- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast En Binôme. En Binôme, c'est un podcast qui vous plonge dans le quotidien de personnes accompagnées d'un chien guide ou d'assistance. A travers des histoires de vie, on découvre le lien unique entre le maître et son chien, mais aussi le rôle souvent méconnu des familles d'accueil, des éducateurs et l'importance de l'accessibilité. Le podcast comprend également une partie au BAC, qui est l'Observatoire de l'accessibilité du chien guide ou d'assistance, avec des interviews de responsables d'entreprises, de fédérations, d'institutions ou d'associations engagées en faveur du libre accès des personnes accompagnées d'un chien guide ou d'assistance. Pour ce deuxième épisode, nous partons à la rencontre de Lou Méchiche, 19 ans, malvoyante à la suite d'une tumeur cérébrale. Lou est aussi une sportive de haut niveau et triple championne de parasurf, dont deux titres remportés avec l'équipe de France. Au quotidien, elle est accompagnée par Pita, son chien guide, formée par la Fondation Frédéric Gaillane, qui la soutient dans tous ses déplacements et dans ses nombreux projets. Dans cet épisode, Lou nous raconte son parcours, sa passion pour le surf et la place essentielle que tient Pita dans sa vie. Bonne écoute !
- Speaker #1
Bonjour Lou ! Bonjour ! Je te remercie de nous accorder ce temps d'échange.
- Speaker #2
Merci à vous.
- Speaker #1
C'est avec plaisir de te recevoir. Du coup, je vais commencer. Est-ce que dans un premier temps, tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Alors, je m'appelle Lou Méchiche, j'ai 19 ans et je suis malvoyante. dû à une tumeur cérébrale et je fais du paracer. Je suis toujours accompagnée de mon chien guide, Pita, qui est mes yeux. Et aujourd'hui, je suis triple championne du monde, dont deux fois avec l'équipe de France.
- Speaker #1
Eh bien, félicitations.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Très beau palmarès, en tout cas.
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous présenter Pita, du coup ?
- Speaker #2
Alors, Pita, du coup, c'est un chien qui va avoir 7 ans bientôt, cet été. Et il vient du coup de la fondation Frédéric Gaillanne, qui est l'une des seules écoles, il y en a deux en tout dans le monde entier, à remettre des chiens guides à des fichiers visuels mineurs. Et du coup, on en a une au Canada et une en France, on a de la chance. Et c'est Frédéric Gaillanne, du coup, qui m'a remis Pita. Et du coup, Pita, au-delà d'être mes yeux, c'est un chien très très calme. rempli de délicatesse. Alors il m'a vraiment aidé à me retrouver, à me ressourcer. C'est bien plus qu'un chien guide, c'est bien plus qu'un chien de compagnie, c'est une continuité de moi finalement.
- Speaker #1
C'est une partie de toi du coup.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
D'accord. Tu l'as eu en 2019 si je calcule bien ?
- Speaker #2
C'est ça 2019, 2020 je crois parce que c'est un peu la galère avec le comité.
- Speaker #1
Et du coup, j'imagine que c'est ton premier chien.
- Speaker #2
C'est ça, c'est mon premier chien guide.
- Speaker #1
Ça marche. Et du coup, qu'est-ce qu'il a pu changer dans ta vie, Pita ? J'imagine tout.
- Speaker #2
Franchement, il m'a permis vraiment d'ouvrir mes yeux sur moi-même et sur le monde entier. Je m'étais beaucoup renfermée. La canne blanche que j'utilisais avant d'avoir Pita. me renfermer énormément en fait ça m'était vraiment comme une barrière entre les autres et moi et puis j'acceptais pas du tout mon handicap parce que je sentais des regards assez lourd avec ma canne et donc pas forcément en fait ça se reflétait sur ma propre vision en fait de moi c'est ça de moi même et quand je me regardais devant le miroir je me dégoûtais j'étais j'avais honte en fait d'être handicapé Pour moi, c'était vraiment un point faible, une honte. Et Pita, je l'attendais depuis des années. J'ai commencé la canne blanche parce que je voulais un chien guide. J'ai toujours été très, très proche des animaux. Et pour moi, c'était une évidence de partager ma vie avec un chien qui me guide. C'est juste incroyable. Et donc j'ai fait les démarches auprès de la fondation et le jour où je l'ai eu, je me suis dit waouh, ça y est, j'ai enfin pouvoir redevenir moi-même. Parce qu'à l'origine, j'étais une petite fille hyper sociable, qui parlait avec tout le monde, qui rigolait tout le temps. Et là, je m'étais vraiment renfermée sur moi-même, j'étais plus du tout... En fait, je n'osais plus aller vers les autres. Et puis t'as... Tout le monde a envie d'en parler, de venir m'en parler, me poser des questions, venir le caresser aussi parce que mon chien est trop mignon. Et forcément, ça a retiré automatiquement, ça a retiré directement les barrières par rapport à l'handicap. Et moi, je me suis sentie beaucoup plus humaine. Ça a retiré tout ce côté très déshumanisant de tout le temps. En fait... Je suis la fille avec la canne blanche. Là, maintenant, je suis la fille avec le chien. C'est tellement mieux. Et du coup, il m'a vraiment permis de me retrouver moi-même, de m'aimer, de m'accepter avec mon handicap et de me rendre compte que c'était une force et non pas une faiblesse.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Et il m'a permis de me reconnecter au monde et de redevenir la personne que je suis réellement. Comme je disais tout à l'heure, il est vraiment bien plus qu'un chien. qu'on pourrait imaginer classique, entre guillemets.
- Speaker #1
Ça a été une bonne essence pour toi ?
- Speaker #2
Clairement, oui. Je me suis comme redécouverte, en fait.
- Speaker #1
Bien sûr, j'entends tout à fait. C'est très beau comme témoignage, en tout cas. Comment il a été accueilli, Pita, dans ton établissement scolaire ? Parce que, du coup, tu l'as eu à 19... Non, pardon.
- Speaker #2
Non. Tu l'as eu à 19 ans, en fait,
- Speaker #1
il y a 7 ans. Yes,
- Speaker #2
OK. Donc, c'était... Alors moi au collège c'était très compliqué, j'avais beaucoup de harcèlement depuis de la 6ème à la 3ème. J'avais une phobie scolaire, c'était très compliqué pour moi. Donc déjà retourner au collège sans être seule, c'était beaucoup mieux pour moi. Et après l'établissement l'a super bien accueilli, j'étais super contente. Beaucoup de personnes se sont rapprochées. Après, ça a duré qu'un petit temps. Après, ça a repris. Mais il y a eu beaucoup de rapprochements, beaucoup plus de tentatives d'essayer de comprendre mon handicap. Et j'ai senti encore une approche différente de mon handicap grâce à Pita. Et c'est vrai qu'il y avait quand même cette base qui était très mauvaise avec le harcèlement, tout ça. Et ça avait continué, malheureusement. Mais je me sentais plus seule face au harcèlement. J'étais toujours avec mon meilleur ami et en qui je n'avais aucun doute. Et quand ça n'allait pas bien, j'allais m'enfermer dans les toilettes et je lui faisais des câlins, des bisous et on repartait et tout allait mieux. Donc ça m'a vraiment beaucoup aidée quand même à me dire « Ok, là je ne suis pas seule contre le collège, mais je suis avec mon bébé. » C'est ça.
- Speaker #1
Et au lycée, ça allait un petit peu mieux au niveau de tout ce qui était harcèlement ? Les élèves ont été un peu plus attentifs, un peu plus bienveillants vis-à-vis de toi ?
- Speaker #2
C'était déjà quand même mieux parce que le collège était vraiment assez hardcore.
- Speaker #1
C'est compliqué un collège.
- Speaker #2
C'est clair que c'est toujours une étape très compliquée. Et c'est vrai que le lycée, c'était mieux. surtout que je suis arrivée, on ne me connaissait pas du tout, Pita c'était la grande star, et puis de toute façon dès qu'il fait un pas, ça y est, voilà ! Puis bon, en se tuant dans un lycée, c'est pas anodin ! Donc c'est clair que oui, j'ai vraiment ressenti beaucoup plus d'intérêt envers mon handicap, beaucoup plus de questions, beaucoup plus... voilà. Et c'est vrai que donc ça a été ma première année de lycée qui a été très compliquée. Et ma dernière. Et franchement, Pita, je sais qu'il a facilité la chose parce qu'il a quand même réussi à créer du lien avec des gens qui ne se seraient peut-être pas approchés de moi au lycée à cause des autres, etc., de l'handicap. Et grâce à Pita, oui, j'ai quand même réussi à créer du lien à un endroit où je n'aurais jamais cru créer du lien dans les lieux scolaires pour moi. Je savais, j'arrivais et je savais comment ça allait se passer. Et il m'a donné beaucoup d'espoir, plein de choses positives pour aller en cours, des choses qui n'étaient pas faciles pour moi du tout.
- Speaker #1
C'est super en tout cas, c'est une bonne chose. Malheureusement, effectivement, il y a tout l'aspect du harcèlement que tu as vécu et je trouve ça vraiment triste qu'on en soit encore là. Mais ce qui est bien, c'est que tu as pu voir Pita au collège dès l'école. et ça t'a permis d'avoir un compagnon à qui te confier et puis qui peut te soutenir malgré tout exactement du coup au début quand tu t'es présentée tu nous disais que tu étais championne de pharasurf comment ça se passe quand tu dois te déplacer parce que j'imagine que tu as des compétitions des entraînements assez réguliers comment ça se passe pour Pita à ces moments là, est-ce qu'il t'accompagne est-ce que il te garde non non pas de soucis vas-y
- Speaker #2
Alors, on essaie toujours de rester le maximum ensemble parce que c'est vrai que la séparation, elle est horrible. On a eu le premier championnat du monde, c'était en Californie. Et donc, assez compliqué, toutes les démarches pour ramener un chien. Tant qu'il est à la quarantaine.
- Speaker #0
En plus, oui.
- Speaker #2
C'est ça. Et du coup, je n'avais pas pu le prendre. Et en Angleterre aussi, je pensais que ça allait être beaucoup plus compliqué. mais en fait apparemment C'est plus simple que ce que je pensais. Mais du coup, je n'avais pas pu le prendre. Et c'était horrible. Lui, on m'a envoyé des photos. Il m'attendait derrière la porte. Et moi, je regardais des photos en pleurant. Je disais, mon bébé, il me manque. Je n'en pouvais plus. Surtout que c'est mon fond d'écran. Donc, à chaque fois, je replais. Et j'allumais mon téléphone.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #2
c'est vrai que ce n'était pas facile. Donc, on essaie toujours de rester ensemble. Au second championnat du monde, quand je l'avais, On est partis ensemble, on a réussi. Donc, j'étais un peu stressée parce que 12 heures d'avion quand même.
- Speaker #1
Oui, ça peut faire long pour eux.
- Speaker #2
C'est ça. Et en fait, du coup, il est à mes pieds vu que c'est un chien guide. Et en fait, lui, il adore l'avion parce que monsieur est un grand dormeur. Et alors, du coup, dès qu'on arrive à l'aéroport, maintenant, il est tout content. Oui, on va prendre l'avion. Et puis, quand je le réveille un peu trop tôt parce que le vol, c'est un vol de une heure ou deux heures, il n'est pas trop content. Oui,
- Speaker #0
il ne peut plus faire de vol.
- Speaker #2
Il s'attendait à la Californie, 12 heures de vol. Donc, oui, il me suit partout, dans toutes mes aventures. Ensemble, on a fait plein d'aventures. On a beaucoup voyagé. On a porté la flamme olympique aussi à Bordeaux. Oui, j'ai vu ça. On a fait des pierres ensemble. Ce que j'ai vécu avec lui, je le vivrai avec personne, que ce soit une personne humaine ou un chien ou un chat, peu importe. C'est impossible de revivre une histoire une deuxième fois. C'est clair. C'était vraiment, on fait tout ensemble, on est tout le temps ensemble. On a fait des exploits ensemble, des choses que je n'aurais jamais pensé faire. Vraiment. On est inséparables.
- Speaker #1
Et du coup, pendant tes entraînements, Pita est avec quelqu'un d'autre ? J'imagine qu'il ne fait pas de surf.
- Speaker #2
Non, pas trop. Il n'est pas fan de l'eau en plus.
- Speaker #1
Je ne suis pas fan de l'eau.
- Speaker #2
Donc, oui. En général, oui, il est avec quelqu'un d'autre sur la plage. Il m'attend avec mon père. Donc, voilà. On s'était à Pérou avec Papy. Voilà, c'est ça. Il vient me chercher à la sortie. Quand il voit que je sors de l'eau, il part au courant et il vient me récupérer. Et... Mais sinon, il m'attend toujours. Après, la dernière fois, j'ai une petite anecdote par rapport à ça. C'était au Portugal. J'étais partie seule, donc sans accompagnement de mon père ou quoi que ce soit. Mais avec Pita, bien sûr. Et du coup, mon coach m'avait ramenée dans l'eau. Et on l'avait confiée au MNS, donc Maître Nageur Sauveteur. Sauf que, moment d'inattention, Pita est partie. Alors déjà, Pita est parti se faire un petit jogging, c'est assez rare comme situation. Et là, c'était la fin du monde pour moi, mon monde s'est croulé. Pour moi, j'avais perdu mon bébé en fait. Et il était venu me chercher au bord de l'eau. Du coup, les maîtres nageurs pensaient que moi j'étais sortie et que tout était bon. Mais en fait non, il ne m'avait pas trouvé parce que j'étais retournée à l'eau. Je venais juste de finir ma vague. Et du coup, il a continué à marcher sur la plage jusqu'à me retrouver. Donc, heureusement, mon coach l'a retrouvé. Mais c'est vrai que j'étais effondrée sur la plage. J'en voulais énormément, maître nageur.
- Speaker #1
Mais tu as dû avoir très,
- Speaker #2
très peur. Ah, mais j'ai cru que mon cœur allait s'arrêter. Sincèrement, je me faisais les plus grands films possibles. Donc, c'était dur. Donc, je ne recommencerai plus. Je ne le conseillerais qu'à mon père ou à quelqu'un qui reste vraiment sur la plage que pour lui. Mais voilà, c'était la petite anecdote qui m'a permis de me rendre compte qu'il fallait vraiment bien le confier à quelqu'un qui le surveillera. Voilà, c'est ça. Mais c'est comme ça que ça se passe. Après, j'ai mes entraînements aussi au sec, comme je les appelle, sans être dans l'eau. Par exemple, je fais du jujitsu. Donc à ce moment là il est à côté du tatami, il nous regarde. Alors il n'est pas trop fan du Jujutsu lui.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
Des fois quand il y a des projections, quand il entend des grands booms, il n'aime pas trop ça donc il va se cacher dans les vestiaires et puis voilà.
- Speaker #1
Ça va justement il ne réagit pas à te voir comme ça, faire du Jujutsu.
- Speaker #2
Pas du tout. Alors Pita c'est un chien vraiment, à chaque fois, c'est ce que je dis, il est vraiment peace and love quoi. Il n'y a pas une... onces de violence en ce chien. Alors... Donc non, pas du tout. C'est vrai qu'ils avaient très peur à mon club au début. Mais non, pas du tout. Ils nous regardent un peu en train de nous juger. Ils disent « Qu'est-ce qu'ils font ? Ils sont bizarres quand même. Ils ont l'air rigolés en plus. » Donc non, non, il réagit très très bien. Il fait ses petites siestes. Et voilà.
- Speaker #1
Bon, ben écoute, au moins ça lui fait des petits moments de repos. Voilà,
- Speaker #2
c'est ça.
- Speaker #1
Et depuis que tu as Pita, est-ce que tu as déjà eu affaire à des refus ou des difficultés pour accéder à des lieux publics ou pas ? Oui,
- Speaker #2
oui, oui. Franchement, en soi, je pensais en avoir plus en ayant Pita. Parce que c'est vrai qu'on n'en voit pas souvent des chiens guides. Surtout que moi, à cette époque-là, j'étais mineure. Donc, des chiens guides pour des mineurs, c'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup... C'est ça, c'est pas commun. Donc forcément, je m'y attendais beaucoup plus. Mais avec de la pédagogie, en général, un sourire, tout ça, ça passe assez bien. Mais on a quand même des gens qui ont la tête dure, qui ne veulent vraiment pas entendre. Et qui ont des refus. J'ai eu le cas dans une boulangerie. On a dû attendre près de 40 minutes pour avoir... La gendarmerie, au final, qui arrive. C'était la première fois que j'appelais la gendarmerie. pour leur expliquer que non, un chien guide, c'est mes yeux, je ne les dépose pas avant de rentrer dans la boulangerie, ce n'est pas possible. Et le pire en soi, là où j'ai le plus de refus et qui me met le plus en difficulté, surtout parce qu'en soi, une boulangerie, elle nous refuse, c'est très embêtant, mais il y en a une autre à côté. Mais les Uber, c'est plus compliqué quand on veut se déplacer assez rapidement et qu'on nous refuse. Et ça, c'est vraiment le gros problème de ces plateformes de... de taxi donc on a Bolt, on avait Uber et Hitch mais c'est vrai que maintenant Uber ont mis une nouvelle mise à jour sur leur site qui est super c'est prévenir en fait la personne donc on a le choix entre prévenir le chauffeur avant qu'il démarre sa course ou une fois qu'il arrive donc il envoie un message en lui expliquant que c'est un chien guide. Et que s'ils refusent la course, ils auront des problèmes. Donc moi, j'ai choisi la seconde option. Donc celle qui prévient une fois le chauffeur arrivé. Et c'est vrai que ça réduit vraiment énormément mes refus. Ça m'est déjà arrivé de commander 10 Uber et d'avoir 10 refus. Même en commandant... avec l'option pets tellement que j'étais désespérée qu'on m'a dit non mais il est gros le chien il rentre pas dans le sac bah non effectivement c'est peu commun ils mettent encore chihuahua on est désolé mais c'est vrai que c'est un peu compliqué mais ça m'a vraiment facilité maintenant je passe de de ça on a encore des refus mais Uber réagit directement il m'envoie un message pour me dire ok on a relevé une problématique là qu'est ce qu'il se passe Merci. Et ils réagissent immédiatement. Je leur renvoyais un mail, ils m'ont appelé pour me demander plus de détails, etc. pour vite réagir et bloquer le compte du chauffeur. Et directement après, on a un autre chauffeur qui vient. Franchement, c'est hyper rapide, beaucoup plus simple et beaucoup moins stressant. Parce que je savais que quand je prenais un Uber, j'allais être stressée. Je savais que si le soir, j'allais devoir rentrer un Uber, peut-être que je n'allais pas pouvoir prendre Pita et que j'allais devoir prendre ma canne. Et ce n'était plus possible. En fait, c'était très compliqué. Donc, c'est vrai que ça a vraiment facilité la chose. Maintenant, on espère que Bolt et Itch suivront aussi.
- Speaker #1
Ah bah, on l'espère. C'est clair. De toute façon, c'est pour ça que l'ANL a travaillé avec Uber pour ça et que la fonctionnalité dont tu parles, effectivement, c'est l'autodéclaration du chien guide. Il y a quand même facilité, on a eu quelques retours de maîtres et de maîtresses de chien guide qui ont quand même facilité le quotidien parce que tu n'es pas la première malheureusement à expliquer, à témoigner de ce cinquième, sixième, septième refus et de voir au final soit rentrer à pied, soit trouver une autre solution, payer un taxi qui est des fois considérablement plus cher. C'est ça. Donc, voilà. Mais c'est une bonne chose, en tout cas, si cette fonctionnalité te permet d'être plus sereine dans ton quotidien et d'avoir beaucoup moins de stress parce que ce n'est pas quelque chose de simple à gérer pour tout le monde.
- Speaker #2
C'est clair.
- Speaker #1
Bon, écoute, je pense qu'on a tout. Je t'ai posé toutes les questions que j'avais besoin de te poser. Merci. du coup je te remercie encore une fois de nous avoir attendu merci à vous la revue sonore du coup qui sera publiée dans la deuxième quinzaine de février ok tous les adhérents la recevront par mail ou par CD en fonction de leur choix et puis je te souhaite bon courage et bonne chance pour tes futures séances sportives
- Speaker #2
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Et puis, pour le reste de tes études, tu fais quoi actuellement ?
- Speaker #2
Alors, du coup, je ne suis plus en études. Je suis conférencière et j'interviens auprès des jeunes aussi et des entreprises pour parler de l'handicap, pour parler de la résilience à travers mon parcours et de parler de la capacité à rebondir après un échec. de l'importance du collectif, tout ça, et aussi et surtout sensibiliser à l'handicap. Je pense beaucoup aux jeunes quand je dis ça, c'est vraiment, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est vrai que moi j'ai eu beaucoup de harcèlement étant à l'école, et donc ça me paraît hyper important pour moi de montrer aux jeunes que leur différence est une grande richesse et qu'il ne faut absolument jamais en douter. Et donc, avec PITA, on va un peu sensibiliser tout le monde dans toute la France pour en parler et transmettre notre message au maximum.
- Speaker #1
C'est une super mission, en tout cas, que tu as, que vous avez avec PITA. On en a besoin parce que c'est vrai que c'est très compliqué, notamment pour les jeunes, comme tu dis, d'accepter le handicap et de rentrer justement dans le milieu scolaire, dans le milieu professionnel et puis entre les deux universitaires en fonction. Et effectivement, il faut leur montrer des parcours qui ont été compliqués comme le tien, comme tu en témoignais, mais qu'on peut rebondir.
- Speaker #2
Tout à fait. Mais merci beaucoup.
- Speaker #1
Ça a été très bien en tout cas. Et encore merci pour le temps que tu nous as accordé.
- Speaker #2
Mais merci à vous.