- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Entretien Pharmaceutique, le podcast qui parle des pharmaciens d'aujourd'hui et de demain. Retour à Montpellier pour ce nouvel épisode avec un sujet essentiel mais méconnu, la répartition pharmaceutique. Car derrière chaque boîte de médicaments, il existe une organisation logistique et pharmaceutique d'une précision impressionnante. Et pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir le docteur Philippe Philippe Recolin, directeur du site OCP de Montpellier. Ensemble, nous parlons du rôle clé des grossistes répartiteurs, de la gestion des ruptures devenues structurelles et de la plateforme Correggia, un outil logistique unique en Europe, mais aussi des défis économiques, réglementaires et environnementaux du secteur. Un échange pour comprendre ce pilier discret, mais indispensable, du système de santé. Bonne écoute à vous ! Alors, Dr Philippe Récollin, bonsoir. Merci pour votre temps et votre disponibilité pour cet épisode. Je suis très enthousiaste pour cet épisode parce qu'on va parler des répartitions pharmaceutiques. C'est quelque chose dont on ne parle pas souvent en pharmacie, donc c'est la parfaite occasion. Alors justement, pourquoi vous ? Parce que vous êtes responsable du site OCP à Montpellier. Encore une fois, ça va être un plaisir d'échanger avec vous sur ce sujet. Justement, pour la première question, est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? Qu'est-ce qui vous a amené surtout à la répartition pharmaceutique ?
- Speaker #1
Pour me présenter, je vais reprendre les mots de ma consoeur Alice Basile, l'actrice d'Epitop, interviewée il y a quelques semaines sur ce même podcast. Dans son introduction, je crois qu'elle dit « la vie, c'est des rencontres » . Moi, ça a été la même chose. La vie, ça a été une rencontre. Ça a été la rencontre avec le directeur de l'établissement OCP de Montpellier. Au début des années 2000, j'étais encore à la faculté. Il réalisait un module d'enseignement en fin d'études. Il a été, somme toute, assez court. Quelques heures dans un amphithéâtre, ça m'a donné envie d'aller plus loin, d'aller le rencontrer à la sortie de l'amphi. Quelques mois plus tard, mon diplôme en poche, j'ai été embauché par l'OCP comme cadre commercial. Je suis parti vivre dans le sud-ouest de la France. À partir de ce moment-là, ça a été la découverte. d'une belle et grande entreprise, leader sur son marché, donc OCP à l'époque, qui est devenue Phoenix OCP par la suite. Cette entreprise, elle m'a pris tout bébé pharmacien, elle m'a formé, elle m'a fait grandir, elle m'a donné le plaisir de travailler en grande équipe. À l'époque, l'officine, ce n'était pas l'officine d'aujourd'hui, il n'y avait pas les nouvelles missions, les entretiens pharmaceutiques, les trônes, la vaccination. Le métier d'adjoint dans une pharmacie, c'était quand même beaucoup plus... comptoir-comptoir. Et là, j'ai eu le plaisir de découvrir, de travailler dans une grande équipe pluridisciplinaire, d'accompagner des projets assez structurants et de vivre, en tout cas c'est l'impression que ça me donnait, peut-être plus d'émotion que ce que j'en aurais vécu en officine. Donc j'ai mordu tout simplement à ce métier. Et puis j'y suis resté, c'était il y a 22 ans, j'y suis resté parce que j'ai évolué rapidement vers un poste de directeur d'établissement. Et que ce poste, il est incroyablement diversifié. Je pense qu'on en reparlera. Il y a du commercial, du social, de l'opérationnel, du management. On est en relation avec les étudiants. Du pharmaceutique aussi, bien sûr. Et voilà, être directeur d'établissement, c'est être le porte-drapeau de l'équipe OCP sur un territoire. Et c'est super enthousiasmant. Voilà un petit peu ce qui a guidé ma carrière dans cette profession.
- Speaker #0
Et oui, comme dit Alice. Les rencontres, les rencontres. Qu'on salue d'ailleurs.
- Speaker #1
On la salue, exactement.
- Speaker #0
Et justement, la bonne transition pour ma deuxième question, c'est quel sont le rôle et les responsabilités d'un directeur de site ?
- Speaker #1
Alors, je pense que sur ce podcast, on s'adresse essentiellement à des pharmaciens ou des étudiants en pharmacie ou des gens en tout cas qui s'intéressent à ce secteur. J'imagine que ce métier n'est pas totalement inconnu.
- Speaker #0
J'espère pas, non.
- Speaker #1
Contrairement à la population générale, le grossiste répartiteur, c'est un maillon clé de la chaîne du médicament, l'interface entre les laboratoires, les fabricants, leurs dépositaires, en tout cas, et les officinaux. Son rôle principal, c'est de garantir un accès continu, équitable et sécurisé aux médicaments, partout sur le territoire et à l'ensemble de la population, en tout cas, autant que faire se peut. Au sein de... de chacun des établissements de répartition pharmaceutique, il y a un pharmacien. Et ce pharmacien, il joue un rôle de garant sanitaire et réglementaire en étant responsable de la conformité de toutes les opérations de réception, stockage, préparation de commandes et de livraison des médicaments. en étant responsable du respect des bonnes pratiques de distribution en gros, qui est le texte réglementaire sur lequel notre activité s'appuie, et de la sécurité et de la traçabilité des produits de santé tout au long de la chaîne logistique, en tout cas juste à l'arrivée à la pharmacie. Donc au quotidien, si je devais dire un petit peu ce que je fais, en tant que pharmacien en tout cas, je veille à la gestion des stocks, aux conditions de conservation des produits, à la mise en œuvre de toutes les procédures qualité. de notre entreprise, au suivi des alertes sanitaires, de retraits de marché, de rappels de l'eau. On en a beaucoup en ce moment avec tous les laits qui sont rappelés par les fabricants et avec la coordination avec les autorités de santé. En plus de toutes ces missions en tant que pharmacien, chez Phénix OCP, le pharmacien est aussi un acteur de terrain. Il n'est pas cantonné à un rôle de pharmacien. Il peut être responsable d'exploitation, il peut être cadre commercial. Et enfin, dans l'immense majorité des cas, les directeurs de tous nos établissements sont des pharmaciens. Donc voilà, le pharmacien est vraiment positionné au centre de notre organisation.
- Speaker #0
Et ça représente environ combien de personnes sur un site en moyenne ?
- Speaker #1
De pharmaciens ?
- Speaker #0
De personnel tout confondu.
- Speaker #1
Le nombre de personnes va être très variable. selon qu'on va s'adresser à un établissement de taille plus petite qui va comporter aux alentours d'une vingtaine de salariés jusqu'au plus important qui est l'OCP Saint-Ouen où il y a plusieurs centaines de personnes qui travaillent quotidiennement au service de nos clients.
- Speaker #0
D'accord, justement, vous parliez de retrait de l'eau. Il y a une question aussi qui revient souvent, c'est la problématique des ruptures de médicaments en France. Ma question, c'est comment les grossistes s'organisent ? face à ces ruptures qui sont quand même problématiques ?
- Speaker #1
Les ruptures aujourd'hui, elles sont structurelles et elles ne sont pas exceptionnelles. Moi, je commence à avoir une carrière d'une grosse vingtaine d'années. J'ai connu l'époque où les ruptures, c'était quelque chose de très mesuré. Au début de ma carrière, on faisait un mailing dans les caisses tous les quinze jours ou tous les mois pour dire aux clients « Voilà les molécules en rupture » . Aujourd'hui, c'est absolument impossible. Il y en a plus d'une centaine et ça change tous les jours. Donc, Face à ça, face à ce côté structurel des ruptures, les grossistes répartiteurs doivent s'organiser pour répartir, comme leur nom l'indique, équitablement les stocks disponibles sur l'ensemble du territoire, pour éviter les phénomènes de surstockage qui sont souvent engendrés par la peur de manquer, et qui engendrent ensuite l'exacerbation des pénuries, parfois locales ou même régionales. Et les répartiteurs doivent aussi s'organiser pour garantir l'accès aux médicaments essentiels sur l'ensemble du territoire. L'arbitrage devant se faire selon des règles strictes et encadrées par la réglementation des autorités de santé, avec un objectif unique, servir l'intérêt du patient, où qu'il soit sur le territoire français. Chez Phénix OCP, on a un atout majeur pour gérer ces ruptures. C'est notre plateforme Coregia qui est un outil logistique unique en Europe qui apporte un bénéfice vraiment important pour l'ensemble de nos clients.
- Speaker #0
Voilà, transition parfaite, parce que pour ma prochaine question, c'est sur la plateforme Coregia, qui est effectivement unique. C'est une sorte de super hub où tous les laboratoires livrent cet endroit unique et ensuite la répartition se fait dans le territoire, de ce que j'ai lu. Oui,
- Speaker #1
alors Corregia, c'est... une plateforme nationale qui centralise et synchronise l'ensemble de nos stocks. Vous dites tous les laboratoires. Non, pas encore, mais un nombre extrêmement substantiel qui représente l'immense majorité des flux qu'on distribue. Ce n'est pas 100% des laboratoires. Cette plateforme, située dans le centre de la France, elle permet à nos établissements de proximité une meilleure visibilité sur la disponibilité des produits qu'on n'a pas quand... On est approvisionné en direct par le laboratoire. On ne sait pas exactement quels sont les stocks disponibles. Là, nous, on le voit. Ça permet aussi une optimisation des flux logistiques qui arrivent parfaitement cadencés et prêts à être rangés dans nos établissements. Donc, c'est la logistique parfaite, pratiquement. Et ça permet aussi une réduction des délais de livraison et, in fine, des ruptures en local, puisque tous les établissements du réseau Phoenix OCP sont livrés quotidiennement par Corregia. Ce qui est important, c'est l'impact chez nos clients. Ça se traduit par plus de fiabilité dans l'approvisionnement quotidien en produits. plus de réactivité. Quand un produit revient d'une période de rupture, le laboratoire nous le livre au jour J, et à J plus 1, le produit est dans tous les établissements du réseau Phoenix OCP, et par une logistique, donc, in fine, beaucoup plus performante, tout en réduisant l'impact environnemental de manière significative, puisque le transport à Mont, c'est-à-dire le transport à Mont, c'est ce qui est avant nous, ce qui vient des laboratoires, est mutualisé. puisque dans le camion qui nous livre quotidiennement à l'établissement, il y a plusieurs dizaines de laboratoires, au lieu que chaque laboratoire affrète sa propre flotte de camions. Donc c'est même mieux disant sur le plan environnemental, ce qui est loin d'être négligeable dans la période que nous connaissons.
- Speaker #0
Tout à fait. Et alors, si je ne me trompe pas, la plateforme a été inaugurée en 2017, donc on va bientôt fêter les 10 ans.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Comment ça a évolué depuis le lancement ?
- Speaker #1
Alors, c'est une plateforme qui ne cesse de monter en puissance. Quand on a démarré en 2017, de mémoire, on a démarré avec 4 laboratoires. Et puis, ça n'a eu de cesse d'augmenter au gré des discussions avec les industriels qui voient immédiatement quand on leur propose. cette solution le bénéfice pour eux, le bénéfice pour les patients, le bénéfice économique, le bénéfice écologique. Aujourd'hui, je vous dis, ça représente 8 produits sur 10 que Phoenix OCP distribue chaque jour auprès des clients pharmaciens.
- Speaker #0
En tout cas, oui. J'invite les auditeurs et auditrices. Il y a une vidéo sur le site de l'OCP qui présente la plateforme et c'est quand même assez impressionnant. Même si on n'est pas, je pense, familier avec tout ce qui est logistique, c'est quand même impressionnant. En tout cas, c'était mon point de vue.
- Speaker #1
Oui, c'est un outil logistique sans équivalent en Europe et de taille extrêmement impressionnante. Si on le compare à la taille des établissements de répartition de proximité dont nous faisons partie locale à Montpellier ou ailleurs, Là, on est sur un site... d'envergure triplicelle.
- Speaker #0
Tout à fait. Pour ma prochaine question, on en parlait un peu, je voulais savoir comment les grossistes répartiteurs, notamment les CP, se sont organisés pendant la pandémie de Covid-19, parce qu'on a souvent parlé de ce qui se passait du côté officinal, hospitalier, mais du coup, le point de vue des grossistes m'intéresse aussi.
- Speaker #1
Pendant la crise sanitaire, donc 2020-2022, Les répartiteurs ont joué un rôle absolument essentiel dans tout le dispositif sanitaire français. Nos équipes, et ça transcende les différentes sociétés de répartition pharmaceutique, se sont mobilisées pratiquement 7 jours sur 7 dans des conditions qui étaient parfois un peu difficiles. D'abord pour sécuriser l'approvisionnement des pharmacies. et en cela, chez OCP, la plateforme Corregia a été un outil incroyable. qui nous a permis de nous réapprovisionner avec beaucoup de puissance. Je pense notamment aux quelques jours qui ont précédé le tout premier confinement, où les Français se sont rués dans leur officine pour aller faire renouveler leur traitement avant de se confiner. Corregia nous a permis, avec beaucoup de puissance, de réapprovisionner nos établissements. Nos équipes se sont mobilisées pour distribuer, évidemment, des médicaments, mais aussi des masques, du gel hydroalcoolique, puis dans un deuxième temps, les vaccins. Il a fallu s'adapter, il a fallu s'équiper de grands congélateurs pour stocker les doses de vaccins, qui au début nous étaient livrés de manière congelée. Et il nous a fallu maintenir la continuité des soins sur l'ensemble du territoire, en adaptant nos pratiques de travail dans les établissements, les gestes barrières, tout ce que les Français ont connu à cette époque-là, et nos process de livraison également. Bref, on a travaillé de manière similaire à ce qu'ont pu connaître nos confrères et clients officinaux, mais avec peut-être une envergure un peu plus importante. Cette période, je pense, a montré aux Français, peut-être aux pouvoirs publics, j'en suis certain, à quel point la répartition pharmaceutique était un pilier invisible, mais indispensable du système de santé en France et sans doute en Europe.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Justement, pour cette raison, je pense que c'est bien de parler et de présenter la répartition pharmaceutique.
- Speaker #1
Merci de cet éclairage.
- Speaker #0
Non, non, c'est naturel. Alors, pour ma prochaine question sur un peu le futur et les défis à venir pour la répartition pharmaceutique, première question concernant le modèle économique du secteur de la répartition, c'est vrai qu'on voit quelques nouvelles dans la presse spécialisées que le modèle est un peu en difficulté. notamment beaucoup de charges fixes, sans doute, beaucoup de matériel, tout ce qui est camions, carburants. Donc, selon vous, quels sont les challenges du modèle actuel ?
- Speaker #1
Vous avez raison, le modèle de la répartition, il est aujourd'hui sous forte tension. à cause des marges qui sont très encadrées par les pouvoirs publics, à cause, vous l'avez dit, des coûts logistiques qui ne cessent d'augmenter, une concurrence accrue de ce qu'on appelle les shortliners, qui sont des distributeurs qui ne distribuent pas l'ensemble de la gamme des médicaments, mais des gammes plus courtes, et qui interviennent sur des segments de produits qui sont plus ciblés, avec des contraintes réglementaires et de services publics qui sont parfois différentes des nôtres. Et enfin, le dernier exemple de forte tension, avec des exigences réglementaires élevées, et je crois pouvoir dire qu'ils ne cessent d'augmenter. Pour redynamiser le secteur, il nous semble chez Phoenix OCP que plusieurs leviers pourraient être activés. Une reconnaissance d'abord économique plus juste que notre rôle de service public. Ça, ça donne lieu à des discussions avec les pouvoirs publics, avec des modèles de rémunération qui soient adaptés à nos réalités actuelles, et la poursuite d'investissements afin de moderniser notre réseau, nos outils et nos services.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Et alors, comment vous voyez à peu près la répartition évoluer dans les cinq prochaines années ? On sort la boule de cristal.
- Speaker #1
Oui, on sort la boule de cristal. Je pense que nos principaux défis pour les amener à venir, ils sont, on l'a vu précédemment, la gestion durable des tensions d'approvisionnement, qui sont vraiment structurelles à notre métier, nous l'avons vu. C'est notre quotidien.
- Speaker #0
C'est pas près de s'arrêter non plus.
- Speaker #1
On parle de rupture chaque jour avec nos collaborateurs ou avec nos clients. Et chez OCP, on l'a vu, nous bénéficions de la puissance d'un outil industriel qui s'appelle Corregia. je pense qu'en ça on est préparé à relever ce défi. Deuxième défi, celui de la viabilité économique de notre modèle, qui est aujourd'hui challengé. Je l'ai dit, c'est aujourd'hui l'objet de discussions régulières avec les pouvoirs publics, mais c'est aussi à nos entreprises peut-être d'évoluer en matière d'organisation par rapport à ce qu'on connaît aujourd'hui. Troisième défi, je dirais la transformation digitale de notre profession. Nous avons une plateforme digitale dans le groupe qui s'appelle Farmalia ou Phoenix Live pour les établissements Phoenix et qui est vraiment l'outil quotidien de nos clients dans la relation qu'ils peuvent avoir avec le groupe dans le back-office de la pharmacie c'est un outil là aussi extrêmement bénéfique pour eux. Je n'oublie pas la réduction de l'empreinte environnementale quand on fait de la logistique on ne peut pas éluder cette question-là c'est une question centrale pour les dizaines d'années à venir. Et le dernier, je pense que c'est celui qu'on évoquait juste avant de commencer l'interview, c'est l'attractivité de notre métier et de notre filière qui reste bien souvent et très injustement méconnue. Et en ça, chez Phoenix OCP, on a créé un programme qui s'appelle Pharma Academy, qui est un parcours d'intégration et de formation accéléré, un gratuit de programme, qu'on a développé pour aller recruter de futurs managers, de jeunes pharmaciens. qui se disent, tiens, chez OCP, chez Phoenix OCP, il y a un avenir pour moi. Et nous en sommes déjà à la troisième promotion de jeunes pharmaciens qui nous ont rejoints dans le cadre de cette Pharmacadémie.
- Speaker #0
Alors justement, est-ce que ce serait possible de développer un peu plus sur ce programme ? Parce que je pense que ça pourrait intéresser les étudiants qui écoutent le podcast.
- Speaker #1
Alors ce programme Pharmacadémie, j'ai dit, on en est à la troisième promotion. C'est un programme qui s'adresse... à des jeunes pharmaciens diplômés qui rejoignent le groupe Phoenix OCP, qui sont nommés sur un poste très rapidement, et auxquels on fait intégrer un programme de grande qualité, un programme de formation qui est constitué et réalisé en partenariat avec une école qui s'appelle Neoma. Et pendant une période d'à peu près une année, le jeune pharmacien va être à la fois en prise directe avec le terrain dans un poste, en établissement et en même temps, environ une semaine par mois, sera en études, si je puis dire, pour acquérir des compétences sur vraiment l'ensemble du métier, de la filière et voilà, la jeune pharmacienne accédera assez rapidement à un poste de management et de directeur d'établissement.
- Speaker #0
D'accord, ça a l'air d'être un programme complet. Félicitations pour cette troisième promotion et on espère que il y en aura beaucoup d'autres. On l'espère aussi. Et alors justement aussi, dans ce problème de visibilité que vous mentionnez, qu'est-ce qu'on pourrait dire aux personnes sur la répartition pharmaceutique ? Qu'est-ce qu'ils devraient vraiment savoir sur ce métier ?
- Speaker #1
Oui, je le disais avant qu'on commence cet entretien, la répartition pharmaceutique est relativement peu visible au grand public. Je ne sais pas si c'est un hasard ou pas, mais sans doute que la vocation des répartiteurs, ce n'est pas d'être connus ou célébrés, mais c'est de faire en sorte que chaque patient ait accès à son traitement, à ses médicaments, simplement dans l'officine qu'il a choisie et sans trop de poser de questions. Derrière chaque boîte qui est délivrée en pharmacie, il existe pourtant... une organisation logistique, pharmaceutique extrêmement structurée, ce quelle que soit l'entreprise de répartition, une logistique sécurisée, contrôlée, qui fonctionne quasiment 24 heures sur 24 et qui participe à la continuité des soins sur le territoire. Je dirais que si le système est discret, c'est qu'il fonctionne. On est dans une société où bien souvent on pointe le doigt sur les dysfonctionnements, ce n'est pas le cas, ça fonctionne. C'est précisément notre objectif que le patient puisse se soigner en toute confiance, sans jamais vraiment avoir à se demander comment son médicament est arrivé sur le comptoir de la pharmacie. Il est là, dans la bonne quantité, au bon moment, et c'est tout ce qui compte.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Mais bon, justement, c'est vrai que cette fiabilité, elle va vraiment être salvée, je pense. En tout cas, moi, dans mes études, c'est vrai que l'OCP ou les autres répertiteurs... Là,
- Speaker #1
je parlais essentiellement de la visibilité grand public.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
sans doute qu'il y a encore à faire connaître notre profession auprès des étudiants en pharmacie, pour qui, en gros, il y a l'industrie, la pharmacie, la biologie, on dit pas des choses, et l'hôpital, pardon, mille excuses à nos confrères et conseillers hospitaliers, la logistique, la logistique, elle est méconnue, donc ça, c'est vraiment à nous d'aller en faculté, et on le fait beaucoup dans le groupe, moi j'interviens chaque année à la fac, Merci. pour présenter la répartition, notre entreprise aussi, évidemment, et pour essayer de susciter des vocations. En ça, j'essaie de reproduire le modèle d'il y a vingt et quelques années, lorsque j'ai été l'étudiant à qui la répartition a tapé dans l'œil.
- Speaker #0
Oui, c'est tout à votre honneur. Félicitations à vous. Et justement, on arrive à la fin de cet entretien. Donc, encore une fois, merci beaucoup. Et je vous propose la question habituelle que je pose, c'est qu'est-ce que la pharmacie représente pour vous ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, au départ, la pharmacie, ce n'est ni une vocation, ni une affaire de famille.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, je suis rentré en faculté de pharmacie, attiré par son côté très généraliste en termes de formation. Je ne m'y suis plus, je suis allé au terme des études. Et à la fin des études, au gré d'une rencontre, je ne vais pas vous en reparler, je vais le lire à la répartition. Si vous me posez la question de ce qu'est la pharmacie, on l'a vu. Je pense que c'est un maillon absolument essentiel de la chaîne de santé en France, en Europe, plus largement dans les pays industrialisés. Je vais un peu réfléchir à cette question avant que nous en parlions. Si je devais résumer, je dirais que c'est un lieu de proximité, de confiance et de santé publique. Je voudrais vraiment souligner le rôle des officinaux sur deux points qui me paraissent vraiment importants. Celui de la continuité des soins, la croix verte, ouverte 6 jours sur 7 pratiquement. La pharmacie, c'est souvent le premier point de contact du patient avec la santé en sens large. C'est ouvert, c'est facile, on rentre et on est pris en charge. extrêmement facilement. Et le deuxième point dans lequel les officinaux ont un rôle aujourd'hui qui me semble majeur, on l'a déjà vu au cours de cet entretien, c'est la sécurisation des approvisionnements. Il y a des tensions, il y a des ruptures, elles sont structurelles. Les pharmaciens passent beaucoup de temps et d'énergie sur ce point pour vraiment que leurs patients aient la meilleure disponibilité de traitement possible. Et ça, je pense que ça mérite d'être souligné. Et moi, de mon côté, je suis assez fier de travailler pour le groupe Phoenix OCP, qui en a fait l'un de ses étendards, on l'a vu précédemment. Donc, en résumé, je dirais que je ne suis pas arrivé en pharmacie par vocation, mais j'y suis resté vraiment par conviction. J'ai bifurqué sur la répartition. La répartition, elle m'a appris la rigueur, elle m'a appris la responsabilité, l'importance de notre impact sur la vie des gens. Ce n'est pas un métier comme un autre. On a l'impression qu'on distribue des palettes, des cartons, des boîtes de médicaments. Mais derrière tout cela, il y a un traitement, il y a un patient et parfois même une urgence. Et donc, on est extrêmement fiers des gens de la répartition, du métier qu'on réalise. Et c'est pour ça qu'on met tant de cœur à l'ouvrage à chaque jour.
- Speaker #0
C'est vraiment une réponse magnifique. Merci beaucoup. C'est la fin de l'entretien. Encore une fois, merci beaucoup. Merci pour votre engagement. Je vous souhaite tout le meilleur pour la suite.
- Speaker #1
Merci à vous et merci aux gens qui nous ont écoutés jusqu'au bout de cet entretien. À très bientôt.
- Speaker #0
À bientôt, merci.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Entretien Pharmaceutique. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager et à laisser un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire connaître le podcast. A très bientôt pour un nouvel entretien.