- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Entretien Pharmaceutique, le podcast qui parle des pharmaciens d'aujourd'hui et de demain. Aujourd'hui, on parle d'un sujet encore trop peu visible en santé. Les proches aidants. Chaque jour, des milliers de Français accompagnent un proche malade ou dépendant, souvent dans l'épuisement et le silence, avec une question en suspens. Qui aide les aidants ? Pour en parler, je reçois les docteurs Laure Morseron et Edith Scheer du fonds de dotation Totum Lab, à l'origine du dispositif Reflex Aidant. Un service déployé en officine pour identifier les aidants et leur proposer, en quelques minutes, des solutions adaptées. Un échange concret, ancré dans la réalité du comptoir, et profondément humain. Bonne écoute. Docteur Laure Manseron et Docteur Edith Schier, bonsoir. Merci pour votre temps et votre disponibilité ce soir. Bonsoir,
- Speaker #1
merci à vous.
- Speaker #0
Bonsoir, merci à vous. Merci, merci. Alors, la raison pour cet épisode, c'est que nous sommes sur une initiative dénommée Réflexes et Dents. Donc on va en parler bien sûr plus en détail, mais ça va attirer mon attention. car c'est une initiative à l'attention des aidants, des patients. Et je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont se retrouver dans cette situation. Je pense qu'on sera tous aidants un jour. Ça a été mon cas personnellement. Et donc, j'ai trouvé que c'était une bonne occasion de discuter avec vous pour parler plus en détail de cette belle initiative. Donc, merci à vous. Alors, pour ma première question, est-ce que vous pourriez présenter le Totum Lab, dont vous faites partie et qui est partenaire de cette initiative Reflexe Aidant ?
- Speaker #1
Oui absolument, alors Totum Lab c'est une structure qui est très originale parce qu'elle est portée par un réseau de pharmaciens d'officine. Alors l'idée de Totum Lab c'est de concevoir des projets de recherche et d'innovation en soins primaires qui impliquent des pharmaciens d'officine en interprofessionnalité. Et les projets de Totum Lab partent toujours d'un besoin identifié chez les patients. Et l'objectif des projets, c'est d'accompagner l'évolution médicalisée de la profession du pharmacien d'officine.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Et ces projets, ils sont donc conçus et testés par les pharmacies du réseau Toton Pharmacien, qui est un réseau aujourd'hui de 360 pharmacies d'officine qui sont réparties un peu partout en France.
- Speaker #0
D'accord. Donc très pragmatique, j'ai envie de dire. On a une idée et on la met en application directement.
- Speaker #1
Exactement, c'est ce qui fait la force de ce fonds de dotation et des projets. On sait que les projets sont menés pour les pharmaciens d'officine et en partant réellement d'un besoin réel chez les patients qui n'est pas encore ou pas assez couvert.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que ce serait possible de détailler un peu plus l'initiative Réfléxédence que j'ai vu que c'était une initiative créée en partenariat, notamment avec Nestlé ? Je me tiens un peu à interloquer. de savoir comment ça s'était copié ?
- Speaker #1
Absolument. Alors, mon réflexe aidant, c'est un dispositif qui est très novateur et il est destiné à améliorer le repérage et le soutien des proches aidants en officine. Peut-être pour donner un petit peu de contexte et quelques chiffres pour comprendre pourquoi on a fait ça et quels sont les enjeux. Donc, les aidants, vous le disiez, il y en a beaucoup et chacun, enfin, beaucoup de personnes pourront se reconnaître. C'est 10 millions de personnes en France à peu près. Et donc les aidants, c'est des personnes qui accompagnent de manière régulière une personne en perte d'autonomie, soit en raison d'un handicap, d'une maladie ou du fait de l'âge. Et alors ce qu'il y a, c'est qu'une personne qui est aidante, ça demande un investissement qui est souvent important. Un aidant peut avoir sa vie normale à côté, peut avoir un travail, peut avoir une famille à gérer, etc. Et du fait de cet investissement pour leurs proches, ils peuvent se retrouver parfois dans des situations compliquées. Et donc, au niveau des chiffres, une étude montre que 60% des aidants déclarent souffrir de fatigue, de stress et d'anxiété. En fait, les aidants, du fait qu'ils se concentrent sur leurs proches, ils peuvent avoir tendance eux-mêmes à s'oublier un peu. Il peut y avoir des signaux d'alerte qui arrivent, mais qu'ils n'identifient pas. Ce qui fait qu'à terme, ils peuvent arriver à des situations d'épuisement. Et donc, c'est ce qu'on veut éviter. Ce qu'on voit aussi, c'est que beaucoup d'aidants, c'est à peu près un tiers d'entre eux, ne s'identifient pas comme aidants. Ils ne reconnaissent pas leur rôle, ils ont une méconnaissance de leur rôle, ce qui fait qu'ils ne savent pas comment le gérer. Le plus souvent, ils ne savent pas à qui s'adresser pour être accompagnés. Donc, c'est un enjeu majeur et c'est aussi un sujet d'actualité, puisque que ce soit la Haute Autorité de Santé, le ministère de la Santé aussi, ils appellent vraiment à une forte mobilisation de la part de tous les professionnels de santé pour repérer et accompagner les aidants. Donc, c'est dans ce contexte-là qu'on s'est dit, voilà, le pharmacien d'officine a sans doute quelque chose à apporter pour les aidants. C'est un professionnel de santé de proximité. Donc c'est à partir de là qu'on a imaginé ce dispositif effectivement avec Nestlé et ma boussole et dents. Donc c'est un dispositif réflexe et dents qui permet d'accompagner... de A à Z, un aidant, donc en partant du repérage au comptoir, on identifie, le pharmacien identifie les besoins spécifiques de l'aidant, il l'écoute, c'est très important, il le conseille, et puis il l'oriente ensuite avec un suivi. Et c'est une approche qui est vraiment personnalisée et sur mesure selon les besoins et la localisation de l'aidant. On pourra détailler un petit peu comment ça se passe concrètement en officine. Enfin, voilà, soit si Edith, tu veux enchaîner là-dessus.
- Speaker #2
Alors oui, je vais pouvoir enchaîner en fait. En effet, vous nous demandiez aussi pourquoi l'officine, c'était un lieu qui était vraiment pertinent pour repérer les zénons. Et en effet, l'officine, c'est là où les patients, ils viennent spontanément parce qu'on est ouvert de 8h à 20h, la croix clignote très souvent. Donc nos patients, ils viennent parler un petit peu de tout et de rien. Et souvent, ils parlent pas que de leurs maux, mais aussi des difficultés qu'ils ont au quotidien. Et on les voit souvent, en fait. Ils peuvent revenir de manière hebdomadaire. Donc c'est vraiment un suivi très, très proche, l'officine. Et on a souvent une relation de confiance avec nos patients et qu'ils se sentent suffisamment à l'aise et écoutés pour parler de leurs difficultés. Donc souvent, on les connaît très bien. C'est pour ça qu'on a monté un peu ce projet Réflexes et Dents, parce qu'on était un petit peu démunis face à leurs demandes, face à leurs souffrances. Donc, on s'est vite rendu compte qu'on pouvait avoir un rôle clé dans leur prise en charge. Et surtout aussi depuis le Covid et depuis la création des maisons de santé, des CPTS, des communautés professionnelles territoriales de santé. On travaille tous en réseau. Et donc, c'est là où on s'est vraiment rendu compte qu'on pouvait avoir un rôle clé. pour dépister les aidants, les accompagner et les aider.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Écoutez, je vous propose de voir comment ça se passe en pratique. Un patient qui viendrait se présenter en officine, comment ça se déroulerait ? En commençant par la détection, ensuite l'établissement des besoins et l'accompagnement par la suite ?
- Speaker #2
Les besoins des aidants, leurs besoins en premier lieu, je dirais qu'ils viennent nous demander du temps pour eux. Souvent, ils sont à bout, ils viennent demander du temps. Donc, ils viennent demander des structures d'aide pour avoir du répit. Et puis aussi, souvent, ils peuvent nous demander de l'aide dans la réorganisation du domicile, du quotidien, gérer les traitements. Parce que souvent, ça peut devenir très, très lourd et très rapidement. Ils ont besoin d'aide pratique, en fait, pour souffler. Et à l'officine, comment ça fonctionne ? On a été bien entendu formés, parce qu'on ne peut pas faire ça comme ça. Oui, bien sûr. Donc, on a eu une formation par une assistante sociale. Merci à tous. Après, grâce à une plateforme qui s'appelle Bimédoc, avec laquelle pas mal de pharmaciens d'officine travaillent, Bimédoc a intégré en fait un annuaire de ma boussole aidante. Et grâce à tout ça, via Bimédoc, on déroule un petit questionnaire et on pose des questions directement à l'aidant pour pouvoir comprendre sa situation, ses besoins. Et en fonction de ses besoins et de ses demandes, grâce à Bimédoc, qui va piocher dans l'annuaire de ma boussole aidante, on va avoir une petite lettre, un petit imprimé, une lettre d'adressage qui nous sort des structures en fonction des différentes demandes de l'aidant. Donc j'avoue que de temps en temps, on va vérifier les structures parce qu'on n'est pas au démarrage, on ne les connaît pas. Donc ça peut nécessiter un petit temps de vérification pour vraiment donner quelque chose de très précis. Et puis après, en plus de Bimédoc, nous en tant que pharmaciens, on peut apporter de l'aide pour la gestion des traitements. On peut aller faire des fiches hebdomadaires de prise en charge du traitement, de l'aide pour le maintien à domicile, qu'est-ce qu'on peut apporter pour le maintien, la gestion du stress, trouver des solutions de sport adaptées aussi parfois. Et à l'officine aussi, c'est les grosses situations qui peuvent se présenter à nous et les solutions qu'on peut apporter là.
- Speaker #0
D'accord. Alors, j'aurais deux questions suite à ça. ce que les adresses fournissent. Par ma boussole aidante, ce sont des structures globales ou c'est personnalisé en fonction de la zone géographique ?
- Speaker #2
Oui, bonne question. En effet, ce n'est pas global du tout. Ça tourne en gros à 5-10 km autour de la zone du patient. C'est-à-dire qu'on rentre vraiment l'adresse du patient et ça va être les structures les plus à même et les plus proches du domicile du patient.
- Speaker #0
D'accord,
- Speaker #1
ça c'est intéressant. C'est vraiment une force du dispositif. Ma boussole est dedans aujourd'hui. C'est un annuaire qui est très fourni, qui regroupe plus de 90 000 structures dans toute la France, que ce soit des structures locales ou nationales. Ça peut être des associations, des services médico-sociaux, des solutions de répit, etc. C'est vraiment très complet. C'est un annuaire qui est vivant aussi, c'est-à-dire qu'il est mis à jour régulièrement. Et justement, les pharmaciens... qui utilisent ce dispositif. qui ont une solution d'accompagnement proche de chez eux, qui n'est pas référencée dans l'annuaire de Maboussole et Dents, on peut contacter Maboussole et Dents pour leur demander de référencer cette structure. Et ils sont en plus très réactifs, donc c'est bénéfique des deux côtés, on va dire.
- Speaker #0
D'accord, c'est vachement intéressant. Ma deuxième question, c'est pour rebondir sur ce que vous disiez tout à l'heure, c'est qu'il y a une part significative des aidants qui s'ignorent. Et quand un aidant se présente en officine, est-ce que c'est déjà pas, enfin je n'ai pas envie de dire trop tard, mais est-ce qu'il y a déjà un certain terrain qui s'est installé et beaucoup de travail de fond à faire, j'ai envie de dire ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si tu veux répondre, Laure, mais après c'est compliqué de repérer un aidant trop en amont parce qu'en effet, il n'aura pas de plainte. On voit bien en fait, en fonction des pathologies de nos patients et en fonction... des ordonnances qui peuvent devenir de plus en plus complexes, que ça peut devenir compliqué. Mais tant que la personne n'a pas besoin d'aide, c'est compliqué de s'immiscer quand même dans la vie quotidienne de nos patients. Donc, j'ai envie de dire qu'on les repère vraiment quand eux-mêmes, ils commencent à dire « j'en peux plus, je suis fatigué, je n'ai pas de temps pour moi » ou « c'est trop compliqué, je n'y arrive plus, j'ai trop de choses en tête » . C'est plutôt avec ces signaux-là qu'on arrive à les repérer. Et le fait justement qu'on leur propose justement de l'aide, c'est là qu'ils commencent à se rendre compte qu'ils deviennent aidants. On leur propose de l'aide à eux, parce qu'ils ont plutôt l'impression qu'on va proposer de l'aide pour le malade, mais pas pour eux.
- Speaker #1
Oui, je suis assez d'accord. C'est le risque aussi. C'est que souvent, on se concentre sur la personne aidée, y compris le proche aidant. Et donc, à la pharmacie, par exemple, on peut demander des nouvelles. Alors, comment va votre proche, etc. Mais c'est important qu'on s'intéresse aussi aux proches aidants qui viennent récupérer les traitements. Comment ça va pour vous ? Et comme tu dis, Edith, c'est là où on va pouvoir identifier des mots-clés, des signes d'alerte. Et là, on dit, en tant que pharmacien, on peut vous accompagner. Déjà, mettre des mots sur le fait que la personne a un rôle d'aidant. pour que, comme on le disait déjà, il puisse s'identifier en tant que tel et que du coup, il peut bénéficier d'un accompagnement. On l'a dit, il y a plein de structures qui existent, plein de solutions, que ce soit pour du répit, pour un accompagnement financier, pour un accompagnement médical, organisation du domicile, etc. Il y a vraiment plein de solutions. Donc rien que de pouvoir identifier, mettre des mots sur ce statut et puis... Et puis, faire prendre conscience du fait qu'il y a des solutions d'accompagnement qui existent, c'est déjà un grand pas.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et ne serait-ce que prendre le temps, donc ça, c'est aussi important. Et alors, pour ma prochaine question, je voulais demander est-ce qu'il y a des pathologies qui sont plus impactantes sur les aidants que d'autres ? On imagine que oui, mais est-ce qu'il y a déjà un premier retour ?
- Speaker #2
Oui, je trouve que ce qui vraiment rend les aidants vraiment démunis, Moi, ce que je vois, j'ai par contre une patientèle un petit peu âgée. C'est vraiment la pathologie style Alzheimer, parce qu'il y a de plus en plus de patients jeunes. Alors moi, dans ma patientèle, ce n'est pas du tout une généralité, mais c'est vraiment ce qui épuise très rapidement les dents. Parce qu'ils sont vraiment démunis, souvent ils ne s'attendaient pas du tout à ça. Il faut vraiment tout sécuriser, tout revoir, l'organisation. Pour moi, c'est vraiment ça qui a rendu mes aidants le plus en difficulté.
- Speaker #0
Oui, je pensais justement à Alzheimer, effectivement.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
D'accord, d'accord. Et alors, pour ma prochaine question également, le projet a été lancé en octobre dernier. Je voulais savoir s'il y avait déjà des premiers résultats disponibles, un premier bilan qui a été fait par hasard.
- Speaker #1
Oui, on a lancé le projet auprès des pharmacies Totum. Aujourd'hui, 50 pharmacies ont pu participer et accompagner des aidants. On a à peu près 150 aidants qui ont pu être accompagnés avec ce dispositif. Donc voilà, ça a pris un peu de temps parce qu'il faut d'abord former les équipes. Il y a une formation qui est proposée par une assistante sociale. Il faut s'approprier le projet. C'est mine de rien pas un sujet facile. Mettre en place des outils de communication qui ont été développés. On a développé une affiche, une boucle écran, des stickers comptoirs pour interpeller et sensibiliser. Donc le temps de mettre ça en place, ça s'est fait à partir du mois d'octobre. Et ensuite, une fois que les équipes se sont bien appropriées tout ça, elles ont pu commencer à proposer des entretiens avec les aidants. Et donc les premiers résultats sont très positifs. En fait, les éditants parlera mieux que moi, mais les retours qu'on a de manière générale, c'est que les pharmaciens sont vraiment contents d'avoir cette solution concrète pour accompagner les aidants. en fait avant ils étaient c'était Ils étaient dans une posture d'écoute. Ils écoutaient les... les difficultés rencontrées par les aidants, etc., mais sans pouvoir proposer, en tout cas, ces solutions très concrètes. Aujourd'hui, on a ce dispositif qui est clé en main, avec une trame bien définie, avec l'annuaire de ma boussole aidant, et des documents qui sont générés automatiquement, comme le disait Edith, une liste de structures, une lettre d'orientation pour les professionnels. Donc, ça facilite beaucoup. ça facilite beaucoup les choses et on voit les retours aussi des aidants.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ce que l'on veut aussi. Et c'est aussi valorisant pour les équipes. Voilà, c'est un peu un cercle vertueux. Quand on voit ce qu'on apporte, c'est forcément valorisant.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Pat, si tu le dis, tu as quelque chose.
- Speaker #2
Oui, je peux compléter, moi, sur le retour des aidants. En effet, c'est vrai qu'on les voit de manière presque hebdomadaire au comptoir. Ce qui est chouette aussi, c'est qu'ils font vivre le dispositif. C'est-à-dire que des aidants qui commencent à appeler des structures et de temps en temps, on leur dit, « Non, là, il n'y a pas de place, essayez ça ou essayez ça. » C'est eux-mêmes qui viennent nous apporter des adresses. Donc, même nous, de temps en temps, je fais des petits mails à ma boussole aidant en leur disant, « Voilà, il y a ça, est-ce que vous pouvez vérifier ? » Parce que ça peut être une association un peu locale, mais après, ma boussole aidant prend le temps de vérifier et c'est très vite rajouté dans l'annuaire. Donc, ça, c'est vraiment très chouette. Et puis surtout, voilà, avec ces... On a tellement une relation de confiance grâce à ce dispositif qu'ils viennent nous donner des nouvelles, même quand ça va. Pas forcément quand ça va mal, mais même quand ça va, en disant voilà. Donc, c'est plutôt très chouette. Ça nous permet enfin d'apporter quelque chose, en plus de l'écoute qu'on peut avoir au comptoir. Ça fait vraiment une belle relation de confiance avec le patient.
- Speaker #1
Et ce qui est intéressant aussi dans les retours qu'on a eus des pharmaciens, c'est que ce dispositif leur permet aussi de découvrir les structures qui sont autour de eux. Quand ils voient les structures qui sont générées proches de la pharmacie ou du patient, ils voient parfois et disent « Ah tiens, ça je ne connaissais pas » . Du coup, ils s'informent. Soit il y a une lecture internet ou ils appellent. Et donc comme ça, ils peuvent aussi « monter en compétence » sur le sujet et s'informer. Et donc ça,
- Speaker #2
c'est assez chouette.
- Speaker #0
Oui, c'est un cercle vertueux, comme vous disiez. Et alors, je voulais vous demander, en termes de ressources et de temps que ça prend, parce qu'avec toutes les nouvelles missions du pharmacien, j'imagine que le planning en officine est chargé. Donc, je voulais savoir comment ça s'intégrait justement dans un planning qui est déjà bien fourni côté officinal.
- Speaker #2
Oui, ça, c'est un beau, une petite problématique que vous soulevez. C'est vrai qu'on a beaucoup de choses à faire. D'un autre côté, ces patients-là, en fait, vu qu'on les a écoutés, on est quand même content de pouvoir leur apporter une solution. Donc oui, il faut former l'équipe parce qu'il ne faut pas qu'il n'y ait qu'une seule personne qui maîtrise l'outil. Donc nous, on a fait une petite réunion d'équipe. J'ai montré les outils, j'ai allé imprimer la petite lettre d'adressage. Et puis après, souvent, ils reviennent vers nous parce qu'il y a d'autres questions qui en découlent ou il y a du matériel médical à faire arriver à la maison. Merci. Mais je dirais en gros, c'est 20 minutes et puis un temps de formation d'équipe non négligeable, je dirais une bonne heure de formation d'équipe.
- Speaker #1
Oui, c'est effectivement les retours qu'on a des pharmaciens en général, parfois 15 minutes, 15-20 minutes, encadrant le plus possible les choses parce qu'on a conscience de la réalité du terrain. Et le projet, ça c'est un autre point, le projet est aussi évolutif. Là, on est toujours dans la phase de lancement. Et ce qu'on n'a pas dit aussi et qui est très important, c'est que cette première phase du projet est testée ou lancée au sein des pharmacies du réseau Totum Pharmacien. Mais la deuxième étape, ça sera de déployer le dispositif dans toutes les pharmacies de France. L'idée, c'est que n'importe quelle pharmacie d'officine demain qui souhaite accompagner les aidants pourra avoir accès à ce dispositif.
- Speaker #0
D'accord. Du coup, ça se ferait comment la globalisation de ce dispositif ?
- Speaker #1
Bimedoc, c'est un outil aujourd'hui qui est utilisé par d'autres regroupements que Totum. Bimedoc peut être utilisé par... toute pharmacie. Donc disons que l'outil digital et l'annuaire de ma pouce à les dents pourraient être utilisés par tous et de la même manière la formation peut être aussi déployée en tout cas c'est comme ça qu'on l'a imaginé, c'est comme tous les projets du fonds de dotation Totum Lab, les projets ont vocation à servir toute la profession d'accord Et voilà, et donc pour revenir à ce que je disais, c'est un projet qui est évolutif. Là, on l'a lancé récemment, il va sans doute y avoir des évolutions à partir des retours qu'on aura. Et on réfléchit aussi à comment améliorer le modèle économique, puisque ça demande un certain temps et un investissement de la part des équipes. Pour ça, on continue à chercher des partenaires. Aujourd'hui, on a Nestlé et Maboussole et Dents qui sont nos partenaires, mais on pourrait construire d'autres partenariats à l'avenir. L'idée, c'est vraiment de réunir tous les acteurs qui sont engagés et impliqués sur le sujet. Et c'est vrai que je n'en avais pas parlé tout à l'heure quand vous m'avez posé la question dans le détail, mais le projet a été initié avec Nestlé Health Science, qui est donc une entreprise à mission. Et Nestlé, en fait, souhaitait s'impliquer sur ce sujet des aidants. Donc, on a été en contact d'abord avec eux. Ils ont été très moteurs pour initier le projet, pour le coordonner avec nous ensuite et pour le financer. Et Maboussol Aidant est arrivé aussi assez rapidement dans la boucle, puisque Maboussol Aidant avait cette expertise sur l'information, l'accompagnement des aidants, et donc cet annuaire qu'on a jugé très pertinent d'intégrer à notre dispositif.
- Speaker #2
Mais pour rebondir sur ce que dit Laure, on a très envie que ce projet reste pérenne, et pour qu'il puisse rester pérenne, c'est vrai qu'on aura besoin d'autres financements, parce qu'il y a certaines pharmacies qui ne vont peut-être pas vouloir y aller si on leur dit que... Pour l'instant, c'est un accompagnement non rémunéré. Il est vrai que toutes nos missions, on en fait de plus en plus et la rémunération n'est pas toujours à la hauteur du temps qu'on peut y passer au comptoir. Donc ça, c'est un aspect très important à travailler.
- Speaker #0
Très bien. Justement, pour la prochaine question, c'est les futurs projets pour 2026, pour cette année. J'imagine justement le déploiement à plus grande échelle et la recherche de nouveaux partenariats. Très bien. Peut-être qu'il y a d'autres choses ? Non. d'autres projets autour de Reflexe Edans ?
- Speaker #2
On a toujours d'autres projets. Je vais laisser Laure expliquer brièvement.
- Speaker #1
Oui, alors, votre question était par rapport aux Edans ou les autres projets menés avec Totum Lab ?
- Speaker #0
Pour Reflexe Edans, dans un premier temps, puis après, peut-être Totum Lab. Je ne sais pas ce qui est possible de dire aussi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Non, écoutez, Reflexe Edans, c'est ce qu'on s'est dit. C'est un déploiement dans... Un déploiement national après quelques mois, ce n'est pas encore fixé. On souhaite vraiment pouvoir tester au mieux le programme dans un premier temps au sein des pharmacies Totum, prendre le temps d'avoir des retours, voir s'il y a des évolutions à faire avant de le déployer plus largement. Et puis, comme on disait, des nouveaux partenaires et financements. Et puis communiquer. sur ce qui est proposé, sur cette initiative.
- Speaker #0
D'accord, très bien.
- Speaker #1
Sur les projets de Totum Lab. Alors oui, il y a de très beaux projets avec Totum Lab.
- Speaker #2
Je suis sûre qu'il y a un projet qui va vous intéresser, sur la déprescription des bains-zous.
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, un de nos projets phares en ce moment, c'est une étude clinique qui s'appelle l'étude Bains-Alt. C'est une étude qui est portée sur la déprescription des benzodiazépines, comme le disait Edith, pour les patients consommateurs chroniques. C'est un projet mené en partenariat avec le CHU de Grenoble où Edith a été pionnière sur le projet. Comme je disais tout à l'heure, comme tous les projets de Totum Lab, on est parti d'un besoin de patients. C'est un enjeu de santé publique du fait que la surconsommation de benzodiazépines en France, c'est un vrai sujet. Et le pharmacien a un rôle de sensibilisation, d'information auprès de ses patients. Donc un protocole a été monté avec le CHU de Grenoble pour concevoir une intervention motivationnelle brève au comptoir, dans l'idée d'accompagner les patients consommateurs. chronique vers la diminution et l'arrêt des benzodiazépines. Donc, c'est une étude qui est en cours. Là, on a terminé les inclusions de patients. Donc, on est super contents. C'est une belle étape. Et donc, il y a un suivi ensuite d'un an des patients. Et donc, on attend les résultats sans doute courants en 2027. Ah,
- Speaker #0
c'est pour bientôt.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que ça va vite arriver. Donc, voilà, là, on a 20 pharmacies du réseau Tautome Pharmacien qui participent à ce projet.
- Speaker #0
Donc, c'est des patients de ville.
- Speaker #1
Pardon ?
- Speaker #0
Ce sont des patients de ville, pas hospitaliers. Oui, absolument.
- Speaker #1
C'est des pharmacies d'officine. Ensuite, sur un autre sujet, on a développé une plateforme qui s'appelle Biomèd'Info. C'est une plateforme de bon usage des médicaments biologiques qui répertorie tous les médicaments biologiques disponibles en ville. bio-référents et bio-similaires. C'est une plateforme qui se destine à tous les professionnels de santé, pharmaciens d'officine ou autres. L'idée, c'est d'avoir toutes les informations disponibles en un seul endroit. C'est un peu comme un guichet unique, pour accompagner au mieux les patients qui utilisent ces traitements. Pour les auditeurs, je les invite à... à utiliser sans modération Biomède Info. C'est une plateforme qui est accessible à tout professionnel de santé, qui est gratuite. Voilà, donc ça, c'est un beau projet qu'on a eu aussi. Et puis, on a des certifications de service pour l'accompagnement des patients atteints de cancer. C'est une certification qui s'appelle OncoPharma. D'accord. Et une autre certification de service qui s'appelle IFAN, cette fois-ci sur le maternage, pour l'accompagnement des futurs parents et jeunes parents à l'officine. Et donc là, c'est des référentiels de qualité qui ont été conçus par des pharmaciens d'officine et d'autres professionnels de santé. Dans le cadre de l'oncologie, il y avait aussi des oncologues, des infirmières. Et donc l'idée, c'était d'imaginer un accompagnement vraiment très poussé par les pharmaciens d'officine sur ces deux sujets-là. Et donc là, pareil. Ces certifications sont disponibles pour toutes les pharmacies de France qui sont intéressées pour développer une expertise en oncologie ou en maternage.
- Speaker #0
D'accord, très bien. Ça ne chôme pas à Totem Lab ?
- Speaker #1
Oui, je crois que j'ai fait les gros projets en cours ou qui ont déjà été lancés.
- Speaker #0
On vous souhaite tout le meilleur dans ces beaux projets. Merci beaucoup. C'est des beaux projets. Encore une fois,
- Speaker #1
on souhaite le meilleur. C'est ce qui est chouette. Il y a beaucoup d'opportunités. En tant que pharmacie, on peut vraiment faire bouger les choses. C'est ce qui est sympa avec Totum Lab. On peut concevoir ce type de projet qui sort un peu de ce dont on a l'habitude. On peut les tester. dans l'idée du coup de les déployer sur tout le territoire, idéalement.
- Speaker #0
Transition parfaite, parce que je voulais vous demander, pour la prochaine question, comment vous voyez l'évolution du rôle du pharmacien dans les cinq prochaines années ? Parce que c'est vrai qu'on voit de nouvelles missions apparaître en officine. On connaît la vaccination. J'avais interviewé des représentants d'OSIS aussi, pour les prises en charge de premiers recours, j'ai envie de dire. Donc je voulais avoir votre opinion sur ce sujet. C'est sûr que l'évolution de l'officine, c'est une évolution qui est de plus en plus médicalisée, on le voit très bien, avec vraiment une approche de service qui est centrée sur le patient, et pas que sur le médicament. Vraiment, on va être centré sur un service patient. Nous, en tant que pharmacien, on va de plus en plus se révéler comme un professionnel de santé de premier recours, un pharmacien clinicien, en effet, comme vous le disiez, avec un rôle clé sur la vaccination. Parce que maintenant, on peut même prescrire les vaccins, donc vraiment un rôle d'analyse. On a également un rôle dans le dépistage des infections urinaires, du dépistage d'angines. On voit vraiment qu'on va vers un rôle de plus en plus médicalisé, oui.
- Speaker #1
Il y a aussi le bilan de prévention maintenant que les pharmaciens peuvent réaliser. Les dépistages de l'hypertension, du diabète, qu'on peut aussi réaliser en pharmacie. et sans doute d'autres sujets qui vont arriver. Mais en tout cas, ce sujet de prévention, on le voit, est de plus en plus présent et implique tous les professionnels de santé. Et donc, effectivement, le pharmacien, nous en tout cas, chez Totum Lab et au sein du réseau Totum, On a vraiment à cœur d'accompagner le patient dans sa globalité. Et voilà, et pas se dire un symptôme, un traitement. Non, c'est vraiment une prise en charge globale.
- Speaker #0
Et juste pour finir, je pense que notre rôle est important et va être vraiment valorisé si on travaille en réseau. Alors, soit en réseau, typiquement nous, via Totum, parce que c'est vrai que c'est un réseau de pharmaciens cliniciens hyper... qui nous permet de nous former tout le temps, d'être à jour. Mais également, il faut qu'on se mette tous en lien avec nos CPTS, nos communautés professionnelles territoriales de santé, pour pouvoir travailler localement, main dans la main, avec les autres professionnels de santé. On voit que le pharmacien ne peut plus travailler tout seul dans son coin, ce qui est très important, c'est vraiment de travailler en réseau.
- Speaker #2
D'accord, donc vraiment une évolution clinique en collaboration. C'est une bonne réponse.
- Speaker #0
En collaboration, oui.
- Speaker #2
Merci beaucoup. Je vous pose la question traditionnelle du podcast, c'est qu'est-ce que la pharmacie représente pour vous ? Je fais mon enquête.
- Speaker #1
C'est une vaste question. Je peux commencer si tu veux, Edith. Moi, je dirais que la pharmacie, c'est le champ des possibles. Ça rejoint un petit peu ce que je disais tout à l'heure. Je trouve qu'on a un très beau métier et que Il appartient à chacun de se l'approprier et de lui donner du sens. Et justement, avec Totum Lab, on voit, c'est la preuve qu'on peut proposer des services complètement nouveaux avec une approche scientifique et méthodique. C'est vraiment la manière dont on fonctionne avec Totum Lab, dans l'idée de répondre toujours mieux aux besoins des patients.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Puis, juste pour finir, en effet, nos officines, on a l'impression qu'on les crée de plus en plus. Du moins, moi, c'est mon officine à moi dans laquelle j'aime travailler, c'est que ça soit un petit cocon, un petit lieu d'écoute avec une oreille professionnelle, attentive, un lieu de conseil et surtout, du coup, un endroit réactif où on peut répondre à chaque nouvelle mission et mettre en place nos nouvelles missions de manière accompagnée. En effet, comme je le disais tout à l'heure, grâce à TOTU, mais grâce à nos au CPTS. Mais je garde vraiment en tête le petit mot, un petit cocon pour vraiment bien les accueillir et rester toujours attentif.
- Speaker #2
C'est super. Vos patients ont beaucoup de chance. Super. Merci beaucoup pour cette réponse. Encore une fois, merci pour votre temps. Très beau projet. Je souhaite le meilleur pour Reflexe et Dents. et on va suivre de près l'évolution de tout ça merci beaucoup et je vous souhaite aussi une excellente fin de journée merci au revoir merci d'avoir écouté cet épisode d'Entretien Pharmaceutique si cet épisode t'a plu pense à le partager et à laisser un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée ça m'aide énormément à faire connaître le podcast à très bientôt pour un nouvel entretien