Speaker #0Bienvenue sur Entendons, le podcast qui t'aide à t'épanouir en tant que kiné. Je m'appelle Augustin Castel, je suis kiné du sport et hôte de ce podcast qui est produit avec cœur par Full Physio. Alors chaque mois, vous êtes plus de 10 000 à nous écouter ou à même visionner nos épisodes dans lesquels nous recevons des professionnels passionnés qui viennent partager leurs astuces et leurs meilleurs conseils pour booster votre pratique clinique. D'ailleurs, un petit mot à propos de Full Physio qui est l'app incontournable utilisée par plus de 20 000 professionnels de la santé. Full Physio ? c'est ton allié pour rester à la pointe en chimie ainsi que proposer des traitements optimaux à tes patients et patientes. 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Et donc en parlant de croyances et de lombalgie, eh bien, c'est hyper intéressant d'en parler parce qu'il est crucial d'arrêter de massacrer les mots de nos patients avec nos mots. Bon, à vous, elle a été bien trouvée celle-là. Mais... Trêve de bavardage, je parle ici, et tu l'auras probablement compris, des croyances délétères, et plus particulièrement des croyances chez les patients lombalgiques. Et pour cause, ces croyances sont nombreuses. Comme par exemple, le dos est fragile, il est facile à blesser, il faut éviter certains mouvements, la lombalgie c'est un problème grave, courir c'est mauvais pour le dos, etc. Autant de mauvaises croyances qui peuvent emmener nos patients dans des cercles vicieux, entretenant, voire aggravant la douleur. Et donc c'est exactement ce genre de croyances qui peuvent faire... parfois, ou en tout cas contribuer à faire basculer nos patients d'une douleur aiguë d'un limbago classique à, petit à petit, une douleur qui dure et donc aboutir à une douleur persistante ou anciennement dite chronique. Du coup, au lieu d'entretenir ces fausses croyances, qu'est-ce qu'on ferait à la place ? Eh bien, retiens la règle des 4 E. Premier E pour explorer, c'est-à-dire explorer les croyances et les mouvements. Comment le patient bouge-t-il ? Comment est-ce qu'il pense qu'il peut bouger ? Et surtout, ne pas juger mais comprendre le patient. Le deuxième E, c'est pour exposer, c'est-à-dire exposer graduellement au mouvement, créer des expériences positives pour baisser la kinésiophobie, donc la peur du mouvement. Idéalement, tu créeras une divergence entre ce que le patient pense qui va arriver et ce qui arrive vraiment, afin de lui montrer que son dos est plus robuste qu'il ne le pense. Troisième E, pour éduquer, mais aussi rassurer le patient en lui transmettant des messages positifs à propos de son dos. Et le quatrième E, pour encourager, mais aussi, et pas seulement... promouvoir son auto-efficacité via le travail actif et toujours avoir en fait comme objectif d'autonomiser le patient au fil de la prise en charge. Maintenant, si on s'intéresse un petit peu plus aux 4 E de façon séparée pour y apporter un petit peu plus de nuances et des informations complémentaires pour que ce soit peut-être un peu plus clair pour toi, je t'ai dit dans le premier E, explorer, on s'intéressait à comment le patient bougeait. Et ça, c'est très facile. C'est-à-dire que dès l'anamnèse, tu vas avoir des éléments que pourra te dire ton patient sur cette façon de bouger. on va peut-être te dire... « Ah oui, mais moi, je fais toujours attention à mon dos, surtout quand je porte quelque chose de lourd. Je mets mon dos comme ci, comme ça. » Il va déjà généralement donner des petits indices. Et puis, le plus important, ce sera de le faire bouger devant toi. Et donc, par exemple, lui mettre un objet au sol. Ça peut être une kettlebell ou un poids de 1 ou 2 ou 3 ou 4 kilos. Et lui dire « Allez-y, ramassez-le. » Et donc, le but, ce sera d'observer de façon spontanée comment le patient bouge son dos. C'est hyper important ce terme « spontané » parce qu'il ne faut pas que le patient se sente, en tout cas, trop observé et il faut qu'il bouge vraiment comme il bouge dans sa vie quotidienne pour après qu'on puisse tirer des conclusions à propos de ça. Est-ce qu'il fait attention à son dos ou pas ? Est-ce qu'il veille à garder son dos hyper droit ou pas ? Si oui, pourquoi ? Sinon, pourquoi ? Et donc, à partir de là, on pourra construire quelque chose. Et surtout aussi, lui faire comprendre que son dos ne doit pas toujours rester droit quand il porte quelque chose au risque de se faire une hernie ou je ne sais quoi. C'est vraiment hyper important pour lui et pour la suite de la prise en charge que ce patient ou que cette patiente réalise que le mouvement, ou plutôt le dos a une liberté de mouvement, c'est plutôt ça que je voulais dire, le dos a une liberté de mouvement et qu'il faut la permettre cette liberté de mouvement parce qu'on ne peut pas passer notre vie à toujours rester hyper gainé au niveau du dos, même pour aller chercher des petites charges parce que c'est contre-productif. Et quand je dis que c'est contre-productif, c'est simplement qu'il y a un moment où le patient ou la patiente va sortir de cette zone de contrôle, parce qu'en fait, il ou elle sera en train de parler à quelqu'un en même temps, de soulever une charge, etc. Et au moment de sortir de cette position, il y a un risque que son dos ne soit pas habitué à cette nouvelle position, à cette position un petit peu plus spontanée, avec le dos plus arrondi, etc. Et donc, qu'il y ait son système musculosquelettique qui réagisse un petit peu, c'est ce qu'on appelle un limbago, ou en tout cas qui sente une petite pointe dans le dos, qui n'est pas grave, mais qui peut survenir quand, par exemple, le dos sort un petit peu de ses schémas, on va dire, usuels. Et donc, c'est une façon pour le corps de dire, là, on est sorti de notre zone de confort, sans pour autant que ce soit grave derrière, mais par contre, le patient, lui, va l'intégrer comme quelque chose de grave généralement. Maintenant, si on revient au deuxième E, c'est-à-dire exposer graduellement au mouvement. Et quand je disais de créer des expériences positives, c'est hyper important et intéressant de se pencher là-dessus, c'est-à-dire que le traitement d'une lombalgie, ça doit passer par de l'actif, donc par des exercices, par du renforcement, n'importe quelle forme d'exercice, celle qui conviendra au patient, ce sera déjà un très bon départ. Donc ça peut être du renforcement, ça peut être du contrôle moteur, ça peut être plein de choses, mais il faut que ce son dos bouge et il faut que le patient l'expérimente en séance. Et quand je parlais de créer une divergence, c'est typiquement, imagine ton patient et te dit « Ouais non, moi, me pencher en avant avec le doigt arrondi, bon, il ne te le dira pas comme ça, mais il te le fera comprendre. Non, moi, on m'a dit que c'était très mauvais. En plus, si je fais ça, je vais vraiment avoir mal au dos, je suis certain, etc. » Eh bien, créer une divergence, ça reviendra au fait d'essayer d'amener le patient à réaliser cette position-là sans qu'il s'en rende compte, sans qu'il la conscientise. Et une fois qu'il est dans cette position-là, lui faire rendre compte qu'il est dans cette position-là. Et donc, on appelle ça un peu une divergence cognitive. Donc, en fait, il est tellement persuadé que, par exemple, il ne peut pas se baisser pour aller chercher un objet, que si nous, au travers d'exercices, on lui parle un petit peu, on le fait rigoler, on l'amène indirectement dans cette position de flexion lombaire et qu'on lui fait se rendre compte de ça, ça fait un gros choc au niveau cognitif. Donc le patient va se dire, ah ouais, en fait j'y suis, j'y ai pas pensé et tout va bien. Et en fait, souvent ça peut provoquer déjà un déclic. Donc ça peut être aussi trouver des alternatives. Si par exemple le patient, il a mal, par exemple en se penchant vers l'avant quand il est debout, c'est lui faire se pencher en avant en étant assis et voir un petit peu comment est sa sensibilité, comment est son irritabilité. Si par exemple le patient a moins mal quand il se penche vers l'avant en étant assis, ça peut être un bon levier pour dire au patient « Regardez, votre dos techniquement est dans la même configuration que quand vous êtes debout. » C'est juste qu'il y a une différence de charge. Peut-être que la problématique ne se situe pas au niveau d'une structure de votre dos. Tout va bien a priori. C'est juste une question de charge. quand vous êtes debout, pour le moment, il est un petit peu intolérant. Et donc, on va reprendre par des flexions en assis, petit à petit, pour réhabituer votre dos à se fléchir. Puis, vous verrez que vous n'aurez plus de douleur. Et donc, ça, c'est très réducteur, ce que je suis en train de dire, mais ça permet aussi de donner un exemple concret de divergence qu'on peut créer avec le patient. Et donc, c'est soit amener à faire le mouvement sans que le patient s'en rende compte et puis lui faire se rendre compte et qu'il y ait vraiment ce flash en mode, ah ouais, c'est vrai. Ou bien, Si le mouvement reste quand même douloureux, c'est l'amener à faire ce mouvement-là, mais dans d'autres positions corporelles. Mais ça peut être en assis, si c'est une flexion lombaire, en coucher dorsale, ou il vient ramener par exemple ses jambes vers lui. Ça crée aussi une flexion lombaire. Et lui faire rendre compte qu'en fait, anatomiquement, sa colonne, elle fait le même mouvement que debout. C'est juste qu'il y a une question de charge qui est différente. Mais techniquement, tout va bien. Ensuite, le troisième E, éduquer. Eh bien bon, là, tout est un petit peu dit, mais effectivement, c'est important de rassurer le patient. d'essayer vraiment de lui transmettre des messages positifs à propos de son dos et donc de le rassurer en lui disant, oui, ce n'est pas grave si vous sentez une douleur. Ça ne veut pas dire d'office que vous avez une hernie discale. Ça ne veut pas dire d'office que vous allez avoir une douleur toute votre vie. Ça ne veut pas dire d'office que vous êtes comme le tonton Jacques qui a dû se faire opérer du dos parce que lui aussi, il avait mal au dos et qu'il vous dit que c'est la même douleur que ce que vous ressentez. Bref, il faut essayer un petit peu de lui faire comprendre que chaque individu est différent et que pour sa situation actuelle, il n'y a pas de raison. actuellement de penser qu'il faut une opération ou que son dos est vraiment en compote. Même si on a vu des choses à l'imagerie, même si on a vu une hernie discale, etc., il faut vraiment rassurer nos patients parce que sans signe de gravité, il n'y a aucune indication de penser que cette imagerie est vraiment corrélée aux symptômes et bien expliquer aux patients que forcément, oui, on a peut-être vu une hernie discale sur l'étage L5-S1 ou L4-L5, mais au final, cette hernie discale, elle était peut-être déjà là avant l'imagerie alors qu'à ce moment-là... le patient n'avait peut-être pas de douleur et qu'elle sera peut-être là après, une fois que le patient n'aura plus de douleur, après la prise en charge. Et donc, les rassurer comme ça, ou bien même leur dire qu'au plus une hernie discale est grosse, au plus généralement dans la littérature scientifique, cette hernie discale tend à se résorber spontanément. Et donc vraiment essayer de dissocier cette image de j'ai mal, donc mon dos est abîmé, ou mon dos est abîmé, donc j'ai mal, et donc je vais toujours avoir mal. Et donc le quatrième E, là on encourageait l'auto. efficacité. Et là, le travail actif sera vraiment crucial. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut jamais faire de manuel et que le manuel ou la thérapie manuelle ne s'inscrit absolument pas dans la prise en charge d'une lombalgie. Pas du tout. Ça peut vraiment être utile. Mais par contre, il faudra toujours à un moment sortir le patient de la table. C'est hyper important. Et surtout, que le patient passe plus de temps hors de la table que sur la table. Ce n'est pas normal dans une prise en charge de lombalgie que le ou la patiente passe plus de temps, si on prend le temps total de prise en charge sur la table, que hors de la table. C'est généralement pas ça qui va l'aider sur le long terme. Alors évidemment, s'il y a une lombalgie aiguë et que vraiment le patient arrive très peu à bouger, eh bien oui, alors là, une séance sur la table pour vraiment essayer de le détendre, essayer de le rassurer, etc., ça peut vraiment être hyper intéressant. Et parfois, l'actif ne sert à rien dans ces cas-là parce que le patient est juste trop algique. Et parfois même, la thérapie manuelle ne sert à rien dans ce cas-là parce que le patient est trop algique. Il faut aussi accepter parfois que l'irritabilité est telle que quoi qu'on fasse, en fait, il faut juste attendre 2-3 jours pour que l'épisode... on va dire aiguë, le limbago aiguë passe et se calme un petit peu et qu'on puisse de nouveau retravailler avec le patient ça c'est aussi hyper important, bon je divague un petit peu mais des patients voudront souvent être vus en aiguë, voire très aiguë donc c'est à dire ils viennent de se faire leur limbago et ils ont besoin d'être vus parce qu'ils ont super mal, alors c'est très bien d'essayer de les voir d'essayer de les rassurer, d'essayer vraiment de les soulager mais il faut bien garder en tête nous en tant que thérapeute que Ce n'est pas toujours possible et ce n'est pas parce qu'on est mauvais ou qu'on fait mal les choses, mais parfois c'est comme ça, quand l'épisode de l'ombalgie vient de se déclarer et que c'est super algique, parfois il faut attendre 2-3 jours que l'inflammation passe et c'est ok en fait. Et donc ça, il faudra aussi le faire comprendre aux patients que oui, là vous avez un labago, il n'y a pas de signe de gravité, il n'y a pas de drapeau rouge, donc il faudra juste être patient pendant les 2-3 prochains jours, ça va être un petit peu, voire fort désagréable, vous n'allez peut-être pas super bien dormir. Mais par contre, après, ça va aller de mieux en mieux. Et là, on pourra beaucoup plus travailler. Et donc, à ce moment-là, on essaie de trouver des stratégies vraiment très court terme pour le soulager, quelle que soit la stratégie au final. Bon, on arrive déjà à la fin de cet épisode express. Si jamais le format t'a plu, n'hésite pas à nous le faire savoir en nous contactant sur nos différents réseaux sociaux. C'est toujours un réel plaisir de vous lire. Et évidemment, si tu as des suggestions, des envies, des remarques, n'hésite pas, on lit tous vos messages, c'est promis. Et si tu veux soutenir le podcast, tu connais la chanson. 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