- Speaker #0
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #1
On va commencer assez simple. Est-ce que tu peux nous décrire l'endroit dans lequel on est en train de marcher actuellement ? Où sommes-nous ?
- Speaker #2
Déjà, on a trop de chance aujourd'hui, il fait super beau pour cette balade, ça fait plaisir. On est chez moi à une dizaine de kilomètres d'Annecy, sur un terrain sur lequel j'ai installé la tiny house dans laquelle je vis depuis maintenant 4 ans. C'est donc une tiny house pour les personnes qui n'en ont pas encore entendu parler. C'est une micro-maison de 14 mètres carrés qui est construite en bois et qui est installée sur une petite remorque.
- Speaker #3
Super, en tout cas, Ali, je suis super content qu'on te retrouve aujourd'hui pour parler de toi, de ton parcours et de ta vie. Mais j'ai surtout une première question, c'est sur ces dernières semaines, j'ai cru comprendre que tu rentrais d'un long voyage sans prendre l'avion, qui plus est. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Et ma première question par rapport à ça, c'est qu'est-ce que ça a changé pour toi de voyager en train sans prendre l'avion ?
- Speaker #2
Oui, alors c'était le plan de ne pas prendre l'avion et puis je vais vous raconter ce périple, il y a eu un petit twist à la fin. mais ça fait ça allait faire 5 ans que je n'avais pas pris l'avion j'ai eu envie de réduire mon empreinte carbone qui était beaucoup liée au transport et notamment à l'avion on a un petit tracteur qui passe à côté de nous c'est la campagne ce choix, cette décision m'a permis non seulement de réduire mon empreinte carbone, ce qui était l'objectif de base mais en fait il y a plein d'autres objectifs qui ont été atteints Merci. puisque j'ai pu découvrir tout un tas d'autres modes de transport et de faire plein de voyages que je n'aurais jamais eu l'occasion de faire si je n'avais pas pris cette décision. Donc j'ai fait plusieurs voyages en train, notamment grâce au pass Interrail, qui est un pass qui permet de voyager dans toute l'Europe avec des prix assez intéressants. Donc j'ai fait un premier voyage en Scandinavie il y a 4 ans, ensuite j'ai fait le tour de l'Italie, le tour du Royaume-Uni et de l'Irlande. L'année dernière, je suis allée jusqu'à Istanbul en train. Et là, comme tu dis, tout dernièrement, je suis allée dans les îles Lofoten. J'y suis allée en train, ça m'a pris trois jours. C'était incroyable les paysages que j'ai pu voir sur le trajet. J'ai pu m'arrêter à Stockholm, à Oslo, à Trondheim. Donc ça m'a fait plusieurs petits voyages dans le voyage. Et j'ai passé une semaine incroyable dans les îles Lofoten. Et il y a eu un petit twist à la fin, c'est que je devais rentrer. en train aussi, et qu'il y a eu des grosses inondations en Suède. Donc il n'y avait plus de train, plus de bus, plus de route, et j'ai dû rentrer en avion, ce qui était quand même un vrai fail pour moi. Mais voilà, ça fait partie du jeu. C'est un peu ironique parce que j'ai décidé d'arrêter de prendre l'avion pour réduire mes émissions de CO2 et participer à la lutte collective contre le changement climatique. Et j'ai dû rentrer en avion à cause d'inondations provoquées elles-mêmes. Par le changement climatique.
- Speaker #3
Oui, donc ça, c'est quand même assez fort.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #3
Donc, en fait, ce terme que tu utilises pour voyager lentement, ça s'appelle le slow travel en anglais. C'est assez commun, finalement, aujourd'hui, surtout pour la jeune génération. Est-ce que tu peux nous donner ta définition du slow travel ?
- Speaker #2
Je dirais que, pour moi, c'est vraiment la dimension d'avoir un voyage dans le voyage. On va dire qu'avant, quand je voyageais en avion... Mes vacances ou mon voyage démarraient dès l'instant où j'avais atterri à ma destination. Aujourd'hui mon voyage commence quand je pars de chez moi. Ça peut me prendre 2-3 jours d'arriver jusqu'à ma destination. Mais en fait j'ai déjà voyagé au moment où j'arrive. Et surtout ça me permet de réaliser les distances qu'on parcourt. Là où en avion on est juste catapulté d'un point A à un point B. On n'a plus aucune notion de la distance qu'on parcourt, des pays qu'on traverse pour aller à un endroit. Alors que là, par exemple, pour aller à Istanbul, je suis passée par l'Italie, puis la Grèce à l'aller, au retour par les Carpathes en Roumanie, par la Hongrie, par l'Allemagne. En fait, on se rend compte de tous ces pays qu'on doit traverser pour rejoindre un endroit.
- Speaker #3
Oui, finalement, avec le temps qui s'accélère et dans une société qui va ultra vite, en fait, aujourd'hui, on ne prend plus conscience que voyager, c'était lent avant, si on reprend au temps du Moyen-Âge, par exemple, ou quoi.
- Speaker #2
Exactement. Et ça m'a particulièrement marquée quand je suis allée en Hongrie. En Corse, il y a 4 ans, en voilier avec la coopérative qui s'appelle Sailcop. Et vraiment, c'était une sensation assez dingue d'être... Au milieu de la mer pendant 20 heures, de naviguer de nuit, pour moi c'est une des expériences les plus marquantes de ma vie parce que c'était une expérience en soi, le trajet, alors que dans d'autres types de vacances, le trajet on ne s'en rappelle pas, on ne se rappelle que de l'intérieur des vacances, alors que le voyage pour y arriver est un voyage en lui-même.
- Speaker #3
Tu nous as parlé surtout de la beauté, j'imagine, je n'ai jamais eu la chance d'aller dans les îles Lofoten, mais tu nous as parlé de la beauté des paysages. Est-ce que tu aurais une anecdote humaine que tu aurais vécue durant ces quelques semaines cet été ?
- Speaker #2
Oui, il y en a eu plein. Franchement, j'ai eu une telle chance pour ce voyage que je relativise aussi le retour qui ne s'est pas passé comme prévu parce que j'ai eu tellement de chance avant qu'il fallait en laisser aux autres. Déjà, j'ai fait des super rencontres dans les différentes auberges de jeunesse dans lesquelles je suis allée, dans plusieurs villes. Ensuite, j'ai eu un temps absolument... exceptionnel pour les Lofoten parce que normalement il ne fait vraiment pas très beau et là j'ai eu je pense 80% de journée full ciel bleu, soleil donc pour les randonnées c'était parfait je suis allée surfer et il y avait des super bonnes conditions de surf ce qui pareil n'est pas gagné d'avance et ensuite j'ai fait beaucoup de stops parce que le réseau de bus n'est pas tip top là-bas donc c'était super facile de se déplacer en stop et d'ailleurs c'est rigolo, j'ai été prise en stop par la belle soeur d'un copain d'Annecy Merci. ce qui est quand même vraiment improbable. Oui,
- Speaker #3
ça c'est sûr. Mais souvent en stop, le monde est très petit, j'en ai aussi pas mal fait, et on recroise souvent des personnes qu'on connaît. Et finalement, la slow travel, pour toi, en quoi c'est logique dans la vie que tu mènes aujourd'hui, et c'est finalement cohérent avec qui tu es aujourd'hui, et la vie que tu mènes dans cette tiny house dont tu nous as déjà parlé ?
- Speaker #2
Ce que j'essaye d'incarner à travers la tiny house, et plus globalement avec ce mode de vie, c'est l'idée qu'on doit ralentir. Aujourd'hui, on est dans une société... qui prône la surproductivité, l'accélération. On le voit aujourd'hui avec l'intelligence artificielle, on défend les mérites de cet outil, comme si c'était un super progrès qui va nous permettre d'être des surhumains qui vont aller toujours plus vite, qui vont faire toujours plus de tâches et être toujours plus productifs. Et moi, je pense qu'au contraire, on a tout intérêt à aller un peu à rebours de ça et de revenir aussi à l'essentiel, parce que je ne compte plus le nombre de personnes autour de moi qui me disent être... perte totale de sens, que ce soit dans leur métier ou dans leur vie quotidienne qui ont l'impression d'être un hamster dans sa roue. Je pense que je ne suis vraiment pas au bout de ce chemin-là et j'ai encore plein de contradictions, mais j'ai la sensation qu'aujourd'hui, je me suis plus alignée entre la vie dont je rêvais et la vie que je suis en train d'avoir. C'est quand même un super privilège.
- Speaker #3
Est-ce que la Tiny House a été aussi un très bon moyen de revenir un peu à l'essentiel ? par le minimalisme que ça procure et que ça demande. Si tu peux nous en parler en quelques mots sur l'impact que ça a eu dans ton quotidien et peut-être aussi sur ton mindset dans ton travail.
- Speaker #2
Déjà, à la tiny house, à la base, je voulais un habitat plus écologique, plus économique, que je puisse potentiellement bouger au fil de mes projets de vie. Le fait d'avoir un logement qui ne me coûte pas trop cher, ça me permet d'avoir beaucoup d'indépendance économique. Donc, ça m'a notamment permis de faire cette route. conversion et de me libérer de la pression du CDD, du crédit, etc. qui aujourd'hui enchaînent pas mal des personnes qui voudraient faire un autre métier mais qui ne peuvent pas parce qu'elles ont des contraintes financières trop lourdes. Ça m'a aussi clairement permis de diminuer ma charge mentale parce qu'en fait, avoir moins de choses, c'est avoir moins de choses à acheter, à réparer, à entretenir. Enfin, il y a toute une logistique autour du fait qu'on ait plein d'objets autour de nous. et moi ça m'a vraiment... J'ai l'impression que j'ai rangé ma maison en même temps que j'ai rangé ma tête quand je me suis installée dans la tiny. Et après il y a tout un tas d'externalités positives que je n'avais pas envisagées avant. Mais par exemple aujourd'hui quand des amis ou de la famille me font un cadeau, ils sont obligés d'avoir cette dimension en tête. Je ne vais pas m'offrir un énorme bibelot super imposant qui va prendre la poussière. Et donc les gens ont tendance à m'offrir plutôt des moments à vivre donc des spectacles, des pièces de théâtre... J'ai une amie qui est kiné qui m'a offert un massage. C'était trop bien. Meilleur cadeau. Merci Zoé. Et en fait, ça pousse à repenser tous nos modes de vie et nos consommations. Et au-delà de moi-même.
- Speaker #1
Alors là, on se dirige tranquillement. On vient de changer de cap. On est dans un petit chemin. On est sortis de la petite route. Et on a le soleil qui tape. Et c'est agréable. J'aimerais revenir un peu sur quand tu étais en Norvège. Juste avant, tu étais en Suède. Et j'ai vu un post LinkedIn où tu avais écrit cette phrase par rapport à la Suède. Cette opportunité restera l'une des plus transformatrices de ma vie. C'est quoi qui t'a transformée ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ce temps en Suède ?
- Speaker #2
Oui, alors la Suède, c'était début août. Je m'y suis rendue pour assister à l'European Academy de la Jeune Chambre Économique. Donc c'est une association dont je suis vice-présidente à Annecy. C'est un incubateur de leaders citoyens pour... monter des projets à impact positif sur son territoire. C'est pour les jeunes de 18 à 40 ans. Et je suis dans l'association depuis deux ans et on avait la possibilité cette année de rejoindre cette Académie européenne. Et c'était une formation sur le leadership avec des jeunes de toute l'Europe. Et donc j'ai passé quatre jours et quatre petites nuits. Petites nuits parce qu'on n'a vraiment pas beaucoup dormi pendant ces quatre jours. Mais c'était... C'est incroyablement enrichissant, parce que déjà, on n'a jamais l'occasion dans la vie d'être avec des jeunes engagés de 27 pays d'Europe. Donc juste ça, c'était... Enfin, humainement, moi, ça m'a vraiment mis une claque, parce qu'on a l'impression que tous nos voisins européens, ils partagent la même réalité que nous, alors que pas du tout. En échangeant sur mon quotidien avec une Serbe ou un Roumain ou une Danoise, enfin, voilà, avec plein d'autres nationalités, je me rends compte que... Nos réalités sont quand même très différentes selon la situation économique, politique de nos pays. Je le savais en filigrane, mais là, de me rendre compte avec des exemples un petit peu concrets que clairement, on n'avait pas les mêmes chances, ça m'a permis de réaliser que j'étais vraiment super privilégiée et chanceuse d'être née en France pour plein de raisons. Et en fait, pendant quatre jours, on a réfléchi à des projets à impact positif. à lancer pour l'Europe ou pour nos pays. Et on a participé à plein d'exercices de coopération, de confiance pour apprendre à travailler et collaborer avec des inconnus en un temps record. Et ça a été une expérience, comme je disais, assez transformative parce que si au début on m'avait dit que quatre jours plus tard, je serais complètement chamboulée par toutes les rencontres que j'allais faire, je n'y aurais pas cru. Je partageais ma chambre avec une Suédoise et le... le troisième soir, elle m'a dit c'est quand même fou quand tu y penses. On ne se connaissait pas il y a trois jours et là, on se demande comment on va continuer notre vie sans se revoir. Je me suis dit, ouais, c'est vraiment assez fou comme le lien que ça peut créer de créer des projets d'impact et de coopérer ensemble avec des valeurs d'engagement qu'on partage.
- Speaker #1
Et du coup, concrètement, tu nous as parlé de la JCE. Concrètement, si moi, je suis un jeune et j'ai envie de rejoindre la JCE, comment ça se passe ?
- Speaker #2
Alors, comme je disais, c'est pour les jeunes de 18 à 40 ans, donc il y a un peu une date de péremption à laquelle on ne peut plus rejoindre la jeune chambre. Mais toi, tu es encore dans le bon créneau.
- Speaker #1
Ça va, normalement, nos auditeurs sont dans ces âges-là, donc ça devrait aller.
- Speaker #2
Et donc, c'est pour les jeunes qui ont envie de s'engager, on a des projets à impact positif qui doivent répondre à au moins un des objectifs de développement durable de l'ONU. Donc les sujets sont super larges, on peut parler de lutte contre le changement climatique, de lutte contre la pauvreté, pour l'assainissement de l'eau, pour l'égalité des genres, pour l'éducation des enfants, etc. Donc ça donne un cadre, le fait d'être une association, ça donne un cadre, une sorte de terrain de jeu qui nous permet de monter ces projets. Parce que contrairement à un individu seul, lorsqu'on est une association... On peut aller demander des subventions, on peut aller chercher des partenariats, on peut solliciter la presse et on peut, selon le nombre et l'envergure, le nombre de personnes à travailler sur le projet et l'envergure, l'ampleur qu'on veut lui donner, on peut monter des projets qui durent dans le temps. Par exemple, la Jeune Chambre est à l'initiative de la journée des droits de l'enfant et plus récemment, vous connaissez la journée des droits de l'homme et il y a la journée internationale des devoirs. de l'homme, enfin de l'humain plutôt, qui a été un événement créé par la Jeune Chambre Internationale. C'est une asso mondiale. À Annecy, on est une toute petite antenne. Aujourd'hui, on est six membres. On est aussi entre six et dix membres selon les années environ. Et puis, il y a d'autres jeunes chambres en France où ils sont plutôt 30, 40, 50. Et il y a des pays où c'est vraiment des grosses organisations. Je pense notamment au Japon où c'est des énormes locales de plus de 100 personnes. Et je trouve que c'est assez... Quand on se retrouve pour des événements, qui plus est des événements européens ou mondiaux, de faire bloc et de se dire que non, on n'est pas des jeunes isolés dans notre coin qui ont envie de rêver d'un monde un petit peu plus juste. On est plusieurs dizaines de milliers et qu'ensemble, on ne peut peut-être pas faire la révolution, mais en tout cas commencer et faire des choses concrètes.
- Speaker #1
C'est un peu le terme du coup de citoyen. Et du coup, j'ai un peu envie de te demander... C'est quoi être leader citoyen ? C'est quoi la définition pour toi ?
- Speaker #2
Je dirais que ce que m'a apporté comme définition, parce que le leadership c'est quand même un mot un peu fourre-tout et on ne sait pas trop ce qu'on peut y mettre derrière. Moi j'avais plutôt une vision en plus négative du leadership parce que je trouvais que ça faisait ressortir un peu des enjeux de pouvoir et de domination qui ne me plaisaient pas tellement. Au final... Aujourd'hui, je pense que le leadership, c'est plutôt de rassembler des gens autour de soi qui vont aller dans un sens commun pour porter un projet. Et c'est aussi laisser une sorte d'héritage. C'est peut-être un peu... Je ne sais pas si c'est le bon mot, mais un héritage, laisser une trace d'un projet ou d'une vision qu'on a voulu porter pendant notre année de présidence. Parce que oui, je ne l'ai pas dit, mais l'idée de la jeune chambre, c'est aussi de prendre des responsabilités. Et donc, par exemple, cette année, je suis vice-présidente et trésorière. Et l'année prochaine, a priori, si je suis toujours choisie par les membres, je serai présidente de l'association. et donc voilà chaque... présidente ou président apporte sa petite pierre à l'édifice de quelque chose qu'il souhaite laisser aux futurs membres par la suite.
- Speaker #1
J'ai changé un petit peu les questions et puis allé un petit peu plus loin. On va se décaler un petit peu de la GCE. Mais dans nos discussions, tu nous disais que tu avais vécu de la phobie scolaire. Et puis quelques années plus tard, tu as osé parler devant plus de 700 dirigeants d'entreprise. Finalement, vu qu'on a quand même pas mal de jeunes et que... On parle à beaucoup de jeunes. Comment tu en es arrivée là ?
- Speaker #2
Oui, je ne crois toujours pas moi-même que j'ai ça. Parce que vraiment, c'était au lycée. En fait, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais un jour, j'avais fait un exposé. J'ai fait une crise d'angoisse. Et depuis ce moment-là, à chaque fois que je devais reprendre la parole, j'avais l'appréhension. Et donc, tous les symptômes d'une crise d'angoisse. De ne plus arriver à réfléchir, le cœur qui accélère, les mains moites, la confusion et tout. Et donc, j'avais tout le temps cette appréhension, tout le temps peur d'être interrogée en classe. Et en fait, c'est les mécanismes d'une angoisse qui se répètent. On a peur que ça arrive, donc on a l'appréhension. Et l'appréhension fait que ça finit par arriver. Donc, j'étais vraiment dans un cercle vicieux à tel point que, non seulement quand j'étais interrogée en classe, je disais que je n'avais pas fait mes devoirs, alors que j'y avais passé plein d'heures, mais juste pour... pour ne pas lire mon travail. Donc ça pouvait avoir des répercussions sur mes notes. Et carrément, en terminale, mes parents sont allés voir mon prof principal pour demander à ce que les profs ne m'interrogent plus. Donc c'était quand même vraiment pénalisant. Et ça a traîné comme ça quelques années. Et je dirais que c'est quand j'ai commencé à faire ma reconversion et à animer des ateliers de sensibilisation que je me suis exercée à prendre la parole devant 4, 5, 6, 10 personnes. Et petit à petit, ça a commencé à aller mieux. Alors au début, j'avais des petites... technique parce que je commençais à animer mon atelier et j'avais le cœur qui s'emballait. Du coup, je posais une question aux gens, comme ça, ils pouvaient eux parler et moi, je pouvais reprendre mon souffle sans que ça se voie. Enfin, on trouve tout un tas de stratégies d'évitement. Et puis après, j'ai commencé à travailler avec Benjamin Demoyen qui est aujourd'hui mon associé et qui, lui, faisait des conférences. Donc, je pense qu'il a aussi eu un rôle un peu de mentorat, d'inspiration. Donc, voilà, déjà, je le remercie quand même pour ça parce que je pense qu'il m'a souvent poussée. parfois un peu devant la douleur, mais au final, je pense qu'il a eu raison. Et surtout, il m'a suggéré de m'inscrire à une association qui s'appelle Toastmaster. Toast comme un toast. C'est sportif, la forêt. On est obligé de passer sous un arbre. Donc, une association qui s'appelle Toastmaster, qui permet de s'exercer à la prise de parole en public. Et donc, Benjamin m'a suggéré de m'inscrire à cet assaut. Et ça m'a beaucoup aidée. Un jour, Benjamin m'appelle et me dit Alice, j'ai... une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut présenter l'atelier qu'on a créé, sur lequel tu bosses comme une maboule depuis des mois. On a l'occasion de le présenter devant 700 chefs d'entreprise à un événement auquel je suis invitée pour animer une table ronde et auquel tu peux participer. Donc ça, c'était la bonne nouvelle. Et il me dit la mauvaise nouvelle, c'est que ça tombe pendant tes vacances et que c'est devant 700 personnes.
- Speaker #3
Ça commence à raconter.
- Speaker #2
Et je lui ai dit, bon, le fait que ça tombe pendant mes vacances, on va pouvoir gérer ça. Par contre, le fait que c'est devant 700 personnes, comment je vais réussir à dormir jusqu'à cet événement ? Et en fait, ça m'a vraiment stressée les jours qui ont suivi. Et puis, plus la date arrivait, d'un côté, plus je stressais et d'un autre côté, plus j'avais envie. Je croyais trop au potentiel de notre atelier. Les premiers ateliers qu'on avait faits, on avait des super retours. Les gens étaient super contents. Et je me disais, c'est quand même dommage que tout ce travail qu'on a fourni... reste dans ma tiny house. Et donc, j'ai eu envie d'y aller. Et ça s'est trop bien passé. On a eu vraiment que des éloges et sur notre prestation et ensuite sur l'atelier que les dirigeants d'entreprise ont pu tester. Et pour moi, c'était un super accomplissement parce que je revenais vraiment de loin sur la prise de parole en public. Et donc maintenant, je peux plus improviser quand j'ai des discours à faire ou autre, que ce soit dans le cadre de la jeune chambre ou pour mes animations d'atelier que je fais régulièrement.
- Speaker #1
une bonne victoire sur soi-même.
- Speaker #2
Oui, c'est peu de le dire.
- Speaker #1
C'est vrai qu'avec Jérémy, on le voit. L'avantage d'avoir un binôme, c'est que l'un et l'autre, on se pousse. C'est top. J'aimerais... C'est vrai qu'on a pris un peu de temps avec toutes ces questions, mais finalement, je crois que c'est le bon moment pour que tu te présentes et que tu nous dises qui tu es, Alice.
- Speaker #2
Oui, j'ai 31 ans. Je suis originaire de Grenoble. Je suis très fière. Super ville de Grenoble.
- Speaker #1
T'as les poches ?
- Speaker #2
Et je vis à Annecy depuis 4 ans. Ce que je fais dans la vie aujourd'hui, c'est que j'anime des ateliers de sensibilisation sur la transition écologique avec un atelier qui s'appelle Déclic, dont je parlais juste avant. Et Déclic, ça raconte tout ce que la sobriété va nous faire gagner. Comment on va être en meilleure santé, on va avoir plus de liens sociaux, on va économiser de l'argent, on va gagner du temps à adopter tout un tas de solutions de sobriété. En fait, c'est trop bien parce que c'est plein de solutions que j'ai testées dans ma vie à moi. Donc quand j'en... Quand j'en parle, je les défends avec assez de conviction parce que j'ai pu les tester. Et à côté de ça, je suis dans cette association, la Jeune Chambre. Ça me prend pas mal de temps, mais c'est du temps super bien investi, entre guillemets. J'aime pas trop cette notion d'investissement de notre temps. Mais je sais pas comment le dire mieux. Mais qui m'apprend trop sur moi, sur les autres. On fait pas mal de tests de personnalité aussi à la Jeune Chambre et j'ai appris plein de... de billets que je pouvais avoir ou que d'autres personnes pouvaient avoir. C'est assez enrichissant. Et après, je suis aussi dans une autre association qui s'appelle Tiamo, comme un hameau léger. Et on est en train de créer un écolieu en Savoie avec des copains qui vivent en tiny house et en yurte. Et ce projet, on devrait pouvoir s'installer si tout se passe bien au printemps 2026. Donc j'ai vraiment hâte parce que la vie en tiny house, c'est trop bien. et j'ai envie de tester, de vivre aussi en collectif pour pouvoir aller encore plus loin, mutualiser des usages, mutualiser des objets. Je pense qu'on n'a pas besoin d'avoir une voiture chacun, par exemple, quand on habite à côté, et qu'on s'en sert peu. Et puis vivre des moments collectifs, je pense qu'on est plus résilients quand on est plus nombreux et face aux défis qui nous attendent demain, je pense que c'est vraiment très important de tisser. du lien social avec les gens proches de nous.
- Speaker #1
Pour la suite, vu que tu nous as parlé de la JCE, je crois que tu as un projet en ce moment avec eux, si je ne m'abuse, qui s'appelle Vote is Hot. Tu peux nous en dire un peu plus ?
- Speaker #2
Oui, carrément. Je vais m'entraîner à pitcher pour ce soir. Ce soir, on a la soirée des lauréats de l'appel à projet de la ville d'Annecy que nous avons remporté aux côtés de plein d'autres associations géniales de la ville. Donc j'ai vraiment hâte d'y être ce soir et on va présenter ce projet qui s'appelle Vote is Hot. Alors à la jeune chambre d'Annecy, on aime bien les noms un peu subversifs, pour ne pas dire un peu coquins. C'est Charlotte Madère, la présidente, qui a l'initiative de ce super nom. Et Vote is Hot, c'est un projet sur le renouveau démocratique des jeunes. L'idée, c'est qu'on a fait le constat qu'aujourd'hui, on avait un vrai problème démocratique parce que la jeunesse ne s'exprime pas. Ne s'exprimez pas dans les urnes. On a par exemple 28% des jeunes qui n'ont pas voté aux dernières élections présidentielles. C'est plus d'un quart, donc c'est énorme. Et encore pire, aux élections européennes, c'était 48% des jeunes européens qui ne se sont pas prononcés. Donc on pense qu'on ne peut pas faire vivre sainement une démocratie si les adultes d'aujourd'hui et de demain n'ont pas voix au chapitre. Et pourquoi ces jeunes ne votent pas ? Il y a plusieurs facteurs. Il y a d'une part une certaine méconnaissance et des enjeux autour de chaque élection et des démarches pour bien s'inscrire sur les listes électorales, donner ou prendre une procuration, vérifier qu'on a bien fait son changement de liste lorsqu'on déménage. Et c'est particulièrement le cas pour les jeunes entre les années d'études, Erasmus, etc. Les jeunes sont aussi... Alors je dis les jeunes comme si j'en faisais pas partie, je fais, je crois, encore partie de la jeunesse. Peut-être pas selon l'INSEE, je crois que ça s'arrête à 29 ans, mais bon, j'y suis pas si loin. Les jeunes sont particulièrement exposés aux réseaux sociaux et aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle, ils peuvent être vulnérables aux fake news. Et donc voilà, on trouve qu'il y a un vrai enjeu de mobiliser la jeunesse autour du devoir citoyen de voter. Et pour ça, on va leur fournir... On va faire un partenariat avec des écoles et des MJC de la ville. On va leur fournir un kit pédagogique qui rappelle les calendriers électoraux. les enjeux autour des élections, les outils pratico-pratiques pour pouvoir voter à distance, etc. Et surtout, on va essayer de les reconnecter à la sphère politique. Et pour ça, on s'est dit que quoi de mieux que de les remettre au cœur des institutions. Donc, on va emmener ces jeunes visiter l'Assemblée nationale avec un ou une députée de notre circonscription pour vivre la vie de ce métier pendant quelques heures. On va ensuite aller visiter la Commission européenne et le Parlement européen avec une formation autour du pouvoir des lobbies. On a tendance à l'ignorer, mais les lobbies ont vraiment une énorme influence dans les décisions qui sont prises, notamment en Europe. Et je pense que c'est très important d'en être conscient pour savoir comment sont arbitrés les choix qui sont faits aujourd'hui. Et voilà, et après on va aussi faire des échelles plus locales. On va tenter d'aller voir un conseil municipal. On a la chance d'avoir l'ONU qui n'est pas très loin. Donc, on va faire une petite visite à l'ONU. Et Charlotte et moi, on va se rendre en novembre dans deux événements internationaux. Charlotte va aller à la COP30 à Belém, au Brésil. Et elle organisera une session live pour faire vivre cet événement de l'intérieur. Et pour ma part, je me rends au Congrès mondial de la Jeune Chambre à Tunis. Et pareil, je partagerai avec les jeunes qui nous écouteront ce que je vais vivre là-bas. c'est-à-dire des formations sur la coopération internationale avec des jeunes engagés du monde entier cette fois.
- Speaker #1
Et du coup, c'est vrai qu'on parle beaucoup de notre jeunesse qui se désintéresse de beaucoup de choses. Finalement, j'ai quand même l'impression, nous, c'est vrai qu'on parle d'anxiété, d'angoisse. Mais c'est vrai que finalement, le système politique aujourd'hui, nos jeunes en ont presque ce désintéresse. et puis on a peut-être... Pas rien à faire, mais peut-être qu'ils se disent qu'on ne peut plus avoir confiance en nos politiques, en nos institutions. Qu'est-ce que tu dirais à un primo-votant aujourd'hui pour le réintéresser à nos politiques ?
- Speaker #2
Alors déjà, je nuancerais un petit peu parce qu'il y a plein de formes d'engagement. Le vote en est une, mais aujourd'hui, les jeunes s'engagent davantage dans des associations ou en relayant des choses sur les réseaux sociaux parce que c'est leur moyen d'expression. D'ailleurs, j'en profite pour recommander le livre de Salomé Saquet, « Sois jeune et tais-toi » , qui explique vraiment très bien quels facteurs font que la jeunesse vote moins, mais s'engage de différentes façons. Aujourd'hui, je pense que le vote, c'est un outil qui a vraiment ses limites, parce que déjà, on a pu constater que dans certaines élections, déjà, il n'y a pas de prise en compte du vote blanc, ce qui est questionnable, même lorsqu'il y a un vote qui est exprimé, il n'est pas toujours nécessairement respecté. Donc la rupture de confiance, on peut largement la comprendre. Moi, j'aurais envie de dire à ces jeunes que ça reste un outil parmi d'autres, que ça ne doit pas être le seul, qu'on peut s'engager en manifestant, en signant des pétitions, en construisant des alternatives, mais que ça ne doit pas être un outil qu'on doit complètement mettre de côté parce que malheureusement, aujourd'hui, on est dans un jeu et dans un système qui fonctionne comme il fonctionne. Et si on s'en extrait... on laisse d'autres décider pour nous. Et c'est quand même relativement dommage, je trouve.
- Speaker #0
Ma question était faite exprès de s'adresser directement à la jeunesse, mais je pense aujourd'hui que nos politiques aussi doivent écouter, et tu y as répondu un petit peu, mais du coup si maintenant la question était posée à l'inverse, pourquoi nos politiques du coup sont responsables de ce désengagement ?
- Speaker #1
Il faudrait leur demander. Il y a quand même une certaine forme d'impunité quand il y a eu certains scandales politiques, soit qui sont complètement passés en dessous des radars, soit qui ont eu des condamnations vraiment très minimes par rapport à la gravité des faits. Et donc, on a l'impression d'un système et d'une justice à deux vitesses. Donc forcément, ça désengage et on a envie de se détourner de ce milieu qui semble être de loin. une sorte de panier de crabe où chacun veut tirer son épingle du jeu et là, davantage pour le pouvoir que pour l'intérêt collectif. Nous, à la Jeune Chambre, on est à partisans, mais on n'est pas à politique, c'est-à-dire qu'on fait de l'éducation à la politique par qui on n'est pas censé communiquer nos convictions. Moi, aujourd'hui, je dirais qu'il y a un vrai devoir d'exemplarité qui est loin d'être atteint. On l'a vu très récemment avec l'actualité de notre ancien président. mais sans cette exemplarité des politiques sans cette cohérence entre leurs engagements et leurs votes réels je pense qu'on aura vraiment du mal à renouer la confiance et ce que j'ai aussi envie de dire aux jeunes et en tout cas c'est quelque chose que j'essaye de défendre enfin une idée que j'essaye de mettre dans la tête de pas mal de personnes c'est d'aller vérifier Merci. ce pourquoi votent nos députés, par exemple. Il y a des outils qui permettent de faire ça, parce qu'en fait, nos députés, ils sont là, et ils ont leur salaire tous les mois que parce qu'on les a élus. Et nous, en tant que citoyens, on a un vrai devoir de vigilance, parce que si, je pense notamment au cas de la loi Duplon, qui a mobilisé 2 millions de personnes dans la signature de la pétition cet été, on ne peut pas, en plateau télé, se targuer de vouloir défendre la vie et la santé des Français si lors d'un vote Avec l'enjeu des pesticides de cette loi du plomb, on vote en faveur. Et je pense que notre rôle en tant que citoyens, c'est aussi parfois de mettre nos élus, nos députés face à leurs contradictions. Et même parfois ceux qui sont de notre bord politique, parce que l'un n'empêche pas l'autre. Et je pense que c'est super important d'avoir ce regard et ce droit de vigilance, parce que ça nous redonne un petit peu du pouvoir en tant que citoyens. là où parfois ils essayent de nous en déposséder.
- Speaker #2
Je suis complètement d'accord avec toi. Et notamment, nous, on connaît un concept qui est grandissant, notamment chez les jeunes. On parle évidemment de l'éco-anxiété et de la peur vis-à-vis de leur avenir et de leur inquiétude face à l'avenir. Si toi, par rapport à ton histoire, qu'est-ce qui te pousse à te lever chaque matin par rapport à ton propre engagement ?
- Speaker #1
Très bonne question. C'est une question que je pose souvent aux personnes que j'interview. J'en ai pas parlé tout à l'heure, mais je fais aussi des interviews de personnalités engagées. Et j'aime trop cette question parce que je trouve que ça dit beaucoup de nous. La réponse va être un peu bateau, mais c'est d'essayer de rendre le monde un tout petit peu meilleur à ma toute petite échelle. Moi, ce qui m'a vraiment libérée de l'éco-anxiété, et pas que éco, ça va être de la politico-anxiété, de la guerre-anxiété. Il y a tellement de sujets qui génèrent de l'anxiété aujourd'hui. Ce qui m'a libérée, c'est d'essayer de passer à l'action. Alors j'ai l'impression que... J'en fais tellement pas assez par rapport à la hauteur des enjeux, mais les journées ne font que 24 heures et j'essaye de faire le maximum. Mais ça m'a permis déjà de ne pas être passive, de me rendre compte qu'on pouvait arracher des petites victoires. Elles sont trop rares, mais je reprends l'exemple de la loi Duplon, on a quand même réussi à les faire plier sur ce point. Et puis surtout, ça permet de s'entourer d'autres personnes engagées comme nous. de se sentir moins seul, de voir qu'on regarde le monde avec les mêmes lunettes que tout un tas de gens, et que, surtout dans le contexte de backlash écologique et social mondial, ça fait du bien de se dire qu'on n'est pas obligé d'être aspiré dans cette idéologie complètement mortifère, et qu'on peut construire plein d'alternatives. Et d'aller rencontrer ces gens qui font, ça me fait beaucoup de bien.
- Speaker #2
Puisque je ne sais pas si c'est ton cas, je crois que ça l'a été pendant un moment, mais quand on est engagé comme c'est ton cas aujourd'hui, est-ce que par moments on a le sentiment que la pression qui est sur nos épaules est beaucoup trop importante ? Et finalement ce terme qui est le burn-out militant, est-ce que tu l'as déjà vécu et comment tu as fait, si c'est ton cas, pour t'en sortir ?
- Speaker #1
Alors je fais attention avec l'utilisation de ce mot burn-out parce que j'ai pas mal lu sur le sujet et il est parfois un peu utilisé à tort et à travers, mais... Moi, j'ai connu, je dirais plutôt un surmenage militant et pas que. C'était au printemps dernier. J'avais vraiment une surchauffe de trop d'activités pro, trop d'activités associatives et envie de quand même continuer des activités militantes. Et voilà, j'étais juste trop sollicité. Et à un moment, le corps est bien fait. Mon cerveau m'a dit, ma petite cocotte, il va falloir te calmer parce que là, on va griller tous les fusibles. Et donc, j'ai pu me... me poser et ralentir à ce moment-là. Et d'ailleurs, s'il y a des personnes qui se sentent concernées par cet état de surmenage, il faut vraiment s'arrêter avant que la corde lâche complètement. Moi, à chaque fois que je me sens comme ça, j'espère que ça ne va pas trop se reproduire, mais je me dis qu'il vaut mieux s'arrêter deux semaines maintenant plutôt que six mois en ayant attendu deux semaines de trop. Et j'ai vu des personnes autour de moi qui n'ont pas eu l'occasion de se poser. au moment où il fallait le faire. Et en fait, elles ont eu des périodes de récupération beaucoup plus longues. Moi, j'ai juste ralenti le rythme pendant deux semaines et après, ça allait beaucoup mieux. Et maintenant, j'essaie d'être vigilante à bien structurer mon temps pro, mon temps militant, mon temps assaut.
- Speaker #2
Est-ce que tu peux nous en dire plus, justement, par rapport à cet équilibre que tu mènes, peut-être, aujourd'hui dans ta vie ?
- Speaker #1
C'est en construction. Ce n'est pas complètement abouti. Mais je crois que vraiment, ce qui m'avait fait surchauffer, c'était que je passais... Comme je suis indépendante, j'ai plusieurs activités pro, plusieurs activités associatives. Et je passais sans arrêt de l'un à l'autre dans la même journée. Et là maintenant, ce que j'essaye de faire, c'est de consacrer un jour à telle mission ou activité. Et d'un peu plus compartimenter pour éviter que le cerveau switch en permanence. Et aussi, j'essaye de ne plus transiger sur les week-ends. Je ne travaille presque pas. En vrai, si je suis complètement honnête avec moi-même, aujourd'hui, ça, c'est pas complètement atteint, parce que je travaille quand même au moins une demi-journée tous les week-ends, mais personne m'y oblige, c'est juste que je suis vraiment passionnée par les sujets sur lesquels je travaille et j'ai tout le temps envie d'en apprendre plus. Mais j'essaye de me discipliner et de me dire, voilà, c'est une demi-journée max, et après, je passe du temps à faire autre chose, du temps en nature qui ressource beaucoup. Voilà, j'essaye de bien... faire du sport et tout pour garder cet équilibre. Et en vrai, ça marche pas mal. Le sport, ça fait des années qu'on me tanne avec ça. Je n'étais pas convaincue du projet, mais finalement, c'est pas mal.
- Speaker #2
C'est notre dernière invitée qui t'a convaincue, je pense. Tu nous diras ce que t'en as pensé, en tout cas. J'ai un autre chiffre à te donner qui est finalement assez effrayant ou du moins peut-être positif, je ne sais pas, ça sera ta propre interprétation. Tu sais, on fait pas mal d'interventions dans les établissements scolaires et on essaye de faire des datas de tout ce que les jeunes ressentent vis-à-vis de leur avenir, vis-à-vis de l'engagement. Il y a plus de 60% de jeunes qui aimeraient s'engager mais ils ne savent pas vraiment comment faire. S'il y a un seul conseil que tu pourrais leur donner, toi, à travers ton expérience, lequel ça serait ?
- Speaker #1
Venez à la JCE d'Annecy ! La propagande ! Non, rejoignez des assos, des collectifs. Moi, ça m'a ouvert un champ des possibles qui était juste incroyable. Aujourd'hui, je crois que je n'arriverai plus à imaginer ma vie sans temps associatif. Et des fois, je suis un peu désolée pour les personnes qui n'ont le temps que de travailler et pas de temps dans des assos parce que je trouve qu'elles passent vraiment à côté de quelque chose. Elles font ce qu'elles peuvent. J'ai des copines qui sont avec un CDI à plus de 40 heures, voire qui ont des enfants. En fait, à un moment donné, on est obligé de faire des choix stratégiques, mais moi, je me dis que j'ai trop de chance d'avoir ce temps-là. Et aussi, il y a une certaine forme de privilège économique, parce que quand on est super dépendant économiquement, on ne peut pas donner du temps gratuit et bénévole. On est obligé que notre temps soit rémunéré. Et ça rejoint à ce que je disais tout à l'heure, le fait de vivre en tiny, ça m'a permis d'un peu inverser cette bascule-là. Et ouais, surtout les jeunes, je dirais... qui ne reste pas seule en fait. Je pense que le premier ennemi à adresser, c'est la solitude, l'isolement. On l'a vu pendant le Covid, les jeunes ont été tellement laissés pour compte à ce moment-là.
- Speaker #2
Ça a fait des dégâts, ouais.
- Speaker #1
Non, mais c'est sidérant et je pense qu'on n'a vraiment pas fini de mesurer les dégâts à moyen et long terme de ces années Covid pour eux. Donc qu'ils se mettent en collectif, qu'ils parlent, qu'ils aillent voir des psys quand c'est nécessaire, parce qu'il y a encore malheureusement aujourd'hui un tabou sur la santé mentale et c'est navrant parce que moi je suis allée voir, je ne sais pas, trois ou quatre psys dans ma vie. à des périodes vraiment précises et sur un temps donné. Mais en fait, ça permet tellement d'aller mieux plus vite quand on se pose des questions. Il ne faut pas hésiter quand, encore une fois, les moyens économiques nous le permettent, parce que les psys, ça coûte un peu de sous. Et les dispositifs aujourd'hui mis en place pour les séances de psy remboursées sont quand même vraiment imparfaits. Mais je dirais ça surtout, qu'ils ne restent pas seuls.
- Speaker #0
Alors maintenant on est parti pour notre petit jeu L'idée c'est de faire Une dizaine de squats Et ensuite de se mettre en chaise Et tu vas devoir nous raconter une anecdote Je ne sais pas si elle est vraie, si elle est fausse Vous la mettrez en commentaire La réponse que vous pensez Et puis bah c'est parti
- Speaker #1
En mini-jupe c'est super Allez vous me dites si je ne suis pas bien
- Speaker #0
C'est parfait Le but, c'est que tu sois un peu fatiguée, un peu essoufflée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est bon ?
- Speaker #1
Non, 10.
- Speaker #0
Allez, 10, 10. Parfait. Si vous êtes à la maison, faites-le également.
- Speaker #1
Watch out, pas que moi. Pas ambissant et pas ambigüe.
- Speaker #0
Ok, parfait. Voilà. Alors, Alice, vas-y. Dis-nous une anecdote.
- Speaker #1
Alors, une anecdote vraie ou fausse. L'année dernière, je suis partie en vacances en Sardegne. J'avais loué une voiture en Corse. J'ai pris le ferry pour aller en Sardegne avec ma voiture de location louée en Corse. Conseil pour les gens qui nous écoutent, ne faites pas ça. Parce qu'au retour, ma voiture n'a pas pu rentrer puisque le ferry qui devait me ramener ne marchait plus. Et donc j'ai dû laisser ma voiture à un inconnu en Sardaigne, ce qui était un peu stressant pour une voiture de location. Et ce qui est improbable, c'est que j'ai dû rentrer en Zodiac avec des policiers corse qui étaient dans la même galère que moi, qui ont envoyé un Zodiac depuis la Corse vers la Sardaigne. et j'ai projeté du retour avec eux pour rentrer. C'était une petite épopée.
- Speaker #0
Alors l'anecdote est-elle vraie ou fausse ? On vous laisse mettre la réponse en commentaire.
- Speaker #2
En tout cas, merci Alice pour cette balade enchantée avec nous en mouvement. C'était un réel plaisir de t'avoir à notre micro. Et un nouveau concept qu'on aimerait mener, c'est que tu poses une question à notre prochain invité, même si nous-mêmes, nous ne le connaissons pas. Toi non plus, tu ne le connais pas. Est-ce que tu aurais une question à lui poser ?
- Speaker #1
Je dirais, est-ce que tu te souviens d'un moment marquant qui a fait un avant-après dans ta vie ?
- Speaker #3
La balade s'achève ici. Respirez un instant. Laissez les sons autour de vous s'apaiser. Si cet épisode vous a inspiré, Partagez-le avec quelqu'un qui compte pour vous, parce qu'ensemble, en avançant pas à pas, on remet du sens, du lien et du mouvement dans nos vies.