Speaker #0Hello et bienvenue dans Émancipation Féminine, je suis ton hôte Delphine, accompagnante féministe, j'interviens aussi en entreprise sur les sujets d'équité. Si t'es fatiguée de tout porter, si t'as appris à sourire en serrant les dents ou à faire semblant que tout va bien au taf, t'es au bon endroit. Ici, on parle de ce qui fait mal, de ce qui fait sens et de ce que t'oses pas dire tout haut. Hello, je suis ravie de te retrouver dans ce nouvel épisode d'émancipation féminine. Je fais un test, je suis actuellement dans ce que j'appelle mon cocon, qui est mon nouveau bureau. Et en fait, dans cet espace de soins-là, j'ai une partie pour les clientes que je reçois en drainage lymphatique. et qui n'est réservée qu'à elle. Et j'ai une partie où j'ai mon bureau. Donc j'ai décidé d'enregistrer cet épisode dans mon bureau. Je ne connais pas vraiment la qualité de la pièce. Je vais faire un maximum au montage pour que ça reste agréable pour toi. Toutefois, c'est un environnement où il y a des voisins de part et d'autre. En dessous, en haut, sur les côtés. J'espère que ça passera. Let's go ! Cet épisode me tient beaucoup à cœur, puisque ça fait un moment que j'avais envie de le faire. J'ai déjà fait des formats peut-être similaires, mais on n'est jamais vraiment rentré dans le fond du sujet, en tout cas dans le fond de ma pensée à moi. Et j'avais sincèrement peut-être besoin de le déposer à ce moment-là pour moi, puisque justement ça coïncide avec la réouverture d'un espace de mieux-être, de bien-être pour les femmes. et que forcément, je ne peux pas non plus enlever ma casquette féministe en revenant dans cet univers-là. Et du coup, j'avais envie de parler de ce que ça me fait aussi à moi, qui suis croyante, qui peut être ce qu'on appelle spirituelle, j'aime pas trop ce terme, mais voilà. D'où le titre, comment garder la foi et le merveilleux sans dépolitiser le monde. Je crois beaucoup. Mais ce que je sais, c'est que je sais de moins en moins. Et c'est assez étrange de le dire à voix haute en vérité, parce que j'ai passé une bonne partie de ma vie à chercher des réponses. Je crois en Dieu, je crois en l'univers, je crois aux énergies, je crois à l'intuition, je crois aux synchronicités. Je tire les cartes pour moi, avant pour mes clientes. Je crois à la lune, au cycle, à l'énergie de la lune. Je me sens hyper connectée avec elle, par exemple. Et je crois aussi, dans une certaine forme et dans une certaine mesure, à la manifestation. Et à côté de ça, je suis féministe. Ce qui veut dire que je regarde le patriarcat, les rapports de pouvoir, les privilèges, les conditions matérielles dans lesquelles nous vivons. Et je crois profondément que nos vies ne peuvent pas être comprises uniquement à travers ce qui se passe à l'intérieur de nous. Ce que voudrait peut-être le monde du développement personnel actuel, de la spiritualité actuelle, mais ce n'est pas un jugement que de dire ça, je n'arrive pas à exprimer peut-être le fond de ma pensée. C'est juste que parfois, ces deux manières de regarder le monde, elles se foutent franchement sur la gueule dans ma tête et dans mon corps. et ton bon de même surtout, parce que dans le milieu du dev perso et du bien-être que je fréquente depuis des années, j'entends beaucoup, tout est énergie, tu attires ce que tu vibres, ce à quoi tu donnes ton attention grandit, manifeste la vie que tu veux, etc. Je suis confrontée à ce système de pensée depuis un peu plus de dix ans, à peu près dix ans. Onze. Si je suis très sincère, ouais, 11 ans. On est en 2026, donc c'est ça, depuis 2015. Et parfois je me dis, ben non, il y a le monde autour, il y a les systèmes, il y a les environnements, et il y a ce qu'on ne choisit pas. Et puis parfois, ben je doute. Parce que je regarde des personnes qui ont une foi peut-être absolue, inébranlable, en l'univers, en Dieu, en l'abondance, et qui sont... justement dans cette abondance pour elles-mêmes, dans leur capacité à créer leur réalité, je me demande... Et en fait, si c'est elle, ces personnes-là, qui avaient raison. Et si à force de vouloir, moi, d'être lucide, je m'empêchais parfois de croire. Est-ce que si ma manière de regarder tout ce qui nous contraint finissait parfois par me contraindre moi-même ? Et j'ai pas la réponse. C'est un épisode où j'annonce clairement que je n'ai pas de réponse juste. On chemine ensemble. Ok, c'est précisément pour ça que j'avais envie de faire cet épisode. Parce que c'est comment est-ce qu'on peut garder, c'est une vraie question à moi, comment on peut garder la foi et le merveilleux pour nous sans dépolitiser le monde. A savoir que j'ai toujours cherché quelque chose de plus grand que moi. Et ça, depuis toujours. Pour remettre du contexte, parce que... Vous vous... J'avais besoin de contexte pour comprendre, appréhender à minima ma personnalité et mon environnement. Moi, j'ai grandi entre, en gros, le catholicisme et l'agnosticisme sans pratique imposée. C'est-à-dire que je n'ai jamais été baptisée enfant. Ma mère est catholique, mes grands-mères sont catholiques, mon père de base est catholique. plutôt ils m'ont fait grandir sans foi apparente. Je n'ai jamais fréquenté l'église quand j'étais enfant. Et surtout, ils ne voulaient pas, à la demande de mon père en réalité, ils ne voulaient pas m'imposer un baptême et donc une religion. Pour autant, ce qui est quand même assez marrant, bon mes parents se sont séparés, j'étais assez jeune, pour autant je suis allée au collège catholique, privé catholique, et du... Du coup, la première année, je rentre au collège à 12 ans, je n'ai pas fait du coup de catéchisme, puisque ma mère n'a pas rendu ça du tout obligatoire. Et c'est moi, l'année d'après, à maîtrisant, qui j'en avais un peu marre en vrai d'être en permanence, pendant que mes copains et mes copines, ils étaient au cathé. Et un jour, j'ai demandé à pouvoir participer à un cours. Et en fait, j'ai eu genre une révélation. Et du coup, sur cette année de mes 13 ans, c'est moi qui ai fait la demande du baptême catholique. Donc j'ai passé mon baptême, j'avais 13 ans et demi. J'ai enchaîné avec, on m'a fait baptême première communion en même temps, profession de foi. Je n'ai pas fait la confirmation, c'était deux ans plus tard, parce que j'étais en plein doute sur la foi et que j'avais changé de collège. parce que je suis allée vivre chez mon papa, crise d'adolescence tout ça, donc j'étais à nouveau dans un collège catholique, mais j'étais à Marseille et plus à Aix, et en fait les personnes qui nous accompagnaient dans la foi on était en direct avec le prêtre, le père en fait c'est pas le... oui le prêtre du coup du collège lycée où j'étais et en fait, contrairement à mon premier collège à Aix-en-Provence il était totalement réfractaire à échanger ou à remettre en cause la Bible. Donc bon, quand t'es ado et un peu, maintenant que je sais que je suis tédé, beaucoup de choses s'expliquent dans la recherche de sens, de compréhension, de choses qui me paraissaient pas logiques, ça a mis un terme en fait assez rapidement à ma foi et en ce qui représentait la foi en tout cas, et je n'ai pas fait ma confirmation. J'ai eu un premier mariage catholique, donc j'ai eu le sacrement du mariage. Et puis, je suis partie plusieurs années après ça, après mon premier divorce. En fait, j'ai perdu foi à nouveau, puisque peut-être qu'il y en a qui ne le savent pas, mais quand tu te maries à l'église, c'est un sacrement. à l'église catholique et en fait la phrase qui est dite c'est que ce que Dieu a uni nul homme ne peut le séparer et du coup l'église catholique ne reconnait pas le divorce et du coup quand tu divorces tu es un peu rejeté dans le sens alors pas forcément de ta communauté, selon la communauté mais par exemple tu n'es plus censé aller communier, demander l'hostie parce que c'est un peu, je le fais grosso merdo mais c'est un peu comme si tu étais impur quoi en gros c'est ça Merci. Donc moi, j'ai pu renouer avec une forme de foi, parce que ça, ça m'a beaucoup perturbée. Il y a une tonne de bibles chez moi, que je lis depuis que je suis toute jeune. Voilà, le premier testament, le nouveau testament, la bible c'est quelque chose. Je me confie vraiment à cœur ouvert aujourd'hui. C'est vraiment des textes où j'aime me référer, où j'aime essayer de comprendre, parce que c'est une forme de philosophie de vie aussi. Mais je ne retrouvais pas là-dedans entre ce que moi je comprends de la Bible, ce que moi je comprends de Jésus, et ce qui est imposé dans les églises, pour moi il y avait une dichotomie énorme. C'est-à-dire que pour moi, tout le message de l'expérience de Jésus... Ce n'est que l'amour. Et tout ce que la plupart, beaucoup de prêtres font dans leur communauté, c'est de rejeter les gens quand on n'est pas dans la béatitude permanente. En tout cas, à l'époque où moi je le vivais, c'était comme ça. Peut-être qu'aujourd'hui ça a évolué, je ne sais pas. Donc dans mon parcours, j'ai pu rencontrer le bouddhisme, la méditation, j'ai pu me raccrocher à ça beaucoup, spirituellement, ce qui m'a fait. énormément de bien parce que ça a ouvert beaucoup de choses en moi, beaucoup de compréhension du monde, beaucoup d'empathie, de bienveillance pour moi-même, pour les autres. Ça m'a fait énormément de bien. Et à la suite d'un jeûne que je me suis fait toute seule, j'ai voulu tester un jeûne spirituel où je n'étais pas forcément accompagnée de quelqu'un. J'ai fait ça toute seule. Chez moi, c'était avant le Covid en fait. fin 2019, début 2020. Finalement, j'ai contacté, j'ai eu un peu comme mince. J'étais avec mon chéri qui est mon mari maintenant. Et en fait, je me disais, c'est pas possible en fait d'avoir envie d'aller plus loin dans la relation avec quelqu'un dans le sens de l'engagement, donc à savoir le mariage. Et de savoir que ça ne pourra jamais arriver. Mon mari n'avait jamais été marié. Moi, j'étais divorcée. Donc, en gros, on a la même religion de base qui est le catholicisme. On ne pourra plus jamais... Je ne pourrai jamais vivre ça avec lui. Donc, je me suis rapprochée d'un pasteur à Aix-en-Provence où je lui ai écrit complètement par hasard, fin 2019. Et il me répond pendant cette semaine de jeûne. Ce qui était fou au niveau du timing et des synchronicités. Et du coup... On a pu se rencontrer pendant que j'étais dans cette période de jeûne, et ça m'a fait beaucoup de bien de confronter, ça ne m'a pas confronté, mais c'est d'échanger autour de la vision que l'on avait tous les deux de Jésus-Christ, et qui se rejoignait totalement. À savoir que c'est une histoire que d'amour, d'amour de soi, d'amour des autres, et que là est l'heure différente entre le protestantisme et le catholicisme, c'est que le prêtre et chez eux le pasteur, n'est qu'un représentant ou n'est qu'un passage de relais de parole. Il ne peut pas être juge et parti en tant qu'être humain soi-même. Voilà, donc il y a des choses qui diffèrent dans le protestantisme et dans la religion catholique, ce qui a fait que j'ai pu me retrouver énormément dans le protestantisme. qui est le culte que je fréquente depuis plusieurs années, du coup depuis 2020. J'ai même fait à l'époque, j'étais très engagée de trois ans pour le catéchisme, pour les enfants, tout ça, de faire des ateliers, des choses pour eux. Bref, je referme la parenthèse, sinon je ne peux pas aller très très loin. Donc aujourd'hui ça m'accompagne toujours. Et quand j'ai besoin de me ressourcer, c'est vraiment un lieu, en tout cas à Aix-en-Provence, où je sais que c'est le temple où on s'est mariés, c'est le temple qui a accueilli beaucoup de choses de mes enfants. Pour autant, notre dernier, on ne l'a pas baptisé là-bas, puisqu'on l'a baptisé sur l'île de mon mari à La Réunion. Et que du coup, notre petit a été baptisé dans la même église que son père. Donc c'était très joli. Et ce qui est beau, c'est que, en tout cas de part et d'autre, comme quoi en fonction de... où on vit sa foi. À La Réunion, ils n'abordent pas les choses vraiment de la même façon, peut-être qu'en métropole, je ne sais pas. Mais en tout cas, aujourd'hui, ma spiritualité est quand même beaucoup plus libre. À tel point même que je n'ai pas trop envie de me mettre une étiquette dessus, parce que la réalité, c'est que je ne sais même plus très bien quelle étiquette mettre là-dessus. Et finalement, je crois que peut-être que j'ai... pas besoin d'étiquette. Je crois en Dieu sans avoir besoin de croire qu'un qu'un possède Dieu. Je peux lire la Bible, les Bibles, qu'elles soient protestantes ou il y a très peu de choses qui diffèrent en vrai. C'est quand même des choses essentielles, mais bref. Je peux lire la Bible sans considérer sans la considérer comme une vérité absolue et littérale. Je peux très bien tirer une carte sans penser qu'un bout de carton connaît mon avenir ou celui des personnes que j'accompagne. Je peux regarder la lune et ressentir quelque chose sans avoir besoin de convaincre qui que ce soit que ce quelque chose existe. Et ça, c'est assez nouveau finalement pour moi, parce que je m'autorise à croire sans forcément savoir ou sans chercher à tout savoir sur mes croyances. Et parce que surtout, j'ai pas envie de renoncer aux merveilleux, aux merveilleux de la croyance. Vraiment. Donc, avant d'aller plus loin, j'ai vraiment besoin de le déposer là. Je fais pas du tout cet épisode pour débunker la spiritualité, je n'en ai aucune envie. Parce que vraiment ma spiritualité, la mienne, m'apporte énormément, qu'elle m'apporte du sens. Elle m'apporte beaucoup d'espoir. Elle me permet de ne pas réduire mon existence à ce que je peux... comprendre, mesurer, voire expliquer. Et j'ai vécu suffisamment de synchronicité, d'intuition, de manifestation qui sont arrivées d'une manière parfois assez improbable pour qu'une partie de moi assez grande continue à se dire, il y a peut-être quelque chose. Quoi ? J'en sais foutre rien. Et vous savez quoi ? Je trouve ça plutôt beau qu'on ne sache pas tout. J'ai quand même envie De partager. Alors, je ne peux pas partager tout ce que j'ai manifesté dans ma vie. Déjà, il y a des choses parfois qui sont hyper intimes et que je n'ai pas envie. On va prendre la dernière chose. Parce que je trouve que c'est intéressant de le déposer. Le lieu dans lequel je travaille aujourd'hui, par exemple, je l'avais imaginé, visualisé. Je savais exactement ce que je voulais ressentir dedans. Et aujourd'hui, j'y suis. Je savais ce que moi, je voulais ressentir dedans. Et je veux... Je savais exactement ce que je voulais que les autres ressentent dedans. Ça fait même pas un mois que je suis lancée, clairement. Ça va faire bientôt 20 jours que je suis lancée. J'ai eu à peu près, je pense, un peu moins d'une vingtaine de clientes à date. Ça fera à peu près une vingtaine... Aux trente, on va dire. Aux trente septembre. Et le nombre de femmes qui m'ont dit qu'elles se sentaient bien à l'intérieur. Le nombre de femmes qui déposent des choses que je pense qu'elles ne s'attendaient pas. Parce que parfois elles le disent. Mais d'ailleurs, qu'est-ce que c'est ? Je devenais pour un drainage lymphatique et je te raconte ma life et je ne te connais pas en fait. Moi ça, je l'ai manifesté en fait. Je l'ai manifesté et je travaille aussi. Tant qu'à faire, vous me prenez le poing de perché à fond. Je travaille aussi beaucoup l'énergie éthique de mon lieu. J'ai jamais eu de formation dessus, j'ai jamais su nettoyer des lieux, je ne suis pas formée à aucune pratique que ce soit, en tout cas pas à ce niveau-là, mais j'ai suffisamment d'expérience et de connaissances de moi et de ce que je veux renvoyer autour de moi pour qu'en tout cas, manifestement, ça fonctionne, ok ? Alors qu'est-ce que j'ai ? manifester en vrai ? Est-ce que je l'ai vraiment manifesté ? Est-ce que c'est Dieu ? Est-ce que c'est l'univers ? Est-ce que c'est une synchronicité ? Est-ce que simplement parce que je savais ce que je cherchais, alors que j'avais déjà un autre lieu qui pouvait m'accueillir, pourquoi continuer à chercher ? Il est vrai que j'ai demandé des avis autour de moi, des conseils à des personnes plus expérimentées, pour me guider aussi. Mais je, de base... Je ne devais pas être dans ce lieu où je suis aujourd'hui. Je commençais à m'engager dans un autre lieu, malgré qu'on m'ait conseillé de faire autrement. Et puis, j'ai vraiment manifesté, visualisé qu'au final, je serais toute seule dans mon lieu. Parce que j'ai décidé aussi d'écouter peut-être certainement les conseils. Est-ce que j'ai su reconnaître quand ça s'est présenté ? Je ne peux pas te dire, je n'en sais rien en fait. Et j'aime bien ne pas savoir. Tout ce que je sais, c'est que ce qui est fou, c'est que je devais signer dans un autre lieu et que pourquoi à ce moment-là de l'été, je prends mon téléphone, je fais une dernière recherche et je tombe sur le lieu, la synchronicité entre le moment où mon propriétaire baisse le loyer pour un tel lieu comme ça et que ça correspond pile poil au centime près à ce que je recherchais. Alors qu'il y avait déjà quelqu'un qui était positionné aussi sur le lieu, pourquoi c'est moi qui choisis ? Voilà. On aime bien ne pas savoir, mais là où ça me pose parfois problème, c'est si je transforme cette expérience-là en règle universelle. C'est-à-dire que si moi je suis en train de te dire, moi j'ai réussi à manifester ça, donc si toi tu n'obtiens pas ce que tu veux, c'est que tu n'as pas assez cru, tu n'as pas assez vibré, tu n'as pas assez travaillé sur toi. Là, ça me pose un problème. Vous voyez, c'est ça le tiraillement que j'envoie. Non, moi je veux pouvoir garder le merveilleux, sans effacer les inégalités, les rapports de pouvoir. et tout ce qu'on ne contrôle absolument pas. Cette manifestation, ces synchronicités, pour moi, est-ce que ça prouve l'existence de l'univers tel que je me le représente ? Non. Est-ce que ça a du sens pour moi ? Oui. Et ces deux phrases, et ces deux phases même, j'ai envie de dire, ça peut totalement coexister. Sauf que moi, pendant longtemps, je n'ai pas laissé beaucoup de place aux doutes. J'ai eu une période où j'ai cru, mais beaucoup plus avec le ment, au développement personnel, à la manifestation, à la loi de l'attraction, à l'idée que nos pensées créaient notre réalité, à l'idée que si je faisais le travail nécessaire sur moi, si j'étais alignée, si je pensais correctement, si je me mettais dans la bonne énergie, les choses suivraient. Et puis, il y a eu 2022. Si tu écoutes ce podcast depuis quelques années, tu sais ce que 2022 m'a coûté, pour ceux qui ne le savent pas et qui découvrent peut-être mon parcours. En 2022, il y a eu deux choses essentielles, deux choses très impactantes dans ma vie. Trois, on va dire, parce que ça a failli être la fin de notre couple. Ma boîte était en train de se crasher, ma première boîte. qui était vraiment dans le développement personnel. Je faisais de la sophrologie et de la préparation mentale. Et j'étais très à fond loi de l'attraction, puisque j'y baignais depuis beaucoup d'années déjà. Et pour ça, j'avais tout bien fait. Tu vois, j'avais tout bien fait. Je manifestais tout le temps, je faisais mes rituels de lune. Je travaillais mon énergétique, je travaillais mes croissants. J'étais coach mindset. Au lieu de dire que j'étais préparatrice mentale, j'étais coach mindset. J'intervenais dans des programmes d'entreprise. preneuse. Je faisais tout bien pour moi, d'accord ? Donc là, quand tu fais tout bien et que ça crache quand même, il y a quelque chose qui ne fonctionne plus dans cette grille de lecture de tout ce que tu attires, tout ce que tu vis, c'est toi qui l'attires. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Parce que si j'attire ce que je vis, est-ce que ça veut dire que j'ai attiré ça ? Si tout arrive pour une raison, c'est quoi la raison ? Qui est-ce que j'étais censée avoir mal fait ? mal pensée, mal manifestée. Et surtout, quand on sort de ma petite histoire personnelle de Delphine et qu'on applique cette théorie au monde entier, elle commence à me poser un énorme problème. Parce que du coup, les enfants qui vivent sous les bombes, ils ont manifesté la guerre. Une femme qui est victime de violence, elle a manifesté son agression. Je refuse clairement qu'on transforme la violence subie par quelqu'un en leçons spirituelles qu'elle aurait eu besoin de recevoir. Je peux chercher du sens à ce qui m'arrive, par contre, je refuse d'imposer du sens à la souffrance des autres. Ce n'est pas à moi de faire ça en tant qu'accompagnante, masseuse, praticienne, thérapeute, parce que j'ai quand même aussi un diplôme de thérapeute, je refuse de faire ça, en fait, clairement. Et puis, il y a eu le féminisme qui est re-rentré dans ma vie, et donc dans ma spiritualité. Parce que c'est là que le féminisme a profondément changé ma manière de regarder les choses. Avec les lectures d'autrices telles que Bellooks, peut-être que si tu ne connais pas Bellooks, c'est une grande penseuse du féminisme, c'est une afro-américaine, et elle analyse tout ensemble le sexisme, le racisme et la classe sociale, et elle critique notamment un féminisme qui est centré sur l'expérience des femmes blanches privilégiées. ce que l'on vit beaucoup en Europe en fait. Il y a beaucoup de ce féminisme-là. Donc elle, elle est dans la pensée féminisme intersectionnel. On peut dire aussi black féministe avec une approche intersectionnelle. Mais lire Bellux, me mettre vraiment dans les pattes, les traces de sa pensée, ça a shifté énormément pour moi. Parce que ça m'a appris, parce que ça m'a appris vraiment mes lectures donc. Donc notamment Belouk, ça m'a appris à regarder ailleurs qu'à l'intérieur de l'individu. J'étais déjà plus ou moins ouverte à la pensée systémique, mais parfois on croit qu'on sait ce que c'est que la pensée systémique avant d'être soi-même sur des thérapies systémiques. Clairement, ça fait un an que je suis régulièrement, à coup de 3, 4, 5 mois en thérapie systémique pour moi. Je peux te dire que quand vraiment tu vas à l'intérieur, Tout n'est pas si simple dans l'individu. Donc quand tu apprends à regarder autour, et quand tu apprends à regarder ailleurs que seulement à l'intérieur de l'individu, tu regardes quoi ? Tu regardes qui est-ce qui a le pouvoir, qui est-ce qui a l'argent, qui est-ce qui travaille gratuitement avec le féminisme, on voit très bien tout ça, qui est-ce qui peut partir, qui est-ce qui peut dire non dans les relations, qu'elles soient amicales, familiales, amoureuses, professionnelles. Qui peut prendre un risque et qui ne peut pas. pas se permettre de perdre son salaire ce mois-ci. Le féminisme matérialiste m'a particulièrement intéressée pour ça. Et je ne peux que vous recommander des féministes comme Christine Delphi, qui montrent l'importance de regarder les conditions matérielles de l'existence et notamment et surtout le travail domestique gratuit accompli dans la sphère familiale. Fun fact, il est sur les femmes. Tout d'un coup, certaines phrases du développement personnel, ça ne sont plus pareilles. Le travail, ton rapport à l'argent, oui, mais peut-être aussi, combien gagnes-tu ? Qui s'occupe gratuitement des enfants ? De combien d'épargne disposes-tu ? De quelle famille viens-tu ? C'est une vraie question que le féminisme pose dans son ensemble et qui, du coup, ne peut pas répondre au développement personnel qui serait de travailler que sur toi. Pareil, le « apprends à poser tes limites » moi qui accompagne des femmes avec Mme Flocotting à poser leurs limites, je suis obligée de le faire à travers un prisme systémique et intersectionnel. Parce que oui, qu'est-ce que tu risques concrètement lorsque tu vas poser cette limite avec ta meilleure amie, ta mère, ton père, ton mari, tes enfants, ton client, ta cliente ? Qu'est-ce que tu risques ? Manifester l'abondance, peut-être. Tout le monde a envie de manifester l'abondance, ok, mais nous n'avons pas toutes le même accès aux ressources, au réseau, à la sécurité et au temps. Et c'est là que j'ai compris quelque chose d'important. Mon pouvoir personnel, il existe à l'intérieur d'un contexte. Non pas que je ne l'avais pas compris avant, ce n'est pas une phrase naïve, mais vraiment, se ramener toujours à son contexte. même quand on travaille sur soi, c'est vachement important. Et je te dépose tout ça et pourtant, parfois, j'ai peur d'être passée trop loin aussi de l'autre côté. C'est là que l'épisode va venir, c'est pas confortable pour moi, parce que tout ce que je viens de vous raconter, j'y crois vraiment profondément, vraiment. Je crois à tout ce que je te dépose là. Et pourtant, parfois... Je regarde certaines personnes très spirituelles, qu'elles soient autour de moi. Je me méfie de plus en plus des réseaux parce qu'il y a ce que les personnes te montrent et ce qui se passe réellement dans leur vie. Mais j'ai quand même pas mal de personnes spirituelles, plus ou moins proches de moi d'ailleurs. Et elles ont cette espèce de confiance absolue. Tu le vois sur le visage, il y a un truc de... un peu comme les moines bouddhistes, j'adore dire ça. Il y a vraiment du bruit autour de moi, je suis désolée pour les bruits de fond. Mais elles ont cette espèce de confiance absolue. Elles croient que tout ça, ça va leur arriver. Elles parlent de l'abondance tout le temps. Elles refusent de nourrir, ce qui leur fait peur. Elles préfèrent fermer les yeux sur des trucs, blablabla, peu importe les mots qu'elles utilisent. Et parfois, je les envie. Je les envie, parce que moi, pendant ce temps-là, je peux très facilement voir les 15 raisons pour lesquelles ça pourrait ne pas marcher. J'ai appris il y a deux mois et demi que j'étais TDAH. Ceci explique aussi beaucoup de choses quand tu es neurodivergente. mais c'est un autre sujet, c'est un autre sujet. Donc parfois, il arrive de me demander, mais si elles avaient un petit peu raison en fait, pas sur le fait qu'on a tiré absolument tout ce qui nous arrive, mais sur autre chose, sur la capacité à croire au possible. Et là, je vais vous dire vraiment, je vais te dire quelque chose qui n'est pas hyper confortable pour moi à reconnaître, en tout cas à déposer publiquement, c'est que parfois quand j'échoue, je me demande encore Si c'est pas un peu à cause de moi. Et c'est ouf. Après tout ce que je viens de te déposer, après toutes les analyses que je peux faire pour les autres, c'est ouf d'en arriver encore. à me dire et si j'avais pas suffisamment cru au truc ? Et si j'avais trop pensé au manque ? Et si à force d'analyser les obstacles, j'ai fini par les attendre ou par les provoquer encore pire ? Si ma lucidité ne devient pas parfois, est-ce que ça ne devient pas parfois en fait du pessimisme déguisé ? C'est tout ce que le dev perso a horreur quoi. Je sais intellectuellement tout ce que je viens de vous expliquer et pourtant, cette petite voix, elle existe encore. Et peut-être que ma spiritualité, en vrai, a encore quelque chose à apprendre à mon féminisme. Parce que mon féminisme a appris beaucoup de choses à ma spiritualité. Et je crois que c'est peut-être précisément pour ça que je n'ai pas trop envie de choisir de camp. Si, il y avait un camp à choisir, quoi. Peut-être parce que certaines personnes de mon milieu vont trop loin lorsqu'elles expliquent tout par les vibrations. Mais peut-être qu'elles ont aussi quelque chose à m'apprendre sur la foi. Sur cette capacité à croire à quelque chose avant d'en avoir la preuve. Je ne peux pas dire que je n'y crois pas, puisque sinon je ne m'amuserais pas à manifester des choses. Mais souvent, je ne sais pas comment formuler ça, mais souvent, peut-être je m'empêche un peu parfois d'imaginer une possibilité avant qu'elle soit vraiment raisonnable. Je ne sais pas si ça fait sens pour vous, mais je ne sais pas comment l'exprimer autrement. À ne pas laisser... tout ce que je sais du monde définir, tout ce que je m'autorise à désirer. Voilà, parce que nos pensées ne contrôlent peut-être pas le monde extérieur, mais elles influencent évidemment ce que nous faisons. Et elles influencent le monde à l'intérieur de nous. Si je pense que quelque chose est impossible, peut-être que je n'essaierai jamais. Si je crois que quelque chose est possible, peut-être que je vais envoyer plus de mails, peut-être que je vais la créer cette boîte, peut-être que je vais demander le rendez-vous. Peut-être que je vais recommencer après m'être plantée. C'est ce que je fais moi. Donc je ne peux pas dire que je ne crois pas. C'est ce que je fais. Et c'est ça aussi, avoir du pouvoir. Mais du pouvoir. Pas de la toute-puissance. Du pouvoir. Et est-ce que se protéger du monde n'est peut-être pas le nier ? Il y a... Ça fait déjà pas mal de mois de ça. Je ne sais pas si ça fait... Je ne sais pas si c'est mois ou années. Je n'arrive plus à recontextualiser, mais... pour avoir échangé avec des personnes de mon milieu, le milieu du bien-être, du mieux-être. Il y a peut-être un an, je ne sais plus. Bref, la conversation est quand même restée, tu vois. Parce que c'était, on parlait du fait, et ça c'est une conversation que j'ai eu avec beaucoup de personnes de mon milieu, principalement des femmes d'ailleurs, sur le fait que soit elles sont trop sensibles pour s'exposer aux informations, aux injustices, voilà. On parlait du fait de regarder ou d'ignorer la violence du monde, de s'exposer à ça. Et moi, c'est sûr que mon réflexe féministe premier, c'est de penser « Ouais, mais en fait, si tu détournes, si vous êtes les meufs en train de détourner les yeux, c'est parce que c'est un privilège. » Je le pense encore. Et je le pense à propos de moi aussi, parce que je peux avoir ce privilège en tant que femme blanche. Je suis issue d'un milieu modeste, mais j'avais gravé des échelons, donc j'ai quand même du réseau. Je suis mariée, mon mari est une situation confortable, donc en fait, je suis grave privilégiée comme meuf au moment où je suis en train d'échanger avec toi. D'accord ? Donc je pense encore que pouvoir détourner les yeux, c'est un privilège. Mais peut-être que certaines personnes peuvent aussi fermer, je ne sais pas, Instagram, les réseaux sociaux, la télé, la radio, que sais-je. et retrouver une vie dans laquelle elles ne sont pas directement confrontées à la violence. Ça, c'est ce que moi je vis. Je ne suis pas confrontée à cette violence tout le temps dans ma sphère privée. Mais il y en a d'autres qui vivent cette violence. Comment tu manages ça à l'intérieur de toi, je ne sais pas. Jusqu'avec le temps, j'ai rajouté un petit quelque chose dans ma propre réflexion, c'est que de... parce que fatigue aussi d'être exposée à la violence moi-même. Donc ça faisait vraiment écho à cette conversation que j'avais avec ces personnes-là. Et du coup, je peux aussi reconnaître la violence du monde. Et ça ne m'oblige pas à la faire rentrer dans mon système nerveux 24 heures sur 24. En réalité, je peux savoir et couper. Je peux savoir les informations négatives du monde et couper avec ces informations. Je peux être engagée sur l'émancipation des femmes. sur la cause enfantiste et me protéger. Je peux fermer les informations parce que mon corps dit stop sans prétendre que ce dont je me protège n'existe pas. Et c'est peut-être que là aussi, ma spiritualité, elle peut m'aider, non pas à détourner les yeux, mais à rester suffisamment vivante pour pouvoir continuer à les ouvrir. Alors, elle est où la frontière ? Je crois que cette frontière, c'est celle-là que je cherche encore aujourd'hui, entre cette croyance mède et cette croyance explique le monde. Entre j'ai envie de croire que cette synchronicité a du sens et je sais pourquoi l'univers a fait ça. Je veux croire que je peux créer quelque chose d'immense. Et si tu n'as pas réussi, c'est que tu n'as pas suffisamment cru, meuf. Parce que là, il y a quelque chose qui bascule. La spiritualité qui me donne de l'espoir commence à devenir une spiritualité qui le culpabilise. Et ça, moi, j'en veux pas. J'en veux pas pour les femmes autour de moi. J'en veux pas pour les femmes que j'accompagne. J'en veux pas pour moi. J'en veux pas pour mes enfants. Je pense que... Dans la religion judéo-chrétienne, il y a beaucoup cette culpabilité-là. Ce sacerdoce-là. Et c'est en ça que moi, je me suis détachée pendant peut-être trop d'années pour pouvoir y retourner aussi. Donc, je crois beaucoup, en gros, pour terminer cet épisode qui commence à être long pour un épisode solo. Mais je sais de moins en moins. Voilà, je crois beaucoup. Je sais de moins en moins. Comment garder la foi et le merveilleux. Sans dépolitiser le monde, je ne sais pas. Je ne sais pas quelle part de ce qui m'arrive je crée. Je ne sais pas quelle part m'arrive simplement. Je ne sais pas si certaines synchronicités viennent de Dieu, de l'univers, de mon intuition ou de mon cerveau qui cherche du sens. Je ne sais même pas si parfois ma lucidité me protège ou si elle m'empêche d'espérer. Et peut-être que certaines personnes que j'ai parfois trouvées trop perchées ont compris quelque chose que je n'ai pas compris. Je ne sais pas. Mais je sais que je ne veux renoncer ni à ma lucidité, ni aux merveilleux. Je veux pouvoir lire Bell Hooks et tirer mes cartes. Je veux pouvoir regarder les rapports de pouvoir et parler à Dieu. Savoir que, ben, on part pas toutes avec les mêmes cartes et continuer quand même à demander des trucs complètement fous à l'univers. Je veux pouvoir me protéger du monde sans nier ce qui s'y passe. Je veux croire sans transformer mes croyances en vérité pour les autres. Et peut-être que tout ça, c'est profondément contradictoire. Mais moi, c'est tout ça qui existe en moi. Je crois beaucoup, mais je sais de moins en moins. Et finalement, c'est peut-être là que ma foi commence, précisément là, à l'endroit où j'accepte de ne pas savoir. Je te laisse sur cette douce réflexion. Franchement, je serais ravie qu'on puisse... en échanger si t'as envie. Je pense que je vais poster cet épisode sur mes deux comptes, Madame Flo Cotting et Madame Flo Rituel et puis je te fais plein de gros bisous et je te dis à la semaine prochaine. Merci pour ton écoute. Tu sais déjà comment faire. Abonne-toi, mets 5 étoiles et partage cet épisode. C'est ça qui fait grandir le podcast. Moi je reste là. Je continue à parler fort pour celles qui n'osent pas encore. Je te dis à très vite et d'ici là, respire et surtout, secoue les règles du jeu.