Speaker #1On m'a dit, tu n'as pas de mental. Et on m'a laissé là. Aujourd'hui, je ne vais pas te partager une technique mentale, ni une routine de performance. Je vais te raconter quelque chose de beaucoup plus personnel. Quelque chose qui m'a pris un peu par surprise. Depuis quelques semaines, ma femme me demande de ranger à tout prix mon bureau, puisque ça l'exaspère, elle en a marre, elle a mal aux yeux de voir tout ce bazar là-dessus. Et donc, en faisant simplement du tri dans mon bureau, je tombe sur une pochette au fond d'un tiroir. Et là, c'est quoi ? C'est mon dossier de suivi médical de l'époque, où j'étais au Pôle France. Ah, tu te doutes bien, forcément, je l'ouvre. Je pense que je m'attendais à retrouver des souvenirs sympas, des rappels de bonnes perfs, des progrès physiques, etc. Mais pas ce que j'ai trouvé. Je commence à lire, très enthousiaste là-dessus, et là je tombe sur une série de questions, classiques au départ. Tout allait bien physiquement, j'étais en forme, aucun souci de santé majeure. Mais ensuite, je lis la partie mentale. Et là, tout remonte. Je vais te partager aujourd'hui quelques questions que j'ai notées, que j'ai relevées sur ce dossier médical. Évidemment, ce sont les questions auxquelles j'ai répondu oui, parce que celles où j'ai répondu non, je les ai lues et tout, c'est des choses assez classiques. Mais ce qui m'intéressait vraiment, c'était savoir qu'est-ce qui n'allait pas en fait. Donc, j'ai relevé que celles sur lesquelles j'ai répondu oui. Je vais te les partager un petit peu aujourd'hui. Et donc la première c'était sensation de poids sur la poitrine, point d'interrogation. Ma réponse était oui. Deuxième question, somnolence dans la journée, oui. Contre-performance, oui. Je me sens fatigué, oui. Bon je continue, j'arrête de dire oui à chaque fois, mais tu sais que c'est un oui à chaque fois. Nerveux, tendu, inquiet, toujours la même réponse. Trouble digestif, moins de plaisir à m'entraîner. Toujours oui. Et là, en fait, la dernière question que j'ai relevée, celle-ci m'a vraiment interpellé. C'était c'est ma faute si je réussis moins. Et c'est vraiment écrit comme ça, en fait, dans le dossier. C'est vraiment une question qui m'a été posée par le médecin et auquel j'ai répondu oui. Et puis, à ce moment-là, je continue d'avancer dans le dossier et j'arrive. au bilan psychologique. Parce qu'en fin de compte, ces questions-là étaient posées simplement par le médecin du pôle. Et donc, au suite, t'as une visite avec la psychologue, et là encore, c'est noté noir sur blanc. Manque de confiance en l'environnement, comportement excessif, stress, anxiété, répression émotionnelle, inquiétude sur mon niveau de boxe. Je lis ça aujourd'hui avec du recul. Et ce qui me frappe, c'est... pas juste ce que j'ai vécu, puisque ça au final je le sais, je sais comment j'ai été il y a 20 ans, c'était quand même il y a 20 ans, je le sais très bien. C'est juste ce qui m'interpelle en fait, c'est que personne ne m'a jamais aidé avec ça. Et jusqu'à présent, je m'en étais pas vraiment rendu compte en fin de compte, jusqu'à ce que je lise toutes ces réponses. Et en fait, tu vois, il y avait aucun suivi, aucune proposition, aucun outil pour m'aider à mieux gérer tout ça. C'était noté pourtant, diagnostiqué, mais jamais accompagné. Et pourtant, j'étais en détresse mentale et j'étais loin d'être le seul. Je vais te raconter une petite anecdote, mais vraiment improbable. Récemment, j'ai eu une conversation avec une ancienne golfeuse du Pôle France totalement par hasard. Ça fait 20 ans qu'on ne s'est pas vus. On s'est vus juste quand on était ensemble à ce Pôle France-là, donc c'était il y a très longtemps. Et on s'est échangé des souvenirs, etc. de l'époque, c'était cool. Et à un moment, elle me raconte en fait... un petit peu de son entretien qu'elle avait eu en début d'année avec la psychologue de l'époque. Et à cette psychologue, elle lui raconte en fin de compte ses doutes, son stress, sa confiance qui varie entre l'entraînement, les compétitions. Et elle avoue à 17 ans en fait qu'elle fume. Elle sait que c'est une mauvaise habitude, mais elle le dit quand même. Et elle avait aussi la crainte que ce qui était dit à ce moment-là soit noté dans son dossier et aille jusqu'à son entraîneur. Et en fait, elle se doutait à aucun moment de la réponse que la psychologue allait lui donner à ce moment-là. Et c'est la seule qu'elle a eue, c'était « Ah, vous fumez ? Ok, voilà, en fait, vous n'avez pas de mental. » Tu te doutes bien que cette phrase-là, ça la démolit. Pas de piste, pas d'écoute, pas d'accompagnement, juste un jugement. Tout ce qu'on veut pas en fait, c'est être jugé sur ce qu'on est en train de dire, d'autant plus à une psychologue. Et après, qu'est-ce qui s'est passé ? Forcément, elle a perdu confiance, elle a décroché, et pourtant, personne n'a rien vu. Ce que je vais te dire aujourd'hui, c'est que beaucoup d'athlètes souffrent mentalement, parfois en silence, parfois même sous les yeux des autres. Et pourtant, rien n'est mis en place pour les accompagner en profondeur. Moi je te parle de ça il y a 20 ans, mais j'accompagne même des athlètes maintenant qui vivent encore ça 20 ans après et j'ai l'impression que rien ne change la plupart du temps. C'est-à-dire qu'on identifie les failles, mais on ne les répare pas. On note les symptômes, mais on n'écoute pas l'humain. C'est pour ça qu'aujourd'hui je fais ce podcast pour parler de ce qu'on ne dit pas assez dans le sport. Pour renforcer l'athlète de l'intérieur là où la vraie performance commence. Si tu es athlète, si tu es... Écoute, si tu bosses avec des jeunes, écoute cet épisode, partage-le surtout et regarde au-delà des résultats. Pose la question, la vraie question à tes athlètes, comment tu te sens vraiment ? Et comme toujours, si tu veux en parler, mes messages sont toujours ouverts. Et encore mieux, je t'offre un rendez-vous diagnostic d'une heure et demie, personnellement avec moi, pour faire un point sur ta situation. Je te dis à très vite pour un prochain épisode.