Speaker #0Hello ! Bienvenue dans Et le monde saura, le podcast de celles et ceux qui s'élèvent. Ici on parle toujours sans filtre, sans jugement, avec beaucoup de douceur pour toi comme pour moi. Et aujourd'hui, on va parler d'un sujet dont presque personne ne parle alors que tout le monde le vit ou l'a vécu à un moment donné. On parle de l'amitié à l'âge adulte. Et surtout, pourquoi est-ce que c'est devenu si compliqué de garder des amis comme de s'en faire de nouveau ? Et pourquoi est-ce qu'on se sent parfois très seul au milieu des gens qu'on aime ? Donc installe-toi confortablement, mets tes écouteurs, ton casque, et on y va. Bon, alors déjà je veux commencer par une chose que t'as peut-être remarqué sans jamais forcément le formuler. À un moment, sans prévenir, plus personne ne t'a dit « Salut, à demain ! » Alors que pendant toute ton enfance, toute ton adolescence et souvent tes premières années d'études, tes amis étaient là souvent par défaut. Tu n'avais rien organisé, tu te levais et hésitais dans le même bâtiment que toi. Donc en soit vous n'aviez pas forcément besoin de vous choisir tous les jours. Parce que le décor vous mettait ensemble. Et puis un jour, ce décor a disparu. Il n'y a pas eu de dispute, pas eu de rupture. Juste des groupes de discussion qui se sont ralentis. Des ouais, faut qu'on se capte, faut qu'on se voit et tout. Qui reviennent tous les deux mois et qui ne se transforment jamais forcément en date réelle. Des gens que tu adorais pourtant ou que tu adores toujours. Et que tu n'as pas revu depuis des mois et des mois. Moi j'ai compris ça un dimanche soir, bêtement. J'avais envie de voir une ancienne copine. Sans raison particulière, juste j'avais besoin de compagnie. J'ai ouvert mon téléphone, j'ai fait défiler nos conversations. Et je me suis rendu compte en fait que pour chaque personne... Il fallait limite maintenant caler un créneau, vérifier son planning, décaler 2-3 fois, s'excuser. En fait, plus rien n'est vraiment spontané. Alors je me souviens avoir reposé mon téléphone sans écrire à cette copine, ni à personne d'autre d'ailleurs. Et en fait, je me suis sentie bizarrement triste, sans savoir mettre de mots dessus. Et si t'as déjà vécu ce moment-là, alors cet épisode est fait pour toi. Aujourd'hui, on va parler de ce qui change vraiment dans l'amitié quand on passe la vingtaine. de la solitude qu'on n'ose pas forcément nommer et surtout de comment reconstruire de liens réels sans forcer et sans culpabiliser. La première chose à poser, parce que je pense que ça va déjà t'enlever un poids si tu trouves ça plus dur qu'avant, c'est pas parce que t'es devenu moins intéressant, moins sociable ou alors tout simplement mauvais en amitié. Tu vois par exemple, j'ai vu une étude sur des chercheurs qui travaillent sur les liens sociaux et ils disent souvent qu'une amitié a besoin de trois ingrédients pour naître et tenir. Le premier, ça va être la proximité, donc être physiquement au même endroit. Le deuxième, la répétition, soit se croiser souvent sans forcément avoir à le décider. Et le dernier, des moments de vulnérabilité partagés où on va avoir plus de moments où on va pouvoir se dire des vraies choses et se confier. Et quand tu regardes ta vie aujourd'hui, est-ce que ces trois ingrédients, tu les as encore ? Alors... La proximité, souvent non. Parce que les gens déménagent, changent de ville, parfois de pays. La répétition, non plus. Il faut maintenant un message, un créneau, un déplacement. Et enfin, la vulnérabilité. Elle demande du temps. Alors que les retrouvailles sont devenues si rares qu'on passe le peu de temps qu'on a à faire le rattrapage des nouvelles, le résumé des six derniers mois sans jamais arriver au creux des choses. Donc forcément, l'amitié va changer. Avant, t'étais limite donnée, maintenant, faut la choisir. personne nous a vraiment prévenu ou nous a averti de ce changement-là. Après, il faut aussi dire qu'on arrive dans une décennie où tout le monde bouge un peu en même temps. Autour de toi, dans la même année, t'as à la fois quelqu'un qui commence un travail qui l'épuise, et puis... Quelqu'un qui part vivre ailleurs, quelqu'un qui se met en couple sérieusement, quelqu'un qui devient un parent, quelqu'un qui traverse quelque chose de dur dont il ne va pas forcément parler. Et en fait, ce ne sont pas des gens qui t'abandonnent, c'est juste que chacun voit sa vie changer et c'est des vies qui s'accélèrent dans des directions différentes. Par exemple, j'ai un ami à moi, quelqu'un de vraiment proche, on se parlait tous les jours. Quand je dis tous les jours, c'est tous les jours. Il est parti vivre à l'étranger pour travailler. Et en fait, pendant six mois, j'ai très... mal pris son silence. Je me disais, bah voilà, il a une nouvelle vie, il m'a oublié, on se parle plus, j'ai plus de nouvelles quasiment. Et puis en soir, on a fini par s'appeler. Vraiment pendant une heure et demie. Il m'a dit qu'il avait pensé à moi des dizaines de fois, mais qu'à chaque fois il se disait, ça fait trop longtemps, je vais juste avoir l'air de débarquer comme ça de nulle part. Et en fait, je me suis rendu compte qu'on était deux, chacun de son côté à croire que l'autre s'était détaché. Mais en fait, personne ne s'était détaché, on avait juste tous les deux attendu que ce soit l'autre qui commence. Et retiens ça, parce qu'on va y revenir plus tard, mais la plupart des amitiés ne meurent pas forcément dans un conflit. Elles vont mourir doucement, mais sûrement d'un silence que les deux personnes vont interpréter chacune de leur côté. Maintenant, on va parler de ce que ça fait à l'intérieur. Parce que c'est là que ça devient délicat. Il y a une solitude particulière à cet âge-là, dans la vingtaine, qui n'a rien à voir avec le fait d'être réellement seul. Tu vois, tu peux avoir des collègues, une famille, une relation, un milliard de contacts dans ton téléphone, et pourtant, tu vas quand même sentir qu'il n'y a personne à qui tu peux envoyer un message à 23h, juste pour lui dire « Ouais, ça va pas trop ce soir » . Et je pense que le plus dur, c'est qu'on a simplement honte de le dire. En vrai, tu peux te l'avouer, il y a quelque chose de gênant à admettre à 20, 22, 23, 28 ans qu'on se sent seul. Et pourtant, il n'y a rien de honteux, mais juste on a l'impression que ça veut dire quelque chose de nous. Que si on n'a plus de bande de potes, c'est qu'on a raté un truc que les autres, eux, ont réussi. Alors on ne se le dit pas. Et comme personne ne se le dit, chacun croit être seul dans ce cas-là. Alors qu'en réalité, on est probablement une bonne majorité à vivre exactement la même chose en silence, en même temps. Et après, il faut se le dire. Les réseaux sociaux ne nous aident pas beaucoup sur ce point-là. Tu vois des soirées, tu vois des week-ends entre potes, tu vois des tables de 10 personnes au resto qui rient. Mais ce que tu vois pas, c'est que ces images-là, c'est des moments précis, des exceptions filmées et pas des quotidiens. On ne voit jamais les 6 semaines sans nouvelles entre les deux photos, tu vois. Et après, il y a aussi un deuil dont on ne parle jamais. C'est le deuil des amitiés qui s'éteignent sans raison. Tu vois, une rupture amoureuse, on a un mot pour ça, on a le droit d'être triste, les gens vont comprendre. Mais quand t'as une amitié de 10 ans qui s'arrête doucement, sans dispute, y'a pas de mot, pas de rituel, pas de... de permission d'avoir mal. Et pourtant ça fait mal. Ça mérite d'être reconnu comme une vraie perte. Par exemple, y'a une personne avec qui j'ai... J'ai partagé plusieurs années de ma vie. C'était vraiment la copine qui savait tout, à qui j'avais pas vraiment besoin d'expliquer quoi que ce soit. Et on s'est jamais disputé. Vraiment c'était la caractéristique de notre amitié, on se disputait jamais. Et je saurais pas te dire quand est-ce que ça s'est arrêté. Un jour, j'ai juste réalisé qu'on s'était pas parlé depuis un an, et que ni elle ni moi n'avions rien fait de particulier. Et en fait, ça m'a limite fait plus de peine qu'une rupture amoureuse. Et j'ai mis très longtemps à m'en rendre compte et à m'autoriser à le verbaliser à voix haute. Et puis après, il y a l'autre côté, dont on parle encore moins, c'est les amitiés qu'on garde alors qu'elles nous coûtent quelque chose. Parce qu'on se connaît depuis longtemps, on se connaît depuis 5, 10, 15 ans, et qu'on se sent un peu... un peu redovables. Parce qu'on se dit, couper ce lien, ce serait un peu les trahir. En fait, c'est ces liens où tu es toujours celui qui écrit, celui qui écoute, celui qui fait le déplacement. Et en fait, tu ressors plus vidé de ton énergie que rempli d'autre chose. Et ça, je vais te le dire clairement, la loyauté, c'est certes une très belle valeur. Mais la loyauté envers un souvenir, c'est pas la même chose que la loyauté envers une personne qui est encore vraiment là pour toi aujourd'hui. Alors qu'est-ce qu'on fait concrètement ? Bah, premièrement, on accepte d'être celle ou celui qui l'initie. Je trouve que c'est le point le plus important à retenir du moins de tout cet épisode, parce qu'on passe des années à attendre en se disant, si je compte pour lui, il m'écrira. Mais tout le monde attend en même temps et au final, personne ne s'écrit. Écrire en premier, proposer en premier, ce n'est pas forcément être en demande. Je pense que c'est juste avoir compris avant les autres que l'amitié en tant qu'adulte, ça ne se maintient plus toute seule. C'est honnêtement dans les 9 cas sur 10, la personne en face qui va être soulagée que quelqu'un ait osé initier. Deuxièmement, je pense qu'il vaut mieux privilégier la régularité à l'intensité. On croit souvent qu'il faut de grandes retrouvailles, un vrai week-end, une grosse soirée. Donc on va repousser jusqu'à ce que tous les agendas s'alignent parfaitement. Et au final, ça n'arrive quasiment jamais ou alors une fois tous les ans. En fait, avec du recul, on se rend compte qu'un appel de 15 minutes en marchant, tous les 15 jours peut-être, ou une fois par mois, ça entretient quand même beaucoup mieux un lien plutôt qu'un grand dîner tous les 8 mois avec un milliard de personnes à table. Et en fait, à mon sens, je trouve que le lien reste plus fort et plus réel quand tu tiens à la fréquence et pas forcément à la performance. Troisièmement, je pense qu'on peut dire qu'il vaut mieux oser le réel plus tôt dans la conversation. Par exemple, le rattrapage des nouvelles, le travail, le déménagement, la voiture, ça remplit le temps. Ouais, c'est cool et tout d'en discuter, c'est important de se baser sur ce genre de nouvelles. Mais en soi, ça nourrit pas grand chose dans l'amitié. Le lien, ça se recrée. à la première vraie phrase type franchement en vrai en ce moment je travaille une période compliquée ou au contraire ah tu sais en ce moment ça va c'est cool ça bouge etc etc en fait c'est ce genre de phrases qui vont initier un peu l'aspect l'aspect comment on peut dire ça L'aspect transparent, l'aspect réel d'une relation, en fait, cette phrase-là, quelqu'un doit la dire en premier. Il faut que tu dises que ça peut être toi. C'est un tout petit risque, mais au final, c'est un très grand retour pour toi. La première fois que j'ai répondu autre chose que « Ouais, ça va et toi ? » à quelqu'un que je voyais plus beaucoup, j'ai eu ce petit moment de gêne où pendant deux secondes, je me suis dit « J'aurais jamais dû dire ça. » Et en fait, la personne en face, elle avait juste posé son verre et m'a dit « Attends, moi aussi. » En fait, on a parlé pendant deux heures. Deux heures qu'on n'aurait jamais eues si on avait tous les deux répondu « Ouais, ouais, ça va, c'est cool » . Quatrièmement, autorise-toi à faire le tri, sans drame. Toutes les amitiés ne se valent pas, toutes les amitiés ne sont pas forcément faites pour durer toute la vie. Et il faut que tu te dises que ce n'est pas un échec en soi. certaines personnes sont là pour une période, pour t'accompagner sur un petit bout de chemin et c'est déjà énorme, tu vois. Tu peux laisser un lien, s'éloigner avec gratitude plutôt qu'avec rancune. Tout n'est pas forcément obligé de s'arrêter sur un conflit. Et tu peux te dire que tu peux aussi arrêter d'entretenir de force ce qui va te vider ton énergie. Sans forcément claquer de portes, sans discours, juste en réinvestissant toute cette énergie-là que tu dépensais, Là où elle t'est réellement rendue. rendu. Et enfin, il faut que tu acceptes de repartir de zéro quelque part. Je sais que c'est compliqué, surtout dans cet âge qui est déjà plein de transitions. Mais se faire des nouveaux amis à cet âge-là, ça demande de retrouver les fameux ingrédients. Le lieu, la répétition et les moments réels. Donc tu vois, un sport, une asso, un cours, une salle, un endroit où tu te retrouves chaque semaine et où tu revois les mêmes visages. Et ouais, c'est pas immédiat, oui ça peut prendre des mois, mais c'est comme ça que ça se fabrique et y'a aucune honte à le faire volontairement. Et après, toujours, y'a à mon sens cette petite dimension spirituelle que je trouve... Assez apaisante. On dit que les âmes se reconnaissent. En tout cas, moi je suis très, très fervente de cette théorie-là. Que celles qui se ressemblent finissent forcément par se trouver, et que celles qui ne se reconnaissent pas finissent par se séparer doucement. Et il y a une paix immense à se dire que les gens qui sont pour toi te seront donnés au bon moment. Et que ceux qui s'éloignent ne te sont pas forcément enlevés par punition. Ça ne veut pas dire rester passif et attendre, ça veut dire fais ta part, écris ton chemin, propose, sois présent et laisse le reste se poser doucement. Donc je vais te proposer un nouvel exercice, tout simple encore, que tu peux sauter si... Si besoin, et tu peux le faire là aussi pendant que t'écoutes, je vais te dire de penser à une personne. Personne à qui tu penses souvent, mais vraiment souvent, et à qui t'écris jamais. Pas par manque d'affection, juste parce que le temps a passé et que tu sais plus vraiment comment recommencer. Maintenant, tu vas te demander honnêtement, qu'est-ce que t'attends exactement ? Une occasion, un anniversaire, un signe de sa part ? Et si l'occasion c'était juste aujourd'hui ? Envoie-lui un message. Pas un long, pas parfait, en soit trois lignes suffisent. Ouais, je pensais à toi, comment ça va ? Voilà. Donc je t'invite à faire ça avant la fin de la journée ou dans la semaine et puis n'hésite pas à me faire un retour si ça a fonctionné pour toi. Et enfin, la pensée que je vais te laisser aujourd'hui, c'est que les amitiés ne sont pas mortes. Elles attendent juste que quelqu'un ose parler en premier et ça peut être toi. Et cette phrase-là, tu peux t'en servir. Encore une fois, tu peux toujours la noter si tu en ressens le besoin. Voilà, donc merci d'avoir écouté cet épisode. Si t'as pensé à quelqu'un de précis pendant qu'on parlait, envoie-lui et ce sera peut-être le message qui relancera tout. Je t'invite à t'abonner encore une fois pour pas manquer la suite et puis retrouve-moi sur Insta pour me dire ce que cet épisode t'a inspiré. Prends soin de toi et à très vite ! Merci.