- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, vous allez écouter un podcast proposé par le SNMKR, une discussion avec un invité autour d'un sujet d'actualité. A tout de suite ! Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast En Mouvement, un podcast du SNMKR où on essaie de traiter les sujets d'actualité pour notre profession. Aujourd'hui, dans cet épisode, on va parler d'un sujet central et de plus en plus prédominant dans le système de santé actuel, celui de la santé de la femme. Un sujet où, spontanément comme ça, peut nous venir les idées de grossesse, postpartum, douleurs chroniques, mais aussi rééducation abdominale. Tout un tas de sujets qu'on va développer ensemble et surtout on va s'intéresser à la place du kinésithérapeute dans cette prise en charge et dans le parcours de soins. Est-ce que la place du kiné est suffisamment importante ? quelle est la reconnaissance du kiné auprès de ses patientes et dans le système de santé. Pour cet épisode, j'ai la chance d'être accompagné par Julie Cantournet. Bonjour Julie.
- Speaker #1
Bonjour Théo.
- Speaker #0
On va parler de tout un tas de choses, mais si tu veux, je te propose en un premier temps de te présenter à nos éditeurs pour qu'ils puissent comprendre un petit peu plus ton parcours et puis ce que tu vas pouvoir nous apporter pour cet épisode qui va être super intéressant, j'en suis sûr.
- Speaker #1
Très bien, avec plaisir. Alors moi, je suis Julie Cantournet, je suis ma soeur kinésithérapeute. Et j'ai la spécificité en pelvipérinéologie et donc plus largement aussi en santé de la femme. Donc c'est un petit peu particulier au cabinet. Aujourd'hui, je n'ai que des femmes qui viennent me consulter. Donc voilà le sujet du jour.
- Speaker #0
Super. Et en plus, je crois que tu es quand même assez présente sur les réseaux sociaux aussi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Avec le pseudo Julie-Cante Périnée.
- Speaker #1
Exactement. J'ai commencé effectivement sur les réseaux pour m'adresser au grand public. Et puis finalement, je m'adresse beaucoup plus aux professionnels de santé, ce qui me va très bien. Donc oui, peut-être un peu créatrice de contenu, pourquoi pas, même si ce n'est clairement pas ma spécialité. Donc si j'en fais un petit peu, ça fait partie de mon quotidien. Et puis je forme aussi nos consoeurs principalement, mais aussi des sages-femmes, des ostéos et d'autres.
- Speaker #0
Ok, super. Je te propose qu'on commence par un premier sujet, de faire plutôt un peu l'état actuel du rôle du kinésithérapeute auprès des femmes dans leur parcours de soins. Est-ce que tu peux nous dire du coup à quel moment intervient le ou la kinésithérapeute auprès des femmes actuellement ?
- Speaker #1
Oui, alors on a un champ de compétences qui est finalement très très large dans la santé féminine, mais le plus courant c'est après une grossesse dans le postpartum, on va pouvoir faire la rééducation périnéale et abdominale de la femme qui vient d'accoucher. Donc ça, c'est vraiment le premier pas dans la pélvipérinéologie pour les femmes. On a d'autres phases de la vie comme la périménopause. On a de plus en plus les douleurs pélviennes, comme celles liées à l'endométriose. Mais aussi, on a d'autres spécificités dans cette spécialité de la santé féminine. C'est tout ce qui est aussi autour du cancer du sein, qui est quand même aussi très féminin.
- Speaker #0
Oui, complètement. C'est vrai qu'on n'y pense pas forcément, mais c'est quand même très lié à la santé féminine. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Moi, je suis très santé de la femme, mais il faut savoir que la pèlvi-périnéologie et la scénologie concernent aussi, à moindre mesure, mais aussi les hommes.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, complètement. Et du coup, c'est vrai que spontanément, moi, ce qui m'était venu en préparant cet épisode, c'était vraiment le côté postpartum.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
On est d'accord que pour le postpartum, finalement, ça peut être aussi bien pour un accouchement par voie basse que par césarienne. La prise en charge, j'ai eu. Et prévue dans la nomenclature actuellement.
- Speaker #1
Exactement. Bien sûr que pour une rééducation périnéale, ça va plus concerner les femmes qui ont accouché par voie basse. Mais c'est quand même bien de faire un bon bilan, même pour une femme qui a été césarisée, parce qu'elle a eu peut-être des antécédents avant, autre que son accouchement par voie haute, où même la grossesse en elle-même a pu perturber. Et puis, quoi qu'il arrive, elle a eu une grosse chirurgie abdominale qui peut nécessiter une prise en charge, qui doit nécessiter une prise en charge ou du moins un bilan.
- Speaker #0
OK. Et dans le modèle actuel ? Est-ce que tu as l'impression que c'est quand même, on va dire, une suite logique après une grossesse, après un accouchement ? Est-ce que c'est quelque chose qui n'est pas systématique ? Ce serait peut-être un grand mot, mais en tout cas, on oriente très très facilement les femmes vers les kinésithérapeutes.
- Speaker #1
Alors, les kinésithérapeutes, peut-être pas, mais de manière générale, la rééducation en postpartum est quand même de plus en plus, je dirais, plébiscitée. Je ne sais pas si c'est le terme exact, mais en tout cas, on en parle de plus en plus, c'est de plus en plus recommandé. même si la recommandation scientifique aujourd'hui est un petit peu particulière, parce que quand on pense à la rééducation périnéale, on pense simplement au renforcement analytique des muscles du plancher pelvien. Seulement, la rééducation n'a jamais été juste un renforcement analytique de quelques muscles, que ce soit la périnéo, ça reste du musculo-squelettique. Pour une prothèse de hanche ou un ligamento d'un genou, on ne va pas juste renforcer le quadriceps ou le psoas ou que sais-je. Et c'est vrai que les études qui ont été menées, qui n'ont pas fait que la rééducation du postpartum soit réellement recommandée d'un point de vue scientifique, c'est parce qu'elles étaient basées que sur du renforcement analytique. Sauf que la rééducation n'est en aucun cas ça. Effectivement, on a beaucoup de femmes, et tant mieux en postpartum, qui n'ont pas de troubles pelviens. Elles n'ont pas de fuite, elles n'ont pas de douleur, elles n'ont pas de pesanteur. Mais il y a quand même un rôle, c'est là où est-ce que c'est réellement notre place ? Moi je pense que oui, je suis absolument convaincue, mais on a un rôle de prévention, d'éducation énorme. Parce qu'il y a plein de fausses croyances autour du périnée, il y a plein de non-connaissances. C'est une zone qui est très particulière. C'est une zone qui va parler de mixtion, qui va parler de défécation et de sexualité. Donc on est dans le tabou extrême. C'est une zone chez la femme qu'on ne voit pas. C'est un mouvement qu'on ne perçoit pas ou que très peu finalement. Ce n'est pas comme plier le coude où là, on peut préférer facilement contracter le périnée. Ça peut être plus subjectif. Donc d'avoir une éducation, une prise de conscience de cette zone, elle est nécessaire. Alors on va l'avoir beaucoup en postpartum et de plus en plus et tant mieux. Mais pour moi, c'est déjà presque trop tard. L'idéal, ce serait vraiment en prépartum. Mais pour le coup, la science l'a vraiment montré que s'intéresser au périnée en prépartum limite les fuites pendant la grossesse, limite les fuites après la grossesse et limite les risques de lésions pendant l'accouchement. C'est quand même un peu dommage de s'en priver, mais pour le coup c'est complètement tabou, il y a encore beaucoup de fausses croyances. Les femmes enceintes c'est des petites choses fragiles qu'il ne faut pas toucher. J'ai envie de dire à partir du moment où on n'interdit pas la sexualité à une femme, il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas avoir le droit à une rééducation périnéale. C'est beaucoup moins « violent » qu'une sexualité même normale. Donc non, ça devrait être avant. Là, par contre, oui, effectivement, on a encore du chemin à faire. En postpartum, je trouve, depuis peut-être une petite dizaine d'années, c'est prescrit systématiquement à la maternité. Les femmes sont beaucoup plus averties de ça, parce qu'on est deux professions à exercer sur cette rééducation, qui sont les sages-femmes, et les sages-femmes, elles les voient avant, mais les sages-femmes ne peuvent pas faire le périnée avant. L'accouchement. Elles n'ont pas le droit, en fait, elles ne peuvent s'occuper, faire de la rééducation périnéale que chez les femmes qui ont accouché. Enfin, sur des lésions en lien avec l'accouchement. Et les kinés, on peut leur place, enfin, on a notre place, on a les compétences, ça fait partie de notre champ de compétences complètement. Il n'y a pas dans la NJP une cotation spécifique grossesse, mais il y a une cotation rééducation périnéale. de tout âge à tout moment de la vie. Il n'y a pas de souci là-dessus. Donc, on peut tout à fait le faire. Mais je pense qu'il y a une méconnaissance des compétences de par les gynécos, de par les médecins prescripteurs. Et puis, c'est compliqué parce que de plus en plus, les suivis grossesses sont faits par les sages-femmes. Et les sages-femmes ne peuvent pas prescrire de la rééducation chez le kiné.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Du coup, ça fait quand même un sacré blocage finalement. Du coup, il faudrait que... la sage-femme dise à la patiente d'aller voir un médecin pour qu'elle puisse avoir une prescription de kiné pour aller voir le kiné. Un parcours du combattant. Oui, un parcours du combattant.
- Speaker #0
On parle quand même d'une femme qui vient d'accoucher en plus. Voilà, qui vient d'accoucher ou qui est enceinte.
- Speaker #1
C'est quand même un parcours du combattant, surtout qu'elle ne sait pas trop. C'est un petit peu compliqué, alors qu'effectivement, ce serait très chouette de les voir avant pour préparer, pour limiter la casse. Pareil, la prévention en France, ce n'est pas le champ de bataille principal. En tout cas, nous, en tant que kinés, on n'est pas là pour faire de la prévention, on est là pour faire du traitement. Tout ce qui est préparation physique, corporelle à l'accouchement, tout ce qui est préparation à l'accouchement, à la parentalité, c'est les sages-femmes. Il y a une cotation dans la NJP. Mais tout ce qui est la préparation physique... L'entraînement au souffle, le travail du périnée ou le travail, la mobilité du bassin, c'est de la prévention pour l'accouchement. C'est le travail du corps à proprement parler, de la biomécanique du corps. Donc, c'est complètement dans notre champ de compétences. Mais il n'y a pas de cotation. C'est du hors nomenclature. Il faut déjà que les femmes soient au courant et qu'elles aient les moyens. Et qu'elles aient les moyens, après, complètement. Et ça, c'est quelque chose,
- Speaker #0
quand tu parles de prévention, on en parle quasiment dans chaque épisode qu'on a de ce podcast. Donc très clairement, il y a un vrai problème avec la prévention en France, alors qu'on a toute notre place là-dedans. Si on revient deux minutes sur le postpartum, du coup, c'est un des sujets. Peut-être la coordination entre professionnels ? Comment ça se passe, du coup, selon toi, sur le sujet du postpartum ? Le kiné ne peut pas intervenir non plus à n'importe quel moment. On en discutait juste avant l'épisode. Peut-être rappeler à nos auditeurs en deux minutes comment ça se passe ?
- Speaker #1
On a des gros freins. Donc on a déjà ce frein du prescripteur, parce que maintenant, la consultation postnatale est faite pour une grande partie par les sages-femmes, mais plus tant par les gynécologues. Du coup, elles ne peuvent pas prescrire de la kiné. Donc là, ça bloque. Et notre autre gros problème, c'est qu'avec la NGAP, on a le droit de faire de la rééducation périnale qu'à partir de 90 jours. Donc trois mois. Sauf que la jeune maman, elle reprend à deux mois et demi, trois mois le travail. Donc c'est sûr que c'est très compliqué. Si c'est, je ne sais pas, une aide-soignante qui travaille en EHPAD et qui porte des patients... On imagine bien que ce n'est pas du tout une bonne chose d'attendre trois mois pour qu'elle puisse gérer son caisson abdominal, son périnée. Alors, on peut commencer la rééducation abdominale après la consultation post-natale, mais il ne fait pas sens de ne pas pouvoir travailler les deux en même temps. Après, ce 90 jours a été fait pour que les sages-femmes puissent se charger de la rééducation périnéale, mais c'est vrai qu'elles ne peuvent pas faire la rééducation abdominale. Aujourd'hui, avec l'avancée des connaissances, on sait que le caisson abdominal, c'est un tout qui comporte les muscles respiratoires, donc le diaphragme, mais aussi les expirateurs accessoires, les abdominaux, les lombaires, le périnée, mais aussi le périnée va s'accrocher sur un bassin où il y a des hanches. C'est un tout et c'est vraiment de la rééducation. Et ça, malheureusement, les sages-femmes, elles n'ont pas la compétence pour travailler sur le tout parce que ce n'est pas des rééducateurs à la base. Il n'y a pas de souci là-dessus. Elles ont énormément de compétences et on travaille vraiment en collaboration avec elles. Mais du coup, c'est compliqué. Donc nous, on doit les recevoir plus tard. On a un peu les mains liées pour faire du bon travail. Et c'est vrai que ce 90 jours, c'est...
- Speaker #0
C'est un vrai frein,
- Speaker #1
c'est hyper contraignant pour la prise en charge de nos patients. C'est très très contraignant.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Et ça ne fait plus sens aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais te dire, c'est est-ce que ça avait un sens encore au vu de l'état des connaissances, de tout ce qu'on sait, au vu de ce que tu nous dis très clairement, ça n'a plus de sens.
- Speaker #1
Ça n'a plus de sens et en fait ces 90 jours ont été faits un petit peu politiquement pour laisser la place aux sages-femmes, ce qui faisait sens il y a quelques années parce que les maternités fermées, il fallait qu'elles puissent travailler en libéral et du coup leur apporter des compétences en plus. Aujourd'hui, elles ont énormément de compétences et tant mieux, c'est très très bien, mais elles ont entre autres la gynéco. Et c'est vrai que souvent, alors je fais encore une généralité, ce qui n'est pas le cas, mais il y a beaucoup de sages-femmes qui ont plus orienté sur la gynéco parce qu'il y a une énorme demande. On a vraiment besoin que les sages-femmes puissent prendre le relais là-dessus parce qu'on a de moins en moins de gynécologues. Donc c'est très très bien, mais du coup, elles ont de moins en moins de place pour la rééducation périnéale et aussi le temps de se former. aussi là-dessus parce que du coup, elles ont des compétences en plus. Donc finalement, la formation sur la compétence de la rééducation périnéale, qui n'était pas leur cœur de métier à l'origine, ça fond comme peau de chagrin et c'est compliqué. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on a les kinés, les kinés pépés, les kinés du périné, prennent de plus en plus de place. C'est quelque chose qui se développe énormément sur la santé féminine et tant mieux. Parce qu'on va reprendre ce relais, mais il faut qu'on enlève ce verrou qui nous embête.
- Speaker #0
On aura l'occasion, je pense, de reparler aussi un peu de la formation ensemble dans la suite de l'épisode. Si on met de côté maintenant toute la partie grossesse, postpartum, rééducation pré- ou post-opération de la paroi abdominale, tu parles de rééducation périnéale. Qu'est-ce que ça inclut finalement pour le quotidien d'un kiné, la rééducation du périnée ? C'est quoi les indications les plus couramment retrouvées ?
- Speaker #1
Alors déjà, on va avoir les indications qui touchent à proprement parler le périnée, donc les fuites urinaires. Ça, c'est vraiment le symptôme le plus facilement objectival pour les patientes. Ça touche un tiers des femmes quand même. On va avoir tout ce qui est sensation de pesanteur de boule dans le vagin, qui va concerner finalement la descente d'organes. Ça touche encore plus de femmes. La Haute Autorité de Santé a gardé ce chiffre au grand public, qui est faux, mais... qui a le mérite d'exister, qui touche une femme sur deux après 45 ans. C'est énorme. C'est énorme. Je prends toujours cet exemple, je fais une petite aparté, mais de la petite mamie qu'on fait marcher dans les pads, mais qui a une descente d'organes, c'est-à-dire un pampe-mousse à la vulve. Désolée pour l'image que je viens de donner à tout le monde. C'est très imagé et ça peut parler. C'est tout à fait ça. Et donc, imaginer de la faire marcher avec ça, c'est juste extrêmement inconfortable. Et que peut-être... Si on commençait par lui enlever cette sensation, remettre son prolapsus en place, on a des techniques qui existent, qui marchent très bien, avec un PCR par exemple, elle serait beaucoup plus confortable pour marcher et peut-être que du coup, son autonomie serait améliorée et en fait, on n'aurait que des avantages, moins d'aide, donc moins de personnel dans les EHPAD, enfin moins de personnel, non, on n'a pas assez de personnel mais... Du coup, moins de charges pour le personnel là, que le kiné qui travaille à l'EPAD pourra faire beaucoup plus de choses, un entretien de meilleure qualité. Il y a des petites choses comme ça. On peut voir aussi le périnée sur tous les troubles respiratoires. On sait que tout ce qui est troubles respiratoires, donc BPCO, asthme, etc., tout ce qui va générer des hyperpressions abdominales, et hyper contraignant pour le périnée et génère des problématiques du périnée. Et peut-être que si, quand on travaille justement sur ce côté respiratoire, qui est un champ de compétences de la kiné, si on travaille un petit peu sur le périnée là-dessus, on pourrait prévenir pas mal de choses, pas mal de problèmes, et améliorer très nettement le confort de vie de nos patientes. Et en plus, on pourrait, avec un bon caisson abdominal bien solide, le diaphragme fonctionne beaucoup mieux et on serait peut-être même plus efficace. dans le drainage bronchique. Il y a plein de choses. Il y a tout ce qui est lombalgie aussi. Le caisson abdominal, c'est ce qui permet de stabiliser la colonne lombaire. Quand on a un mauvais sol en dessous, forcément la stabilisation ne va pas être très performante et du coup, on peut avoir des troubles de lombalgie chronique. Il y a même des études, Paul Lodgis, un Australien qui a fait beaucoup d'études là-dessus, qui était parti vraiment sur l'étude de la lombalgie. Et finalement, il a beaucoup étudié le périnée. Et il a montré qu'il y avait vraiment une corrélation entre les lombalgies et les troubles du périnée. Et que quand on faisait un travail classique de rééducation lombaire et qu'on y associait un petit peu de travail pelvien, on avait de meilleurs résultats.
- Speaker #0
C'est plus efficace.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est ouf. donc c'est vrai que c'est des petites choses ça vaut le coup, pas forcément de se spécifier spécialiser spécialiser on n'a pas le droit parce que c'est pas une spécialité en tout cas d'avoir la spécificité en pelvipérinéo pour savoir ça et pour pouvoir réorienter facilement en fait, on peut vraiment travailler tu parlais de parcours de soins mais on peut aussi être un parcours de soins sur ces types de pathologies avec un kiné un kiné respi, un kiné spécialisé dans la lombagie et un kiné pépé et... en parallèle. Ça pourrait être très intéressant. Et on a un troisième, j'ai un peu digressé, mais je vais revenir sur la question initiale. On avait les fuites urinaires, le prolapsus, qui est la descente d'organes, qui touche énormément de patientes. Et la dernière catégorie, ça va être les douleurs pelviennes. Il y en a beaucoup, il y a beaucoup de problématiques différentes. Aux problématiques nerveuses, comme les pudins d'algie, j'aime bien dire que c'est une sciatique du périnée, aux douleurs de centralisation, d'hypersensibilité, on va avoir des troubles dermatologiques, on peut avoir des cicatrices, on peut avoir de l'endométriose, de la congestion pelvienne, on a plein de pathologies qui peuvent se centraliser sur cette zone-là. et qu'on peut aussi nous apporter plus ou moins. Des fois, on apporte aussi, ça va être difficile, ça va peut-être irriter certains auditeurs, mais on apporte aussi un diagnostic des fois. Même si ce n'est pas notre rôle, on va pouvoir réorienter en disant il y a peut-être un sujet à propos de ça, ce serait bien de poser le diagnostic, de faire une imagerie spécifique là-dessus. On va avoir un rôle de triage. presque plus que les gynéco qui vont tout de suite mettre le spéculum et qui ne vont pas regarder forcément la vuve, le vagin, ils vont tout de suite aller regarder le col et des fois il faut regarder bien avant et donc ça fait partie aussi de notre rôle, on peut avoir un petit rôle de triage malgré tout c'est assez chouette j'aime bien ce côté un peu recherche, diagnostic qui est très sympa en périnéo parce que en tout cas la place du bilan
- Speaker #0
que réalise le kiné permet de voir un peu surtout ces aspects-là. Oui, on ne pose pas de diagnostic, mais en tout cas, on a au moins la possibilité de lever peut-être certaines interrogations et de réorienter après de la meilleure des manières pour pouvoir derrière faire les examens nécessaires ou orienter vers le bon professionnel ou moins pouvoir en discuter déjà avec la patiente.
- Speaker #1
Oui, d'autant plus que cette zone périnéale concerne trois spécialités différentes. Tout ce qui est urologie. tout ce qui est gynécologie et tout ce qui est prontologie, gastro, etc. Donc en fait, nous, il faut qu'on puisse s'intéresser aux trois systèmes parce que chaque spécialiste va regarder un peu son système et ne va pas être dans la globalité. Et donc à nous aussi d'être dans cette globalité. Je n'en ai pas parlé, mais il y a aussi dans les incontinences, il n'y a pas que les incontinences urinaires, il y a les incontinences anales aussi et la constipation qui fait. une partie aussi des grosses problématiques qu'on peut avoir à traiter.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, maintenant qu'on a vu un peu tous les différents champs d'intervention pour les kinésithérapeutes auprès des femmes, on commençait à parler un petit peu des limites. Donc, on parlait un peu de la nomenclature qui était très descriptif pour certains actes et contraignante en termes de délai. Il y a cette grosse, on va dire fourre-tout, mais dans la rééducation pérennelle avec une seule cotation, on va dire. Est-ce que, selon toi, comment ça se... passe du coup après dans le quotidien pour pouvoir aller traiter de la douleur chronique, pouvoir aller accompagner des femmes dans d'autres problématiques ? Est-ce que finalement cette nomenclature permet de tout prendre en charge ?
- Speaker #1
Moi je pense qu'elle est finalement arrangeante, plutôt que d'aller chercher justement le détail. Je trouve que les nouvelles musculatures, par exemple, l'avenancette, nous a plus compliqué la tâche qu'autre chose. C'est mon avis personnel. Je trouve que d'avoir un acte rééducation périnéale, et à partir du moment où on a ces pelvies périnéales, c'est vraiment toute la zone du petit bassin. À partir du moment où, quand on traite dans la zone du petit bassin, on est dedans, c'est OK. Donc justement, on peut y mettre tout. Et je trouve que c'est plus simple pour nous, parce qu'après, de faire la différence, c'est tellement subtil, et puis c'est tellement multifactoriel. Et puis, ce n'est pas parce qu'il y en a une qui a une douleur qu'elle n'a pas aussi une descente d'organes et qu'elle n'a pas aussi des fuites urinaires. Donc, autant mettre un acte. Et puis, tant qu'on est dans la bonne zone, c'est OK.
- Speaker #0
Du coup, finalement, ce qui pourrait être plus bloquant, ce n'est pas le côté descriptif de la nomenclature, mais peut-être la prise de conscience des autres professionnels qui orientent notamment les patientes, que ça peut rentrer dans le champ de compétences des kinésithérapeutes.
- Speaker #1
Exactement, il y a plein de sages-femmes parce que je forme des sages-femmes donc c'est pour ça que j'ai ce retour il y a plein de sages-femmes qui me disent mais en fait on pensait que les kinés faisaient de la pratique illégale en faisant un toucher vaginal donc bien sûr que ça reste dans notre champ de compétences de faire un toucher vaginal et un toucher anal du moment du moumon. qu'il y ait une logique de soins et qu'on est vraiment dans le cadre d'une rééducation pèle-vie périnéale. Bien sûr qu'on ne va pas travailler, on ne va pas rééduquer une cervicalgie avec un toucher anal. On est bien d'accord. Mais à partir du moment où on reste cohérent, il n'y a pas de problème. Ça fait complètement partie de notre champ de compétences.
- Speaker #0
Et maintenant, si on est dans un monde idéal et que les professionnels savaient que les kinésithérapeutes, ça rentrait dans leur champ de compétences. Est-ce qu'il y a un sujet autour de la formation ?
- Speaker #1
Ah oui, il y a un vrai sujet. La formation initiale, est-ce qu'elle est ? Enfin, je veux dire, maintenant, on a 4 ans, c'est bien qu'on ait une année de plus. Mais en 4 ans, voir toutes les spécificités de notre métier, c'est complètement impossible. Bien sûr que c'est compliqué, que la santé féminine, surtout la pèlvipérinéologie, pour des jeunes étudiants, c'est sûr que ce n'est pas le truc le plus glamour et le plus sexy. Moi, je me souviens de mes cours à l'école où, sur grand écran, on avait des gros prolapsus. Enfin, vraiment. Et je me suis sortie de ce cours et je me suis dit, mais jamais je ferai ça, quoi. Jamais je ferai ça. Ça m'a dégoûtée. En plus, à l'époque, on avait un TP où on avait des modèles où il fallait faire un toucher. Oh là là. J'avais trouvé que, déjà, pour la femme qui était présente, c'était dégradant. À l'époque, parce que j'avais 22 ans et que, bah oui, effectivement, à 22 ans, je n'étais pas sensibilisée à ça. Et puis, ça me paraissait tellement loin, alors que non. Donc oui, il y a un vrai problème de formation initiale. Mais est-ce que les étudiants en formation initiale, qui naissent en tout cas, sont prêts aussi à aller sur cette spécificité ? Il y en a, oui. Moi, j'accueille des étudiantes au cabinet qui sont vraiment impressionnantes de maturité. Et je trouve ça absolument génial. Mais c'est compliqué pour les jeunes. Je donne des cours en IFMK et c'est vrai qu'il y en a que ça intéresse quand même. Mais d'essayer plutôt de leur expliquer le fonctionnement du caisson. Par le fonctionnement du caisson, c'est beaucoup plus clair. Parce que, comme je l'ai dit,
- Speaker #0
ça touche à tout.
- Speaker #1
Et que du coup, même si c'est un kiné qui ne veut faire que du sport, on rentre en école de kiné pour faire du sport, pour faire un kiné du sport, etc. Et du coup, de pouvoir leur expliquer que périnée et sport, il y a un vrai lien. Que s'il veut performer sa prise en charge de patiente dans une réadaptation, une réhabilitation, des sports d'impact, etc. Ça peut être bien qu'il ait une bonne notion du caisson abdominal et donc du périnée également. Et même sans aller forcément toucher, on peut vraiment apporter des choses, de la connaissance, de la prévention, la réadaptation. C'est bien quand même de pouvoir faire un vrai bilan, mais au moins déjà d'avoir des bases, d'apporter des bases, et au moins avoir cette notion de triage et de pouvoir réorienter.
- Speaker #0
Oui, avoir cette base, comme tu le dis. Et du coup, même si on va dire peut-être que dans la formation initiale, il y a des choses à revoir dans la manière d'enseigner, ce n'est jamais forcément évident.
- Speaker #1
Oui, puis c'est un peu école dépendant aussi. Exactement,
- Speaker #0
c'est exactement ce que j'allais dire. On sent que du coup, la formation continue a quand même une place centrale là-dedans.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
On parle vraiment maintenant d'une spécificité. dans ces types de prise en charge ?
- Speaker #1
Oui, c'est très bien de devenir un peu expert d'un domaine. Je pense, à titre complètement personnel, que l'avenir de la kiné va sur la spécificité, ou en tout cas la spécialisation, je ne sais pas, on l'appelle comme on veut, mais en tout cas l'expertise, parce que le champ de la kinésie est tellement énorme, et c'est génial, moi je trouve ça génial. Moi je voulais un métier où je pouvais me réinventer. Si tu veux, on pourra discuter de comment je suis arrivée là. Comme je dis, je suis sortie des études, je ne voulais surtout pas faire, j'appelais ça à l'époque de la phonothérapie, pour la blague. Et c'était hors de question, je ne faisais vraiment pas du tout ça. Et aujourd'hui, je fais 100% de ça, c'est ça qui est rigolo. Mais c'est ça qui est génial dans notre profession. Et c'est pour ça que c'est bien aussi d'avoir des spécificités et pas des spécialités. C'est parce qu'on peut changer de spécificité. Et ça, c'est une chance incroyable. On peut se réinventer à tout moment. Moi qui ai beaucoup la bougeotte, ça me va très très bien. Donc, c'est chouette aussi d'avoir ça. Mais effectivement, on a besoin de se former pour faire du bon travail en pelvipérinéologie. C'est quelque chose d'assez simple, finalement, parce que c'est toujours un petit peu la même chose d'apprendre la gestion des pressions, la prise de conscience de la zone. Il y a beaucoup d'éducation à la santé, de prévention aussi à faire quand même sur le périnée. Et après, c'est du renforcement du périnée, de la remise dans la fonction. Donc finalement, c'est assez simple. Une fois qu'on a compris ce qu'était le périnée, comment il fonctionnait, maintenant, il y a le diagnostic aussi. D'aller voir, de comprendre le fonctionnement, parce que c'est un zone qui est hyper vascularisée, qui est hyper énervée, qu'on ne perçoit pas, que la patiente ne voit pas. Avec beaucoup de croyances, je pense. Il y a beaucoup de croyances, il y a beaucoup de tabous, il y a beaucoup de gênes, il y a beaucoup de choses. Donc ça demande aussi quand même de pouvoir suivre un...
- Speaker #0
plusieurs formations, même pas qu'une seule, pour pouvoir avoir une bonne expertise dans le domaine. Mais ça se fait assez facilement. Je trouve que c'est accessible. On a des super organismes de formation aujourd'hui qui ont vraiment leur place. Je trouve que ça se développe beaucoup plus. Il y a des petits organismes indépendants aussi qui font de plus en plus de périnéo. Et c'est très chouette puisqu'on peut piocher à droite, à gauche. Et je trouve que c'est très bien. Je trouve que c'est très, très bien.
- Speaker #1
Ça permet presque ce côté formation continue. C'est un moyen aussi de s'épanouir pleinement dans son métier parce qu'on a les connaissances, on se sent à l'aise. On n'a pas l'impression de patauger parce qu'il nous manque encore quelques briques de connaissances.
- Speaker #0
Il y a presque une petite communauté aussi dans les kinés. Dans les kinés pipés et dans la scénologie aussi, encore plus même, je trouve, dans la scéno. Mais dans les kinés pipés, même si c'est quasiment que des femmes, il y a quelques hommes, mais c'est quand même une grande partie de femmes. Il y a vraiment beaucoup de bienveillance, je trouve. Il y a une espèce de corporation. Je ne sais pas comment... En tout cas, moi, c'est comme ça que je le vis. Ce n'est peut-être pas le cas pour tout le monde, mais je trouve qu'on a tout intérêt à travailler ensemble. Il y a du boulot pour tout le monde. Parce que, comme je l'ai dit, les sages-femmes, elles se détachent de plus en plus de la rééducation périnéale parce qu'elles ont la gynéco. Je n'y crois pas. C'est plus dans leur cœur de métier, finalement. Enfin, c'est moi ce qu'elles m'expriment. Alors, il y en a qui adorent la rééducation, attention. Mais il y en a beaucoup qui s'orientent vers la gynéco. La gynéco, c'est aussi plus rémunérateur pour elles, on ne va pas se mentir. Donc, du coup, les femmes, elles se replient un petit peu sur les kinés, ce qui est très bien. Et voilà, on travaille en bonne collaboration, près de chez moi, dans la ville où je travaille. Il n'y a quasiment plus de sages-femmes qui font de la rééducation pérenniale. Moi, je travaille avec des collègues, on est toutes spécialisées là-dedans. Du coup, on a créé un pôle, finalement, c'est comme un pôle, pas officiel, mais c'est un cabinet où on ne fait que de la pérennéo. Et du coup, c'est vrai que les sages-femmes nous renvoient très facilement. Et du coup, c'est assez chouette. Et puis, dès qu'il y a un problème gynéco ou quoi, je réoriente tout de suite très facilement. Des fois, quand j'ai besoin d'une prescription, d'une crème. à l'oestrogène je réoriente facilement et du coup il y a une bonne collaboration qui se fait avec les ostéopathes aussi assez naturellement une fois que on a chacun notre place et on n'a pas de boulot j'ai 6 mois de délai d'attente il n'y a pas de sujet spécificité
- Speaker #1
ne veut pas dire concurrence non,
- Speaker #0
pas du tout après au contraire de grandir ensemble et qu'on ait chacune dans sa spécificité un petit peu des appétences particulières, moi j'aime bien le postpartum et la périménopause, j'aime un peu moins les douleurs pelviennes par exemple et j'ai une collègue par exemple qui adore les douleurs pelviennes on arrive à finalement à s'orienter un petit peu les patientes parce que je pense que ce qu'on aime c'est ce qu'on fait le mieux aussi complètement on est le plus épanoui quoi. C'est ça. Moi, si demain, on me demande une rééducation de la main, je serais bien embêtée quand même. Donc après, on n'est pas censé refuser des patients. Moi, j'explique clairement que je n'ai pas fait ça depuis des années. Donc je ne suis pas la meilleure chance pour le patient. Pour moi,
- Speaker #1
avoir cette clairvoyance-là, quoi. Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
C'est pas forcément évident. Et puis, c'est aussi ça que normalement, on est censé tout prendre, tout savoir-faire.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
ce qui est dans la réalité, qui est absolument absurde. Je pense qu'on ne peut pas savoir tout bien faire.
- Speaker #1
Tu me fais une transition parfaite. Parce que j'allais te demander justement, pour la plupart des kinés qui peut-être n'ont pas de spécificité d'exercice là-dedans, qui prennent au quotidien en charge des patients, et des patientes notamment, qu'est-ce qui, selon toi, devrait leur mettre la puce à l'oreille ou qu'est-ce qu'ils ne feront jamais de bilan forcément à proprement parler de cette zone-là ? parce que c'est peut-être pas pour eux évident de le faire ou ils ne se sentent pas avoir les compétences pour. Qu'est-ce qui devrait leur mettre la puce à l'oreille ? Quel conseil tu pourrais leur donner pour se dire peut-être que là, dans la prise en charge que j'ai actuellement avec cette patiente, je devrais me dire il y a peut-être une problématique liée à la sphère périnéale.
- Speaker #0
C'est une super question que tu poses et je vais faire une grande projection aussi aux médecins généralistes. Ce serait quelque chose que j'aimerais bien que les médecins généralistes fassent. Mais les kinés généralistes, j'ai envie... On l'a vu, il y a des choses qui peuvent impacter le périnée. Les troubles respires, les sports à impact et les lombalgies. Déjà, si la patiente vient dans un de ces contextes-là, est-ce que ça ne va pas le coup de lui demander tout simplement est-ce qu'elle a des fuites, est-ce qu'elle a des douleurs ? Est-ce qu'elle a des sensations de pesanteur ? C'est trois questions. On peut rajouter aussi des douleurs au rapport.
- Speaker #1
C'est un peu plus délicat. Pour certaines patientes, il n'y aura pas de lien direct par rapport à la prise en charge. Au moins,
- Speaker #0
il faut l'avoir en tête. Mais déjà, c'est trois questions qui ouvrent une porte. C'est-à-dire que la patiente peut dire non. Je me bats aussi avec les médecins généralistes. J'ai quelques médecins généralistes qui viennent me voir en consultation et je leur dis... Demandez à vos patientes, ça ouvre une porte, ça ne mange pas de pain, ça ne prend pas de temps. Ce n'est pas le temps que ça prend à poser ces trois questions. Et derrière, si la patiente ne répond pas sur le moment, ce n'est pas grave. Mais peut-être qu'à la prochaine consultation, elle va dire « En fait, vous m'aviez demandé et je me suis rendu compte que oui, j'ai des fuites. Oui, j'ai une sens... Fin de journée, j'ai une espèce de pesanteur, une boule dans le vagin. Ou oui, j'ai des douleurs... » J'ai des douleurs quand je vais uriner, j'ai des douleurs au rapport. Là, on n'a pas besoin de... Très bien, écoutez, j'ai une consœur, j'ai machin, et on réoriente. C'est très facile de trouver des kinés pépés. Alors, c'est très facile de savoir où ils sont. Après, d'avoir une place, ça peut être autre chose. Ça peut être autre chose, mais on a des annuaires qui sont très bien faits. Il y a déjà notre société savante en pépé-périnéologie, qui est une super société, qui est très... Très active, on a un bureau qui est génial, c'est l'AFREP, l'association française en pelvipérinéologie, qui est une super association, j'invite tous les kinés pépés à adhérer à cette association, c'est notre société savante, c'est elle qui va parler avec les syndicats, c'est elle qui va pouvoir porter le poids de la parole des kinés pépés, et en plus eux ils ont fait les choses bien, parce que du coup ils ont fait un annuaire des kinés qui sont formés. en Pellevi-Périneau. Alors, ce n'est pas forcément un gage de qualité, mais déjà, la FREP, je pense que c'est quand même déjà un bon gage de qualité, puisque pour être sur l'annuaire de la FREP, il faut être adhérent à la femme. Donc, il faut payer quelque chose. Donc, le kiné qui s'engage dans une démarche, c'est quand même qu'il a fait des formations et que ça fait partie d'une grande partie de sa pratique, vu qu'il s'engage financièrement à être dans cet annuaire. Donc, il y a cet annuaire qui est très bien. Forcément, ce n'est peut-être pas le plus fourni, Mais... C'est un premier gage de qualité. Ensuite, on a d'autres annuaires, deux autres principaux. C'est les annuaires des organismes de formation. Je ne sais pas si je peux les citer, mais on a deux gros organismes de formation en pelvipérinéologie qui sont l'IPPP et l'EIRPP. Et dedans aussi, on a les professionnels qui ont fait leur formation et qui sont répertoriés. dedans et répertorié par département, etc.
- Speaker #1
Donc ça permet d'orienter potentiellement.
- Speaker #0
Ça permet d'orienter facilement.
- Speaker #1
Si jamais à une de ces trois questions, voire quatre questions, il y a eu une réponse positive de la part de la patiente.
- Speaker #0
Exactement. Donc c'est quand même assez simple. Mais voilà, d'avoir en tête que finalement, ce fond de caisson abdominal peut être déficitaire et du coup avoir des répercussions sur notre rééducation musculo-squelettique classique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
même on peut aller plus loin, mais on peut avoir des problèmes d'épaule en lien avec une mauvaise gestion des pressions du caisson abdominal parce qu'on a une mauvaise stabilité du tronc. Pour compenser un mouvement, on va devoir travailler un peu plus sur ses muscles d'épaule. On peut avoir de l'endométriose sur le diaphragme qui va impacter des douleurs, on va avoir des douleurs dites cataméniales pendant le cycle. Pareil, il faut avoir ça en tête. Ça touche quand même beaucoup de choses. C'est vrai que ce n'est pas... Il faut en avoir une petite notion. Voilà, c'est bien.
- Speaker #1
Et si on va sur un volet, peut-être, on l'a évoqué déjà un peu avant, mais le côté prévention, parce que là, on parle de poser ces questions, la personne va répondre favorablement, c'est que le problème est déjà là.
- Speaker #0
Oui, tu as tout à fait raison.
- Speaker #1
Sur la prévention. Parce que finalement, vu les stats que tu annonces, il y a quand même des chances pour, si ce n'est pas encore le cas, ça puisse toucher ces personnes-là à un moment. Pour tous les kinés qui peuvent nous écouter, sur le volet préventif, qu'est-ce qu'il faudrait apporter, peut-être comme connaissance, comme base aux patients ? Est-ce qu'il y a un discours peut-être à leur amener, une sensibilité à leur donner ?
- Speaker #0
C'est compliqué parce qu'il y a énormément de fausses croyances sur la pelvipérinéologie. Moi, ma première séance, c'est une heure. de débanquage de fausses croyances, de prise de conscience de la zone, de compréhension du système. Un volet éducatif. Oui, un volet éducatif, exactement. C'est une heure. La première séance, j'ai une heure de ce volet éducatif, qui est un minimum. Après, la deuxième séance, c'est vraiment l'anamnèse, donc la discussion avec les patients pour vraiment affiner ses connaissances à elles et son besoin à elles. Et après, j'ai l'examen clinique qui dure 10 minutes. Donc en fait, elle a fait 1h20 d'éducation, de discussion, avant qu'on ait vraiment déjà un examen, avant même de commencer la rééducation. Mais en fait, l'éducation, c'est le début de la rééducation. J'écoutais juste avant de venir le podcast précédent avec Frédéric Sroure, qui parlait justement de ça, mais je suis complètement d'accord avec ce qu'il évoquait. On fait complètement partie de ce maillon d'éducation, rééducation, il y a éducation. Donc est-ce qu'on peut commencer déjà à faire l'éducation avant la rééducation ? Et souvent même ce premier cours presque que je donne à mes patientes, ça débloque tellement de choses pour la suite. C'est-à-dire qu'aujourd'hui je ne peux plus me passer de ce cours. Parce que les patientes à la deuxième séance, elles me disent « Ah ouais, alors j'ai commencé à mettre ça en place et j'ai moins ça et j'ai plus ça. » Oh bah trop bien, des fois on a fait 80% du travail juste avec cette première séance.
- Speaker #1
Donc la prévention est très liée au volet éducatif.
- Speaker #0
Et en vrai, ça, tous les kinés pourraient l'avoir. Alors, je ne vais pas t'écrire tout, parce que ça ferait deux podcasts en plus. Mais il y a vraiment énormément de connaissances. J'ai écrit un livre là-dessus, entre autres, sur toutes les connaissances qu'on peut avoir sur le système hormonal, sur tout le fonctionnement des fausses croyances. Par exemple, si je bois, je vais tout de suite avoir envie de faire pipi. Il y a des patientes qui disent « Ah non, mais je ne vais pas boire parce que tout de suite, j'ai envie de faire pipi. » En fait, c'est des conditionnements. C'est des fausses croyances. L'histoire du stop pipi, l'histoire de trop se retenir, de ne pas s'asseoir sur les lunettes des toilettes. Tout ça, c'est des mauvaises habitudes. Donc, une situation où c'est des croyances et que tu les passes. Exactement. Et donc, de casser ces fausses croyances. Il y a plein de gens qui pensent que de faire des pipis de précaution, c'est une bonne chose. Le pipi de précaution, c'est faire pipi avant de sortir au cas où. Mais non, c'est pas du tout une bonne chose. On va essayer de faire pipi quand on a envie, c'est tout.
- Speaker #1
Ouais, donc c'est presque de la destination grand public.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Le kiné peut être vecteur de ce message-là.
- Speaker #0
Bien sûr, il doit. Mais après,
- Speaker #1
c'est plus de l'éducation de manière générale sur sa santé à soi. Il y a plein de manières de s'informer autour de ça. Mais oui,
- Speaker #0
on devrait donner ces informations aux jeunes filles. Aux jeunes filles, ouais, bien sûr. Et même tout ce qu'il y a autour du cycle mensuel. Enfin, j'ai appris ça finalement tard. en tant que femme et en tant que femme professionnelle de santé, d'apprendre le fonctionnement réel du cycle et les symptômes qu'on peut avoir alors si je peux appeler ça des symptômes mais en tout cas des choses qu'on peut avoir différentes en fonction de notre cycle pour pouvoir capter où on en est de notre cycle et de pouvoir maîtriser finalement à la fois nos phases fertiles et nos phases infertiles sans passer par des hormones, si on a envie ou si on n'a pas envie, il y a des femmes qui ont pas envie d'avoir des variations d'humeur. Et c'est complètement ok. Là, on a la pilule qui fonctionne très bien. Il y en a d'autres qui n'ont pas envie de prendre les pilules parce que ça leur donne des symptômes dépressifs ou autres et qu'elles ont envie de vivre pleinement avec leurs hormones et de pouvoir savoir où on en est.
- Speaker #1
C'est ce qu'on disait dans l'épisode précédent du podcast. Ces capacités d'autogestion où des compétences et des connaissances sont nécessaires pour pouvoir gérer. Là, on parle de santé de manière générale, de santé de la femme. d'avoir cette capacité d'autogestion. Tous les kinés ne pourront pas être vecteurs de ça. De toute manière, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Ça ne fait pas sens non plus.
- Speaker #1
Mais est-ce qu'il y a peut-être des situations dans certaines rééducations, si jamais la personne n'a pas dit oui à une de ces questions ? Est-ce qu'elle ressent de la pesanteur ? Est-ce qu'elle a des fuites sur les nerfs ? Est-ce qu'il y a peut-être des situations où, en tout cas, si c'est non, il y a peut-être moyen de distiller un conseil, distiller de l'information ?
- Speaker #0
Ou pas ? Si elle n'a pas de symptômes, c'est vrai qu'il y a plein de conseils à avoir. Mais on peut voir, par exemple, quand on traite toujours une lombalgie, on va forcément traiter le caisson abdominal et on voit que la patiente, elle est ballonnée. Peut-être qu'elle est constipée. La constipation, c'est vraiment une problématique. Surtout si elle est terminale, on peut avoir ce qu'on appelle une dyssynergie anorectale. C'est que le sphincter de l'anus, au lieu de se relâcher, va se contracter. Donc ça, ça se rééduque. Déjà, si on est ballonné, parce qu'on n'arrive pas à aller à la selle correctement, on ne va pas savoir utiliser nos abdos correctement. Je mets au défi n'importe qui qui va faire un gros repas de famille, d'après aller faire des abdos, ça ne va pas bien se passer. Et en fait, c'est ce qu'on demande à certaines de nos patientes, voire même à des hommes aussi, mais d'aller faire des abdos alors qu'il y a une constipation, qu'il est ballonné et qu'en fait, peut-être qu'il faudrait commencer par ça. Donc ça aussi, ça pourrait être un signe intéressant à travailler.
- Speaker #1
On parle des sports à impact, par exemple, comme s'il n'y a pas de fuites urinaires. Voilà,
- Speaker #0
exactement, en prévention, quand on est sur des sports à impact, mais pas que. Quand on a des patientes, je reviens sur mon aide-soignante, qui porte un lourd, même s'il ne faudrait pas qu'elle porte. Finalement, il faudrait lui apprendre à ne pas porter, à stimuler l'autonomie du patient, à utiliser des aides mécaniques pour ne pas porter. Le problème, c'est que dans la réalité... très compliquée, parce qu'elles sont sous-effectives et que c'est plus facile de relever vite fait le patient plutôt que d'utiliser un trait de glissement, etc. Donc, elle, elle va avoir besoin d'un caisson abdominal performant. C'est un peu comme quelqu'un qui va faire un sport de force. C'est sa profession. Sauf qu'en plus, elle, elle n'aura pas tout le côté renforcement global qu'a une sportive. Donc, c'est dramatique. Donc, il y a ce profil-là. Il y a les profils aussi de la petite enfance. qui aussi sont fortement touchées. Puis on a les femmes qui vont de plus en plus dans des métiers où il y a des ports de charges, comme la déco, les décoratrices d'intérieur qui peuvent aussi avoir à porter des charges. Puis on a aussi maintenant des femmes qui font de la maçonnerie, qui font des choses comme ça, qui portent de plus en plus et qui peuvent du coup impacter plus ou moins. On n'est pas toutes logées à la même enseigne, on a une qualité d'étudiant, on a la génétique qui joue, mais voilà. Donc on peut aussi aller orienter ces profils-là.
- Speaker #1
C'est bien d'avoir ça en tête, quoi. Quand on prend en charge ces patients-là.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Le temps passe, franchement, c'est un sujet hyper intéressant. Et j'avais envie de te poser une dernière question, finalement, au vu, avec le regard que tu as, toi, sur la profession et en tout cas cette spécificité d'exercice, à l'heure actuelle, si on devait se projeter dans 5-10 ans, Selon toi, est-ce qu'il y a des grandes évolutions qui devraient être attendues ? Enfin, pas attendues dans le sens où ça devrait arriver, on en est certain, mais si on devait l'idéaliser ou avoir des souhaits pour cette spécificité, la santé de la femme de manière générale, selon toi, qu'est-ce que ça pourrait être ?
- Speaker #0
Alors déjà, je pense que la marche est en cours. Enfin, on en parle de plus en plus. Il y a vraiment quelque chose qui se développe en périnéo, pourvu que ça dure. Et oui, en fait, moi, ma lutte, c'est l'errance thérapeutique des femmes. On n'a pas parlé pourquoi je suis arrivée là. Je vais faire vite. Mais en fait, j'ai subi de l'errance thérapeutique, moi, en tant que femme, sur des problèmes pelviens. Et du coup, j'ai cherché à me soigner. Et donc, je suis tombée là-dedans. Et puis, j'ai adoré. Et puis, maintenant, j'y suis. Donc, c'est vraiment de limiter l'errance thérapeutique des femmes. Il y a beaucoup de choses qu'on met. C'est normal. J'ai encore des gynécos qui disent, oui, vous avez eu deux enfants. Vous avez 42 ans. C'est normal que vous ayez des fuites urinaires. pas normaliser ce qui n'est pas normalisable, pas dramatiser non plus, parce qu'il y a des femmes qui ont des lésions qui font que ça ne marchera pas, mais en fait lutter contre l'errance thérapeutique, et vraiment, les kinés ont un vrai rôle à jouer. L'accès direct sera peut-être une belle avancée pour nous, parce que c'est difficile de parler à plein de gens de ces troubles pelvien, parce que finalement, on va parler au médecin généraliste qui va envoyer vers l'urologue, qui va envoyer vers le rééducateur. Sauf que les deux médecins d'avant, ils n'ont rien pu faire. Voir même que le médecin général, il ne s'est même pas examiné un patient. Si on va directement sur celui qui peut résoudre le problème, ce serait peut-être bien.
- Speaker #1
Oui, une bonne chose.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Puis peut-être une augmentation de rémunération aussi.
- Speaker #1
On n'a pas eu l'occasion d'en parler, mais effectivement, ça pourrait être souhaitable pour cette spécificité aussi.
- Speaker #0
Oui, qui demande quand même beaucoup de formations complémentaires, beaucoup de consommables. Du matériel, oui. Beaucoup de matériel. Donc c'est vrai que c'est... Et puis c'est un patient parmi, a priori... Quand on fait de l'interne, on peut, mais pas beaucoup. Contrairement à d'autres versants de la kiné, on est quand même très limité. Ce qui fait que du coup, on est un peu les parents pauvres de toute cette histoire.
- Speaker #1
Oui, complètement. En tout cas, Julie, merci beaucoup pour cet épisode. Ce qu'on a pu voir quand même, c'est que le champ des possibles dans le volet santé de la femme pour les kinésithérapeutes est énorme. Il y a un vrai sujet autour de cette spécificité et du coup, un besoin de formation autour de ces sujets-là pour se sentir à l'aise, épanoui et avoir une base solide de connaissances autour d'un sujet où il y a encore beaucoup de croyances et de tabous, très clairement. Il y a quand même un souhait à avoir sur le volet préventif de manière générale pour les kinésithérapeutes, mais... Encore plus sur ce sujet, la santé de la femme, ou s'il y avait plus d'interventions qui se faisaient avant, ça enlèverait quand même un certain nombre de problématiques, surtout au vu des statistiques qui sont quand même assez lourdes. On le rappelle quand même, presque une femme sur deux qui ont un prolapsus, c'est quand même énorme, très clairement. Et ce qu'on peut espérer quand même, c'est aussi une augmentation pour les prises en charge liées à cette santé de la femme, notamment rééducation périnéale, où il y a un besoin de formation, il y a un besoin de matériel. Et pour ça, il vaut mieux être quand même... Bien valorisé, pour pouvoir bien gagner sa vie, ce n'est pas un tabou. Mais c'est quand même un souhait qu'on a pour tous les kinésithérapeutes. Oui,
- Speaker #0
tous les kinés, bien sûr. Pas que les pépés.
- Speaker #1
En tout cas, merci beaucoup Julie.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Merci à tous d'avoir écouté ce podcast. Vous pouvez le retrouver gratuitement sur toutes les plateformes de streaming audio. En attendant, n'hésitez pas à suivre les actualités du SNMKR sur tous les réseaux sociaux. A bientôt.