- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans En Réflexion, le podcast par et pour les enfants de pasteur. Aujourd'hui, on se retrouve pour un épisode bonus né d'une discussion de couloir avec mon invité sur le fait d'entrer dans une famille pastorale. Les décalages, les petites surprises, les schémas qu'on découvre, c'était passionnant et intéressant d'avoir ce regard extérieur rempli de bienveillance. Et je me suis dit que ça méritait un épisode. Donc vous l'aurez compris autour de la table. Ce ne sont pas des enfants de pasteur, mais quelqu'un qui a épousé un enfant de pasteur et qui est entré pleinement dans le ministère avec sa famille depuis. Elle nous partage plein de pépites, extraites de ses observations, mais aussi de son expérience. Mais je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir par vous-même. Bonne écoute. Bonjour à tous et bienvenue dans ce dernier épisode de la saison. Donc sans plus tarder, on va commencer avec mon invité que j'accueille. Bonjour Bérangère.
- Speaker #1
Bonjour Flora.
- Speaker #0
Ça va, tu vas bien ?
- Speaker #1
Oui, ça va.
- Speaker #0
Avant de commencer, de rentrer dans le vif du sujet, je voulais savoir un petit peu quel était ton parcours, savoir d'où est-ce que tu viens, etc. Avant de rentrer dans le sujet, de rentrer dans une famille pastorale. Voilà, dis-nous un petit peu tout ça.
- Speaker #1
Moi, je suis née dans une famille chrétienne. Mes parents étaient jeunes convertis quand ils m'ont eue. Donc c'est vrai qu'ils étaient en découverte de la foi, de plein de choses. J'ai eu la chance d'être dans une famille très bienveillante. Et vraiment où le sens familial était vraiment le cœur. Vraiment à être ensemble, c'était vraiment ça, les valeurs familiales. Moi j'ai grandi dans une petite église que j'aimais beaucoup. Donc à l'adolescence c'était plutôt tranquille. Ensuite, j'ai fait un peu mon chemin. Disons que j'ai toujours aimé le Seigneur. J'ai fait des colonies de vacances et ça m'a vraiment ancrée en Jésus. Mais à un moment donné, à l'adolescence, j'ai dit, bon, je vais voir un peu ce qui se passe à côté. J'ai des amis, c'est cool. Donc, je vais sortir, mais je continuais toujours d'aller à l'église. C'était vraiment ma priorité, c'était continuer d'aller à l'église. Mais je n'étais pas prête à m'engager complètement. Merci. Je suis quelqu'un d'entier, donc le jour où je m'engage, par contre, c'est à fond. Et à un moment donné, le seigneur m'a interpellée au travers de deux accidents de voiture, parce que j'avais la tête un peu dure, je pense, je ne comprenais pas. Et du coup, j'ai eu deux accidents de voiture très graves, de coup sur coup, à deux mois d'intervalle jour pour jour. Vraiment, voilà. Et du coup, au travers d'amis qui étaient dans le ministère, Je suis allée les voir, on a discuté et là ils m'ont dit « Bérangère, je pense que tu as une décision à prendre à un moment donné. » C'est un couple qui comptait vraiment pour moi. Et là, c'est vrai que je me suis dit « je ne peux plus être entre deux chaises. » Il fallait que je prenne le temps de la décision. Et là, ça a été radical. J'ai vraiment pris ma décision de m'engager complètement avec le Seigneur, de le suivre. Et à partir de ce temps-là, par contre, j'étais affreuse.
- Speaker #0
Juste pour rassurer les gens, est-ce que tu as des séquelles, des accidents de voiture ? Absolument pas, j'ai été gardée. Tu as dit que c'était des accidents graves, je pense que les gens ont dû se dire mince. Non,
- Speaker #1
franchement, les voitures étaient mortes, mais moi j'ai été préservée à chaque fois. Et en plus, j'avais des personnes dans ma voiture qui ont été aussi gardées. Mais c'était surprenant, mais c'était une bonne chose, puisque c'était le départ de ma vie, de ma foi. Et quand je dis que j'étais à fond, après j'ai vraiment été... très proche des ministères qui étaient autour de moi à ce moment-là. J'ai eu la chance d'avoir autour de moi beaucoup de couples pastoraux avec qui on s'entendait bien. Ma famille s'entendait bien avec des enfants du même âge que moi. J'ai aussi été, des fois le week-end, quand il y avait des rencontres de jeunes, comme on habitait loin, j'allais dans certaines familles pastorales. Je passais le week-end, ils m'accueillaient. C'est vrai que c'était chouette. Et donc voilà, ensuite j'ai rencontré mon mari. Et là, on a été mis en responsabilité du groupe de jeunes de notre église.
- Speaker #0
Alors juste je précise, mon mari qui est lui-même enfant de pasteur.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Pour la précision,
- Speaker #1
pour le lien de tout notre épisode. C'est vrai, tout à fait. Donc on s'est mariés, on a servi, on a eu des enfants. Mais tout en continuant à servir en tant que responsable de jeunes. Oui après ensuite on a été en train de se faire un petit peu de la vie. était amené à prendre la responsabilité d'une structure chrétienne.
- Speaker #0
Donc ça c'était à temps plein du coup ?
- Speaker #1
C'était à temps plein, voilà. Donc on a fait à peu près... 10 ans en tant que responsable de jeûne dans notre église. Puis ensuite...
- Speaker #0
Avec un travail à côté.
- Speaker #1
Un travail à côté, bien sûr. Ah oui, on avait notre travail, puis les enfants qui sont venus. Et puis à un moment donné, le Seigneur nous a envoyés pour le servir. Donc là,
- Speaker #0
rentrer à temps plein dans le ministère.
- Speaker #1
Dans le ministère.
- Speaker #0
Pas en tant que pasteur.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Mais là, c'était prendre soin d'une structure, à tout son fonctionnement, etc. Avec vous qui étiez sur place. Vous viviez sur place avec les enfants, etc. Et vous étiez engagée tous les jours, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Avec de l'accueil du public, etc. Juste pour que ce soit un petit peu clair pour tout le monde, il y a eu deux périodes. Avant, avec un travail à côté, et après, vraiment impliquée jusqu'à encore aujourd'hui, où vous êtes d'une autre manière dans le ministère, aujourd'hui. Voilà, elle nous a fait le parcours complet. Non mais merci parce que je pense que ça a donné un petit peu d'éclairage à tous ceux qui nous écoutent. Mais donc moi, j'aimerais revenir avant ton arrivée justement dans la famille pastorale. En fait, ce que je voulais te poser comme question, c'est quelle était ta vision en étant extérieure des familles pastorales ? Comme tu disais, tu allais en week-end, etc. Donc avant toi de rentrer dans une famille pastorale, quelle était ta vision ? Ton regard sur les familles pastorales ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai eu la chance, c'est vrai, de les côtoyer. C'était vraiment des amis, en fait. La première famille pastorale qui me vient à l'esprit, c'est vraiment une famille avec qui mes parents sont amis, en fait. Ils ont été amis et c'était une famille, mais vraiment remplie d'amour. Je pense que ce qui les définit vraiment, c'était l'accueil et l'amour. C'est toujours le cas, d'ailleurs. Et donc moi, j'avais 13 ans à peu près, et je suis rentrée vraiment dans cette famille-là, avec cette bienveillance-là. Et là, c'était vraiment beau. Et je pense qu'eux, ils vivaient vraiment le ministère en famille, mais avec simplicité. Vraiment, il n'y avait pas trop de protocoles, pas trop de choses comme ça. Mais en fait, ça dépend vraiment des familles. Moi, ce que j'ai pu remarquer, c'est que ça dépend vraiment des familles, de leur histoire et tout ça. Et il y a eu d'autres familles ensuite qui sont arrivées dans notre vie, où c'était un peu différent. Il y avait des familles un petit peu plus, on va dire... Je ne sais pas comment le définir, mais un peu plus traditionnel, on va dire. Un petit peu plus à faire un peu plus attention à la manière dont étaient les enfants, et tout ça, à avoir une certaine posture.
- Speaker #0
Donc dans le rapport aux autres. Dans le rapport aux autres, exactement. Ou personne extérieure.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou même aussi dans la famille.
- Speaker #1
Non, dans la famille, c'était aussi comme ça. C'est-à-dire que je pense que c'était vraiment une posture générale. Il voulait juste... faire bien les choses en fait. Et c'était vraiment toujours comme ça. C'est-à-dire que même quand ils étaient en vacances, il fallait aller à une réunion ou quoi que ce soit et continuer à vivre le ministère. Ils étaient à fond comme ça et c'est aussi une famille vraiment où j'ai aimé partager avec eux, ça m'a toujours plu. Mais on voyait que la charge ministérielle en fait je pense est portée d'une manière différente d'une famille à une autre.
- Speaker #0
Oui bien sûr.
- Speaker #1
Et ça c'est important de le comprendre je pense. Et après, j'avais une autre famille avec qui j'étais bien, même je suis allée en vacances avec eux. Et c'était un peu plus entre les deux. C'est-à-dire qu'on voyait que quand ils étaient à l'église, c'est vrai que la charge, le fait de devoir avoir cette exemplarité, qui est vraiment représentée dans l'église, c'était comme ça. Puis ils étaient un peu plus détendus quand ils étaient en vacances. Ils arrivaient à avoir ce côté-là. Donc c'est vrai que j'ai côtoyé tout le monde. Tout type de famille. C'est vrai que ce qui peut être inhérent à tous, c'est qu'à un moment donné, ils sont en avant, ils sont mis en avant. Donc, c'est vrai qu'il faut faire attention aussi à ce que l'on peut dire ou faire parfois. Parce qu'on ne peut pas être une occasion de chute aussi. Oui,
- Speaker #0
en fait, toute cette, entre guillemets, cette... Je ne veux pas utiliser le mot pression, mais toute cette demande qui est là de montrer la bonne voie ou le bon exemple, va parfois jusque dans la vie perso.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc déborde de simplement le rôle du père pasteur. Là, tu l'as vu toi en tout cas sur toute la famille, les enfants aussi, etc.
- Speaker #1
Oui, mais c'est vrai que c'était très différent d'une famille à une autre, mais c'est vrai. Il y a certaines familles où le rôle pastoral, il est même dans la famille. Alors, je ne dis pas qu'il ne devrait pas l'être, parce que c'est vrai que c'est l'homme et le chef de son foyer. Mais c'est vrai que des fois, peut-être que ça pouvait être un petit peu dur, donc un peu difficile aussi pour les enfants.
- Speaker #0
Ce rôle qui est moins divisé de père-pasteur, en fait. Nous en avons moins. la différence entre le pasteur que le père. Il n'y a pas une séparation franche pour ça, pour les enfants en tout cas.
- Speaker #1
Et puis je pense que c'était une époque. Moi, ça date un petit peu maintenant aussi. Et c'était vraiment une époque. Je pense que maintenant, les pasteurs en sont beaucoup plus conscients. Et du coup, ils sont papa avec leur famille, tout en restant évidemment le chef spirituel du foyer. Et à une période, je crois que ce n'était pas aussi clair dans... dans la tête de certains pasteurs. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Je pense qu'aujourd'hui, on a une ouverture sur plein de sujets qui n'étaient pas du tout le cas à l'époque. Est-ce qu'il y a des choses... quand tu es rentrée dans le mariage, que tu as vu avec plus de précision sur le fonctionnement d'une famille pastorale ? Le fait de vivre à l'intérieur, du coup, ça t'a permis de voir de manière générale dans les familles pastorales certains fonctionnements avec plus de précision ?
- Speaker #1
Alors, le fait d'être en vue, ça c'est vrai que c'est vraiment pas facile. Moi je sais que dans ma famille à moi, on est très on se parle de tout de rien facilement de plein de sujets on va pas attendre tout de suite pour faire certaines annonces par exemple parce que c'était comme ça et c'est vrai que même moi même nous maintenant, j'ai peut-être changé un peu mon mode de fonctionnement par rapport à ça c'est à dire que j'ai compris aussi qu'il y a certaines annonces C'est... ou officialisation de certaines choses qui devaient se faire d'une certaine manière. Parce que, quant à toute une congrégation autour qui regarde la famille pastorale, c'est vrai que, par exemple, quand on rentre avant les fiançailles, quand on se fréquente, moi, je n'en prenais pas la mesure quand je suis rentrée. Mais ça peut être compliqué pour la famille par rapport au regard des autres, par exemple.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a eu ce regard d'un coup sur le poids du regard des autres. Et donc toutes les considérations qu'il y a à prendre quand tu fais une annonce, quand tu parles de quelque chose, comment tu te comportes, qui je pense peut-être étaient moins visibles à tes yeux avant.
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr, mais complètement. Parce que nous, on avait une liberté. Si j'avais envie de dire, on a prévu un projet pour faire ça, Et puis que ce n'était pas encore clair dans ma tête, je le partageais à ma famille.
- Speaker #0
Ah oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Et en fait, directement, mais peut-être que ça allait se faire, peut-être que ça n'allait pas se faire. Là, c'est vrai que je pense qu'il faut faire plus attention à ce que l'on fait, à ce que l'on dit, ce que l'on annonce officiellement ou pas. Pour se préserver, je pense que pour préserver la famille. Et ça, c'était quelque chose pour moi qu'au début, je ne comprenais pas trop. et Plus tard, ensuite, je l'ai un peu plus compris. Et voilà, je pense que ça, c'est vrai. En fait, il faut préserver le cocon familial.
- Speaker #0
C'est ça. Il y a vraiment un truc de protection, en fait.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et c'est vrai que le fait d'entrer dans une famille pastorale ou alors dans des familles qui ont un ministère en vue, il faut savoir préserver son intimité.
- Speaker #0
Mais du coup, qui peut être ? étrange de l'extérieur.
- Speaker #1
Oui, tout en restant hyper accessible quand même et en étant toujours pareil et en étant vrai. Moi, je trouve que ça, c'est quelque chose d'important. Ça, par contre, de ce que je retiendrai quelque part de ce que j'ai pu voir ou de notre propre expérience aussi, c'est d'être vrai en toutes circonstances, c'est-à-dire qu'on reste nous et les gens le savent. Donc, notre authenticité, elle est là quand même. On protège notre famille parce qu'on la met en priorité et ça, Les personnes doivent en être conscientes aussi. La famille, c'est important et on la met en priorité. Mais on reste authentique. C'est-à-dire que dans notre manière de partager avec les autres ou d'apporter avec les autres, on reste vrai. Et on aime les gens. On aime ce que l'on fait aussi. Partager, prendre soin, c'est vraiment quelque chose qui nous tient à cœur, être au service des autres.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait d'autres schémas que tu as pu... remarquer ou observer, soit chez les familles pastorales, soit chez les enfants de pasteurs ?
- Speaker #1
Alors, les enfants de pasteurs, je pense que ce n'est pas toujours facile pour eux, ou les enfants dans le ministère en général, parce que justement, ils sont en vue et ils sont directement associés à l'autorité qui met quelque chose en place.
- Speaker #0
C'est un mini-représentant de cette communauté. Oui, voilà,
- Speaker #1
exactement. Et c'est vrai que c'est pas... pas toujours faciles au niveau de leur identité. Et c'est vrai que... Je trouve que, donc j'ai écouté les autres podcasts, et c'est vrai que quand on dit que l'ironie est vraiment une manière de s'exprimer chez les enfants de pasteurs et aussi chez les enfants dans le ministère, alors moi... Je peux dire que c'est vrai, que ça a été un peu une révélation pour moi d'entendre même cette phrase, parce qu'en fait, je ne comprenais pas trop. Et puis, quand j'ai entendu ça, c'est Eric qui l'a bien dit, et je dis non, mais en fait, c'est totalement ça. Mais alors, je pense que ce n'est pas toujours très marqué chez tout le monde. Il y a des personnes où je n'ai pas vu ce trait-là particulièrement. Mais il y a d'autres mécanismes qui peuvent se mettre en place, comme par exemple, être toujours comme on voudrait que tu sois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, ne pas avoir une identité franche.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ça, ça peut être aussi un mécanisme. Mais c'est vrai que quand on voit ce genre de choses, moi, du coup, les podcasts que j'ai entendus, que vous avez faits, vraiment, ils sont super. Ils m'ont permis de me rendre vraiment compte de certaines choses que je savais, mais dont je n'avais pas pu encore mettre un mot dessus.
- Speaker #0
Merci, tu m'encourages.
- Speaker #1
Et en tant que maman, du coup, moi, ça m'aide aussi. Parce que, comme nous, aussi à Alors, dans le ministère quand même, parce qu'on est à plein temps, mais on n'est pas en vue comme le couple pastoral. On n'est pas en vue de la même manière, mais nos enfants sont quand même avec le même théma. Et donc, du coup, moi, ça me permet de faire attention à certaines choses.
- Speaker #0
Envoyer ça à toutes vos mamans, à tous vos papas.
- Speaker #1
Et de faire attention à l'identité, tout ça. et puis Alors maintenant qu'on n'est plus sur une structure où ils sont en ligne de mire en première ligne, c'est plus facile, mais c'est vrai qu'ils ont pu nous dire aussi que des fois, ce n'était pas évident pour eux.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
On leur disait, tu fais ça, mais c'est parce que tes parents sont responsables ou quoi que ce soit. Tu as plus de liberté parce que c'est tes parents. Oui, tu as plus de liberté, alors qu'en vrai, ce n'était pas du tout le cas.
- Speaker #0
Ce n'est pas vrai en plus.
- Speaker #1
Et puis, je dirais même qu'on était même plus en disant, non, on ne va pas te laisser de passe droit. Oui. Parce que ça ne serait pas juste par rapport au jeu. Oui. Et ce n'est pas facile d'avoir cette justesse-là, toujours, de savoir si on fait bien ou pas, mais on veut aussi leur permettre d'apprendre qu'ils n'ont pas tous les passe-droits.
- Speaker #0
Oui, parce que de toute manière, dans la vie ailleurs, ce ne sera pas la réalité, il n'y aura pas de passe-droit. En fait, c'est ça qui est, je trouve, qui est, entre guillemets, intéressant, c'est que tu sais que tu as des passe-droits, mais tu consciemment décides de ne pas les utiliser.
- Speaker #1
Puis en fonction des caractères des enfants, il y en a qui ne vont pas les utiliser. Tu as bien l'exemple dans la famille. Et puis, il y en a qui vont se dire, non, mais... C'est chouette, ça. Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Est-ce qu'une fois étant mariée, intégrée dans la famille, etc., même dans ton couple, sans rentrer trop dans les détails, mais est-ce qu'il y a des clés que tu as pu apporter avec les années ou des choses où tu as pu faire une différence ? dans certains fonctionnements que tu voyais qui étaient peut-être un peu compliqués ou vraiment, je ne sais pas comment dire ça, mais je ne sais pas si tu comprends ma pensée.
- Speaker #1
Je comprends ce que tu veux dire, Clara. Je pense que oui, mais en fait, pour moi, le plus important, et ça, c'est ce que je dis à chaque fois, c'est que quand tu te maries, en fait, tu viens de deux entités différentes. Alors, c'est vrai que c'était très différent. Du coup, moi, famille chrétienne, et puis ensuite... Mon mari, du coup, d'une famille pastorale, on n'avait pas tout à fait les mêmes choses. Et je pense que moi, j'étais un peu plus libre dans ma manière d'être et de faire. Mais ce qui était important pour moi, c'est qu'on puisse vraiment... Et là, j'ai vraiment demandé au Seigneur de nous aider à pouvoir faire quelque chose qui nous paraissait juste, le plus équilibré possible. Donc, c'est vrai qu'il y avait... peut-être certains modes de fonctionnement un peu plus rigides du côté de mon mari et sur certaines valeurs qu'on lui avait inculquées et qui étaient justes, je pense qu'il était vraiment ses parents s'étaient dit non ça c'est pas bon, donc tu feras pas ça, tu feras pas ça, tu feras pas ça avec droiture, et là moi j'ai dit regarde ça c'est peut-être pas si important que ça, à un moment donné on veut que nos enfants soient bien
- Speaker #0
et ça c'est peut-être pas si important que ça ou alors de le faire avec une plus grande souplesse tout en restant dans la voiture en fait par exemple c'est tout bête,
- Speaker #1
sur le maquillage on a des filles et c'est vrai que ça se leur arrive toujours et mon mari me disait même je me souviens il disait mais je supporte pas moi les filles maquillées et tout ça, je trouve que c'est pas top c'est trop et tout ça alors à un moment donné la discussion Et puis, on ne peut pas empêcher les enfants. Les filles, elles aiment trop.
- Speaker #0
Les filles, on aime trop se faire belle.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et là, du coup, on a eu une discussion par rapport à ça, par rapport à ce que lui, ses principes et ce qu'il avait. Et puis, par rapport à moi, ce que j'avais vécu, qui était complètement l'opposé, finalement. Oui,
- Speaker #0
peut-être aller gratter un peu et de dire, au final, c'est peut-être pas le maquillage qui dérange, mais c'est plus... La manière de se comporter derrière et où est-ce qu'on met la limite en fait.
- Speaker #1
Exactement, c'était ça. Et moi je disais, je préfère qu'elles apprennent à prendre soin d'elles. Maintenant, on leur montre comment faire pour que justement, elles ne ressemblent pas à des peaux de peinture. Mais c'est vraiment ça, pour qu'elles le fassent de la bonne manière. On sait qu'en plus à l'adolescence, si tu as des boutons ou quoi que ce soit, tu peux des fois mal te maquiller, tu vois. Et ça serait dommage, ou le faire en cachette. Et ça, ça sera encore plus dommage. Donc du coup, on s'est vraiment ajusté par rapport à ça. Et c'était intéressant. Moi, je trouve ça génial. Quand on arrive, avec l'aide du Saint-Esprit, à faire ça, et sur pas mal de petits domaines comme ça, où finalement, on a réajusté ensemble. Et je trouve que ça, c'est le plus important, finalement.
- Speaker #0
Et même par rapport au service ? Dans votre manière de fonctionner par rapport au service ? Parce que, après, vous êtes rentrée dans le ministère, tous les deux. donc à temps plein, etc. Est-ce que du coup, vous avez dû revoir aussi, parce que lui venait d'une famille où ils ont servi pareil à temps plein depuis son enfance, etc. Est-ce que du coup, vous avez dû aussi vous ajuster sur la manière de faire le ministère ensemble ou même de manière pratique les choses ?
- Speaker #1
Oui, évidemment, on s'est réajusté sur le temps passé, on va dire aussi, puisqu'on était à temps plein sur une structure, c'est très... chronophages, vraiment énormément. Donc là, c'était important. Et ça, peut-être que c'est moi qui l'ai un petit peu plus fait en disant non, alors on a notre maison à nous. Elle n'était pas très grande, cette maison, vraiment. Mais je tenais absolument à ce que ce soit notre foyer. Et c'est-à-dire que dans cette petite maison, j'avais tout mis pour qu'on soit avec nos propres affaires. Parce qu'on pouvait aussi utiliser peut-être des salles de la structure où on était, d'autres endroits. Mais pour moi, c'était très important de préserver ça. C'était notre foyer, notre aveu de paix et c'était notre endroit ressource. Et ça, c'était important, c'est-à-dire de savoir sectoriser à certains moments. Oui, on est sur place, mais on sectorise et on prend des temps off. Et c'était important d'apprendre à le faire. Et ça, c'était important aussi pour nos enfants. Et du coup, ils le savaient. Alors c'était peut-être ça, notre manière de se dire, oui, on est à plein temps, mais on prend bien ces temps différents. Exactement. Et c'est important.
- Speaker #0
J'avais une question qui n'était pas forcément notée, mais qui me vient là maintenant. Est-ce que tu as été surprise par l'implication que ça demandait ? d'être dans le ministère, sachant que tu es quelqu'un d'entier, tu es entière, donc est-ce que toi, tu t'es dit, ah oui, quand même, c'est quand même quelque chose ? Ou pas forcément ?
- Speaker #1
Non, je crois que... Il faut savoir qu'en fait, moi, j'avais été préparée. C'est-à-dire que vraiment, le Seigneur m'avait donné à cœur, bien avant que je rencontre mon mari, que je servirais, que je le servirais. Et je m'étais vraiment levée à cet appel-là. Et comme je suis quelqu'un d'entier, même avant, J'étais entière dans ce que je faisais. C'est-à-dire que quand j'ai eu un travail, à partir du moment où j'ai eu un travail qui me plaisait, j'étais à fond dans mon travail qui me plaisait. Quand j'ai servi les ados à l'église, j'étais à fond dans ce que je faisais aussi à ce moment-là. Donc j'ai toujours été entière dans ce que je faisais. Donc je pense que non, ça ne m'a pas fait peur. Et ça ne m'a pas non plus... Je ne me suis pas dit, ça prend trop de temps par rapport à ma vie perso, parce que je pense que je suis vraiment... Ouais, à fond dans ce que je fais quand je me mets dans quelque chose.
- Speaker #0
Mais par contre, je pense que tu as vraiment su amener, comme tu disais, ces temps off. Parce que je sais que la famille, c'est très important pour toi, tes enfants, c'est très important pour toi, etc. De les protéger, de les accompagner, tu vois, d'amener vraiment une éducation, d'être vraiment maman et pas seulement ministre, mais d'être vraiment présente en tant que maman, etc. Et même avec ton mari, je le vois. Je... J'ai l'impression que tu as aussi su amener ce truc de, oui, on fait ministère, mais on est aussi une famille à part entière qui ne fait pas que ça, en fait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que quand tu es rentrée dans le ministère, tu avais conscience des impacts ? que ça pouvait avoir sur toi, ta famille, tes enfants, etc.
- Speaker #1
Non, réellement, pas autant. Je pense que c'est avec le temps, en voyant les choses. Non, on n'est pas conscient. Alors, on nous le dit quand même un petit peu, parce qu'on a été avec des personnes, on a fait beaucoup de réunions, d'accompagnements dans le cadre de l'établissement où on était. Il y avait des réunions, des séminaires, des petites choses comme ça. Donc, c'est vrai qu'il y avait des choses. Et mon mari avait même eu à cœur quand même l'accompagnement justement des enfants de pasteurs et tout ça, et du ministère, parce qu'il prenait conscience, je pense, de l'impact que ça a eu sur sa vie, sur son identité. Mais non, au début, pas vraiment. Puis nous, je pense qu'on se pensait un peu à part aussi, en se disant, ben non, on n'est pas dans une église, on n'est pas en première ligne quand même. Oui, oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
Donc voilà. Et c'est la vérité quand même. parce que... les enfants ne sont pas autant en première ligne que dans... où c'est tous les jours en fait. À l'église, c'est tous les jours. À chaque fois qu'il y a une réunion, à chaque fois avec toutes les personnes qui regardent, qui regardent cette famille pastorale.
- Speaker #0
Pour vous, c'était plus par saison ?
- Speaker #1
Nous, c'était plus par saison et puis un petit peu différent. C'est plus parce qu'on avait une responsabilité de gestion, de service là où on était et tout ça. C'était un petit peu différent quand même.
- Speaker #0
Est-ce qu'avec le recul de toutes ces années dans le ministère, est-ce que tu comprends mieux comment certains fonctionnements peuvent s'installer dans les familles pastorales avec toutes les expériences positives comme aussi négatives, on va dire ? Oui, je pense que oui. En vrai, ça dépend vraiment de l'expérience, je pense, de la famille et de ce qu'ils sont. Par exemple, une famille qui se donne, j'ai un exemple en tête de famille qui peuvent se donner corps à mes esprits, c'est vraiment le cas de le dire, qui aime vraiment, qui a un cœur énorme pour les autres et qui se dévoue vraiment, vraiment aux autres. Et quelquefois, c'est aussi l'excuse pour... laisser un petit peu sa propre famille. Et ça, c'est vrai que moi, ça m'attriste parce que c'est vraiment pas mon cœur. Mais quand tu les vois fonctionner, c'est vrai que c'est des personnes qui sont qui aiment les gens profondément, qui sont là pour eux profondément. Et quand les enfants sont sûrs qu'ils ont une place bien particulière, je pense qu'ils arrivent à trouver un équilibre aussi. Mais finalement, c'est à chaque famille d'arriver à trouver son juste équilibre dans ce qu'il veut transmettre et dans ce qu'il veut être vraiment.
- Speaker #1
Quels ont été pour toi tes points de vigilance ? Je suis contente d'avoir mis une limite, ou j'aurais dû faire plus attention sur tel et tel sujet ?
- Speaker #0
Là où je suis contente d'avoir mis ma limite, c'est en me disant qu'on prend du temps pour les entendre. Ça, c'est sûr.
- Speaker #1
Comment tu le fais ? Comment est-ce que tu priorises tes enfants ?
- Speaker #0
En fait, on met des temps off, où on est vraiment avec eux. Après, on essaye de faire des sorties. Donc, c'est vrai que là, ces dernières années, ça fait trois ans qu'on est dans un ministère beaucoup plus intense. On le sait. Et là, ça a été un peu plus difficile pour nous de trouver, de dégager ces temps plus régulièrement. Et ça, ça a été un vrai challenge de pouvoir le faire. Et donc, en fait, ce qu'on essaye de faire, là, on s'est réadapté. Les enfants sont plus grands aussi. Et ce qu'on a fait, par exemple, c'est que des fois, on a fait des réunions familiales vraiment un peu plus fréquentes, on va dire, où on posait, on se disait, bon là, stop, on s'arrête. Est-ce que si on met en place ça, ça vous va ? Dans l'échange. Oui, dans l'échange et essayer de sentir les besoins des uns des autres, ce qu'ils avaient un peu plus besoin. Donc quand c'était... certains ont un peu plus besoin de liberté. On a d'autres enfants qui, eux, ont plus encore besoin d'avoir cet ancrage familial où on a mis en place, par exemple, ça va être des trucs tout simples. Vendredi soir, pizza.
- Speaker #1
Ça va être dimanche...
- Speaker #0
Des espèces de rituels, en fait. C'est ça, exactement. Oui, ça, c'est des petits rituels qui sont là et qui font hyper plaisir aux enfants. Et ils ont envie que ça continue. Pour eux, c'est important. Ça, ça fait partie de la famille. Ou alors l'apéritif du dimanche, tu vois, où on fait un repas un peu plus, on est ensemble, on se met un bon film le vendredi soir avec la pizza. Quand c'est possible. Quand c'est possible, exactement. Oui, voilà, quand c'est possible. Et puis si ce n'est pas possible le dimanche, des fois on le décale le samedi. Mais dans la semaine, il va y avoir toujours au moins un temps où on essaye de se rassembler de toute façon. Après, quand c'est un peu plus... plus compliqué parce que les plannings des uns des autres sont un peu plus denses on essaye quand même de trouver un temps où on va faire un repas ensemble ou quelque chose ensemble c'est toujours recentré en fait mais en vrai, la famille moi j'ai remarqué presque chaque année, il faut réinventer les choses, il faut se réadapter. Mais tout le monde évolue en rentant exactement et c'est en fait je crois que ce qui est important c'est d'essayer de faire ça Merci. de toujours se rassembler, même si les plannings sont différents, même si ça va très vite, c'est toujours être intentionnel dans notre manière de faire pour se retrouver.
- Speaker #1
Et puis je trouve que aussi, tu me dis si je me trompe, mais de ce que j'ai pu observer de la famille, c'est que vous êtes aussi très disponible et à l'écoute, malgré le fait que vous soyez surchargé peut-être parfois de travail, etc. Quand vous sentez qu'il y a un des enfants, ça ne va pas, etc., vous allez chercher l'enfant, prendre le temps de discuter, parfois demander pardon si c'est nécessaire, réadapter les routines, si besoin, être plus attentif pendant un temps parce que l'enfant en a besoin. Voilà, je ne sais pas, moi je te dis ça, mais c'est ce que j'ai pu observer. Et je trouve que ça apporte aussi une sécurité à l'enfant, aux adolescents. de savoir que même si les parents sont très occupés, il y a quand même... ils sont entendus, ils sont écoutés, on les prend en compte. En fait,
- Speaker #0
c'est notre priorité. On leur dit toujours. On leur dit quoi qu'il se passe. Mais ça se prouve aussi dans les actes. Oui, tout à fait. On leur dit et on essaye de mettre des actes et des temps pour ça. Ça, c'est important. Ils le savent et je pense que c'est vraiment ça. Sur un dernier point de vigilance, c'est aussi, je pense que... parfois, on n'a pas toujours vu ce que vivaient les enfants. Quand on était en responsabilité, je sais que ça ressort parfois, parce que c'est bien de discuter avec eux, mais ils ne vont pas le dire tout de suite. Quand ils sont plus jeunes, ils prennent sur eux, ils ont du mal. Nous, on ne le voit pas toujours.
- Speaker #1
Non seulement, on a du mal parfois à s'exprimer en tant qu'enfant, n'importe quel enfant. Mais d'autant plus quand tu es un enfant dans le ministère, tu sais que tu passes parfois après les autres. Donc, on prend sur nous d'autant plus.
- Speaker #0
Ils prennent sur eux, ils palissent à certaines choses. Mais c'est vrai d'être attentif à est-ce que là, tu t'es bien senti ? Parce que nous, on était à être dans des événements, beaucoup d'événements. Ils ont fait des camps, des colos, des choses comme ça. Et peut-être que le point de vigilance, c'est de se dire, tu nous suis forcément, est-ce que tu en as vraiment envie ? Et puis quand c'est un peu dur, de se dire, comment tu t'es sentie à ce moment-là ? Oui, papa, maman, j'ai vécu des choses un peu difficiles à ce moment-là. Mais en fait, ça ne sort pas tout de suite. Heureusement, c'est toujours le positif qui sort, mais il y a des fois où... ou quand on discute, il dit, bah oui, là, en fait, ça a été dur sur ça. Les enfants avec nous, ils n'étaient pas très cools par rapport à ça. Et là, des fois, je me suis dit, ah mince, là, on a peut-être raté un peu. On était dans le feu de l'action, on en a sorti le positif. Et oui, heureusement, le Seigneur, il sort le positif des choses. Et puis, heureusement, les camps et tout ça, moi, je ne voulais pas que ça soit quelque chose de lourd pour eux. Je voulais qu'ils prennent plaisir et je pense que ça a été le cas. Et que ça a été toujours des points positifs quand même. Mais il y a eu des moments où ça a été aussi difficile pour eux en fait. Et ça, je l'ai compris après, au travers de discussions, mais peut-être des fois plusieurs années après. Et je ne pensais pas que ça avait été aussi difficile pour eux.
- Speaker #1
Comment tu te réagis du coup en tant que maman ?
- Speaker #0
En fait, j'entends ce qu'ils disent. Et puis, quand c'est aux plus jeunes de passer par là, parce qu'en fait, des fois, c'est les plus âgés qui ont essuyé un peu les plages. Et quand c'est les plus jeunes qui passent par là, en fait, de dire, d'essayer d'être attentif, un peu plus à l'écoute. Parce que aussi, quand on est dans le feu de l'action, nous, on est en action à fond dans notre travail. Alors, on entend un petit peu, mais on se dit, bon, allez, ça va aller, monsieur. Il y a un côté de,
- Speaker #1
il n'y a pas le choix, quoi.
- Speaker #0
Exactement. Là, de se dire, OK, bon, alors j'entends et je suis d'accord avec toi. Qu'est-ce qu'on peut faire là pour que ça se passe mieux pour toi ? Ou alors, des fois, malheureusement, On n'a pas le choix. Là, mon chéri, j'entends ce que tu vis, mais tu verbalises un peu plus. Tu ne passes pas un mouchoir dessus. Je pense que déjà,
- Speaker #1
ne serait-ce que le fait de verbaliser, ça aide.
- Speaker #0
Malheureusement, on ne peut rien faire. C'est la vérité, des fois. On ne peut pas changer les choses. Mais par contre, on t'a entendu. Comment on peut améliorer un peu la chose ? On fait. Si on peut améliorer, on fait.
- Speaker #1
C'est bien parce que ça me rappelle des souvenirs ou des témoignages que je connais. quand t'es enfant de pasteur, t'es amené partout. Quand t'es petit, t'as pas le choix. Enfin, je veux dire, tes parents, s'ils ont pas un cercle de personnes proches, familiales, qui peuvent garder les enfants ou quoi que ce soit, t'as pas le choix, tu suis, tu vois. Mais c'est vrai que quand tu deviens un peu plus grand, un peu plus autonome, parfois c'est lourd. Et je sais que certains enfants de pasteur ou de personnes dans le ministère ont été dégoûtés de la foi, du fait d'avoir été traînés partout parce que... En fait, ils l'ont mal vécu et ils n'ont pas été entendus sur le fait que là, j'en ai marre et j'ai besoin de prendre une pause sur ça. Et donc, je pense que parfois, il faut trouver une autre solution pour que, si il n'en peut plus, etc. Et que c'est trop lourd pour l'enfant, il faut trouver une solution pour qu'il prenne un temps de recul par rapport à ça. Voilà, même si c'est peut-être compliqué à faire, ça j'en doute pas. Mais après, je sais que d'autres témoignages, c'était ce truc-là, cette réunion-là, ou cet événement-là, ou ce projet qu'on fait en famille, etc. Au bout d'un moment, c'est trop lourd pour moi. Au bout d'un moment, je sature. Donc, par exemple, on est en déplacement, on ne peut pas revenir du déplacement juste parce que tu satures. Ok, comment on peut faire quand on est dans ce déplacement-là pour que... la suite du déplacement continue de bien se passer.
- Speaker #0
Oui, pour tout le monde. Et c'est vrai ce que tu dis, Flora, et là, quand tu le dis, moi, j'ai quelque chose qui me vient en tête par rapport aux enfants de pasteur qui ont vécu un peu ce traumatisme-là.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Ça reste un traumatisme encore aujourd'hui, sur certaines choses. Moi, en tant qu'extérieur à ça, je le vois sur certains enfants de pasteur, et tu vois que même adulte dit, « Non, mais ça, en fait, non, moi, je l'ai vécu toute ma vie. » C'est bon, quand on l'entend, je l'ai subi, c'est bon, je ne veux plus.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et à nous, en tant que couple, quand c'est dans le couple, justement, comme ce que je te disais par rapport au maquillage, par exemple, de venir sur ce point-là en disant, ok, d'accord, mais là, on est dans un autre contexte maintenant, aujourd'hui. Si on avait à revivre ce genre de réunion-là, est-ce que ça serait toujours un traumatisme ? Oui, bien sûr. Ou est-ce que tu es capable de passer dessus là, maintenant, parce que tu vas guérir de quelque chose ? et puis on y va. Mais dans un autre contexte, parce qu'on a choisi d'y aller. Oui, c'est ça, exactement. Mais c'est vrai, c'est des points de traumatisme que moi je vois aujourd'hui, et je me dis, on veut être vigilant par rapport à nos enfants, par rapport à ça. Que ce ne soit pas des points de traumatisme. Oui, bien sûr. Qu'on ne fasse pas des points de traumatisme. Ça, c'est vraiment important. Ce que je voulais dire tout à l'heure, c'est que la prière que l'on fait aussi, avant d'aller sur des choix particuliers, qui auront un impact sur nos enfants, ou quand on doit changer de saison, parce que nous, ça nous arrive régulièrement.
- Speaker #1
Après, ça, c'est les familles dans le ministère ou pastorales, il y en a qui ont connu beaucoup de changements d'église, etc. Nous,
- Speaker #0
ce n'est pas forcément les changements d'église, mais c'est le changement de saison, parce que le Seigneur nous amène des fois à rentrer dans une saison où il nous veut en action dans différents domaines. Et quand c'est le temps du changement de saison, c'est vraiment notre... prière, de dire que nos choix, qu'en fait, les enfants ne les subissent pas, mais que vraiment, ils rentrent pleinement dans cette nouvelle saison avec nous. À partir du moment où s'ils le subissent, c'est que finalement, ce n'est pas bon. Ce n'est pas ce que le Seigneur a prévu pour notre foyer, notre famille. Donc là, c'est vraiment un point de vigilance aussi. C'est-à-dire qu'on ne va pas être baissé dans une décision, et ça fait partie des... critères qu'on se donne, des feux rouges et des feux verts. Le feu vert, c'est aussi que les enfants soient OK. Ça ne veut pas dire que ça ne sera pas difficile derrière, parce que des fois, on a pris la décision, les enfants étaient OK, et derrière, ça a été difficile pour eux. Mais c'était aussi des temps où eux aussi, ils doivent grandir, donc savoir les accompagner sur ça. C'est toujours l'accompagnement, finalement, qui est important.
- Speaker #1
Ayant connu justement le ministère, autant les côtés positifs et négatifs, comment est-ce que toi tu gardes ton cœur avec le recul ?
- Speaker #0
Alors garder son cœur c'est vraiment rester aligné au Seigneur, quoi qu'il arrive.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu veux dire par ça ?
- Speaker #0
Alors c'est prendre le temps de lire sa Bible, prendre le temps d'écoute avec le Seigneur et vraiment dans la saison où tu te trouves. Je vis quelque chose de difficile, mais tu me donnes ta paix, tu me donnes ta joie dans cette situation. Et c'est surnaturel. C'est ça, garder son cœur, finalement. De ne pas avoir de l'amertume qui arrive, de ne pas se laisser... Mais comment tu fais, justement ? Je dépose. Je dépose au Seigneur à chaque fois que j'ai quelque chose qui vient. Alors, comme je dis toujours, par contre, je ne mets jamais un mouchoir dessus. C'est-à-dire que... garder son cœur, c'est de se dire à un moment donné, je suis confrontée à une situation difficile, je vais avoir de la tristesse qui va arriver, je vais avoir de la déception, peut-être même un sentiment de trahison, ou autre, d'offenses qui seront fortes et qui seront là, je les accueille. Je ne mets pas un mouchoir dessus, je me dis bon alors là, stop, Bérangère, ok, laisse passer ta journée. Je vais dans la forêt, je prends un temps, mais je ne laisse surtout pas s'installer ça. Mais à la fois, je ne mets pas un mouchoir dessus en disant, si, si, ça ira, ça ira, je suis chrétienne, ça va bien se passer. Amen,
- Speaker #1
Alléluia.
- Speaker #0
Non, non, ce n'est vraiment pas ça. Ce n'est pas dire oui à tout et ce n'est pas être d'accord avec tout. Ce n'est pas ça du tout. Mais c'est à un moment donné se dire, allez dire au Seigneur l'offense que j'ai eue. pleurer, jusqu'à en pleurer et dire là j'ai été offensée par ça, j'ai été déçue par ça, mon coeur et je sens mon coeur brisé face à cette situation, mais de les remettre au Seigneur, vraiment. Et puis des fois ça prend plusieurs jours,
- Speaker #1
plusieurs semaines, moi je dis ça pour moi.
- Speaker #0
Non mais vraiment, c'est ça, garder son coeur pour moi c'est ça, c'est de revenir toujours au Seigneur, d'en parler, moi je vais en parler énormément avec mon mari aussi. mais ma première réaction c'est d'aller voir le Seigneur d'abord et vraiment ces deux là me permettent de garder mon cœur comment tu fais pour ne pas voir les autres comme parfois une menace quand
- Speaker #1
tu as été blessée souvent quand tu grandis ne serait-ce qu'en tant qu'enfant de pasteur ou même quand tu es dans les ministères parfois Il y a certaines personnes, parce qu'elles ont eu certains propos, certaines manières de faire ou quoi que ce soit, tu peux être amenée à prendre des distances, à toujours être, comme tu disais, vraie, mais en te méfiant de fou quand même. Parce qu'on ne cherche pas à nous protéger, se faire blesser, etc. En se protégeant, etc. Mais comment tu fais pour ne pas garder cette offense ? Je ne sais plus quel mot j'ai utilisé au début. Pas grave. Mais tu as compris ma question.
- Speaker #0
J'ai compris ta question. Déjà, on est doté de sagesse. Et donc, on ne va pas se mettre proche des personnes qui nous offensent ou qui nous font du mal ou qui font du mal à nos enfants. Parce que ça nous a aussi... Parfois, c'était le cas aussi. Des fois, nos enfants étaient une cible. Pas cool du tout. Et là, on est en protection directe sur nos enfants. Ah bon,
- Speaker #1
maman, Bérangère, Lyon...
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, là vraiment, comme le dit Nani, la garou, la Lyon ou la protection,
- Speaker #1
c'est vraiment ça.
- Speaker #0
Et ça c'est sûr, et en tant que parent c'est normal, et c'est notre rôle aussi d'être en protection. Et après, on est obligé de côtoyer certaines de ces personnes, mais c'est toujours en restant jovial et cordial. Mais voilà, en mettant la limite, tout simplement. On ne va pas être super admis avec ces personnes-là parce que ce n'est pas possible, tout simplement. Par contre, et là c'est surnaturel aussi, quand le Seigneur nous permet de voir la personne telle qu'elle est et de faire une différence entre la personne et ce qu'elle fait. Et je pense que garder son cœur, c'est ça aussi. C'est-à-dire de dire, en fait, je vois la personne. qu'elle est et je vois ses qualités en vrai et je vois aussi ses défauts mais je vois ses qualités et je l'aime pour ce qu'elle est mais ça ne m'empêchera pas de garder des distances parce que je sais que dans sa manière d'agir, elle va pouvoir être blessante parfois, elle va pouvoir être comme ça mais je ne me laisse pas elle fait de l'intérieur ça ne va pas m'atteindre, je dis ça fait comme les plumes d'un canard, ça va glisser Et c'est vraiment ça.
- Speaker #1
Souriant tous des canards. Voilà, avec des barres. Tu vois,
- Speaker #0
ça va glisser, c'est-à-dire que ça va arriver, l'action ou la chose va arriver, mais je ne me laisse pas atteindre, ce n'est pas moi, ce n'est pas mon identité. Et puis, je ne me laisse pas atteindre par ça. Et le Seigneur, tu t'en occupes et là, tu repousses ça. Et si ça m'atteint, parce que je suis fait d'émotions et le Seigneur l'a voulu comme ça, là, je le remets au Seigneur. pour que je ne reste pas là-dedans et que ça rumine dans ma tête et que là, mon cœur soit atteint. Et c'est vraiment ça.
- Speaker #1
Ma petite dernière question. Est-ce que tu as des choses à partager, soit aux familles dans le ministère, soit aux enfants de pasteurs, avant de conclure ?
- Speaker #0
Alors, aux familles en général, je dirais que déjà, on a tous été faits pour nos enfants. C'est-à-dire qu'on a toutes les capacités. pour éduquer nos enfants de la bonne manière. Si ces enfants-là nous ont été confiés, c'est qu'on est capable de le faire. Donc chaque étape qu'ils passeront, vraiment avec l'aide du Seigneur et du Saint-Esprit, on est capable de les passer. Et aussi que ces étapes où on devient parent, sont quelque part aussi un flashback pour nous permettre de guérir des offenses qu'on a eues dans notre enfance. C'est-à-dire que si tu as été dans le ministère, enfant de pasteur, et offensé, en fait, tu as le rachat possible au travers de tes enfants. C'est-à-dire que si l'étape de ton enfant te fait penser à une blessure du passé, tu peux. Avoir ce rachat et faire différemment avec ton propre enfant et en plus avoir le pardon s'il y a besoin de pardon à ce moment-là. Et en plus te laisser guérir par le Saint-Esprit à ce moment-là. Et je trouve que l'évolution de nos enfants nous font grandir aussi en tant que parents et nous permettent de construire au fur et à mesure et de racheter les choses auxquelles les blessures qu'on a eues. Et ça je trouve que c'est un vrai cadeau que nous fait le Seigneur. en nous donnant ce privilège d'être parents.
- Speaker #1
Me dit-elle en souriant. Merci beaucoup Bérangère. J'espère que ça vous a été agréable, utile, que vous avez pu avoir des clés, des petits conseils et puis même juste être édifiée par ce qui a été partagé. Prenez bien soin de vous. On est aimés et on a de la valeur. Donc vraiment, soyez-en assurés. Et vous avez toutes vos places là où vous êtes. En tout cas, c'est sur ces derniers mots que je conclue le podcast. Prenez bien soin de vous.