- Speaker #0
Je vous glisse ici un extrait qui m'a particulièrement émue dans le dernier épisode. Une invitée y partage son histoire avec une sincérité qui fait du bien. L'épisode complet est aussi disponible sur toutes les plateformes de podcast. Alors bonne écoute et à très vite !
- Speaker #1
des assos qui existaient déjà depuis un moment. Et moi, j'ai toujours aimé les Genèse. Et je me disais, mais je ne crée rien, j'arrive, je rapporte ma pierre à l'édifice, mais pour modifier quelquefois les choses, c'est compliqué. Et en fait, au fur et à mesure, je me suis dit, peut-être que je peux tester quelque chose. Et véritablement, pour moi, le gros laboratoire que j'ai ouvert, c'est le jour où j'ai créé mon podcast « Tout le monde passe sur le trône » . La première fois que j'ai créé ce podcast-là, J'y suis allé avec vraiment plein de crainte parce que le podcast ça s'apprend un peu sur le tas, il n'y a pas tellement d'école ou alors tu n'as pas les moyens forcément de te la payer. Je me suis formé quand même avec des podcasteuses qui avaient appris elles sur le tas. Et donc du coup je me suis dit allez hop j'y vais, on va voir et je me suis rendu compte que j'avais le droit de créer des choses qui me plaisaient. et en fait le lien entre tout ce que je crée c'est que souvent je crée des choses parce que j'estime que ça me manque c'est à dire que si il me manque quelque chose, un sujet ou une façon de de le traiter. Moi, j'adore les interviews longues. Ça me manquait. Je me souviens, regarder la télé des interviews, de me dire, laisse finir la personne. Pourquoi tu coupes ? On n'a pas été jusqu'au bout. Enfin, voilà. Et je me suis dit, moi, le jour où je créerais quelque chose, je laisserais les gens s'exprimer, ceci, cela. Et vraiment, tout ce que j'ai créé après ça, c'est vraiment dans cette veine-là et de me dire, en fait, on a le droit de tester des choses. On n'a pas besoin d'être journaliste. Je respecte beaucoup chaque métier et chaque formation qu'on fait derrière, mais on a le droit de tester des choses et au pire, on tue personne de toute façon.
- Speaker #0
Je me reconnais en toi. Ce podcast, Tout le monde passe sur le trône, tu l'as créé à l'époque où il n'y avait pas encore tant que ça de podcast. C'est 2020. Un effet confinement ? Alors,
- Speaker #1
j'y pensais depuis quelques mois avant et j'ai acheté mon enregistreur et les micros le 2 février 2020. Donc, on a été confinés peu de temps après, mais je me disais, allez, j'y vais, j'y vais. Le 2 février, c'était symbolique. pour moi parce que c'était le jour normalement de la date d'anniversaire de ma mère et je me suis dit ce jour-là j'étais avec un ami important pour moi, je lui ai dit allez on y va ensemble on appuie sur le bouton commander symboliquement et le confinement m'a permis de me lancer, de toute façon j'ai du temps alors maintenant j'ai plus que ça à faire et donc voilà une fois qu'on a été déconfiné la première fois j'ai fait mes premières interviews comme ça Et pourquoi tout le monde passe sur le trône ?
- Speaker #0
Pourquoi ce... évocateur, qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
- Speaker #1
Alors moi je suis je pense que jusqu'à la fin de mes jours je pourrais rigoler des blagues pipi caca, donc déjà d'une ça c'est un des sujets moi qui me dérange pas du tout et surtout je me souviens que quand j'avais des amis qui me racontaient des sujets qui les gênaient, qui leur faisaient peur et tout, je leur disais toujours mais écoute elle fait caca elle aussi enfin voilà, donc voilà, et en fait à la base je voulais l'appeler tout le monde fait caca, en discutant je me suis rendu compte que tout le monde n'aurait pas forcément envie de répondre à un podcast qui appellerait tout le monde fait caca voilà donc du coup tout le monde passe sur le trône en travaillant à l'époque avec un illustrateur graphiste qui m'avait dit En plus, on va pouvoir s'amuser avec le double sens du trône. Ce trône qui est là pour te célébrer et en même temps, ce trône qui te permet d'évacuer les excréments et tout le reste.
- Speaker #0
D'accord, donc en effet, un double clin d'œil.
- Speaker #1
C'est ça. Et vraiment, par contre, le tout bon passe au trône, c'est vraiment de se dire, comme on fait tous et toutes la même chose, à ce moment-là, on est un peu dans notre plus simple appareil et vulnérabilité. Finalement, on est tous et on a tous et toutes la même valeur. Donc, allons-y.
- Speaker #0
Et tu as fait une soixantaine d'épisodes ?
- Speaker #1
Même plus que ça, parce qu'après j'ai fait des inédits et des hors-série pour d'autres ou quoi que ce soit. Je dois être à 90 interviews.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu en as ressorti ? Parce que tu as arrêté l'année dernière. C'est ça,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'a apporté ce podcast ? Quel invité t'a marqué ?
- Speaker #1
Là, je ne pourrais pas dire quel invité m'a marqué, mais moi ce que j'ai... adoré, c'est vraiment la confiance que les personnes m'ont fait ce qui revenait assez rituellement parce que j'avais une question sur la fierté et moi c'était important de savoir de quoi les gens pouvaient être fiers ce qui pouvait être un blocage qu'on pouvait dépasser tout ça, et moi ce qui m'a marqué c'est vraiment de me rendre compte que pour des raisons complètement différentes, on avait tous et toutes à un moment donné des chemins de vie qui nous amenaient sur telle ou telle direction et qu'il n'y avait pas une direction qui était meilleure que l'autre mais juste que des choses qu'on pouvait s'autoriser à faire, dépasser ses peurs Et moi, c'était important pour moi à ce moment-là de comprendre comment dépasser mes propres peurs. Donc, j'ai appris ça et j'ai appris qu'en fait, désormais, si je veux tester d'interviewer quelqu'un ou quoi, je ne me pose plus la question. Moi, j'ai fait pas mal de demandes d'interview par Insta interposé ou en sortant d'un concert, j'ai testé des gens. Alors, il y a des gens avec qui ça n'a pas marché. Mais la plupart des gens m'ont dit oui et j'étais hyper contente. Moi, ça m'a appris l'audace d'une certaine façon et ça m'a donné vachement confiance en mes prises de parole. J'étais déjà une grande bavarde devant mes collègues quand il y avait des questions syndicales ou quoi que ce soit. Quand j'étais à la centrale, pendant une réunion, il fallait interpeller un chef ou quoi, c'était moi qui y allais. Mais là, vraiment, animer des événements ou quoi que ce soit, maintenant, je ne vais pas dire que je n'ai pas la petite... bouffer de chaleur avant de monter sur scène ou quoi, mais véritablement, moi, ça me fait trop plaisir. J'adore prendre la parole, j'adore la donner, j'adore transmettre, j'adore créer du lien entre les personnes. Et comme je te disais, je sais que je suis une personne de lien désormais, moi, j'adore créer des connexions entre les personnes et me retirer, ça ne me dérange pas du tout. Enfin, voilà. J'ai vraiment appris que c'est quelque chose dans lequel j'étais douée.
- Speaker #0
Et je le confirme. Alors moi, en effet, je trouve que le podcast... Il a l'intérêt de traiter un petit peu les angles morts, puisqu'on peut aborder tous les sujets et pas que ceux qui sont traités par les médias quotidiens. Et je trouve que c'est en pouvoirant autant pour l'inviter, parce qu'elle se livre de façon sincère, authentique. Pour nous aussi, parce que je trouve qu'on peut inviter plein de mondes différents. Il y a ce côté-ci aussi qui est passionnant. Et je trouve que c'est... J'ai lu aussi, et je me suis dit mais oui, c'est exactement ça. Tu parles à un moment d'émancipation créative.
- Speaker #1
Oui. Moi, j'accompagne des étudiants et étudiantes parfois sur la création de podcasts ou quoi, et je leur dis, en fait, c'est un outil qui permet vraiment de se dire, mais si je veux créer un podcast qui parle de champignons blancs qui poussent au pied d'un chêne, je peux. Si je veux parler de rayures pendant plusieurs épisodes, on aura toujours quelqu'un qui l'écoutera à un moment donné. Et je trouve que de se dire, je peux faire ça. peut créer ça avec un minimum de matériel et quelquefois il y en a qui font ça juste avec leur portable et ben du coup ça, plus tu fais plus t'as envie de faire, alors moi je dis pas qu'on est obligé de faire plein de choses mais par contre on sait qu'on peut s'autoriser à faire et je me suis vraiment réconciliée avec le fait de vieillir parce que ça ouvre des portes sur des trucs, pas tellement le fait de vieillir mais le fait de se dire j'ai encore tout ça à dérouler devant moi et j'ai pas fini d'apprendre des trucs si tu m'avais dit il y a quelques années que je me serais mis dans le DJing je t'aurais dit bah non, et en fait C'est... je dis pas que je peux tout faire mais en tout cas je me dis pas je peux pas le faire si il y a un truc qui m'intéresse je veux dire bon est-ce que ça va être galère ou pas qu'est-ce qu'il faut acheter machin et en plus moi j'ai un peu le syndrome de la petite marchande que quand on était petite quand je veux commencer un truc je veux tout donc j'achète le matériel vraiment on dirait que on dirait que je serais podcasteuse donc j'ai le micro j'ai ceci on dirait que je suis le DJ j'ai l'ordinateur j'ai ceci j'ai cela ouais je trouve que et pour le vrai je trouve que ça devrait être remboursé par la sécu le podcast en tout cas pour ceux qui le font parce que moi je suis toutes les interviews que j'ai pu faire. Il y a des fois, j'étais claqué parce que je faisais ça après le boulot. Rien que de rentrer dans la pièce et voir mon invité, le smile tout de suite et vraiment une énergie que tu partages avec la personne. Vraiment, moi, j'adore le podcast, vraiment. Dès que je peux glisser ça, mais vous ne voulez pas faire un podcast ? Vous ne voulez pas participer à un podcast ? Je trouve qu'on peut glisser ça partout, pour tout le monde, à n'importe quel âge.
- Speaker #0
Alors là, je partage tout ce que tu viens de dire. La relation avec l'invité, il y a le format aussi qui a un côté un petit peu intime. Donc, je partage totalement. Et alors, le podcast, en effet, tout le monde passe sur le trône, mais aussi un festival.
- Speaker #1
Oui, Aux Parleuses, le festival pour oser l'ouvrir et tu nous as fait la joie d'y participer et vraiment merci pour ça. qu'on a co-créé avec Suzanne Jolie en 2021. Donc voilà, on arrive dans la cinquième année. Donc on est sur une partie hors les murs en ce moment. Mais ouais, c'est un festival. En fait, moi, quand j'ai créé le podcast, nous étions confinés, donc on ne savait pas quand est-ce qu'on aurait le droit de revoir des gens. Et je me souviens de me dire, moi, dès qu'on sort, je veux créer quelque chose où les gens se rencontrent, les gens se parlent et tout et tout. Et au même moment, je découvrais le Paris Podcast Festival. Et je me disais, bon... Paris, Paris, à Rennes, on a la capacité de créer des trucs aussi. Dès que je trouve quelqu'un pour faire ça avec moi, je le fais. Et quand j'ai lancé le podcast, au bout de cinq épisodes, j'ai voulu faire une interview où c'était moi l'invité, parce que je voulais me prêter à l'exercice. Et pendant mon épisode, la journaliste qui m'interviewait me dit « C'est quoi ton projet ? » « J'aimerais bien créer un festival. » Donc une personne a entendu ça, elle me dit « Le jour où tu as envie, moi je suis chaude avec toi de le faire. » Et en fait... Elle me dit, je connais quelqu'un qui pourrait être intéressé, quelqu'une. Moi, je lui dis, moi aussi, je connais quelqu'une. Et en fait, la personne qu'elle connaissait, c'était Suzanne. Moi, je ne la connaissais pas à l'époque. Moi, je connaissais une autre personne. Ces deux personnes-là n'ont jamais fait avec nous. Et donc, on s'est dit, on est à deux. on y va quand même, allez on y va, et la première édition n'était que toutes les deux, et depuis on est 7 co-organisateurices et ce festival là, le festival pour oser l'ouvrir, c'est parce qu'on a découvert l'une comme l'autre, en quoi le podcast peut être un outil, tu parlais d'émancipation tout à l'heure, de libération aussi de la parole, et oser l'ouvrir moi il m'a fallu longtemps avant de comprendre que c'était pas possible pour tout le monde je me suis dit, c'était un truc à dire vas-y en fait et de se dire que finalement cet espace là que l'on a voulu ouvrir, c'était On teste dans un espace safe, bienveillant. On peut se planter, peu importe. On découvre des choses, on découvre d'autres personnes. On voulait un festival à Rennes parce que c'est une ville qu'on aime bien, qui est une ville de festival aussi. Et on voulait surtout que les gens puissent se fédérer aussi. On sait que ça a créé des rencontres entre des personnes, des personnes qui continuent de faire des choses encore aujourd'hui. On se disait qu'on veut que cet écosystème-là fonctionne. Alors on peut aller sur des festivals ailleurs, il n'y a pas de souci. Je trouve très bien qu'ils soient à Paris, à Brest ou quoi que ce soit. Mais on voulait vraiment que les gens puissent se rencontrer et se retrouver et se donner de la force. Parce que quand on crée à plusieurs, parfois, ça peut aussi donner cette facilité-là.
- Speaker #0
Tout à fait. Et pour y avoir participé, franchement, c'est un très chouette festival avec de très beaux ateliers. Et puis, des animations très, vraiment intéressantes. Cette année, c'est terminé par toi. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
On va y revenir.
- Speaker #0
Et ensuite, tu t'es lancée dans une exposition. qui se nomme « Je suis Aminata » , avec de la photo, de la musique, de la poésie.
- Speaker #1
Effectivement, « Je suis Aminata » , vous l'aurez compris, c'était en lien à mon prénom, et j'avais rajouté en dessous un projet qui fait société. Parce que le jour, je l'ai créé en 2021, et elle a été exposée pour la première fois une année après.
- Speaker #0
Cet extrait vous a plu ? L'épisode complet est aussi disponible sur toutes les plateformes de podcast. Kenavo et belles écoutes !