Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Estime-toi, le podcast qui explore la confiance et l'estime de soi sous toutes ses formes. Ici, je m'adresse à toutes celles et ceux qui traversent des remises en question ou des transitions de vie personnelles ou professionnelles. Mon intention avec ce podcast est simple, vous donner des clés pour mieux vous connaître afin de mieux vous estimer. Parce que de mon point de vue, c'est le fondement de l'épanouissement et le moyen de trouver enfin sa juste place. Bonjour à vous. Désolée pour la voix un peu éraillée. Aujourd'hui, j'ai envie d'aborder un sujet qui me touche de très près, le fait d'être dur avec soi-même. Et avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais poser un peu de cadre. Dans cet épisode, je vais parler de choses un peu sensibles, potentiellement de violences psychologiques, de dureté intérieure. S'ils sont des thèmes qui vous touchent de près, je vous invite vite à vraiment prendre soin de vous en m'écoutant, si besoin de faire des pauses, et surtout de ne pas oublier que si ces choses sont vraiment douloureuses, cela peut justifier un accompagnement thérapeutique. Donc n'hésitez pas, allez vous faire aider par un professionnel du domaine. Dans cet épisode, mon intention, ce n'est pas de vous bousculer, mais c'est de vous amener justement à mettre un peu de douceur et de compréhension sur quelque chose qui justement manque souvent de douceur. Alors pourquoi cet épisode ? J'ai envie d'enregistrer cet épisode parce que plusieurs fois ces dernières semaines, des personnes m'ont dit « tu es dure avec toi-même » . Et ma première réaction était de me dire « oui, je le sais » . Et alors, j'ai toujours été exigeante avec moi-même, rien de nouveau. Et puis, comme la remarque est revenue plusieurs fois, j'ai fini par me poser des questions. Me dire finalement, d'où ça vient cette dureté ? À quel moment c'est devenu normal de me traiter comme ça dans ma tête, de manière intraitable ? Et puis, surtout de me demander finalement, en quoi ça m'aide ? Et est-ce que ce n'est pas plutôt générateur de souffrance ? En creusant, j'ai réalisé qu'il y avait au moins deux éléments dans mon histoire qui pouvaient l'expliquer. Et chacun son histoire, c'est certainement d'autres choses pour vous, mais en tout cas chez moi, potentiellement deux événements ou deux périodes de ma vie. La première, c'est liée à la relation avec mon père. Mon père, il était plutôt, on va dire, violent psychologiquement. Il avait une façon très dure de nous parler, à mes frères et moi. Il avait plutôt des paroles rabaissantes, alors pas tout le temps, mais plutôt des paroles rabaissantes, un regard assez critique et assez peu de douceur. Et je présume que quand je recevais ça en tant qu'enfant, je n'avais certainement pas la capacité à prendre du recul. Entre temps, j'ai compris que mon père avait ses propres blessures, ses propres limites et qu'il avait ses propres raisons pour nous parler comme ça. Il parlait sûrement de lui, en fait. Mais à l'époque, quand j'étais petite ou même ado, je pense que j'ai pris ce qu'il me disait pour argent comptant. Et je pense que petit à petit, j'ai fini par intégrer ce regard dur sur moi-même. Ce regard qui disait que je n'étais jamais assez. Et j'ai l'intime conviction que j'ai emporté une partie de cela avec moi dans ma vie d'adulte et que ça continue à me suivre. Ce n'est plus mon père qui me dit des choses dures. Mais c'est moi-même, sans même en avoir conscience. Et c'est ce dont j'ai pris conscience justement ces dernières semaines avec les remarques qui m'ont été faites par mon entourage. Alors peut-être que ça vous parle, peut-être que vous vous dénigrez aussi intérieurement. Peut-être que parfois vous vous traitez de nul, de pas assez. Et peut-être qu'en prenant un tout petit peu de recul, vous pouvez identifier une voix du passé, quelqu'un que vous avez rencontré qui vous dénigrait. Alors ce peut être un parent, un prof, un ex-conjoint, un ex-petit ami. un ex-manager ou un manager actuel. On en a d'ailleurs parlé dans l'épisode précédent avec Julien, qui est philosophe et qui avait eu une phrase très dure de la part d'un de ses profs de philo qui lui est resté pendant longtemps et qui lui reste encore. Alors, à ce stade, je vous propose de vous demander comment est votre discours intérieur ? Est-ce qu'il est parfois dur avec vous-même ? Et si c'est le cas, d'où vient-il ? Qui est la personne dans votre passé qui potentiellement vous a... à parler de manière dure et intraitable. J'ai l'intime conviction que prendre conscience de cela, c'est déjà un super début. Se rendre compte que ce qu'on se dit soi-même n'est pas toujours la vérité. C'est parfois une croyance, c'est parfois quelque chose qu'on a appris et que cette phrase peut venir du passé et de quelqu'un du passé. Le deuxième élément, je pense, qui a influé sur cette dureté envers moi-même, c'est, je présume, ce besoin d'être indépendante financièrement que j'ai ressenti très tôt, dès l'adolescence. Là aussi, certainement, une conséquence de mon histoire personnelle. J'avais l'objectif assez tôt de ne dépendre de personne, de pouvoir faire mes propres choix et de n'avoir besoin de personne pour pouvoir vivre et mener ma vie. Et pour tenir cette promesse que je me suis faite à dos, je pense que je me suis mis beaucoup de pression, que je m'en suis fait porter beaucoup sur les épaules pour pouvoir réussir, gagner ma vie, être solide et montrer à mon entourage que j'étais capable de gérer seule. Dans ce contexte, bien évidemment, la douceur envers moi-même, elle est passée au deuxième plan. Dans ma tête, je pense que je me suis plus souvent dit « tu ne dois rien lâcher, que sois douce avec toi-même » . C'était comme si la seule façon de me mettre en sécurité et d'être libre, c'était d'être intraitable avec moi-même. Alors peut-être que vous aussi, dans votre histoire personnelle, vous vous êtes rendu intraitable avec vous-même et que vous avez complètement perdu cette douceur que l'on se doit et que cette douceur a... petit à petit complètement disparu. Alors ça, c'est mon histoire. Voilà, chacun la sienne. Mais ce que je vois, moi, dans mes séances de coaching, c'est que la dureté, elle vient souvent du passé, souvent de l'éducation et des messages qu'on a reçus enfant. Elle vient aussi de la culture de performance dans laquelle on a été éduqués. Et vous savez tous qu'en France... Cette culture de la performance nous joue des tours. Elle peut venir d'expériences que l'on a vécues, des expériences de honte ou de rejet, et de croyances. La croyance que si je ne suis pas assez dure avec moi-même, je ne vais pas y arriver, je ne serai pas assez performant. Donc oui, si vous avez entendu souvent dire quand vous étiez petit « tu peux mieux faire » , ce n'est pas assez. Si vos efforts n'étaient pas vraiment reconnus, vous avez pu grandir avec l'idée que pour mériter quelque chose, Il faut être dur avec soi-même. Du coup, dans cette société, dans cette éducation, où l'on vous amène à vouloir en permanence réussir, la dureté peut devenir une réelle stratégie. Et la question que je vous propose de vous poser, c'est est-ce que cela marche vraiment ? N'a-t-on finalement pas tendance à s'épuiser, à générer du stress et à abîmer notre propre estime de soi ? Alors, vous êtes nombreux à avoir un critique intérieur. On en parle souvent lors de mes séances de coaching. Et ce critique intérieur n'est pas tout le temps dur. Certains ont un critique intérieur qui est plutôt bienveillant et qui vous amène à prendre du recul, à vous motiver, à essayer de vous dépasser. Mais nombreuses sont les personnes que j'ai en coaching qui ont un critique intérieur qui est dur, qui est exigeant et qui parfois manque de justesse. qui est dur et parfois limite violent. Je vous entends parfois me dire que vous vous dites des phrases comme « tu es vraiment nul » , « tout le monde y arrive sauf toi » . Pour moi, c'est une vraie violence. Donc le problème, ce n'est pas d'avoir un regard critique, parce qu'on en a besoin pour progresser. Le besoin, c'est d'avoir un regard qui parfois devient à la limite du mépris et puis surtout qui parfois tourne en boucle. À force de se dire ces choses-là, on finit même par y croire. Et là, c'est là que l'estime de soi en prend un coup. Je suis bien claire sur le fait que l'estime de soi, ce n'est pas de se trouver extraordinaire tout le temps. On a le droit de se critiquer. Le problème, c'est quand on commence à se parler comme à un ennemi. Dans ce cas-là, c'est très difficile de construire une estime de soi solide et stable. Alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour changer ça ? Et à nouveau ! Je ne dis pas que c'est facile, surtout quand c'est quelque chose qu'on fait depuis l'enfance. Alors, qu'on soit clair, ce n'est pas avec cet épisode de podcast que vous allez complètement changer votre dureté et devenir bienveillant avec vous-même. L'idée, c'est vraiment que vous commenciez à prendre conscience et que petit à petit, vous puissiez changer cet état de fait, changer cette tendance que vous avez à vous critiquer. Mon idée, c'est de... de planter une petite graine qui, petit à petit, va peut-être vous faire changer votre façon de vous parler intérieurement. Alors, je vous propose trois pistes. La première piste, c'est simplement d'observer. Déjà, de regarder comment vous vous parlez, ce que vous vous dites quand vous faites une erreur, ce que vous vous dites quand vous n'avancez pas assez vite ou quand vous avez le sentiment de ne pas avancer assez vite, et ce que vous vous dites quand vous vous regardez dans le miroir, par exemple. Et peut-être commencer par noter ces phrases. Une fois que vous les avez notées, ou que vous les avez notées mentalement, ou même notées par écrit, vous demandez... Est-ce que je parlerais à quelqu'un que j'aime comme ça ? Est-ce que je parlerais à mon meilleur ami comme ça ? Moi, clairement, non. Les phrases que je me dis, je ne les dirai pas, je ne les dirai à qui que ce soit autour de moi. En tout cas, qui que ce soit que j'apprécie. Prendre conscience de ça, c'est déjà faire un énorme premier pas. La deuxième étape, on en a déjà parlé, c'est peut-être de prendre conscience d'où vient cette phrase. Cette façon de me parler, elle me rappelle qui ? Un parent, un prof ? ex-conjoint et prendre conscience que cette voix, ces phrases ne sont pas les vôtres, en tout cas elles ne sont pas les vôtres profondément. Elles vous ont été dites et vous les avez faites vôtres mais ce sont des phrases que vous avez apprises, que vous avez intégrées. Et quand on a appris des choses, la bonne nouvelle c'est que petit à petit on peut les désapprendre et on peut les transformer. La troisième étape, pas la moindre, c'est de commencer à introduire une autre voix, une voix plus bienveillante. Introduire cette voix, ça veut dire commencer à transformer ce que vous vous dites. Alors ça peut être inconfortable, parce qu'au défaut, on a l'impression que si on se parle moins durement, on va se ramollir, on va se laisser aller. Mais je vous assure que si vous amadouez, si vous rendez plus doux votre critique intérieure, vous serez loin de vous laisser aller. Faire preuve d'un peu plus de compassion avec soi, c'est reconnaître que l'on est humain, que l'on mérite du respect. même quand on a raté des moments. Alors, prenez un peu de temps, lorsque vous vous rendez compte que vous êtes durs, pour reformuler certaines de vos phrases. Au lieu de vous dire « j'ai été nul » , de vous dire « j'ai fait de mon mieux » . Au début, peut-être que ça va sonner faux, mais vous verrez, petit à petit, vous allez prendre l'habitude de vous parler mieux. Et c'est comme quand on apprend une langue, finalement, ça va finir par devenir naturel. Un autre point important, c'est aussi d'ajuster votre niveau d'exigence. Quand on a été habitué à la dureté, à viser la perfection, eh bien, on a du mal à être doux avec soi-même. Donc, ce que je vous propose, c'est d'expérimenter l'idée du suffisamment bien. Dans n'importe quel domaine de votre vie, commencez juste dans un, pas dans tous, soit au travail, soit à la maison, soit dans vos relations. Demandez-vous à quoi ça ressemblerait, pour moi, une version suffisamment bien de moi aujourd'hui. Pas une version parfaite. une version suffisamment bien. Pour ma part, je me rappelle qu'à une époque, j'ai décidé de lâcher la notion de mère parfaite. Et je me suis fixé un objectif qui était de devenir une mère good enough. Et j'ai vu que mon discours intérieur a commencé à changer. J'ai vu que je suis devenue plus douce, plus respectueuse de moi-même en essayant de devenir juste une mère suffisamment bonne pour mes enfants et plus une mère parfaite. Tentez, vous verrez, ça fait baisser la pression et ça diminue la violence de notre critique intérieure. La dernière chose que je vous recommande de faire, et ça revient souvent dans mes épisodes, c'est de soutenir, booster votre estime de vous. Alors je vous ai déjà donné des astuces dans des épisodes précédents, donc n'hésitez pas à les réécouter. Et puis d'autres reviendront parce que, vous l'avez bien compris, je ne vais pas m'arrêter là. Sur un si bon chemin, je vais continuer à faire des épisodes pour vous aider à booster votre estime de soi. Et puis surtout, si vous vous sentez que c'est difficile que vous n'y arrivez pas, n'hésitez pas à me contacter. Moi, je suis là pour ça. Je suis là pour vous aider à booster votre estime de soi. C'est ce qui me fait vibrer, c'est ce qui donne sens à ma vie et je serai ravie de vous aider si vous en avez besoin. Donc pour terminer, je voudrais juste vous inviter à nouveau. à vous poser quelques questions. Comment est-ce que vous vous parlez au quotidien ? Vraiment, dans votre tête, est-ce que vous êtes dur ou est-ce que vous êtes doux ? À qui ressemble cette voix que vous utilisez et ces phrases ? À qui vous font penser ces voix que vous utilisez ? Et si jamais vous aimeriez changer, être plus doux avec vous, commencez à le faire dès maintenant, même un tout petit peu. Vous savez que je prône régulièrement les petits pas. Donc je ne vous demande pas de changer complètement votre dialogue intérieur. mais juste d'identifier un endroit où vous pouvez être plus doux avec vous et accepter d'être non pas parfait mais juste good enough. Voilà, donc à partir d'aujourd'hui, soyez doux avec vous-même et essayez d'être simplement suffisamment bon. Dans mon cas, voir le lien entre mon passé et cette dureté envers moi-même, ça m'a aidée et ça continue à m'aider. Ça continue à m'aider parce que ça m'aide à comprendre que cette voix Je ne suis pas obligée de la croire sur parole. Elle me vient du passé et pendant des années, je l'ai renforcée. Mais j'ai le droit de la remettre en cause et j'ai le droit d'apprendre petit à petit à faire preuve de plus de douceur avec moi-même. Et c'est déjà énorme. Alors parfois j'oublie, et visiblement ces dernières semaines j'ai oublié, mais là je prends l'engagement devant vous aujourd'hui de faire attention et d'être vigilante et être plus bienveillante avec moi dans les semaines à venir. Alors j'ai envie de vous proposer, à la suite de cet épisode, d'être plus doux avec vous-même et peut-être de commencer tout de suite par faire quelque chose qui vous fait du bien. Allez boire un verre d'eau, prendre l'air, aller marcher, alors on est en hiver, mais aller marcher pieds nus dans l'air parce que j'adore faire ça. Ou contacter quelqu'un qui vous fait du bien. Soyez doux avec vous-même. Vous méritez vraiment qu'on vous parle avec respect. Et cela commence par votre dialogue intérieur. Alors je vous remercie encore d'avoir pris ce temps pour vous. Et je vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode d'Estime-toi. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Estime-toi. ... J'espère qu'il vous a donné des clés pour booster votre estime de soi. 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