- Speaker #0
Bienvenue dans Emulsion, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui révolutionnent les modes d'entreprendre et de produire. Dans la saison 2, on tend le micro aux pépites de l'économie circulaire qui choisissent de voir dans les déchets des ressources et une opportunité de transformer positivement le monde pour un partage d'expériences inspirantes. Aujourd'hui, on parlera de lancer une activité qui n'existait pas. d'impulser le changement et de se construire avec ses clients, avec Shu Zhang, ancienne gérante de restaurant et cofondatrice de Pandobac, entreprise désormais incontournable du réemploi d'emballage dans l'industrie agroalimentaire. Spoiler, tout a commencé par une livraison au Palace Le Bristol, dans des caisses IKEA. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour Shu, et bienvenue au micro d'émulsion. On se connaît bien parce que tu es résidente de la résidence du Durable, une résidence d'innovation que j'anime au sein de la mairie du 10e arrondissement. Tu es donc la fondatrice de Pandobac, une structure qui aide les restaurateurs à diminuer leurs déchets d'emballage. Tu nous pitches le projet ?
- Speaker #2
Merci de m'avoir invitée déjà sur ce podcast. Avec Pandobac, effectivement, on vient remplacer les emballages à usage unique qui sont reçus par les restaurateurs, mais également par des commerçants, depuis leurs fournisseurs de marchandises alimentaires, par exemple les caisses de fruits et légumes, les cartons de sauce, tout ça. On vient remplacer ces emballages à usage unique par des caisses qui sont réemployées grâce à nous. Et ce qui fait qu'on diminue énormément les déchets d'emballage reçus par les commerçants et les restaurateurs.
- Speaker #1
Trop bien ! Et comment t'es venue cette idée ?
- Speaker #2
Alors moi, du coup, avant de crêper en au bac, j'ai créé un restaurant à Paris par passion de la cuisine et de la gastronomie. Et dans ce restaurant, je faisais un peu tout parce que c'était un... petits restaurants d'une trentaine de places. Et notamment, ce que je faisais, c'est que je réceptionnais la marchandise, je devais du coup ranger la marchandise, et je me retrouvais avec une petite montagne de cartons, cagettes en bois et caisses polystyrènes que je me chargeais, moi aussi, de les casser et de les mettre dans la poubelle, tant bien que mal. Et ça me prenait entre une demi-heure et une heure de ma journée. Et donc, clairement, quand on fait ça tous les jours... On se pose un peu des questions sur l'utilité de ce geste et de ces emballages.
- Speaker #1
Et du coup, comment est-ce que tu t'es lancée au début pour pouvoir développer Pandobac ? Est-ce que tu l'as fait seule ?
- Speaker #2
Alors, pour Pandobac, du coup, l'idée, comme je disais, est venue avec mon restaurant, de me dire, est-ce qu'il n'y aurait pas une solution autre que ces emballages que je jette tous les jours ? Et à partir de là, j'avais déjà monté le restaurant, donc j'avais déjà une expérience entrepreneuriale. Donc ça a été quand même plus facile pour moi de monter Pandobac que, en tout cas, le restaurant même, ou n'importe qui qui commence vraiment sa première expérience. Et je me suis tout de suite mise à la recherche d'associer, parce que je savais aussi que je ne voulais pas le lancer toute seule. J'ai un caractère, je pense, qui fait... que j'aime bien avoir l'avis d'autres personnes pour prendre des décisions. Et c'est vrai que toute seule, parfois, je doute un peu aussi de mes choix. Et donc, j'aime bien partager ça avec d'autres personnes, d'où l'idée de s'associer. Et donc, dès que j'ai trouvé mes deux associés avec qui je suis toujours, donc Roch et Anaïs, on a commencé à interroger un peu les restaurateurs, des fournisseurs, pour voir si l'idée initiales que j'ai eues avaient vraiment une chance d'aboutir.
- Speaker #1
Donc tu me dis qu'au début, vous avez commencé à prospecter des restaurateurs et des producteurs aussi. Comment a été reçue l'idée ?
- Speaker #2
Alors nous, donc Pans de Bac, on vend notre solution aux fournisseurs, vraiment. Et donc les restaurateurs sont pour nous plutôt des prescripteurs. On les appelle un peu les bénéficiaires finaux, parce qu'ils vont bénéficier du fait de ne plus avoir de déchets d'emballage à gérer. Mais c'est vrai que l'emballage, il est plutôt généré à la base par le fournisseur de marchandises et de produits alimentaires. Et donc, on est allé voir les restaurateurs, déjà pour confirmer que moi, ce que je faisais dans mon restaurant, c'était partager avec tout le monde et qu'il y avait quand même un souci de gestion de déchets dans les restaurants. Ça, très rapidement, ça a été validé, quelle que soit la taille des restaurants, que ce soit un petit comme moi, ce que j'avais. Ou les grands hôtels et palaces parisiens qu'on a pu rencontrer aussi et qui ont vraiment aussi des soucis avec ces emballages. Donc ça, c'était assez rapide. Et après, on a fait une petite tournée la nuit à Rungis auprès des fournisseurs que moi, j'avais dans mon restaurant. pour aller un peu échanger avec eux, et leur poser des questions sur est-ce qu'ils avaient un peu envisagé d'autres solutions que les emballages à visage unique qu'ils utilisaient. Et effectivement, personne n'avait vraiment trop de solutions, mais tout le monde avait en tout cas conscience aussi de ce que ça engendrait, comme conséquence pour le restaurant. Et donc pour le coup, on s'est dit, voilà, il y a quelque chose, il y a un besoin des deux côtés, et pas de solution.
- Speaker #1
Oui, parce que du coup, dans l'imaginaire collectif, le réemploi, c'est un coût de temps et c'est un coût logistique. Comment est-ce que vous, dans la logistique, vous arrivez à faciliter la vie et des restaurateurs et des fournisseurs ?
- Speaker #2
Oui, alors nous, on est vraiment sur un créneau très spécifique professionnel. Donc, on est entre des producteurs de fruits et légumes, des labos de découpe de viande, ce type d'acteurs, et des commerçants et des restaurateurs. Là, c'est des flux qui sont... quotidien pratiquement de marchandises qui sont opérées par souvent les mêmes logisticiens, les mêmes camions, les mêmes livreurs et qui font du coup tous les jours des circuits en gros de livraison avec des marchandises. Avec les caisses aujourd'hui, on ne vient pas changer grand-chose puisqu'en fait les marchandises sont livrées de la même manière. C'est juste qu'effectivement le livreur doit récupérer des caisses vides des précédentes livraisons et les ramener dans son entrepôt. Nous derrière, c'est notre rôle chez PandoBac de faire en sorte que la solution globale soit compétitive par rapport à l'usage unique, parce qu'on sait que la réalité économique des entreprises est là. Même si l'impact est meilleur, il faut quand même que le coût suive. Et on y arrive en s'assurant que les taux de retour des caisses soient très bons. Et c'est vraiment avec le nombre de réutilisations... qu'on arrive vraiment à amortir le coût à l'utilisation. Et je donne juste un exemple sur le taux de retour. Nous, on a 98-99% de taux de retour des caisses. Aujourd'hui, toutes les expérimentations qu'il y a sur le réemploi des emballages consommateurs se situent plutôt autour de 50-60% max de taux de retour. Et donc, en fait, on a vraiment une grosse différence du nombre de réutilisations possibles. Parce que nous, on est sur des circuits vraiment entre professionnels qui facilitent un peu cette logistique retour. C'est comme ça qu'on arrive, avec les professionnels en tout cas, à être vraiment rentable par rapport à l'usage unique.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que tu saurais dire, au bout de combien d'usages d'une ou plusieurs caisses, c'est rentable pour le fournisseur ?
- Speaker #2
Alors, nous, on facture à l'utilisation. Et du coup, dès la première utilisation pour le fournisseur, c'est rentable. Voilà, en fait, c'est nous qui, effectivement, amortissons le coût de la réutilisation, on va dire. Et nous, en gros, au bout d'une vingtaine de réutilisations, on est économiquement intéressant et aussi de manière environnementale. Donc, c'est très rapidement, sachant que nos caisses, aujourd'hui, font plusieurs centaines de rotations. on arrive à dupliquer encore plus notre impact. Plus on les réutilise, plus on avance.
- Speaker #1
Trop bien. Et du coup, il y a de la traçabilité sur les bacs. Ils ont un QR code, quelque chose pour pouvoir mesurer tout ça ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Pour optimiser ce taux de retour, on a développé spécifiquement une application de suivi qui est, je pense, le premier service qu'on a lancé au tout début. C'était vraiment de dire qu'on n'avait rien encore. On n'avait pas de centre de lavage. On avait des caisses, pas trop encore de caisses, mais quelques caisses. Et donc, c'est vraiment le premier service qu'on a lancé. C'était une application de suivi d'objets, mais du coup, de caisses réemployables, avec un système de QR code et effectivement avec des étapes de scan. Et le suivi est unitaire, ce qui permet vraiment de savoir que la caisse numéro 1312, elle est allée chez tel fournisseur, ensuite chez tel commerçant. Elle est revenue à telle date, elle a été lavée à telle date. Et ça permet vraiment aussi d'avoir la traçabilité, la sécurité aussi alimentaire, d'hygiène des caisses.
- Speaker #1
Justement, est-ce qu'il n'y avait pas des difficultés à vendre votre solution pour justement des questions d'hygiène ? Parce que l'emballage à usage unique nous semble utile pour prévenir ces problèmes-là ?
- Speaker #2
Alors, ce n'est pas la difficulté principale, je dirais. Nous... lorsqu'on vient remplacer, donc beaucoup, il y a des cartons et des cagettes en bois qui sont des emballages qui en fait n'ont pas aujourd'hui de... quand elles ne sont pas aptes au contact alimentaire particulièrement. Enfin, c'est des choses qui sont emballées dedans ou des fruits et légumes qui ont leur peau. Donc là, côté hygiène, il n'y avait pas trop de sujets. On vient même améliorer l'hygiène de ces emballages-là. Ce qui est le plus délicat et c'est là où on fait plus attention aujourd'hui, c'est qu'on vient remplacer aussi des caisses polystyrènes qui contiennent du poisson directement mis dans la caisse. Du coup, le poisson est vraiment au contact de notre caisse. Donc là, on ne peut pas du tout se permettre vraiment de problèmes. Le nombre de bactéries qu'il peut y avoir, la listeria, la salmonelle, etc. On n'a pas le droit à l'erreur. Et là, pour le coup, nos clients, d'ailleurs, c'est même parmi nos plus fidèles clients sur la marée, nous ont vraiment aussi accompagnés dans le changement. On a mis en place énormément de process qualité pour bien faire attention et les rassurer. Mais je pense que ça s'est fait aussi en co-construction avec eux. Mais aujourd'hui, ce n'est vraiment pas un enjeu majeur.
- Speaker #1
C'est super de savoir que la solution a tellement plu et l'envie d'aller vers cette solution a tellement plu que vous avez pu co-construire avec vos clients. Et je n'ai pas spécialement de questions là-dessus, donc ce sera sans transition, mais tu parlais justement de la qualité de votre lavage. Comment ça se passe, le lavage ?
- Speaker #2
Alors nous, on a ouvert notre centre de lavage dans le marché de Rungis, du coup, où on est basé, enfin majoritairement, les opérations sont basées dans ce marché-là. Et ça s'est aussi un peu construit au fur et à mesure. On est parti, on n'avait rien. On était juste tous les trois avec Roch et Anaïs. Et on a acheté une machine. On a loué effectivement un local dans le marché de Rungis. Et petit à petit, voilà, en fait, tous les jours, je pense que le centre de lavage se transforme parce que tous les jours, effectivement, on va améliorer tel ou tel process. On a ajouté des modules à la machine, on a designé des chariots spéciaux de séchage, de manutention, etc. Et ça s'est fait aussi, comme je disais, un peu en co-construction avec les besoins aussi des clients. On voyait comment nos opérateurs lavaient, ce qu'il fallait améliorer dans le centre de lavage. Et là, d'ailleurs, on a un gros projet cette année où on va refaire totalement notre centre. pour accueillir une nouvelle machine beaucoup plus performante, plus automatisée aussi, qui va aussi faciliter la vie des opérateurs dans leur travail.
- Speaker #1
Je vous imagine Pandoubac dans Rungis, qui est quand même un monde hyper particulier. Quels avantages vous avez à être là et comment vous avez été reçus par les autres qui n'ont peut-être pas fait appel à votre solution ?
- Speaker #2
Alors ? L'avantage d'être dans Rungis, c'est qu'on a accès très facilement à l'ensemble des entreprises qui sont sur le marché. Même en termes de logistique, c'est très facile. Du coup, on est à deux minutes en camionnette pour leur livrer des nouvelles caisses. On va les voir la nuit très facilement aussi. Donc, on est un peu dans cette même famille. Nous, aujourd'hui, on est assez cachés. Du coup, il y a beaucoup, je pense, encore d'entreprises de Rungis qui ne savent pas qu'on est là. Est-ce qu'on est au sous-sol d'un bâtiment ? Donc, on vit un peu caché du reste des entreprises. Mais en tout cas, on a eu pas mal de demandes de lavage de contenants, de caisses. C'est des choses que les entreprises de Rungis utilisent souvent. Donc, ils étaient plutôt contents. d'accueillir ce nouveau service qui n'existait pas avant qu'on arrive. Il n'y avait pas du tout de station de lavage à Rungis. Il n'y avait qu'effectivement des endroits entre guillemets déchetterie où les gens apportaient les emballages à Isagénie qu'ils avaient. Il n'y avait pas de facilitateur pour faire du réemploi d'emballage. Depuis qu'on est là, c'est un service nouveau qui est apparu.
- Speaker #1
Je sais que vous ne faites pas que du lavage, vous avez d'autres types d'activités chez PandoBac, est-ce que tu peux m'en parler un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, alors déjà les caisses il faut qu'elles appartiennent à quelqu'un, du coup effectivement aujourd'hui ce qu'on fait c'est qu'on a un stock de caisses, un parc de caisses réemployables qu'on fournit à nos clients, donc déjà il y a cette gestion de l'actif qui est la caisse dont on gère le stock, on les loue, voilà. On les source pour choisir les bonnes caisses par rapport aux besoins de nos clients. On a l'application de traçabilité dont j'ai parlé et qui est équipée vraiment sur toutes nos caisses. Donc ça, c'est obligatoire. On ne loue pas de caisses sans suivi. Ça fait partie de notre activité. On récupère aussi, on fait de la logistique, mais plutôt avec des prestataires. Mais on peut récupérer. des caisses à des endroits, effectivement, quand il n'y a pas cette logistique retour qui est déjà mise en place. Donc, on organise un peu la logistique retour quand il y en a besoin. Et la dernière activité, effectivement, on a un bureau d'études interne qui permet vraiment de modéliser. Alors, c'est surtout de la modélisation d'impact financier et environnemental entre l'emballage elyséogénique vers des emballages réemployables. pour inciter les entreprises et leur donner vraiment des chiffres et des arguments pour se mettre dans le réemploi.
- Speaker #1
Du coup, tu nous as beaucoup parlé de ton activité et aussi de ta rencontre avec Roch et Anaïs, tes cofondateurs. Est-ce que tu saurais me dire et me parler du moment où tu sens que vraiment PandoBac a switché et a vraiment commencé à passer du niveau de graine au niveau de vraiment activité ?
- Speaker #2
Oui, alors il y a eu plusieurs choses effectivement. Nous, au tout début, avec RockAnalyse pour se lancer, on a fait ce que tout le monde appelle un POC. Du coup, on a fait un test avec un grossiste à Rungis. Donc ça, je pense que ça a été la première grosse étape parce qu'on n'avait même pas d'entreprise créée. donc on avait comme je disais rien et on est allé acheter quelques caisses chez Ikea et on est allé convaincre un gros ciste de ringiste de mettre ses produits dans des caisses et de les livrer à ses clients restaurateurs et donc on a réussi à le faire donc ça je pense que déjà ça a été une grosse étape parce qu'il fallait trouver quelqu'un qui était ok pour ça on lavait les caisses avec un petit chiffon et un produit désinfectant voilà c'était vraiment très manuel et en fait c'est ça C'était un grossiste arrangiste qui faisait majoritairement du foie gras en plus. Ses clients étaient des restaurants de luxe, des hôtels de luxe. Et c'est grâce à ce test qui nous a paru hyper manuel, mais c'est grâce à ça que le Bristol, Palace parisien, nous a contactés. en disant, en fait, on a reçu des caisses où il y avait votre nom dessus, là, pendant cet été. En fait, on veut la même chose pour tous nos fournisseurs. Donc, en fait, on se parle. Et donc là, ça a été le déclic, parce que c'est à ce moment-là où ça a pris... Enfin, on s'est dit, ah oui, en fait, ça va bouger, parce que si le Bristol le demande, en fait, il ne va pas être... être tout seul à le demander, donc c'est sûr que ça va bouger. Et en fait, c'est grâce à ça qu'on a eu notre premier gros client, qui est aujourd'hui toujours notre client avec qui on a commencé vraiment en 2019 au tout départ, qui est un grossiste des produits de la mer, qui s'appelle Renaud Arringis. Et c'est comme ça que Renaud a démarré, c'était pour répondre à la demande du Bristol. Donc ça, vraiment, je pense que ça a été la première étape décisive parce que Renaud, c'est un des plus gros ... grossisse, produit de la mer à Rungis. En plus, il a un poids, une visibilité aussi. Si lui fait un projet, les autres vont aussi vouloir le faire. Après, l'autre étape, une fois qu'on avait ce client-là, c'était de dire qu'il faut qu'on puisse opérer. C'est comme ça qu'on a acheté la machine de lavage, qu'on a commencé le lavage. C'est vraiment grâce à lui qu'on a démarré. Et après, effectivement, dans la croissance de l'entreprise, on avait un modèle startup. Donc, on a fait des levées de fonds pour se financer, pour grossir. Et donc, suite à la première levée de fonds qu'on a faite, là, on a pu recruter nos premiers salariés. Donc ça, je pense que c'est une grande étape aussi. 3, 3,5 à 10 personnes. Déjà, ça change pas mal toute la gestion aussi, la façon dont on travaille. Et justement, on a dû monter en compétence sur toute la partie vie d'équipe, management. C'est à ce moment-là qu'on a pas mal appris. Et là, globalement, après, le Covid est arrivé. Ça a été aussi un moment très important parce que ça a complètement remis en question toute notre activité. sachant que tous nos clients travaillaient que avec des restaurateurs et donc on n'avait plus d'activité on était sur un lancement hyper bon de notre activité et c'est retombé à zéro et donc là on a eu une période vraiment de remise en question on s'est dit est-ce que c'est le bon business, est-ce qu'on s'est trompé est-ce qu'on pivote qu'est-ce qu'on fait, est-ce qu'on crée une autre activité en fait on s'est posé énormément de questions et on a beaucoup aussi structuré toute la partie hum... valeurs de l'entreprise, c'est à ce moment-là qu'on a créé, entre guillemets, notre raison d'être, on a créé les valeurs qu'on a toujours gardées jusqu'à aujourd'hui. Et en fait, la conclusion de tout ce travail de un an, parce que ça a duré un an, c'était de dire non, non, nous on croit vraiment qu'on est sur le bon créneau des emballages professionnels. On aurait pu aller vers le particulier, enfin les emballages consommateurs, mais on n'y est pas allé, parce qu'en fait, toute l'équipe était aussi convaincue que c'était le bon créneau à avoir. La seule chose qui a changé, c'est qu'on a créé l'entité bureau d'études. Ça a donné quelque chose de positif. On s'est dit qu'il fallait qu'on monte en compétence sur l'expertise pure du réemploi d'emballage. Parce que ça pouvait apporter quelque chose à l'entreprise. Globalement, c'est un peu ces grandes étapes. Depuis la reprise post-Covid, on gagne des nouveaux clients. tous les mois sur l'activité. Le sujet est beaucoup, beaucoup monté grâce à la loi AGEC. Et on voit clairement le changement entre 2018 avec notre test chez le grossiste en foie gras jusqu'à maintenant où on arrive à parler à des industriels comme Bell, Bigard, etc. On voit le changement.
- Speaker #1
Mais justement, sur le sujet des victoires, est-ce que par la suite... Quels sont les belles victoires de Pandobag depuis 5 ans et demi que vous existez ?
- Speaker #2
Nous, on suit beaucoup l'impact qu'on a. C'est le nombre de rotations de caisses, le nombre d'utilisations de nos caisses et le nombre d'emballages à isogénique qu'on a remplacés. On le suit tout le temps. On a des cas payés, un tableau d'indicateurs qu'on suit tous les mois. Et on fait des bilans tous les ans de quel a été notre impact. Récemment, on a passé la barre des 1 million d'emballages à usage unique évités grâce à nos caisses réemployables. Et donc, on est hyper fiers de cet accomplissement. Ça représente du coup environ 800 tonnes de déchets évités. Donc voilà, c'est un peu une fierté. Et puis, on espère rapidement passer la barre des 2, 3, 4 millions bientôt. L'autre fierté, c'est plus récent du coup, j'y pense là particulièrement. Mais on a des clients qui sont très, très fidèles et qui sont quand même très contents de travailler avec nous. Et à chaque fois, ça fait énormément plaisir quand ils nous le disent et quand ils nous disent Ils nous mettent en avant aussi dans leur communication. Et ça, je pense que c'est une grosse fierté parce que souvent, quand les gens sont contents de quelque chose, ils ne disent pas grand-chose. On a plutôt l'impression que les gens en parlent que quand ils ne sont pas contents. Et là, récemment, on a fait un salon. On était au CIRA, le salon de la restauration et de l'hôtellerie. Et on a deux clients qui ont vraiment mis en avant de manière très visuelle la collaboration avec nous et qui ensuite ont vraiment fait des postes spécifiques sur la collaboration avec nous. Alors qu'un objectif d'un salon, c'est de rencontrer ses clients, de vendre, etc. Là, on a trouvé que c'était quand même fort d'avoir passé du temps, des ressources à nous mettre en avant la collaboration. Donc c'est ça qui fait énormément plaisir. Dès qu'un client en gros parle de nous, on est trop content.
- Speaker #1
Très bien. Donc le parcours entrepreneurial, c'est tout le parcours d'une vie, d'un projet, etc. Tu dirais que là, aujourd'hui, Pandobag, vous en êtes où ?
- Speaker #2
Alors là, on en est où ? On en est un peu à un passage clé de l'activité, parce qu'on est... Sur le passage à l'échelle, comme on dit, à un moment, il faut passer par là ou arrêter. Donc on est vraiment sur ce moment où on passe à un stade d'industrialisation. Comme je disais, on a notre nouveau centre de lavage qui va s'ouvrir, qui va être beaucoup plus automatisé, beaucoup plus industriel. On commence à travailler avec des gros, gros acteurs, des gros industriels agroalimentaires avec qui on ne travaillait pas avant. Donc on est vraiment à ce moment un peu charnière de... de l'activité où ça va vraiment basculer dans quelque chose de plus gros et de pérenne, de rentable, plus en mode PME, on va dire. On est en train de passer de la start-up à la PME. On peut ça, le stade.
- Speaker #1
Sacrée transition. Et donc là, les prochaines étapes pour vous, c'est quoi ?
- Speaker #2
Alors nous, les prochaines étapes, c'est réussir, comme je disais, ce passage à l'échelle, ce passage à la PME. On est en train de préparer une nouvelle levée de fonds pour cette année aussi. Grande nouvelle, on ne l'a pas encore annoncé de manière très officielle. On a juste commencé à en parler un peu à notre entourage. Et du coup, prochaine grande étape, c'est cette année, levée de fonds, nouveau centre de lavage, déploiement auprès de gros industriels, effectivement agroalimentaires, avec qui on a pas mal avancé. et pour se transformer en une PME qui crée de l'emploi, qui crée de l'impact positif.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ce podcast, cette interview et toutes tes réponses à ces questions. Je pense qu'on sera tous et toutes très heureux de découvrir les dessous du milieu de la restauration et comment est-ce que ce milieu est en train de faire sa transition aussi grâce à vous. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté Émulsion, un podcast de l'association Les Canaux, qui accompagne le développement d'une économie solidaire, circulaire et locale, avec le soutien de l'ADEME. Si vous avez aimé l'émission, n'hésitez pas à mettre des étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Speaker #2
A bientôt !