- Florence Gault
Cette semaine, c'est Théo Fleurance, responsable de l'antenne lyonnaise de l'association Football Ecologie France, qui se prête au jeu des questions de Minute Papillon. Il nous livre ses indignations et notamment ce qui le pousse à s'engager dans la transition écologique du monde du sport. Qu'est-ce qui vous indigne ?
- Théo Fleurance
Qu'est-ce qui m'indigne ? L'injustice et, pour des raisons très personnelles, le système alimentaire tel qu'il est organisé. C'est une des motivations qui m'a poussé à m'engager sur le terrain de l'écologie. Parce que ça génère des maladies, ça nous pousse, et c'est une organisation systémique que moi, personnellement, je conteste vraiment fortement et je lutte contre, parce que ça génère des maladies, ça pousse à des ingrédients et des habitudes alimentaires dès le plus jeune âge qui ne sont pas bonnes du tout pour nous, et couplées à... des problématiques d'écran qui font qu'on reste un peu chez nous bah voilà ça ça pousse pas les jeunes dehors notamment moi j'ai beaucoup été dehors quand j'étais gamin et je vois que c'est plus trop le cas aujourd'hui enfin bref non c'est vraiment un truc qui me révolte pour plein de raisons et qui fait que je m'engage aussi vraiment
- Florence Gault
fortement aujourd'hui un événement ou une expérience qui a créé un déclic écologique ?
- Théo Fleurance
Je pense que j'ai toujours été sensible de par l'éducation que j'ai reçue, mais le gros déclic, ce n'est pas un moment très précis, mais c'est suite à un voyage que j'ai fait après mes études où je suis parti faire le tour du monde en backpack. Je m'attendais à vivre certaines choses et à être transformé sur certains aspects. J'allais chercher ça aussi un peu, mais je ne m'attendais pas à une prise de conscience si forte sur l'environnement. j'ai vraiment vu des choses qui m'ont poussé à me dire que j'avais pas envie de cautionner ça et que j'avais envie d'agir pour faire mieux et embarquer les occidentaux parce que pour moi c'est un problème surtout occidental bon c'est plus complexe que ça mais de m'engager pour essayer de réduire en fait l'empreinte qu'on peut avoir sur le monde et pas que chez nous en France ou en Europe il y a des déchets qu'on produit qui se retrouvent à l'autre bout du monde ou quand on fait du tourisme et qu'on ravage des écosystèmes pour moi c'est pas bon, voilà
- Florence Gault
Une rencontre qui vous a marqué ?
- Théo Fleurance
Je dirais que c'est en revenant de mon voyage, quand j'ai fait un service civique qui liait sport et écologie, je suis tombé sur une personne qui avait mis en place un projet un peu fou, qui a du coup permis de me recruter à un service civique. Et c'était quelqu'un de très bienveillant, et qui a pris vraiment au sérieux la mission du service civique, qui m'a beaucoup accompagné, et je pense que c'est la personne qui a fait que... Que je suis chez FEF aujourd'hui et que je suis engagé comme ça. Il a confirmé un peu tout ce que j'avais à l'époque, qui bouillonnait chez moi et qui l'a cadré dans une mission et dans un engagement. Un livre,
- Florence Gault
un documentaire, un film, un podcast qui vous a influencé ?
- Théo Fleurance
Je dirais le documentaire Demain. Je me souviens, pareil, dans une époque où je cherchais un peu des réponses. Ça m'avait paru très éclairant et très inspirant. Et après, même si ce n'est pas lié à la thématique des podcasts, j'en écoute beaucoup, et notamment ceux de Radio Nova, puisque j'aime beaucoup la musique aussi.
- Florence Gault
Si vous étiez un animal en voie de disparition, lequel seriez-vous et pourquoi ?
- Théo Fleurance
Je n'ai pas la liste en tête de tous les animaux en voie de disparition, mais je reviens à mon voyage, aussi, quelque chose qui m'a marqué. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que ce soit un animal, le corail, la barrière de corail, les coraux qui meurent, en partie, en grande partie quand même à cause de l'homme, et que j'ai vu de mes propres yeux. et c'est tellement un écosystème merveilleux comme peut l'être l'Amazonie dans laquelle j'ai été aussi et qui en fait n'a pas besoin de l'homme qui fonctionne très bien, qui est riche qui est hyper inspirant et de voir qu'on l'impacte et qu'on le détruit petit à petit c'est ce qui m'a marqué donc je dirais ça
- Florence Gault
Imaginez que vous avez le pouvoir de donner la parole à une plante, laquelle choisiriez-vous et quel serait son message à l'humanité ?
- Théo Fleurance
Là, ça va être peut-être un peu cliché, mais j'y pense souvent en ce moment. J'aurais dit une plante, un arbre qui résiste à des plus grosses catastrophes qu'on puisse faire. Si je ne me trompe pas, le ginkgo biloba, c'est un arbre qui a résisté à des bombes nucléaires ou qui a repoussé sur des cendres suite à ça. Donc, je prendrais cet exemple-là et je ferais... On a passé le message qu'on est des humains, donc on fait des erreurs par définition, mais c'est bien de ne pas les reproduire. Voilà.
- Florence Gault
Si vous pouviez organiser un dîner avec trois figures emblématiques de l'écologie, vivantes ou décédées, qui inviteriez-vous et quel serait le menu ?
- Théo Fleurance
Alors là, instinctivement, j'en pense à deux que j'ai rencontrées, Jean Jouzel et Salomé Saquet. pour des raisons différentes. D'ailleurs, Jean Jouzel est venu au club de la Duchère témoigner lors d'une soirée ciné. Et il adore le foot. Donc on avait déjà beaucoup parlé. J'aurais eu envie justement de parler encore plus longtemps avec lui. Donc lui, ce serait le premier. Salomé Saquet, parce que j'aime bien le ton qu'elle emploie, la pédagogie. Je trouve qu'elle est très pertinente aussi en débat. Chose qui n'est pas toujours évidente et qui m'intéresse beaucoup. aussi la façon dont on peut convaincre avec un ton apaisé et en vrai elle se prend que des remarques sur son physique les gens quand on discute avec elle et qu'elle arrive à les coincer c'est la seule chose qu'ils arrivent à lui rétorquer je trouve que ça en dit long sur la rhétorique quand on a plus d'arguments on attaque des trucs qui n'ont plus rien à voir donc ces deux personnes et après j'ai aussi pas mal lu Pierre Rabhi au tout début où j'ai commencé à m'intéresser vraiment à l'environnement. Et j'aimais bien la philosophie, pas tout, mais ça m'a intéressé beaucoup. Voilà, je dirais ces trois personnes. Et qu'est-ce qu'on mange ? Forcément des trucs de saison, des trucs qui n'impactent pas la santé, qui sont bons, qui sont gourmands. Moi, je suis végétarien depuis mon retour de voyage, et j'ai vraiment réappris à prendre le temps de cuisiner, à redécouvrir des saveurs que j'avais par ailleurs aussi goûtées pendant mon voyage. Et c'est une richesse que j'ai aujourd'hui. qui est très importante pour moi. Je pense que c'est un plat végé de saison, bio.
- Florence Gault
Quel est votre péché mignon non écolo dont vous avez du mal à vous passer ?
- Théo Fleurance
Le foot quand même. Même si beaucoup moins qu'avant. Je continue à aller voir certains matchs, etc. Et je dirais que j'essaye de travailler, mais c'est dur. sur mon lien avec le téléphone. C'est quand même quelque chose... On sait tous que c'est pertinemment très néfaste, mais en même temps, moi, c'est mon outil de travail et je regarde aussi beaucoup de contenu, j'écoute mes podcasts grâce à ça. Mais ouais, j'ai bien conscience que c'est quand même quelque chose sur lequel je peux encore travailler.
- Florence Gault
Depuis novembre 2002, avec Audrey Ranchin, nous menons une expérience intitulée « Au creux de mon arbre, l'écho du vivant » . Nous avons fabriqué un arbre cabane dans lequel nous invitons les gens à venir raconter leurs souvenirs de nature. Alors je vais vous demander, à votre tour, un souvenir de nature qui a laissé une trace importante dans votre vie.
- Théo Fleurance
Ouais, j'en ai plein, plein, plein, plein, plein. Ma famille est originaire des Vosges, déjà je dirais ça. Et toutes les vacances d'été et beaucoup de vacances scolaires, je l'ai passé dans les Vosges. Du coup, j'ai un lien, je ne sais pas, particulier avec la forêt, les lacs. Je trouve que c'est apaisant, c'est un peu mystérieux. C'est beau, ça vit. Il y a de la lumière, il y a des fumées. C'est très mouvant, ce n'est pas un truc plat, je trouve. Donc, je dirais ça. tellement de paysages en tête que j'ai vu notamment pendant mes voyages qui m'ont marqué, on restait en contemplation devant pendant des heures et des heures j'ai quelques scènes en tête sur lesquelles je pourrais en parler pendant des heures tellement c'est inspirant et apaisant ça invite à la réflexion et ça fait du bien voilà