- Speaker #0
Dans la vie, certains restent spectateurs pendant que d'autres construisent leur performance. Bienvenue dans Entre Swing et Combat, le podcast des compétiteurs qui savent que tout commence à l'intérieur. Je suis Alexandre Saporito, préparateur mental spécialisé dans les sports de combat et le golf de compétition. J'accompagne des athlètes sur le ring et sur le parcours, là où la lucidité, la gestion émotionnelle et la confiance font toute la différence. Ici, je te partage les coulisses de l'accompagnement mental les prises de conscience clés et des outils concrets pour t'aider à élever ton niveau en développant la solidité mentale qui soutient la performance. On y parle mindset, résilience, gestion du stress, mais aussi d'échecs, de rebonds et de moments où tout peut basculer. Alors que tu sois golfeur, combattant, coach ou simplement passionné de performance, installe-toi, tu es au bon endroit et bienvenue entre swing et combat. Bonjour à tous et bienvenue dans Entre swing et combat. Aujourd'hui, je reçois un combattant pro dont Palmares parle juste de lui-même. Il est 3 fois champion du monde, 4 fois champion d'Europe, 5 fois champion de France en boxe française. C'est 80 combats pour 74 victoires, donc 44 par KO. Vous l'avez compris, c'est un sacré combattant et j'ai eu la chance de le rencontrer il y a quelques semaines, c'était à la nuit des champions à Marseille et à ce moment-là il boxait en K1. Mais c'est aussi un coach, pas juste un boxeur. Il anime des stages avec des dizaines de participants. C'est un combattant que je trouve très complet, que ce soit dans la tête, dans le ring et aussi dans la transmission. Donc aujourd'hui, on va parler de sa carrière, mais aussi de ce que les gens ne voient pas de l'extérieur, c'est-à-dire de pression, d'ambition, les doutes, les responsabilités qu'on peut avoir et puis cette évolution intérieure. C'est parti maintenant avec... Damien Fabregas, entre swing et combat. On y va. Je te souhaite la bienvenue, Damien.
- Speaker #1
Salut, salut Alex. Ça va ?
- Speaker #0
Super, merci. Pour commencer, tu vois, il y en a qui ne te connaissent pas forcément et j'aimerais évidemment que tu te présentes un petit peu pour qu'on puisse te découvrir simplement qui tu es.
- Speaker #1
Ok, bon, qui je suis ? J'ai 28 ans. Fini en septembre, je pratique la boxe depuis que je suis rentré en sixième, donc 12 ans. Boxe française, j'ai commencé à voir la boxe française à mes débuts, jusqu'à encore il y a deux ans où je participais au championnat de France. Voilà, donc plus de dix ans de pratique en compétition en boxe française. Voilà, mon parcours, il est assez large. je passais par les centres de formation, puis... Retour chez moi. J'ai eu pas mal de petites péripéties, comme on dit.
- Speaker #0
Super. Tu as commencé à la boxe française vers l'âge de 12 ans. À tes débuts, tu étais quel genre d'enfant ? Quel genre de gamin ? Est-ce que tu étais combattif ? Déjà, compétiteur, tu avais cette envie-là. Sportif, timide. Quel type tu étais ?
- Speaker #1
Franchement... Moi, j'ai commencé la boxe française parce que je tenais pas en place à l'école. Donc, pas mal de problèmes de discipline. Mes parents, ils avaient un peu de mal. Mais à côté de ça, je manquais beaucoup de confiance en moi. Et mon père, au départ, il m'a mis à la boxe parce qu'il voyait que je faisais du foot. C'est marrant, mais j'allais parler avec l'attaquant d'en face, quand on jouait contre des équipes un peu solides. Et j'allais parler avec l'attaquant d'en face pour pas qu'il... pour ne pas qu'il me bouscule, qu'il me mette des coups d'épaule, tout ça. Et mon père, en fait, il m'a mis à la boxe à ce moment-là, où il a dit, mais non, ce n'est pas possible, il ne peut pas faire ça. Ce n'est pas possible dans sa vie, ça va être trop compliqué. En fait, il m'a mis à la boxe à ce moment-là. Donc, c'était un moyen pour moi de me cadrer dans ma discipline. J'avais du mal à tenir en place. C'est aussi un moyen de me donner confiance.
- Speaker #0
Quand on te voit maintenant, on a du mal à s'imaginer que tu pouvais aller voir l'attaquant d'en face pour lui dire de te laisser un peu trop utiliser.
- Speaker #1
C'est fou comment la boxe m'a façonné, elle m'a changé dans ma personnalité avec le temps. Mais vraiment, c'est même dingue quand je dis ça parce que les gens ont souvent du mal à se dire « Non, ce n'est pas possible. » Je peux vous donner le numéro de mes parents, vous l'appelez, vous lui demandez, il va vous expliquer, c'est vrai. C'est vrai, j'ai commencé la boxe vraiment pour ces raisons-là.
- Speaker #0
C'est vrai que par la boxe, on a pas mal d'évolutions comme ça de jeunes qui peuvent même commencer très timides, très renfermés. Et vraiment prendre aussi confiance en eux, s'ouvrir aux autres. Ça développe pas mal de choses, la boxe.
- Speaker #1
Moi, pour ma part, je ne dirais pas que j'étais timide, parce que je n'ai jamais été timide. Par contre, je dirais que j'étais créatif. Et c'est sur cet aspect conscience en soi que la boxe m'a beaucoup apporté.
- Speaker #0
C'est sûr. Non, non, ça apporte sur pas mal de choses. À quel moment, toi, est-ce que tu t'es dit, c'est ce que je veux faire, moi, la boxe ? Je veux vraiment être combattant.
- Speaker #1
Alors là, franchement, moi, j'ai toujours été un petit très rêveur. D'ailleurs, un peu trop, mais au final, ça m'a quand même servi. J'étais vachement... Ouais, je rêvais, en fait. Je planais, je rêvais. Ouais, je voulais être champion. en fait les premiers temps La première année que je fais de la boxe, l'entraîneur avait dit à mes parents qu'il avait mis un ultimatum à ma mère en voulant dire soit il se plie aux règles et il arrête de faire n'importe quoi, soit on le dégage. Parce que je partais dans tous les sens. Jamais de manque de respect, toujours j'avais le papa à la maison. Mais par contre, tu me disais quelque chose, je me tournais, je faisais autre chose. C'était compliqué de me faire écouter. de me faire écouter des consignes et de me mettre dans un groupe. Et du coup, moi, en fait, j'ai commencé la boxe les premiers temps parce que quand j'y étais, je m'y sentais bien. Puis en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'avais un super ami d'enfance à mon père qui avait été champion de France il y a très longtemps, en boxe française en fait. Et du coup, moi, je le voyais un peu comme... Waouh, je le badais quoi. Ouais, champion de France, champion de France. et en fait, ça a été... Moi, un peu une référence pour moi. Et je me suis pris un peu à ce jeu-là. Et après, il y a eu le club où j'ai commencé jeune. On avait un petit groupe de jeunes de mon âge. On est des trois ou quatre. Moi, je me suis laissé emporter un peu par le groupe. Et j'ai suivi, j'ai suivi. Jusqu'à ce qu'au fur et à mesure, les années sont passées. Et tous, ils ont arrêté. On ne s'est retrouvés qu'à deux. Moi et mon meilleur pote d'enfance, on s'est retrouvés à deux. Et au final... J'ai persévéré, j'ai continué, j'ai continué.
- Speaker #0
Ce que tu m'avais partagé une fois aussi, c'est que tu étais quand même vraiment très motivé puisque tu faisais quand même pas mal de kilomètres quand tu étais jeune pour aller t'entraîner.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Mais ça, c'était un peu plus grand déjà. Moi, là, je te parle quand j'étais vraiment minime cadet, quand j'avais 15 ans. Après, quand je suis rentré au lycée, là, je commençais à faire les choses à vous. Au début, ça a été un peu de l'amusement, entre parenthèses. Et après, dès que j'ai commencé à rentrer sur les années KD, en fait, quand j'ai commencé les compétitions, rapidement, j'ai rêvé grand. Je voulais être champion de France. Moi, c'était ma référence. Je voulais être champion de France. Je rêvais de ça. Je regardais des vidéos toute la journée. Je voulais être champion de France. Je voulais être champion de France. Et là, à partir de ce moment-là, par contre, j'ai mis de suite beaucoup de sacrifices et de discipline pour y arriver. Je faisais... Petite anecdote, je la raconte, mais je faisais... J'étais au lycée à Serré. J'avais changé de club entre-temps. J'allais à Mias, mon club où j'ai fait majoritairement ma carrière. Je faisais 40 kilomètres allés, 40 kilomètres retours avec ma mobilette. J'avais un 125. J'avais un 50. Je venais de passer avec le 125. C'est la transition. Au début, j'avais un 50. Après, j'avais un 125. Pour donner une image, c'est 40 kilomètres dans la montagne. Je mettais à peu près une heure, une heure et quart. Je finissais mes cours à 5h. Je prenais mon sac à dos avec mon sac, mes affaires. Je rentrais. Je partais à la boxe. L'entraînement, il était à 7h. Je faisais l'entraînement 7h, 9h. Et je rentrais. J'arrivais chez moi vers 10h30. 10h30. Bon, je te passe toutes les péripéties où il pleuvait sur la route. Et ça, c'était tous les jours, du lundi au vendredi.
- Speaker #0
Il faut vraiment trouver une passe pour être très motivé.
- Speaker #1
Mais tu sais, moi, je n'ai jamais eu l'impression de faire... Pour moi, c'était normal de faire ça. J'avais tellement que... J'avais tellement que ça en tête que... Pour moi, c'est... Mais les gens... Je ne me rendais pas compte. Des fois, avec du recul, je me rappelle des conversations que les gens hallucinaient de me voir faire ça. Et moi, je... Ouais, non, pour moi, c'était normal. Et là, avec du recul, maintenant, je me dis « Ah non, c'est pas normal du tout de faire ça. » Tu rentres à 6h, tu fais tes devoirs, comme tout le monde. Non, moi, je faisais... J'étais obsédé par ça.
- Speaker #0
Tu faisais ta passion. C'était vraiment, tu avais trouvé ta voie dans la boxe.
- Speaker #1
J'avais vraiment trouvé la seule chose qui me plaisait. Je ne sais pas comment dire autrement. J'étais intéressé par beaucoup de choses. Le voyage, plein d'autres sports. Mais qui m'intéressait vraiment. Où j'arrivais à passer des heures et des heures sans m'en lasser. Il n'y avait que la boxe. Il n'y avait que la boxe.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Et tes parents, ils t'ont toujours suivi là-dedans ? Ils savaient que tu allais devenir... Ils t'ont poussé comme ça, dans ce sens-là ?
- Speaker #1
C'est une longue histoire. Alors, mes parents, ils m'ont toujours supporté depuis qu'ils étaient petits. Alors, en fait, depuis que j'étais jeune, ils m'ont toujours tout mis en œuvre pour que je puisse réussir dans ça. C'est-à-dire qu'ils me payaient toujours les déplacements, les stages. Ils m'amenaient. Je me rappelle, quand on était plus jeune, on faisait un stage à Narbonne. Et ils faisaient des allers-retours tous les jours, allers-retours, allers-retours. Dès chez moi, c'est loin, c'est une heure. Une heure allée le matin, une heure le retour. et revenez me chercher le soir. Une heure allée, une heure retour. C'est qu'un exemple, mais ils m'ont toujours beaucoup poussé dans ça. Après, ça n'a pas été aussi qu'une partie plaisir parce qu'ils m'ont beaucoup soutenu financièrement. Mais après, ça a aussi été parfois compliqué moralement parce qu'ils voyaient que la boxe, mais la boxe, ce n'est pas un métier en fait et que moi, c'était la seule chose qui m'intéressait. Et donc, il y avait des fois ce parallèle qui était compliqué. Ok, moi je m'investis à fond dans un truc, un truc qui ne marche pas parce que toutes mes années cadées jusqu'à junior et même quand je suis rentré au Pôle France à Toulouse, je n'avais gagné aucun titre. Je perdais tout le temps en demi-finale parce que je gérais très mal les émotions et le stress. Il y a eu quand même un gros parallèle où mes parents me supportaient et me finançaient et faisaient tout pour que je réussisse. Mais à côté de ça, ils n'en pouvaient plus. Ils n'en pouvaient plus de voir que je m'investissais à corps et âme dans quelque chose qui au final…
- Speaker #0
factuellement il n'y avait aucun résultat donc c'était un peu compliqué des fois c'était une période compliquée moi l'adolescence c'est ça qui est dur aussi c'est de dire que tu veux c'est vraiment ta passion que tu veux vraiment faire que ça et qu'en même temps à côté tu ne gagnes pas forcément pendant tes compétitions c'est pas facile à entendre pour eux d'autant
- Speaker #1
plus quand j'étais jeune à l'école on me demandait tu veux faire quoi ? La boxe la boxe Mais tu sais, aujourd'hui, Alex, moi, je me dis, putain, j'espère que la vie ne me rendra pas un petit aussi têtu parce que ce n'est pas facile à raisonner quelqu'un comme ça. Parce qu'aujourd'hui, j'en ai entièrement conscience que la boxe, ce n'est pas un métier. Tu ne peux pas dire à quelqu'un, tu vas faire une carrière dans le sport, c'est trop aléatoire, en fait. Il y a trop de facteurs qui rentrent. Le sport, tu te blesses, c'est fini. Tu ne dépends pas que de tes facteurs de performance à toi. Tu dépends de beaucoup de choses. Et donc, pas facile. Moi, je me rappelle, mes parents, les discours, c'était plutôt, surtout ma mère, arrête ça, arrête ça et va faire, tu fais un métier comme tout le monde, va travailler, fais comme tout le monde. Et je les comprends, et je les comprends totalement. Je dirais la même chose aujourd'hui si j'avais des enfants.
- Speaker #0
Oui, carrément. Mais du coup, oui, c'est la peur aussi des parents de... de voir leur enfant... Comme tu dis, toi, tu ne t'en rendais pas compte, mais le sport, c'est vraiment aléatoire. Tu peux te blesser, etc. Ça peut vite se terminer. Et ça, les parents, ils ont ça en tête. Alors que nous, jeunes, quand on est gamin, on ne pense pas à ça, en fait.
- Speaker #1
C'est normal.
- Speaker #0
Mais ça t'a permis aussi, certainement, de forger la personne que tu es maintenant. Et c'est aussi une bonne chose. Et puis, tu peux transmettre ça, toi, après, à tes enfants, ton vécu, ton expérience.
- Speaker #1
Il y a un truc aussi, c'est que moi, mes parents, mon père, il est dans la... Aujourd'hui, il est rôtisseur, mais avant ça, il était dans la cuisine. Ma mère, elle était aide-soignante. Vivre du sport, de plus en plus, ça s'est ouvert. C'est-à-dire qu'il y a des BPJs. Aujourd'hui, entraîneur de boxe, éducateur sportif, c'est des métiers. C'est des vrais métiers avec lesquels il y a des personnes qui... Tu peux en vivre, quoi. Et donc, il y a une... Comment dire ? Il y a une barrière qui était un peu compliquée avec eux. c'est qu'ils n'arrivaient pas trop à comprendre. que je pouvais vivre du sport, pas forcément de la boxe. Tu vois que c'était une branche qui se touchait un peu. Donc des fois, moi, la seule chose que je changerais aujourd'hui, si j'avais un enfant comme moi j'ai été, c'était de comprendre un peu que... Mais au final, c'est ce qu'ils ont fait quand même parce qu'ils m'ont toujours soutenu. Mais c'est vrai que la boxe, ce n'est pas un métier, c'est une réalité. Par contre, éducateur sportif, ça l'est. Entraîneur de boxe, ça l'est aussi. Par contre, ce qui est vrai, c'est que ce sont des branches de métier qui sont quand même plus fermées. Ce n'est pas éducateur sportif, entraîneur de boxe. Entraîneur de boxe, ce n'est pas électricien. Tu ne trouves pas des travails, ce n'est pas restaurateur. Tu ne trouves pas des postes dans ça un peu partout. Mais ça existe quand même, c'est un corps de métier.
- Speaker #0
Je confirme.
- Speaker #1
Donc, c'est un peu sur ça où il y a eu la complication avec eux à l'adolescence. Mais en fait, au fur et à mesure, le temps est passé, ils l'ont compris et on s'est harmonisés.
- Speaker #0
Toi, du coup, tu as passé quoi comme diplôme dans le sport pour pouvoir vivre de ta passion ?
- Speaker #1
J'ai fait un CQP. J'ai commencé par un monitorat au Krebs à Toulouse. Alors, mon année, j'ai été deux ans, un an et demi au Krebs à Toulouse. Il m'a laissé passer un monitorat après que j'avais terminé dans mon club avec mon entraîneur. ou trois ans après, j'ai passé un BPJ, une boxe française.
- Speaker #0
C'est super.
- Speaker #1
Ouais, donc au final, c'est marrant, mais j'avais pas eu mon bac. J'avais 9,98 à mon bac. J'avais fait un bac pro, ça servait à personne. Pourquoi j'ai fait ça ? Parce que c'était le seul lycée qui était proche de mon club, où j'étais au début, tu vois, à serrer. Donc j'avais dit, vas-y, c'est bon, ça servait à la personne. Et j'étais tellement pas fait pour ça. Et au final, je n'avais pas eu mon bac sur ça. Et des années après, 4 ou 5 ans après, j'avais repris mes études et j'avais fait mon BPGEPS. Et là, par contre, je l'ai obtenu. Parce que c'était quelque chose que le bac, les études, moi, ça ne m'intéressait pas. Ce qu'on faisait à l'école, ça ne m'intéressait pas. Donc, c'était très compliqué pour moi. Je n'ai jamais eu la capacité de faire les choses à moitié, en fait. De pouvoir assurer quand même en n'ayant rien à faire. Donc quand j'ai décidé de refaire des études pour moi, parce que c'était ce qui me plaisait, donc mon BPJ, puis j'avais pris un peu de plomb dans la tête aussi, on va pas se mentir. Il y a eu 4-5 ans qui étaient passés, mais en tout cas c'était mon choix, c'était plus une obligation que j'avais. Et le fait que je le choisisse, je ne m'y suis pas investi de la même manière.
- Speaker #0
Et du coup aujourd'hui tu vis de quoi toi ?
- Speaker #1
Aujourd'hui je vis de l'ensemble, c'est-à-dire je vis d'une partie mes primes de combat, Une partie, mes sponsors. Une partie, mes cours que je donne. Tu sais, j'ai un studio de coaching chez moi. J'ai aménagé un petit espace chez moi. Ensuite, je fais des stages dans toute la France. J'en ai pas mal. J'en ai pratiquement tous les deux mois. En fait, c'est un ensemble de choses qui aujourd'hui font ma rémunération. Je ne vis pas uniquement des primes de combat. C'est faux. En boxe pieds-poing en France, ce n'est pas possible. Enfin, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible. Il y a certains qui arrivent, mais c'est très rare. Ils sont vraiment très, très rares, les personnes qui gagnent suffisamment avec le pied-point pour pouvoir vivre que des primes. En fait, c'est un ensemble de choses. Coach sportif, boxeur pro, mes sponsors. Le tout cumulé font ma rémunération Et comme moi je vis Et même je pense que tu vois Même les très très grands,
- Speaker #0
très médiatisés qu'on voit Je pense qu'ils ne vivent même pas que de leur prime de combat C'est vraiment tous les accrétés aussi Mais oui,
- Speaker #1
bien sûr
- Speaker #0
C'est vraiment que ça Parce que même eux ils savent très bien que la prime Déjà on ne fait pas énormément de combat par an Parce que c'est quand même très sollicitant pour le corps Donc il faut vraiment avoir des revenus à côté Ouais ouais c'est sûr Tu ne peux pas,
- Speaker #1
tu sais moi au début Quand j'ai commencé en passant en pro, tu bois un peu les paroles des gens. On te dit des belles choses. Oui, tu vas boxer dans telle organisation, tel site, tel ça. Mais en fait, la réalité, c'est que tu te rends vite compte que c'est durement réalisable de vivre que de la pratique. En fait, on te dit que tu es boxeur pro, mais la réalité, c'est qu'il n'y a rien de pro dans ce que tu fais. Tu n'as aucune assurance, tu ne cotises pas, tu es payé comme un... t'es payé comme un intermittent du spectacle à la vacation et honnêtement aujourd'hui des personnes qui gagnent plus de 5000 euros par prime de combat en France en pieds et poings il n'y en a pas beaucoup les primes elles vont entre 3 pour les bons pros elles vont entre 3 et 5000 euros sur les organisations françaises donc t'enlèves à ça le pourcentage pour ton manager t'enlèves le pourcentage pour ton entraîneur donc t'enlèves 20% t'enlèves 20% au total ... Je te laisse faire le calcul. Enlève 20% de 3000. Tu comprends vite que tu payes à ça. En plus de ça, tu payes généralement ton prépa physique, tout ça, ce qui va avec. Tes compléments alimentaires, si tu n'as pas de sponsor, tu comprends très vite que...
- Speaker #0
Il ne reste plus grand-chose.
- Speaker #1
Ah, il ne reste plus grand-chose. Si tu ne comptes que sur ça, franchement, bon courage.
- Speaker #0
Parce que c'est chaud,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Tu ne vas pas vivre avec grand-chose, du coup. Et puis surtout que tu ne boxes pas tous les 15 jours.
- Speaker #1
Et comme tu l'as dit. la boxe tu peux pas quand t'es en pro après un certain niveau chaque combat y'a de la casse tu vois donc si vraiment tu fais 7-8 combats par an waouh c'est des belles saisons tu fais 8 combats en pro par an c'est des belles saisons ouais ouais c'est sûr en général si tu fais une saison normale tu vas en faire 5 ouais tu vois que ça va tous les 2 mois quoi tous les 2-3 mois ouais c'est ça ouais Tous les 200 mois, tu boxes à peu près. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a une grosse partie sur la com qui est importante. C'est triste à dire, je ne te dis pas que je suis pour, mais les réseaux sociaux, c'est devenu une source de rémunération quand même importante pour les combattants. Ça a vraiment ses inconvénients aussi parce qu'aujourd'hui, c'est une mascarade. Tout le monde est champion de France. Sur les réseaux, tu peux tout piper. Et tu peux vite faire passer quelque chose de... Merci. consciemment nul, qui n'a rien fait, à une image de champion, parce qu'il gère bien sa com. Et ça, je l'ai vu X fois. C'est les inconvénients de la génération dans laquelle on vit. Et les avantages qui permettent qu'avec ça, si tu l'entretiens bien, tu peux arriver à avoir des rémunérations plus correctes.
- Speaker #0
Les réseaux, il faut vivre avec sa génération. C'est vrai que ça, c'est quand même un sacré outil.
- Speaker #1
T'es obligé. Franchement, t'es obligé.
- Speaker #0
Du coup, tu vois, je voulais faire une petite... de transition là tu vois sur la nuit des champions c'est là où j'étais la dernière fois là c'est quand même une belle organisation tu vois une belle soirée avec des beaux combats et toi t'as combattu sur cette soirée là en kickboxing parce que comme tu disais la boxe française t'as arrêté déjà il y a un an ou deux parce que t'avais fait le tour au niveau des titres etc et qu'est-ce que ça représente pour toi tu vois de combattre dans ce genre d'organisation là
- Speaker #1
Honnêtement, j'étais content parce que c'est une belle organisation. Je crois qu'il y a presque 10 000 places. C'est vraiment l'une des plus grosses orgues en France. Moi, j'étais content parce que je me disais « Enfin, je vais être dans la cour des grands, entre parenthèses. Je vais être à la place que je dois être. » Moi, j'étais content de pouvoir être mis sur le devant de la scène dans une organisation un peu prestigieuse en France. En tout cas. Et donc, voilà. C'est sûr que c'est plus galvanisant de boxer dans des salles comme ça que de boxer dans des petits gymnases avec personne. La finalité, c'est la même. C'est un combat, quoi. Mais ça... Comment dire ça ? Ouais, ça galvanise un peu plus.
- Speaker #0
Ouais, carrément. Surtout qu'en plus, tu devais combattre contre Mickaël Pignolo, qui finalement était forfait, parce que, si je dis pas de bêtises, t'es blessé. C'est ça. Est-ce que toi, c'est un combat que tu veux quand même faire contre lui ? Ou peu importe que ça se fasse un jour, tant que je boxe, ça me va ?
- Speaker #1
Non, ça rejoint un peu les deux. Moi, c'est un combat que j'aimerais faire. J'étais content de boxer contre lui. J'étais vraiment content de boxer contre lui. Et encore aujourd'hui, le combat, il n'a pas pu se faire. Mais s'il peut se faire dans un futur, évidemment, j'aimerais. Après, un mélange des deux. parce que comment dire c'est un peu Il n'y a pas que lui de boxeur français qui a une belle expérience. L'idée, c'est aujourd'hui de boxer, me prouver, mais à moi-même, pas les autres. Je m'en fous des autres, c'est juste à moi-même. J'ai toujours été comme ça dans toute ma vie. Je marche au challenge, mais au challenge que je me mets moi. Pour moi, c'était intéressant de boxer contre Mickaël parce que c'était un challenge sportif. J'avais envie de voir un peu où j'en étais. donc si j'ai l'occasion de faire le combat de refaire un petit peu de faire ce combat avec lui, évidemment, je suis preneur. Mais si ce n'est pas lui que ça note, ça note. Juste comme le 10 pas deux jours avant, parce que ça, ça fait chier.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. Du coup, ils t'ont mis un autre gars, un Espagnol, Sergio Garcia, qui lui aussi, il a accepté le combat à la dernière minute. Il a accepté trois jours avant. Comment est-ce que tu as vécu le changement ? On sait que quand on connaît son adversaire à l'avance, forcément, on se prépare en fonction de cette personne-là.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Surtout, moi, je bosse beaucoup à la vidéo et je marche beaucoup avec l'intelligence de la BF, des tabirs, des stratégies. Il n'y a pas qu'en BF qu'on sait faire ça, mais je veux dire, on a quand même une école où on vient beaucoup analyser, rentrer dans le détail des analyses vidéo. Moi, c'est des choses que j'ai appris à faire en tant qu'entraîneur. Et c'est des choses que je fais pour moi aussi sur mes combats, mes adversaires. En fait, c'est un peu moi, mon propre entraîneur, honnêtement, sur les parties. Aujourd'hui, c'est moi, mon propre entraîneur pour la partie boxe.
- Speaker #0
C'est ce que tu me disais.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Et donc, comment on se prépare ? Quand il y a un changement d'adversaire, comme ça a été le cas, surtout que c'est deux profils qui étaient complètement différents, en fait, là, il n'y a pas eu trop le choix. On m'a dit le jeudi, tu boxes, sauf que tu ne boxes pas. Mickaël, tu bosses lui. go, en fait. De toute façon, ce n'est pas moi qui choisis. Je n'ai rien à dire. Je ne vais pas dire non, je ne boxe pas parce qu'on me change d'adversaire. Tu prends et tu t'adaptes rapidement. Avec le contenu, la boxe, je sais la faire. C'est juste qu'il fallait arriver vite à switcher, à comprendre ce qu'on avait bossé avant, ce que j'avais bossé. Tu le mets de côté et tu vas t'adapter plutôt sur le moment, comment ça va se passer.
- Speaker #0
Tu t'en es quand même bien sorti, parce qu'en plus, ce combat-là, ce n'est même pas allé jusqu'au bout.
- Speaker #1
Ouais, je m'en suis bien sorti. Mais après, honnêtement, j'ai pris trop de risques sur ce combat. J'ai pris trop de risques. J'ai été un peu... Comment dirais-je ? J'aime être le challenger. Moi, j'ai toujours été le meilleur dans ma vie quand je suis le challenger. Quand je suis celui-là qu'on dit, ah non, il ne va pas gagner, il va perdre. Mais ça me donne une force de malade. Et là, le fait de me retrouver face à un adversaire qui acceptait le combat deux ou trois jours avant. Donc, le mec qui vient, il n'a rien à perdre. Il accepte trois jours avant. donc moi dans la tête des gens, dans l'attente des gens c'est Si Fabregas ne gagne pas là, c'est vraiment une pipe. Et moi, je me suis un peu mis une pression tout seul. Et du coup, c'est complètement débile parce que je suis allé prendre des risques dans des endroits où je n'avais aucun risque à prendre. Si je serais juste resté à distance, je n'aurais pas eu forcément besoin de m'engager autant. Mais d'un autre côté, si tu ne t'engages pas sur les combats, on ne te rappelle pas parce que les gens ne veulent pas voir du touche-touche. S'il n'y a pas une partie... engagement dans ce que tu proposes sur le K1, c'est un sport-spectacle. Ce n'est pas comme... Les gens veulent du spectacle. Après, à toi d'être malin, d'en proposer intelligemment, c'est là où, justement, moi, il y a eu une petite fréance. Oui,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
J'en tirerai des bonnes leçons de ce combat. J'en tirerai des bonnes leçons.
- Speaker #0
Toujours. Maintenant, j'aimerais qu'on parle aussi d'un sujet un petit peu plus... on va dire un peu plus profond, tu vois, des choses qui se vivent un peu plus de l'intérieur. C'est, est-ce que toi, tu vois, par rapport à ton palmarès, par exemple, vu le nombre de victoires que tu as et le nombre de KO, est-ce que des fois, tu as l'impression que ça devient un poids ou que ça te met la pression ?
- Speaker #1
Honnêtement, ouais, quand même. Ouais, ouais, quand même. Comme je te dis, moi, je suis vraiment le meilleur Parce que ma carrière, elle s'est construite sur ça. Moi, au début, comme je te dis, je ne suis pas arrivé de suite jeune, le jeune qui gagne tous les minimes, les KD, qui suit, qui passe en seigneur, qui gagne tout en seigneur. Moi, ma réussite, elle a été construite de défaites et de tristesse. Et d'ailleurs, c'est pour cette raison que j'ai besoin de cet état-là, de retrouver un peu ma solitude, ma tristesse pour combattre. Des fois, les gens ne comprennent pas, mais moi, j'ai été construit sportivement comme ça. et j'en ai besoin et donc aujourd'hui ça devient un poids parce que je suis plus la même personne que j'étais je suis plus le petit qui rêve d'être champion, je suis champion et je me suis prouvé à moi-même je me suis prouvé à moi-même de quoi j'étais capable maintenant c'est mes raisons pour lesquelles je boxe, elles ont changé avec le temps donc aujourd'hui je dois adapter et comprendre et l'intérioriser vraiment tu vois c'est Ce n'est pas facile parce que les motivations de ce que j'avais au début ne sont plus les mêmes que j'ai aujourd'hui. C'est clairement une pression de me dire qu'aujourd'hui, c'est toi le champion.
- Speaker #0
Est-ce que le regard des autres, c'est quelque chose qui te passe par la tête et qui peut changer ta façon de boxer ?
- Speaker #1
Honnêtement, celui-là qui va te dire non... Je pense que c'est un menteur. Oui, évidemment, c'est quelque chose qui me passe par la tête. Maintenant, je travaille beaucoup sur ça pour arriver à ne pas que ça m'impacte et à ce que je continue à le faire vraiment pour moi. Parce que boxer pour moi aujourd'hui, c'est mon axe de développement principal. J'ai toujours mis un gros point d'exclamation sur ça, sur... les raisons pour lesquelles on boxe. Ce n'est pas un sport anodin, tu viens prendre des coups, tu te livres, tu prends des risques dans un combat. Pour moi, c'est vraiment important que la boxe vienne pour soi, pas pour son entraîneur, pas pour sa team, pas pour tout ça, juste pour moi. Ça peut m'impacter un petit peu parfois de voir des gens qui parlent mal, qui n'ont pas conscience de tous les chemins que tu amènes. Toutes les fois où tu t'es relevé pour en arriver là, tu vois. Parce que les gens regardent juste une finalité. Et bon, je l'entends. Mais des fois, ça peut être impactant.
- Speaker #0
C'est sûr. Ouais, donc du coup, tu dis là, tu vois, tu boxes un peu plus pour toi. Mais au niveau aussi, tu vois, je continue un petit peu sur ce regard des autres là. Est-ce que ça t'arrive, toi, de te poser cette question-là quand tu vas monter sur le ring ou même quand tu boxes ? Ou là, ça y est, t'as switché, tu penses à autre chose ?
- Speaker #1
Non, c'est fini. c'est fini à partir de ce moment à partir du moment où tout ça c'est des pensées qui vont me traverser en amont on va dire mais à partir du moment du moment où je vais rentrer dans les vestiaires dès que je vais commencer à m'échauffer c'est terminé c'est un peu comme si je suis en perpétuelle bataille avec moi même
- Speaker #0
et à un moment donné je décide de menir je mets mes deux personnalités ensemble pour un but aller gagner, aller boxer le mec donc c'est le moment où avant le combat c'est le moment où des fois on dirait un taré mais je me parle tout seul c'est pour ça que j'ai besoin de beaucoup de solitude parce que j'ai besoin de ce moment de recueil d'aller chercher dans le fond de moi me dire ok mec on est plus contre aujourd'hui Toutes les pensées négatives, toutes les choses que tu penses qui ne vont pas, tu le sors et on y va, let's go. Il se passe ce qui se passe, mais évidemment, tu sais, moi, je suis mon propre entraîneur sur la partie boxe. C'est une réalité, je suis mon propre entraîneur. Donc, pour me pousser à sortir de ma zone de confort, je suis sans arrêt dans le discours, mec, bouge-toi le cul, tu es nul, bouge-toi le cul, tu vas perdre si tu ne bouges pas ton cul. Tu vois, je suis un peu dans le, comment dire le terme, je suis un peu dans l'excès, mais... Mais en tout cas, j'ai besoin de ça pour arriver à sortir justement à moto, sortir de ma zone de confort. Et je m'unis uniquement avant le fight. Je me dis maintenant, allez, go.
- Speaker #1
Carrément. Tu m'avais dit aussi qu'il te fallait un bon moment quand même pour te préparer, te mettre dans le combat, etc. Que tu aies bien à être tout seul. Mais combien de temps, toi ? Est-ce que ça se fait le jour même ? Ou est-ce que des fois, tu sais, il y en a, ils ont besoin de deux, trois jours, une semaine ?
- Speaker #0
Avant, plus jeune, franchement, je mettais une semaine. Je mettais une semaine avant le combat où j'étais très solitaire, j'avais besoin d'être seul, du mal à vivre avec quelqu'un. Aujourd'hui, honnêtement, la semaine avant le combat, je suis peut-être un peu plus distant, mais je reste quand même serviable, on va dire. Honnêtement, j'ai besoin juste de la Fight Week, le jour à partir de la pesée jusqu'au combat. Le jour du combat, j'ai vraiment besoin d'être seul ou avec mon entraîneur. Le jour du combat et même le jour de la pesée, je commence à être un peu dans ma bulle, on va dire. Mais le jour du combat, j'ai besoin d'être beaucoup... D'ailleurs, ce n'est pas facile pour la vie en commun, ça. Parce que pour arriver à comprendre ça...
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
Des fois, tu te dis... Mais il est taré, mais qu'est-ce qu'il a ? Mais c'est juste que c'est une sensation que les boxeurs... peuvent comprendre, mais si t'as quelqu'un qui est pas de ce milieu-là, c'est vrai que tu vas faire un match de foot, t'as peut-être pas forcément besoin de te mettre 24 heures isolé, de ne pas parler avec les gens. Peut-être que certains oui, mais en majorité non. En tout cas, pour la boxe, je sais que moi, j'ai besoin de ça.
- Speaker #1
C'est sûr, ça te permet vraiment de te mettre dedans, c'est certain.
- Speaker #0
Je fais des introspections sur moi-même, je réfléchis à beaucoup de choses que je peux... parler, que je peux penser qu'avec moi, ça va être mon vécu, mon passé. Moi, je me remémore toujours, avant mes combats, je me remémore toujours d'où je viens. Pourquoi je suis là ? Parce que évidemment, le sentiment que j'ai avant un combat, c'est de la peur. C'est pas de la peur de mon adversaire, mais c'est de la peur de moi-même. Et donc, il y a ce truc où tu dois l'abattre, cette peur, parce que si tu l'abats pas, tu fais plus les deux ensemble. T'es un contre un, t'as tes deux personnalités, elles s'unissent pas. Si j'arrive pas à éclaircir ça pour m'unir, mentalement tu sais pas est-ce que des fois t'as des peurs est-ce que des fois t'as des doutes avant de monter sur le ring alors pour moi la préparation elle est vraiment importante parce que si je sais que je me suis bien préparé sur la partie physique sur la partie mise de gants, sur la partie technique si je sais que je me suis bien préparé t'as quand même beaucoup moins de doutes c'est quand même quelque chose être bien prêt pour un combat c'est quelque chose qui soulage énormément Après, des peurs, j'en ai toujours. Le boxeur qui te dit « non, moi, je n'ai plus de peur » , c'est un gros mytho parce que ce n'est pas possible. D'ailleurs, le jour où je n'aurai plus peur de monter sur un ring, j'arrêterai de boxer.
- Speaker #1
C'est là où ça va te faire.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. Le jour où je monterai sur un ring et que je n'aurai aucune peur, je ne boxe plus. Tu ne peux pas aller faire un truc où tu te mets autant en danger sans avoir le cerveau qui est égayé et que les sens sont décuplés. La peur, il faut qu'elle soit productive. Mais la peur, c'est une sensation qui est normale.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
Le plus dur, c'est de savoir la contrôler, la peur. Et c'est là où il y a un gros travail en amont qui se fait. Mais pour moi, recevoir de la peur, c'est juste bien. C'est bien d'avoir peur.
- Speaker #1
C'est vraiment bien ce que tu dis là, parce que vraiment la peur, comme tu dis... Le jour où tu n'en as plus, c'est là où ça va devenir dangereux. Quand tu en as, ça permet de vraiment ouvrir tous tes sens, de savoir qu'il y a du danger en face. Donc, tu vas plus être aux aguets. Tu vas vraiment, comme tu dis, tous tes sens sont ouverts.
- Speaker #0
L'autre fois, je parlais avec ma copine et je lui disais, mais moi, avant le combat, et je ne m'en rends même pas compte en fait, la peur fait que ça aiguise tous mes sens. C'est-à-dire que quand je rentre sur le ring, je rentre sur le ring, évidemment avec le temps et l'expérience, tu apprends à la gérer. C'est-à-dire que tu apprends à ce que cette peur, déjà tu apprends à masquer tes émotions. Tu es obligé pour la boxe à ne pas la lire sur ton visage, à ne pas donner d'informations ou d'indications pour l'adversaire. Mais moi, je sais qu'aujourd'hui, la peur, elle me décuple toutes les visions. C'est-à-dire que je vais être là, quand je rentre sur le ring, et je vais faire attention à tous les détails. Dans la minute de repos, je vais regarder, j'écoute les consignes, mais en même temps que j'écoute, je regarde mon adversaire, comment il se comporte avec son second, le regard qu'il a quand il revient vers moi, l'attitude qu'il a. Je fais attention à plein de détails qui, en temps normal, je ne fais pas attention à ça. Quand je vais faire un sparring ou quoi, je ne fais pas gaffe à tout ça. Mais avec l'adrénaline et la peur du combat, je décuple mes sens. Et pour te faire part de quelque chose, l'autre fois, je discutais avec ma copine qui boxe aussi. Et on parlait de ça. Et elle me disait, putain, mais moi, quand je vais stresser, c'est pas moi, je m'unis pas, mais en fait, je me mets contre moi. C'est-à-dire que je m'auto-sabote. Et je lui disais, mais putain, c'est... En fait, moi, j'ai l'impression qu'on est deux, moi et lui, contre mon adversaire. Et elle me disait, moi, j'ai l'impression qu'ils sont deux contre moi. Moi, plus mon adversaire, contre moi. Donc, comme quoi, la gestion de la peur, parce que la peur, on l'a tous, la gestion de la peur, elle est super importante, parce qu'en vrai, c'est... C'est ce qui fait après la prestation que tu vas faire.
- Speaker #1
C'est ça, tu vois, c'est vraiment la préparation mentale que tu peux avoir avant pour la question du stress, de la peur, des incertitudes. Et ça, effectivement, si tu ne sais pas forcément comment le travailler, etc., ça peut vraiment, comme tu dis, être... La personne, elle peut être vraiment, comme tu dis, deux contre toi. Oui,
- Speaker #0
mais elle, elle me disait, tu vois, quand je stresse, elle me dit quand je monte sur un ring... Je suis en bataille contre ça. C'est super frustrant. Mais tu sais, moi, je rejoins ma carrière. Et je lui disais, mais moi, quand j'ai commencé, ce n'était pas la peur, mais c'était la pression que je me mettais à moi-même. Et c'était exactement pareil. Ça a amené à ce que je ne boxais peut-être pas pour les bonnes raisons, entre parenthèses, et j'en suis sûr même. Et le fait de ne pas être au clair avec mes pensées, j'avais ce sentiment comme elle de me dire putain mais j'étais deux contre moi je devais lutter contre une première partie contre mon adversaire et lui il luttait contre moi et la deuxième c'est un cheminement qui est compliqué à gérer d'où la raison de vraiment être au clair avec tes motivations personnelles je pense que c'est une grosse partie c'est une grosse partie du nœud une boucle carrément parce que tu m'avais dit ça pendant plusieurs années tu perdais quand t'étais plus jeune et après un moment
- Speaker #1
un déclic qui t'avait permis de switcher au niveau mental et du coup tes perfs avaient explosé à ce moment là tu ne boxais plus pour les mêmes raisons c'est totalement ça,
- Speaker #0
tu sais moi quand j'ai boxé quand j'ai commencé je voulais être champion je voulais être champion de France et moi en fait je me concentrais que sur la finalité et pas sur le chemin c'est à dire pourquoi tu fais de la boxe ok tu veux être champion mais avant tout t'aimes ce sport la partie plaisir La partie plaisir du truc, je ne la prenais pas en compte. Ah non, il n'y avait aucun plaisir parce que je ne voulais que la finalité. Et vu que je n'arrivais pas à la finalité à chaque fois, je me mettais une pression folle. Et donc, je n'arrivais pas à voir marche par marche. Je n'arrivais pas à me dire, mec, tu fais de la boxe, c'est qu'un sport. Kiff, t'aimes boxer, t'aimes faire des compétitions. Vois-le pour le plaisir du truc. Aujourd'hui, j'ai ce cheminement parce que je me suis accompli. Je me suis accompli, je me suis prouvé en moi-même. Tu sais, je voulais beaucoup me prouver et des fois de vouloir trop. prouver, c'est pas forcément l'élément principal à aller chercher tu vois c'était un ego pour moi, c'était l'ego qui était très mal géré et qui m'a desservi pendant longtemps parce que regarde, mon histoire elle est quand même marrante, j'ai passé des années de cadet en junior, regarde en cadet quand j'étais en championnat de France, je perdais tout le temps les premiers tours, alors qu'à l'entraînement tu sais je m'entraînais avec Hugo Potamon, qui était super fort, on était ensemble, on était tous les deux et lui il était champion de France Bismillim. 1, Minim 2, KD 1, KD 2. En KD 1, il n'avait pas gagné, je crois. C'était une bête, j'étais super fort. Mais à l'entraînement, on avait le même niveau. Il ne me mettait pas une vitesse ou quoi que ce soit. On était similaires, franchement, on était similaires. Mais en compétition, lui, il avait une gestion émotionnelle, pour son âge, qui était beaucoup plus élevée que la mienne. Moi, j'étais complètement...
- Speaker #1
Fixé sur le résultat.
- Speaker #0
Oui, fixé que sur le résultat. Il faut gagner, il faut gagner, il faut gagner. Alors que lui, de par sa vision et sa maturité qu'il avait à ce moment-là, Il pensait pas comme ça, tu vois. Il pensait pas comme ça. Et en tout cas, évidemment, comme il gagnait, il prenait plus confiance en lui. Tu sais, c'est un cheminement. C'est vraiment un engrenage qui se met en route. Tu prends confiance en toi quand tu gagnes. Donc, tu prends confiance, c'est plus facile aussi. Et quand tu perds, c'est aussi un cheminement, mais qui va dans l'autre sens. Je veux gagner, je veux gagner. Merde, j'ai perdu. Ouais, mais mec, comment tu veux gagner alors que la dernière fois, t'as perdu ? Et tu vois, à la place de faire ça, d'avancer, tu recules, tu fais un pas en arrière à chaque fois Donc ça a vraiment été... Et le jour, tu sais, moi, ça s'est fait comme ça. Le jour où j'ai changé la raison de... Je boxe parce que je veux être champion, je veux être champion. Ah, mec, de toute façon... Tu ne seras pas champion. Ça fait 4-5 fois que tu fais tes championnats, que tu perds. Arrête de le voir pour ça. Vois-le parce que juste, tu kiffes ça. Le jour où j'ai commencé à penser comme ça, champion de France Elite B, champion de France Elite A dans la même année, champion d'Europe Junior, le jour où je me suis enlevé cette pression, la pression du résultat, j'ai tout enchaîné derrière. Et c'était fou. C'était vraiment comme... Ouais, non, c'était génial, mais c'était vraiment comme si... Tu viens ouvrir une porte. Et tout en a découlé à la carrière que j'ai reçue derrière. Parce qu'en fait, aimer boxer, j'ai toujours aimé ça. Mais je pense que c'était juste une pression que je me suis auto-mis.
- Speaker #1
T'entends, on comprend vraiment que le mental a vraiment joué une part essentielle. C'est énorme. Tu mettrais quoi comme ratio, par exemple, sur technique, physique, mental ?
- Speaker #0
Franchement, je dirais 80%, 70% de mental, 15% de physique et 15% de technique.
- Speaker #1
C'est vraiment à peu près ça, parce que beaucoup misent uniquement sur la technique, le physique. Quand je dis ça, c'est souvent, il y en a, ils vont s'entraîner encore plus fort, encore plus fort, encore plus fort pour revenir. Et pourtant, ça bloque. C'est ce que tu racontais tout à l'heure.
- Speaker #0
Mais oui, c'est ce que je faisais moi. Moi, j'avais vraiment l'impression quand j'étais jeune, si ça ne marchait pas, c'est parce que je ne m'entraînais pas, tu vois, pas assez. Et du coup, j'ai décuplé quand même, j'ai décuplé grâce à ça une capacité, une faculté à travailler beaucoup, tu vois, à travailler énormément. Mais en fait, j'ai compris avec le temps que c'est un 3x2 ou un 3x3 ou un 5x2 ou un 5x3, c'est court. Par rapport à quand tu t'entraînes tous les jours, c'est rien. En vrai, c'est rien par rapport à quand tu te prépares correctement, c'est rien. C'est là où tu te dis, c'est le mental vraiment qui, pour moi, va primer.
- Speaker #1
C'est sûr, tu as bien raison. C'est une bonne introspection, une bonne réflexion que tu as eue sur toi-même. Et en plus, tu n'as que 28 ans. Donc, tu vois, ta carrière, elle n'est pas encore finie. Tu es en plein dedans, tu es sur les meilleures années, on peut dire. Toi, tu te vois où dans deux ans ou dans cinq ans ?
- Speaker #0
Sportivement ? Oui,
- Speaker #1
au niveau de la boxe, de tes combats, etc.
- Speaker #0
Au niveau de la boxe, j'aimerais bien quand même réussir à rentrer sur des grosses orgues. Glory, One. C'est ça mon objectif sportif aujourd'hui. Mais tu sais, j'ai eu tellement de déceptions en comprenant le monde professionnel et les conditions avec lesquelles tu joues qu'aujourd'hui, ... Je boxe vraiment, pas pour ces raisons-là. Je ne me rattache pas qu'à l'objectif. C'est mon objectif sportif. J'aimerais rentrer dans des organisations comme ça. Je fais tout pour. Je m'entraîne vraiment sérieusement. Je fais même des sacrifices qu'avant, je ne faisais pas. Mais si ça n'arrive pas, je ne le vois pas comme une fatalité. Je me dis vraiment, je fais tout pour que ça arrive. Et si ça doit arriver, ça arrivera. Si ça n'arrive pas, ça n'arrive pas. Mais je vois vraiment la boxe aujourd'hui comme une... Ce qui m'importe, c'est vraiment kiffer. Kiffer venir monter sur le ring. Kiffer boxer. Parce que j'ai arrêté de boxer pendant un an. J'ai eu pas mal de soucis perso dans ma vie. Et je me suis rendu compte qu'au bout d'un an, je m'étais dit que c'était fini, j'arrêtais la boxe. Au bout d'un an, ça m'a aidé aussi à me reposer des questions, à re-réfléchir vraiment à mes motivations, à qui j'étais. Et je me suis vraiment dit au bout d'un an, mais mec, ça me manque. Ça me manque. Monter sur un ring, les préparations, tout ça, en fait, ça me manque, tu vois. Et ça m'a aidé aussi à trouver une raison différente de pourquoi boxer. Boxer, c'est toute ma vie, c'est tout ce que j'adore. Alors, je le fais plus pour... Ouais, parce que je kiffe ça, en fait. Je prends du... Je le fais plutôt pour ça que pour... Je le fais plutôt pour ça que pour me fixer vers l'objectif comme j'ai pu le faire plus jeune, tu vois. Parce que même si j'ai la maturité que je n'avais pas avant, il y a quand même un gros facteur... que tu ne contrôles pas dans le monde de la boxe et d'autant plus dans le monde professionnel. Tu as la partie boxe, par exemple, championnat de France, amateur, en boxe française, les championnats élite ou en kick, les championnats en classe A. Ou dans ces cas-là, tu vas faire le championnat et si tu tapes tout le monde, tu vas être champion, tu vas être en équipe de France. Il va falloir taper tout le monde, mais si tu arrives, tu peux arriver à avoir ton rêve, ton objectif d'être en équipe de France. Par contre, maintenant, pour le monde professionnel, ce n'est pas comme ça. Parce que tu peux taper tout le monde et on ne te donnera jamais ton ticket d'entrée pour des grosses orgues. Parce que c'est du sport business. Et si tu n'es pas bien managé et bien placé aux bons endroits, tu ne feras rien. Tu vois ça, je l'ai compris aujourd'hui que le monde, le sport business, entre parenthèses, ne tournait pas de la même manière que le sport amateur. Et bon, c'est d'ailleurs un vrai problème. Mais parce que c'est utilisé aussi dans d'autres sens. T'as un an qui, des fois, rentre sur des grosses organisations, alors qu'en termes de niveau, tu te dis, mais non, je le frappe, lui. Mais il faut l'accepter. C'est pour ça que la totalité m'a amené à avoir l'esprit que j'ai aujourd'hui, de me dire, ça ira ou ça ira. En tout cas, moi, je kiffe me battre. Et tant que je peux me battre, je le fais. Tant que je prends du plaisir à ça, je le fais.
- Speaker #1
C'est vraiment une bonne façon de voir les choses.
- Speaker #0
Ça évite les déceptions. Ça évite beaucoup de déceptions.
- Speaker #1
Toujours voir le bon côté sur tout ce qui peut arriver.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Tu vois, avant, j'avais cette tendance à broyer un peu du noir quand je n'arrivais pas à voir ce que je voulais. Aujourd'hui, je ne vois que le bon côté des choses que j'ai. Je vois le verre à moitié plein à la place de le voir à moitié vide.
- Speaker #1
Oui, carrément. Il y a beaucoup de jeunes qui peuvent nous écouter, des jeunes qui peuvent avoir 14-15 ans, mais aussi ceux qui ont commencé un petit peu plus tard et d'autres qui sont déjà en compétition à 20-25 ans. Qu'est-ce que toi, tu pourrais leur donner, que tu aimerais leur dire, leur transmettre, s'ils ont vraiment envie d'être champions, etc. Qu'est-ce que tu pourrais leur donner ?
- Speaker #0
Tu sais, ce qui est difficile, c'est qu'on a tous un vécu de la vie, les raisons de pourquoi on boxe, qui est différent. Moi, j'ai mon parcours, j'ai mon histoire. Un autre boxeur va avoir son parcours, son histoire. Mais il faut bien se dire que pour arriver dans le haut niveau, tous, on a une histoire. On a tous un truc qui nous a forgé pour devenir le boxeur qu'on est. Ce n'est pas possible de... Comment dire ? Il n'y a pas de fumée sans feu. Et nous, sur le ring, on voit la face qui sort de l'iceberg. Mais tout avant, ça appartient au boxeur. tu vois Moi, s'il y a un petit jeune qui commence aujourd'hui, si je devais lui dire quelque chose, je lui dirais, avec mon vécu à moi, de prendre plaisir. Parce que moi, ça a été la chose que j'ai peut-être mis du temps à le voir. De ne pas se focaliser trop sur l'objectif de prendre plaisir à boxer. S'il aime, il prenne du plaisir à faire ça. Et que la boxe, ça reste un sport. Il faut le voir comme un sport. Et s'il veut performer, Je lui dirais que les grandes choses, ça prend toujours du temps et qu'on n'a rien sans du travail. Que si ce n'est pas une fois, ce n'est pas deux fois, ce n'est pas trois fois, ce n'est pas quatre fois, à force d'insister, ça finit toujours par payer. Et j'en suis persuadé de ça. Mais il faudra peut-être insister beaucoup de fois. De la résilience et du travail.
- Speaker #1
Exactement. C'est super ça. C'est exactement ça. Et toi, tu vois, est-ce que... On va repenser un petit peu à toi. à 18 ans par exemple, juste avant un combat important, qu'est-ce que tu te dirais à toi-même, au toit de 18 ans, il y a 10 ans en arrière ?
- Speaker #0
Le moi à 18 ans, qu'est-ce que je me dirais ? Je me dirais, tu as eu raison d'être têtu. Non, je ne dirais pas ça, je dirais honnêtement… Moi, si c'était moi, j'irais accentuer sur les choses où je sais que j'avais besoin d'entendre. Donc, si c'était moi, je lui dirais juste mec, c'est qu'un sport. Si t'es champion de France, ça ne changera pas ta vie. Kiff, kiff, kiff, kiff. Prends du plaisir. Tu sais le faire. Prends du plaisir. Moi, j'accentuerais sur cette partie-là parce que je sais que c'est la partie que j'ai mis du temps et que j'ai découvert avec le temps. Donc, si c'était à moi-même, je parlerais comme ça. Maintenant, si tu sais un bon entraîneur, pour moi, c'est quelqu'un qui s'adapte, qui s'adapte à la personnalité de la personne. Pas qu'à l'athlète, à la personnalité de la personne. Parce que tu as l'athlète, c'est bien. Un athlète, un boxeur, ok. Mais tu as la personnalité, tu vois. Et pour moi, pour être un bon entraîneur, il faut avoir une certaine ouverture d'esprit et avoir vécu. Avoir vécu, avoir eu plusieurs vies, avoir eu plusieurs expériences. Et c'est ce qui va définir ta capacité d'adaptation à un profil.
- Speaker #1
Oui, comme tu dis, vraiment s'adapter à la personnalité de la personne, pas à la porte, mais vraiment la personnalité, parce qu'on est... Tu l'as dit tout à l'heure, on est tous différents. Avec un vécu différent. Donc être capable de s'adapter à ça, ce n'est pas non plus ouvert à tout le monde.
- Speaker #0
Non, c'est sûr. C'est ce qui fait que des fois, tu as des entraîneurs avec qui ça va matcher super bien et avec un autre avec qui... Pourtant, tu sais, tu en as un, il va être compétent, ça ne va pas marcher. Tu en as un autre, il ne va pas être particulièrement compétent, par contre, ça va marcher. Parce qu'il va te comprendre mentalement, il va avoir une histoire qui aura peut-être été proche de la tienne. Donc pour moi, c'est vraiment important de trouver quelqu'un qui aille sur l'aspect mental et l'aspect compétence. Parce qu'à haut niveau, après, tu as besoin de compétence. Moi aujourd'hui, ce que je disais, plus jeune, j'avais besoin pratiquement que de l'aspect émotionnel sur le coaching. Aujourd'hui, j'ai quand même besoin de l'aspect compétence. J'ai besoin de quelqu'un qui sache comment je fonctionne, mais j'ai besoin aussi de quelqu'un qui a les compétences pour me driver. Et voilà, c'est un équilibre à trouver, je pense.
- Speaker #1
C'est sûr, carrément. Tu as des combats qui sont planifiés dans les semaines, dans les mois à venir ?
- Speaker #0
C'est en février, normalement. Pas sûr encore. Là, je pars un mois en Indonésie. C'est des vacances, un petit peu. Bon, vacances sportives. profiter un peu et pour m'entretenir là-bas. Et quand je rentre fin février, normalement, c'est pas encore signé. Donc là, rien de sûr.
- Speaker #1
C'est quoi ? Ce sera toujours en kick ? K1 ?
- Speaker #0
K1, oui.
- Speaker #1
Ok. C'est cool. Du coup, tu peux pas nous en dire plus tant que c'est pas signé ?
- Speaker #0
Non, pour l'instant, je peux pas dire. Je peux pas faire de fuité. C'est un peu l'heure des problèmes. C'est un peu l'heure des problèmes.
- Speaker #1
Et sinon, sur quoi est-ce qu'on peut te suivre, toi, un peu sur les réseaux, Damien ?
- Speaker #0
Sur Insta, je mets quelques trucs. Sur la gestion des réseaux, je n'essaie pas de faire un effort. Comme je te disais tout à l'heure, tu es obligé maintenant. Mais si c'était que moi, honnêtement, je ne mettrais même pas juste des photos de mes voyages. La partie médiatisation, ce n'est pas forcément ce que je voudrais. Mais sur Insta, je suis un peu actif. Facebook Fabregas Damien. J'ai une page aussi pour le coaching Damien avec deux i, tirer du bas, coaching, 66. Donc là, je mets tout ce qui est stage. C'est intéressant. Ouais, ouais, ouais. Donc je reste un peu en suivant la banque.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Comme ça, au moins, il y en a pas mal qui pourraient peut-être qu'ils ont envie de suivre tes stages, de savoir où est-ce que tu passes. Parce que les stages, tu les fais pas que dans ta région, tu bouges vraiment dans toute la France en plus.
- Speaker #0
Non, non, non. Dans toute la France, ouais. Dans toute la France, voilà. J'ai pas mal de... En fait, c'est soit avec des clubs, soit des communautés. Mais en fait, j'ai beaucoup de stages. Il y en a pratiquement un tous les mois, tous les deux mois pour l'instant. Et c'est cool, tu vois. C'est des bons moments où ça me permet un peu d'échanger avec les gens sur mon expérience, mon vécu. Et aussi, tu sais, j'apprends aussi des gens, des fois. Parce que chacun, comme je te disais, a son expérience, son vécu. Mais celle des autres, elle est aussi enrichissante pour... pour parfois comprendre des choses sur soi-même. Ça m'est déjà arrivé des fois d'écouter des gens qui me racontaient des histoires de leur carrière, tout ça. Et après, à la fin de ça, me remettre en question sur moi-même, sur toi, tu vois. Donc pour moi, on apprend autant des autres que quand on donne.
- Speaker #1
C'est ce que je dis souvent, comme ça aussi, pendant les cours de boxe que je donne, que tu boxes avec aussi un débutant, un confirmé, un compétiteur, peu importe. Chacun peut t'apporter un truc. Même le députant qui n'est pas à ton niveau, il peut t'apporter quelque chose.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Il va progresser.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est cool, au moins comme ça, s'il y en a qui veulent participer à tes stages, c'est vraiment une super valeur. En plus, grosse progression, des fois sur une journée ou même peut-être sur des week-ends. Je ne sais pas si tu veux.
- Speaker #0
Pour l'instant, je n'ai jamais fait sur un week-end entier. Je fais souvent sur une journée. Après, je ne suis pas fermé du tout à des propositions, des idées. Mais c'est vrai que sur l'aspect technique, c'est bien parce que sur les stages, moi, je transmets un petit peu mon vécu des années en équipe de France, le travail d'appui et tout ça. Des choses qu'en club, généralement, on survole ou on ne voit pas. Et donc, ça apporte une nouvelle vision, entre parenthèses. Mais voilà, moi, je vais être honnête, comme j'ai toujours dit, ça va permettre d'apprendre des choses qu'on ne t'a jamais montrées en club. Mais c'est un stage, c'est une journée. Le travail, il se fait au quotidien, il se répète. Ce n'est pas avec une fois, en fait. Le travail d'appui, ce n'est pas avec une fois qu'on comprend tout. Mais par contre, c'est des choses qui te permettent de mettre un doigt dessus. Tu vois, ça ouvre un peu la vision. Ça ouvre la vision de comment on voit la boxe. Moi, en tout cas, mon expérience du haut niveau m'a permis justement de me construire. Parce que, putain, en équipe de France, on travaille de telle façon. Je rentrais en club, on travaillait de telle façon. Dans tel club, là, ils travaillent de telle façon. Et au final, tu vois, quand tu fais une analyse globale de tout ça, tu vas prendre un petit peu à droite, à gauche. Ah ouais, en club. Mon entraîneur me faisait faire ça, mais j'ai toujours trouvé que c'était utile. Je vais le prendre. Une équipe de France, ils ont fait ça. Je vais le prendre. Dans son club, je suis allé m'entraîner deux ou trois fois. J'aimais bien quand ils faisaient faire ça. Je pense que la construction d'un boxeur, elle se fait comme ça. Oui,
- Speaker #1
carrément.
- Speaker #0
Elle se fait comme ça, en allant récupérer à droite, à gauche, ce qu'on trouve intéressant et en assimilant à soi.
- Speaker #1
C'est ça, en allant vraiment prendre à droite, à gauche.
- Speaker #0
Oui, pour moi.
- Speaker #1
Tu fais du coaching aussi. J'ai vu un petit peu l'individualité, etc. Accès sur la boxe et tout. Tu voulais nous en parler un petit peu, tu vois, ce que tu proposes, toi ?
- Speaker #0
Moi, le coaching, je le fais chez moi pour l'instant, parce que je suis en phase de transition, je suis en train de monter un club. Je suis en train de monter un club, donc pour l'instant, les coachings, je les fais chez moi, j'aménage un espace de boxe dans mon garage. Voilà, c'est des coachings individuels, évidemment, en fonction des attentes des gens. Tu sais, j'ai pas... J'ai des profils très différents. J'ai du chef d'entreprise qui n'a jamais boxé, aux jeunes compétiteurs qui veulent devenir champions, ensuite aux loisirs qui veulent juste se perfectionner. Tu sais, c'est très vaste. Et l'idée, c'est s'adapter à la personne et à pourquoi elle est là. On ne va pas faire la même chose à un petit jeune qui veut devenir champion, qu'on va aller faire un cadre qui veut juste se défouler. Le but, c'est que sur le coaching individuel, chacun se retrouve. Et chacun vienne passer un bon moment.
- Speaker #1
Très bien. Tu fais du distanciel un peu ou que du présentiel ?
- Speaker #0
Alors, un peu du distanciel. Mais honnêtement, j'avais beaucoup de retours sur les stages. Des personnes qui étaient intéressées par les contenus qu'on a faits. Mais le problème, c'est qu'ils habitent loin. Donc, ils ne peuvent pas venir en présentiel. J'avais lancé une plateforme de coaching en ligne. Maintenant, je n'axe pas trop là-dessus. Honnêtement, je ne mets pas trop d'énergie pour le développer parce que j'ai beaucoup de choses et que je ne peux pas tout faire. Si l'occasion se présente, que j'ai quelqu'un qui serait intéressé, on pourrait faire quelque chose. Mais sinon, ce n'est pas mon axe de développement premier. D'accord.
- Speaker #1
Écoute, super.
- Speaker #0
Des fois, c'est un peu embêtant aussi d'être un peu couteau suisse. Même si ça touche autour de la boxe, pour essayer de faire les choses bien, ça prend du temps.
- Speaker #1
Tu ne peux pas tout faire.
- Speaker #0
Ça m'arrive où des fois, je me dis arrête de faire ça parce que je n'ai pas le temps. Pas le temps ou pas l'énergie ? Parce qu'en vérité, du temps j'en ai, je dirais plutôt pas l'énergie. Pas le temps, pas l'énergie.
- Speaker #1
Ça te permet de rester concentré sur l'essentiel, sur ce que tu as vraiment envie et de le faire bien et correctement.
- Speaker #0
C'est clairement ça.
- Speaker #1
Écoute, Damien, Je te remercie vraiment pour ton temps.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Ta sincérité, ta transparence, parce que tu nous as livré quand même pas mal de choses sur toi, sur ce que tu vis de l'intérieur. Et surtout, vu ton palmarès aussi, tu vois, et ton histoire, c'est vraiment bien de livrer tout ça parce que c'est des choses qu'on ne connaît pas. Donc, merci beaucoup pour ça, pour ce que tu apportes aussi à ces sports-là, pieds-poings. Tu apportes beaucoup de choses et tu transmets pas mal de choses aussi aux jeunes et aux moins jeunes. Et par l'image que tu dégages aussi pendant tes combats et même après.
- Speaker #0
franchement bravo merci beaucoup Alex ça me touche je suis persuadé que la suite elle sera encore plus grande je fais tout pour et si ça doit arriver ça arrivera et sinon comme je t'ai dit tant que je prendrais du plaisir à aller boxer je boxerai je te remercie vraiment pour les questions c'était cool ça m'a fait plaisir de pouvoir un peu partager pouvoir partager un peu toutes ces années dans l'ombre, on va dire. Et voilà. C'était un bon moment.
- Speaker #1
Super. Et j'aimerais qu'on finisse avec cette phrase, comme tu l'as dit plusieurs fois, tu vois, c'est « Boxer pour le plaisir » .
- Speaker #0
Boxer pour le plaisir. C'est qu'un sport. Ce n'est qu'un sport, n'oublions pas.
- Speaker #1
Yes. Merci Damien.
- Speaker #0
Allez, ciao, ciao Alex, merci.