- Speaker #0
Parcours Croisé un podcast de la Sacem, la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique.
- Speaker #1
Formé à l'école de la rue Blanche, François Morel se fait connaître avec Les Deschiens, où il incarne M. Morel pendant 7 ans. Il mène depuis une carrière riche au théâtre, au cinéma et en musique. Depuis 2009, il tient une chronique hebdomadaire sur France Inter. publie plusieurs livres et en 2019, il reçoit le Molière du meilleur comédien pour « J'ai des doutes » ainsi que le prix humour de la SACD. Il répond aux questions de son complice de longue date, le musicien et auteur-compositeur Antoine Salher.
- Speaker #2
Cher François, quand on a comme moi aujourd'hui la lourde charge d'évoquer l'œuvre que vous incarnez et l'homme que vous êtes, On est d'abord saisi par l'immensité de la tâche. La première image qui m'est venue lorsque j'ai démarré ce portrait croisé est celle du prologue de l'album Astérix et Cléopâtre, qui annonçait, j'ai recopié, 14 litres d'encre de chine, 30 pinceaux, 62 crayons à mine grasse, 1 crayon à mine dure, 27 gommes à effacer, 38 kilos de papier, 16 rubans de machine à écrire, c'était avant, 2 machines à écrire, 67 litres de bière. ont été nécessaires à la réalisation de cet album. J'aurais pu facilement adapter cela et écrire 15 pièces de théâtre en tant que comédien, 10 spectacles en tant qu'auteur et comédien, 5 albums de chansons en tant qu'auteur-interprète et des apparitions sur plus de 20 albums, plus de 1000 chroniques à la radio et encore je n'ai compté que celles du vendredi matin, ça a démarré en septembre 2009, des recueils de chroniques en veux-tu en voilà, deux dictionnaires amoureux, celui de l'inutile et celui de l'amitié, deux thèmes récurrents chez vous, des dizaines de publications, récits, bandes dessinées, sans compter des préfaces, et je ne citerai pas l'élite de bière, puisque vous êtes plutôt vin rouge. Vous avez prêté votre voix pour évoquer le lion de la savane, le manchot empereur, Rantanplan et le chat du rabbin. Vous avez été la doublure vocale du général de Gaulle pour reproduire l'appel du 18 juin. Vous avez été sur scène, trial, comédien amuseur aux côtés de Serge Lama. Vous avez incarné un bourgeois gentilhomme, un bourgeois détestant l'art moderne, dans la pièce de Yasmina Reza que vous tournez actuellement. Vous avez été Jacques Chirac, un tenancier de bistrot. Vous avez incarné au cinéma ou à la télévision Paul Touvier, un fromager de Lorne, une sorte de Mélenchon, et un amoureux transi et délicat auprès de Doria Thillier. Jamais le mot de variété, terme hélas tombé en désuétude, et d'ailleurs on reviendra peut-être sur ce sujet-là, la désuétude, jamais le mot de variété donc n'a aussi bien qualifié un parcours comme le vôtre. J'ai le souvenir précis d'une interview à laquelle un jour j'assistais, où à la question « quel est votre mot préféré de la langue française ? » vous répondiez sans hésitation « encore » . Pour rendre justice à votre appétit qui fait notre festin. Je vous promets de rester très vigilant lors de cet entretien pour qu'il ne soit surtout pas un bilan de carrière, mais plutôt un point d'étape.
- Speaker #3
Vous devriez me vousvoyer plus souvent.
Oui, c'est vrai que ça peut être.
Vous êtes plus laudatif comme vous voyez. Oui,
- Speaker #2
ça impose tout de suite un truc, mais je vais essayer de le tenir. Alors, je vous propose, cher François, de conduire cet entretien en plusieurs temps. temps, j'ai choisi de suivre quelque chose quand même de biographique et de chronologique, parce qu'il y a tellement de choses et tellement d'axes, et puis je pense qu'il y aura aussi des questions. Donc on va parler de l'enfance de plusieurs façons. On va parler du théâtre, qui est, je dirais, le premier grand temps, j'ai l'impression, dans votre carrière, avec les Deschiens et Deschamps-Maquayef, les premières émotions de scène. Puis l'écriture, qui arrive... Peut-être pas dans votre vie personnelle, mais pour le grand public dans un deuxième temps, avec vos projets à vous et la radio. Puis la chanson, et puis après tout le reste. Donc je pense que ça fera à peu près une douzaine d'heures d'entretien environ. Alors on va commencer par l'enfance. L'enfance est très présente dans vos spectacles ou vos écrits. Les habits du dimanche, votre premier spectacle en tant que comédien auteur après la grande... période des Champs-Maquillers. Il y a Sainte-Héroze, C'est aujourd'hui que je vous aime, mais aussi dans vos chansons, C'est pourquoi qu'on vit, c'est encore long l'enfance, on pido, papa est dans des inédits avenirs. comme des chansons qui s'appellent « Présent » , « Vétérinaire » . C'est très souvent le regard de l'enfant qui est convoqué. C'est le narrateur de la chanson. Alors j'ai fait une petite compile.
- Speaker #4
Plus tard je serai pompier, rugbyman ou facteur ou tourneur. Quoi qu'on vit, papa,
- Speaker #3
c'est pourquoi qu'on vit.
- Speaker #4
J'aimerais bien jeudi prochain. Quand on revient de la piscine, en lui serrant très fort les mains, oser embrasser Jocelyne.
- Speaker #3
Entre-nuit, tu es-tu son petit préféré ? Comment qu'il va rentrer papa ? Comment qu'il va papa ? Sera-t-il sous, sera-t-il pas ? Comment qu'il va rentrer papa ?
- Speaker #4
Mais l'enfant se restena dedans. Elle détend le vent, le doigt, elle sonne.
- Speaker #3
C'est encore long, l'enfance, j'en sais rien. C'est encore long, l'enfance, j'en sais rien. C'est encore long, j'en sais rien. T'es toi et...
- Speaker #5
Là.
- Speaker #2
Voilà, un petit florilège, il y en avait beaucoup d'autres. J'aurais pu mettre aussi des extraits de spectacle, mais on voit que c'est un thème qui revient beaucoup. Et alors j'avais envie de vous demander deux choses. D'abord, si vous pouviez, si vous aviez quelques anecdotes ou histoires à raconter sur des émotions fondatrices par rapport au théâtre, des salles de spectacle, de premiers spectacles, de premiers chanteurs vus enfants. Et puis après, on va parler de l'enfance comme sujet.
- Speaker #3
C'est compliqué, mais je ne sais pas trop. Comment je peux répondre à ça ? D'abord, il y a des émotions de premiers sketchs sur la scène de la salle des fêtes de Saint-Georges-des-Grosseillers. Des espèces de trucs militaires, des sketchs militaires qu'on jouait avec des choses absolument navrantes. J'aimerais beaucoup voir ça. disait « qu'est-ce que tu veux faire plus tard comme métier ? » et je répondais « je voudrais être cantonnier, parce que cantonnier, on y reste. » Et ça faisait moyennement rire, comme ce soir à l'époque. Et non, mais j'avais eu une impression de vivre au-delà de la vie habituelle, donc j'ai eu envie de multiplier ces moments-là. Et à un moment donné, j'ai chanté les marionnettes sur la table. Le jour de la communion de ma sœur, j'avais eu beaucoup de succès. J'avais eu le trac avant, pendant tout le repas, je ne pensais qu'à ce moment-là. Et le moment où j'étais sur la table, j'avais envie que ça dure toute la vie. Et puis après, j'étais épuisé par l'énergie que j'avais dépensée à ce moment-là. Et j'ai eu envie que ma vie ressemble à ça, à ce désir, à cette plénitude au moment où on fait les choses, et au sentiment d'avoir besoin bien fait les choses juste après. J'avais beaucoup d'incapacités, j'ai l'impression, dans mon enfance. Je n'étais pas très sportif. J'aimais bien les chansons, j'aimais bien les récitations, j'aimais bien les rédactions. J'essayais de me concentrer là-dessus. Je pense aussi que je venais d'un milieu assez modeste. C'est Jean Carmé qui disait ça dans toutes les interviews. quand il ne savait pas quoi répondre, il disait « Je viens d'un milieu modeste. » Et comme ça, on avait beaucoup de mensuétudes pour lui.
- Speaker #2
C'est déjà tellement bien d'être arrivé jusque-là.
- Speaker #3
C'est aussi sans doute un petit côté... Je me sens toujours un peu illégitime. C'est pourquoi sans doute j'en ai tant fait. Parce que j'avais l'impression que je devais en faire plus que les autres pour réussir à faire ce métier-là toute ma vie.
- Speaker #2
et Qu'est-ce qu'on écoutait à la maison ? Les chansons ?
- Speaker #3
On écoutait la radio. On écoutait la radio, je ne sais pas. Mon père, de temps en temps, il avait des chansons qu'il adorait et qu'il chantait tout le temps. C'était curieux parce que c'était très... Je suis venu te dire que je m'en vais de Gainsbourg. Il y avait aussi Les cœurs purs de Jean-Roger Cossimon. Jean-Roger Cossimon n'était pas une très grosse vedette. surtout l'auteur de grandes chansons pour Léo Ferré, c'est comme ça qu'il est connu. Mais je me souviens qu'on avait le disque de Jean-Roger Cossimon que j'ai beaucoup écouté. Et je crois aussi que dans ma tête, c'était important parce que c'était un comédien-chanteur. Et après, je sais qu'il faisait ses tournées en caravane et moi, ça me faisait fantasmer.
- Speaker #2
C'est pas mal. On reparlera de la question du comédien-chanteur, du chanteur-comédien un peu après. Et alors, parlez-nous de l'Albatros.
- Speaker #3
L'Albatros était un mille-club. A l'époque, dans les années 70, au tout début des années 70, il y avait les grandes maisons de la culture dans les villes. Et dans les villages, il y avait des maisons des jeunes et de la culture dans les villes moyennes. Et dans les plus petits villages, Saint-Georges-des-Grosayers devait faire 2500 habitants. Et dans la banlieue de Flair, pour ceux qui méritent moyennement de l'or. L'Orne étant l'un des départements les plus inconnus de France, je pense.
- Speaker #2
Injustement ?
- Speaker #3
Injustement, absolument. Il y avait un monsieur qui travaillait à la jeunesse et au sport qui s'appelait Jean-Claude Collot et qui avait fait venir des chanteurs à l'époque qui s'appelaient Maurice Fanon, Francesca Solville, etc. Et je crois que j'ai trouvé... Enfin, il y avait une chanson extrêmement bien écrite. qui m'a plu tout de suite. Il y avait un monsieur aussi qui n'est pas très connu et qui a fait de la radio en Suisse après, qui s'appelait Jean-François Panet et qui faisait des spectacles de poèmes, mais où il mélangeait un peu Robert Lamoureux et Jean Tardieu. C'était très large et très ouvert. Voilà, Musset et Prévert.
- Speaker #2
Un petit peu ce qu'il y avait dans la chanson d'introduction finalement. L'idée qu'il n'y a pas d'élite forcément tout le temps et qu'on peut effectivement aimer Dalida et Jean Tardieu en même temps. Par exemple, des chanteurs, je me disais, comme Brassens, vous les découvrez dès le début ?
- Speaker #3
Je crois que c'est en 1970, je vais au Vikingaflare, qui est un cinéma, pour assister au concert de Georges Moustaki. J'ai connu Georges Moustaki après dans les années 2000 et je lui ai dit un soir que je l'avais vu en concert au Viking et le lendemain dans mes mails j'avais l'article de Ouest France qui correspondait à son passage à Flair de l'Orne. Autant vous dire qu'il était nonchalant mais il était aussi très bien organisé. Et donc par capillarité Moustaki parlait dans toutes ses interviews de Brassens. dont il avait emprunté le prénom. Vers 11-12 ans, j'ai commencé à écouter Brassens et j'ai adoré ça. Il ne m'a jamais quitté,
- Speaker #2
j'ai l'impression. On entendait ce petit fleurilège de chansons. Je disais, il y a aussi beaucoup de spectacles, notamment les habits du dimanche chez Yacinthe et Rose, et puis aussi des ouvrages comme C'est aujourd'hui que je vous aime, où vous êtes un enfant. Ou un adolescent, c'est aujourd'hui que je vous aime, mais c'est un enfant qui parle.
- Speaker #3
Oui, dans les habits du dimanche, c'était un mélange entre une vraie vie, c'était une façon aussi de raconter un peu ma famille, mon milieu, et aussi les rêves qu'on pouvait avoir pour s'échapper d'une réalité qui n'était pas toujours si amusante.
- Speaker #2
et alors Est-ce qu'il y a quelque chose dans le regard de l'enfant qui n'est pas chez l'adulte qui vous intéresse ? Ou est-ce qu'il y a quelque chose là-dedans à raconter sur le fait que le regard de l'enfant sur les choses vous nourrit poétiquement quelque chose ?
- Speaker #3
Je ne sais pas. J'ai l'impression qu'il y a plein de choses où j'ai essayé de garder mon regard d'enfant. En tout cas, j'ai... J'ai plutôt envie... Quand il m'est arrivé... Je ne sais pas très bien parler de ça. J'ai eu envie de vivre une vie où on pouvait s'amuser, où on pouvait jouer. Donc je passe ma vie à jouer et en même temps à travailler beaucoup. Je ne saurais pas dire. Oui,
- Speaker #2
oui. Je pense que c'est assez spontané.
- Speaker #3
Je ne sais pas. Je crois que ça m'échappe un peu. C'est un réservoir d'émotions et de rêves, l'enfance. Je crois que c'est aussi un moment où je me suis pas mal ennuyé, où j'ai eu la capacité ou la possibilité de rêver pendant ces moments-là. Donc ça a été sans doute un terreau pour ensuite écrire.
- Speaker #2
D'accord, très bien. Et après, vous êtes satisfait de ma réponse ? C'est très bien. Moi, je n'ai pas à être satisfait. Ensuite, vous faites des études à Caen ?
- Speaker #3
Absolument.
- Speaker #2
De littérature ?
- Speaker #3
Des études de lettres.
- Speaker #2
Et ensuite, Paris-la-Rue-Blanche. Paris-la-Rue-Blanche.
- Speaker #3
J'ai eu une maîtrise de lettres en 1981. Et je me suis dit, si je n'ose pas y aller, je ne vais jamais être comédien. Et j'aurais trop de regrets. Donc, je passe le concours de la Rue-Blanche. Et curieusement, je l'obtiens. Alors que je n'avais pas du tout le... la culture des scènes qu'on travaille, des scènes classiques et tout ça, qu'on travaille à deux. Quand j'ai passé le concours de la rue Blanche, je me souviens que j'avais choisi un texte de Marcel Aimé qui était le début de la tableau crevé et qui est un très beau texte. Et j'avais joué la leçon de Ionesco. Et comme je ne connaissais personne autour de moi qui avait la même passion pour le théâtre que moi, c'est ma compagne Christine qui m'avait donné la réplique et qui était absolument angoissé parce qu'elle était sur scène et un moment donné j'avais quitté le plateau et s'était retrouvée toute seule sur scène et le plateau de théâtre n'était pas du tout son environnement. Et je me souviens que comme on n'avait pas travaillé, enfin moi j'avais travaillé mon texte évidemment je le savais mais elle ne l'avait pas appris, donc elle lisait le texte. texte dans le folio et après des spectateurs nous ont dit quelle belle idée de mise en scène cet élève qui lit le texte dans la brochure, c'est très beau et c'était juste une incompétence.
- Speaker #2
Oui ça peut donner des idées pour la suite et donc les premiers rôles, le tout début, comment ça se passe ?
- Speaker #3
J'écris des sketchs. Je passe trois ans à la rue Blanche, donc je fais des spectacles dans les classes de Brigitte Jacques qui monte un marivaux, la surprise de l'amour. Je travaille avec Marcel Bozonnet qui monte une pièce de Roland Dubillard qui s'appelle Naïve Zirondelle. C'est un fantasme toujours de remonter Naïve Zirondel parce que j'adore ça, j'adore cette pièce-là. Je jouais le rôle de Bertrand et c'était très beau. J'adore ça parce que c'est vraiment le mélange des genres, c'est-à-dire c'est à la fois complètement désespéré et c'est plein d'humour. Je me souviens que Bertrand partait à la fin du deuxième acte en disant « qu'est-ce qu'ils ont fait de ma jeunesse, les vaches ? » Et il avait un cerneau de noix, c'était une espèce d'amelette minuscule qui avait des rêves énormes et la réalité était plus dure sans doute que ses rêves. C'est une pièce que j'adore.
- Speaker #2
Et ensuite il y a la...
- Speaker #3
Après j'écris aussi des sketchs, je travaille avec une amie comédienne qui s'appelle Marina Thaumé et on joue les spectacles dans les comités d'entreprise à EDF. On joue à Saint-Georges-des-Grozeilliers, au club L'Albatros, et d'ailleurs à ce sujet on avait écrit une lettre à Guy Bedos, quand il avait fait sa rentrée à Paris au théâtre du gymnase. On lui avait dit, monsieur, nous avons joué au comité d'entreprise la semaine dernière, nous avions 85 personnes enthousiastes, nous avons joué au club L'Albatros à Saint-Georges-des-Grozeilliers, gros succès, vous faites votre rentrée parisienne, nous n'avons pas reçu d'invitation. Comment le comprendre ? Et le lendemain, on a reçu un coup de fil de son attaché de presse qui nous a dit « Vous avez fait beaucoup rire, monsieur Bedos, il vous invite comme vous voulez » .
- Speaker #2
En tout cas, ce qui est évidemment une grande réussite populaire, c'est les déchiens. Alors, je n'ai pas pu résister au plaisir de faire une petite compile.
- Speaker #6
36-15, code de qui-n'en-veu pour les jeunes qui-n'en-veu. Aujourd'hui, un jeune qui-n'en-veu, puisque c'est mon gars, Bruno Locher. Comment t'appelles-tu ?
- Speaker #7
Bruno Locher. Bruno Locher. Tu as quel âge ? 31 ans. Et tu fais plus ?
- Speaker #6
Bon ! Qui c'est qu'a taillé la haie, là ? Qui c'est qu'a taillé... c'est ton ursenaire qu'a taillé la haie ?
- Speaker #4
J'irai pas au marché. Tu iras tout seul au marché, j'irai pas. j'ai pas ma fublelle d'une ménagerie pareille, certainement pas. Bon !
- Speaker #2
De toute façon, ils vont faire des autoroutes de l'information.
- Speaker #6
Il y en a déjà pas mal, des informations. Il y en a combien des livres ? Il y en a combien des livres ? Il n'y a que ça, des livres, des livres, des livres. Bon !
- Speaker #4
Baise-moi.
- Speaker #5
Quoi ?
- Speaker #4
Baise-moi. Baise-moi.
- Speaker #5
Quoi ? Non, de...
- Speaker #4
Baise-moi. Bon,
- Speaker #5
qu'est-ce qu'il y a ? Ah bah oui !
- Speaker #4
Ah bah alors, on a le temps ! Si on se dépêche, on a le temps !
- Speaker #2
Et ça, ça aurait pu faire une heure, deux heures, évidemment. Le plus difficile, c'était de faire des choix. Mais euh... En le faisant, parce que techniquement, je me suis posé la question de si je pouvais utiliser de la vidéo. Et je me suis dit que c'est plus simple de faire que du son. Et en fait, ça m'a... Pourtant, j'ai beaucoup vu, aimé, comme énormément de gens, toute cette période-là. Il m'est apparu quelque chose sur... Je trouve que c'est intéressant de ne pas avoir l'image. Pourtant, l'image était, on s'en souvient tous, très forte. Mais quand on n'a que le son, on se rend compte à quel point il y a quelque chose de... tous ces comédiens, dont vous, mais aussi Yolande, Olivier Saladin, etc. Il y a un truc du rythme qui est incroyable.
- Speaker #3
Mais oui, c'est ça qui est souvent intéressant, c'est souvent sur des contrepoints. Par exemple, je me souviens que quand je faisais des sketchs avec François Toumarquin, par exemple, le but c'était qu'il ne dise pas un seul mot. Et que moi je tournais autour jusqu'à ce que... Et on cherchait comme ça les sketchs, on les refaisait plusieurs fois jusqu'à ce qu'on trouve justement la bonne musicalité. Souvent l'humour c'est une question musicale quand même. A chaque fois c'est parce que ça tombe bien pile au bon moment que ça fait rire et que ça provoque une surprise. Mais on peut s'arranger pour rendre pénible des... des choses drôles, écrites pour l'humour. Si on les joue mal, si on les joue complètement dérythmées, ça peut être une catastrophe. Et de la même façon, je trouve qu'on peut rendre drôles des choses qui ne sont pas forcément très marrantes au départ. Et dans le fond, j'ai un goût aussi pour ces textes-là qui sont assez mystérieux et qui ont un humour dont on ne se rend pas forcément compte au moment où... où on découvre le texte sous la couette. Je vais reparler de Dubillard, mais de temps en temps, quand on est dans l'intimité de Dubillard, on n'entend que la profondeur, que le désespoir. Et ce désespoir, cette profondeur-là, sur scène, quand elle est exprimée dans le bon rythme, ça devient des machines de guerre. Je trouve que c'est le mystère de l'interprétation que je... recherche.
- Speaker #2
Et justement à propos de ça, puisqu'il est aussi question de musique, parce que je sais que c'est quelque chose qui... je continue le vouvoiement parce que j'ai décidé de faire Jacques Chancel jusqu'au bout... un petit extrait de Poiré-Serraut, juste pour le plaisir. ...
- Speaker #5
ainsi par exemple si vous avez le feu dans un orchestre, ce qui arrive malheureusement encore trop souvent...
- Speaker #7
Le feu dans un orchestre ?
- Speaker #5
Le feu dans un orchestre.
- Speaker #7
C'est bizarre, je n'ai jamais entendu parler de ça.
- Speaker #5
Si, ça arrive. Les hautbois, les hautbois à l'été. Qui chauffent alors ? Qui chauffent.
- Speaker #7
Ah oui.
- Speaker #5
C'est d'ailleurs pour ça qu'on interdit de fumer en jouant du hautbois. C'est interdit.
- Speaker #7
De toute manière, je ne pense pas que ce soit très pratique de fumer en jouant du hautbois.
- Speaker #5
Ce n'est pas pratique, c'est interdit. On ne doit pas fumer en jouant du hautbois. Oui, d'accord.
- Speaker #7
En dehors de l'intellection, ça ne doit pas être très facile de fumer en jouant du hautbois.
- Speaker #5
Il n'y a pas de facilité ou pas. on ne peut pas, on ne doit pas fumer aujourd'hui au point de vie. Oui,
- Speaker #7
mais je comprends bien, je ne suis pas bouché à ce point-là. Je dis, je ne vois pas quelqu'un...
- Speaker #2
Oui, mais vous n'allez pas avoir quelqu'un avec un au bois et une cigarette, on ne doit pas. Je vous dis, vous n'allez pas faire ce genre de réflexion. Alors ça justement, là, musicalement, je ne parle pas du fond, mais des deux.
- Speaker #3
La musicalité, l'absurde, l'engagement des deux aussi. Et là aussi, le rapport entre les deux. Je trouve, moi j'ai beaucoup aussi d'admiration pour Jean Poiré, parce que comment il amène l'autre à s'énerver de cette façon-là, c'est génial. comme Michel Serrault.
- Speaker #2
pour moi c'est un sommet de l'humour je me lasse jamais d'écouter du Poiré Serraut justement par rapport à ce que vous disiez juste avant on est sur un truc qui peut-être lu à plat et pas si drôle que ça il a remis son obstination à dire non mais vous avez pas compris c'est interdit ça
- Speaker #3
c'est un de mes plus grands regrets je crois que pour mes 10 ans j'avais eu un 45 tours de Poiré Serraut j'avais écouté ça et je n'avais absolument rien compris et je l'ai remplacé Merci. pour un disque de Jacques Baudouin. C'était bien aussi, mais rétrospectivement, j'ai un petit regret.
- Speaker #2
Et donc, après la longue et très spectaculaire période des chants Macaïev des chiens, vous démarrez des spectacles que vous écrivez vous ?
- Speaker #3
Oui, je fais un spectacle qui s'appelle Les habits du dimanche, que je joue 350 fois, je crois. que je joue à la Renaissance, notamment à Paris et puis partout en France. Et je l'arrête à un moment donné parce que je me dis que si je continue ce spectacle, je n'en ferai qu'un seul. Donc je me suis un peu obligé à l'arrêter pour essayer d'avoir d'autres idées, pour faire d'autres choses.
- Speaker #2
Et c'est à ce moment-là... Est-ce que vous écriviez déjà avant, mais vous n'étiez pas dit, je vais écrire... Par exemple, pendant toute la période des chants, est-ce qu'il y a déjà cette envie-là ? J'écris un peu,
- Speaker #3
oui. J'écris un roman qui s'appelle Meux. Ah, c'est à ce moment-là ? Oui, j'écris un peu comme ça, oui.
- Speaker #2
Et les premières chansons ou textes de chansons, ils sont écrits quand ?
- Speaker #3
En fait, c'est... J'adore la chanson depuis toujours. J'aime bien les chansons à texte. J'aime bien Brassens, Moustaki et tout ça, et Nougaro et tous les autres. Et c'est Reinhard Wagner qui me propose le soir de la dernière des précieuses ridicules d'être chanteur parce qu'il a écrit des chansons avec Roland Topor. Et il me fait écouter ses chansons qui sont formidables. Cane Baquet notamment a chanté, par exemple, elle en a chanté certaines, et j'adore ça, mais je lui dis, seulement moi je ne suis pas chanteur, donc je ne veux pas être l'homme de la situation. Mais j'aimais beaucoup ses mélodies, et je lui dis, j'aimerais bien essayer d'écrire des chansons, donc si je te donne des textes, est-ce que ça pourrait t'amuser, etc. Et on a commencé à écrire des textes de chansons comme ça à ce moment-là.
- Speaker #2
Et comment démarre France Inter ? Comment ça se passe ?
- Speaker #3
Je pense qu'on avait fait des... Non. Moi, à France Inter, je fais des chroniques dans l'émission de Stéphane Bern ou de Laurence Boccoli. Je suis contacté par Laurent Ruquier pour faire partie de sa bande à la fin des années 90. Mais je ne suis vraiment pas libre parce que je suis tout le temps en tournée. J'aurais pu m'amuser à le faire. et puis moi j'avais envie d'écrire alors que dans ces émissions-là, c'était plutôt avoir de la répartie comme ça. Moi, j'aurais de la répartie quand je joue un personnage, mais je ne suis pas sûr qu'en tant que moi-même, j'aurais su le faire. Et donc, après, on m'a proposé de... Donc, il y a eu les déchets avant tout ça, donc je commence à être repéré. Et on me propose d'écrire des chroniques dans l'émission de Stéphane Bern, et je fais ça pendant deux ans, deux fois par semaine. Voilà.
- Speaker #2
Avec notamment le portrait de Devos qu'on va retrouver bien plus tard dans le spectacle, c'est ça ? Il est invité ?
- Speaker #3
Il est invité, oui. Peu de temps avant ses 80 ans, j'imagine une rencontre entre Dieu et Raymond Devos. Et ça lui plaît, il me demande si je peux venir refaire le texte à l'occasion d'une émission sur le service public. Quelques jours après, pour ses 80 ans.
- Speaker #0
Très bien. Et donc là démarre un peu plus tard les chroniques du vendredi depuis
- Speaker #1
2009. Ça oui, c'est beaucoup plus tard. C'est quand Philippe Vall est devenu directeur de France Inter. Parce que Philippe Vall faisait lui-même des chroniques le vendredi et je remarque que personne ne s'en souvient. Donc j'imagine qu'elle ne devait pas être très bonne.
- Speaker #0
Pourtant j'ai bossé vachement.
- Speaker #1
donc il me propose de faire ça à l'époque c'était à 8h moins 5 et donc moi j'habite en banlieue je me dis ça va me faire lever très tôt et puis je me suis dit comme exercice c'est pas mal et il me dit surtout à l'époque il a dû le regretter après que j'étais même pas obligé d'être drôle c'est à dire c'était 3 minutes de liberté absolue sur ce que je voulais chaque semaine et je me suis dit quand même 3 minutes à la radio de liberté, peut-être que ça ne se refuse pas. Et j'en ai profité.
- Speaker #0
Effectivement, c'est très souvent drôle, mais ça ne l'est pas tout le temps.
- Speaker #1
C'est même des fois chiant.
- Speaker #0
Oui, c'est comme la vie. Il n'y a pas le truc de l'humour à tout prix et de la chronique qui doivent nécessairement...
- Speaker #1
J'ai vraiment écouté ce qu'il m'a dit, c'est-à-dire 3 minutes de liberté. Et ce que j'aime bien, moi, ce qui peut m'agacer parfois chez certains humoristes, c'est... C'est quand c'est un robinet avec toujours le même esprit, chaque semaine ou chaque jour, et au bout d'un moment, ça me fatigue. Alors ce que j'ai essayé de faire, c'est que ma chronique ne ressemble pas forcément à celle de la semaine d'avant. Il y a des gens qui ont des colères, moi je n'ai pas des colères toutes les semaines, mais je peux en avoir de temps en temps. Et quand j'ai une colère, j'essaie de l'exprimer. Quand j'ai envie d'être léger, parce que je trouve que personnellement j'en ai besoin, j'essaie d'apporter de la légèreté ou de l'absurdité. ou défendre un bouquin, un film qui m'a plu et que j'ai envie de partager. Une liberté absolue.
- Speaker #0
François Morel, c'est à vous. Ibrahim Maalouf,
- Speaker #1
Marek Alter, Tristan Zara, Marjan Satrapi, Vasily Kandinsky, Johan Sfar, Edouard Domané, Konstantinos Gavras, Costa Gavras, Omar Sy. Zinedine Zidane, Zougou Harou, Fujita, Pablo Picasso, Fernando Arabal, Amedeo Modigliani, Tare Benjeloun, Vive la France, Vive la France, Vladimir Kosma, Tcheki Kario, Romy Schneider, Chaim Soutine, Jane Birkin, Kari Madelli, Rudolf Nureyev, Zinedine Soualem, Milan Kundera, Tony Parker, Vive la France ! Vive la France ! Comme si je n'existais pas ! José Garcia, Golshifte Farahani, Pio Marmaille, Ramzi Bedia, Reda Kateb. Vive la France, vive la France. Jean-Gauré Nart. Vladimir Yankelevitch, Misak Manouchian, Bedi Charef, Nabil Fekir, Kateb. Yacide, Ridi Pan, Abdelatif Keshich, Jamel Debbouze, Leila Slimani, Samir Badja, Ahmed Beraber, Riyad Satouf, Barbet Schroeder, Absa Tou, Si Tou. Vive la France ! Vive la France !
- Speaker #0
C'était une chronique de 2018, septembre 2018.
- Speaker #1
C'était après une sortie d'Éric Zemmour sur une jeune femme qui avait gardé son nom d'origine et qui était française. Et j'avais le souvenir de... J'avais commencé un texte quelques temps avant, justement, sur tous ces gens qui avaient fait la France et qui ne portaient pas forcément un nom français. Et je trouvais que c'était une façon élégante de répondre à Éric Zemmour sans citer son nom et en étant reconnaissant à tous ces gens-là qui ont fait la France. Notamment ici, on est dans une maison où plein de chanteurs ont eu des doubles nationalités, où on venait de pays proches. La maman de Georges Brassens était italienne, Jacques Brel était belge. Il est offert et venait de Monaco.
- Speaker #0
Monaco, oui.
- Speaker #1
Donc, voilà, c'était plutôt une... J'ai senti, mais peut-être aussi grâce à Django Reinhardt, parce que sa Marseillaise est absolument merveilleuse, il y avait une tension et une émotion dans le studio très palpable.
- Speaker #0
Là, je vais dire tu, parce que c'est absurde.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Ce moment où d'un seul coup, tu dis... ça y est j'ai ma chronique et des fois c'est on est au restaurant on discute entre nous d'un sujet et il y a un mot qui passe et j'ai l'impression que des fois une chanson ça s'écrit comme ça aussi ah oui il faut tirer sur un fil quoi on sent que c'est le bon fil et qu'on y attient ça ouais j'ai entendu c'est juste la juxtaposition de deux images ou une façon parce que je sais que par ailleurs tu aimes beaucoup le dessin sans paix et tous les dessins de presse et je trouve qui a une similitude, c'est souvent Un bon dessin, c'est immédiat. C'est un angle de vue sur une question qui peut être un sujet très banal. Ça peut être l'amour, ça peut être les amis. Ce n'est pas le sujet en soi qui fait l'intérêt de la chanson ou de la chronique, mais c'est l'angle. Et là, de ce point de vue-là, j'ai l'impression que parfois les chansons se trouvent comme les chroniques.
- Speaker #1
Oui, et puis ce sont des formes courtes. Donc c'est essayer de raconter un maximum de choses.
- Speaker #0
Moi, j'ai l'impression qu'il y a ce truc de l'art de l'ellipse. L'art de dire beaucoup avec juste très peu, mais tout le monde comprend tout ce qu'il y a autour. Alors, concernant la chanson, c'est le quatrième temps qui arrive. Vous faites le premier, tu fais, je ne sais plus, collection particulière avec Reignard Wagner. Et c'est d'abord, il y a un disque, mais c'est d'abord un spectacle. Et moi, je l'ai vu. C'était assez théâtral.
- Speaker #1
Ah oui, c'était vraiment le point de départ. Je me souviens très bien que Renard Wagner était copain avec Jean-Michel Ribbe. Il lui a parlé du fait qu'on écrivait des chansons ensemble. Il devait trouver, Renard, que certaines étaient pas mal. On avait dû en faire une dizaine. Jean-Michel m'a dit, pourquoi tu ne viens pas les chanter à la salle Jean Tardieu, ces 200 places en bas au théâtre du Rond-Point. Et je lui ai dit tout de suite, oui, si tu fais la mise en scène, parce que j'imaginais qu'il y aurait quelque chose de très théâtral et je ne me sentais pas tout à fait capable d'être chanteur, mais je pouvais jouer le rôle d'un comédien qui essaie d'être chanteur. Donc, avec la théâtralité, j'avais l'impression que je pouvais arriver à proposer mes chansons. Et puis, on l'a fait pas mal de fois. On s'est bien amusé. Et après, je me suis dit, mais peut-être que je pourrais en faire d'autres. Et puis après, je t'ai rencontré, je vous ai rencontré, et grâce un peu à Juliette. En fait, on s'était rencontré, où je vous avais fait la même réponse qu'à Reinhardt au départ. Oui, je ne suis pas le tenteur. On m'avait apporté une chanson quand je faisais les habits du dimanche au théâtre de la Renaissance.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et je l'avais écoutée dans ma voiture en rentrant, et je l'avais trouvée très jolie, mais j'ai dit, pauvre gars. Il a pris le mauvais cheval. Il va essuyer un refus. Et on s'est retrouvés après grâce à Juliette.
- Speaker #0
Grâce à Juliette, oui. Mais je voulais quand même juste évoquer tous les à-côtés qui n'en sont pas. C'est-à-dire, notamment tout le travail sur la voix. J'ai fait un petit montage de tout ce que tu fais en voix qui ne sont pas tes propres chroniques. C'est un bestiaire.
- Speaker #1
Depuis toujours, la vie triomphe et s'épanouit. Voici l'histoire de cette terre peuplée d'espèces étonnantes, émouvantes, qui perpétuellement se réinventent pour se faire une place sur notre planète.
- Speaker #2
Wesh, cousin, balance le son ! Tu m'as pris pour un bouchon, mais maintenant tu flippes ! Rentre-toi dans la place et t'as de pro-hôpital ! Est-ce que t'es venu chez moi pour faire la taupe ?
- Speaker #1
« Mais quel genre d'oiseau es-tu donc qui ne sait voler ? » dit-il en haussant les épaules. À quoi le canard répondit. « Quel genre d'oiseau es-tu, toi qui ne sais pas patiner ? » Être une vache, rien qu'une vache. Être dans son champ, ne rien faire. Ruminer, passer des journées entières à ruminer.
- Speaker #0
« Moi, je n'ai pas de nom. Mais sur le port d'Alger, dans la Casbah, on m'appelle le chat du ramain. »
- Speaker #1
« Chez deux garçons,
- Speaker #2
ils ne se pâ... » pas grand-chose entre 8 et 10 ans. Mais à 12 ans, ce sont ses mains et ses pieds qui grandissent en premier, puis les jambes, le dos, et enfin le nez et les oreilles se développent.
- Speaker #1
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français à se mettre en rapport avec moi.
- Speaker #2
Le chien qui vient pour rien lécher les pieds fanés du vieux boiteux ganteux qui partage sa vie.
- Speaker #0
Bon, c'est un bestiaire, mais plus le général de Gaulle, c'est pas trop. J'ai pas pu. Il y avait des extraits des films animaliers.
- Speaker #1
Qui ont été faits à l'initiative de Caroline Glorion. C'était des films de la BBC.
- Speaker #0
Vous dites souvent Gloire à Glorion. Il y avait un petit extrait mais comme vous dites taupe, je l'ai mis, de Baron Noir. Il y a la chanson à la fin Le Chien, c'est un texte de Pierre Desproges.
- Speaker #1
qui avait été mis en musique à l'époque par Antoine Salaire.
- Speaker #0
Absolument. Donc c'est pour ça que je l'avais dans mon ordinateur, c'était facile, qu'on avait fait juste pour une soirée hommage à France Inter. Il y a Le Professeur Moustache, ça c'est la série pour Arte, tu mourras moins bête. Il y a Rente en plan, quand même, très important. Là c'est de nouveau le comédien.
- Speaker #1
Je ne sais pas très bien, mais l'autre fois, j'ai joué à côté de Lyon, à Caluire et Cuir. Il y avait des parents qui se sont venus avec une petite fille de 13 ans. Et très vite, au début du spectacle, la petite a dit à ses parents, le monsieur, c'est Rantanplan. Donc, elle m'avait reconnu de Rantanplan. Je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle pour moi. Normalement, je n'essayais pas d'évoquer Rantanplan dans le personnage que je joue dans l'art.
- Speaker #0
Non, c'est assez loin. J'ai vu les deux, c'est assez... Mais en même temps, il y a ce truc, je crois que c'est Michel Serres, il disait qu'il y a les gens verticaux et les horizontaux. Il a fait une théorie là-dessus. Les gens verticaux, c'est des gens qui creusent toujours plus profond la même chose. Et puis il y a les gens qui disent un peu tout le temps la même chose, mais en...
- Speaker #1
Je ferais partie de la deuxième catégorie.
- Speaker #0
Vous êtes résolument un horizontal.
- Speaker #1
Et j'ai beaucoup d'admiration pour les verticaux. C'est vrai. Je trouve éminemment poétique le clown Grock qui a fait le même numéro toute sa vie, ou justement Chaval qui a cherché toujours le trait le plus simple pour exprimer le plus de choses. Mais on n'échappe pas à ce qu'on est.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Je vous en prie.
- Speaker #3
Parcours croisé, un podcast de la SACEM, réalisé en public.