- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Entretien Pharmacétique, le podcast qui parle des pharmaciens d'aujourd'hui et de demain. Dans cet épisode, j'accueille à nouveau le professeur Jean-Louis Baudeu, doyen de la faculté de pharmacie de l'université Paris Cité, pour évoquer une réforme attendue de longue date, la réforme du troisième cycle des études de pharmacie. À compter de la rentrée universitaire 2026, la sixième année des filières officine et industrie évoluera vers un DES, un diplôme d'études spécialisé. Quel est le contenu de cette réforme ? Comment sera-t-elle appliquée et par qui ? C'est précisément ce que nous allons explorer ensemble avec M. Ledoyen. Très bonne écoute. Alors, professeur Jean-Louis Baudet, M. Ledoyen, bonjour. Merci de revenir sur le podcast, parce que c'est le... Le deuxième épisode que l'on fait, donc vous êtes officiellement en habitué. Et bonne année 2026 à vous. Et je tenais à vous dire que justement, le premier épisode qu'on a fait, c'est celui qui a le plus d'écoute. Donc écoutez, félicitations. On espère que celui-là fera aussi bien ou mieux. Donc écoutez, je voulais vous inviter une deuxième fois pour parler d'un sujet qui était lancé depuis longtemps et qui a enfin vu le jour. en fin 2025 et début 2026, qui est la réforme du troisième cycle des études de pharmacie pour les filières officinales et industrielles. C'est quelque chose qui était, je pense, très attendu. En tout cas, c'était amorcé presque dix ans, en 2017. On a enfin la concrétisation et je pense que les auditeurs et les auditrices sont très intéressés d'avoir votre point de vue et de voir quel sera le contenu, parce que, pour information, cette réforme sera appliquée. dès la rentrée 2026 dans les facultés de pharmacie. Donc, c'est maintenant, quoi.
- Speaker #1
Oui. Merci beaucoup. Bonjour à toutes et à tous. Et avant tout, tous mes souhaits de bonne réussite professionnelle et de bonheur personnel à tous nos auditeurs et auditrices. Merci de me réinviter. Moi, je suis très content de pouvoir présenter cette réforme du troisième cycle des études de pharmacie parce que... C'est vrai qu'elle était attendue depuis longtemps. Je voudrais saluer les efforts des doyens précédents, Bertrand de Caudin, Bernard Muller, Dominique Porquet, qui depuis 2017, effectivement, ont initié, puis porté jusqu'à aujourd'hui cette réforme. Alors, quel est l'intérêt de cette réforme ? En fait, la réforme du troisième cycle, elle vient compléter une réforme qui a débuté en 2010. qui est la réforme du premier cycle des études de pharmacie, qui consacrait le diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques, puis la réforme de 2013, qui consacrait le diplôme de formation approfondie en sciences pharmaceutiques, qui constituait le deuxième cycle. Et on était jusqu'à présent avec une sixième année des études de pharmacie, qui était un tout petit peu une année suspendue, puisqu'elle ne donnait lieu à aucun diplôme, mais par contre il fallait la valider et soutenir une thèse d'exercice ou de fin d'études. afin d'obtenir le titre de docteur en pharmacie. La réforme du troisième cycle que l'on a portée au niveau des doyens est l'aboutissement d'un cursus universitaire qui est maintenant complet et notamment pour les spécialités ou les filières de pharmacie officinale et pharmacie industrielle.
- Speaker #0
D'accord, donc la boucle est bouclée j'ai envie de dire.
- Speaker #1
Ça a été la bonne nouvelle de la fin de l'année dernière, puisque le décret est paru le 29 décembre, l'arrêté d'application est paru le 31 décembre, et là aussi un petit coup de pouce a été donné par les conseillers spéciaux des ministres de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et de la Santé, et il convient aussi de saluer cette action pro-efficace, on va dire. de Jordan Chalier et d'Emmanuel Touzé, sans qui ces textes ne seraient pas parus.
- Speaker #0
Très bien. Alors, on va bien sûr rentrer dans le détail de la réforme, mais rapidement, quels seront les changements par rapport au modèle actuel ?
- Speaker #1
Alors, en pratique, réglementairement et administrativement, nous allons maintenant délivrer un diplôme d'études spécialisées, un DES. aux étudiants des filières pharmacie officinale et pharmacie industrielle. Alors ça, ça ne change pas grand-chose, sinon qu'effectivement, c'est un diplôme en soi qui sera constitué à la fois de la validation de la sixième année et de la soutenance de la thèse de fin d'étude. Il est à noter que le DES de biologie médicale et le DES de pharmacie hospitalière qui sont accessibles via le concours de l'internat ne sont pas du tout affectés par cette réforme puisqu'ils étaient déjà en place. Et en pratique, la sixième année des études de pharmacie reste donc une sixième année. On parle donc de DES cours, puisque ce sont des DES en un an, et donc qui ont un régime un tout petit peu spécial, on le verra peut-être après. Mais en fait, ça permet de formaliser le fait que cette sixième année est dorénavant constituée de deux semestres, deux semestres eux-mêmes et chacun constitué d'un stage. en milieu officinal ou en milieu industriel ou de recherche, et d'enseignement théorique complémentaire, donc sur le même format que les DES longs, mais effectivement en une année seulement.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Alors, ça va changer un tout petit peu dans l'organisation de l'année pour les enseignants et pour l'étudiant, puisque maintenant, les étudiants vont être deux semestres en pratique. On va parler de l'officine peut-être, et on transposera après à l'industrie. Deux semestres. en officine, ce sont des semestres d'application pratique au cours desquels et pendant lesquels un enseignement théorique sera dispensé. Cet enseignement théorique, selon l'arrêté, est limité à 200 à 300 heures annuelles, c'est-à-dire environ 100 à 150 heures par semestre.
- Speaker #0
Au final, c'est un peu un format d'alternance.
- Speaker #1
C'est totalement un format d'internat. Ça nous permet de standardiser, nous, notre troisième cycle de l'ensemble des études de pharmacie. Et ça permet de donner un statut qui n'est pas un statut d'interne, puisque c'est un DES court, et il est réalisé soit en milieu officinal, soit en milieu industriel. Mais c'est deux semestres qui sont bien identifiés. Et par exemple, pour la filière officinale, les applications pratiques, les stages d'application pratique, seront réalisés dans deux officines différentes. avec une demande des ministères de participer à l'effort contre la désertification pharmaceutique. Donc l'un des semestres, au moins, doit être réalisé dans une zone sous-dense ou une zone de désert médical et ou pharmaceutique. C'est une contribution des étudiants à la sauvegarde de la profession et donc de leur futur métier et de leur futur environnement professionnel.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors, la question que j'ai pour vous, parce que comme mentionné, c'était une réforme de longue date, j'ai envie de dire. Est-ce que c'est un soulagement ou c'est le début d'autres complications avec l'application en 2026 ?
- Speaker #1
Alors, c'est un soulagement, oui, parce qu'elle a été portée continuellement. Elle a été souvent reportée. Il y a eu beaucoup d'annonces, y compris écrites, qui n'ont pas été suivies d'effet dans les années antérieures. C'est un aboutissement. Donc nous, nous sommes... tout à fait contents les facultés de pharmacie que les textes soient enfin parus. La mise en application en 2026 nous laisse quelques mois pour organiser cette sixième année DES Pharmacie Officielle ou DES Pharmacie Industrielle. Mais finalement, nous souhaitions déjà la mise en application en 2025. Ça veut dire que nous sommes prêts, et notamment la conférence des loyens, à élaborer les champs de compétences à acquérir pour chacun de ces DES. Ils sont d'ailleurs publiés. Et donc maintenant, effectivement, le corps enseignant va se mettre en ordre de bataille pour que tout soit prêt en septembre 2026. Mais tout sera prêt en septembre 2026. Il n'y a pas d'ambiguïté. On attend cette réforme depuis trop longtemps pour la laisser passer.
- Speaker #0
C'est bon, tout est prêt. Alors justement, en question pour resuivre, est-ce que l'arrêté qui a été publié le 31 décembre 2025 contient tout ce qui est nécessaire ou est-ce qu'il y a encore des informations manquantes ?
- Speaker #1
Il précise bien les contours universitaires et pédagogiques des DES. Là où quelque chose peut manquer, c'est le financement et les modalités, c'est-à-dire le circuit de financement, puisque vous le savez, les étudiants vont bénéficier quand même de ces DES, d'abord par un exercice dans deux officines différentes, donc deux pratiques différentes. Le deuxième stage officinal, est un exercice de néo-professionnel, un petit peu comme les docteurs juniors pour les DESLON, puisqu'il se fera avec une autorité accrue de l'étudiant. Et puis surtout, le montant de rémunération de ce stage va passer de 600 euros mensuels à plus de 1000 euros mensuels, en sachant que pour le pharmacien officinal, maître de stage, qui accueillera les étudiants, le montant ou le coût sera toujours de 600 euros, le complément étant assuré par le niveau ministériel. Ce qui peut manquer, c'est comment ça va se passer en pratique sur le financement, ce n'est pas trop d'autres problèmes, mais sur la rétribution de l'étudiant, en sachant que c'est le pharmacie officinale qui fera l'avance des 1000 euros mensuels. et qui ensuite se fera rembourser de la différence, c'est-à-dire les 350 euros nets ou 400 euros nets liés à l'augmentation de cette ratification. Donc ça, ça manque, mais c'est juste un circuit financier qui sera très vite éclairci. De toute manière, ça le sera pour le mois de septembre obligatoirement. Oui,
- Speaker #0
il n'y a pas le choix. Ok, très bien. Donc, comme vous l'avez dit, vous étiez préparé pour 2025. Et donc, en regardant plus en détail l'arrêté, on revient sur la notion dont on parlait la dernière fois dans l'épisode précédent, qui est l'approche par compétence. Comment ça se présentera pour ce DES ? de pharmacie officinale ?
- Speaker #1
Alors, en pratique, il y a effectivement des domaines de compétences et donc des compétences à acquérir. On est dans un format actuel ou moderne, on va dire, des études universitaires où on ne travaille plus par acquisition de connaissances, mais plutôt par acquisition de compétences et vérification des compétences acquises. Donc, une liste de compétences établie par domaine ou bloc de compétences a été élaboré, validé par la conférence des doyens des facultés de pharmacie, et c'est ce qui sera appliqué. C'est exactement la même chose que pour les DES longs d'ailleurs, où des compétences sont à acquérir au cours d'un semestre. Elles le seront également dans le cadre du DES de pharmacie officinale et de la même façon du DES de pharmacie industrielle, avec quelques spécificités sur lesquelles on pourra revenir. Mais tout est rédigé. Après, les compétences, de la même façon que pour les DES longs, Elles peuvent être totalement acquises, partiellement acquises, parce que l'exercice dans l'officine ne permet pas forcément l'acquisition d'une compétence, mais il y aura ou un complément théorique, puisqu'on a parlé quand même d'enseignement théorique additionnel des deux semestres ou des deux stages officinaux, et donc les compétences seront cochées régulièrement, et l'objectif sera que si des compétences ne peuvent pas être acquises, lors du premier stage officinal, qu'elle le soit au cours du deuxième stage officinal. Une vérification par un mémoire de DES sera établie, mémoire qui sera constituée d'un rapport écrit sur l'ensemble des activités de l'année de l'étudiant. Et puis après, bien sûr, il y a toujours la thèse d'exercice. Donc là, on a bien cadré par ces textes le fonctionnement et l'acquisition des compétences par l'étudiant.
- Speaker #0
Très bien. Et alors, j'en profite également parce que dans l'annexe de l'ARETE, généralement les choses intéressantes sont en annexe, c'est pas rare de le faire, on retrouve les modules pour ce DES d'officine. Et donc, je pense qu'il y a des modules qui parleront à beaucoup, en tout cas, certains sont attendus, je pense, notamment un module intitulé « Droits pharmaceutiques et économie de l'officine » , qui était souvent réclamé par les étudiants sur l'aspect économique, j'ai envie de dire, de l'officine. On a aussi du maintien à domicile. Je pense que ça, c'est un clin d'oeil à Magalie Lebihan. Je sais qu'elle écoute.
- Speaker #1
L'idée, c'est de coller à l'actualité de l'exercice professionnel. Tout à fait, oui. Bien sûr, il y a des compétences liées à la dispensation des médicaments, y compris des médicaments biologiques ou des chimiothérapies orales, par exemple, puisqu'elles ont été en dispensation en officine depuis quelque temps seulement. Et puis, il y a tout l'environnement professionnel. effectivement Le droit des pharmacies, le droit du pharmacien, les interrelations dans le contexte d'un GHT, par exemple, d'une communauté de territoire sont indiquées et c'est ce que l'étudiant va apprendre, effectivement, juste avant de devenir professionnel en exercice officinal. Et bien entendu, ces compétences incluent les missions qui sont des missions récentes. mais importante du pharmacien d'officine. Je ne parle pas de la vaccination, parce que c'est maintenant bien établi, mais il y a effectivement le maintien à domicile, il y a l'activité d'orthopédie ou des orthèses. Bien entendu, tout cela est inclus dans les compétences à acquérir.
- Speaker #0
Très bien. Alors, si on se penche du côté de validation des terrains de stage, qui dit semestre en officine dit validation de terrain de stage, Comment ça s'organisera ? Le décret et l'arrêté mentionnent une validation par les ARS. Est-ce qu'il y a une différence par rapport au modèle actuel ?
- Speaker #1
Pour le coup, oui, c'est une petite différence puisque l'ARS a un droit de regard sur les lieux de stage qui seront agréés toujours par les UFR de pharmacie, donc par les facultés de pharmacie. L'idée, c'est justement d'équilibrer les lieux de stage de façon à respecter le texte de l'arrêté qui indique que l'un des stages doit avoir lieu dans un territoire pauvre ou sous-dense dans le domaine médical et ou pharmaceutique. Et donc, nous allons, en tant que UFR de pharmacie, proposer des lieux de stage, les agréer. comme c'est fait pour les stages de deuxième année, troisième année, quatrième année de pharmacie. Et cette liste sera visée par l'ARS, avec l'aide d'ailleurs de l'ARS, qui nous définira un tout petit peu les zones qui sont considérées officiellement par région ou par subdivision, comme étant des zones sous-denses. Ceci étant, l'agrément, effectivement, il se fait sur le niveau professionnel et c'est l'agrément d'un maître de stage qui sera réalisé. Et vous aurez noté que le maître de stage n'est pas forcément le titulaire de la pharmacie, il peut être par délégation un pharmacien à un an de la pharmacie.
- Speaker #0
Très bien, super. Et alors, également, le texte mentionne un nouveau statut qui est celui de MSU, donc maître de stage des universités. Que c'est quelque chose de nouveau ? Alors,
- Speaker #1
c'est quelque chose de nouveau que nous avions également demandé et qui n'a été que partiellement mis en place par les textes d'aujourd'hui. Le maître de stage universitaire, pour nous, doit être un pharmacien en exercice qui a une formation spécifique liée à l'encadrement universitaire, donc une formation réalisée par les UFR de pharmacie, exercice supplémentaire par rapport au maître de stage et une rémunération liée à cet exercice supplémentaire de d'enseignement universitaire ce qui n'a pas été obtenu à ce jour c'est le fait que il y ait officiellement une rémunération du maître de stage universitaire comme ça existe dans le test de médecine générale par exemple mais par contre dans le test de médecine générale le maître de stage universitaire est rémunéré Mais l'idée essentielle était qu'il y ait un lien entre les maîtres de stage et les UFR de pharmacie pour bien consolider la formation de l'étudiant en troisième cycle officinal ou industriel. Donc, on va continuer à travailler parce que tout travail mérite salaire. Et donc, un maître de stage universitaire qui s'investit pleinement dans l'encadrement de stages officinaux doit, en tant que MSU, avoir une rétribution particulière.
- Speaker #0
Oui, c'est tout à fait normal.
- Speaker #1
Mais allons-y graduellement. Tout à fait. L'année précédente a donné lieu à des discussions. Est-ce qu'il faut forcer et refuser l'ensemble de la réforme parce que nous n'avons pas cette rémunération du MSU ? Ou est-ce qu'il faut inscrire dans les textes la notion de MSU, puis la faire valoir ultérieurement ? Le choix a été fait et je pense que c'est effectivement un bon choix. Il vaut mieux tenir que courir et nous obtiendrons plus tard ce qui est tout à fait naturel, ce qui est normal parce que c'est un service et un travail réalisé. Donc, j'ai tout à fait confiance.
- Speaker #0
On vous fait confiance et bon courage pour cette axe de travail. Je pense qu'on a fait le tour un peu du DS d'officine.
- Speaker #1
Je peux juste peut-être insister un tout petit peu sur un point qui a fait également débat. c'est la notion de mémoire. du DES court qui est créé aujourd'hui et la notion de thèse d'exercice. Il y a un mémoire qui sera un mémoire écrit, je l'ai dit, qui est un rapport qui valide les compétences acquises et de façon non pas indépendante mais autonome, il y a la thèse de fin d'étude qui, il faut le signaler parce que c'est un changement par rapport à l'existant, doit être soutenue dans l'année qui suit le DES court. J'encourage tous les étudiants à travailler la rédaction de leur thèse d'exercice dans l'année du DESCOURT, parce que ce sont deux exercices qui sont liés, à la fois l'application pratique en milieu officinal et le sujet de thèse d'exercice. Et dans tous les cas, à l'issue soit de l'année universitaire, soit par dérogation d'une année supplémentaire, il ne sera plus possible de devenir docteur en pharmacie.
- Speaker #0
Merci Jean-Portant.
- Speaker #1
Voilà, c'est un message important, mais c'est aussi une façon de pousser l'étudiant à rester dans le cours, on va dire, de ses études et de boucler par une thèse d'exercice le plus rapidement possible. C'est tout à fait son intérêt et tant qu'il est dans le circuit universitaire, qu'il en profite pour terminer définitivement son cursus.
- Speaker #0
Voilà, message de M. le doyen aux étudiants, vous êtes avertis.
- Speaker #1
Là-dessus, les noyens et le ministère... soutient et demande cette position seront intraitables. Il est hors de question de soutenir une thèse plus d'un an maintenant, par dérogation, encore une fois, exceptionnelle, après le DES, et deux ans, trois ans après, ça devient totalement illusoire. C'est très dommage, parce qu'un étudiant qui aura fait six années d'études de pharmacie, mais qui ne pourra pas être docteur en pharmacie, c'est vraiment une chance perdue, mais ce sera de sa faute.
- Speaker #0
Très bien. D'autres choses à rajouter sur le DS officiel ?
- Speaker #1
Non, pour le reste, sur le test officinal, on va se caler sur les petits détails techniques, bien sûr. On a parlé d'enseignement théorique et de stage pratique. Il est précisé, par exemple, dans l'arrêté, que le stage pratique peut avoir lieu dans des territoires entre-mer, ce qui peut être intéressant. Il est également précisé que dans tous les cas, le stage pratique doit permettre le suivi de l'enseignement théorique. Liberté est donnée aux UFR d'un enseignement théorique réalisé un jour par semaine ou deux jours par quinzaine. L'adaptation en fonction des circonstances, parce que les UFR de pharmacie francilienne, par exemple très citadine et urbaine, n'ont pas les mêmes problèmes que les UFR de pharmacie de province, avec notamment des déplacements d'étudiants qui ne sont pas les mêmes. en le même temps d'ailleurs. Et donc, chacun va organiser un petit peu, selon un schéma un tout petit peu standardisé quand même. Je parlais d'un jour par semaine d'enseignement théorique ou de deux jours tous les 15 jours. On va être à peu près sur ce schéma-là. Il est précisé que l'enseignement théorique ne peut pas dépasser une certaine période cumulée, justement pour ne pas nuire à l'enseignement pratique.
- Speaker #0
Voilà, la pratique avant tout. Très bien. Je vous propose de passer au DES Industrie.
- Speaker #1
Alors ça va être facile parce que le DES Industrie est calqué sur le même modèle. C'est ce que j'allais dire. Avec peut-être une différence qui existe déjà et que nous avons souhaité maintenir. Ça n'a pas été si simple, mais finalement on y est arrivé. C'est que la sixième année des études de pharmacie dans la filière pharmacie industrielle et recherche peut être réalisée sous la forme d'un master, un master 2. qui sera admis en équivalence de sixième année. Il n'empêche que, comme pour le DES de pharmacie officinale, la liste des compétences par domaine ou bloc de compétences a été établie pour que le DES de pharmacie industrielle soit validé. Alors bien entendu, ces domaines de compétences, en fonction des spécialités dans la filière pharmacie industrielle et recherche, ne sont pas les mêmes. Quand on s'oriente vers l'assurance qualité en milieu industriel, quand on s'oriente vers le marketing ou vers le contrôle qualité ou la production, on ne va pas, au cours d'une sixième année et d'un master de formation, acquérir les mêmes compétences. Néanmoins, il y a des compétences communes et il y a des compétences spécifiques qui seront à acquérir par les étudiants. Et donc la charge des UFR de pharmacie va être de dire Si vous voulez faire valoir un Master 2 en équivalence de votre 6e année de pharmacie, donc de votre test de pharmacie industrielle et recherche, il faut que les acquis dans ce Master 2 respectent les compétences que nous souhaitons que vous ayez pour avoir ce DES. Donc voilà, c'est également de l'adaptation. Là aussi, un groupe de travail de la conférence des loyers de pharmacie à élaborer les compétences à acquérir, donc il y a un encadrement universitaire qui est bien formalisé et ça ne devrait pas poser de problème supplémentaire. De la même façon, il y aura à l'issue du DES de pharmacie industrielle et recherche, une thèse de fin d'études de la même façon que pour l'autre DES.
- Speaker #0
Sans délai ?
- Speaker #1
Ah, sans délai, sans délai également, voilà. avec la pénalisation de ne jamais avoir son diplôme, je le répète, ce qui nous embête beaucoup parce qu'on n'est pas là pour ça, mais d'un autre côté, il faut responsabiliser les étudiants.
- Speaker #0
Tout à fait. Et justement, les modules aussi de compétences à acquérir sont décrits dans l'arrêté, que je mettrai dans la description de l'épisode, comme ça, l'information sera disponible. Super, très bien. Deux questions de conclusion, j'ai envie de dire. On a vu que tout cela sera mis en place en 2026. Est-ce que ça ne vient pas trop vite ? Ça ne fait pas beaucoup de temps qu'il reste…
- Speaker #1
Non, ça ne vient pas trop vite parce que le travail a été fait en amont. Par exemple, les compétences à acquérir sont maintenant bien rédigées et ont été formalisées dans les textes. Et parce qu'encore une fois, comme nous voulions la réforme dont l'élaboration traîne depuis maintenant près de 10 ans, 8-9 ans on va dire, on était dans les starting blocks. Et là, il nous reste quelques mois pour assurer les détails techniques, par exemple dans le détail de pharmacie officinale, définir les lieux de stage qui seront en zone sous-dense et les autres, définir les modes de choix par les étudiants des lieux de stage, en accord bien sûr avec les maîtres de stage qui les accueillent, c'est indispensable. Tout ça reste à définir, ce sera mis en place avec des guidelines, excusez-moi le terme anglophone. avec des directives de la conférence des loyens, en accord avec les associations d'étudiants, sans lesquelles nous ne travaillons pas, mais tout ça va se mettre en place avant l'été, pour démarrer dès le 1er septembre, et j'imagine sans problème.
- Speaker #0
Et alors, comment se fera le suivi de l'application de la réforme ?
- Speaker #1
Comme toute réforme nouvelle, il y aura une évaluation. L'évaluation se fera en continu dans chacune des UFR pour régler les problèmes immédiats, bien entendu. Et puis, une évaluation à un an, et puis ultérieurement, sera faite pour se caler par rapport au territoire de santé, par exemple, pour se caler par rapport aux objectifs. de la mise en place de ces DES, notamment pour le DES de pharmacie officinale, essayer de positionner des néo-pharmaciens dans des zones soudances. C'est notre problématique et la problématique nationale. Donc, voilà, une évaluation sera bien entendu réalisée, y compris par la conférence des loyers et j'imagine aussi par la NEF, l'Association des étudiants en pharmacie, de façon pro-jointe pour améliorer une première année qui aura, peut-être quelques écueils ponctuels. Oui, c'est pas sûr.
- Speaker #0
En tout cas, on le souhaite. Je suis confiant. Et alors, dernière question qui je pense est primordiale, c'est quel message avez-vous pour les étudiants qui vont affronter cette réforme en 2026 ? Est-ce qu'il faut être confiant ? un peu méchant les changements.
- Speaker #1
Je pourrais, si je me permettais, reprendre une citation célèbre, c'est pas peur. Mais non, pas de panique, tout est sous contrôle, parce que ça fait tellement de temps qu'on attend cette réforme qu'on va la mettre en place assez facilement. C'est une réforme, il y a des changements, donc il faut bien comprendre qu'effectivement, il y aura peut-être parfois quelques flottements, mais ils ont rendu en amont de la mise en application du DES, donc on les réglera en amont pour que l'année de l'étudiant se passe bien. Je dois rappeler et préciser que ce DES est une chance pour les études de pharmacie, c'est réellement la concrétisation d'un vrai cursus universitaire, et donc l'étudiant a tout à y gagner, et je pourrais même dire y compris financièrement, puisque par rapport à la gratification actuelle, encore une fois, il va gagner 40% de plus, ce qui n'est pas anodin et ce qui est une avancée importante. Donc non, pas de panique, nous allons avancer ensemble avec les étudiants et je suis persuadé que cette réforme se passera de la meilleure façon qui soit.
- Speaker #0
Très bien, je pense que c'était le mot de la fin. Donc bon courage aux étudiants pour la rentrée prochaine. Je pense effectivement que c'est une bonne chose. que ça va dans le bon sens.
- Speaker #1
Merci à vous. Et félicitations. On reste mobilisés,
- Speaker #0
en tout cas. Oui. Monsieur Levaillard, merci beaucoup pour votre temps.
- Speaker #1
Merci. Très bonne continuation. Très bonne journée.
- Speaker #0
Excellente journée.
- Speaker #1
Au revoir. Merci.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Entretien Pharmaceutique. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager et à laisser un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire connaître le podcast. A très bientôt pour un nouvel entretien.