Speaker #0Hello ! Bienvenue dans Hello Monde Saura, le podcast de celles et ceux qui s'élèvent. Ici, on parle de tout ce qu'on ne se dit pas assez, sans filtre, sans jugement et avec beaucoup de douceur, que ce soit pour toi, mais aussi pour moi. Parce que je te le dis tout de suite, je ne suis pas là pour te faire de leçons. Au contraire, je suis là avec toi dans le même bateau. Donc moi, c'est Assiya. Et aujourd'hui, on va ouvrir cette première saison, ce premier épisode avec un sujet qui m'avait été pas mal demandé. C'est-à-dire le perfectionnisme, autrement dit, celui qui nous détruit en silence. Donc voilà, installe-toi confortablement, mets tes écouteurs, mets ton casque et laisse-moi te raconter. Bon, la première chose, je pense qu'on va démêler ensemble, c'est qu'il y a une vraie différence entre viser l'excellence et être perfectionniste. Parce que viser l'excellence en soi, c'est simple, c'est te dire, ouais, je vais faire ce travail avec sérieux, je vais progresser, je vais être fière de moi. Et ça, ça te fait grandir. Alors que le perfectionnisme, bah lui, ça vient pas forcément de ce désir de grandir. Au contraire, je trouve que ça vient un peu de la peur. La peur de pas être assez, la peur d'être jugée, et même la peur, très souvent, d'être rejetée si t'es pas irréprochable. Et en psychologie, bah, on distingue un peu deux formes de perfectionnisme. Le premier, bah, celui qu'on s'impose à soi-même. et celui qu'on croit que les autres attendent de nous, type la famille, le travail, la société. Et honnêtement, je pense qu'on vit souvent les deux en même temps. Tu vois, par exemple, j'ai un ancien ami, et en vrai je pense que certains d'entre vous pourront pas mal se reconnaître en lui, il a toujours grandi en étant un peu l'aîné modèle, fratrie de 4 enfants, bonne élève, jamais un mot plus haut que l'autre, vraiment toujours celui sur qui on pouvait compter quand on avait besoin d'un service, d'un conseil ou autre. Et un jour, il m'a confié un truc qui m'a un peu marqué. Il m'a dit, et ce sont ses mots, « J'ai jamais eu le droit d'être moyen. » Alors aujourd'hui, je ne sais même plus si je suis capable d'être moyen sans culpabiliser. Et en fait, cette phrase, elle ne m'est jamais sortie de la tête. Parce que c'est vrai en fait. On a grandi pour certains d'entre nous en entendant qu'on devait être irréprochable. Et au final, je pense que cette exigence, on ne l'a pas choisie au départ. On l'a reçu. Et puis après, avec le temps, on se l'a un peu approprié jusqu'à croire finalement que c'était un peu notre propre standard. Et je pense que le problème, ce n'est pas forcément d'avoir des standards élevés. Au contraire. Le problème, c'est quand ta valeur en tant que personne devient conditionnelle à ces standards. Type, je vaux quelque chose qui va se transformer en je vaux quelque chose seulement si je fais tout parfaitement. Et ça, ce n'est pas ok. Et tu vois, je disais tout à l'heure que le perfectionnisme nous détruit en silence. Donc on va regarder concrètement à quoi ça ressemble dans une vie normale, dans ton quotidien à toi finalement. Bah en fait ça ressemble à toi, par exemple, en train de relire un message pour le travail, ou très souvent dans des situations précises dans des relations. Et en fait tu vas le lire douze fois avant d'oser l'envoyer, si tu oses l'envoyer. Alors qu'en vrai, les autres vont écrire leur message et en 30 secondes, ce sera écrit et envoyé. Ça ressemble aussi à toi qui n'oses pas forcément commencer ce projet. Type cette formation, ce business, même ce podcast. Tant que tout n'est pas parfaitement prêt. Et par parfaitement prêt, j'entends en réalité, jamais. Donc en fait, le projet va rester dans un tiroir pendant des mois, si ce n'est des années. Bah je vais prendre mon exemple cette fois, je vais être honnête avec toi. Ce podcast, j'ai eu l'idée il y a un peu plus d'un an maintenant. Et ça tourne dans ma tête réellement depuis 8 mois à peu près. Et j'ai attendu tout ce temps avant de lancer le premier épisode, pas parce que j'avais rien à dire. Parce qu'en vrai j'avais des carnets entiers de notes, tu vois. Mais c'est surtout parce qu'à chaque fois je me disais, allez je lance. Et en fait derrière j'avais la petite voix qui me disait, oulala, non attends, c'est pas encore assez bien, faut que tu retravailles ça, faut que tu vois ça, et puis il y a le logo, il y a l'intro, il y a le nom. Est-ce que ça va plaire ? Est-ce que ça va me plaire ? Est-ce que ça va leur plaire ? Et au final, c'est quasiment un an de ma vie qui a été littéralement mangé par cette voix-là. Alors qu'en vrai, à la même date l'an passé, j'aurais pu commencer de la même manière, de ne pas me prendre la tête et poster mes petits épisodes tous les jeudis, sans forcément calculer ce qu'il y avait autour. Après, ça ressemble aussi souvent à un épuisement qu'on ne s'explique pas. Je ne sais pas si tu vois la fatigue un peu, où tu te dis, ouais non, c'est parce que... J'ai trop de travail ou je travaille trop ou je dors pas assez. En fait, en vérité, honnêtement, c'est souvent le niveau d'exigence que tu mets dans chaque tâche, même les plus petites, qui en fait va venir te vider de toute cette énergie. Il y a une notion en psychologie qu'on appelle la procrastination perfectionniste. Donc je sais que les deux termes, mis bout à bout, peuvent paraître un peu contre-intuitifs, mais en réalité c'est hyper fréquent. En gros, c'est plus ta meur... là, plus ta peur, pardon. de mal faire, plus tu vas repousser le moment de le faire. Parce qu'en vrai, tant que t'as pas commencé, tu peux pas échouer. Et le perfectionnisme, au lieu de te pousser à agir, ça finit souvent par te paralyser finalement, complètement. Après, il y a un autre visage aussi du perfectionnisme dont on parle pas forcément. Je pense que c'est la difficulté à déléguer. Et ça, j'ai été tellement confrontée. La peur de demander de l'aide parce qu'au fond, t'as juste l'impression que si c'est pas fait pour toi... Ce sera jamais fait aussi bien que si toi tu l'avais fait. Résultat, au final tu portes tout, tout seul, et tu t'épuises en silence. En laissant croire en plus aux autres que tout va bien, parce que t'as même perfectionné cette taf de ne rien laisser paraître. Et je veux que ce soit clair. C'est pas un manque de force de caractère ou quoi, c'est pas de la fragilité. En vrai, c'est tout simplement un mécanisme de protection. que t'as créé, et qui à un moment de ta vie avait sûrement une fonction, et peut-être que cette perfection t'a évité des critiques, peut-être même qu'elle t'a permis d'être vue, valorisée, dans un contexte où tu ne te sentais pas forcément vue autrement. Mais le problème, c'est que ce mécanisme, bien qu'il ait été utile à un moment donné, ça devient un peu une prison qui ne te quitte jamais finalement, et c'est triste. Du coup... Au final, qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? Tu vois, moi je vais pas te dire lâche prise, relativise, essaye de voir les choses comme ci, comme ça. Parce que je sais très bien que c'est très facile à dire, mais aussi très dur à vivre quand tout ton système nerveux a appris que l'erreur c'est un danger. Donc en vrai, ce que je te propose c'est quelque chose de plus doux, plus progressif. Déjà la première chose, ça va être d'apprendre à distinguer une erreur d'un échec. Parce qu'une erreur c'est une information. Ça va te dire, ça n'a pas marché comme prévu, ok j'ajuste. Alors qu'un échec, dans ta tête de perfectionniste en plus, c'est souvent vécu comme un jugement sur ta valeur entière. Alors que ce sont deux choses complètement différentes. La deuxième chose, ça va être l'autocompassion. Ce n'est pas de l'indulgence, ce n'est pas de te dire forcément, tout va bien, peu importe ce que je fais. C'est surtout de parler comme tu parlerais à quelqu'un que tu aimes. à quelqu'un qui t'est cher, tu vois, genre ton meilleur ami, ta soeur, ton frère, un ami aussi tout court, et tu vois, si cette personne te disait, ah merde, j'ai raté ça, j'ai raté ci, j'ai mal fait ça, est-ce que tu vas lui dire, ouais ouais, t'as raison, t'es trop nul ? Bah non, pas du tout. Tu vas trouver quelque chose de plus humain à lui dire, de plus rassurant. Et en fait, bah, faut que tu te dises que cette même voix-là, t'as le droit de te l'offrir à toi-même aussi. Tu vois, un truc tout bête que je fais maintenant quand je sens que je m'autoflagelle un peu pour des détails, pour des broutilles, je me demande, est-ce que j'oserais faire ou dire ça à telle personne ? Est-ce que j'oserais parler comme ça ? Et en vrai, 9 fois sur 10, la réponse est non, voire même 10 sur 10, mais c'est juste pour pas dire 10 sur 10. Mais du coup, la réponse est non. Jamais j'oserais parler comme ça à quelqu'un. Et en vrai, bah... Tu verras avec le temps, mais ça suffit très souvent à casser un peu ce mécanisme, ne serait-ce que le temps d'un instant au final. Et la troisième chose, et celle-là je trouve que c'est sûrement la plus libératrice, ça va être d'accepter le concept du suffisamment bien. Pas de la médiocrité en soi, c'est juste reconnaître qu'à un moment donné, l'énergie supplémentaire que tu as passé pour aller de très bien à parfait, ça te coûte beaucoup plus cher en santé mentale que ça te rapporte réellement. Et il y a toute une dimension ici... Le spirituel, à mon sens, et je trouve ça relativement important, c'est cette forme un peu d'humilité, voire même presque de foi, à accepter qu'on n'a pas forcément à tout contrôler, qu'on n'a pas à être parfait pour être digne d'amour, de respect, de réussite, parce que finalement, la perfection, ça appartient à un ordre tellement plus grand que nous, et que toi, tu as le droit d'être un être humain, tu as le droit d'être un parfait et de construire ton propre chemin au final. Bon, avant de conclure, je vais te proposer un petit exercice. Pour ceux qui ont la flemme, vous pouvez avancer, ça va durer peut-être 1 minute, 1 minute 30 d'explication. Mais du coup, c'est un petit exercice que tu peux faire là, maintenant, en m'écoutant, ou même plus tard dans ta journée. Tu vas penser à une chose que tu repousses depuis un moment, parce que tu as peur qu'elle ne soit pas assez bien. Un projet, un message que tu n'oses pas envoyer, une décision. Et maintenant... Tu vas te demander qu'est-ce qui se passerait concrètement si tu le faisais à 80% plutôt qu'à 100%. Et c'est pas de la paresse, hein. Vraiment juste pour tester. Pour voir si ton monde va vraiment s'écrouler autour de toi. Ou si en réalité, personne d'autre que toi n'attendait forcément cette perfection. Et je te rassure, la réponse va très souvent te surprendre. Du coup, je vais terminer avec une petite pensée que je t'invite à noter pour ceux qui veulent ou à retenir, parce que c'est toujours agréable de l'avoir avec soi cette semaine, par exemple. Même cette année, en vrai. Ça va être que tu n'as pas à être parfait pour être digne. Parce que tu es déjà digne avant même d'avoir prouvé quoi que ce soit. Et cette phrase, tu peux te la répéter autant de fois que besoin. Autant de fois que... possible. Et puis, tu me diras. Voilà. Merci d'avoir écouté ce premier épisode de Et le monde saura. Et si ce sujet t'a parlé, n'hésite pas à l'envoyer à quelqu'un qui, tu le sais, en a peut-être besoin. Je t'invite à t'abonner pour ne pas manquer le prochain épisode. Et surtout, retrouve-moi sur Insta pour continuer l'aventure. n se retrouve jeudi prochain pour un nouvel épisode. Et puis en attendant, prends soin de toi. A très vite.