Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Estime-toi, le podcast qui explore la confiance et l'estime de soi sous toutes ses formes. Ici, je m'adresse à toutes celles et ceux qui traversent des remises en question ou des transitions de vie personnelles ou professionnelles. Mon intention avec ce podcast est simple, vous donner des clés pour mieux vous connaître afin de mieux vous estimer. Parce que de mon point de vue, c'est le fondement de l'épanouissement et le moyen de trouver enfin sa juste place. À la suite du dernier épisode, qui était avec Eliette, et pendant lequel nous avons discuté de la différence de relation à l'estime de soi des hommes et des femmes, j'ai eu envie d'aller un peu plus loin et de regarder s'il est vrai que les femmes ont une estime de soi plus faible que celle des hommes, et d'essayer de comprendre pourquoi. Malheureusement, ça s'avère vrai, et on y reviendra. Vous avez peut-être remarqué qu'on entend plus souvent les femmes dire « J'ai peur de ne pas être à la hauteur que les hommes » . Ces phrases, dans mes coachings, je les entends parfois chez des femmes qui sont brillantes, des femmes talentueuses, investies. Et ces femmes, malgré tout, elles doutent, et il semblerait vrai qu'elles doutent plus que les hommes. Derrière ces mots se cache en effet une réalité profonde, une estime de soi plus fragile, plus mouvante, et plus conditionnée par l'extérieur, par ce qui se passe. à l'extérieur et par le regard des autres. C'est une forme d'insécurité intériorisée que beaucoup de femmes portent sans même en avoir conscience. Alors aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler de pourquoi, malgré les réussites, tant de femmes doutent, et surtout, comment on peut reconstruire une estime de soi plus solide et plus apaisée quand on est une femme. Alors qu'est-ce que dit la science sur le sujet ? Alors les études le montrent clairement. Les femmes, en moyenne, ont une estime de soi plus basse que les hommes. Une recherche a été menée sur près d'un million de personnes dans 48 pays. Et cette recherche montre le même schéma. Dès l'adolescence, les garçons ont une estime de soi plus élevée que les femmes. Et cette différence, malheureusement, persiste à l'âge adulte. Une enquête de la Harvard Business Review l'a confirmée. Les femmes sous-estiment leurs compétences, tandis que les hommes ont tendance, eux, à les surestimer. Vous l'avez déjà sûrement entendu, elles postulent quand elles remplissent 80 à 100% des critères, alors que les hommes, eux, vont postuler à un poste quand ils ont 60% des critères demandés. Et pourtant, les performances réelles sont équivalentes. Alors cette différence, elle n'a rien de biologique. Vous l'avez peut-être déjà... compris dans cette introduction, malheureusement, elle est culturelle et éducative. C'est notre éducation et notre société qui créent cet écart entre les hommes et les femmes. Alors bien évidemment, cela commence dès l'enfance, parce qu'en fait, on ne raconte pas la même histoire aux filles et aux garçons. Repensez-vous à votre enfance, ou peut-être si vous avez des enfants ? réfléchissez à ce que vous dites à vos enfants, ou ce que vous disiez à vos enfants quand ils étaient petits. À vos filles, vous leur disiez très certainement « Sois gentille, fais attention à ne pas déranger, sois polie. » Alors qu'aux garçons, vous aviez peut-être plutôt tendance à dire « Vas-y, ose, ce n'est pas grave si tu tombes. » Et j'en ai pris conscience moi très tôt. Je me suis vue faire avec mes garçons et avec ma nièce, par exemple. Bien évidemment, je ne disais pas la même chose à mes garçons et à ma nièce. La conséquence de ça, c'est qu'on apprend très tôt aux garçons que leur valeur vient de ce qu'ils font, de leurs actions. Alors qu'en fait, on apprend aux filles à se préoccuper beaucoup plus de ce qu'elles sont pour les autres. Dès l'enfance, les garçons reçoivent la permission d'agir. Les filles, elles, reçoivent la permission d'être aimées. Le résultat de ça, c'est que beaucoup de femmes apprennent à se voir à travers le regard d'autrui. Elles développent une estime que l'on va dire conditionnelle. Leur estime monte quand elles ont le sentiment qu'elles plaisent et leur estime va chuter quand elles ont le sentiment qu'elles déçoivent. Et c'est bien ce que décrit le psychiatre Christophe André. Il nous rappelle dans ses livres qu'une estime qui dépend trop du regard et de la validation des autres qui dépend trop de la conformité, est une estime fragile et c'est une estime qui va fatiguer, qui va demander de l'énergie. Donc c'est bien ça la différence entre les hommes et les femmes, c'est que les femmes ont une estime plus fragile et elles se fatiguent plus à la maintenir ou à la développer, parce que c'est une estime conditionnelle qui dépend du regard, de la validation et de la conformité. À l'âge adulte, malheureusement, les femmes sont soumises aussi à un phénomène qui va intensifier cette différence, qui est... ce qu'on pourrait appeler le piège de la perfection. En effet, le schéma se transforme, mais il a toujours le même effet. Les femmes se retrouvent coincées entre souvent plusieurs injonctions, on va dire deux injonctions. Elles doivent être fortes, mais pas trop. Elles doivent être ambitieuses, mais pas dominantes. Elles doivent être disponibles, mais jamais dépassées. Et elles doivent être compétentes, mais rester modestes. Elles sont toujours entre le trop et le pas assez. Cela crée une tension. Cela crée une pression invisible. Cela génère un sentiment d'inéquation. Un perfectionnisme qui va être douloureux. Qui va inciter à essayer de tout bien faire, tout le temps. Alors mesdames, je ne sais pas si vous l'avez ressenti, cette impression qu'il faut tout bien faire. tout le temps. Et en fait, ce désir de perfection va générer de la peur. La peur de décevoir et la peur de ne plus être aimée. Une étude a été publiée dans Psychology of Women Quarterly et elle montre que 7 femmes sur 10 ressentent une pression constante à tout bien faire. Tout bien faire au travail, à la maison, dans leur corps et avec leur corps. Et ça... Vous vous doutez bien que ça nous épuise, nous, les femmes. Pour ma part, cette pression, je l'ai ressentie pendant des années. Pendant des années, j'ai voulu être parfaite dans tout. Parfaite en tant que mère, parfaite en tant que professionnelle, parfaite en tant que fille, parfaite en tant qu'amie. Et surtout, je ne voulais pas me faire aider. Car si je me faisais aider, je n'aurais pas été parfaite. Et je me suis épuisée. Mon corps a fini par appeler au secours. Et il m'aura fallu deux ans, deux ans pour enfin écouter mon corps, l'écouter vraiment et arrêter de vouloir être parfaite dans tout. J'avais envie aussi de regarder un peu ce qui se passe dans le monde professionnel. Et finalement, c'est un lieu, le monde professionnel, où cette fragilité des femmes devient clairement visible. Le milieu professionnel est un espace où la comparaison, la compétition et les codes sont encore très masculins. Un espace où il faut souvent se battre pour exister, parfois même pour parler. Les femmes, elles sont plus sujettes au syndrome de l'imposteur. Ça a clairement été démontré. Elles réussissent parce qu'elles sont aussi compétentes que les hommes, mais souvent elles doutent plus de mériter leur poste. Elles ont le sentiment qu'elles ont eu de la chance, ou que si elles réussissent, c'est parce que les autres ont été bienveillants avec elles. Pourtant, elles travaillent parfois deux fois plus pour prouver ce qu'elles savent déjà. Des études montrent, par exemple, que dans les réunions, une femme doit souvent intervenir trois fois plus pour être entendue autant qu'un homme. Et quand elle s'affirme trop, souvent, on va la juger autoritaire. Et quand elle se tait, on va la trouver qu'elle est invisible. C'est donc une équation impossible pour la femme, ou en tout cas difficile, et qui, là encore, use l'estime de soi. Ce n'est pas que les femmes manquent de confiance, c'est qu'elles évoluent. dans des structures qui valorisent encore la présence, la performance et le culot, plus que l'écoute, la nuance et la coopération, qui sont là plutôt des qualités de la femme. Et cette asymétrie crée une blessure, celle de se sentir à côté du modèle. Beaucoup de femmes ne se sentent pas à leur place dans l'entreprise, elles se sentent à côté. Alors la solution, elle n'est pas... pas de devenir plus dure. Et vous l'avez vu, les femmes qui prennent l'option de devenir dure, de devenir des sortes d'hommes durs et bruyantes, sont souvent critiquées. La solution, ce n'est pas que les femmes changent et se collent au modèle masculin. La solution dans l'entreprise, c'est vraiment de changer le modèle, de bâtir des environnements où la valeur se mesure autrement, où la valeur se mesurerait sur des critères qui seraient plus ceux des femmes. Alors, pour faire changer les environnements de travail, pas d'autre solution que de laisser plus de place aux femmes. C'est pour cela qu'il est important que les femmes soient plus représentées dans tous les échelons de l'entreprise. L'entreprise ne changera pas. et ne sera pas plus adaptée aux femmes si elles ne sont pas plus présentes. C'est vraiment le seul moyen pour permettre que les environnements soient plus adaptés au type de reconnaissance dont les femmes ont besoin. Donc mesdames, il faut que nous continuions à faire notre place en entreprise pour y être plus présentes et pour que le modèle de l'entreprise soit plus adapté à nos besoins et à nos façons d'être et que nous n'ayons pas à nous adapter à ce modèle. La dernière chose est que... Dans la société actuelle, le poids du regard joue aussi un rôle très important. Et il joue un rôle très important sur nous les femmes. Notre époque est celle du montrer, c'est celle du faire semblant, c'est celle de se faire voir, c'est celle de travailler son image. Et malheureusement, les réseaux sociaux sont devenus des miroirs déformants. On y projette un bonheur parfait, des corps parfaits, des vies parfaites, des femmes parfaites. Et malheureusement, ce miroir, il touche plus durement les femmes. Parce que le corps des femmes reste le premier support de jugement. Leur apparence, leur image, leur âge aussi, reste un vrai focus. Être une femme, c'est vivre sous une lumière constante qui éclaire nos corps, qui éclaire nos corps non parfaits, nos corps qui vieillissent. Et ce regard permanent finit par sculpter nos croyances. Des croyances qu'il a encore un paquet de choses à faire. de notre image de nous et donc notre estime de nous. Les croyances que nous avons, nous les femmes, sont « ma valeur dépend de mon image » , « si je déplais, je n'ai pas de valeur » ou « je disparais » . Et sans qu'on s'en rende compte, ces croyances viennent installer le doute de manière discrète et insistante. Tout cela est très sournois. Alors, heureusement, il y a une bonne nouvelle. Et la bonne nouvelle, c'est que tout cela n'est pas une fatalité. On peut changer les choses. L'estime de soi n'est pas figée. Ce n'est pas parce qu'elle a été fragilisée dans l'enfance et qu'elle a continué à être fragilisée dans la vie adulte qu'elle ne peut pas être renforcée. L'estime de soi, j'en ai déjà parlé dans d'autres épisodes, elle se travaille. Elle s'entraîne, comme un muscle. Et surtout, on peut la guérir si on en prend soin. Alors là, je vais lister à nouveau quelques pistes. Rien de nouveau. Rien de bien nouveau, je me répète certainement par rapport à certains de mes précédents épisodes. Mais cela ne fait jamais de mal de le rappeler. Une première piste, mesdames, c'est d'agir. Même un petit geste, parce qu'à chaque petite action, on contredit la peur. Le « je ne suis pas capable » , si l'on se met dans l'action, devient « je l'ai fait » . Et ça, cela fait du bien. Deuxième piste, la compassion et la bienveillance envers soi. Et oui ! Madame et messieurs, parce que les recommandations que je donne valent aussi pour les hommes, mais des chercheurs ont montré que l'autocompassion est le meilleur antidote au perfectionnisme. Je fais de mon mieux et c'est déjà beaucoup. Donc mesdames, mesdames, vous qui êtes mères, vous êtes toutes des mères good enough, des mères qui en font déjà bien assez et c'est déjà beaucoup. La troisième piste pour renforcer votre estime de soi ? C'est redéfinir vos critères de valeur. Ne plus vous demander « est-ce qu'on m'aime ? » parce que ça, ce n'est pas ce qui est important. Ce qui est important, c'est est-ce que vous êtes aligné avec ce que vous voulez être ? Est-ce que vous avez progressé par rapport à hier ? Est-ce que vous êtes comme vous avez envie d'être ? C'est ce que Christophe André appelle « remettre son estime de soi à sa juste place, à l'intérieur et non plus à l'extérieur » . La quatrième piste ? pour développer son estime de soi, elle est dans le lien. Parce que même si nous, les femmes, nous devrions être moins dépendantes du regard des autres, néanmoins, les autres nous aident à renforcer notre estime de nous quand ces autres nous envoient une image positive. Et souvent, la sororité, les discussions entre femmes, les communautés bienveillantes sont un vrai moteur de développement de l'estime de soi. Des études montrent que le sentiment d'appartenance entre femmes augmente la confiance perçue de 50%. Alors surtout, entourez-vous et entourez-vous de femmes bienveillantes. Parce qu'être vu sans être jugé, ça répare. Et malheureusement, dès qu'il y a des hommes, les femmes se sentent plus jugées. Alors mesdames, passez du temps entre vous et soutenez-vous. Alors pour conclure... Oui, aujourd'hui encore, les femmes doutent plus souvent d'elles-mêmes que les hommes. Mais je tiens à vous rappeler, mesdames, que ce doute n'est pas un défaut. Et surtout, ce n'est pas votre faute. Ce n'est pas votre faute car c'est une trace culturelle. C'est la résultante de l'éducation que vous avez eue et de notre société. C'est la résultante de siècles où la valeur dépendait du regard des autres pour les femmes. Reconstruire son estime de soi, c'est reprendre son pouvoir. Alors reprenons notre pouvoir. C'est se donner l'autorisation de ne plus être la version attendue de soi. mais de devenir sa propre référence. L'estime de soi, ce n'est pas tout avoir compris, tout savoir, ce n'est pas ne plus douter, c'est avancer, même quand le doute est là. Et ça, cette force, les femmes l'ont. Elles l'ont montré au cours des siècles précédents. Alors mesdames, prenez soin de vous, soyez bienveillantes avec vous-mêmes et envers les autres femmes. Vous avez le droit et le pouvoir de prendre votre juste place. Je vous remercie d'avoir écouté cet épisode d'Estime-toi. Si cette réflexion vous a parlé et que vous connaissez autour de vous des femmes qui doutent d'elles, faites-leur suivre ce podcast. Je suis sûre qu'il les inspirera. Merci à vous. Merci d'avoir écouté cet épisode d'Estime-toi. J'espère qu'il vous a donné des clés pour booster votre estime de soi. 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