- Florence Gault
Le football rassemble des millions de personnes chaque week-end, mais cette pratique populaire n'est pas neutre pour l'environnement. Déplacement, infrastructure, équipement, alimentation. En France, selon des chiffres de The Shift Project, l'ensemble des activités liées au football génèrent environ 1,8 million de tonnes d'équivalent CO2 par an. Et contrairement aux idées reçues, 85% de cette empreinte provient du football amateur. Confrontés aux aléas climatiques et aux contraintes de leur fonctionnement quotidien, les clubs amateurs sont donc en première ligne pour concilier sport et responsabilité écologique. L'éveil de Lyon s'est engagé dans cette voie depuis trois ans. Avec près de 1700 licenciés et une culture encore très bénévole, ce club amateur lyonnais a choisi d'intégrer la transition écologique dans son quotidien. Goûter plus responsable, équipement repensé, triporteur pour limiter les déplacements motorisés des entraîneurs. Accompagné par l'association Football Ecologie France, l'éveil de Lyon montre que le football amateur peut devenir un véritable terrain d'expérimentation. Reportage. Nous sommes dans le 6e arrondissement de Lyon, dans les locaux de l'Éveil de Lyon. Le club de football organise une soirée de sensibilisation à l'alimentation durable. L'ensemble des équipes seniors, féminines et masculines, est convié au programme. Un temps d'échange animé par Gladys Diblin, nutritionniste du sport et naturopathe, et un débat mouvant sur notre rapport à l'alimentation et ses impacts environnementaux animé par l'association Football Ecologie France. Bonsoir.
- Cassandre
Merci beaucoup de votre présence pour cette soirée sur le thème de l'alimentation durable. Le président qui se cache à côté, mais merci président. Et donc voilà, comme vous savez, il y a une commission écologie au club et c'est le premier événement sur l'année. Et donc vous êtes ici pour participer à deux ateliers. Le premier qui est animé par Gladys Dibling, qui est déjà intervenue l'année dernière dans le club auprès de nos équipes de jeunes. C'était de 12 à 15 sur une conférence sur le thème de l'alimentation durable. Donc la moitié des participants seront donc avec la 10. On a en parallèle Théo de Football Ecologie France, auquel on adhère, qui nous anime un ciné-débat. Voilà. Et donc on va faire deux groupes. Donc on va vous laisser vous scinder en deux. à votre convenance et ensuite on échange pour que tout le monde puisse faire les deux ateliers. Et donc après les deux ateliers, on va dîner !
- Florence Gault
A l'Eveil de Lyon, la réflexion écologique ne s'est pas imposée d'emblée comme une évidence. Elle a commencé par un temps de sensibilisation avec un atelier de la fresque écologique du football animé par Football Ecologie France. Un premier moment collectif qui a fait émerger des prises de conscience et surtout l'envie d'aller plus loin. Théo Fleurence, responsable de l'antenne lyonnaise de Football Ecologie France, les accompagne dans cette démarche. Bonsoir Théo.
- Théo Fleurance
Bonsoir.
- Florence Gault
Alors le football est le sport le plus pratiqué au monde, un sport qui rassemble chaque semaine des millions de personnes et pourtant qui n'est pas neutre du point de vue environnemental. Football et écologie, est-ce que ce sont vraiment deux mots qui vont ensemble ?
- Théo Fleurance
Ah bah oui justement parce que c'est le sport le plus populaire qui réunit le plus de monde, qui génère le plus de déplacements de foules, qui en plus est joué en extérieur donc il est directement concerné par le sujet environnemental donc il y a un énorme intérêt de faire en sorte que ce soit un sport qui agisse, qui prenne conscience des enjeux et qui entame en tout cas une mutation.
- Florence Gault
Alors il y a un rapport du WWF sur les conséquences du dérèglement climatique sur le sport qui est sorti. Il y a quelques années maintenant, Thomas Sayle de la Fédération française de football décrivait concrètement ce que cela change pour le football amateur aujourd'hui, le dérèglement climatique. Il évoque la multiplication des vagues de chaleur, les restrictions d'eau qui ont donc des conséquences sur les pelouses, avec une dégradation des terrains et avec des risques de déshydratation, de blessures, etc. Donc ça n'est pas si anodin que ça.
- Théo Fleurance
complètement. Et puis, c'est effectivement un rapport qui fait un peu foi. Ça a été un des premiers qui est sorti. réellement qui essayait de faire apporter un petit peu de matière scientifique concrètement ce que ça voulait dire pour le foot. Mais oui, tout à fait. Là, on parlait des chaleurs, ça peut être aussi les grosses inondations, donc des phénomènes météo amplifiés par le dérèglement climatique. Il y a eu des énormes épisodes de canicule en 2022, des feux de forêt. On a eu des clubs qui ont disparu à cause de ça en France. Donc, il y a un intérêt très fort de s'adapter et aussi de faire des efforts pour réduire l'impact au global.
- Florence Gault
Donc c'est dans ce contexte qu'est né Football Ecologie France. Comment justement vous accompagnez un peu tous ces clubs qui ont parfois des réalités très différentes ?
- Théo Fleurance
En fait, c'est l'ADN de Football Ecologie France qui a été créé par des citoyens, des citoyennes qui avaient envie d'agir, tout simplement pour rendre le sport qu'ils aiment plus responsable. On s'est beaucoup concentré sur l'accompagnement du club amateur parce que ça a du sens, ça reste un format associatif. on connaît Les difficultés qu'il peut y avoir dans le sport, encore plus aujourd'hui malheureusement. Il y a des contraintes de temps, il y a des contraintes financières. Et nous justement, on est aussi beaucoup issus dans l'assaut du club amateur. On a été supporters pour certains, gamers, on a tous un rapport avec le foot. Donc on comprend les personnes qui sont dans les clubs. Et c'est ce qui nous permet, je pense, d'arriver à bien parfois les convaincre, parfois trouver les bons mots pour les amener vers la transition du foot.
- Florence Gault
Alors vous accompagnez en grande majorité des clubs amateurs, on va y revenir. Mais évidemment quand on pense football, on pense plutôt aux clubs professionnels, ceux qu'on voit jouer à la télé tous les week-ends. Comment justement ces clubs professionnels s'emparent du sujet ? Est-ce que c'est quelque chose qui est facile ? On se souvient de la fameuse polémique autour des chars à voile. On va recontextualiser un petit peu avec cette phrase de Christophe Galtier qui est alors... entraîneur du PSG. C'est en septembre 2022, lors d'une conférence de presse à l'issue de ce fameux été touché par des canicules, des sécheresses et des incendies. On lui reproche d'avoir pris des jets privés pour rentrer d'un match. Un journaliste lui pose la question et voilà ce qu'il répond.
- Extrait vidéo
Une question, je vais dire extra-sportive, mais qui est sportive, puisque Alain Krakowicz, responsable des TGV, a tweeté après une vidéo de Marco Verratti faisant Paris-Nantes et Nantes-Paris en jet privé. Paris-Nantes est en moins de deux heures en TGV, Inoui. Je renouvelle notre proposition d'offre TGV adaptée à vos besoins spécifiques pour nos intérêts communs, sécurité, rapidité, services et écomobilité. Est-ce que c'est une question que vous vous posez et est-ce qu'on avait parlé à vos joueurs ?
- Christophe Galtier
Excusez-moi, je me doutais qu'on allait avoir cette question-là. Pour être très honnête avec vous, ce matin, on a parlé avec la société qui organise nos déplacements. On est en train de voir si on ne peut pas se déplacer en char à voile. Voilà.
- Florence Gault
Alors, on entend Christophe Galtier se marrer avec Kylian Mbappé. Beaucoup ont considéré cette blague très maladroite. Christophe Galtier a dû s'excuser au lendemain de cette conférence de presse, reconnaissant une blague de mauvais goût au mauvais moment. Il s'est défendu en même temps d'être hors sol, mais c'est quand même difficile de ne pas lui reprocher d'être quand même très éloigné de la réalité de ce dérèglement climatique.
- Théo Fleurance
Oui, alors le foot pro, c'est effectivement celui, quand on parle de foot, on pense tout de suite à ça, parce que c'est ce qui occupe le plus d'espace médiatique et qui génère en fait beaucoup de passion et qui génère du business, il y a les supporters, etc. Je rappelle quand même que ça concerne 40 clubs en France sur les 13 000. Donc en termes de proportion, c'est une petite proportion qui a des comportements, certes pas du tout bons pour l'environnement, mais il y a aussi à prendre en considération. toutes les personnes qui sont rattachées au foot par ailleurs. Donc nous, on n'oublie pas, on dissocie rarement les deux. Mais si on doit faire l'exercice, c'est vrai que le foot pro, ce sont des modèles d'entreprise en fait. Le foot amateur, ce sont des clubs, des associations. Maintenant, les clubs professionnels depuis plusieurs années, notamment je pense depuis les années 90, on a basculé totalement dans un autre monde, très très loin des valeurs premières du sport en fait. C'est du divertissement, on parle de vente de droits télé. On parle beaucoup de marketing, de merchandising en fait, donc c'est des enjeux d'entreprise. Et c'est ce qui explique aussi, je pense, qu'ils sont complètement déconnectés de ce qu'ils ont pu connaître quand ils étaient dans le foot amateur, peut-être plus jeunes, que ce soit les joueurs ou les dirigeants.
- Florence Gault
Et pourtant, il y a d'autres modèles qui existent. Là, si on reprend l'exemple du char à voile, entre le jet privé et le char à voile, il y a sans doute plein d'autres moyens de déplacement qui existent. Par exemple, En Allemagne, on recourt bien plus fréquemment qu'en France au train. En Italie ou en Espagne également, il y a des déplacements plus courts en Angleterre qui se font. Qu'est-ce qui empêche justement un peu la généralisation de ces pratiques-là ?
- Théo Fleurance
Oui, tout à fait, je suis 100% d'accord. En vrai, c'est même presque une question de bon sens, même si je n'aime pas trop ce terme, ce qui est souvent dévoyé. Mais oui, se déplacer quand on est à Paris, qu'on va à Lens ou à Nantes, on peut penser que c'est simple. Ce qui les empêche de le faire, en réalité, c'est que ça obligerait la SNCF, donc je parle de rentrer en train, de remettre en ligne, en service, des trains de nuit. Ça coûte un certain prix, il y a le prix de la sécurité. Ils se cachent un peu derrière ça, même si je pense qu'ils auraient le budget largement pour le faire. Mais c'est aussi des enjeux de récupération. C'est un deuxième argument qu'ils opposent, puisque maintenant, il y a des matchs tous les trois jours. Et pour des enjeux de récupération, plus vite ils sont rentrés chez eux, mieux ils récupèrent.
- Florence Gault
donc là on parle beaucoup football professionnel mais effectivement on La grande majorité aujourd'hui du football se joue plutôt en club amateur. Ce soir, on est à l'éveil de Lyon. C'est un des plus gros clubs amateurs de France qui compte environ 1600 licenciés. Et donc, vous, avec France Football Ecologie, vous les accompagnez. Et donc, c'est là que se jouent effectivement les plus gros chantiers, en fait.
- Théo Fleurance
Ah oui, j'insiste, c'est fondamental. Il y a 13 000 clubs. le club amateur c'est un C'est un espace de vie hyper important pour les jeunes, pour les moins jeunes. C'est un lieu d'éducation qui est fondamental, qui complète la famille, l'école, et parfois même qui la remplace dans certains cas. Donc c'est pour ça aussi qu'on focus vraiment beaucoup sur le monde amateur. Et l'éveil de Lyon, oui, ça s'est fait il y a maintenant, ça va faire trois ans. On a fait des premiers ateliers pour les sensibiliser. On a réalisé un diagnostic écologique du club. On leur a fourni et on a travaillé ensemble des plans d'action. ... Et maintenant, l'objectif, c'est un peu petit à petit de les autonomiser. Ils sont parvenus à créer une commission de maman et de papa de joueurs. Ça, c'est top, d'ailleurs. Et là, en fait, ils sont quasiment autonomes. Nous, on est plus en support. On vient faire de l'animation parce qu'on a quand même l'expertise de certains sujets. On peut les conseiller un petit peu. Et vraiment, l'accompagnement qu'on fait avec l'éveil, ça correspond 100% à ce qu'on veut faire. On est dans le monde amateur. Il y a beaucoup, beaucoup de monde. Donc, on a dit 1 600 licenciés qui jouent. derrière il y a les parents, derrière il y a de la famille, derrière il y a les adversaires. Quand on met une action au sein de ce club en place, ça rayonne sur tout de suite des milliers de personnes. Donc on est vraiment au cœur du sujet avec ce club, et en plus on voit que ça fonctionne bien, c'est fluide, ils ont bien compris les enjeux, ils se les ont appropriés, et ils le font au donnable. Donc c'est vraiment l'exemple parfait de ce club.
- Florence Gault
L'Éveil de Lyon a donc lancé il y a trois ans une commission écologie animée par Isabelle, Cassandre, Saïda et Pierre-Alain, quatre parents bénévoles, avec le soutien du président Georges Cano. Leur objectif, faire vivre la démarche écologique tout au long de la saison.
- Cassandre
Alors Cassandre Ligné, je suis au comité d'orientation du club de l'Éveil de Lyon football.
- Florence Gault
Et maman de joueur ?
- Cassandre
Deux garçons, effectivement, qui jouent en U11 et U13.
- Isabelle
Isabelle Reboulé, membre également du Codor. Je suis maman d'un garçon qui joue en U16.
- Cassandre
Alors le Codor prête toutes les orientations sur toutes les thématiques du fonctionnement du club et il est composé de différentes commissions. Et donc il y a une commission écologique qui a été créée suite à l'adhésion du club à Football Ecologie France. Et puis derrière, ça nous a donné des outils pour pouvoir développer cette thématique au sein du club.
- Florence Gault
Comment le club a décidé de s'impliquer sur ces questions-là ?
- Cassandre
Quand on est arrivés avec Isabelle, on était deux premières femmes à intégrer au club. Déjà, c'était déjà une révolution ! Et il y avait quand même tout un tas de sujets qui n'étaient pas traités, parce que c'était des sujets qui n'étaient pas investis par ces messieurs, notamment les équipements, tout ce qui est vêtements, alimentation...
- Isabelle
L'alimentation, les collations notamment pour les joueurs. Il y avait le tri des déchets.
- Cassandre
En plus e club a grossi très, très, très vite de manière assez exponentielle. Et avant, il n'y avait peut-être pas besoin d'une aussi grosse organisation. Et là, en fait, quand on est arrivé, la première chose qui nous a vraiment marqué, c'était la gestion des équipements qui n'étaient pas gérés. Donc, on a mis les vins là-dedans.
- Isabelle
C'est-à-dire, on avait des stocks de vêtements non adaptés. pour diverses raisons qui nous restaient sur les bras. Et c'est vrai qu'à partir de là, on a réfléchi à changer le système, à changer d'équipementier pour avoir justement des produits plus vertueux, plus respectueux de l'environnement. Et petit à petit, on a mis des choses en place.
- Cassandre
Aïda nous a rejoint l'année d'après. C'est une vendeuse invétérée et du coup, elle a aidé à démontrer qu'on était en capacité de revendre notre stock qui du coup moisissait là. Et puis un stock, ben... Donc ça reste du stock, c'est perdu pour tout le monde. Donc en fait,
- Florence Gault
c'est vraiment de ce constat que vous vous êtes...
- Cassandre
c'est notre porte d'entrée, notre manière de travailler, où on part des choses logiques. Et on amène à ce que la question de l'écologie soit évidente.
- Florence Gault
Par le quotidien ?
- Cassandre
Oui, par les besoins du club. C'est-à-dire que ce ne sont pas des choses qui sont plaquées, c'est le contraire. Là, la soirée alimentation durable, c'est orienté sur la performance. Et donc on part de leurs besoins. pour ensuite travailler une thématique et les amener à réfléchir sur la question durable.
- Florence Gault
Donc, vous commencez à vous emparer de ces sujets en 2022-2023 au sein du club. Vous mettez donc en place cette commission écologie. Et là, ensuite, on découle toute une série d'actions.
- Cassandre
Chaque année, on fait un plan d'action. On demande des subventions. Et ensuite, on met en œuvre les actions et on recadre les actions en fonction de ce qui est possible, pas possible, les nouvelles idées. Et donc, quels sont les... Plus grands changements qui ont été mis en place ?
- Isabelle
Moi, je dirais les équipements et les goûters, les collations. Rien d'extraordinaire vu de l'extérieur, mais c'est vrai qu'on a limité les déchets en arrêtant un maximum les bouteilles, les choses comme ça. Donc, c'est des pichets d'eau avec sirop. Au niveau des adultes, on est passé au pain avec fromage, charcuterie. Et pour les ados également, il n'y a plus de biscuits, de sucreries, de choses comme ça. et pour les petits. On a changé également de biscuits. On a fait attention, on a arrêté les chocos blancs de titane, les choses comme ça, très industrielles. Pour l'instant, on est sur des cakes encore industrielles, mais déjà des gros cakes à couper, donc des repas un peu plus équilibrés, on va dire, même si ça reste de l'industriel. On a bien conscience que c'est compliqué. Déjà, le goût des enfants, et puis le coût, parce que ça coûte très cher de bien manger.
- Cassandre
L'aspect déchet. C'est quand même quelque chose qui, petit à petit, vient de plus en plus naturellement. Là, on vient de s'équiper de vaisselle et c'est venu spontanément dans la tête des personnes.
- Isabelle
Oui, ce qui n'était pas le cas,je pense, il y a encore un an. Je pense qu'on nous aurait dit...
- Cassandre
Là c'est venu d'eux.
- Isabelle
Même pour les équipements, on a quand même aussi progressé.
- Cassandre
Oui, en fait, on a changé d'équipementier et en même temps, ils ont changé la manière de commander les équipements. Avant, ils commandaient à l'aveugle. Au pif, à peu près, on attend de joueurs tel âge, et après les enfants choisissaient la taille. Et maintenant,
- Isabelle
c'est livré au cas par cas.
- Cassandre
C'est nominatif. Donc le stock qui nous reste est, je ne sais pas, 50 fois moindre que ce qu'on avait avant.
- Florence Gault
Qu'est-ce que vous retirez de cette expérience en tant que maman ? Comment vous avez vu l'évolution auprès des enfants, auprès des parents, et en étant vous-même engagée au sein de cette commission ?
- Cassandre
Moi, c'est normal de m'imliquer dans un club et de faire bouger les lignes sur le sujet qui m'intéresse.
- Isabelle
Globalement, on appréhendait, par exemple, le changement de marque. Adidas, c'est très connu, Jaco, pas du tout. Donc, c'est vrai, on s'était dit, les gamins, ça va... Certains étaient un peu déçus. Puis au final, ils se sont dit, ah bah oui, mais les maillots, ils sont plus épais. Ah, les vêtements, elles sont sympas. Et puis, il y a des équipes qui commencent à avoir cet équipement qu'on voit à la télé. Donc, c'est vrai que finalement, eux-mêmes se disent, bah oui, pourquoi Adidas ? Pourquoi Nike ? Pourquoi pas plutôt regarder la qualité du produit et puis peut-être encore plus loin, comment il est fabriqué et comment il vivra après, puisque ce sont des fibres qui sont recyclées. Donc c'est vrai que c'est intéressant.
- Florence Gault
Saïda est maman de deux garçons qui jouent dans le club depuis cinq ans. Elle a rejoint la commission écologique dès le début, avec la volonté entre autres de sensibiliser ses enfants.
- Saïda
En fait, ce que je veux leur transmettre, c'est qu'on sent que notre planète est en danger. Et j'ai envie qu'ils prennent conscience que c'est maintenant ou jamais de faire quelque chose. Et de prendre conscience, c'est avec eux. Peu importe l'action qu'on fait, on a l'impression que c'est minime. Ce n'est pas ça qui va changer les choses ou ça va changer l'impact. Mais si, moi je suis persuadée. Je le vois autour de moi.
- Florence Gault
Vous voyez cette évolution chez vos enfants par exemple ? Est-ce qu'ils ont évolué sur le sujet ?
- Saïda
Déjà, de base, je leur ai toujours enseigné de faire attention à ce qu'ils mangent, l'impact des produits chimiques sur notre santé. Du coup, c'est quelque chose qui était déjà... acquis chez eux. Et ça me fait plaisir. Lui, maman, moi j'aimerais bien faire un projet de... C'est pareil pour le foot féminin, par exemple. Ça me tenait aussi à cœur de leur enseigner de ne pas faire de différence entre fille et garçon. Et l'écologie, pour plein de choses. Ça me fait plaisir. J'ai l'impression qu'ils ont déjà acquis quand même le minimum.
- Florence Gault
La soirée débute avec un débat autour de quelques extraits du documentaire The Game Changers qui propose une plongée dans le monde des sportifs de haut niveau qui ont opté pour une alimentation végétale. Quelques raccourcis et un discours ultra orienté qui a tout de même le mérite de faire réfléchir sur ce cliché que la viande est synonyme de force.
- Football France Ecologie
Donc, à votre avis, à partir de cet extrait-là, vous pensez qu'on va parler de quoi dans la suite du documentaire ?
- personne dans la salle
Je pense que vous incitez à manger moins de viande.
- Football France Ecologie
C'est vrai ça.
- Théo Fleurance
Je redis, le documentaire est volontairement très orienté. Le message du soir, ce n'est pas de vous dire ça. C'est juste de vous interroger par rapport à les croyances établies et de voir ce que vous avez envie de prendre pour vous. L'objectif, ce n'est pas de vous faire devenir vegan. Ce n'est pas du tout le sujet du soir.
- Football France Ecologie
Qu'est-ce qu'être végétarien, qu'est-ce que manger vegan ?
- personne dans la salle
Tout sauf de la protéine animale. ce qui vient des animaux, donc tout ce qui va être laitier, les œufs. Et il me semble qu'après ça, je ne sais pas si... Enfin, ça ne fait pas partie de ce qu'ils mangent, mais ils ne portent pas non plus de vêtements, de chaussures qui viennent des animaux. Et en gros, ils ne consomment pas tout ce qui est en rapport avec des animaux.
- Football France Ecologie
Et là, maintenant, on va faire un débat.
- Théo Fleurance
L'exercice du débat en revanche, c'est qu'on va se déplacer dans la pièce selon la question qui va être posée.
- Football France Ecologie
Du coup, ce qu'on va faire, on va avoir à gauche ceux qui mangent de la viande, du poisson régulièrement. On aura à droite ceux qui, dans la salle, sont peut-être végétariens ou vegans. Et au milieu, on aura les flexitariens qui mangent un peu de viande, mais qui essaient de réduire quand même leur consommation de produits d'origine.
- Théo Fleurance
En gros, c'est pour qu'on se rende compte qui adopte quelle régime. Ça correspond au pourcentage un peu de la population française. On a en moyenne 2 à 3% de végétariens. Donc je suis de l'autre côté. Ça correspond à pas de ça. Plexitarien de plus en plus, donc c'est au centre. Christian, tu te considères comment ? Je suis omnivore. Et puis la majeure partie des gens restent dans un régime un peu plus classique, conventionnel, omnivore. Mais c'est pour aussi se représenter ce qu'est la réalité au national. C'est un peu ça les répartitions globales. Voilà. On se rassoit et on continue.
- Florence Gault
Alors là, Théo, on vient d'entendre un petit peu ce qui vient de se vivre lors de ce débat mouvant. Comment vous avez perçu le groupe et les échanges qu'il y a pu avoir ?
- Théo Fleurance
Très réceptifs, très intéressés, curieux. Ils ont été très intéressés, captivés par le sujet. Comme la plupart du temps, quand on arrive, en fait, ils savaient à peu près ce qu'ils allaient faire ce soir, mais pas totalement. Donc parfois, ils viennent un peu à reculons parce que bon, voilà, on est au club pour faire du foot ou boire un coup. Mais bon, assister à des événements, que ce soit sur l'écologie ou pas d'ailleurs, on n'est pas forcément là pour ça. Et en fait, quand on arrive à les capter et qu'on crée les conditions pédagogiques pour vraiment faire passer les messages et libérer un peu la parole, on rentre dans une forme d'éducation populaire aussi. Et c'est eux qui réagissent, qui décident des sujets, qui posent les questions qu'ils ont envie. Et nous, on est juste là en support. Alors certes, le documentaire, il est un peu orienté. Mais on le dit dès le départ que le but du jeu, ce n'est pas de suivre à la lettre ce qui va être dit. C'est juste pour faire réagir et créer un espace de débat. Donc non, hyper intéressant. Et je pense que ça va amener des suites. Et c'est ça qui nous intéresse aussi. Ce n'est pas de faire du one-shot, c'est de s'inscrire dans une continuité. Et le club va continuer à travailler ses enjeux d'alimentation. et du coup, démultiplier son impact là-dessus. Et ça, ça nous intéresse.
- Florence Gault
Parce que l'alimentation, c'est une porte d'entrée facile sur les enjeux écologiques ?
- Théo Fleurance
Pas toujours, non. Parce que c'est, pour plein de raisons, ce qui est le plus palpable pour un club, c'est l'enjeu des... des déchets souvent. Arriver dans un club où il y a des déchets un peu partout, où les poubelles ne sont pas forcément les bonnes, souvent ça, ça interpelle et ils ont envie de travailler là-dessus. L'alimentation, c'est parfois plus compliqué parce qu'il y a des a priori,
- Florence Gault
il y a de la culture aussi.
- Théo Fleurance
C'est clair, encore plus ici à Lyon. Il y a des traditions à respecter, il faut faire attention. Il y a aussi parfois des bénévoles qui sont là depuis parfois plusieurs années qui gèrent les buvettes, qui donnent de leur temps et qui ont peut-être pas envie qu'on leur donne une leçon. Il ne faut surtout pas qu'on arrive à faire ça. C'est pour ça que c'est compliqué, ce n'est pas si évident. Par contre, là où ça les intéresse, et on l'a vu ce soir, c'est que ça lie aussi les enjeux de santé et de performance. Là, on parle les codes du footballeur, de la footballeuse. Là, on arrive à faire le lien et à détricoter un sujet qui peut les intéresser aussi sur la note thématique. On change ?
- personne dans la salle
C'était intéressant. Oui, c'était bien.
- Florence Gault
Passage de relais entre les deux groupes échangent les ateliers place maintenant à un temps de discussion avec Gladys Dibling nutritionniste du sport et naturopathe.
- Gladys Dibling
Bonsoir à toutes et à tous Moi je suis Gladys Dibling, nutritionniste du sport et naturopathe. Je m'occupe de l'alimentation et de l'hygiène de vie des athlètes, athlètes professionnels notamment, et surtout spécialisés dans le football et dans le basketball. J'interviens avec les athlètes sur leur alimentation et leur régime de vie, que ce soit au niveau de l'hydratation, du sommeil, de la récupération, des soins du corps, etc. Donc en individuel, sous forme de suivi. Et j'interviens aussi de manière collective dans les clubs où je fais des conférences, des ateliers sur l'alimentation, l'hygiène de vie, l'alimentation durable. Et je suis aussi avec l'équipe de France de basket depuis deux ans. Et donc c'est comme ça que j'oeuvre au quotidien à travers mon travail. Est-ce que vous voulez qu'on commence par certaines questions de quiz et on rebondit dessus ? Ouais, sauf si quelqu'un a déjà des questions.
- personne dans la salle
C'est quoi naturopathe ?
- Gladys Dibling
La naturopathie, c'est quoi ? C'est l'utilisation de moyens exclusivement naturels pour être en bonne santé.
- personne dans la salle
C'est tout ce qui est être nu, tout ça là, non ? Naturisme.
- Gladys Dibling
Non, non, non.(rires) Non, non, non. Non. Alors, pour ceux qui viennent d'arriver, justement, je disais, le but de cette soirée ensemble, c'est de parler sur l'alimentation, l'hygiène de vie et l'alimentation durable. Déjà, est-ce que vous savez quels sont les quatre piliers de l'hygiène de vie ?
- personne dans la salle
Alimentation, hydratation.
- Gladys Dibling
Alimentation, hydratation, c'est le même. Sommeil, activité physique, très bien. Et pour les sportifs, les athlètes professionnels, c'est la récupération et les soins du corps. Et quatrième ? Dans l'alimentation, là, du coup... C'est quoi ?
- personne dans la salle
C'est le mental ?
- Gladys Dibling
Exactement. Tout ce qui est mental, bien-être mental.
- Florence Gault
Au fil des échanges, de nombreux sujets sont abordés. L'hydratation, les boissons énergétiques, l'heure des repas en fonction des horaires des matchs ou encore les yaourts hyper protéinés qui sont à la mode en ce moment, jusqu'à la difficulté de changer ses habitudes.
- personne dans la salle
Ouais, c'est dur. Moi, là, je rentre ce soir, j'allais dire... Voilà, alors je vais faire attention et tout, mais... Prends un burger, je vais me poser mon coca et je vais me dire... Je me dis, je vais... Moi, je sais pas, moi, je vais faire ça. Après, je me dis, mais je vais changer ça. Et pourquoi je changerais ça ?
- Gladys Dibling
Pour toi.
- personne dans la salle
Mais pour l'instant, ça va. Mais je me dis, il faut que j'ai un accident, il faut que j'ai quelque chose, peut-être. C'est pas comme ça, changer. C'est pas comme ça, changer. Non, mais en gros...
- Gladys Dibling
Tu sais, les sportifs des fois ils mangent n'importe quoi. Ouais, c'est bon, j'ai pas besoin, etc. Ils se blessent. Parfois, c'est irréversible. Ils peuvent plus et ils ont défoncé leur carrière. Donc, ce serait quand même bête d'attendre d'avoir un cancer ou ce genre de choses. Alors, attention, je dis ça et d'un côté, j'aime pas trop dire ça parce que j'ai pas non plus envie de planter une graine en disant si vous mangez pas bien, vous allez avoir un cancer. C'est pas le cas. On peut aussi vivre en très bonne santé, etc. Mais c'est quand même dommage de se dire Merci. j'ai besoin d'avoir une maladie pour se rendre compte de quelque chose. C'est dommage. C'est vraiment dommage. Merci pour votre présence en tout cas. Et puis, c'est un plaisir.
- Florence Gault
Je retrouve Gladys a l'issue de l'atelier l'occasion de discuter de la manière dont elle accompagne les athlètes professionnels, dont quelques grands noms du sport.
- Gladys Dibling
Je travaille avec des footballeurs qui sont en effet en Champions League, en Ligue 1, des grands noms aussi du basket, de l'équipe de France, tout à fait, oui.
- Florence Gault
On n'en dira pas plus. Mais voilà. En tout cas, là, ce qui était intéressant dans l'atelier et ce qu'on vient un peu d'entendre au niveau d'un club amateur, mais qu'il y a beaucoup effectivement de questions sur qu'est-ce que je mange avant de participer à un match, avant l'entraînement, à quelle heure ? Et donc, on sent que ça vient quand même un petit peu titiller de devoir changer ses habitudes. On l'a entendu. Oh là là, c'est dur. C'est dur de le changer. Il faut renoncer.
- Gladys Dibling
Oui, c'est vrai. En fait, c'est vrai qu'il faut se mettre un peu en tête que les habitudes nutritionnelles, ce sont des habitudes que l'on a généralement depuis l'enfance. On a reçu une éducation nutritionnelle, donc toucher un petit peu à ça, c'est un peu toucher à ses fondamentaux, à comment on construit son planning, sa vie, même parfois son identité. Donc, c'est un sujet qui n'est pas évident, en effet, à transformer. Et pourtant, il vient quand même d'une certaine, je dirais, prise de conscience, amener de la conscience au fait qu'on mange tous les jours de sa vie, trois fois par jour, que l'on met des choses à l'intérieur de notre corps qui vont forcément avoir un impact sur nous, sur notre santé, sur notre vitalité, sur nos performances cognitives, physiques, sur comment on se sent. Donc en fait, c'est prendre conscience à quel point l'alimentation peut avoir un impact sur nous, sur soi.
- Florence Gault
Une alimentation qui a un impact sur soi et puis aussi sur l'environnement. Et donc, c'est là où c'était intéressant d'entendre les freins. Alors, effectivement, devoir enlever un peu de viande dans l'alimentation. Ce soir, on a senti aussi que c'était peut-être là où ça pouvait coincer un peu. Mais quand on accompagne des grands sportifs, vous leur permettez justement de changer l'alimentation. Donc oui, c'est possible.
- Gladys Dibling
Tout à fait. C'est possible à partir du moment où ils l'ont choisi, ils l'ont décidé. Parce que justement, ils sont venus à moi pour avoir un impact sur leur alimentation et mieux manger. Et donc c'est vrai qu'après, c'est aussi... Alors, soit ils viennent parce qu'ils ont déjà, eux, des informations et des choses qu'ils ont envie d'avoir ou pas dans leur vie. Mais sinon, c'est aussi à moi, professionnelle de... de la nutrition, de les informer, de les sensibiliser sur les différents enjeux qu'il peut y avoir en termes de santé, mais aussi en termes d'environnement. Et bien évidemment, on travaille sur l'alimentation pour leurs objectifs, mais selon moi, avoir une alimentation consciente, comme je le disais juste avant, c'est aussi avoir une alimentation qui englobe ce que l'on fait pour soi et ce que l'on fait pour l'autre. Les autres, l'autre, l'environnement.
- Florence Gault
Quand ce sont des sportifs, des athlètes qui décident de venir vous voir, c'est déjà plus facile d'entamer la discussion. Mais quand, par exemple, on accompagne la Fédération française de basket, j'imagine que tout le monde n'en est peut-être pas au même point de conscience sur ces enjeux-là. Alors, comment on entame cette discussion ?
- Gladys Dibling
Alors, c'est, je pense, trouver un équilibre entre ce que l'on... veut faire, je parle de moi, et ce que l'on peut faire. Parce que bien évidemment, quand on travaille avec un athlète en individuel, c'est facile parce que on décide de ce qu'on met en place et les choses se font un petit peu naturellement. Quand on travaille avec une équipe de France, on a aussi d'autres paramètres à prendre en compte, des enjeux, on a des budgets qui sont imposés, on travaille généralement avec que... 10, 15 athlètes professionnels plus un staff. On fait un peu l'alimentation pour tous. On est dans des hôtels aussi qui sont différents, des chefs qui sont différents. Donc il y a tous ces paramètres à prendre en compte qui amènent forcément un petit peu de complexité. Et encore, je dirais que j'arrive à trouver un certain équilibre, un certain juste au milieu. On va commencer à sensibiliser les athlètes en équipe de France. Pourquoi c'est important ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi il faut faire attention à votre alimentation ? Pourquoi on va mettre en place telle alimentation à ce moment-là ? Et puis, faire des choses simples. Ne serait-ce que privilégier les aliments de saison, quand on est en rassemblement. C'est pour moi la base, et pourtant, il y a beaucoup de clubs ou d'équipes qui ne le font pas. amener vraiment des petites choses très simples comme ça et en plus de ça, ça va permettre d'encore plus respecter le budget puisque les aliments sont moins onéreux. En fait, on amène beaucoup de choses positives finalement et faisables.
- Florence Gault
Et qu'est-ce qui parfois peut freiner ?
- Gladys Dibling
Ce qui peut freiner, c'est le fait que moi, j'ai une alimentation un petit peu idéale que j'aimerais proposer aux athlètes. Mais ce n'est pas toujours faisable déjà parce que, comme je le disais, il y a plein de paramètres à prendre en compte et puis ce n'est pas forcément cuisiné comme on le souhaite. On ne peut jamais atteindre vraiment l'exigence, l'attente qu'on a initialement. Et je dirais l'autre frein principal, c'est quand même les habitudes des athlètes à la maison qui mangent tous différemment. Tout le monde ne mange pas de la meilleure des façons non plus. Mais donc forcément, amener ça à un repas commun. Entre plusieurs athlètes, staff, etc., avec moi, mes exigences et les autres paramètres cités, c'est de la complexité et un petit frein,
- Florence Gault
oui. Mais est-ce que vous voyez une évolution ? Et cette prise en compte, en tout cas, des enjeux écologiques est aujourd'hui plus grande ? Là, on le voit par exemple à l'échelle de l'éveil de Lyon, il y a tout un grand nombre d'actions justement en matière écologique qui sont prises depuis quelques années. Dans le milieu professionnel, quand vous vous amusez à comparer un peu, ça évolue de la même manière ? On coupera au montage, c'est ça ?
- Gladys Dibling
Je ne peux pas dire que ça évolue de la même manière. Les athlètes professionnels vivent dans un monde de professionnels aussi. Donc que ça évolue de la même façon, non. Cependant, il y a quand même des athlètes qui sont très conscients. de tout ça. Il faut quand même le souligner. Après, bien évidemment, il faut aussi savoir regarder les choses en face. Dans le sport de haut niveau, même si les athlètes sont conscients, parfois on est dans des compétitions où on est obligé de prendre l'avion, par exemple, deux ou trois fois par semaine. C'est soit ça ou soit on ne fait pas la compétition. Il y a aussi des exigences du haut niveau qui font que il vaut mieux parfois aussi ne pas trop euh être réticents à ça parce que ça vient nous mettre un peu des freins ou des bâtons dans les roues dans l'évolution mais je pense aussi que les acteurs du sport de haut niveau et nous les professionnels on en fait partie, on doit aussi être là pour sensibiliser à notre échelle à comment c'est possible de faire les aides c'est l'heure de passer à table et ce soir pas de pizza au menu non
- Florence Gault
Pas cette fois-ci, mais du poulet accompagné de riz et d'une salade de crudité. Un repas pour faire écho à la thématique abordée, et ce malgré la présence de viande et de bouteilles d'eau en plastique individuelle. C'est le moment de débriefer les ateliers. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette soirée ? J'ai senti qu'il fallait un peu renoncer à des trucs quand même non ?
- personne dans la salle
Ah ouais, mais je commence demain du coup.
- Florence Gault
Non, et en vrai, qu'est-ce que vous avez appris ?
- personne dans la salle
C'est bien, moi je vais limiter les cochonneries, c'est vrai. Tout ce qui est produit transformé, on arrête. Et on va essayer de manger le plus sain possible pour ne pas avoir le cancer.
- Florence Gault
C'est ce qu'on retient de la partie nutrition, ok.
- personne dans la salle
Exactement. Mais en tout cas, c'était très bien, très instructif. On va essayer de l'appliquer et surtout donner des conseils à nos proches aussi. L'alimentation, c'est très important en fait. Et le bien-être passe par là. C'est des choses qu'on a fait aujourd'hui, donc on est bien contents. Et franchement, super bien. Moi, c'est Maddy et j'ai 35 ans.
- Cass'
Moi, c'est Cassandre, j'ai 23 ans et du coup, je joue avec l'équipe senior féminine en D1 de l'éveil de Lyon. Je suis en cinquième année d'études de kiné là actuellement.
- Alixane
Je m'appelle Alixane, j'ai 19 ans et pareil, je joue avec Cass en senior en départemental 1 et à côté, je suis en deuxième année de licence STAPS. C'était intéressant, c'était bien animé.
- Cass'
Oui, c'était intéressant, bien animé. Ça nous permet de voir que même les sportifs peuvent avoir des alimentations raisonnables et réfléchies. On peut le mettre en place à notre échelle, même si ce n'est pas parfait.
- Alixane
Ça nous permet de casser un peu les stéréotypes de sportifs qui mangent absolument de la viande, qui en ont pas de protéines. Donc on en découvre toujours plus.
- Florence Gault
La démarche écologique de l'éveil de Lyon s'intègre désormais au quotidien du club. On l'a entendu via les équipements, la gestion des déchets, les goûters. Pour ses nombreux allers-retours entre ses différents terrains, le club a également investi dans un vélo triporteur afin de limiter les déplacements motorisés. Si les choses évoluent dans le monde du football, il reste encore de nombreux freins, notamment dans les représentations, comme l'évoque Théo Fleurance de Football écologie France.
- Théo Fleurance
Très souvent, il y a une représentation biaisée quand on entend le mot écologie. Moi, je le remarque vraiment à 90% du temps. C'est un mot presque interdit. Et tout de suite, on se dit, quand on entend le mot écologie, ce n'est pas la même chose que quand on parle d'environnement pour la plupart des personnes dans les clubs qu'on croise. Ça a tout de suite une connotation politique et souvent, ça freine. ensuite forcément le deuxième qui est peut-être même plus important c'est l'aspect très bénévole et manque de temps qui fait que si on n'a pas un minimum d'organisation c'est compliqué de gérer ce genre de projet ils ont d'autres priorités il faut le dire faire tourner un club déjà si le club ne tourne pas on ne peut pas adresser des enjeux sociétaux donc voilà c'est aussi logique et les questions de budget après ça on arrive plus facilement à le contourner ça peut faire partie des représentations aussi quand on dit que Agir sur l'environnement ou l'écologie, ça coûte plus cher. Nous, on démontre très souvent que pas forcément. Et que ça peut justement plutôt, au contraire, alimenter aussi le pool de partenariats d'un club, le fait d'aller répondre à des appels à projets. Mais on en revient du coup à la question de l'organisation et du temps. Je dirais que c'est vraiment l'enjeu numéro un. Et c'est pour ça que c'est important que nous, notre association, elle existe, parce qu'on est sur le terrain, on est au contact d'eux. Et que si ça se fait à distance, par peut-être la fédé qui demande de faire ça, sous la forme de contraintes, on serait moins efficace. Alors nous, on ne touche pas les 13 000 clubs d'un coup, mais par contre, la centaine de clubs avec lesquels on travaille, on sait qu'ils bossent bien et que du coup, il y a vraiment de l'impact.
- Florence Gault
Vous avez la sensation que le monde du football évolue depuis quelques années ?
- Théo Fleurance
Oui, quand même. Moi, j'ai été joueur, puis entraîneur. Donc joueur dans les années 2000, entraîneur, éducateur, bénévole pour mon club dans les années 2010. Là, aujourd'hui quand même, d'ailleurs on ne parle plus d'entraîneur, mais d'éducateur. Je pense que ça témoigne d'un certain changement. La FEDE quand même met à disposition des ressources sur beaucoup de sujets sociétaux. Ils ont voté aussi un programme d'engagement sociétal où ils mettent je crois 6 millions d'euros par an dessus pour aider le monde amateur à progresser sur le sujet. Ça évolue. Ce que j'aime bien dans le sport, c'est que ça évolue parfois plus vite que dans d'autres secteurs. En fait, il suffit de trouver quelqu'un qui est motivé, comme ici à l'éveil, et en trois ans, on arrive à faire des vrais changements concrets. Au-delà que ce soit un acteur hyper important, éducatif, un club de sport, c'est aussi très humain et on peut aller très vite quand on s'organise bien. Et pour répondre à ta question, ça évolue, ça pourrait aller beaucoup plus vite, c'est sûr. Mais avant 2020, ça n'existait pas. Et je pense que notamment, le confinement a fait un bien fou là-dessus. La crise du Covid, le fait de s'arrêter, que les gens repartent avec des bonnes intentions. J'ai plutôt le sentiment que ça ralentit malheureusement dernièrement. Le contexte un peu global fait que c'est plus des sujets aussi porteurs, aussi dynamiques qu'au sortir du confinement.
- Florence Gault
Si on se projette à 5-10 ans, ce serait quoi un club de football qui a réussi sa transition ?
- Théo Fleurance
Ce serait un club qui arrive à limiter au maximum son impact et à plutôt même, on pourrait parler d'avoir un impact positif en termes d'éducation déjà, puis après faire tout ce qui est en son pouvoir. pour limiter son impact et créer des conditions pour s'adapter aux dérèglements climatiques. Donc ça veut dire que c'est un club qui, avec l'accord de sa mairie souvent, parce que c'est des stades à partir de nos collectivités, arrive à avoir des espaces d'ombre autour du stade, à avoir des vestiaires qui soient performants d'un point de vue isolation, chauffage, etc. qui est un minima. Moi je pense que dans 5 ans, il faut absolument que tous les clubs aient une gestion des déchets beaucoup mieux que ça. c'est encore des poubelles noires tout venant donc qui sont sur les stades aujourd'hui. Ce n'est pas à la hauteur des enjeux et c'est quand même le truc qu'on pourrait changer le plus facilement. Et après, en concernant le fonctionnement du club, puisque là, ça dépend de la ville, c'est un club qui, du coup, je le disais, agit pour l'éducation de ses licenciés et qui prend en compte cette thématique-là dans les choix qu'il fait. Les choix d'achat de textiles, d'équipements, de matériel. et les choix d'achat aussi en termes d'alimentation à la buvette. Ce sont les deux principales choses au-delà de l'éducation.
- Florence Gault
Merci Théo.
- Théo Fleurance
Merci.
- Florence Gault
C'est évidemment devant un match de football que s'achève cette soirée, dans une ambiance conviviale. Ici, pas de modèle parfait, mais un cheminement collectif fait de prises de conscience, d'ajustements et de compromis pour faire évoluer pas à pas les pratiques du football amateur.