai fait, tout, tout, tout, puis finalement cette grossesse avec un papa qui ne veut pas assumer, moi qui ai toujours voulu avoir une structure familiale super ancrée, puis finalement, elle est entre deux pays. Tu vois, en fait, j'ai fait la paix avec l'incertitude. Et j'ai trouvé une confiance en quelque chose de plus grand que moi. Et je pense que c'est un chemin très intéressant pour les gens qui disent « je n'ai pas confiance en moi » . Je pense qu'il faut s'en remettre à plus grand que soi. Aujourd'hui, je sais que la vie me veut du bien. J'ai décidé de regarder la vie en me disant « elle me veut du bien » . Quitte à choisir, parce que j'ai le choix. Soit je me dis « elle me veut du mal » , et dans ce cas-là, je vais observer tous les trucs qui sont compliqués, tous les trucs qui me foutent en l'air, tous les trucs qui… Soit je me dis « non, mais en fait, la vie, elle me veut du bien. Tout ce qui m'arrive, c'est pour mon bien. » Alors là...
- Speaker #1
Tu vois les choses complètement différemment.
- Speaker #0
Ah bah ouais, parce que t'as toujours la preuve de ce que tu crois. Donc moi j'ai décidé de croire que c'était super cool, que ça allait être super cool, et du coup je crois que les gens qui me suivent sur le compte se disent, ok, ok. Alors il y a les gens curieux qui se disent, ok c'est de l'optimisme et du positivisme vendeur, mais elle va se péter la gueule. où elle le ressent vraiment. Et en fait, moi, je le vibre vraiment. Donc, les interactions sont vraiment chouettes parce que je sais qui je suis, en fait. Donc, ça aide les gens, encore une fois, à dépasser leur peur de décevoir. Puisque moi, je sais que j'ai déçu. J'ai pété toutes les structures familiales duquel je viens. J'ai remis en question beaucoup, beaucoup de choses. Il y a une solitude derrière, je ne dis pas le contraire. Mais on est tous seuls et moi, c'est une solitude joyeuse.
- Speaker #1
Non, puis ça se ressent. Tu vois, si les gens viennent aussi de plus en plus sur ton compte, c'est qu'il y a ça, peut-être un apaisement qui est partagé, quelque chose, une sorte de sérénité, qui est dans une situation qui pourrait faire paniquer tellement de flancs, justement par rapport à tout. tout ce qu'on vient d'expliquer. C'est vrai que ça se ressent.
- Speaker #0
Ah bah oui, les gens... Les gens, ils ont peur. Ils ont peur parce que c'est... D'abord, la pression, encore une fois, je te disais dès le début, de réussir leur vie, puis ensuite d'être des bonnes personnes. Et tout ça, c'est compliqué. Parce qu'on est toujours la mauvaise personne de quelqu'un, parce qu'on ne peut pas baisser sa vie à tout faire pour ne pas décevoir. Si décevoir, c'est faire différemment. Moi, je... Maintenant, je suis fière de faire différemment. C'est en faisant différemment que tu peux faire des choses nouvelles. Et c'est en faisant des choses nouvelles, en disant des choses nouvelles, que tu peux aider les gens à se regarder eux-mêmes et à se dire « Putain, si je me foutais la paix et si je m'autorisais enfin à quitter ce job, j'en peux plus. » En fait, finalement, à dire à mon compagnon qu'on arrive... On arrive enfin à réinventer autre chose. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
C'est ça aussi. Je me sens un peu responsable là maintenant, tout en partageant des belles images. Parce que j'adore moi de faire des beaux montages, des belles photos. C'est vraiment une passion pour moi. Mais à travers ça, j'essaie de faire passer des messages de « vas-y quoi, vas-y. »
- Speaker #1
Je pense que les messages passent bien. J'espère qu'ils passeront aussi avec cet épisode. C'était très bien, très sympa de discuter avec toi, Diane. J'ai une dernière question, un peu signature d'Els Agissent. Pour toi, agir, ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça signifie ?
- Speaker #0
Pour moi, agir, c'est oser être soi. Chacun... fait avec ce qu'il a, fait avec ses cartes, tout le monde fait semblant. Tout le monde fait semblant. Tout le monde fait semblant de savoir comment vivre. Donc, agir, c'est pour moi, autant faire un truc qui te plaît. Parce que peut-être que c'est comme ça qu'en plus t'inspireras d'autres personnes à faire de même et que tu te créeras un environnement qui est porteur, qui est créateur, qui est joyeux. Plutôt que d'être dans quelque chose qui est étouffant et qui en plus t'empêche toute action en fait.
- Speaker #1
Et justement, en parlant d'inspiration, est-ce que tu as une femme qui t'inspire particulièrement, qui fait partie de ton quotidien et que tu aimerais entendre au micro, éventuellement d'Elsagis, en tout cas quelqu'un que tu aurais envie de partager ?
- Speaker #0
Alors j'ai quelqu'un que j'aimerais partager, mais ce n'est pas une femme.
- Speaker #1
Ah, ce n'est pas la première !
- Speaker #0
Voilà, et ça c'est la blague. que j'ai en ce moment c'est que mes jumeaux sont des jumelles deux filles je vais avoir trois filles moi je suis quelqu'un qui a chacun son expression mais je dis souvent un yang très développé j'ai un masculin extrêmement développé donc je me dis que c'est très très drôle parce que je me retrouve avec trois nanas et du coup il y a un homme que j'aime énormément il s'appelle Franck Clubvé et il a une philosophie de vie Par contre, parcours qui me parle. C'est, je pense, une des seules personnes que j'ai rencontrées dans mon parcours, dont je pourrais dire que ça se rapproche d'un mentor. Sinon, ma fille, dans 10 ans, j'aimerais bien que tu l'interviewes.
- Speaker #1
Bah ouais, avec grand plaisir. Bah écoute, merci Diane pour cet échange, c'était très sympa et merci d'être venue sur ton parcours avec toute la simplicité. la vérité aussi, sans filtre, tu es revenue dessus et je pense que ton discours va servir à plein de femmes. Donc merci beaucoup Diane.
- Speaker #0
Merci pour ta confiance Émilie.
- Speaker #1
J'espère que cet épisode vous a plu. Merci d'avoir pris le temps de l'écouter et n'hésitez pas, si vous avez aimé, à le partager, à le commenter, à faire vivre la communauté El Zagis. Je vous retrouve très vite pour un nouvel épisode Et n'oubliez pas que des lives sont aussi disponibles sur mon compte Instagram emily.b.sophrologue et que vous pouvez aussi retrouver toutes les informations de l'épisode sur le site du podcast www.elsagis.com A très bientôt !