- Speaker #0
J'ai un sport qui a un impact incroyable sur la société. J'ai coutume de dire au rugby, on ne transforme pas qu'les essais, on transforme les personnes. Ce sport sublime l'interdépendance entre les gens, c'est incroyablement puissant. Et à quel point ce sport aussi est une deuxième école de vie.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans En Tribune, le podcast Tous Arbitres La Poste. Nous allons à la rencontre des gens qui font le sport. Et je reçois aujourd'hui Florian Grill, le président de la Fédération Française de Rugby. Florian Grill, bonjour. Merci de nous recevoir ici à Marcoussis, dans ce temple... de l'excellence. D'abord, ce lieu, ça représente quoi pour vous ?
- Speaker #0
Ça représente tout. Moi, la première fois que j'ai été élu à la fédération, la première fois que je suis venu à Marcoussis, j'ai les yeux qui scintillent, j'ai les yeux qui clignotent. Quand on vient ici, on a envie de tout voir. Les chambres des joueurs, la salle de la cryothérapie. C'est un endroit qui fait rêver tout le rugby français. D'ailleurs, on organise maintenant presque 13 000 ou 15 000 visites de bénévoles par an pour venir voir le site parce que c'est fou.
- Speaker #1
Si tu peux te présenter en quelques mots un petit portrait chinois, mais un autoportrait chinois.
- Speaker #0
Je suis devenu rugby amateur, j'ai été joueur au PUC, ensuite j'ai été dirigeant, j'ai fait toutes les cases, dirigeant de l'école de rugby, des cadets, des juniors, des seniors, président de club à la CBB, et puis après je suis devenu président de la Ligue Île-de-France et ensuite président de la Fédération. Et puis dans le civil, je suis un papa, même un grand-papa maintenant depuis deux semaines, et puis je suis un entrepreneur, j'ai créé ma société il y a 31 ans, on est un peu moins de 300 à cheval sur Paris, Nyon et Lille. Mais on est là pour parler de rugby.
- Speaker #1
Oui, on est là pour parler de rugby. Et justement, en tant que président de la FED, est-ce que tu es un président heureux aujourd'hui au vu des résultats, au vu du rugby français ? Genre, peut-être pas sur le week-end dernier.
- Speaker #0
Bon, donc le reportage, il est fait juste après la défaite contre les Écossais qui ont fait un match brillant. Forcément, c'est un petit coup sur le carafon. Mais non, je pense qu'on est en train, si on prend un peu plus de hauteur, un peu plus de distance. Quand on est arrivé à la FED, on avait cinq grands objectifs. Le premier était de redresser les comptes de la FED. Franchement, c'est dans le tuyau. Le deuxième était de performer avec les équipes de France. J'espère qu'on aura le deuxième titre d'affilée pour le Tour des Six Nations en battant les Anglais ce week-end. Mais notre équipe féminine monte en puissance. Le rugby A7 est en train de bien se préparer. On a ce type de champion olympique en titre. A7 qui est très intéressant. Le troisième, c'est... d'avoir du poids, de l'influence à l'international, et de développer aussi la marque Les Bleus, masculin et féminin à l'international. Et franchement, on y travaille, et ça, c'est en train de beaucoup progresser. D'installer la fédération à mission, celle qui a un rôle éducatif et citoyen, et pas simplement le rôle sportif, et ça marche. Et d'augmenter le nombre de licenciés. On a la troisième année de croissance des licenciés, donc les indicateurs sont plutôt au vert, même si on a la déception de l'Écosse.
- Speaker #1
Donc un président, ouais.
- Speaker #0
Ouais, bon, de toute façon, la question, c'est pas de savoir si je suis heureux ou pas heureux. La question, c'est... Moi, j'ai un sport qui a un impact. incroyable sur la société. J'ai un sport qui a la capacité à donner le sourire aux gens. J'ai un sport qui a la capacité à faire rayonner le pays dans le monde. Et donc, moi, mon sujet, c'est pas savoir si je suis heureux ou pas. C'est l'impact que ce sport peut avoir sur les gens, et il est phénoménal. Et donc, pas ce qui compte, c'est que les gens aient le sourire.
- Speaker #1
Et comment on tombe dans le rugby quand on est parisien, francilien ? Alors,
- Speaker #0
mes origines, elles sont montpellieraines. Moi, je suis d'une famille qui a toujours aimé le rugby. Mon père en avait fait. J'avais essayé plein de sports. Moi, j'ai démarré à 11 ans. J'avais essayé plein de sports avant et j'ai une espèce de révélation quand je suis tombé sur le rugby. Je n'avais pas mis ces mots-là quand on a 11 ans, mais pas ces mots-là, mais j'ai tout de suite senti. Et je l'ai fait verbaliser après à quel point ce sport sublime l'interdépendance entre les gens, à quel point on n'est rien sans l'autre et à quel point du coup c'est incroyablement puissant. Et à quel point ce sport aussi est une deuxième école de vie. Donc je suis tombé amoureux du rugby au PUC. et puis après définitivement amoureux même quand j'ai raccroché les crampons et t'étais deuxième ligne,
- Speaker #1
c'est ça ?
- Speaker #0
deuxième ligne au numéro
- Speaker #1
8, mais j'aimais bien le côté travail de l'ombre du seconde ligne et justement quand on est travailleur de l'ombre comme ça quand on est deuxième ligne ça change la pratique de président, de chef d'entreprise est-ce que c'est un impact en fait sur ton...
- Speaker #0
Complètement. Je considère que j'ai fait deux écoles. J'ai fait HEC, qui est censé être mon école de formation principale. Mais j'ai toujours considéré que le rugby était sur un pied d'égalité, voire supérieur. Parce que dans ma manière de manager, ma boîte, de créer mon entreprise, moi ce qui m'intéresse c'est les aventures humaines collectives. On en fait quand on... quand on joue au rugby et qu'on entraîne une équipe. Et que moi, j'étais souvent capitaine des équipes dans lesquelles j'ai évolué. Donc on essaye de tirer le groupe vers le haut et c'est une belle aventure. Et dans l'entreprise, c'est pareil. Et à la fédération, j'essaie de faire pareil. Je pense que tout part. Pour moi, du sens qu'on donne à ce qu'on fait, et c'est derrière les messages que j'essaye de passer à nos équipes de France, à 15 comme à 7, masculines comme féminines, c'est qu'elles ont un impact. Les filles, je prends souvent cet exemple-là, mais les filles ont une capacité de transformation de la société incroyable. Elles changent l'image du sport féminin, elles changent l'image de la femme dans la société. De même que quand on fait jouer en mixité des gamines à l'école de rugby avec les garçons jusqu'à moins de 15 ans chez les filles et moins de 14 ans chez les garçons, en fait... un garçon de 13 ans ou de 12 ans qui se fait plaquer par une fille du même âge, ça change durablement l'image de l'égalité homme-femme. Et franchement, on est capable d'avoir un impact. Et donc l'enjeu, quand on est manager, quand on est capitaine, c'est de donner du sens à ce qu'on fait. Et j'essaie de le faire dans ma boîte, puis j'essaie de le faire à la fédération aussi, d'où le concept de fédération ambition.
- Speaker #1
Alors on a un petit questionnaire là, rapide. Il faut que tu répondes le plus vite possible à des questions que tu vas voir un peu décalées, on va dire. Alors tu préfères une victoire contre l'Angleterre à Twickenham Ou une victoire contre les Blacks ?
- Speaker #0
Gagner les Écossais à Murrayfield
- Speaker #1
Antoine Dupont est-il le meilleur joueur à avoir porté le maillot de l'équipe de France ?
- Speaker #0
Ça n'existe pas le concept de meilleur joueur Moi j'attends la meilleure équipe championne du monde Le French Flair pour toi c'est quoi ? C'est la spécificité du rugby C'est ce qui fait rêver, c'est ce qui donne le sourire aux gens Le rugby français
- Speaker #1
Louis-Biel Bialet peut rivaliser avec les Jamaïcains ?
- Speaker #0
Est-ce que les Jamaïcains peuvent rivaliser avec Louis-Biel Bialet au rugby ?
- Speaker #1
Avec un ballon ?
- Speaker #0
Avec un ballon, je crois pas.
- Speaker #1
Le stade toulousain domine le top 14 depuis un petit moment. Est-ce que c'est une bonne chose ou une mauvaise chose pour le championnat ?
- Speaker #0
C'est mérité. Il y a un énorme travail de formation qui est fait au stade toulousain. Et après, maintenant, la compétition est rude. Et tant mieux.
- Speaker #1
Le quart, désolé de revenir sur une défaite, perdu contre l'AF du Sud au stade de France. Est-il ton pire souvenir dans la vie ?
- Speaker #0
C'est pas mon pire souvenir parce que moi, je crois qu'on construit. sur les moments difficiles et qu'on doit apprendre de ces moments difficiles. On doit apprendre d'Oscar. On a beaucoup travaillé le jeu, le jeu en hauteur, etc. La réception sur les coups de pied. Et de la même manière, il faut qu'on apprenne de la défaite contre l'Ecosse. Voilà, les défaites, elles construisent.
- Speaker #1
Donc défaite, on en a perdu trois en finale de Coupe du Monde. On est quoi ? On est maudit, malchanceux ?
- Speaker #0
Non, je pense que... Être champion du monde masculin, parce qu'il y a aussi être champion du monde féminin, qui m'intéresse aussi, c'est peut-être la dernière grande quête du sport français. C'est la case qui reste à cocher. Et donc, du coup, ça donne une envie, une détermination d'autant plus forte. On a tout coché dans le sport français. Il faut qu'on soit un jour champion du monde masculin à 15, et champion du monde féminin à 15 aussi, pour d'autres raisons aussi, pour transformer la société. Mais il faut qu'on coche cette case.
- Speaker #1
D'accord. Donc, un Australien en 2027. Pour vous, Comte, la Coupe du Monde amène 4 équipes.
- Speaker #0
Non, pour, parce que je pense que c'est très important d'élargir le rugby. Ça va être compliqué les premières années, mais il faut donner des perspectives. Et puis maintenant, on a une Nations Cup avec deux divisions, la Tier 1 et la Tier 2, 12 équipes dans la première division, 12 équipes dans la deuxième division. Et à un moment, il faut que... Moi, le rugby, c'est un tel enjeu sociétal que j'ai envie qu'il existe partout dans le monde. Et donc, il faut qu'on donne des perspectives. On ne peut pas toucher le tournoi Destination parce qu'il est comme il est. Et il faut le garder comme ça. C'est mythologique. Il faut même y toucher avec des gants blancs. Mais par contre, on a des nouvelles compétitions, 24 à la Coupe du Monde, 24 dans la Nations Cup. Donc c'est important d'élargir un peu la base du rugby pour développer le rugby dans le monde et impacter la société.
- Speaker #1
On va passer sur le volet arbitrage, puisque évidemment, ce podcast, c'est le podcast de La Poste et de tous arbitres. Donc au rugby, l'arbitre, il gère 30 joueurs, joueuses. C'est quand même le seul sport...
- Speaker #0
Parfois 14, comme ça, 7.
- Speaker #1
Parfois 14. C'est un ratio qui est compliqué. Et ouais, c'est assez fou. Est-ce que ça explique cette culture du respect ? Comment, toi, tu as cette perception de l'arbitrage des arbitres aujourd'hui ?
- Speaker #0
Moi, quand je fais le tour des écoles de rugby, j'ai un petit rituel qui est toujours le même. Je demande toujours, citez-moi des joueurs de l'équipe de France, ça part dans tous les sens, Thomas Ramos, Antoine Dupont, Louis-Belbiaré, etc. Citez-moi des joueuses de l'équipe de France, il y en a de plus en plus, et après je leur dis c'est quoi les valeurs du rugby. Et systématiquement, je vois des gamins en face de moi qui lèvent la main pour répondre. C'est pas mal, hein ? les gamins qui lèvent la main pour répondre, ça prouve qu'ils sont polis, ça prouve qu'ils ont été éduqués, et je crois que le rugby contribue à ça. Et la première valeur, dans 99%, dans 80% des cas, d'un côté montpellier, qui sort, c'est le respect. Et moi, franchement, je suis toujours incroyablement ému de cette réaction-là. Le respect. Franchement, qui peut dire que le respect n'est pas essentiel à la société ? Et après, je détaille. Et je leur dis, mais le respect de qui ? Le respect de l'adversaire, le respect de l'arbitre. Et après, ils nous disent, et souvent ça sort, et ça aussi, je trouve ça très bien, le respect de soi-même. Parce qu'on se respecte aussi. Je pense qu'au rugby, le respect de l'arbitre, c'est un enjeu absolument majeur. Et on doit y veiller comme le lait sur le feu. On sait, nous, on a des outils de mesure. On sait que 98% des rencontres se passent bien. On fait 40 000 rencontres par an, mais il y a 2% de rencontres qui dérapent. Ça représente 800 rencontres par an. C'est 800 rencontres de trop, c'est 800 rencontres qui font le buzz sur les réseaux sociaux. On est intraitable. quand il s'agit d'un dérapage sur un arbitre. Parce qu'au rugby, c'est pas tolérable. Il faut respecter l'arbitre et c'est l'apprentissage numéro un.
- Speaker #1
On dit que les arbitres ne servent pas simplement à appliquer les règles. Ils ont aussi un impact sur la direction du jeu. T'en penses quoi ?
- Speaker #0
Bien sûr. On perd contre l'Ecosse ce week-end un match 50 à 40, 90 points. L'arbitre, il contribue, c'était un match. C'est dramatique pour nous, mais fantastique pour le rugby et l'image du rugby. Ce que j'ai dit aux Écossais qui ont fait un match exceptionnel. Mais je pense qu'ils ont pris les gens qui étaient sur place, etc. Ils ont vécu un match incroyable, 13 essais. Et l'arbitre, il est partie prenante de ce schéma-là. On dit conducteur de jeu. Moi, je trouve que la fonction d'arbitre, elle est d'ailleurs extrêmement valorisée dans les entreprises. Parce que quand les entreprises recrutent des gens qui ont été arbitres, c'est extrêmement valorisé. Être capable de rentrer sur un terrain... d'animer un match entre 30 ou 14 personnes si on est à 7, de savoir se faire écouter, de savoir se faire entendre, de savoir parler non seulement aux acteurs du jeu, mais aussi aux gens à l'extérieur, avec la gestuelle qui est celle de l'arbitre, qui doit être pédagogique et explicative, c'est juste impressionnant.
- Speaker #1
C'est vrai. On a 2700 arbitres ici chaque week-end à la FFR. On est monté à 3000 maintenant.
- Speaker #0
C'est un de nos enjeux en arrivant. On n'avait que 2700 arbitres. Il en faudrait idéalement 3600 pour couvrir toutes les rencontres. On en est à 3100 aujourd'hui. On peut espérer qu'il y ait des arbitres qui fassent plus de matchs aussi. Donc c'est vraiment un sujet de travail chez nous pour susciter plus de vocations. D'où le fait aussi qu'on ait mis le paquet sur nos arbitres de haut niveau parce qu'il faut des têtes de gondole.
- Speaker #1
Donc 3100 arbitres, comment on les accompagne ?
- Speaker #0
Déjà, il faut qu'il y ait un vrai travail de bonne évaluation. Donc déjà, il faut qu'il y ait une espèce de montée en puissance, de pyramide, de repérage des arbitres. C'est fait par les directeurs d'arbitrage des ligues. On puisse faire émerger les arbitres, qu'on puisse leur proposer de progresser dans le championnat, qu'on puisse leur proposer aussi de rester à un niveau régional si c'est ce qu'ils souhaitent. Parce que le côté fédéral, le côté national supposent des gros déplacements et supposent beaucoup de sacrifices de la part des arbitres. Donc il faut leur donner des perspectives. Il faut que ces perspectives soient très rationnelles. Pas de copinage, il faut que vraiment on fasse progresser les arbitres sur la base de résultats tangibles. Pour ça, il faut qu'on ait des systèmes d'évaluation les plus objectifs possibles. Je vais donner un exemple, on a mis en place une cellule arbitrage haut niveau, on a une vingtaine d'arbitres professionnalisés maintenant. Tous les week-ends, après tous les week-ends, on prend toutes les actions litigieuses des week-ends et les 20 arbitres évaluent... disent ce qu'eux auraient pris comme décision à la place de l'arbitre en question. Et comme ça, chaque arbitre sait, il est évalué par ses pairs,
- Speaker #1
s'il est suivi à 50,
- Speaker #0
60, 70 ou 90% dans la décision qu'il a pu prendre. Donc voilà, c'est ce genre de travail de montée en puissance progressive. Il faut qu'on développe l'arbitrage féminin. On va certainement y venir. Mais c'est ce genre d'évaluation très rationnelle, très objectivée, très mesurée, qui donne confiance à des arbitres et qui leur donne envie de rentrer dans le... processus et éventuellement d'avoir une carrière qui peut les conduire jusqu'à l'international, ce qui est quand même assez magique.
- Speaker #1
Justement, sur la féminisation, c'est un sujet qui te tient vraiment à cœur, je sais ça. Et là, on a vu Holly Davidson qui est la première femme arbitre. C'est formidable, première femme arbitre à avoir arbitré un match du tournoi des Six Nations. Ça, ça apporte quand même quelque chose de... Un impact à la fois médiatique. Oui, c'est majeur.
- Speaker #0
Nous, on a Aurélie Groiselot qui monte en puissance et qui fait des matchs internationaux, dont on est incroyablement satisfait. Mais c'est vrai qu'on a 15% de licenciés féminines à la FEDE, mais on n'a que 7% d'arbitres féminines aujourd'hui. Donc c'est un vrai chantier qui est confié à Valentin Miglo, à Cédric Marchat, Mathieu Reynal pour la partie haut niveau, Cédric Marchat, Nicolas Datas, nos équipes qui travaillent sur eux. l'arbitrage, sous la houlette de Jean-Marc Lhermé, qui est le vice-président en charge du haut niveau et de la direction nationale des officiels de match, à la fois les représentants fédéraux et les arbitres. Il faut qu'on augmente le nombre de féminines, c'est un enjeu aussi d'image de la femme dans le soir. Moi, je trouve formidable que Oli puisse arbitrer des matchs destination avec des hommes sur le terrain, mais ce n'est pas du tout incompatible. Elle a fait de très bons arbitrages d'ailleurs sur les rencontres qu'elle a pu faire.
- Speaker #1
Et concrètement, comment on donne envie aux joueuses de se tourner vers l'arbitrage ?
- Speaker #0
D'abord, il faut, de la même manière que les garçons, donc simplement, il faut déjà une base de féminine plus importante. C'est assez naturel qu'on ait d'abord des licenciés, puis éventuellement des arbitres, parce que parfois, l'arbitrage peut être une suite de carrière. Quand on arrête le rugby, on décide de faire de l'arbitrage. Ça peut arriver comme ça. Mais il faut qu'on fasse exactement comme les garçons, c'est-à-dire qu'on crée des formations, on repère des jeunes filles, on leur fait essayer l'arbitrage, ensuite on les accompagne, on les suit avec les directions d'arbitrage des ligues, avec toutes les séances de formation qui sont organisées régionalement. On les fait monter en puissance, on leur dit que les carrières dans l'arbitrage féminin peuvent être encore plus accélérées que les carrières des garçons, parce que forcément il y a moins de monde et donc le potentiel de monter vite en haut est encore plus important. pour celles qui vraiment décident de s'en donner les moyens.
- Speaker #1
Tu as parlé d'Aurélie Groselot tout à l'heure. Oui,
- Speaker #0
Aurélie travaille... Elle travaille pour nous, pour la fédération, et elle est en train de monter en puissance. Mais on a aussi Chloé qui arrive. On a beaucoup d'arbitres féminines qui sont dans les tuyaux et qu'on espère voir monter en puissance.
- Speaker #1
Très bien. On voit quand même la difficulté d'amener les jeunes à l'arbitrage. Tu l'as dit, mais c'est vrai qu'on est sur le bon chemin.
- Speaker #0
Oui, on est sur le bon chemin. Et moi, je veux leur faire comprendre, à tous ceux qui s'intéressent à l'arbitrage, que j'ai coutume de dire qu'au rugby, on ne transforme pas que les essais, on transforme les personnes. Et dans l'arbitrage, c'est incroyablement vrai aussi. parce que l'apprentissage, ce que ça nécessite de travailler sur soi-même, de management, de capacité à parler devant un groupe, à s'exprimer physiquement, verbalement devant un groupe et un public, à assumer ses choix, à assumer ses décisions, à être franc, à être rapide dans la décision, c'est quand même des qualités c'est le manager qui parle de management qui sont exceptionnelles et incroyablement valorisées par le monde de l'entreprise. Et donc, je... dis à tous les jeunes qui s'intéressent à l'arbitrage, allez-y, parce que le plus, la dimension, ce que ça peut vous apporter dans votre vie personnelle est juste considérable. Moi, je n'ai jamais été arbitre, et sincèrement, je le regrette. Et puis, ce qui me bluffe toujours avec les arbitres, il n'y a pas un arbitre, et ça dit un petit peu ce que ça représente et à quel point ça peut être difficile, il n'y a pas un arbitre qui ne se souvienne pas de son premier match. Tu discutes avec un arbitre... Il va systématiquement. Tu lui dis, mais c'est quoi ton premier match ? C'était un match de cadet, en territorial, à tel endroit, etc. Ils s'en souviennent absolument tous. Tellement la pression est là, la pression est forte. Et c'est pour ça qu'il faut beaucoup de respect pour les arbitres. Parce que je mets quiconque, tous ceux qui ont beaucoup de commentaires,
- Speaker #1
je mets quiconque au défi.
- Speaker #0
Voilà, notamment sur les réseaux sociaux. On ne vire pas un buteur parce qu'il a 80 ou 90% de réussite au pied. Un arbitre, il n'a pas 100% de réussite au pied. C'est Mathieu Reynal qui dit ça. Et il a raison avec Mathieu, avec Romain Poit. Ils disent ça, ils ont raison. Parce que la réalité, c'est qu'un arbitre, il est faillible comme un joueur. Et la grandeur du rugby, c'est de l'assumer, de l'accepter.
- Speaker #1
Sur la technologie, en fait, ça a vraiment beaucoup changé, en fait, l'arbitrage. Toi, tu vois ça comment ? C'est un bien, un mal. Il n'y a pas de bien, de mal, mais... Il n'y aura jamais...
- Speaker #0
Là, c'est peut-être un petit défaut sociétal de vouloir toujours être absolument certain, à tout vérifier. Je trouve qu'on peut ralentir un petit peu le jeu. Moi, j'ai plutôt tendance, je suis plutôt de l'école qui consiste à dire qu'il y a un arbitre de champ. Les arbitres de champ sont les meilleurs arbitres qu'on a à un instant T. Au niveau international, c'est eux qu'on met sur le terrain. Et moi, j'ai tendance à dire qu'il faut leur faire confiance. Notre ballon, il n'est pas rond, il est ovale. Et on doit assumer le côté incertain. du rebond du ballon comme on assume le côté parfois incertain de certaines décisions l'arbitre fait partie du jeu le ballon il peut rebondir dans un sens l'arbitre il peut faire une erreur comme un joueur fait un en avant et il faut assumer ça donc moi je suis pas pour l'excès c'est très bien le TMO, la vidéo, etc. Je pense que ça fait progresser. C'est très bien de faire parler les arbitres au public. Ça, c'est de la pédagogie active. Je pense que c'est formidable. Mais je ne suis pas pour aller au bout du bout du bout en mesurant tout, en ralentissant les rencontres parce qu'il faut tout vérifier. Je veux dire, c'est sans fin. Et l'incertitude fait partie du rugby.
- Speaker #1
Les règles du rugby, elles bougent, elles évoluent beaucoup. C'est un sport vivant. Comment, toi, en tant que président de la FED, tu cascades ces règles au niveau des clubs ?
- Speaker #0
Non mais... D'abord, les règles, elles ne sont pas les mêmes sur les niveaux, parce qu'il y a une question de sécurité et d'assurance des joueurs. Et nous, la priorité de la fédération, c'est la sécurité. Ensuite, les règles, elles évoluent. Elles ont évolué pour des choses très positives. Le 50-22, c'est une règle très positive pour favoriser un peu plus de jeux, écarter un peu les défenses et donc créer des intervalles, ce qui est un sujet au rugby. Les règles les plus importantes pour moi, celles qui doivent évoluer, c'est celles qui permettent de mieux sécuriser les joueurs. Par exemple, je suis battu à World Rugby avec mes équipes. pour l'abaissement de la ligne de plaquage. Le plaquage haut, moi, quand j'ai appris à jouer au rugby, on plaquait bas. Le plaquage haut, il est beaucoup venu avec le rugby à 7 ou avec le rugby à 13, où on plaque haut pour coffrer la balle. Mais en fait, si on plaque plus bas, nous, on a fait des mesures entre la fédérale 2, où on plaque bas, et la fédérale 1, où on plaque haut. Il y a 55% d'accidentologies, peut-être coût en moins, en fédérale 2. Donc, on se bat pour ça. Donc, on a obtenu de World Rugby un test sur la Coupe du Monde des moins de 20 ans, où on va plaquer sous le sternum. Voilà. Moi, je suis pour l'évolution des règles. dès lors qu'elle sécurise les pratiquants. Je ne suis pas pour l'évolution des règles qui perdraient l'ADN du rugby. À un moment, il y a eu un petit débat à World Rugby en disant « est-ce qu'il ne faut pas remplacer la mêlée par un confrant ? » Ma réponse est non. La mêlée, l'ADN du rugby, la charte de World Rugby, c'est que le rugby, c'est un sport inclusif où il y en a pour tous les gabarits. Des grands, des gros, j'en fais partie. Parce qu'il s'agit de ces phases de combat qui sont extrêmement importantes. Je suis pour des règles qui sécurisent les pratiquants. Je suis pour l'évolution des règles qui favorisent le jeu, mais je suis pour rester aux valeurs du rugby, à l'ADN du rugby, à la charte du rugby, qui est un sport où il y en a pour toutes les tailles, toutes les gabarits et toutes les diversités.
- Speaker #1
La Poste est ton partenaire, un partenaire historique.
- Speaker #0
De longue date.
- Speaker #1
Tu penses quoi de cet engagement ? Cet accompagnement ?
- Speaker #0
Je trouve que c'est marrant, ça me paraît tellement naturel. La Poste accompagne pas que notre fédération, toutes les fédérations de sport collectif sur l'arbitrage. C'est incroyablement bien vu de la part de La Poste parce que ça a un rôle investi dans toute la société.
- Speaker #1
On parlait d'engagement et de respect.
- Speaker #0
Et sur la notion d'engagement et de respect, je sais l'adhésion des postiers. à ce sujet-là. Et voilà, on sait l'arbitrage, la poste, pour moi c'est un mariage de cœur et de raison et sur des valeurs qui nous rassemblent. Et la première dentre, elle, étant le respect. Je pense que c'est quelque chose auquel les postiers sont incroyablement sensibles et réciproquement. Et puis moi, je suis un sport qui est très maillé dans le monde rural. Je dis en rigolant, on est la première fédération rurale de France après la chasse. Et je sais l'importance du lien social. que représente notre sport. J'ai parfois dit, pour faire le parallèle, que parfois le club de rugby est aussi important que le bureau de poste. Mais parce que le club de rugby, c'est un endroit de lien social. Comme le facteur est parfois quelqu'un qui assure du lien social entre les gens, du coup, le lien paraît d'autant plus fort pour le rugby.
- Speaker #1
On va te mettre à la place d'un arbitre pendant six questions. Six petites questions rapides. Une interview un peu coup de sifflet. Est-ce que tu siffles faute ou tu laisses jouer ? Première question, interdire les plaquages au-dessus de la poitrine. Est-ce que tu siffles ?
- Speaker #0
Je siffle. Après, chez nous, ça dépend un peu de la...
- Speaker #1
On l'a vu tout à l'heure.
- Speaker #0
Sous le sternum, Doréna, moi, je voudrais que ça soit sous le sternum. Si c'est sous le sternum, c'est bon. Si c'est au-dessus, j'aurais tendance à siffler.
- Speaker #1
La généralisation du carton orange.
- Speaker #0
Moi, je suis contre le carton rouge 20 minutes. Le carton orange qu'on essaye de tester, c'est pour créer un espèce d'intermédiaire. Je suis surtout pour que le bunker, si on laisse cette responsabilité au bunker, ait la possibilité de mettre un carton rouge permanent. Ça a un enjeu de sécurité majeur des joueurs. Et là, tel que c'est pour l'instant, on parle d'un carton rouge qui serait limité à 20 minutes. Pour moi, ce n'est pas acceptable, parce que la priorité numéro un, c'est la santé des pratiquants.
- Speaker #1
Tu siffles ou tu ne siffles pas les mêlées simulées ?
- Speaker #0
Les mêlées simulées, elles sont obligatoires pour des questions de sécurité. Quand il n'y a plus les gens qui sont tamponnés à première ligne, je suis pour les mêlées simulées, parce que c'est une question de sécurité des pratiquants.
- Speaker #1
Laissé à 6 points. contre.
- Speaker #0
Oui, ça se teste, ça se regarde, mais ce n'est pas dans les tuyaux pour l'instant.
- Speaker #1
Et dernière question, que les joueurs changent de poste sur le terrain comme volé ?
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'on puisse changer en permanence ? Non, le rugby, c'est un sport de combat collectif et donc je pense qu'il y a une notion de fatigue qui est importante dans le rugby parce que quelque part, tu fatigues l'adversaire, c'est ça aussi qui crée des intervalles. Donc je trouve bien que les changements chez nous soient régulés. et qu'on ne puisse pas faire tout et n'importe quoi à tout moment. Et puis, je pense aussi que c'est plus de clarté dans le jeu. Dans le hand, il y a régulièrement les changements de côté, les services. Donc, ça permet de changer facilement. Dans le hand, pardon. De voler. Bon. Au rugby, je pense que ça créerait de la confusion s'il y avait des changements permanents. Donc, je ne suis pas pour.
- Speaker #1
Tu viens du rugby amateur, tu en parles beaucoup, tu es souvent sur le terrain, tu es tout le temps sur le terrain. Tout le temps.
- Speaker #0
Je suis lundi et mardi dans ma société, mercredi et jeudi à Marcoussis, et jeudi après-midi, vendredi, samedi et dimanche, je fais le Tour de France pour voir les clubs, mais aussi pour voir les collectivités. Parce que je veux convaincre qu'il faut des vestiaires féminins, je convainc qu'il faut des tribunes, je convainc qu'il faut un clubhouse, je convainc qu'investir dans le rugby, c'est investir dans la société, et pour ça, il faut voir les gens sur le terrain.
- Speaker #1
Les gens, ils voient débarquer le président de la FFR comme ça, c'est quoi leur réaction ? C'est pas tout le monde qui fait ça, quand même.
- Speaker #0
Non, je sais pas. Ils sont contents de voir le président de la Fédération parce qu'effectivement, c'est pas si fréquent. Mais après, ils s'aperçoivent qu'ils peuvent me parler de manière tout à fait normale et naturelle, et que c'est simple. Par contre, je suis très exigeant, parce qu'effectivement, mon objectif, à chaque fois que je vois des collectivités locales, c'est de leur dire qu'il faut plus... de terrain de rugby, qu'il faut plus d'installation, plus d'infrastructures. Il y a 2000 clubs de rugby en France. Il y a 13 000 clubs de foot. J'adore le foot, mais on voit bien, il y a des endroits, j'ai été dans les Hauts-de-France récemment, 91 terrains de rugby pour 3000 terrains de football. Alors que l'envie... de rugby, elle est extrêmement forte dans les Hauts-de-France. On le voit avec les Unions Stélé, qui sont pratiquement les mêmes en Occitanie, en Nouvelle-Équitaine, ou dans les Hauts-de-France, le Grand Est ou la Bretagne. Donc on a besoin d'améliorer les installations. Il y a des gens qui ne font pas de rugby aujourd'hui, pas parce qu'ils n'en ont pas envie, mais parce qu'ils n'ont pas une solution à côté de chez eux. Et donc moi, je me bats avec les collectivités pour leur dire, mais le rugby transforme la société, le rugby transforme la vie des gens qui le pratiquent. Investissez-moi dans les installations. Je sais que ce n'est pas simple pour les collectivités, mais investissez-moi dans les installations. Créez-moi des vestiaires féminins. Les filles se changent encore dans les vestiaires arbitres, dans les bus, dans les bagnoles. Ce n'est pas possible. Donc, on a besoin d'investir dans le rugby et ça ferait du bien à la société. Et de la manière plus générale, on a besoin d'investir dans tous les sports. On a fait une étude avec la branche sport. 1 euro dans le sport. Investir dans le sport, c'est 13 euros d'économiser pour la société. On fait du bien à des gamins ou des gamines qui sont en surpoids. On aide à trouver des jobs. On est à un enjeu de santé. Le coût de l'obésité, c'est 12,7 milliards. Le coût de la sédentarité, c'est 140 milliards. et on se pose la question d'investir dans le sport. Il y a besoin d'utiliser le sport comme un levier de transformation. de la société.
- Speaker #1
Tu as fait 12 ans d'amateur au PUC. Tu en gardes quoi de ça ? Tu as des souvenirs ?
- Speaker #0
Des copains. Une finale perdue, une finale réchelle, junior réchelle perdue. On apprend à gagner et à perdre au rugby. Et puis un état d'esprit, l'état d'esprit puciste, il est incroyable, je ne peux pas raconter. Mais bon, voilà. Et puis après, l'ACBB, parce que quand mon fils a voulu faire du rugby, ma femme voulait me faire faire de l'aviron. Elle m'a dit, va à l'ACBB parce qu'il y a la Seine à côté et tu feras de l'aviron. Je n'ai jamais fait d'aviron parce qu'au premier entraînement, il manquait un entraîneur. Donc, je m'y suis collé et après, je suis... Après, c'est parti. Ma carrière de dirigeant, entre guillemets. Pareil, les amis, les solidarités. lien indéfectible entre les gens et cette envie de construire des aventures humaines collectives.
- Speaker #1
Tu l'as dit tout à l'heure, c'est une expression que tu portes souvent, tu dis on ne transforme pas que les essais, on transforme les personnes. Ça, c'est vraiment ton mantra.
- Speaker #0
De toute façon, c'est la raison pour laquelle je me lève tous les matins. J'ai tellement envie que plus de gens bénéficient du rugby. On est devenus le premier. L'année dernière, on était premier. Première audience télé en France, c'était la finale des Nations France-Écosse devant la finale du PSG. Bravo au PSG d'avoir gagné, mais on les a battus en termes de bien scellé en 2025. Donc on était le premier sport en France. Je pense que la Coupe du Monde de foot va nous battre, probablement. C'est la loi du sport. C'est la loi du sport. Et de fait, on était les premiers. On n'est que le 9e sport. Quand je suis arrivé à la fédération, on était le 10e en nombre de licenciés. Donc là, on est remonté à la 9e place. On est passé devant nos copains du canoë-kayak. Moi je dis, moi je sais ce que le rugby m'a apporté à titre perso. Je sais le nombre de copains que j'ai qui ont été sauvés par le rugby pour certains. Voilà, parce que le rugby te donne un cadre, le rugby te crée des liens d'amitié. J'ai envie que plus de gens en bénéficient. Et puis là-dedans, il y aura des internationaux, il y aura des internationaux, il y aura des gens qui joueront en top 14 en Pro D2, il y a des gens qui joueront en Régional 3, mais qui auront des liens humains incroyables. Moi j'ai envie que mon sport se développe, et c'est ça qui me fait me lever le matin.
- Speaker #1
Dernière question, dernière série de questions. Le match qui t'a fait aimer le rugby ?
- Speaker #0
Mon premier match. Alors si t'es oué quand ? Sincèrement, je sais même plus. J'ai même envie de dire mon premier entraînement. Franchement, j'ai eu un espèce de coup sur la tête. J'avais fait du judo, j'avais fait de l'équitation, j'avais fait de la natation, etc. Et puis là, d'un coup, j'ai découvert ce truc. Je me suis dit, mais c'est quoi ? J'avais envie de savoir.
- Speaker #1
Le meilleur match du 15 sous ton mandat, c'est quoi ? C'est ton meilleur souvenir ? Je sais pas.
- Speaker #0
la finale de la Coupe du Monde en Australie ?
- Speaker #1
Très bonne réponse. Un match ?
- Speaker #0
Je ne suis pas du passé. Ce qui m'intéresse, c'est les matchs après. Par contre, c'est de capitaliser sur les matchs d'avant pour penser aux matchs après.
- Speaker #1
Tu n'as jamais un match en replay ?
- Speaker #0
Si, ça m'arrive de les regarder. Parce que quand tu es dans le stade, tu vois le match différemment, etc. Mais tu vois, le lendemain du quart de finale perdu contre les Sudaf, moi, je suis passé à l'étape d'après. moi j'ai vite digéré par contre digéré mais en regardant ce sur quoi il fallait qu'on travaille on a vu que sur les coups de pieds hauts on a eu des problèmes sur ce match là et depuis c'est pas moi qui l'ai initié c'est Jean-Marc Lhermé qui est mon bras droit sur le niveau et Fabien et tout le staff qui l'entoure mais depuis il y a eu un énorme travail qui a été fait là-dessus moi ce qui m'intéresse c'est le match après voilà toujours c'est le côté entrepreneur tourner vers l'avenir même si je suis très sensible nous on a un sport très particulier où on se fait des passes en arrière pour avancer et moi je suis Merci. plus sensible. Tu vois, je pense que je fais toujours le parallèle avec le devoir de mémoire. Je trouve que c'est un sens incroyable de savoir d'où on vient pour mieux construire demain. Et ça, le rugby, c'est franchement faire des passes en arrière pour avancer. Pour avancer, le mec qui a inventé ça, c'est quand même assez atypique, mais c'est une vraie particularité du rugby. Mais donc, pour moi, les souvenirs, ils ne sont pas tant dans les matchs, ils sont dans les gens, dans les gens qui ont maillé, qui ont fait des milestones, qui ont construit le rugby. C'est ça qui m'a... C'est ça qui me fait triper.
- Speaker #1
Le match où ton cœur de supporter a failli lâcher ?
- Speaker #0
Le quart, bien sûr. Le quart de finale de point du monde.
- Speaker #1
Ton meilleur match à un amateur, tu l'as dit tout à l'heure, je pense que c'est ta finale ou pas ?
- Speaker #0
Non, même pas. J'étais capitaine de l'équipe. En début de saison, j'avais dit à l'équipe si on va en finale, je pense que je ne pourrais pas la jouer parce que j'aurais peut-être les euros d'HEC. Et le lendemain, j'avais les euros d'HEC. Donc je suis capitaine sur la feuille de match. mais sur la touche tout le match mais c'était mon choix j'avais fait le choix de privilégier les études et après t'es revenu au sport et après je me suis dit oh façon les finales j'en ferai bien d'autres et en fait j'en ai jamais fait d'autres c'est pas une finale du championnat de France d'ailleurs je dis ça souvent aussi je dis le rugby c'est une machine à fabriquer des souvenirs pour la vie on construit des souvenirs de dingue mais quels que soient les niveaux parce que quand on joue, moi quand je jouais, je ne savais pas à quel niveau je jouais, honnêtement on joue avec ses copains, quand je vois en Régional 3, pour des finales territoriales les joueurs sortir des vestiaires en tenant la main des gamins comme s'ils étaient au Stade de France, je dis c'est génial parce qu'en fait on fabrique des souvenirs, on est une machine à fabriquer des souvenirs, c'est un truc de fou
- Speaker #1
Merci Florian, c'était super C'est la fin de ce podcast, merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés et on se retrouve prochainement pour un numéro d'un Tribune