- Speaker #0
En mouvement, c'est une balade en nature avec des invités inspirants pour améliorer votre état d'esprit et vous aider à passer à l'action.
- Speaker #1
Bonjour ! Alors du coup Antoine, j'aurais une première question pour toi, pour ceux qui ne connaissent pas... qu'est-ce que le GR10 et comment ça se présente ?
- Speaker #2
Alors le GR10 c'est très simple, c'est un sentier qui traverse les Pyrénées, donc du sens méditerrané-atlantique ou du sens atlantique-méditerrané, donc ça traverse toute cette chaîne des Pyrénées, c'est-à-dire qu'il y a trois sentiers aussi, il y a le GR10, le GA11 et le HRP. Le GR10 traverse les Pyrénées sur le sentier français, et donc ça fait à peu près 900 km pour 52 000 mètres de dénivelé positif, et puis voilà.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui t'a donné finalement envie de partir, de faire ce record ? Qu'est-ce qui t'a poussé à ça ?
- Speaker #2
Alors c'est très simple. Déjà, premièrement, parce que j'ai découvert la montagne dans les Pyrénées, sur le GR10 en lui-même. Donc pour moi, ça avait un côté un peu symbolique de revenir là où tout a commencé. Deuxièmement, ma famille aussi a un lien très fort avec les Pyrénées parce que mon père y a passé toutes ses vacances. Donc j'avais ce lien symbolique et familial. Et dans un troisième temps... parce que j'ai ce rêve de faire la Barclay qui est la course la plus difficile du monde et pour s'engager dans cette course il faut un CV de coureur et le remplir de prouesse, de victoire, de record et en sachant que le recordman précédent était détenu était tout simplement le premier finisher français c'est à dire Aurélien Sanchez c'était un peu symbolique aussi de venir le battre et donc voilà toutes ces raisons qui m'ont poussé à essayer de vaincre ce grand GR10
- Speaker #1
Donc quand tu entends que Aurelien Sanchez a fait le GR10, c'est sa région en fait par rapport à ça ou pas du tout ?
- Speaker #2
Alors lui il habite à Toulouse, ce qui n'est pas très très loin des Pyrénées, mais c'est un Pyrénéen ça c'est certain. Et donc oui, lui il l'avait fait en 12 jours et 5 heures et 22 minutes. Et donc moi l'idée c'était de battre cette marque et d'essayer de mettre un peu mon nom dans ce grand GR et puis voilà.
- Speaker #1
Et si on rentre un peu dans le détail de ce défi physique, là du coup à froid... Plusieurs temps après, quels ont été les plus grands défis physiques que tu as dû traverser durant ces plus de dix jours ?
- Speaker #2
Alors physiquement, je n'étais pas forcément surpris par la difficulté du truc. Pourquoi ? Parce que déjà, en tant qu'athlète, je m'entraîne aussi pour ça, pour affronter des choses difficiles. Donc je savais à quoi m'attendre. Donc physiquement, ce n'est pas ce qui a été le plus difficile. Là où ça a été très difficile, ça a été psychologiquement. De par le fait qu'il y avait des conditions météo qui étaient quand même très compliquées, de la météo, de la pluie, des orages. Donc ça c'était un peu des conditions très compliquées. Et donc voilà, il fallait vraiment être solide mentalement. Donc c'était là où était la principale difficulté. Mais physiquement, je dirais pas forcément difficile. Mais en tout cas, psychologiquement c'était dur.
- Speaker #1
Est-ce que finalement, il y a eu un moment où tu as cru ne pas arriver au bout ? Ou t'as douté ?
- Speaker #2
Forcément, on doute toujours dans ce genre de trucs parce que ça serait mentir. de se dire qu'on doute pas etc j'ai voulu mettre le clignotant plusieurs fois après avec l'expérience je sais sur quoi me raccrocher je sais quels éléments vont m'apporter les clés pour réussir c'est à dire notamment pourquoi pas mes proches notamment qui m'ont soutenu à distance les raisons pour lesquelles je suis venu aussi le temps que j'ai passé à m'entraîner et aussi tous les gens qui me soutiennent donc voilà toutes ces raisons font que voilà on on oublie assez vite le fait d'abandonner. Cette notion d'abandon, elle ne dure pas très longtemps dans notre cerveau. Elle va durer une heure ou deux heures et puis on se repose, on reprend un truc et puis ça repart.
- Speaker #3
Écoute Antoine, je suis super content de te recevoir sur le podcast et on va revenir un petit peu en arrière. Et en fait, tout simplement, tu vas te présenter et nous dire qui tu es.
- Speaker #2
Écoute, je suis Antoine Clément. Donc qui je suis ? Alors je suis coach de trail. Je suis athlète aussi de trail pour Wise et je suis athlète aussi aventurier, c'est-à-dire que je ne me considère pas vraiment comme un athlète à dossard. Moi, ce qui m'anime, c'est plutôt partir à l'aventure, notamment sur plusieurs jours dans des univers très sauvages et où il y a assez peu d'assistance en tout cas. C'est un peu ma philosophie, de revenir un peu à l'essentiel et de quitter un peu ce confort de vie que j'ai au quotidien. Et moi, c'est ce que j'apprécie tout particulièrement dans mon sport. Après, suite à ça, dans ma vie de tous les jours, j'aime aussi le cinéma. et la philosophie. Donc voilà un peu tout ce qui m'anime. Et à côté, je développe une plateforme de coaching aussi qui s'appelle Trail Running Lab. Et en complément de ça, j'ai une communauté de runners aussi que j'accompagne aussi tous les mercredis. Donc voilà, pas mal de projets et un emploi du temps assez chargé en tout cas.
- Speaker #3
Oui, tout à fait, j'ai vu et j'ai suivi. Effectivement, j'aimerais venir. Et pareil, j'ai le même problème que toi, c'est que les plannings sont ultra chargés. Mais ça ne serait tardé. Je rejoindrai. J'ai déjà rejoint la conversation WhatsApp et maintenant, il faudrait rejoindre en mouvement. Donc, effectivement, ça ne serait tardé, j'ai envie de te dire. Mais en tout cas, là, aujourd'hui, j'ai vu qu'il y avait pas mal de monde qui court autour d'Annecy.
- Speaker #2
Effectivement, le trail de manière générale ça a pris beaucoup d'ampleur ces dernières années, à cause du Covid, les gens se sont rendu compte à quel point c'était important de se bouger, parce que quand tu restes cloîtré dans ton lit, parce que tu as des gens qui te l'ordonnent, forcément ça te pousse à vouloir bouger, à vouloir être en mouvement, et donc aujourd'hui les gens font beaucoup de courses à pied, on a vu l'avènement du fitness il y a quelques années, aujourd'hui c'est l'avènement du trail et de la course, donc voilà c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui... Moi je sais que j'ai connu une époque où on était 4-5 sur Strava et pas grand monde qui courait, c'était un peu un truc de vieux,
- Speaker #3
de la quarantaine de courir mais aujourd'hui c'est un peu la mode donc c'est cool c'est cool de voir qu'aujourd'hui les gens veulent courir Là maintenant je vais revenir un petit peu sur cette expérience que tu as vécue dans les Pyrénées mais en même temps physiquement quand tu fais cette épreuve c'est un peu quoi ta routine jour après jour ? Je crois que c'est en 9 jours, c'est ça ? 9 jours en tout que tu as couru ?
- Speaker #2
Alors non, c'était 11 jours, 13 heures et 14 minutes Selon l'homologation Et donc, bah en fait Te donner une réponse là-dessus Ce serait de mentir parce qu'il n'y a pas de jours qui se ressemblent Du fait que les météos ne se ressemblent jamais C'est aussi un peu l'inconnu Tu ne sais jamais à quoi tu vas t'attendre Surtout que moi je n'avais pas fait de reconnaissance du sentier exprès Parce que je voulais un peu rencontrer ce sentier aussi Donc voilà Les jours ne se ressemblent pas Après Une routine, on va dire que c'est assez simple. De manière générale, tu te réveilles, tu bouffes un peu, tu bois un peu et puis tu cours. Et puis tu rencontres des gens, tu te ravitailles dans des lieux et puis tu passes ton temps à regarder un peu ta carte au pour savoir où t'en es, combien de kilomètres il te reste pour arriver à ce point-là. Et tu passes ton temps à faire des calculs dans ta tête, à écouter de la musique, à faire des plans, à savoir quand tu vas arriver à ce jour-là, etc. Et puis voilà, au final, le temps passe très vite et les minutes sont précieuses dans un genre de temps. Surtout quand tu es en mode record parce que le sablier se décompte et donc tu as un peu le feu qui t'attend au cul. Donc il faut se bouger, avancer et puis voilà. Mais le temps passe très vite, ça c'est certain.
- Speaker #3
Pendant les nuits, ça se passe comment ? Tu fais des petites nuits ? C'était des petites nuits de 4 heures ? Tu as augmenté un peu tes journées ?
- Speaker #2
Alors en fait, c'est pareil, c'est très fluctuant aussi. Il n'y a aucune nuit qui se ressemble. Sur les 4 premiers jours, j'ai eu des nuits qui étaient plutôt stables. J'arrivais à tourner sur des nuits de 6 heures, même la première nuit j'ai dû faire une nuit de 9 heures je crois, 8 heures. Après tu ne dors pas beaucoup parce que tu es stressé, il fait chaud etc. Donc c'est compliqué aussi. Les nuits au final elles se comptent sur les doigts d'une main en termes d'heures. Et puis après ça devient des micro-siestes dans la journée parce que tu comptes avancer la nuit aussi. Et parce que tu n'as pas envie de perdre de temps et parce que tu as envie d'arriver à un certain endroit, à un certain moment. Pour que par exemple la super-être ouvre à la bonne heure etc. Donc voilà, c'est plein de calculs qu'il faut faire. Et en général, le sommeil, c'est entre 3 à 4 heures par nuit. Et après, si tu as un peu de chance, tu peux avoir un peu plus. Mais en général, c'est très compliqué. En sachant qu'au début, comme tu es stressé, tu passes ton temps à réfléchir et que tu es en forme, tu t'endors assez lentement. Et après, ça devient des endormissements très rapides. Donc voilà comment ça se concrétise sur le terrain.
- Speaker #3
Et moi, il y a une question qui m'a toujours intéressé, c'est la notion de douleur. Parce que c'est vrai que les sportifs on a quand même l'habitude d'avoir cette notion de douleur Que ce soit l'entraînement, que ce soit pendant qu'on fait des records, des courses Et du coup c'est quoi pour toi cette notion de douleur Et comment soit tu la domptes ou soit tu l'acceptes C'est assez simple,
- Speaker #2
la douleur on va dire de manière générale Il y a beaucoup de gens qui diront ce que je vais dire aussi C'est qu'en fait ça s'apprend avec l'expérience Moi quand j'avais 18 ans, j'ai commencé à faire du trail Courir 20 km, ça me faisait mal. Et ça me faisait mal. Aujourd'hui, courir 20 km, j'ai l'impression de rien faire. Donc en fait, c'est simple. C'est juste qu'en fait, c'est avec le temps, l'accumulation des micro-expériences qu'on va vivre, qui vont faire qu'au final, on va un peu être apaisé face à cette douleur, l'accueillir plus facilement, en tout cas. Parce qu'il y a une différence entre souffrir, et avoir une vraie douleur, c'est-à-dire avoir une blessure, par exemple. Mais avec le temps, on se fortifie. On crée des schémas mentaux pour affronter un peu ces choses-là. Mais le truc, c'est qu'en fait, c'est simple. Moi, par exemple, quand j'ai une petite douleur, je sais ce que c'est. Je connais tellement mon corps que je sais... Comment l'aborder ? Je sais que si c'est vraiment une douleur sur lequel je vois mal armé, si je dois simplement mettre le clignotant, ou alors si c'est juste une petite douleur qui passera quelques jours après. Mais aujourd'hui par exemple un athlète amateur s'il va avoir une petite douleur il va direct se dire ah merde faut que j'arrête de courir etc. Parce qu'il n'a pas l'échément mentaux, il n'a pas l'expérience nécessaire. Mais voilà moi au début j'ai commencé comme tout le monde et je pense que tous les athlètes qui ont un grand passé sportif pourront le dire, c'est jamais agréable d'avoir une douleur mais après on l'apprend avec le temps Pour avoir fait du MMA, au début quand tu prends un coup dans le pif, ça te fait mal. Soit tu chiales ou soit tu as une espèce d'ego qui remonte à la surface. Et puis après quelques années, quand tu te prends un coup dans la tête, ça ne te fait plus rien. Je pense que c'est ça, c'est l'accumulation d'expérience. Mais je pense qu'il faut la faire de manière progressive. C'est pour ça qu'aujourd'hui les gens se baignent direct dans du sans-borne, dans des 160, à cause des réseaux sociaux notamment. Mais je pense qu'il faut y aller, faire un plan sur plusieurs années et puis gravir les échelons petit à petit.
- Speaker #1
C'est vraiment une histoire d'apprentissage quand je t'écoute finalement.
- Speaker #2
Exactement, je pense que c'est apprentissage, expérience. Et je ne pense pas qu'en se mettant dans les bains d'eau froide tous les matins pendant un an, ça va nous changer grand chose. Je pense que la meilleure chose à faire, c'est de se mettre dans des situations réelles. En tout cas, si tu veux apprendre à courir 160 km, il va falloir qu'un jour tu cours 160 km pour mieux aborder une autre fois 160 km. Donc je pense que c'est les situations réelles qui créent tout simplement ces adaptations.
- Speaker #3
Au niveau, moi ça m'intéresse aussi au niveau alimentation. Tu as géré un peu comment, comment ça s'est passé ? Tu es plutôt gel, poudre, plutôt alimentation, j'allais dire pâte.
- Speaker #2
Alors moi j'ai une méthode très à l'américaine, c'est-à-dire que dans la vie de tous les jours, moi je suis très cadré, je mange plutôt bien. Je m'autorise à 80% de bien et 20% d'écart. Par contre, dans ce genre de projet, le but c'est d'avoir du plaisir. Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous êtes... constamment en train de subir, de manière générale vous subissez parce que vous subissez à cause de la fatigue etc et donc il vous faut des moments un peu de graal, de micro récompenses pour tout simplement vous continuer à vous faire avancer et ces étapes là elles passent par la nourriture et on ne mange pas des gels etc enfin ça sert à rien parce que ça va pas nous procurer beaucoup de plaisir donc il faut boire des sodas quand on arrive en ville, il faut bouffer des pizzas si on trouve des pizzas, des burgers, des main-hems, tout ce qui peut vous passer par la tête et qui vous fera plaisir Moi en tout cas c'est comme ça que je fonctionne et c'est ma philosophie. Après d'autres ne la respectent pas et font pas comme ça. Mais en tout cas pour avoir étudié le sujet de fond en comble, d'avoir étudié les américains aussi qu'ils font, je pense que quand on fait du stand assistance il faut vraiment se baser là-dessus. Parce que de toute manière on n'a pas trop le choix parce qu'on est obligé de se baser sur ce qu'on trouve sur le chemin. Donc tant du contrairement à ceux qui ont de l'assistance, qui eux peuvent se procurer des gels régulièrement etc. Nous on a juste notre sac à dos et notre couteau et voilà quoi. Donc c'est important de se baser là-dessus.
- Speaker #1
Quand on court pendant... Des kilomètres et des kilomètres, des heures et des heures, à quoi tu penses ? Et d'ailleurs j'aimerais rebondir sur ta passion pour le cinéma et pour la philosophie. Est-ce que tu philosophes en courant ?
- Speaker #2
C'est une très bonne question. Moi j'adore faire ça, j'adore refaire ma vie. C'est un moment en fait, pour moi la course à piste, c'est horrible à dire pour ceux qui ont déjà couru avec moi, mais je n'aime pas courir avec les gens. Parce que je pars du principe que c'est mon moment où je vais un peu méditer, je vais me retrouver avec moi-même, me ressourcer. Dans un monde où on est constamment sollicité, soit par son téléphone, soit par des gens, soit par des perturbations extérieures. Moi, je sais que je ne suis pas quelqu'un qui est très perturbé parce que j'ai beaucoup de sollicitations de par ce que je fais au quotidien, de par les activités, de par les réseaux sociaux, de par ma vie perso. Et du coup, j'aime bien me couper de tout ça et dire un peu au monde, voilà, j'ai plus envie de vous entendre. J'ai envie d'être avec moi-même et de passer du temps avec moi, de me ressourcer. de reposer un peu, recadrer ma vie et je pense que c'est important de passer ce genre de moment et donc c'est un peu comme ça que je fonctionne et je visualise la course à pied c'est à dire que je pense beaucoup à ce qui se passe au quotidien je projette dans le futur je me dis est-ce que j'ai fait les bons choix à certains moments de ma vie bref j'adore faire ça et parfois même quand je cours, surtout dans des compétitions dans des projets off, je refais toute ma vie depuis le début et ça c'est un exercice que j'adore faire et j'essaie de repasser un peu toutes mes étapes et je trouve ça hyper intéressant de faire une introspection comme ça
- Speaker #1
Donc tu cours pas seul mais tu cours avec toi même si je comprends bien
- Speaker #2
Exactement ouais on court avec Un peu son Son inconscient, tout ce que tu veux Je pense que j'ai plusieurs voix Dans ma tête et plusieurs personnes Et j'essaie de m'amuser un peu avec tout ça Mais en tout cas courir avec d'autres personnes C'est moins mon truc J'aime bien de temps en temps mais pas trop Parce que ça perturbe justement cet équilibre De rester un peu seul et cette pratique solitaire Que j'apprécie beaucoup Donc ça veut dire que tu n'écoutes pas de musique ou tu n'es pas
- Speaker #1
Distrait Merci. par des éléments numériques qui pourraient t'entourer comme la musique il y en a beaucoup qui courent en musique ce n'est pas du tout ton cas c'est réellement une coupure que tu recherches et qui est même nécessaire dans ton discours je l'entends vraiment comme un besoin d'une certaine manière paradoxalement
- Speaker #2
j'adore la musique parce que la musique pour moi j'en écoute pas au quotidien et donc quand je cours avec musique ça m'apporte des sensations que j'ai pas forcément quand je cours sans donc j'aime bien équilibrer les deux Euh... Des fois j'aime bien courir avec de la musique, des fois non. Mais en tout cas la musique c'est vrai que ça m'aide quand même à passer un cap. Quand je suis vraiment dans le bad, que je suis vraiment mal, la musique ça m'aide à aller. Parce que parfois on a beau faire ce qu'on veut, on n'arrive pas à trouver les ressources nécessaires pour s'en sortir. Et la musique justement ça peut aider à revenir.
- Speaker #1
Tu considères vraiment la musique pour lutter contre le découragement. Est-ce que tu aurais d'autres exemples, d'autres astuces ou d'autres rituels que tu mets en place ? Avant l'effort ou même pendant l'effort, les deux ?
- Speaker #2
Moi j'en ai plusieurs. Déjà, premièrement, c'est tout simplement écouter de la musique. Donc ça c'est un premier point. Visualiser des films, visualiser des choses qui vous permettront de vous raccrocher dans le moment T. C'est-à-dire que moi je visualise beaucoup des documentaires de trail running par exemple avant la course. ou alors des films qui m'ont marqué, qui me donnent de la motivation. Je peux prendre un truc con, mais la trilogie de Batman, par exemple Dark Knight, c'est un truc qui me donne un peu de la motivation, qui me rebooste un peu. Il va y avoir Warrior avec Tom Hardy, des films un peu comme ça. Mais après, c'est propre à chacun, je pense. Il y en a qui vont peut-être avoir de la motivation en regardant Shutter Island ou d'autres films. Mais en tout cas, moi, c'est ce qui me donne la motivation. Ensuite, je pense que c'est important de, comme on dit les Américains, de lock-in un peu. C'est-à-dire, quand vous arrivez à une approche d'une compétition, Il faut savoir couper les distractions inutiles et ce qui ne sert à rien. C'est-à-dire que si on vous propose des soirées, des trucs comme ça, je pense qu'il y a un moment pour tout, il y a un moment pour s'amuser, et il y a un moment pour jouer, pour performer. Et donc je pense que quand on approche d'une compétition comme ça, il faut tout simplement fermer un peu les portes. Après il faut aussi, attention à ne pas trop s'enfermer dans une prison, où on se coupe de tout, parce qu'au final on peut finir par être malheureux. L'humain est un maître social, il a besoin des autres pour être heureux. Et donc voilà, je pense que c'est important d'avoir un juste équilibre, mais il faut savoir couper les distractions et surtout couper les gens qui vous ramènent vers le bas. C'est-à-dire des gens qui, j'appelle ça des pestiférés si je préfère, c'est-à-dire des gens qui ne servent à rien en fait, voilà c'est un peu dur ce que je vais dire, mais des gens qui ne vous élèvent pas, tout simplement parce qu'eux-mêmes n'ont pas eu la chance ou l'opportunité ou je sais pas, peut-être par flemme de s'élever, mais en tout cas c'est important de s'entourer de bonnes personnes. On a toujours des gens dans notre entourage qui vont nous ramener vers le bas. Mais il faut savoir s'en éloigner de temps en temps pour justement revenir aux choses essentielles, comme c'est-à-dire s'élever.
- Speaker #1
Est-ce que pour toi, sortir finalement de sa zone de confort, c'est quelque chose qui est inné ou c'est quelque chose que tu as appris ?
- Speaker #2
Je pense que, alors inné, ça voudrait dire que c'est dans notre gène, dans nos gènes, de sortir de notre zone de confort. Je ne pense pas que ce soit dans nos gènes. Par contre, je pense que ça fait partie de notre rééducation et ça, c'est certain. Donc, on peut dire que c'est un peu une partie d'inné parce qu'on ne choisit pas notre famille. Donc, je pense que oui, ça, c'est certain. Après moi j'ai vécu dans une famille quand même stable de manière générale qui m'a pas forcément encouragé à faire telle ou telle chose dans l'inconfort. J'ai eu voilà j'ai peut-être eu un frère militaire, j'ai eu des parents qui vivaient en campagne donc forcément ça m'a beaucoup aidé pour jouer dans la nature. Donc ça m'a forcément sorti de ma zone de confort parce que j'étais pas tout le temps sur mes jeux vidéo. J'ai eu des frères et des grands frères aussi. D'avoir des grands frères ça nous endurcit surtout des grands frères qui font du sport. Donc je dirais que tous ces éléments là font partie de l'inné c'est certain. Après De par cet inné-là, il faut le travailler. Il faut avoir des rêves ou des ambitions qui vont nous amener à aller chercher encore plus loin. Moi, je sais que c'est un peu mon truc. J'adore aller chercher très loin. Là, je sens que je suis allé chercher loin, mais je peux encore aller chercher encore plus loin. Parce qu'il y a plein d'aventures qui s'offrent à moi. Et voilà, je pense qu'il y a une partie d'inné, c'est certain, mais on peut aussi travailler tout ça.
- Speaker #1
Quand tu fais ce genre d'exploit sportif, très très long, des heures et des kilomètres, Comment tu juges finalement ? L'abandon qui va être physique ou là ça va être une rupture, ton corps ne peut plus ou plutôt c'est ton mental qui à un moment ne peut plus et se dit je dois abandonner ou je ne peux plus continuer comment tu arrives à faire la distinction entre les deux et à percevoir un peu les limites ?
- Speaker #2
C'est une question qui n'est pas forcément évidente parce que c'est propre à chacun aussi mais l'abandon physique c'est bête à dire mais pour moi l'abandon physique typiquement dans ma tête ça se signalerait par une fracture mais je pense que quelqu'un de raisonné il te dirait que c'est juste une tordinite Comme d'autres, ça va être une autre petite douleur. Je pense qu'on a tous notre échelle de douleur sur une échelle de 1 à 10, comme on dit souvent. D'ailleurs, c'est ce que d'abord vous pose le médecin comme question quand vous êtes fait mal. Est-ce que vous avez mal de 1 à 10 ? Moi, si je me pète la cheville, peut-être que mon échelle de douleur sera à 3. Peut-être qu'un autre va me dire 10, tu vois. Moi, typiquement, j'ai eu peut-être une quinzaine d'entorses sur la cheville droite, à tel point que je crois que je n'ai plus de ligaments. Et en fait, quand on me pose la question si j'ai mal quand j'ai une entorse, je dis non. Parce que j'ai tellement eu d'entorses que ça ne me fait plus rien. Par contre, quelqu'un qui va en avoir une, il va crier, il va peut-être pleurer, il va vous dire que ça fait très mal. Donc je pense que ça c'est propre à chacun, cet abandon physique. Ensuite, l'abandon mental, pour le coup, c'est pareil, c'est compliqué. Souvent, on va dire qu'il y a des gens qui préfèrent choisir la solution facile, de facilité, c'est-à-dire de sortir, de prendre la porte à droite. Parce que quand vous êtes sur un chemin et qu'il vous reste 900 bornes... c'est quand même très très facile de pouvoir prendre un stop et de se barrer et d'arrêter ou alors d'appeler sa maman ou sa copine ou je ne sais pas qui pour partir. Ça c'est la solution de facilité. Et voilà, il faut arriver à couper toutes ces choses-là et à se dire qu'en fait il y a zéro porte et que la seule porte qui s'offre à vous c'est celle qui est à la fin et qui est à l'arrivée et que de toute manière il faut aller au bout. Après il faut aussi trouver ses raisons pour ne pas abandonner les raisons pour lesquelles on est ici. Parfois on ne le fait pas que pour soi, on le fait aussi pour les autres. On le fait aussi pour les gens qui nous soutiennent, pour les gens qui nous ont supportés pendant notre préparation parce qu'on était casse-couilles. Toutes ces choses-là qui font qu'on ne le fait pas aussi que pour soi, surtout quand on a « parlé » de notre projet à des gens. On a dit « voilà, je vais faire ce projet, je vais arriver au bout » . Vous avez engagé des gens émotionnellement dans ce projet, donc vous ne pouvez pas abandonner. Donc soit on se tait et on ne dit rien à personne, et dans ce cas-là, c'est tant mieux parce qu'on n'engage personne et tant pis, on peut abandonner. Ou alors on a parlé et dans ce cas-là, il faut aller au bout et... Et je pense que c'est important parce que dans la vie, on a deux choses, on a sa parole et son honneur. Et si on trahit les deux, ce n'est pas terrible.
- Speaker #3
C'est très intéressant ce que tu dis là, effectivement, parce qu'en fait, est-ce que toi, ça te sert de déclencheur ? Tu vois, quand tu dis, je vais en parler à quelqu'un, parce que ça a fait le cheminement dans ta tête, mais à un moment, tu te dis, je vais en parler à quelqu'un. Est-ce que ce n'est pas un peu aussi ça qui te sert de point de départ pour faire tes aventures ?
- Speaker #2
C'est certain. On est un être aussi, comme je disais, un être social. On a besoin de reconnaissance. Surtout aujourd'hui, on a envie, et ça c'est humain et en vrai n'importe qui, enfin il y a des gens qui peuvent vous dire le contraire, mais on a tous envie d'impressionner, on a tous envie d'être une figure d'inspiration pour nos proches, c'est quand même mieux que notre petit ami ou notre meilleur pote, ils disent voilà ça c'est mon meilleur pote, ça c'est mon copain, il fait ci, il fait ça, qu'ils disent tiens lui il fait ci, il fait ça, c'est toujours mieux, parce qu'on est comme ça, on aime que nos proches soient fiers de nous, Et donc, forcément... Pour moi c'est un point de départ, après, là où c'est important c'est que ça ne doit pas être une finalité. C'est-à-dire que vous ne devez pas vous suffire de ça pour rester motivé, vous ne devez pas vous suffire de ça pour atteindre vos objectifs parce que c'est malsain. C'est malsain parce que le jour où les gens vous laisseront tomber, le jour où vous allez échouer, vous allez déprimer. Donc il faut vous raccrocher à d'autres choses. Moi j'ai plein de raisons du pourquoi je fais du sport, il y a l'aventure, il y a ce besoin de reconnaissance. Il y a ce besoin de découverte, il y a ce besoin de me dépasser, de faire quelque chose, de me sentir utile, plein de choses. Et donc si vous avez plein de raisons, s'il y en a une qui s'écroule, vous en avez une qui revient à la suite et ainsi de suite. Et en fait, si vous en avez une trentaine de raisons, avant qu'il y en ait 29 qui s'écroulent ou 30 qui s'écroulent, il va y avoir du temps. Donc c'est pour ça que c'est important de trouver plein de petites raisons. Parfois, il y a des raisons qui sont tellement fortes. Par exemple, je prends l'exemple de certains athlètes qui ont perdu leurs parents ou de la famille. Là, dans ce cas-là, on peut dire que c'est une raison un peu cheatée. C'est-à-dire que là, vous êtes invincible. C'est-à-dire que dans ce cas-là, c'est quasiment impossible que vous vous abandonniez parce que vous avez tellement cette raison qui est puissante en vous que vous vous sentez indestructible. Donc là, on va dire que c'est un peu un cadeau empoisonné. Mais en tout cas, au niveau de la motivation, c'est vrai que ça peut vous booster.
- Speaker #3
Pendant que tu as traversé, il y a un moment où tu t'es surpris, psychologiquement ou même physiquement, mais en tout cas où tu t'es surpris. où tu t'es dit je ne m'attendais pas à être dans cette situation d'être comme ça,
- Speaker #2
de me sentir comme ça et en fait tu t'es dit waouh incroyable j'ai encore découvert quelque chose oui je suis allé chercher très loin c'est certain je pense que comme jamais j'ai été chercher après je me dis toujours que après la pluie, après l'orage il y a toujours un soleil qui va revenir après la nuit il y a toujours l'aube donc c'est toujours hyper important de se dire ça de se dire que de toute manière on passe une période de merde Merci. Mais après il va y avoir un moment où forcément On va revenir Comme un phénix Donc oui c'est sûr j'ai eu plein de moments comme ça Mais je me disais toujours Là allez je vais arriver je vais atteindre cet endroit là Et puis on va pouvoir se poser etc Mais c'est vrai que c'est certain Après j'étais tellement en rage tellement motivé Que pour moi il n'y avait rien qui comptait d'autre Que d'aller au bout Quitte à laisser des plumes ou à perdre quelque chose Mais en tout cas j'étais prêt à tout
- Speaker #3
Et tu as découvert quelque chose sur toi Que tu ne connaissais pas
- Speaker #2
Non, j'ai rien découvert de spécial parce que j'avais déjà fait des aventures assez extrêmes aussi où j'avais vraiment exploré tout ce que j'avais en moi, en tout cas de vraiment puissant et là on va dire que je me suis découvert plutôt un côté vraiment pitbull c'est à dire que je savais que je l'avais mais là c'était vraiment extrême c'est à dire que c'était comme si j'avais un os et que je ne l'avais pas lâché pendant 11 jours et que même si je me prenais des balles je me faisais frapper, etc. j'étais resté debout. C'était assez beau de voir que ma résilience était vraiment puissante et que toute ma préparation avait été parfaite parce que j'étais arrivé prêt et au niveau des jambes, j'étais nickel. Voilà un peu comment je dirais. Je pense qu'il y a aussi cette adrénaline de l'effort, de tout ce projet-là qui fait que peut-être que là, si je le refais demain, je ne passe pas le deuxième jour. C'est aussi ça en fait. Il y a beaucoup de gens qui vous disent oui, c'est ci, c'est ça, mais au final il faut aussi prendre en compte cette dose d'adrénaline que vous avez, qui est hyper importante et qui est juste ouf. C'est toute cette dose-là de motivation que vous avez pendant juste 11 jours et qui est là constante. C'est comme si vous êtes boosté à l'adrénaline pendant 11 jours. C'est vrai que c'est cheaté.
- Speaker #3
Ce n'est pas ta première aventure, tu l'as dit plusieurs fois effectivement, mais ce n'est pas non plus tes premiers gros kilomètres. Parce qu'il me semble qu'aux Etats-Unis, c'était plus de 3000 kilomètres. Oui,
- Speaker #2
c'est ça. Aux Etats-Unis, j'avais couru 4270 kilomètres. Donc c'est littéralement quasiment 4 fois, voire 5 fois ce que j'ai pu faire dans les Pyrénées. Donc en termes de distance, on y est beaucoup plus. Après, par exemple, en termes de dénivelé, Les Pyrénées c'est quatre fois moins de distance mais c'est juste deux fois moins de dénivelé que les Etats-Unis donc au final c'était quand même bien plus raide et bien plus difficile physiquement. Les Etats-Unis au final c'était pas forcément difficile parce que c'était incroyable comme aventure chaque jour c'était une bénédiction d'être sur le chantier et j'ai adoré mais on va dire c'était un autre type d'aventure une aventure un peu primaire parce que j'étais naïf en tant qu'athlète que j'avais jamais rien fait avant enfin de gros de si long et je me suis direct avec Bénin dans ça. Mais voilà, j'étais tellement pareil, obsédé par les Etats-Unis, obsédé par ce sortier, qu'en fait j'ai pu aller au bout justement par cette force-là.
- Speaker #1
Quel parallèle, si on quitte un petit peu le sport, et qu'on essaye de trouver des parallèles entre ton exploit sportif et la vie courante, la vie de tous les jours, est-ce que tu arrives à faire des parallèles qui t'aident finalement entre cet exploit et ta vie de tous les jours ?
- Speaker #2
Effectivement, je pense qu'il y a un parallèle que j'arrive à faire entre le sport et la vie perso, C'est-à-dire que... tout ce que je vais apprendre de mes échecs, de mes réussites, je vais pouvoir le transférer. C'est-à-dire, par exemple, une notion de résilience, de dépassement de soi, que ce soit dans mes projets de vie, projets professionnels notamment, ou alors dans mes relations sociales. Par exemple, avec mes amis, quand on vit des moments très difficiles, on apprécie beaucoup plus les choses simples aussi, la simplicité de la vie, le confort aussi. Parce que quand on est en train de dormir tout seul sous la pluie, ou alors on est dans la nuit qui fait froid, forcément, quand on est chez soi, tranquille, on se dit ok, là c'est quand même cool d'être là. Mais après il y a un peu ce cercle vicieux de se dire en fait on revient dans le confort, on a envie de revenir dans l'inconfort, et quand on est dans l'inconfort, on veut venir dans le confort et ça s'arrête jamais. Donc il faut aussi trouver le petit moment où il faut mettre pause à tout ça. Donc voilà, mais effectivement il y a plein de leçons qu'on peut... Qu'on peut apprendre et je pense que c'est aussi la beauté de l'ultra aussi de manière générale, c'est qu'il y a un énorme parallèle avec la vie. Je pense qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de cadres qui se lancent dans des projets aussi comme ça, ou alors d'Ironman et de projets de longue distance parce que c'est un peu une métaphore de la vie. On passe par des moments de haut, par des moments de bas et l'important c'est d'essayer de contrôler tout ça. Et donc moi parfois quand je vis des moments un peu difficiles, je me dis que je les ai vécu aussi dans le sport et qu'au final...
- Speaker #0
Est-ce que je peux vivre pire que ça ? Je ne sais pas. Quand on vit par exemple, on est dans le froid ou sous un orage, qu'il pleut, qu'on est gelé, qu'on est au bord de crever, et qu'on a reçu une contradiction de quelqu'un, on peut se dire « ok, ça passe » .
- Speaker #1
On ressort plus fort de ces expériences-là dans tous les cas.
- Speaker #0
On ressort plus fort, c'est certain.
- Speaker #1
Et finalement, si on fait aussi un parallèle avec la santé mentale, que ce soit dans la vie de tous les jours ou encore une fois dans le sport, ô combien la santé mentale et se sentir bien dans sa tête est important pour faire... Faire ce type d'exploit ou même au quotidien pour mener des projets et s'engager finalement réellement dans sa vie et ne pas être attentiste.
- Speaker #0
Je pense que la santé mentale c'est super important, surtout chez les hommes, je pense que c'est sous-estimé. Parce que dans notre société on a toujours l'impression que les hommes, il faut qu'ils soient fiers, forts, etc. Et on n'a pas forcément cette impression qu'il y ait des hommes qui souffrent mentalement. Je pense que c'est important aussi de bien écouter les gens. Quand ils parlent, parfois il y a des gens qui ont des vraies souffrances profondes et qui n'osent pas en parler pour rester fiers. Donc ça c'était juste un petit point. Ensuite, la santé mentale est importante parce qu'elle va être le socle commun de tout ce que vous allez faire dans votre vie. C'est-à-dire que si ça casse, il y a tout qui casse. Il y a vos relations perso, il y a votre sport, tout s'écroule comme un château de cartes. Et donc si votre santé mentale n'est pas solide, c'est fini en fait. Donc en fait, ça doit être votre priorité. Et donc vous devez tout simplement supprimer toutes les sources. de choses qui vous emmènent vers les abysses, vers l'enfer entre guillemets et pour ça vous devez absolument sélectionner ces sources de stress, de distraction. Moi je pars du principe que beaucoup des sources de stress sont dues aussi, pas forcément à nous mais aux autres, à autrui, et donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Typiquement si vous voyez que vous êtes toujours constamment sous l'eau, dans votre boulot etc, déléguez, déléguez et ça va peut-être vous calmer. ou alors arrêtez de travailler avec telle ou telle personne qui vous rend fou partez de votre boulot parce que si votre patron il vous rend fou et que vous souffrez complètement et que vous avez la boule au ventre et que vous avez juste plus envie d'aller au boulot et peut-être que c'est à cause de ça au final que vous vous êtes pas bien avec votre femme qu'au final avec ça vous avez des performances de merde dans votre sport parce que vous sentez pas bien au boulot et que si vous coupez cette distraction peut-être que tout va se rééquilibrer donc en fait l'important c'est de se de cibler ce qui ne va pas dans votre vie. de ce qui va bien dans votre vie et après on n'est pas parfait moi même j'ai des choses des sources de distraction qui sont chiantes que j'aimerais bien supprimer et parfois je discute avec des gens paradoxalement je discute avec des gens qui ont des cercles d'amis qui sont littéralement très anxiogènes très négatifs et qui les tournent vers le bas mais en fait il ya tellement d'amour dans ces cercles d'amitié que au final les gens ne veulent pas s'en détacher alors que la santé mentale en prend un coup donc parfois moi ça me sidère un peu de me dire qu'il ya des gens qui aiment vivre dans cette souffrance un peu comme s'ils avaient syndrome de stockholm Mais bon, quand on entend bien leur face, ils se débrouillent avec ça. Mais en tout cas, c'est important de cibler ce que vous avez, les sources de stress et les supprimer surtout. Ça parce que vous êtes amis avec un mec depuis 20 ans, qu'au final, il faut le garder sous le prétexte que c'est votre ami. Si cet ami-là, il passe ce temps à vous juger, à vous rabaisser et à passer son temps à vous mettre de la pression, je suis désolé, mais ce n'est pas un ami. Donc, il faut le supprimer. Et voilà, c'est aussi simple que ça la vie. C'est un coup de valider, de supprimer les choses. Et peut-être que c'est dur, mais... Voilà, il ne faut pas non plus être robotisé, c'est-à-dire de robotiser les relations en mode « toi, je t'aime, toi, tu me saoules, je te dégage » . Parfois, il faut aussi avoir du lest et de ne pas non plus être en mode « voilà, tu m'as contredit, je te déteste, je te supprime » . Non, ça ne marche pas comme ça. C'est si ça s'accumule dans le temps. C'est vraiment comme ça qu'on représente une source de distraction ou une source de négativité. C'est si ça s'accumule plusieurs fois dans le temps, si cette personne vous dérange plusieurs fois, je suis désolé pour vous, mais cette personne-là n'a rien à faire dans votre vie. Et vous allez voir, vous allez vous en sortir beaucoup mieux sans cette personne. Et on est 7 milliards, voire bientôt 8 milliards sur Terre. Donc je pense que des amis, on peut en trouver plein et facilement.
- Speaker #2
Et je pense que aussi, ça peut être temporaire dans le sens où c'est aussi un facteur de performance. Je pense que quand tu as besoin de faire une performance, c'est normal que tu dois te couper. Ça ne veut pas dire que ça représente toute ta vie, mais en tout cas, ça peut représenter un moment parce que tu en as besoin.
- Speaker #0
En fait, exactement. Et je pense que comme je disais, vraiment, c'est se poser dans une feuille. de foutre une feuille, de mettre plusieurs bulles et de dire voilà où on en est dans notre vie ? Financièrement est-ce que je me sens bien ? Amicalement est-ce que je me sens bien ? Amoureusement est-ce que je me sens bien ? Tout ce qui se passe bien, tant mieux vous le gardez de côté. Tout ce qui se passe mal, on essaye de cibler. Pourquoi ça se passe mal ? Financièrement qu'est ce qui se passe mal ? Est-ce que je sors trop ? Est-ce que je fais ci ? Est-ce que je fais ça ? Sportivement qu'est-ce que je fais de mal ? Est-ce que je m'entraîne vraiment assez ? Et en fait c'est comme ça qu'on cible les choses. Et en fait, en allant vraiment dans le précis, en allant chercher les sources de chaque chose, on finit par faire des miracles. En tout cas, moi, personnellement, je sais que, par exemple, j'ai fait cet exercice-là et je sais quelles sources j'ai de distraction, etc. Et après, ça coule tout seul.
- Speaker #1
Comme tu le sais, il y a pas mal de jeunes qui nous écoutent et qui font parfois face à de l'éco-anxiété ou qui sont très anxieux face à notre monde et à leur avenir. S'il y a un seul conseil que tu leur donnerais ? Ça serait lequel ?
- Speaker #0
Alors c'est un sujet qui est très complexe parce que la dépression, l'anxiété, etc. Ce n'est vraiment pas quelque chose de rigolo, de drôle. Je sais que c'est un sujet sérieux, mais en tout cas, il faut se dire que vous n'êtes pas seul. Ça, c'est certain. Il faut se dire que vous n'êtes pas seul. Il y a d'autres gens qui le vivent aussi. Vous n'êtes pas seul aussi autour de vous. Vous pouvez en parler. Je sais que c'est un exercice difficile de trouver la bonne oreille. Essayez de trouver un rêve, un objectif dans votre vie. sur lequel vous vous raccrochez, c'est exactement comme ça qu'on se raccroche dans une vie. C'est de trouver un rêve, de trouver quelque chose qui vous anime, et d'aller vers l'avant, d'aller vers ce rêve. Parfois on est limité par notre condition sociale, par les finances, par notre physique, par notre handicap, parce que la nature elle est ingrate, elle offre des belles choses à des gens et des mauvaises choses à d'autres gens, ou alors pour les religieux, si c'est Dieu. Mais en tout cas, il ne faut pas s'abattre, il ne faut pas s'essayer à abattre. On a la chance de vivre. c'est hyper important de se le dire il faut savoir que j'avais étudié ça il n'y a pas si longtemps que ça mais on a une chance sur je ne sais pas combien de millions de gagner la course au spermatozoïde et donc en fait il faut se dire que si vous pensez que votre vie c'est de la merde dites vous que vous avez gagné contre 400 millions de petits trucs avant de naître et que au final si vous avez gagné ce n'est pas pour rien c'est pour faire quelque chose de votre vie parfois on peut se sentir inutile de par notre métier, de quelque chose qu'on fait mais au final juste en Parfois en faisant quelque chose de juste significatif, on peut changer les choses. Donc bref, en tout cas je pense que c'est important de trouver sa voie, d'essayer de trouver un rêve et de ne pas forcément se rester dans un train de vie qui ne vous plaît pas. Si vous êtes dans une ville qui ne vous plaît pas, dans un taf qui ne vous plaît pas, dans une école qui ne vous plaît pas, si la copine avec qui vous êtes ou le copain avec qui vous êtes est quelqu'un de négatif, qui vous tire vers le bas parce que je ne sais pas, il passe son temps à sortir, à boire des coups, à cloper, etc. et c'est pas quelqu'un de sain, excusez-moi mais vous pouvez tout quitter et recommencer tout à zéro. Mais il ne faut pas avoir peur de le faire, jamais. Je pense que moi, la meilleure décision que j'ai prise, c'était il y a... Aujourd'hui je crois que j'avais 20 ans, je m'étais séparé de ma petite amie de l'époque, non pas parce qu'elle était forcément oxygène, c'était une très belle personne, mais parce que la vie dans laquelle j'étais ne me plaisait pas forcément, parce que je savais que je pouvais peut-être faire d'autres choses en quittant cette vie, et que je savais que... Même si c'était un choix difficile, je pouvais peut-être faire d'autres choses. Et donc, j'ai pris ce choix, cette décision. Et aujourd'hui, j'en suis très heureux. Et cette personne est très heureuse aussi. Donc au final, ce choix a marché pour nous deux. Donc au final, faites les bons choix.
- Speaker #1
Très bien. Et si tu nous parlais un petit peu de la suite, si on parle un peu de ton avenir à toi, est-ce que tu saurais nous en dire plus ?
- Speaker #0
Je pense que j'essaie avant toute chose d'essayer de devenir quelqu'un de toujours meilleur, que ce soit dans ma vie de tous les jours, spirituellement, etc. d'être quelqu'un de bon parce que je pense qu'on a tous des mauvais côtés, moi le premier, donc ça c'est un premier point. Ensuite j'ai envie de continuer mes projets, de développer tous mes projets professionnels, c'est-à-dire le coaching, Trail Running Lab, de continuer à inspirer certaines personnes aussi de par mon discours et puis voilà, je pense que le dernier point c'est d'être heureux et ça c'est un point qui est difficile à tenir sur la longue durée.
- Speaker #1
Merci en tout cas Antoine de nous avoir donné ton temps et ton témoignage par rapport à cette aventure exceptionnelle que tu as vécue.
- Speaker #0
Merci beaucoup, en tout cas c'était bien sympa ce petit concept de balade, je n'ai pas vu le temps passer. Je vous remercie puisque c'était un très bon podcast.
- Speaker #1
Et si tu devais dire une dernière chose pour inciter notre audience à se mettre en mouvement, ce serait laquelle ?
- Speaker #0
Écouter ce podcast.
- Speaker #1
Allez parfait, on parle là-dessus. Merci en tout cas de nous avoir écouté sur En Mouvement. J'espère que ce concept vous aura plu avec Antoine Clément, qui je le rappelle a fait un record en 11 jours de traverser le GR10 et les Pyrénées. Vous pouvez retrouver cet épisode sur Deezer et Spotify. Je vous remercie pour votre temps et je vous dis à très bientôt pour un
- Speaker #3
nouvel épisode.