Speaker #0Hello, moi c'est Noémie, je suis ostéopathe et infirmière et tu écoutes Entre deux tétés et trois vertèbres, le podcast où on parle du corps, de la maternité et de tout ce que l'on traverse sans toujours oser le dire. Mets-toi à l'aise mon papote ! Bonjour et bienvenue dans cet épisode. Aujourd'hui on va parler de naissance. Celles qui parfois ne se passent pas comme on l'avait imaginé. Avant de commencer cet épisode, j'ai envie de te dire un truc important. On va parler d'accouchement, de forceps, de ventouses et de césariennes. Bref, de situations qui existent, qui arrivent et qui peuvent être parfois impressionnantes quand on est enceinte. Alors si toi, tu fais partie de celles qui se sentent rassurées quand elles comprennent ce qui se passe, bienvenue, installe-toi, ça va t'aider. Par contre... Si tu es plutôt du genre à angoisser quand tu sais trop de choses, cet épisode il est peut-être pas pour maintenant. Tu peux revenir plus tard, ou le zapper, c'est comme tu le sens. Le but ici c'est vraiment pas de t'effrayer, c'est de comprendre, d'apaiser et de normaliser. Parce que les naissances, elles ressemblent pas toujours à ce qui se passe dans les livres, et pourtant, elles restent des naissances. Pourquoi j'ai voulu faire cet épisode ? Eh bien, honnêtement, j'ai énormément de mamans qui arrivent en séance avec un traumatisme de ce qu'il s'est passé lors de la première naissance de leur aîné. Et oui, j'utilise le mot traumatisme. Et forcément, toute la peur qui va avec pour une naissance suivante. Très souvent, ce qui a fait mal, c'est qu'en plus de ne pas avoir vécu l'accouchement qu'on avait voulu ou imaginé, s'ajoute le fait qu'on n'a pas compris ce qui s'était passé. On n'a pas mis de mots, on n'a pas digéré. Et prendre le temps de comprendre, de regarder les choses en face, d'apprivoiser ce qui peut arriver, ça peut tout changer. On va dire que ça remet un peu la sécurité. de la place pour soi. Et ça réouvre la possibilité d'un accouchement plus apaisé pour la suite. Comprendre, c'est pas forcément s'angoisser, c'est plutôt s'équiper mentalement. On va parler accouchement voix basse et de ce petit coup de pouce parfois nécessaire. On parle souvent des forceps, des spatules ou de la ventouse, comme si c'était des instruments terrifiants. Alors qu'en réalité, bon ok, ils font un peu peur. Mais ça peut être des aides précieuses, des alliés. dans certaines situations. Ils sont là pour accompagner quand l'accouchement ne progresse pas tout seul, ou tout du moins pas assez. Les forcettes et les spatules se ressemblent un peu, et si vous voulez vraiment savoir les différences précises, faudra sûrement demander à une gynéco ou à une sage-femme. Mais pour visualiser, ce sont des pinces courbées qu'on place autour de la tête de bébé. Oui, ok, ça peut un peu sembler bricolage obstétrical, mais bien utilisé, ils évitent parfois de la césarienne. Quant à la ventouse, Oui, notre imagination est assez réaliste là-dessus. C'est une coupelle qui s'accroche doucement sur le crâne et on accompagne en tirant pendant les contractions. C'est pas un aspirateur surpuissant. L'idée c'est d'aider, pas de forcer à tout prix. Bien sûr, il y a des risques. Des petites marques sur la tête, des hématomes, un peu plus de déchirure pour la maman. Mais dans les bonnes mains, ces interventions sont sécurisées et sécurisantes. Ça peut faire peur. Mais c'est pas un échec. C'est parfois un coup de pouce qui permet à bébé et à toi de vous rencontrer en sécurité. Avec l'aide de ces interventions, il peut y avoir des petites conséquences plus ou moins visibles, autant pour bébé que pour maman. Rien d'inquiétant en soi, mais des choses qu'on peut observer visuellement, que ce soit le médecin, l'ostéo, le kiné, ou même vous-même. Pour bébé, on va pouvoir parfois observer des petites asymétries, comme un méplat au niveau du crâne, plus d'un côté que de l'autre. Une préférence de côté pour tourner la tête, ou un tortigouli du nourrisson, dont le pédiatre vous parlera sûrement. Le point à retenir finalement, c'est qu'un bébé, il ne vit pas avec une douleur permanente, parce qu'il y a eu une intervention d'une ventouse ou de forceps. Mais il peut être un peu tendu, un peu asymétrique, mais ça, on sait très bien l'accompagner. Maman, papa, un kiné, un ostéo, un chiro, y'a de quoi. Pour la maman, c'est le même esprit. Le périnée qui a un peu plus souffert, le coccyx qui a été mis en... contraintes, des douleurs lombaires, le bassin plus sensible, de la fatigue, et parfois cette sensation d'avoir du mal à s'asseoir pendant quelques jours. Rien de tout ça n'est anormal, c'est juste le corps qui a vécu un accouchement avec un petit coup de pouce et qui a besoin d'un peu de douceur derrière. L'autre naissance, je dirais, c'est la césarienne. Et on entend encore trop souvent, et je trouve ça aberrant, que la césarienne elle serait un accouchement facilité, ou un truc plus simple. Je vais être claire. Une césarienne, c'est une naissance. Point. C'est pas moins naturel, pas moins courageux, pas moins rien du tout. Une césarienne, c'est couper dans 7 épaisseurs de tissu, muscles et utérus, et maman doit se remettre debout et marcher quelques heures après cette intervention. Et si c'était pas suffisant, elle doit aussi s'occuper d'un petit être totalement dépendant d'elle pour survivre. Une césarienne, c'est une autre façon de mettre au monde. Concrètement, ça change quoi ? Pour maman, parfois il y a tout ce qu'il y a avec une naissance voix basse, plus tout ce qu'il y a avec la césarienne. qu'elle soit programmée ou non. On peut même retrouver une différence sur certaines césariennes en urgence, puisque souvent quand elle est réalisée en urgence, la maman a déjà fait une grosse partie du travail avec les contractions, donc il peut y avoir une accumulation de fatigue un peu plus importante que pour une césarienne programmée. Mais c'est toujours pareil, chaque situation et chaque naissance est unique, et le discours ou l'histoire d'une personne n'est pas le même que celle de la voisine. Donc pour résumer, tout ce qu'on peut avoir avec une essence voie basse en termes de conséquences plus ou moins compliquées pour la récupération du corps, on parle quand même du mois d'or assez régulièrement, mais je pense que ça on pourra en reparler, et on l'a dit, on rajoute une quantité de tissu coupé, donc cette épaisseur, assez important, avec une cicatrisation sur cette épaisseur, et le fait que sur une césarienne, c'est une rachianesthésie, donc une anesthésie qui est plus forte pour permettre une immobilité totale du bas du corps. voire pour certaines femmes, une anesthésie générale dans certaines situations. Maintenant qu'on a fait ce petit point hyper intéressant et un poil stressant, on va parler de bébé. Il ne traverse pas le bassin, il n'a pas la compression thoracique naturelle réalisée par sa sortie, du coup ça peut donner un peu plus de mucus au niveau de ses poumons au début. Également, il n'est pas en contact direct avec les sécrétions vaginales, qui passent notamment au niveau de sa bouche. Oui, je vous vois grimacer. et qui peuvent être importantes pour le développement digestif de bébé, en termes de défense immunitaire. Encore une fois, chaque naissance a ses conséquences, et chacune est unique. La maman, elle, elle doit remobiliser son ventre, son bassin, son diaphragme. C'est une autre expérience, mais c'est une naissance. Je me suis fait une réflexion la dernière fois, et je me suis dit que j'allais vous la partager. La césarienne, c'est peut-être pas la petite porte d'en bas, mais c'est l'entrée VIP. Et par rapport à tout ça, comment est-ce que bébé y réagit, et comment est-ce qu'il le vit ? Un bébé... Il vit sa naissance comme un événement physique intense. Et donc on peut observer encore une fois, certaines choses qui vont être des préférences de côté de tête, un sommeil agité, des coliques, des difficultés de sucion, les fameuses difficultés à allaiter avec une sucion asymétrique. C'est super confortable et ok d'un côté, mais alors l'autre... Un bébé qui se cambre, des régurgitations, un torticolis... Et parfois, kiné, ostéo, chiro, ça change tout. Aucun bébé ne sort parfaitement symétrique et détendu de cette aventure qu'est la naissance. Ils sortent comme ils peuvent, en fonction de la naissance qu'ils ont vécue, et c'est normal. Et ils ont quand même de sacrées capacités d'adaptation, pour vivre et traverser toute cette épreuve, mais aussi cette aventure incroyable, pour rencontrer enfin leur maman. Finalement, j'ai envie d'aborder un petit peu ça comme ça, mais... Ce qui... compte le plus, peut-être ? C'est ce qu'on met parfois de côté, son état émotionnel. C'est un truc que j'aimerais vraiment mettre au cœur de l'épisode, puisque j'en ai déjà parlé un petit peu au début. Mais l'accouchement, la naissance de son enfant, en fait on peut pas tout contrôler. Mais on peut se préparer sur le plan émotionnel. Verbaliser pendant la grossesse, ça peut vraiment changer les choses. Je te partage ce que moi j'ai dit toute ma grossesse. Je souhaite vraiment un accouchement physiologique, et j'en suis capable. Mais si ça finit en césarienne, c'est ok, tant que tous les deux on va bien. Et je crois que ça m'a vraiment aidée, parce que oui, ça s'est terminé en césarienne. Et j'ai fait un travail sur moi après, parce que j'en avais besoin, et que je savais que ça allait m'aider aussi dans mon rôle de maman. Ce que je veux te transmettre, c'est que tu rates pas ton accouchement parce qu'on t'aide, tu rates rien, tu t'adaptes, tu accueilles ton bébé, et c'est tout. Et si vous avez besoin d'aide tous les deux, et bien... tu auras toute une vie pour profiter de ton enfant. Alors, peut-être cela vaut le coup d'essayer de travailler mentalement dès maintenant, avant ou après, se dire que ce moment dure quelques heures contre le reste de ta vie avec ton enfant. Je trouve cette formulation intéressante, pas pour te faire culpabiliser du tout, c'est pas mon truc, mais parce que si ton accouchement il s'est mal passé et que tu le vis mal, bah déjà t'en as parfaitement le droit, mais peut-être aussi te donner une autre idée pour avancer. et transformer cette épreuve en une étape. La première, un peu chaotique, de votre merveilleuse relation qui se construit. Laissez-moi vous parler un tout petit peu d'ostéopathie et de ce qu'elle peut apporter. après la naissance. Mais pour tous les deux, pas juste pour bébé. A toi aussi, parce que vous avez tous les deux vécu un marathon. Littéralement. La grossesse, elle demande environ 68 000 calories supplémentaires. C'est l'équivalent énergétique d'un marathon, mais étalé sur 9 mois. Ton corps a fait un exploit d'endurance chaque jour, alors clairement, tu peux le remercier. Pour bébé, en ostéo, on peut travailler sur les tensions ou les asymétries au niveau du crâne. qui peuvent majorer des plagiocéphalies par la suite. C'est la tête plate. On peut travailler sur les torticolis du nourrisson. On peut intervenir sur la digestion, les tensions au niveau du cou, des épaules, de la base du crâne, qui peuvent jouer sur la sucion et sur la prise du sein. Donc forcément sur les douleurs lors de l'allaitement, mais aussi sur la prise de poids. Parce qu'une difficulté de sucion, ça entraîne des difficultés à extraire le lait s'il y a un allaitement, et donc à grossir suffisamment. Et ça peut même impacter un bébé au biberon. Pas forcément allaitée. On peut aussi bosser sur le thorax, qui est plus ou moins malmené à la naissance, et en fait, sur toute autre partie de son petit corps, qui pour une raison ou une autre, est moins mobile. Pour la maman, j'aime bien parler de rééquilibrer ou de remobiliser le bassin, le sacrum, le coccyx, le diaphragme, la cicatrice de césarienne s'il y en a une, les douleurs lombaires ou pubiennes ou du périnée, les positions d'allaitement ou de portage. S'il y a une pérille, je travaille quasi systématiquement sur la zone. Car une aiguille dans cette zone entraîne forcément des tensions. Et rares sont les mamans ayant eu une pérille et qui n'ont pas mal au dos par la suite. Parfois, c'est pas le mal de dos, mais ça va être des sensations de fourmis dans les jambes, ou une faiblesse des jambes, comme une barre dans le dos qui vient jusque devant. Quelques petits signes par-ci par-là. À distance, je vois aussi certaines d'entre vous, pour aborder les zones sensibles comme le périnée, la peur des douleurs, ou les douleurs lors des rapports, et les cicatrices associées s'il y a eu une déchirure ou une épidiotomie. L'ostéopathie, c'est pas obligatoire et c'est pas magique non plus. J'aimerais bien être magicienne, mais ça soutient, ça accompagne. Et toi maman, tu mérites autant de soins que bébé. C'est une des raisons d'ailleurs pour lesquelles au cabinet j'ai mis en place des consultations doubles. Maman et bébé viennent ensemble et ils peuvent avoir chacun une séance l'un après l'autre. Et quand cela fait partie du congé parental, et bien le conjoint ou la conjointe peut venir également pour gérer un petit peu le petit bout. Pendant la période où maman se fait traiter. Même si j'aime pas trop le mot congé parental, parce que c'est clairement pas un congé. Mais je sais qu'après ce temps-là, après ce fameux congé où notre conjoint est présent, si en tout cas il peut le prendre, eh bien tu vas courir partout et tu ne t'occuperas pas de prendre rendez-vous pour toi. Pour conclure cet épisode, je vais le redire encore une fois, mais toutes les naissances sont valables. Chacune fait du mieux possible. avec la situation du moment. Ce qui compte, c'est toi, ton bébé, la sécurité, le respect, la rencontre. Et si ton bébé est né avec une petite pastèque sur la tête façon ventouse, rassure-toi, dans la majorité des cas ça disparaît, tu ne devras pas lui expliquer ça à son entrée à l'école. Ce que je veux te laisser aujourd'hui, c'est ça. Tu peux avoir confiance, tu peux être rassuré, et tu peux te rappeler que ton accouchement, il t'appartient, quel que soit son chemin. Quel que soit le schéma, tu n'as rien raté, tu as donné naissance. Merci d'avoir partagé ce moment ensemble. Si cet épisode t'a parlé, tu peux t'abonner, le partager ou simplement le garder pour les jours où tu as besoin d'un peu de douceur. Et souviens-toi, ton corps n'a pas besoin d'être parfait pour être écouté. Alors, à très vite dans Entre deux tétés et trois vertèbres.