- Speaker #0
Dans la vie, certains restent spectateurs pendant que d'autres construisent leur performance. Bienvenue dans Entre Swing et Combat, le podcast des compétiteurs qui savent que tout commence à l'intérieur. Je suis Alexandre Saporito, préparateur mental spécialisé dans les sports de combat et le golf de compétition. J'accompagne des athlètes sur le ring et sur le parcours, là où la lucidité, la gestion émotionnelle et la confiance font toute la différence. Ici, je te partage les coulisses de l'accompagnement mental, les prises de conscience clés et des outils concrets pour t'aider à élever ton niveau en développant la solidité mentale qui soutient la performance. On y parle mindset, résilience, gestion du stress, mais aussi d'échecs, de rebonds et de moments où tout peut basculer. Alors, que tu sois golfeur, combattant, coach ou simplement passionné de performance, installe-toi, tu es au bon endroit et bienvenue entre swing et combat. Bonjour tout le monde et bienvenue sur Entre Swing et Combat. Aujourd'hui, notre invitée, c'est Maymara Lawson, la championne de France et du monde de boxe française, qui va nous raconter son parcours, sa carrière, comment elle a réussi dans ce milieu qui est finalement plutôt masculin et aussi comment elle a réussi à évoluer depuis qu'elle a commencé à l'âge de 16 ans. Quels ont été ses déclics qui lui ont permis de performer, de franchir certains caps, mais aussi parce que ça fait partie d'une carrière Ces moments de difficultés, d'échecs, en plus des victoires en tant que sportif de haut niveau et membre de l'équipe de France, c'est aussi des moments où t'as l'impression de manquer des fois de légitimité où on peut se dire qu'il va falloir que je prouve encore plus que les autres que je mérite ma place. C'est parti maintenant avec Meimara Lawson sur Entre Souignes et Combats. On y va ! Bienvenue Meimara ! Très content de te recevoir aujourd'hui. Je t'ai croisé pour la première fois il y a quelques années, c'était au Championnat de France technique, c'était même en 2023. Et tu avais même boxé à ce moment-là contre ma sœur. Et j'avais pu évidemment le regarder puisque j'étais présent. Et c'était un assaut très intéressant d'un point de vue technique, physique, au niveau de ta condition physique, et aussi mental pour arriver à gérer tous les assauts de la journée.
- Speaker #1
Oui, c'était... Je me souviens de cette période qui était peut-être... Ça fait partie des périodes les plus intenses, puisque à ce moment-là, j'étais pensionnaire du Pôle. Et je me souviens aussi de ta sœur, qui était très sympathique, avec qui on a eu un bel échange après.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Elle m'avait partagé exactement la même chose. Elle m'avait dit « Ah, Maïmara, franchement, super athlète. Elle avait bien parlé avec toi. » Exactement. Et elle m'avait dit très sympathique, vraiment partager beaucoup de choses, accessible et tout. Parce que des fois, on peut avoir affaire à certains athlètes qui restent entre athlètes de haut niveau et qui ne veulent pas trop parler avec d'autres. Et du coup, en fait, qu'est-ce que tu peux ressentir aujourd'hui si je te dis, cette fois championne de France, championne du monde, championne d'Europe, qu'est-ce que ça fait au fond de toi d'entendre ces... Ces mots-là, ces titres-là.
- Speaker #1
C'est vrai qu'à chaque fois, bon déjà, à la base, ça me fait sourire parce que je me dis, waouh, c'est abusé, les chiffres, c'est... Quand t'entends ça, tu te dis, waouh, quand même, c'est vrai que c'est du forcing un peu. Mais en fait, bon déjà, de la fierté, ça c'est sûr. Parce que voilà, une fois qu'on a accompli des titres, forcément, on est fiers de soi. Mais je sais que pendant longtemps, j'ai été gênée. quand on me disait tout ça puisque moi je suis arrivée vraiment dans le haut niveau, je ne vais pas dire par hasard parce que c'est ce que je disais à un moment mais ça m'a un peu tombée dessus et je ne pensais pas du tout être, enfin je ne pensais pas du tout faire championne de France la première fois que j'ai fait championne de France et en fait je n'ai fait que prouver derrière pour essayer d'être au niveau que je pensais avoir en tout cas être au niveau des titres que j'avais déjà, en fait.
- Speaker #0
J'ai envie de revenir un petit peu sur tes premières paires de gants à l'âge de 16 ans. Est-ce que tu te souviens, à ce moment-là, pourquoi est-ce que tu avais eu envie de monter sur un ring pour la première fois ?
- Speaker #1
Oui, je me souviens de la première fois que j'étais à la salle. En fait, il se trouve qu'on avait deux champions, enfin, en tout cas, deux champions, en fait, dans notre club qui étaient... qu'il était trop chaud. J'y vais et ils font une démo à la fin du cours. Je me suis dit que je voulais faire ça. J'avais trouvé ça tellement beau, tellement stylé. Et quand je me suis mise à boxer... Et qu'en fait, on me disait, bah oui, il faut que tu touches l'autre personne, que tu mettes tes points dans la tête, quoi. J'étais genre, mais c'est incroyable, en fait. Parce que moi, à l'époque, en fait, au collège, je me suis fait harceler par une fille en quatrième. Et ça a un petit peu débordé en troisième. Et ça m'a fait un bien fou, en fait, de pouvoir faire quelque chose qui faisait... Enfin, en fait, j'avais le droit de m'affirmer face à quelqu'un. Et alors, parce que vraiment, ça m'avait... Bah voilà, il y a des sortes de traumas, quoi. et je pense que la boxe a beaucoup joué sur ça et ça m'a fait beaucoup de bien pour moi, pour ma conscience en soi, etc.
- Speaker #0
On a pas mal de grands champions, même très très médiatisés aussi, qu'on peut voir que ce soit en boxe, en MMA, etc. qui ont eu un petit peu ce genre de soucis-là pendant leur jeunesse et les sports de combat leur ont fait énormément de bien et leur ont permis aussi vraiment de s'exprimer, de reprendre confiance en eux et d'avoir des titres incroyables aussi. Et aussi, tu le dis très bien, ce qui t'a donné aussi un petit peu envie de faire de la compétition, c'est en voyant ceux qui avaient déjà des titres. Parce qu'en plus, toi, dans ta salle, tu as eu cette chance-là de ne pas avoir juste des compétiteurs, mais quand même des grands boxeurs, dont un qu'on connaît très bien maintenant aussi. Je te laisserai dire qui c'est après, si tu veux. On va laisser un petit pince. Mais pour ceux qui connaissent bien la boxe, honnêtement...
- Speaker #1
Oui, normalement, ils devraient les connaître. Alors, je commence déjà par... Ceux qui m'ont inspirée vraiment le premier jour, le premier cours, c'était Kelly Anastasio, qui a fait plusieurs fois championne de France, championne du monde, championne d'Europe en assaut, du combat aussi. Il y avait aussi mon coach Alexi Mawar, qui n'a pas fait beaucoup de compétition, puisque ce n'était pas son truc, mais qui a un niveau qui est excellent. Et bien sûr, plus tard, il n'avait pas encore de titre au moment où je suis arrivée.
- Speaker #0
Alexis Nicolas qui était aussi un partenaire d'entraînement avec qui on rigolait quand même pas mal c'est cool ça et franchement ça donne envie après quand on a des personnes comme ça qui font de la compétition souvent ça déclenche des envies à d'autres et moi c'est vrai que je le vois aussi au sein de mon club dès qu'on commence à avoir un petit groupe de compétiteurs qui commencent à monter en niveau ça déclenche des envies à d'autres et c'est ça qui est vraiment bien Il faut arriver à maintenir dans les clubs. C'est ce petit noyau de compétiteur pour continuer d'en avoir chaque année. À quel moment est-ce que tu t'es dit « Ok, je veux aller loin, je veux viser l'excellence. Je ne sais pas, même je veux des titres, etc. Je veux être la meilleure. »
- Speaker #1
Déjà, comme tu as dit, moi, j'avais vu qu'il y avait Kelly. En fait, il y en avait qui allaient loin. sur leur parcours de compétiteur. Et je m'étais dit, ah ouais, on peut aller loin comme ça. OK, je prends note. Et en fait, je me souviens qu'en 2016, donc j'ai commencé en 2015, en 2016, je fais mes premiers championnats de France, jeune. Alors, aucun mérite dans le sens où il n'y avait personne dans ma caté. Et donc, j'ai été d'office sélectionnée pour les championnats de France. Ils avaient lieu à l'île de la Réunion à l'époque. c'était une C'était une dinguerie, en fait, pour nous. Et ma coach, elle me dit, je t'emmène. Alors qu'en fait, j'avais un an de boxe dans les pattes. Je me débrouillais pas trop mal, mais c'était pas dingue. Elle me dit quand même, je t'emmène. Et je me suis dit, OK, c'est le genre de choses qu'on peut faire avec la boxe. Voyager, aller à droite, à gauche. En fait, découvrir tout un univers qui m'a trop plu, en fait, sur le moment. Et à partir de là, dans ma tête, c'était ancré. Je me souviens, j'ai fait une bucket list. Je l'ai relue, là, qui date d'avant le Covid. Non, ou pendant le Covid, justement. J'ai fait une bucket list, tu sais, tous les trucs que tu veux faire dans ta vie. J'ai mis championne de France, de part française. Et j'étais trop touchée. Je te jure, je déménage là, en ce moment. Et j'étais touchée de la retrouver dans mes tiroirs. J'étais genre, ah, c'est vrai, je l'ai fait. Donc, ouais.
- Speaker #0
je dirais que vraiment c'est pas mal de retrouver des choses c'est vraiment bien et puis en plus voilà si tu te dis que t'avais déjà ces objectifs là à cette époque là et en plus quand tu te dis que tu les as cochés c'est encore une meilleure satisfaction pour toi et puis même de voir que t'as pu aller plus loin que d'être championne de France finalement parce qu'après t'as quand même pu rencontrer aussi Faire des années de compétition où tu n'avais pas qu'une seule personne dans ta caté, où tu as pu quand même boxer un petit peu plus avant d'arriver... à des titres.
- Speaker #1
Oui, tout à fait, tout à fait.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on ne connaît qu'à partir de maintenant, c'est vrai qu'on te voit directement au sommet. Tu vois, championne du monde, plusieurs fois championne de France. Mais c'était quoi pour toi la période la plus difficile de ta carrière ?
- Speaker #1
Il y en a plusieurs, forcément. Mais j'en dirais... Une qui était, parce que c'était prolongé un peu, c'était ma période au pôle. Puisqu'en fait, elle est dure sur plein de niveaux en même temps. À la fois, j'étais très heureuse et je me sentais épanouie d'un point de vue pugilistique, on va dire. Puisque, en fait, deux entraînements par jour, t'en bouffes de la technique, tu fais de tout. Tu vois ton corps se transformer en... en une armure, des trucs comme ça. Et en fait, à la fois, c'était bien et à la fois, c'était dur puisque c'est très intense. C'était vraiment très intense comme pratique, deux entraînements par jour. Par rapport, moi, à ce qu'il y a dans ma cathé, on n'est pas beaucoup. Par rapport au fait aussi que c'est une boxe amateur, on n'a pas du tout d'argent. Enfin, on gagne très peu d'argent. On a des primes parfois à la fin de l'année, mais on ne gagne rien pour notre pratique. Et c'est vrai que je ne m'y retrouvais plus. En plus, j'avais dû déménager, donc j'étais isolée. Enfin, pas isolée non plus, puisqu'il y a les gens du pôle et tout ça, mais j'étais loin de mes proches, loin de ma famille. Et quand tu rentres le soir et que tu t'es fait fracasser, que t'as mal partout, que t'as des contusions sur toute la cuisse, que tu t'es pris en une espèce de semi-chao, et que t'as fait comme si tout allait bien. En fait, c'est des moments, mais c'est tellement dur. Et c'est vrai que ça m'a un petit peu... Et en plus pas... ton corps, il prend du temps à s'habituer. Donc, c'est-à-dire que je crois que j'ai été malade non-stop pendant six mois. J'ai toujours un truc, une infection, un truc, un rhume. J'ai rechoppé le Covid, j'ai eu de la fièvre, j'ai eu mes dents de sagesse qui m'ont entré, j'ai tout eu. Parce que ton corps, il est super fatigué et tu ne lui apportes pas assez... Enfin, c'est dur de lui apporter assez... Enfin, d'avoir une hygiène de vie irréprochable qui fait que ça va aller, il va tenir le coup de deux entraînements par jour. dont des entraînements où tu te fais taper dessus.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est exactement ça, en fait, ce ressenti-là, parce que moi aussi, j'ai eu la chance à une certaine époque, même si c'était il y a un peu plus longtemps, de vivre ce parcours-là. Et dans ce que tu racontes, on peut dire que j'ai vécu exactement la même chose. Et une autre personne qui était encore avant moi, mais genre dix ans avant encore, m'avait prévenu de cette difficulté-là, d'une, d'être coupé de ton entourage pendant... toute une semaine, des mois, des années entières comme ça, où tu les vois beaucoup moins souvent, surtout quand tu es jeune et que tu as toujours vécu chez tes parents, qu'il va falloir que tu t'occupes de toi-même, laver ton linge, c'est des choses bêtes, anodines, mais des trucs que tu n'as jamais fait quand tu es jeune, clairement souvent quand tu es chez tes parents. Et puis les entraînements bi-quotidiens, plus l'école ou le travail pour certains. C'est un rythme, voilà, comme tu le dis, c'est du plaisir, parce qu'on kiffe quand même notre sport et on sait pourquoi on y va, mais physiquement et mentalement, on sent que franchement, il faut en vouloir et il faut tenir là-dessus. Donc, il faut être prêt et comme tu dis en plus, quand tu ne reçois pas d'argent pour ton sport que tu fais tous les jours, deux fois par jour, tu sais que ce n'est pas vraiment ta vie professionnelle, parce qu'il faut que tu fasses autre chose à côté. Et du coup, est-ce qu'il y a un moment où tu as failli tout lâcher ? Et aussi, si c'était arrivé, qu'est-ce qui a pu te retenir de tout lâcher ?
- Speaker #1
Il y a un truc qui a vraiment guidé mon parcours, en quelque sorte. En fait, du coup, très vite, j'ai eu mes titres. J'ai eu un titre de championne de France en reprenant vite fait la boxe après le Covid. En gros, il y a eu une sorte de semi-saison bizarre. J'étais toute seule. dans ma cathé face à une fille qui, à l'époque, n'avait pas un niveau de dingue non plus. Et en fait, je me retrouve championne de France comme ça. Et je me suis dit, c'est quoi ce qui se passe ? Je n'ai pas du tout... Je ne pensais pas... J'arrive en équipe de France et je me suis sentie tellement mal d'être aussi faible. Même pas forcément physiquement, parce que physiquement, j'ai... plutôt salé. Mais alors, c'était horrible d'un point de vue... De se sentir aussi nul d'un point de vue tactique, technique et de sentir potentiellement le regard de certaines personnes qui ne seraient pas totalement... pas bienveillant dans le sens où ils te regardent en mode « Qu'est-ce que tu fous là, toi ? » « Ah oui, c'est vrai, c'est la grosse des 75, ça doit être... » Je pense qu'il y avait un truc un peu de « Ok, bon, elle, de toute façon, on sait bien, ça doit être... » Alors que bon... Du coup, je pense que ça m'a fait vraiment lutter. C'est un truc qui, à la fois, m'a fait tenir parce que je me suis dit « Mais jamais je veux qu'on se dise ça de moi, en fait. Jamais j'invite les gens. » dans leur tête, ils se disent « Ah ouais, c'est juste qu'il n'y a personne dans 5AT, et du coup... » Mais en fait, forcément, ils vont se le dire un minimum. Mais en fait, je ne voulais absolument pas être assimilée à juste la facilité, à « oui, machin, etc. » Et donc, ça a fait que je me suis donnée à fond. Et à la fois, c'est un sentiment qui a fait qu'il y a des fois où c'était horrible. Je suis en train d'une équipe de France, une année. J'avais l'impression d'avoir fait un bon... Donc, c'était l'année après. J'ai l'impression d'être vachement rattrapée, d'être mieux, quoi. Et j'arrive en équipe de France et c'est la déprime. Les gens, j'ai l'impression qu'ils sont encore plus forts qu'avant. J'ai l'impression que je n'ai pas bougé. Et j'ai l'impression que je ne suis pas du tout la bienvenue, en fait. Après, je pense qu'il y a beaucoup d'impressions. Il y avait peut-être aussi des trucs qui étaient un peu vrais. Je ne pense pas avoir ressenti n'importe quoi. Je pense qu'il y avait effectivement des gens qui se demandaient vraiment ce que je faisais là. Mais je pense que ce n'était pas aussi fort que ce que je pensais. je pense qu'il devait dire oui bon vite fait, ne pas plus s'y penser et moi je suis restée là-dedans et c'est vrai que ça a été très dur.
- Speaker #0
Ouais c'est souvent ça en plus, ça je le fais bien travailler en préparation mentale aussi c'est souvent on pense savoir ce que les autres pensent de nous et c'est des fausses croyances ou des fois c'est amplifié donc ça peut être vrai mais j'ai ça souvent avec la peur de décevoir par exemple, je pense que si je rate « Mon coach va m'en vouloir » ou « Mes parents vont m'en vouloir » , etc. Alors qu'en fait, on ne leur a jamais demandé et on ne leur a jamais vraiment posé la question concrètement « Est-ce que ça te dérange si je perds ? » « Est-ce que tu vas m'en vouloir ? » etc. Et des fois, juste un simple « Non, pas du tout, tu peux perdre » ou quoi, pas de souci, ça peut vraiment déverrouiller et faire du bien aux sportifs à ce moment-là et faire perdre cette croyance-là. Je comprends totalement ce que tu as pu ressentir. Et le truc, c'est que toi, en plus, ça t'a transformé ça, on va dire, comme une force. Parce que tu as voulu prouver, en quelque sorte, montrer que ce n'était pas par hasard et que ce n'est pas parce que j'ai boxé une fois ou moins que vous que je ne mérite pas ma place. Oui,
- Speaker #1
après, c'est compliqué. La réalité, c'est qu'il y a d'autres difficultés qui sont liées à ne pas... à boxer qu'une fois et faire champion de France. En fait, tu te retrouves à avoir très peu... Moi, du coup, j'avais très peu d'expérience en compétition. Donc, j'arrivais en compétition. On arrive sur des championnats d'Europe, des championnats du monde, mais mon stress, je ne sais pas quoi en faire, en fait. J'ai fait très peu de compétition parce qu'il n'y a jamais personne dans ma caté. Ça, par exemple, ça fait partie des trucs où vraiment, du coup, tu es supposé assurer sur un ou deux combats, alors que tu as très peu d'expérience. Et ça, c'était déjà des trucs qui n'étaient pas évidents à gérer. Et ouais, le fait de prouver, vraiment, il était très fort. D'ailleurs, c'est pour ça que je suis allée au pôle un an. Je me suis dit, mais je ne peux pas continuer à avoir des titres et ne pas les valoir. Vraiment, c'est vraiment ce que j'avais dans ma tête. Et hors des questions que je sois une championne au rabais, en fait. Je n'ai pas envie, j'ai envie que vraiment, quand les gens me voient arriver en compétition, ils se disent, ah ouais, c'est la championne.
- Speaker #0
C'est Maïmara.
- Speaker #1
voilà vraiment bon après ça fait grave ça fait grave égotrip non enfin je veux dire vraiment je voulais pas c'est très bien elle a gagné comme ça elle a eu de la chance non aujourd'hui je veux être sûre, aujourd'hui je pense que c'est bon mais avant je voulais vraiment être sûre qu'il n'y ait pas d'équivoque quoi mais du coup voilà vraiment ça m'a tiré puisque franchement je suis mise à m'entraîner Merci. peut-être deux fois plus, à vraiment mettre le point sur plein de choses qu'il fallait changer. Mais ça, c'est aussi parce que tu as été dans une équipe de France, tu vois ce que c'est le haut niveau, tu le côtoies vraiment. Surtout que nous, à l'époque, il n'y avait plus personne de haut niveau. Par Bossa, Alexis Nicola, il était au pôle lui-même, donc il ne s'entraînait plus avec nous. Kelly, elle avait arrêté. En fait, il n'y avait plus de personnes de haut niveau à ce moment-là, en tout cas. dans les années 2020-2021. Et donc, ça m'avait permis de me dire, ah ouais, OK, il faut arrêter. plus rapide, plus endurant, plus tout en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est vraiment important quand tu arrives à un certain niveau d'avoir dans ton club des personnes d'à peu près un niveau équivalent, voire même plus élevé que toi pour pouvoir continuer de progresser. Et qu'est-ce qui peut empêcher du coup beaucoup de compétiteurs de franchir le cap vers le haut niveau ? Tu vois, on vient d'en parler un petit peu. Justement là, le fait de manquer de partenaires d'entraînement, ça peut empêcher certains compétiteurs de franchir un cap. Mais aussi, il peut y avoir peut-être le mental, le physique, la technique. Qu'est-ce qui, selon toi, peut empêcher des compétiteurs de franchir ce cap vers le haut niveau ?
- Speaker #1
Il y a plein de facteurs. Déjà, c'est vrai que le fait d'avoir un de la représentation, ça change. Parce qu'en fait, tu te dis qu'effectivement, c'est une voie possible, même là où j'en suis là actuellement, à l'endroit où je le fais. Parce que voilà, on est dans un sport qui est encore très amateur, ce qui fait que... Tu vas à ton club du coin, tu ne te dis pas que tu peux être champion. Mais je dirais qu'il y a la représentation, il y a les partenaires d'entraînement. Moi, quelque part, j'ai de la chance parce que je suis à Paris, dans un des clubs où il y a le plus de licenciés en France. Mais c'était déjà la galère pour trouver des gens qui soient un minimum équivalents au niveau du détail, des poids, du gabarit, s'entourner tout le temps avec des mecs. Donc, je me dis, autre part, c'est sûr, c'est beaucoup plus compliqué. Ensuite, il y a aussi le fait que la représentation est là pour se dire qu'il faut faire tout ça pour s'aligner avec le standard. Moi, je m'entraînais 3-4 fois par semaine. Je me suis rendue compte en équipe de France, parce que j'ai vu d'autres personnes, que tu peux t'entraîner plus que ça. Et le minimum, c'était 4-5 fois par semaine. en fait tout limite et donc bon sauf genre euh certains cas, etc. Bien sûr, tu peux te débrouiller en assaut, peut-être, puisque l'expérience fait que, bon, il faut juste entretenir le physique, mais c'est pas beau. Et ensuite, je dirais que ce qu'il faudrait vraiment, en fait, c'est d'être vraiment très déterminé et très humble dans son apprentissage. Il faut toujours se dire que tu as quelque chose à apprendre. Bien sûr, il y a des moments et des périodes où il faut être sûr de soi et continuer sur un truc, puisque sinon on n'avance pas, mais la réalité, c'est qu'il faut être... humble et il faut accepter d'apprendre de tout le monde. Même un débutant, il peut t'apprendre des trucs. Parce que se faire toucher et taper pour un débutant, pour un, c'est que là, il y avait un truc à taffer.
- Speaker #0
C'est sûr. Carrément. Et souvent aussi, ce qu'on remarque, comme tu as parlé, technique, physique aussi, comme tu as dit, tu peux travailler 3-4 fois par semaine, t'entraîner. Mais tu te rends compte qu'à un moment donné, ça ne va pas forcément suffire parce qu'en face, il y en a qui s'entraînent cinq fois par semaine et voire même deux fois par jour aussi. Donc, ils s'entraînent vraiment énormément. Mais à un moment donné, qu'est-ce que tu penses aussi qu'il peut faire un changement quand on est tous au niveau ? C'est-à-dire qu'on s'entraîne tous de la même manière, qu'on a à peu près tous le même physique, la même technique. Parce qu'à un moment donné, quand tu arrives en finale des championnats de France, quand tu es athlète comme ça, Tu te retrouves face à quelqu'un qui est aussi bien préparé que toi. Qu'est-ce qui peut faire la différence encore après pour avoir certains déclics ?
- Speaker #1
Alors, ouais, là, du coup, forcément, c'est mentalement que ça va se jouer. Mais alors, il y a mentalement et stratégiquement, j'ai envie de dire. En fait, je trouve que ceux qui font le plus de titres, en tout cas les grands champions, ils se caractérisent pour un truc qui est qu'ils arrivent à se réadapter à chaque situation qu'il y a en face d'eux. à chaque situation de boxe. Et en fait, j'en connais beaucoup qui ont des très bons niveaux techniques, qui sont bons et qui gagnent la plupart du temps. Mais en fait, face aux premiers, ils vont perdre. Et je ne pense pas que ce soit forcément que du mental en mode ils se sont effondrés. Parce qu'il y en a qui sont, tu les trouves au taquet jusqu'à la fin. Mais en fait, c'est juste qu'ils ne trouvent pas de solution. Et donc, je dirais que vraiment, c'est ce côté, cette lucidité d'avoir en combat sur un 5x2. 3 fois 2, 5 fois 2, c'est assez court au final, mais il faut quand même l'avoir, cette lucidité. Et ce n'est pas que forcément les coachs dans le camp qui vont t'aider, c'est aussi un état mental qui est que là, ce que je fais ne fonctionne pas. Il faut que je change la recette, sinon ça ne va pas fonctionner. Et parfois, il faut changer de recette plusieurs fois dans un seul combat, dans une seule rencontre. Je dirais que ça, c'est vraiment le point stratégique qui, pour moi, fait la différence entre ceux qui ont fait plein de titres et ceux qui en font moins. Et ensuite, bien sûr, le mental. Moi, je pense qu'aujourd'hui, c'est ma force. Alors qu'avant, c'était une faiblesse. Aujourd'hui, c'est ma force. Aujourd'hui, je... J'arrive en assaut, en combat, surtout en combat, je me dis qu'il n'y a pas un monde où je perds. Je viens... C'est pas que je suis sûre de moi, mais je suis sûre de moi. Je me dis non, en fait. Là, j'y vais. Après, on arrive vraiment au bout de beaucoup de compétitions. Même ça, au final, d'être aussi sûre de moi, c'est plutôt récent. C'est quelque chose que j'ai appris. J'ai fait de la prépa mentale. Ça m'a été aussi un petit peu... Du coup, c'est plus sûr aujourd'hui.
- Speaker #0
Oui, c'est cet état d'esprit qu'il faut avoir souvent et que certains n'ont pas forcément. C'est d'être sûr de soi et de se dire « Ok, moi aujourd'hui, je suis là, c'est pour gagner en fait. » Rien d'autre. Il n'y a rien d'autre qui me passe par la tête. Mais cet état d'esprit-là, avant de l'avoir aussi, c'est bien beau de se le dire « J'y vais pour gagner » puisque finalement, on y va tous pour gagner. Mais des fois, on a quand même un petit peu... Cette petite voix malgré tout qui se dit « Ah ouais, mais peut-être que si peu que je perde, je ne suis peut-être pas assez bon par rapport à lui, parce que, je n'en sais rien, il est un peu plus âgé, il a un peu plus de titres, ou il peut être un peu plus jeune et plus de conditions, etc. » Donc c'est vrai que ton travail de préparation mentale aussi permet de conditionner son cerveau à vraiment être sûr de soi le moment donné, le jour J. et d'arriver à reproduire finalement ce qu'on a fait à l'entraînement, tout ce qu'on sait faire, de le transposer le jour J sur le ring, chose qui est difficile quand même la plupart du temps. Est-ce que toi, tu arrives à faire ça, à être aussi libéré, relâché qu'à l'entraînement, par exemple, quand tu combats ?
- Speaker #1
Franchement, c'est difficile, puisque le temps s'écoule tellement différemment quand on est dans un assaut, un combat, on a l'impression que le temps nous file entre les doigts et qu'on... Enfin, voilà. Moi, je dirais que mes premières reprises, mais comme beaucoup, elles sont souvent foirées ou en tout cas, elles ne sont pas très bonnes. En fait, il y a besoin. Moi, personnellement, j'ai vraiment besoin de me mettre dedans avant d'y arriver, avant de me sentir à l'aise. Mais il faut vraiment retrouver ce truc. Moi, j'ai vraiment noté que c'était un... Comment dire ? Retrouver le jeu, l'envie de jouer, en fait. Ça, c'est vraiment un truc qui est... nécessaire au relâchement et donc à la lucidité pas au truc de il m'a tapé, il faut que je retarde vraiment être dans une logique de jeu ça m'a beaucoup aidé de me dire, ok là Maïmarat t'es là pour jouer même en combat en fait même en combat d'être dans un état où je suis relâchée je cherche le... Je cherche... Je suis comme un chat, en fait, qui joue avec une souris. Je me dis, OK, qu'est-ce que j'ai là ? Je fais ça, il m'a touché là.
- Speaker #0
J'adore vraiment ce que tu dis, en plus, parce que c'est exactement ça. C'est vrai que pour ceux qui ne font pas de boxe, c'est compliqué à apercevoir qu'on puisse aimer jouer, à se frapper dessus, etc. Mais quand on est dedans, moi, ça me parle exactement. Et c'est vrai que c'est ce que j'essaie d'enseigner. Et tu le vois chez des grands champions, tu vois que pour eux, en fait, ils sont relâchés parce que c'est un jeu et même en combat. Moi, je peux prendre un exemple, par exemple, de ma génération, que même ceux de ta génération aujourd'hui connaissent. C'est Amri Madani, par exemple. Tu le connais ?
- Speaker #1
Oui. Oui, il a été au coup pire.
- Speaker #0
Je ne peux pas me lasser de regarder ses combats ou les highlights avec lui parce qu'honnêtement, tu vois que c'est un jeu pour lui. qu'il est en totale décontraction, que c'est fluide.
- Speaker #1
Le temps de relâchement, c'est incroyable.
- Speaker #0
Il s'amuse, en fait. Et pourtant, c'est en combat. On peut avoir le stress, etc. Même si lui, il a le stress, parce que tout le monde, finalement, l'a avant de monter, mais finalement, ça se transforme après en relâchement. Et pour moi, c'est celui qui m'a le plus marqué, de ma génération. Après, il y en a eu plein d'autres. Mais voilà, moi, c'est cet exemple-là. Et quand tu parles de plaisir de jeu, c'est exactement ça, en fin de compte. Et pour ça, il faut faire, je pense, un bon travail de préparation mentale, tu vois, sur la peur de prendre des coups, la peur peut-être de se prendre un chaos, de savoir pourquoi est-ce que tu y vas. Et ça, c'est vraiment très, très intéressant. Et comment t'arrives, toi ? justement à switcher, parce que tu fais de l'assaut et du combat. mentalement, comment est-ce que tu arrives à switcher ces approches ou est-ce que tu as les mêmes approches pour les deux finalement ?
- Speaker #1
Je me suis rendu compte que sur les rencontres où j'ai vraiment performé, parce qu'encore une fois, ça n'a pas été bon à chaque fois. Il y a des fois où je me suis un peu ratée sur cette rencontre, sur ce match, sur cet assaut. Mais il se trouve que comme tu t'es tellement entraînée derrière, je l'ai quand même gagnée puisque j'étais meilleure sur tout plein de points. Mais là où je me suis vraiment retrouvée, on va dire limite, vraiment dans un état de flot, où j'étais vraiment dans le jeu, où j'étais vraiment... En fait, c'est le même état d'esprit, au final. C'est la même chose. Disons juste que le combat va plus t'autoriser à dérouler, surtout que moi, je suis dans une catégorie plutôt lourde chez les filles, ne pas avoir à gérer tout le temps la puissance de sa jambe arrière ou des trucs comme ça. C'est important. Mais je dirais que c'est vraiment... Travailler sur... À la fois, on est dans le jeu. À la fois, on a une détermination qui est très, très forte. Un truc qui est très... C'est un état dans lequel j'ai l'impression d'avoir des œillères où je suis genre droite au but. Comme si je créais trop d'adrénaline dans ma tête et qu'en fait, j'avais une sorte de rage contrôlée un peu. Je suis en mode, mais j'ai tellement envie de gagner, j'ai tellement envie que j'ai un espèce de truc comme un faisceau lumineux qui se dessine. Je suis en mode... Voilà, ça sera ça le chemin. Et à chaque fois que je suis là-dedans, mais en fait, franchement, moi, je me trouve inarrêtable, dans le sens où même si je me prends des coups, je me prends des trucs, je me prends des trucs, mais humiliants parfois, c'est pas grave. Je me prends une pointe de figure, un énorme chassé dedans, mais je continue. Je continue, c'est pas grave. Je continue à jouer, je continue à... Et quand tu captes face à toi que la meuf, elle est en train de dire « Oh merde, elle est un peu trop à l'aise » . voir sur l'autre, en fait, sur le visage de l'autre, qu'elle est un peu trop à l'aise, ça me... Personnellement, ça me galvanise encore plus. Je ne sais pas si c'est une bonne chose, mais en tout cas, ça veut dire que je réussis l'exercice, et c'est encore plus. Ça veut dire que je suis en mode, ah, c'est bon, là, t'es en train de jouer. C'est un peu la confirmation, quoi.
- Speaker #0
Ça aussi, c'est un des clés qu'il y a à avoir aussi quand tu fais du combat ou même de l'assaut. c'est d'arriver à voir l'expression sur le visage de l'autre, être capable de savoir quand est-ce que tu l'as touché, piqué un petit peu, et que ça déclenche en toi aussi ce petit truc de « Ah ouais, d'accord, je vais continuer en fait, parce que là, je vois que je t'ai piqué. » Ça, c'est toujours pareil. Et que ceux qui font des sports de combat et de la boxe peuvent comprendre ça en fait. Ce n'est pas méchant, c'est vraiment, encore une fois, le sport qui veut ça. Et c'est vrai qu'à la fin d'un assaut ou d'un combat, On a toujours beaucoup de respect pour son adversaire. C'est souvent qu'on voit, on se serre la main, on se prend dans les bras, on se fait la bise. Voir même, des fois, ça peut être son meilleur pote d'entraînement contre qui on a boxé en finale aussi. Ça, ça peut arriver. C'est très compliqué. Mais beaucoup arrivent forcément à switcher sur ces parties-là aussi, mentalement. Et de se dire, finalement, ce n'est pas mon meilleur pote que j'ai sur le ring. C'est simplement un adversaire comme un autre. Je connais son niveau, par contre. Lui, il connaît le mien et qu'il a le meilleur gain. Et puis, à la fin, on voit souvent, ça restera ton meilleur pote. Et puis, voilà. Donc, ce petit déclic-là, c'est vraiment intéressant de l'avoir. Et ça aussi, on ne l'a pas tout de suite. Est-ce que toi, par exemple, ça t'arrive d'avoir la pression avant de monter sur le ring ? Ou quand tu es sur le ring, mais souvent, c'est peut-être avant. Est-ce que tu arrives à travailler ton mental ? Est-ce que tu as une routine pour te concentrer, pour te mettre dans ton combat, dans le vestiaire, avant d'y aller ?
- Speaker #1
Alors, moi, je suis très stressée les jours de compète. Tous les jours de compète, je me demande pourquoi je fais de la compète. Vraiment. Je me dis, mais c'est horrible. C'est horrible, je me sens trop mal. En général, la nuit, je ne dors pas très peu. Je ne dors pas plus de six heures. Je suis trop excitée, en fait. C'est même pas du stress. Je suis trop excitée, je me dis ça va bientôt être le combat. Et puis le jour arrive, il faut commencer à se changer, etc. Là, la boule, c'est horrible. J'ai envie de vomir, je suis pas bien. Mais petit à petit, ça va de mieux en mieux. Parce que j'arrive mieux à jauger mon niveau par rapport aux autres. Et du coup, je sais quand il y a vraiment un truc dur ou pas. Et quand il y a vraiment une grosse échéance. Là, voilà, tous mes moyens sont mobilisés. Ça va être vraiment de me mettre dans le calme. En fait, comment dire ? De me distraire un maximum pour pas que le stress me bouffe pendant toutes les heures avant le combat. Et on va dire vraiment une heure avant le combat. Une heure trente avant le combat, c'est fini. Vous ne me voyez plus, je vais me mettre dans mon coin, j'ai mon casque, je suis là, je fais mes trucs. C'est vrai que souvent, il y a des coachs qui viennent, qui machin, selon les coachs, parce que ça change quand on est en équipe de France. Ou alors, quand je suis au club, entre mes deux coachs, ils n'ont pas exactement les mêmes manières de faire. Mais moi, j'aime être tranquillement, je suis là. On a fait les pattes un petit peu. On joue un peu, moi j'ai besoin de... De me remettre dans le jeu, justement, comme je dis avant. Donc, ça veut dire que je ne fais pas juste des patchs, je fais un petit peu d'échanges. J'ai besoin d'être tout le temps en mouvement aussi. Ça, j'ai besoin d'être vraiment en mouvement. Il y en a, souvent, ils s'arrêtent. Ils peuvent vraiment juste rester comme ça jusqu'à leur combat. Moi, je ne peux pas. Il faut que je bouge toujours en mouvement. Il faut que je garde un truc un peu, voilà. Et je me mets et dans ma tête, je me tourne la tête. Je suis vraiment... Enfin, je me tourne la tête, je suis en mode... Je vais y aller, mais je vais y aller fort. et en fait c'est comme si je me préparais à tout moment à allumer la mèche. Et ça, si je le démarre trop tôt, ça m'épuise. Je ne peux pas en faire 15 000 dans la journée. C'est pour ça que je me distrais un maximum. Une fois qu'on commence à s'échauffer, je me mets dedans. Puis vraiment, une demi-heure, 40 minutes avant le combat ou l'assaut, là, je commence vraiment à mettre mes œillères, à me dire, OK, là, prêt à en découdre. Vraiment. Mais c'est très dur, parce que tu stresses. Et à ce moment-là, tu te dis, j'ai plus envie d'y aller, j'ai peur. Tu commences à avoir peur, ton cœur qui bat. T'as envie, t'étais une sorte de... L'envie te quitte d'un coup, parfois. Et ça, c'était vraiment ce que je redoutais. Mais du coup, je me suis dit, avec ma préparatrice mentale, c'était il n'y a pas longtemps, c'était au début de l'année, on a comme ça à mettre en place des exercices de respiration qui m'ont beaucoup aidée. Genre vraiment, la montée de stress, en fait, tu la gères. Elle se fait monter, cette tachycardie qui me tuait et qui me bouffait toute mon énergie les jours de compétition, surtout quand il y a plusieurs combats, c'est horrible. En fait, je l'ai fait peu à peu ne pas disparaître, puisqu'elle revient tout le temps. Mais en tout cas, je la fais baisser à chaque fois et je me redis mes trucs, je me redis mes mots. Je suis en mode, OK, t'es là pour quoi ? Ton entraînement, qu'est-ce que t'as fait ? Tu sais que tu vas le faire, tu sais que ça va le faire. Tout ce que t'as donné, tu sais que ça va le faire. Et de toute manière, ce sera sur le ring et tu seras la meilleure. Et ce sera comme ça. Et là, ce que je vous dis là, tout de suite, si vous le dites comme ça, ça n'aura peut-être pas de sens, mais tout ce que je dis, en fait, c'est relié à tout plein de choses que je ressens. C'est vraiment quand je dis qu'est-ce que j'ai vécu à l'entraînement, mais je me souviens de tout ce que j'ai vécu, de tout ce qu'il y a fait et tout ce qui fait que je sais que ça va le faire quand même. Donc, il ne faut pas juste dire des mots, il faut vraiment le reconnecter à des émotions profondes. C'est vraiment de l'impact, on va dire.
- Speaker #0
Je comprends. Parce que des simples paroles, des simples pensées, ça peut rentrer et sortir de ta tête comme ça et finalement, ça n'agira pas sur ton corps. Et souvent aussi, je dis que la posture que tu peux avoir, aussi corporelle, comment tu te tiens, ça joue aussi sur ce que tu penses, sur comment tu peux voir les choses. Si tu te tiens droit, la tête relevée. Contrairement à si tu te tiens tout courbé, tu regardes par terre, etc. parce que tu n'es pas trop sûr de toi à ce moment-là, forcément tes pensées ne vont pas être les mêmes, tes émotions pareilles. Et l'énergie que tu vas retranscrire derrière pendant ton combat ou ton assaut, ce sera exactement la même chose. Donc souvent je dis, quoi qu'il arrive, tu tiens droit, tu es content d'être là, tu relèves la tête aussi. Et automatiquement, ton corps va mieux agir en fin de compte, suivant ta posture. Et la respiration, comme tu dis, ça peut vite calmer le stress aussi. Donc c'est un vrai travail à faire quand tu commences à sentir que le stress monte très très fort. Et tu vois, tu nous racontes tout ça. Est-ce que ça t'a apporté tout ce que tu as appris là pendant toutes ces années de boxe, de compétition, de préparation mentale ? Puisque aussi ça te demande de la rigueur d'entraînement, de la volonté, etc. Certaine hygiène de vie. Ça t'a appris quelque chose sur toi-même ? Et est-ce que ça te sert en dehors du ring aussi ? Tu vois, dans ta vie perso, pro, qu'est-ce que ça t'a appris tout ça ?
- Speaker #1
En fait, je crois que je prends beaucoup de temps à réaliser que ce que j'ai fait, en fait, que toutes les qualités que j'ai acquises sur le ring, que j'ai développées, etc., en m'entraînant, etc., je commence à voir qu'effectivement, ça se met bel et bien... Ça peut se faire de la même manière dans la vie. J'ai un petit bug, je me suis rendu compte il n'y a pas si longtemps que les mêmes recettes, ça fonctionne. C'est-à-dire respirer quand tu es stressé, t'entraîner pour un examen, c'est la même chose. Et c'est vrai que moi, à côté, à la fac, je n'ai jamais eu de grandes difficultés. à passer mes examens, tout ça, etc. Mais je m'étais toujours dans des états de stress de fou. Je ne me préparais pas à mes examens. Et en fait, je me rends compte que non, c'est comme à la boxe. Il m'a raillé. Il va falloir faire la même. Si tu fais la même chose, normalement, ça marche. Parce qu'il y a des fois, je me disais, mais comment ça se fait que je réussisse comme ça dans la boxe ? Et je réussis. Enfin, j'ai galère à la fac. Non, non, en fait, c'est la même chose. Il faut juste préparer de la même manière, tout simplement.
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça.
- Speaker #1
Ce n'est pas forcément... Bon, moi, ça n'a pas été automatique, du coup, mais aujourd'hui, il faut juste que je me souvienne de temps en temps que c'est la même recette.
- Speaker #0
Oui, que tu peux retranscrire exactement cette rigueur que tu peux avoir, etc., et plein d'autres choses dans ton sport, que tu peux le retranscrire professionnellement, personnellement, pour avancer et obtenir, finalement, atteindre tes objectifs. Qu'est-ce que tu pourrais dire à un jeune qui nous écoute ou à ta version, toi, de 16 ans, débutante ? Qu'est-ce que tu pourrais lui dire à cette personne-là qui débute la boxe et qui aurait envie d'atteindre le plus haut niveau ?
- Speaker #1
Oui. Moi, je trouve que c'est très dur de répondre à cette question parce que je ne sais pas du tout ce que j'aurais voulu entendre à mon âge. À l'âge que j'avais quand j'ai commencé à boxe, je ne sais pas, à 15 ans. Boxer, ça relevait tellement d'une urgence de s'affirmer que je ne sais pas si je me serais dit quoi que ce soit par rapport à du haut niveau. Mais en tout cas, je dirais vraiment... Ah, peut-être que... Ok, ça donne un truc. Peut-être que je dirais vraiment, fais ce que tu as... Enfin, pas fais ce que tu as envie dans le sens où tu fais tout au gré de tes enfants et lâche tout. Mais enfin... sans aller jusqu'au bout des choses, mais je dirais, suis vraiment ce qui te fait du bien. Qu'est-ce qui te fait du bien ? Pas ce qui te fait plaisir sur le moment. Qu'est-ce qui te fait du bien, au fond ? Essaye de l'identifier vite. Donc toi, jeune compétiteur, ou toi, jeune Maïmara, qu'est-ce qui te fait du bien ? Et essaye d'aller vers ça, vraiment.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, tu l'as dit. Pas ce qui te fait plaisir sur le moment, tu vois, parce que ça, sur le long terme, ce n'est pas vraiment ce qui va t'apporter un bien-être. Ça a du bien-être sur le court terme. Mais oui, d'arriver assez tôt. Et ça, ceux qui l'ont, franchement, c'est génial. Même des âges de 13, 14 ans arrivent à savoir exactement ce qu'ils veulent. Mais voilà, ce qui te fait vraiment plaisir est de le trouver et de continuer dans cette voie-là. le plus possible et de croire en ses rêves à ce moment-là aussi, parce que je sais qu'il y en a, peu importe le sport, mais ils sont vraiment à fond dedans. Et même si des fois, notre entourage ne peut pas comprendre cette réelle passion qu'on peut avoir, essayez quand même de continuer, d'écouter ses parents parce qu'ils sont là pour nous protéger, un peu malgré eux aussi, mais ils savent... ce qui est bon pour toi, entre guillemets, et la difficulté que ça peut être, par exemple, le sport de haut niveau. Mais en même temps, certains parents arrivent à aussi surpasser ces peurs-là, parce que c'est la peur de parents aussi, que de penser que son fils n'y arrivera pas et que ça peut être dur pour lui après, derrière. Mais d'accompagner son enfant aussi à atteindre ses rêves. Et à cet enfant-là aussi de ne pas oublier que le sport, c'est bien, mais qu'une blessure est vite arrivée et que sans diplôme derrière aussi, c'est compliqué d'avoir quelque chose et de travailler. Donc, il faut vraiment arriver, comme tous les sportifs de niveau, à jongler sur les deux tableaux et les études, le professionnel et le sportif. Et si le sport, finalement, devient ton métier, tant mieux pour toi. C'est génial, mais il faut toujours arriver à avoir les deux. et du coup Qu'est-ce que tu vois si on a un auditeur qui nous écoute, par exemple, qui est en plein doute, qui est en galère, qui se demande ce qu'il fait là, est-ce qu'il va continuer, etc. Qu'est-ce que toi, tu pourrais lui dire à cet auditeur-là en galère, en doute ?
- Speaker #1
De continuer la boxe, tu veux dire ?
- Speaker #0
Ouais, pour la boxe, ouais. Parce que des fois, tu vois, toi, ça t'arrive aussi d'avoir des doutes, d'avoir été en galère, etc. Et qu'est-ce que toi, tu pourrais lui dire pour ne pas lâcher, pour continuer ?
- Speaker #1
Moi, j'ai eu des périodes de doute. Effectivement, après le pôle, je m'étais dit, est-ce que j'ai encore envie de boxer ? Parce que j'avais trop boxé, mais en fait, il faut juste reprendre un petit peu de distance et voir vraiment ce qui te déplaît. Est-ce que c'est de boxer qui te déplaît ? Est-ce que non ? Parfois, c'est juste revoir les choses et les remettre en perspective. Moi, je trouve qu'à l'époque, il fallait que je trouve de vraies solutions pour mieux gérer mon hygiène de vie, mes blessures, surtout. J'en avais marre de me blesser tout le temps. Et aussi, vraiment trouver les choses qui te motivent et qui te font du bien au quotidien. Donc à la fois, si ça avait été une... Une super expérience d'un point de vue technique, pugilistique, tout ça, etc. Le pôle, ce qui était bien, ce qui a fait que j'ai continué à performer derrière, c'est que j'avais cette exigence que j'avais trouvée là-bas, dans ma tête. Mais en fait, j'avais réussi à retrouver toutes les choses qui étaient bien autour de moi. Mais il y a vraiment eu des questionnements. Je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais ? Comment je continue ou pas ? Mais oui, tu as ton objectif. Bon, on y va un petit peu comme ça. Et en fait... revoir les choses, rechifter. En fait, c'est vraiment mettre en perspective et se rendre compte de ce qui fait vraiment du bien. Est-ce que le problème, c'était la boxe ? Est-ce que c'est les trucs à côté ? Parfois, il y a des gens, ils vont avoir des problèmes avec leur coach, avec tout ce qui est lié à côté. Peut-être que c'est au niveau du style de vie, ça ne va pas. Au niveau des horaires, ça ne va pas. Moi, il y a un moment où j'allais qu'à deux entraînements de mon club par semaine, puisque non, les horaires, ça ne m'allie plus. Si je voulais dormir assez, je ne pouvais plus. Donc, tu fais des choix, tu rêves juste. Je vais m'entraîner plutôt dans un autre club à ce moment-là. Comme ça, je tourne. Là, je vais faire un autre entraînement toute seule à la salle. J'irai plus tôt. Et puis, voilà.
- Speaker #0
C'est ça, de mettre tout à plat sur le papier. Ce qui te va, ce qui ne te va pas. Ce qui est en accord avec toi, avec tes propres valeurs aussi. Comme toi, par exemple, les horaires d'entraînement, ce n'était pas en accord avec toi-même. avec tes propres valeurs, parce que t'avais envie, ça te dérangeait sur ton nombre d'heures de sommeil, etc. Donc forcément, t'as fait des choix pour réadapter ça. Donc oui, effectivement, si on commence à être en plein doute, en galère, mettre les choses sur le papier, voir ce qui nous va, ce qui nous va pas, et être capable de mettre quelque chose en place après, derrière, sur les choses qui ne nous conviennent plus, en fait. Et ça, souvent, c'est... c'est assez difficile à mettre en place aussi, à prendre certaines décisions.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, ce qui est facile, c'est de garder ce qui est en place, en général. En fait, faire un changement dans sa vie, provoquer un changement, je crois qu'il y a un mec, il y a un sociologue qui avait dit qu'en gros, tu devais... Souvent, les humains, ils vont attendre d'être dans un truc vraiment très, très inconfortable et très désagréable avant de faire un changement. Parfois, on va plus attendre une situation intenable. pour faire des changements, quand la réalité, c'est que parfois, il ne faut pas forcément attendre d'être traumatisé pour faire des changements. C'est bien de temps en temps de se dire, OK, là, je vais me remettre en perspective un peu. Ah, qu'est-ce qui se passe là actuellement ? Bon, voilà.
- Speaker #0
Super. Où est-ce qu'on peut te suivre et te voir t'encourager pour les prochaines échéances ? J'ai cru voir passer un combat que tu vas faire bientôt, là. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur celui-là ?
- Speaker #1
Alors, j'ai deux combats qui arrivent à deux semaines d'intervalle. Donc, ça, c'est beaucoup pour moi dans ma caté. C'est du jamais vu. J'ai donc une finale mondiale face à la Croatie, puisqu'on a eu la qualification en juillet. Et donc, maintenant, il y a les deux premiers passants finales. Et donc, je suis passée une... Une croate que j'ai déjà battue en face de poule. Et j'espère réitérer dans une semaine. Ce sera vendredi 3 octobre. Il y aura probablement un lien. Je crois bien qu'il y aura un lien. Vous pouvez venir checker dans ma story, sur Instagram. Maïmara, tout simplement. Tirez du 8, Maïmara, tirez du 8. Et sinon, j'ai un deuxième combat deux semaines après. première pour moi en Savate Pro donc avec les balancées et tout ça etc face à la finaliste des moins de 65 en Elite A de cette année Adama Sangaré donc voilà on teste et puis ensuite je sais pas je sais pas trop pour cette année moi je pense que je vais un peu me calmer parce que ça fait quand même 5 ans que je suis dans les compètes et tout et là je commence un nouveau travail j'aimerais bien changer un peu de vie ... Pas une retraite pour de bon, mais une bonne cause, je pense.
- Speaker #0
Super. Écoute, on ne manquera pas de te suivre sur ces deux prochaines échéances. On croise les doigts très fortement pour cette finale championnat du monde et pour ce début en Savate Pro. Merci. En tout cas, moi, personnellement, je suivrai tes combats et je partagerai aussi le lien si j'arrive à le trouver, mais je pense que ça ne va pas être très compliqué sur mes réseaux.
- Speaker #1
Ça va aller.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, Maïmara, je te remercie d'avoir pris du temps pour cette interview. Je te souhaite une très bonne continuation. Nous, on se verra certainement sur des compétitions, du moins, je l'espère.
- Speaker #1
Très probablement.
- Speaker #0
Et merci à tous d'avoir écouté cette interview. Et je vous dis à très bientôt sur Entre Swing et Combois.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Bye bye, Maïmara.
- Speaker #1
Au revoir.