Speaker #0Dans la vie, certains restent spectateurs pendant que d'autres construisent leur performance. Bienvenue dans Entre Swing et Combat, le podcast des compétiteurs qui savent que tout commence à l'intérieur. Je suis Alexandre Saporito, préparateur mental spécialisé dans les sports de combat et le golf de compétition. J'accompagne des athlètes sur le ring et sur le parcours, là où la lucidité, la gestion émotionnelle et la confiance font toute la différence. Ici, je te partage les coulisses de l'accompagnement mental. les prises de conscience clés et des outils concrets pour t'aider à élever ton niveau en développant la solidité mentale qui soutient la performance. On y parle mindset, résilience, gestion du stress, mais aussi d'échecs, de rebonds et de moments où tout peut basculer. Alors que tu sois golfeur, combattant, coach ou simplement passionné de performance, installe-toi, tu es au bon endroit et bienvenue entre swing et combat. Aujourd'hui, on va parler d'un mot qui fait peur à... beaucoup de compétiteurs, c'est l'échec. Souvent c'est un mot qu'on associe à la honte, à la défaite, à la douleur. Mais si je te disais qu'en fin de compte, l'échec, c'est pas ton ennemi. Et qu'au contraire, il peut devenir ton coach le plus exigeant et ton meilleur allié. Alors aujourd'hui, on va en parler un peu plus en profondeur et surtout, je vais te montrer pourquoi l'échec est finalement indispensable si tu veux vraiment devenir un champion. Pour beaucoup, tu vois, l'échec, c'est une défaite en compét, un mauvais score, un KO, un putt raté à 1 mètre. Souvent ça au golf, hein, qui rend dingue, c'est le putt raté à 1 mètre. Et c'est ce moment où tu sens que t'as tout donné, mais que ça n'a pas suffi. Et là, ton cerveau, il te balance comme ça. T'es pas assez bon, t'as pas le niveau, les autres sont meilleurs que toi. Puis ça tourne en boucle dans ta tête, tu vois, et ça peut même, au final, te pourrir ta compétition. Et il est là le vrai piège, c'est qu'en fin de compte, tu confonds un résultat avec ton identité, toi, qui tu es. Tu crois que si t'as perdu, c'est parce que c'est toi qui es nul. Et à partir de là, l'échec, il devient un poids, un fardeau. Et il bouffe ta confiance et surtout, il t'empêche d'oser. Alors aujourd'hui, j'ai envie de te raconter aussi un petit peu de mon histoire, parce que je vais être honnête avec toi, au début de ma vie, tout me réussissait. On arrive en troisième, t'as le brevet des collèges, le réussis, tout le monde sait aussi que c'est pas non plus si compliqué que ça, mais voilà. Ensuite, bah moi j'étais en BEP, donc voilà, j'ai tout réussi du premier coup, le code, la conduite pour le permis de conduire, et plein d'autres compétitions de diplômes, etc. dans le milieu de la boxe. Et j'avais l'impression que j'avais juste à bosser, et finalement ça allait passer, tu vois. Mais en sport de haut niveau, tu vois, la vie... Elle m'a vite remis les pendules à l'heure A 12 ans par exemple en compétition J'ai perdu 2 années de suite Contre le même adversaire Un gars qui faisait que de me contrer Que de bloquer Tu sais c'est le genre de gars en boxe française Qui boxe que en chassé par exemple Et qui te bloque ta boxe Parce que toi t'es là pour certes marquer des points Parce que c'était de l'assaut à cet âge là Donc c'est que de la touche Mais c'est quand même de la touche T'es là pour marquer des points certes Mais pour pour te faire plaisir, tu vois, pour montrer une belle technique, pour que ce soit joli à voir aussi, et puis pour t'amuser. Et quand tu tombes face à quelqu'un qui est là uniquement pour marquer des points, donc que de te bloquer et faire des chassés, honnêtement, honnêtement, c'est très frustrant. Parce que moi, tu vois, ce jour-là, c'était impossible pour moi de boxer comme je voulais. Et la frustration, elle était totale. Et encore plus à cet âge-là, tu vois, c'est compliqué. J'avais beau m'entraîner comme un malade, le résultat, à la fin, il ne suivait jamais. Et ça, deux années d'affilée. Et tu vois, ces défaites, elles m'ont appris une chose essentielle. C'est que tu dois apprendre à gérer d'une, déjà, la frustration, et aussi à accepter que le travail, eh ben, c'est pas comme on dit souvent, le travail paye. Ben, ça ne paye pas toujours, mais surtout tout de suite. Ça va payer, mais plus tard. Là, pour le coup, accepte que le travail ne paye pas toujours tout de suite. Et donc plus tard, j'ai aussi vécu un autre type d'échec, paradoxalement, c'est en gagnant. C'est bizarre ce que je suis en train de te dire là, mais dans ma tête, j'ai vécu un échec alors que j'avais gagné. Je t'explique. Un jour en combat, mon adversaire se fait compter deux fois d'affilée sur une pointe que je lui mets en plein plexus. Je boxe, tout se passe bien, tu vois, en plus c'était contre quelqu'un que je connaissais, parce que moi à l'époque j'étais au Pôle France. Lui, il était au Pôle Espoir, donc on ne s'entraînait pas aux mêmes endroits. Moi, j'étais à Toulouse, lui, il était à Vichy à cette époque-là. Mais on se connaissait, on s'était déjà entraînés plusieurs fois ensemble et puis on s'était déjà vu en compétition mais on n'avait jamais boxé l'un contre l'autre Donc on était conscient l'un comme l'autre du niveau de l'autre. Et donc à partir de là, en fait, moi j'avais ma stratégie, j'étais entraîné pour ça. Tu vois, en boxe française, on a des chaussons, des chaussures avec lesquelles on peut se servir des pointes pour vraiment faire mal à son adversaire. Et donc en combat, on s'en sert. Donc je lui mets à un moment donné une pointe en plein plexus et ça le plie en deux. Bon, il se fait compter jusqu'à 8, il remonte. Hop, je me dis ok, je continue, j'avais ma stratégie, je me laisse pas distraire, je reste concentré. Et je lui en remets une deuxième, poum, il se refait compter une deuxième fois. Et en boxe, comme tu peux le savoir peut-être, c'est qu'à partir du moment où tu fais compter 3 fois en fin de compte sur le même combat, et ben t'es déclaré hors combat. Donc moi je savais qu'il ne restait plus qu'un compte à faire et c'était fini. Et dans ma tête, je me dis à ce moment là, mais je sais même pas pourquoi, enfin si je sais pourquoi au final, je me dis... c'est fini, je vais le mettre KO avec mes points je vais mettre la manière pour le mettre KO parce qu'encore une fois, comme je t'ai dit, je le connaissais mais sache qu'en boxe, même on a beau être les meilleurs amis du monde quand on monte sur le ring, plus rien n'existe on est là pour effectuer notre travail tout en respectant l'autre évidemment, mais vraiment c'est ça la boxe et donc je me dis, non je ne vais pas finir ce combat là en lui remettant une pointe plexus, j'ai envie de finir avec la manière en le mettant KO avec mes points. Plutôt que de continuer à dérouler ma stratégie, tu vois, j'ai tout changé. Et la fatigue arrive, etc. Tu vois que mes coups de poing, vu que j'avais que cette idée-là en tête, plus de stratégie, plus rien, ils étaient téléphonés. Ils se voyaient arriver. On les voyait arriver à 15 km. Et surtout, lui, il les voyait tous arriver. Et malgré ça, fatigue à lui, qui était encore plus grosse que la mienne, honnêtement, il a tenu jusqu'au bout puisqu'il avait juste à se protéger, à se refermer. Et moi, je tapais comme un malade pour rien. Donc, oui, au final, tu vois, à la fin, j'ai gagné ce combat. Mais j'ai eu un goût amer dans la bouche ce jour-là. Parce que j'avais trahi mon propre plan. Et cette victoire, elle était en réalité un échec pour moi. Et c'est ça, au final, que j'aimerais que tu comprennes. C'est que l'échec ne se cache pas seulement dans la défaite. Il se cache aussi dans certaines victoires, comme j'ai pu te raconter juste avant. Quand tu sais, au fond de toi, que tu n'as pas été aligné avec ton vrai niveau et surtout avec toi-même. Et aujourd'hui... C'est justement ces échecs-là, qui sont visibles ou invisibles, qui me permettent d'enseigner maintenant différemment. Pas comme si j'avais tout gagné tout le temps, tu vois, ça peut arriver, des fois, il y en a qui n'ont jamais perdu. Si ça avait été mon cas, je n'enseignerais pas de cette manière-là aujourd'hui. Mais j'enseigne plutôt comme quelqu'un qui a chuté, qui a appris, et qui a su transformer tout ça. Et c'est ça, en fin de compte, maintenant, que j'aimerais transmettre à mes athlètes, et c'est ce que je fais un petit peu tous les jours, tu vois. La vérité, c'est qu'on t'a appris à éviter l'échec, depuis toujours. Et on t'a pas appris à l'utiliser. L'échec, c'est pas un mur, c'est juste un miroir. Et il te montre exactement ce qui t'empêche de gagner. C'est peut-être là le problème. Ça te montre que peut-être que ton mental craque sous pression. Ou alors que ta stratégie est mal adaptée, ou bien que tu joues petit bras par peur de perdre. Ça arrive souvent ça. Et là, souvent, tu as deux choix. Soit tu détournes les yeux et tu continues à répéter le même schéma, donc tu n'as pas envie et tu n'oses pas te regarder dans le miroir. Soit tu oses, tu te confrontes à toi-même et à ce qui ne va pas. Et là, tu arrives à prendre la leçon. Et là, tu reviens plus solide pour les fois suivantes. J'ai envie de te donner plusieurs exemples. Déjà, on va commencer par les sports de combat. J'aime bien le donner, lui. Tu vas le reconnaître parce que je l'ai donné dans l'épisode précédent. C'est Leon Edwards, en MMA, en UFC. Bon, peut-être que tu le connais pas, mais en tout cas, sache que avant de devenir champion, il était quasiment ignoré par l'UFC et même par le public. Même moi, à l'époque, j'en avais jamais entendu parler et pourtant, il était déjà en train de monter. Mais bon, c'est pas un mec, tu vois, qui a une hype de fou. Il a souvent été mis de côté, on n'en parlait pas énormément. Et tu vois, il fait sa première rencontre contre Ousmane Kamaru et il le perd. Il perd cette rencontre-là la première fois. Donc, encore plus, là, personne ne croyait en lui. Et pourtant, tu vois, quand il fait son rematch, au round 5, il était encore dominé, hein, Leon Edwards. Et là, il te sort un hold-up de fou avec son high kick légendaire maintenant. Donc, c'est un coup de pied dans la tête. Et il gagne le combat par KO. Donc tu vois là, en fait, il a pu aussi lui voir et se servir de son échec. Parce que son échec, ça l'a préparé à rester calme alors que tout semblait perdu. Tu vois, une nouvelle fois, il se faisait dominer jusqu'au cinquième round et c'était le dernier. Et pourtant, il n'a rien lâché jusqu'au bout. C'est ces échecs-là, en fait, lui, qui lui ont appris à rester calme et à ne rien lâcher. Je te prends un deuxième exemple. Par exemple, Anthony Joshua en boxe anglaise. Ça, il y en a quand même pas mal qui le connaissent. champion olympique, superstar et pareil dans l'épisode précédent je t'avais parlé d'Andy Ruiz, bah Andy Ruiz il l'a humilié entre guillemets parce que c'était un outsider qui était moqué pour son physique par tout le monde. Tu sais je t'avais dit il était quand même sacrément costaud, gros etc pas vraiment un physique athlétique et pourtant il a battu Anthony Joshua et quand il a perdu Joshua tout le monde disait c'est fini pour Joshua et il reviendra jamais etc Et là, tu vois, il revient six mois plus tard, reconstruit mentalement, et il change sa stratégie et il reprend son titre. C'est là où tu vois en fait que l'échec a forcé Joshua à évoluer et non pas à abandonner. Et en 1990, t'avais Mike Tyson aussi, qui a combattu contre Buster Douglas. Bon, ça c'est pour ceux qui sont nés, même moi tu vois, j'avais 4 ans à cette époque-là, donc autant dire que je ne l'avais pas vu en direct ce combat. Mais je l'ai vu plus tard. Et Douglas, Buster Douglas, il était donné perdant à 42 contre 1. T'imagines, la différence est énorme. Avec Tyson à cette époque-là, honnêtement, il détruisait tout le monde. Et avant ce combat, sa carrière en plus à lui, à Douglas, c'était une série de défaites. Et surtout des défaites décevantes. Mais ce soir-là, il transforme toutes ses chutes passées en force et il met Tyson KO. C'est la preuve que tu vois, les défaites accumulées peuvent devenir du carburant au final. Et toujours croire en soi. Maintenant on va passer au golf. J'ai quelques exemples en golf évidemment. Young, au PGA Championship en 2009, personne ne le connaissait. C'était Tiger Woods qui était sous la lumière, excellent. Il était intouchable quand il menait, tu vois, après trois tours à ce PGA en 2009. Et là, t'as Yang qui avait accumulé les défaites, les échecs et les tournois ratés. Donc lui, il arrive sans peur et il joue son jeu, tu vois Yang, tranquillement. Et il devient le premier à battre Tiger Woods dans ces conditions. Ce que je veux dire, c'est que sans ces échecs-là précédents, il n'aurait jamais eu ce calme-là. Tu vois, s'il avait tout réussi, Yang. Et vu qu'il avait beaucoup perdu, ça lui a permis de rester calme et d'y aller au final sans peur, de jouer son jeu. normalement. Et t'as aussi Ben Hogan, lui c'est un des plus grands golfeurs de l'histoire et avant de briller il a quand même passé dix ans à galérer, à rater cut sur cut, actuellement on en a aussi même des français qui ratent pas mal de cut aussi et lui il a été moqué pour son incapacité à performer et il a su transformer chaque échec en apprentissage technique et mental. Le résultat c'est quoi ? c'est qu'il devient une légende et l'auteur d'un des plus grands come back après un accident de voiture quasi mortel et là on va finir avec ce dernier exemple pour les golfeurs c'est un golfeur que même les non golfeurs connaissent c'est rory mcelroy et je te parle de mcelroy là tu es en train de te dire mais c'est bon c'est une légende il a toujours été bon etc j'ai envie de te parler du masters en 2011 il s'effondre au dernier tour il perd une avance énorme il avait une avance de dingue et de la paire et pour lui c'était un échec humiliant et en plus diffusé mondialement t'imagines tout ça et un an plus tard qu'est ce qui fait il gagne le s open en dominante bout en bout et scratch la monumentale ça a été la base de sa renaissance et depuis tu peux voir sur pas mal de parcours de compétition qui même s'il n'est pas dans les premiers au début de chaque tournoi et ben Il reste calme, il fait son chemin, il avance. Et moi, je me rappelle d'Augusta en 2025, tu vois. Et honnêtement, j'ai adoré voir ça, ça remonter tranquillement, perturbable, et jusqu'à ce qu'il gagne. C'était magnifique. La vérité, c'est que les victoires, elles te confortent dans ce que tu sais déjà. Ça, on aime bien ça. Mais eux, les échecs, par contre, ils t'enseignent ce que tu dois encore apprendre. C'est un entraînement avancé au final. Mais au lieu de le payer en sueur, parce que ça on sait vraiment tous faire, c'est pas très compliqué en soi, bah là en fait... Ta défaite, tu payes en égo. Et c'est pour ça que ça pique autant et que c'est difficile de se regarder dans le miroir. Mais rappelle-toi une chose, chaque champion a été forgé par ses défaites. Ce qui fait la différence, c'est pas de tomber, c'est ce que tu fais après cette chute. Et aujourd'hui, j'ai envie de te partager un outil concret, trois choses à faire, pour que tu puisses transformer ton prochain échec. Donc la prochaine fois que tu perds ou que tu rates quelque chose, Fais ça tout de suite. Ça ne marche pas que pour la boxe ou le golf. Ça peut même marcher dans ta vie quotidienne, professionnelle, j'ai envie de te dire. En 1, note déjà 3 choses positives que tu as réussi malgré cette défaite. En 2, note une faille claire qui t'a coûté très cher à ce moment-là. Et en 3, décide d'un entraînement précis dans les 7 jours pour corriger cette faille. Et de cette manière-là, tu vas passer du mode victime au mode champion. Et c'est ça la vraie gestion de l'échec. Si tu m'écoutes là, c'est que tu sais ce que ça fait de tomber. Et peut-être qu'un de tes échecs continue de te hanter, de te trotter dans la tête et de tout simplement te déstabiliser pour la suite. Mais cet échec, maintenant tu sais que tu peux le recycler en puissance. Si tu veux qu'on regarde ça ensemble, qu'on regarde tes blocages qui sont souvent invisibles, parce que toi tu vas peut-être en voir un ou deux mais... je t'assure qu'il y en a beaucoup plus, souvent on ne les voit pas, comme d'hab, j'ouvre parfois quelques créneaux pour un entretien diagnostique offert. À ce moment-là, au moment de cet entretien, on va décortiquer ton mental, tes routines, tes failles, et surtout voir comment est-ce qu'on peut transformer tout ça en moteur de performance. Comme toujours, attention, ce n'est pas pour tout le monde. C'est uniquement pour ceux qui veulent regarder leur défaite en face, se regarder dans le miroir. et surtout faire de ces défaites là en faire une arme. Je te remercie d'avoir écouté entre swing et combat et je te dis à très vite pour un prochain épisode.