- Speaker #0
On va aborder cette Coupe du Monde avec, je dirais, ambition et humilité. Donc c'est un parcours, je pense, assez remarquable au plus haut niveau qui fait que la France ne quitte pas le podium des trois meilleures nations depuis maintenant une bonne décennie. C'est aussi une des caractéristiques du football français et de l'équipe de France, c'est d'être en capacité de renouveler son effectif de manière régulière tout en maintenant un niveau de performance de très haut niveau.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans En Tribune, le podcast Tous Arbitres La Poste. Nous allons à la rencontre des gens qui font le sport. Et aujourd'hui, nous recevons Philippe Diallo, le président de la Fédération française de football. Philippe Diallo, bonjour.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Merci de nous recevoir dans ce magnifique lieu, Boulard de Grenelle, au siège de la Fédération française de football. C'est un petit entretien où on va parler de football pro, amateur, arbitrage et aussi un peu de vous. Est-ce que déjà, vous pouvez vous présenter en quelques mots ?
- Speaker #0
Je m'appelle Philippe Diallo, je suis président de la Fédération française de football. j'ai fait L'essentiel de mon parcours au sein du football et du sport français, ce qui m'a amené à m'occuper de plusieurs fonctions. Je suis occupé des clubs professionnels pendant longtemps. Je suis au conseil d'administration de la Ligue. Je préside la principale organisation patronale du sport, qui s'appelle le Cosmos. 12 000 adhérents, il y a un peu plus de 100 000 salariés couverts. Je suis aussi membre du comité exécutif de l'UFA. Je suis juge unique à la FIFA pour avoir négocié avec la Commission européenne le système des transferts. Donc voilà, j'occupe plusieurs fonctions. Mais évidemment, vous êtes ici pour la principale qui est présidente de la Fédération française de football.
- Speaker #1
Ça s'annonce comment pour vous, pour le Mondial ? On est plutôt bien parti, favori. Comment vous le voyez-vous ? En tant que président de la FED ?
- Speaker #0
On est dans une séquence que j'élargirais, qui est plus longue, qui a maintenant une bonne dizaine d'années, au cours de laquelle l'équipe de France, sous la baguette de Didier Deschamps, a réalisé des résultats de très haute performance. Champion du monde en 2018, finaliste de l'Euro en 2017, demi-finaliste encore en 2024, vainqueur de la Ligue des Nations, finaliste de la Coupe du Monde en 2022. Donc c'est un parcours, je pense, assez remarquable au plus haut niveau. Donc c'est une grande satisfaction. Donc on va aborder cette Coupe du Monde avec, je dirais, ambition et humilité. Ambition parce qu'on a un effectif de top joueur. On a un sélectionneur de grande expérience. Donc il est naturel d'avoir une ambition. Comme toujours, toutes les équipes de France qui se présentent dans un grand tournoi sont là pour atteindre au moins le dernier carré. Et puis humilité, parce que quand on fait du sport et qu'on a un peu d'expérience, On sait que... Il y a beaucoup d'aléas. C'est très difficile d'aller au bout d'un parcours. Et donc, il faut aussi faire preuve d'humilité par rapport à la plus grande épreuve sportive du monde.
- Speaker #1
Vous avez parlé des Bleus de 2018. Et donc là, on est en 2026. Qu'est-ce qui fait la singularité de cette nouvelle équipe de France ? D'abord,
- Speaker #0
elle a beaucoup changé. C'est aussi une des caractéristiques du football français et de l'équipe de France, c'est d'être en capacité de renouveler son effectif. de manière régulière, tout en maintenant un niveau de performance de très haut niveau. Donc aujourd'hui, dans l'équipe de France telle que vous la voyez, Michael Olizé, Manu Conné, Désiré Doué, Barcola, ce sont des gens qui ne jouaient pas il y a un an, un an et demi, qui jouaient dans l'équipe olympique de 2024 sous l'égide de Thierry Henry. Donc notre force, c'est la force à la fois de la formation française, d'être capable de produire, entre guillemets, des joueurs de top niveau de manière très régulière. Et puis, la qualité de management de Didier Deschamps, d'être capable de les faire rentrer dans l'équipe, quelque part sans que personne ne s'en aperçoive, parce que le niveau de performance reste très élevé.
- Speaker #1
Justement, vous évoquez Didier Deschamps. Vous, vous l'avez côtoyé à Nantes, quand vous étiez plus jeune et tout. Il avait déjà ces qualités de capitaine, de sélectionneur. Alors,
- Speaker #0
on s'est retrouvés dans le même club. Un peu dans le même centre de formation, mais de là à dire que j'ai côtoyé, j'exagérerais un peu les choses. Puisque moi, je suis parti du centre de formation alors que lui arrivait avec Marcel Desailly, avec toute cette génération de Nantais, qui ensuite ont été la grande génération qui a été championne du monde en 98. Mais je veux dire, il était dans un poste de défenseur, enfin pas de défenseur, de milieu défensif plutôt. Mais il était capitaine et être capitaine dans une équipe qui comportait déjà beaucoup de très grands joueurs, ça voulait dire déjà qu'il avait un caractère, qu'il avait un leadership. Et je pense que c'est ce caractère, ce leadership qui lui ont permis ensuite de basculer sur une carrière d'entraîneur et de sélectionneur et de faire des résultats remarquables. Puisqu'il a été aussi un formidable entraîneur de club avant de devenir l'entraîneur de l'équipe de France. Et comme moi, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, son palmarès, la durée de son mandat, c'est ce qui frappe. Ça fera 14 ans qu'il est à la tête de l'équipe de France à l'issue de la Coupe du Monde. font qu'il est aujourd'hui, à date, le plus grand sélectionneur de l'équipe de France de l'histoire.
- Speaker #1
Et vous, vous travaillez comment au quotidien avec lui ? C'est vos rapports en tant que président de FEDE, ça se matérialise comment ?
- Speaker #0
On a des rapports d'abord réguliers. Moi, mon rôle, c'est d'être à son écoute et d'essayer de le mettre et de mettre l'équipe de France dans les meilleures conditions de préparation pour les échéances qu'elle a à avoir. Donc, ça signifie que quand... Par exemple, j'ai l'idée d'amener l'équipe de France aux Etats-Unis, comme on l'a fait en mars. J'en discute avec Didier, les joueurs, pour savoir si c'est un moment dans la saison où on peut aller aux Etats-Unis. Et puis, on met en place un programme. Et lui, il le valide sportivement. C'est-à-dire que lui, il regarde si sportivement, ça passe, s'il est en capacité, ça rentre bien dans son programme de préparation. Et puis ensuite, moi, je m'occupe... entre guillemets, des aspects qui entourent l'équipe de France, des aspects économiques, parce qu'on est dans un sport où il y a évidemment une partie importante de business, si je puis dire. Donc ça, c'est mon rôle d'être celui qui, encore une fois, permet à l'équipe de France d'exprimer son talent.
- Speaker #1
Si j'en reviens sur votre parcours, justement, vous parlez de business, j'ai lu en préparant cet entretien, en 2016, vous avez déclaré à Jeune Afrique que vous étiez un des seuls à vous intéresser au foot. Quand on était à Sciences Po Paris, ou au sport en général, comment s'était perçu à l'époque dans ce milieu intellectuel un peu le football ? Ça a bien changé, mais...
- Speaker #0
Moi, quand j'étais à l'époque, quand j'ai fait mes études, j'étais effectivement à Sciences Po, et évidemment, personne ne pouvait imaginer qu'on pouvait avoir même un métier dans le sport. Tous mes camarades, ils voulaient être ministre, président de la République, et donc c'était quelque chose de très différent. et quand j'ai eu l'occasion de... Par le hasard de la vie, de rentrer dans le sport, ça paraissait un peu incongru. Ce n'était pas du tout le parcours naturel de quelqu'un qui avait fait une grande école et qui rentrait dans le sport, dans le foot, qui avait dans les élites un peu parisiennes pas forcément une très bonne réputation. Depuis, les choses ont bien changé.
- Speaker #1
Vous avez eu l'œil.
- Speaker #0
On dira que j'ai de la chance, parce que je suis arrivé à un moment, j'ai commencé à... dans les années 90, et je suis arrivé à un moment qui a connu le boom de l'évolution des droits télé, de la croissance du football. Donc je suis arrivé dans une activité, dans une industrie qui, nationalement et internationalement, a connu un taux de croissance extrêmement important. Donc c'était plutôt une chance de vivre cette transformation économique de tout ce secteur.
- Speaker #1
Après vous êtes allé à l'UCPF, vous faites presque une trentaine d'années à l'UCPF. Aujourd'hui... Ça vous aide dans votre parcours, le fait d'avoir été au contact de tous ces clubs professionnels en tant que président de FEDE ?
- Speaker #0
Ça veut dire qu'aujourd'hui, j'ai une bonne connaissance du football professionnel. J'ai une bonne connaissance de la réalité de la vie d'un club professionnel. J'en connais beaucoup d'acteurs nationaux ou internationaux. Et donc, évidemment, c'est un atout parce que quand vous êtes président de la Fédération française de football, vous n'êtes pas président du football amateur. Vous êtes président du... Le football français a une partie amateur et une partie professionnelle. Je pense que ça m'aide à comprendre des problématiques du football professionnel. Dans une période particulière où le football professionnel traverse une crise économique forte, de pouvoir comprendre les problématiques et d'essayer d'y apporter des réponses concrètes pour aider nos clubs. à sortir de l'ornière dans la Cahillisson.
- Speaker #1
On va refermer cette première partie avec un tout petit questionnaire. Je vous pose des questions très courtes et vous me répondez de manière rapide. Votre meilleur souvenir à la tête des Bleus depuis votre mandat ?
- Speaker #0
Le premier match, le France-Pays-Bas à domicile, puisque c'était mon premier match en tant que président et donc vous avez peur d'être le chat noir. Et très vite, l'équipe de France a mené 2-0 au bout d'un quart d'heure. Et là, ça va.
- Speaker #1
C'est bon. C'est plus dur de gagner un championnat d'Europe ou un mondial ?
- Speaker #0
Je pense qu'un championnat d'Europe, c'est plus difficile, parce qu'il y a moins d'équipes et c'est que du top niveau. Donc, il n'y a pas de match facile. Mais je dis ça en même temps et la Coupe du Monde, de plus en plus, les niveaux du football dans beaucoup de pays augmentent. Dernière Coupe du Monde, l'Arabie Saoudite a battu l'Argentine. Donc, ça montre que dans beaucoup de pays, on travaille bien. Et donc, ça devient aussi la Coupe du Monde une épreuve extrêmement exigeante. Nous, on va avoir un premier tour avec le Sénégal. Alors, je ne sais pas si on doit dire champion d'Afrique ou champion d'Afrique. La Norvège. un grand outsider et l'Irak donc c'est déjà un premier tour qui montre que le niveau de cette coupe du monde va être très très élevé dernière question un peu minute mode quel est votre maillot préféré de l'équipe de France ? le dernier J'adore notre maillot Away, qui était un maillot un peu disruptif, puisqu'il est dans la teinte de la Statue de la Liberté, avec ce coq doré, bronze plutôt même, et je le trouve magnifique.
- Speaker #1
Deuxième partie, le football féminin. On va parler un peu de football féminin. Les Bleus courent encore après un titre majeur, les Bleus filles, mais comment on sent quand même qu'il se passe quelque chose ? Comment vous accompagnez cette montée en puissance de cette équipe ?
- Speaker #0
Moi que je suis arrivé, j'ai fait du football féminin une des priorités de la fédération. Ça s'est traduit par des choses tout à fait concrètes. D'une part, on s'est occupé de l'élite. C'est pour ça que pour la première fois, on a créé une ligue de football féminine professionnelle qui est dirigée par Jean-Michel Olas, qui est peut-être celui qui a le plus d'expérience en football féminin en France, avec la première ligue Arkema, la seconde ligue, la Détroit. On a créé surtout toute une filière de formation avec pour la première fois des centres de formation. et puis des pôles espoir qui sont gérés par la fédération. Donc on a mis en place toute une filière qui est identique à celle des garçons. Sur l'équipe de France, moi j'ai souhaité que le traitement de l'équipe de France féminine soit l'identique de celle des garçons. C'est pour ça qu'aujourd'hui, en termes de conditions d'entraînement, de staff, de transport, d'hébergement, tout ça a été aligné sur les garçons. Et j'ai même été sur les questions de rémunération ou les principes. de rémunération de l'équipe de France féminine sont calquées sur ceux des garçons. Et j'ai même y ajouté une convention d'image qui est la même que celle des garçons. Donc on a essayé d'avoir un traitement égalitaire. Ça, c'est pour l'élite. Et puis ensuite, on s'est donné une ambition collective très importante parce qu'il faut s'intéresser au football de masse. Et donc déjà, le football, avec pas loin de 250 000 licenciés, c'est déjà le premier sport collectif féminin en France. Et donc, on s'est donné une ambition. Très forte, c'est-à-dire de doubler ce chiffre, d'arriver à 500 000. On a mis en place tout un plan d'idées 500 000, pour arriver à ces 500 000, un plan de développement qui va de l'école, les liens avec l'école, jusqu'à aider nos clubs de mettre des programmes spécifiques pour former des futurs dirigeants, des futurs arbitres, des futurs entraîneurs, pour faire en sorte que nous puissions atteindre ce objectif en disant aux femmes quels sont les bienvenus. dans notre activité dans le football.
- Speaker #1
Vous avez parlé d'arbitrage là, à l'instant, et les valeurs d'arbitrage entre La Poste et la FEDE. Ça fait de longues années que La Poste est partenaire des arbitres. Cet engagement pour vous, il représente quoi aujourd'hui, cet engagement du groupe La Poste ?
- Speaker #0
D'abord, je veux remercier, comme dirait un ancien président de La Poste, les postières et les postiers.
- Speaker #1
Absolument, Philippe Valle.
- Speaker #0
Qui ? Avec cette formule régulière, pour dire que moi je veux remercier l'engagement de La Poste parce qu'il est ancien. Il y a une grande fidélité dans l'engagement de La Poste auprès de l'arbitrage des différents sports collectifs. Pour nous, le football, je m'en félicite et c'est pour nous évidemment essentiel d'avoir des partenaires qui nous aident à bien former les arbitres. L'arbitrage français se porte plutôt bien. On est aujourd'hui à un peu plus de 26 000 arbitres. C'est un chiffre record. Là aussi, on s'est donné des objectifs. On souhaite avoir 28 000 arbitres en 2028 parce qu'on a besoin d'arbitres officiels, parce qu'on organise, nous, un million de matchs par an. Et donc, c'est énorme. Et donc, il faut évidemment des arbitres. Donc, on est dans un processus d'attractivité pour que des jeunes filles et des jeunes garçons se consacrent à l'arbitrage. On a une élite très forte. On a parlé de la Coupe du Monde. On est le seul pays avec l'Angleterre où la FIFA a décidé de désigner deux arbitres de la même nationalité pour participer. Clément Turpin et François Le Texier. Donc, ça montre qu'au niveau des instances internationales, l'arbitrage français est reconnu. Et d'ailleurs, quand on regarde les Ligues des champions, les euros, on s'aperçoit que les arbitres français sont mis à l'honneur. Dernier euro en Allemagne, match ouverture, un arbitre français. Finale, un arbitre français. Donc, moi, j'en suis très satisfait. Et puis après, il y a là aussi l'arbitrage du quotidien, du week-end, du dimanche matin. Et cet arbitrage-là, il faut d'une part... Le promouvoir, ça c'est l'aspect quantitatif d'avoir des arbitres. Et puis, il faut le former. Ça c'est toute la question de notre direction de l'arbitrage, d'accompagner nos arbitres dans leur formation, dans leur progression. Il faut les protéger.
- Speaker #1
Absolument. Votre grand plan de 2025 que vous venez de lancer, vous pouvez nous en dire deux mots justement ?
- Speaker #0
Moi, je fais régulièrement un peu le tour de la France. Je vais sur les territoires, dans les campagnes, dans les villes. Et quand je fais ça, souvent il y a un mot qui revient, c'est les incivilités. Voir les violences, souvent autour du terrain d'ailleurs, plus que sur le terrain, qui mettent en fragilité nos arbitres. Certains ont même été victimes d'agressions. Ça, ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas acceptable et il y a certainement une partie d'éducation, de formation, mais je pense que c'est insuffisant. Parce que si c'est des choses qui sont déjà faites et qui n'empêchent pas ces actes de violence ou d'agression. Donc moi, j'ai souhaité qu'on franchisse. Un pas en deux temps, et c'est pour ça que cette année on fait une expérience tout à fait inédite. Dans 38 districts, nous avons doté les arbitres pour les matchs dits sensibles d'une caméra portative qu'ils portent sur la poitrine et qui est une forme de dissuasion, de dire à ceux qui voudraient être fauteurs de troubles, attention, l'arbitre peut déclencher une caméra qui peut vous filmer. Donc essayez de vous contrôler, essayez d'être calme parce qu'aujourd'hui l'impunité ne sera pas de mise. Et donc, on fait cette grande expérience. On va faire le bilan à la fin de la saison. Mais déjà, les premiers échos que j'ai sont très bons. Et si ça marche bien, comme j'ai l'impression que ça se passe, on va le généraliser sur toute la France. Et donc, on aura cet aspect, entre guillemets, de caméra portative pour les arbitres, mais pas que. On s'est aussi doté d'autres instruments. L'expulsion temporaire, le fait d'avoir une pause apaisement, c'est-à-dire l'arbitre peut, dans les petites caguries, Mettre les deux équipes dans les deux surfaces de réparation le temps que la tension baisse. De faire attention aussi aux entraîneurs, aux coachs, qui parfois, y compris dans les catégories de jeunes, s'excitent un peu trop sur leur banc et participent à l'excitation autour du match. Les parents, on va faire signer aux parents une charte d'engagement parce que beaucoup des problèmes viennent du tour du terrain. Donc là aussi, on essaie de décliner. sur ces aspects d'incivilité et de violence. Un certain nombre d'outils qui concernent le terrain, qui concernent les caméras, les règles du jeu, qui concernent aussi les sanctions, d'augmenter les barèmes de sanctions. Moi, j'ai dit très clairement, quelqu'un qui agresse un arbitre qui aurait 8 jours d'ITT, interruption temporaire de travail, moi, je ne veux plus le voir dans le football. Et donc, il y aura des sanctions qui iront le plus loin possible pour faire en sorte que ces gens puissent être exclus de notre discipline. Donc voilà, c'est un arsenal, parce qu'il n'y a pas de réponse simple. C'est un arsenal sur lequel on essaye de pianoter pour avoir des résultats. Et les résultats, c'est d'avoir des matchs qui se déroulent dans un climat apaisé.
- Speaker #1
Beaucoup de pédagogie et un arsenal de sanctions.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Très bien.
- Speaker #0
Y compris qui peut concerner la justice, puisque la fédération se porte systématiquement maintenant en partie civile à chaque fois que quelqu'un est victime d'une agression verbale, physique, pour qu'il y ait les gens, les sentiments et une réalité. que les fauteurs de troubles ne s'en tireront pas comme ça.
- Speaker #1
Quelque chose de plus léger, on va vous soumettre un petit questionnaire coup de sifflet avec des questions. Est-ce que vous êtes pour ou contre le retour du but à Nord ? Contre. Supprimer le hors-jeu ?
- Speaker #0
Contre.
- Speaker #1
Avancer de 10 mètres en couffrant en cas de contestation d'un joueur de l'équipe fautive ?
- Speaker #0
J'aimerais bien le tester.
- Speaker #1
Mettre en place un bonus offensif pour les équipes qui marquent plus de 3 buts ? Rendre la balle au gardien de but lorsqu'ils arrêtent un pénalty, c'est Pierre-Louis Di Colina qui propose ça. Non,
- Speaker #0
non plus.
- Speaker #1
Et introduire des temps morts tactiques comme au basket ?
- Speaker #0
Non plus.
- Speaker #1
Parfait. Dernière partie de cet entretien, votre papa, Souleymane Diallo, était boxeur au JO de Rome. Il était trois fois champion de France. Pourquoi vous avez choisi le foot et pas la boxe ?
- Speaker #0
Parce que je ne devais pas avoir de talent particulier pour être boxeur. C'est un sport qui est quand même assez rude. Et donc, je suis ravi que mon papa l'ait fait. Mais je ne devais pas avoir les bonnes qualités pour le faire.
- Speaker #1
Votre premier souvenir de foot en tant que joueur ou spectateur ?
- Speaker #0
Mon premier souvenir de foot, c'est quand j'étais tout jeune. C'est à 13 ans, il y a 13 ans. J'étais dans la première équipe française qui a gagné le tournoi de Montaigu. C'est un tournoi de jeunes. Et quand vous avez 13 ans et qu'il y a 10 spectateurs et que vous gagnez un grand tournoi, c'est un souvenir d'enfance qui m'a marqué.
- Speaker #1
Très bien. Vous avez parlé tout à l'heure de Nantes et vous avez donc connu Jean-Claude Ciudot.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je connaissais beaucoup de choses. Ça se travaille, ça se travaille un petit peu. Juste, donc, c'est quand même le jeu à la Nantaise. Qu'est-ce que c'est pour vous le jeu à la Nantaise, vous qui avez joué à Nantes ?
- Speaker #0
Vous savez, moi, effectivement, vous avez dit que j'ai connu Jean-Claude Ciudot, qui fait partie de ces entraîneurs, peut-être avec Reynald de Noex, qui sont, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais ils sont des intellectuels du football. C'est-à-dire que c'est des gens, lorsqu'ils me parlaient du football, et qu'ils vous expliquent un match, et moi ça m'est arrivé, vous découvrez le match de manière totalement différente. Parce qu'ils ont une vision du jeu qui est à la fois originale, très experte, et vous les écoutez. Moi ça m'est arrivé, par exemple avec Jean-Claude Ciudot, de faire des après-matchs avec lui, d'aller dîner, d'écouter, et il me parlait des joueurs qui n'avaient pas de ballon. Et il m'expliquait que sur telle ou telle action, finalement celui qui avait été le plus important, c'est celui qui n'avait pas le ballon. Et donc... Sa philosophie du jeu, c'est un jeu en mouvement, c'est un jeu collectif où il y a beaucoup de déplacements, où les joueurs ne dribblent pas, mais c'est le ballon qui circule. C'est le ballon qui, sur une ou deux touches, circule entre les joueurs et réussit à faire les démarquages et de créer les brèches dans la défense adverse. Donc c'est un jeu très exigeant, ce que ça veut dire qu'il faut que techniquement vous soyez au point, physiquement aussi, parce que ça veut dire que ça nécessite beaucoup de déplacements. À la fin, quand c'est réussi, c'est pas mal.
- Speaker #1
C'est très beau. Justement, sur tout ça, sur les valeurs du foot, on parle souvent des valeurs du rugby, de l'ovalier, etc. Les valeurs du foot, pour vous, c'est quoi aujourd'hui ?
- Speaker #0
D'abord, je pense qu'au début, je le pense avant et je le pense toujours, le foot, c'est un jeu. C'est un truc où on se doit d'abord de se donner du plaisir. C'est pour ça que dans les catégories de jeunes, parfois, les gens se prennent peut-être un peu trop au sérieux ou les parents prennent trop au sérieux les choses. Nous, on a aujourd'hui 2,4 millions d'années. licenciés. Il y en a 26 qui vont partir à la Coupe du Monde. Donc vous voyez que c'est un parcours sélectif absolument incroyable. Et donc il faut d'abord prendre du plaisir. Et puis, le foot a cette dimension de sport collectif qui fait que d'un seul coup, vous êtes dans une équipe. Donc ça veut dire que vous apprenez une cohabitation avec des coéquipiers. Vous avez un arbitre. Ça veut dire aussi que vous apprenez à respecter une autorité, à respecter des règles. C'est tout un ensemble de valeurs, de sport collectif, le respect des règles. de travail, parce que le travail, même quand vous êtes doué, si vous n'en avez pas, vous n'arrivez pas. Et c'est tout cet ensemble qui vise, à côté du plaisir du jeu, à vous former en tant que femme ou homme. Et c'est pour ça que nous, une grande responsabilité que nous avons, ce n'est pas simplement de permettre la pratique du football, c'est à travers la pratique du football, permettre l'épanouissement personnel d'une jeune fille ou d'un jeune garçon. Et de faire en sorte que lorsqu'il vient dans un de nos clubs, en jouant au football, il en ressorte meilleur. Parce qu'il aura eu un entraîneur. qui va lui transmettre un certain nombre de valeurs, de respect, de fair play, de travail, de recherche de l'excellence, qui vont faire que toutes ces valeurs-là, dans sa vie à côté, c'est-à-dire en dehors du sport, ça lui permettra de mieux s'épanouir, de mieux s'insérer dans la société et finalement d'avoir une meilleure vie.
- Speaker #1
Un sujet un peu sérieux mais qui est important, on a vu en arrivant le portrait de Christophe Glaise. Vous avez décidé, donc les journalistes à Sofut, il a été condamné à 7 ans de prison en Algerie. Vous avez décidé de mettre son portrait ici, à Gouvard de Grenelle, sur le siège de la 3F. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez fait ça ? Ce qui vous guide ?
- Speaker #0
Moi, Christophe Glaize, je ne le connais pas. On m'a rencontré, c'est un journaliste qui a écrit sur la Fédération, mais que je ne connais pas personnellement. En revanche, moi, je suis attaché à la liberté de la presse. Je suis attaché aux valeurs de notre République. Et donc j'ai rencontré Sylvie et Francis, ses parents, son beau-père, et j'ai trouvé que ce journaliste sportif, spécialisé en foot, qui est aujourd'hui injustement détenu en prison, il était là aussi naturel que la Fédération française de football se mobilise pour être solidaire de ce journaliste et pour essayer de contribuer à le sortir de sa jôle. Vous savez, souvent on dit le football, moi en tout cas c'est la conception que j'en ai, une fédération... Un club, c'est fait pour assembler, c'est fait pour unir, c'est fait pour être solidaire. Et quand un des nôtres de cette grande communauté du football est dans la difficulté aujourd'hui que connaît Christophe Glaise, il me semble naturel que la fédération soit à ses côtés, à côté de ses parents, de sa compagne, de son frère, pour faire en sorte qu'ils reviennent au milieu des siens.
- Speaker #1
Dernière question. En rafale, on refait le match, le match qui vous a fait aimer le foot. Donc,
- Speaker #0
ça c'est une... Bonne question.
- Speaker #1
Je vous laisse y réfléchir. On y reviendra après.
- Speaker #0
J'en ai plein de matchs qui m'ont été faits. Ça s'est renouvelé régulièrement. Le dernier PSG-Bayern est un grand exemple de ce que peut produire le football.
- Speaker #1
Le match le plus difficile à vivre en tant que président de la Fédération française de football.
- Speaker #0
Le France-Brésil des Jeux olympiques avec l'équipe de France féminine. Une super équipe. J'espérais vraiment que cette équipe décrochait le délai. Et le soir de France-Brésil, on perd un zéro après avoir eu 85 minutes du temps le ballon. Et on s'est fait sortir. C'est une vraie déception.
- Speaker #1
Le match équipe de France à revoir, à voir, à revoir en boucle. Celui que vous avez préféré, je pense.
- Speaker #0
Je pense que c'est peut-être la finale, la dernière finale de Coupe du Monde en 22. On jouait une finale de Coupe du Monde pendant 70 minutes. Avec les gens avec qui j'étais au stade, on regardait nos chaussures. On ne reconnaissait pas l'équipe de France. On perdait 2-0. On se disait, quelle triste soirée. Et puis, il s'est passé quelque chose d'incroyable. C'est ce retour incroyable de l'équipe de France. C'est un match qui est devenu peut-être pour certains la plus grande finale de la Coupe du Monde de l'Histoire, où l'équipe de France est revenue, qu'il y a eu des scénarios incroyables. On est évidemment extrêmement tristes de ne pas avoir eu la troisième étoile. Mais quand je rencontre beaucoup de Français, ou de fans, ils se souviennent d'abord de l'émotion plutôt que du résultat final où on a perdu. Et je trouve que ce moment-là, c'était un moment un peu magique.
- Speaker #1
C'est vrai, presque crise cardiaque. La plus grande victoire du foot français pour vous, c'est quoi ? 84, 98, 2000, 2018, c'est laquelle ?
- Speaker #0
Je pense que malgré tout, 98 reste le moment clé du football français parce que la Coupe du Monde, c'est la plus grande épreuve. On était à domicile. Là aussi, j'ai eu la chance de la vivre ici, mais il y a eu le parcours incroyable du but en or, des séries de pénaltys contre l'Italie, des deux buts de Thuram en demi-finale, les soldes de sa carrière, cette finale contre le Brésil, et puis cet engouement populaire. C'est-à-dire que là, je trouve qu'on a touché au cœur de ce qu'est le football. D'un seul coup, des dizaines de millions de Français étaient mobilisés autour de ces matchs. On voyait le périphérique arrêté avec les gens qui étaient dessus. On se rappelle de ce bus passant des heures sur les Champs-Elysées avec peut-être un million de Français qui étaient là autour des joueurs sans sécurité. Parce que c'était un temps où il y avait une forme d'insouciance encore qui faisait qu'on pouvait mettre un quart de l'équipe de France sur les Champs-Elysées avec un million de personnes sans qu'il se passe grand-chose. Hors vie de la joie. Et donc ça, c'est vraiment, je pense, le moment le plus marquant.
- Speaker #1
La magie du foot, quoi.
- Speaker #0
Voilà, une magie incroyable et une unité du pays, une unité du pays positive. En France, on peut se rassembler, mais souvent, pour contester, pour engrenier. Et là, des événements positifs qui rassemblent les Français, sincèrement, à part le sport, il n'y a quand même pas beaucoup de domaines que ça arrive. Et on l'a vécu en 98, et d'une certaine manière, et pour ça je vais faire plaisir à mes collègues des autres sports, les Jeux Olympiques à Paris, les Paralympiques, ont été un moment formidable de rassemblement aussi, de joie collective. Donc ça, c'est important aussi pour le moral des gens.
- Speaker #1
et ce sera ma dernière question votre joueur préféré quand vous étiez enfant Johan Cruyff magnifique plus belle des réponses je vous remercie merci à vous merci de m'avoir accueilli c'est la fin de ce podcast merci à tous et à toutes de nous avoir suivis et on se retrouve très bientôt pour un nouveau numéro de En Tribune